De la neige sur les palmiers

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Peut-on réellement se protéger des liens du sang ?


Carla, jeune trentenaire installée à Paris, entretient depuis toujours une relation conflictuelle avec ses parents et sa soeur.


Alors que son patron l'envoie en déplacement professionnel pendant les fêtes de fin d'année à Nice, sa ville natale, elle prend cela comme une contrainte.


Heureusement, Mathieu, son fidèle ami et collègue, sera à ses côtés pour l'épauler.


Mais la magie de Noël sera-t-elle suffisante pour apaiser le poids des tensions et les secrets de famille ?

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EAN13 9782374474076
Langue Français

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DE LA NEIGE SUR LES PALMIERS Romance
Sophie MASSOLNI
DE LA NEIGE SUR LES PALMIERS Romance
ISBN format papier 978-2-37447-406-9 ISBN numérique : 978-2-37447-407-6 Octobre 2019 - Imprimé en France © Erato–Editions - Tous droits réservés Couverture : © Erato–Editions - Crédits photos : Adobe Stock Correction : Françoise Dahan - Suivi éditorial : Eva Saracino Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales
À mon merveilleux mari, et à la famille que nous sommes.
1 – Je m’appelle Carla
« L’écriture, c’est le cœur qui éclate en silence. » Christian Bobin Je suis Carla et j’ai à peine trente ans. Émotive et sensible, je cache cette fragilité à travers un caractère bien trempé et un côté sûr de moi. J’ai un besoin permanent de tout contrôler et de fa ire en sorte que rien ne m’échappe. Cette totale maîtrise m’évite les déceptions. Ma famille est particulière, mais malheureusement c ela ne se choisit pas. Le proverbe a bien raison et je ne peux même pas co mpenser avec un chat, j’y suis allergique. Puis pauvre chat, pourquoi lui imposer ma compagnie ! Bref, rien qui ne fasse rêver ! Heureusement, j’ai un travail que j’adore. Je suis rédactrice littéraire dans un grand magazine féminin. Je serai s incapable d’exercer un autre métier. Je peux allier ma passio n des livres et de l’écriture, tout en gagnant ma vie dans la joie et la bonne humeur. En effet, j’ai la chance d’avoir un collègue génial. Matthieu est également mon meilleu r ami depuis dix ans. Nous avons commencé notre alternance ensemble au se in du journal « Audacieuse » et son directeur, Gérard Levor, nous a rapidement p ris sous son aile pour nous faire évoluer. Il a ainsi fait de nous un duo professionn el à l’esprit vif et curieux. Sans enfants, il a voulu s’imposer comme une figure pate rnelle à nos yeux. Ce qui ne m’a jamais dérangée, étant donné les relations difficil es que j’entretiens avec ma famille. Après mon bac et une première année de droit désast reuse, j’ai vite quitté Nice, ma ville natale, pour rejoindre Paris. Je voulais déco uvrir ce lieu qui me fascinait tant, la conquête de la capitale, les monuments historiques, la gastronomie, les quartiers animés, les terrasses à n’importe quelle heure de l a journée… La ville lumière dans toute sa splendeur ! La poursuite de mes études et mon école de journali sme avaient été un prétexte pour partir loin de chez moi. Le rêve de la petite provinciale qui veut devenir u ne vraie Parisienne. Une ville merveilleuse et grise à la fois, excitante, où il é tait difficile de trouver sa place, sans se faire remarquer. Être chic, naturelle et sophistiquée en toute occas ion sans en faire trop. Cette envie de liberté m’avait valu les reproches d e mes parents, de ma mère surtout… Elle ne comprenait pas que sa fille aînée ne veuill e pas être avocate comme elle et que je ne rejoigne pas le cabinet familial qu’elle avait hérité de ses parents. Mon père et elle travaillant avec leurs deux filles, cela aurait été le tableau parfait à ses yeux. Ma sœur, Laura, elle, finissait ses études de droit et elle n’allait pas tarder à intégrer leur équipe. J’avais comme d’habitude fait de l’omb re à leurs projets et à leurs espoirs. Je l’entends encore me répéter : « Tu étais brillante pourtant » ou « Je n e sais pas ce qu’on a loupé avec toi ». Comme si j’étais une recette de cuisine qui avait été ratée à cause d’un ingrédient en trop ou en moins. C’était certain, pour ma famille, il y avait eu un problème de fabrication avec moi et malheureusement pour eux ils n’avaient pas pu me ra mener au SAV des cigognes ! J’essaie d’en rire et de prendre du recul, enfin je tente mais ce n’est pas toujours évident. La seule personne qui me soutenait tout le temps et sans conditions, c’était Mamy Luce, ma grand-mère paternelle. Elle n’appréciait pas beaucoup ma mère et tout le m onde le savait. Les faux-semblants de cette relation n’étaient un secret pou r personne. S’était-il passé quelque chose entre elles ? Ou éta it-ce la rancœur d’une belle-mère envers sa belle-fille comme il en existe tant ? Cel a me paraissait inconcevable. Ma grand-mère était belle, douce et drôle. Ce n’éta it pas une femme aigrie qui puisse
être jalouse d’une autre femme qui rendrait son fil s heureux. Une étrangère qu’elle aurait vue comme une rivale dans les sentiments de son seul et unique fils. Il avait dû se passer quelque chose il y a bien lon gtemps. Pourtant, elle habitait avec nous dans le grand dom aine familial que mes grands-parents avaient légué à ma mère, une belle maison s ur la Côte d’Azur à en faire pâlir les magazines de décoration ou n’importe quelle per sonne passionnée par le relooking intérieur. Je ne les avais pas vus depuis longtemps. Cela deva it bien faire trois ans que je n’étais plus retournée dans le pays niçois. Nos dernières retrouvailles ne s’étaient pas bien p assées. Leurs critiques avaient vite pris le dessus et j’avais écourté mon séjour bien p lus rapidement que prévu. À force de trop encaisser, on finit par exploser. Nous n’avions pas l’habitude de nous appeler souven t et encore moins depuis la dernière fois que je les avais vus. Je téléphonais de temps en temps pour avoir des nouvelles et essayer de maintenir un lien, mais mes efforts étaient à sens unique… C’est comme si je ramais, le vent de face… Pire au milieu d’un tsunami… Ma vie n’intéressait pas ma mère et ses questions é taient plus par formalité que par réel intérêt. Elle réussissait toujours à jeter un pique par-ci, par-là, l’air de rien mais en totale conscience. Et lorsque je raccrochais, j’étais malheureuse. Ell e réussissait à souffler le froid et le chaud sur ma vie. Au fond de moi, j’espérais encore que son attitude change et qu’elle devienne plus aimante. C’était complètement stupide et je le savais. Du coup, je prétextais des impératifs professionnel s à chaque Noël ou à chaque vacances. Toute excuse était bonne pour éviter la pression, l es questions énervantes ou les reproches, une façon de me protéger. Mais pouvons-nous vraiment nous protéger des liens du sang ? Noël tombait cette année au milieu de la semaine et comme d’habitude j’appellerai ma mère pour lui confirmer que je ne serai pas parm i eux. Que je ne vienne pas pour les fêtes l’arrangerait, elle n’aurait pas à suppor ter ma présence ou à faire semblant d’être contente que je sois là. Je profiterai de Paris et de ses illuminations. Les Champs-Élysées étaient tellement impressionnant s quand ils se transformaient avec les lumières et les décorations. Des arches lumineuses aux flammes incandescentes en passant par les ampoules multicolores, la plus grande avenue du monde portai t plus que jamais son nom. Un Paris féerique et festif qui tous les ans brilla it de mille feux. Je devais aussi rattraper mon retard et lire les ma nuscrits en attente sur mon bureau, afin d’écrire un avis pour ma rubrique « Sorties du mois ». Puis Matthieu et moi avions des DVD à regarder et j e pourrais passer du temps avec les prétendants que j’aurais « tindé » ou « adopté ». Des relations libres, pas d’attaches, pas de prises de tête ou d’engueulades chez Ikea, ou au supermarché. Juste du plaisir et des so rties ! Nous étions en 2018, j’étais une femme parfaitement libre et indépendante. Malicieuse, ça ne me dérangeait pas d’enchaîner les hommes. Je pouvais garder le contrôle sur mes sentiments sans trop me dévoiler. Une assurance gagnée en quittant le Sud. J’étais devenue une tout autre personne que la fille niçoise timide et réservée.
2 – Cette fille que je ne suis pas
«Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. » Freud Carla La nuit avait dû tomber depuis un moment sans que j e ne m’en aperçoive. J’étais installée à mon bureau depuis plus de deux heures. Des douleurs le long de mes cervicales et de mes épaules commençaient à se faire ressentir. Je me massais les tempes et le long de la nuque afi n d’apaiser ces contractures. Je devais absolument prendre rendez-vous chez mon o stéopathe pour soulager tout ça. La fin de l’année se ressentait et le froid qui s’é tait installé depuis quelques semaines devait me fatiguer. Je rêvais de mon plaid et d’un chocolat chaud. Une cure de vitamines ou de magnésium s’imposait. Je n’étais pas sûre qu’un arrêt maladie pour motif d’hibernation soit toléré par mon supérieur, malgré sa grande empathie. Je relisais une dernière fois mon article concernan t le dernier livre d’un auteur feel-good, quand Matthieu et Gérard entrèrent bruyamment dans la pièce. Matt trépignait d’un pied sur l’autre comme lorsqu’ il était stressé. Son attitude m’inquiéta. Gérard prit la parole : — Carla, tu pars interviewer Martin Béranger, avec Matthieu, le week-end prochain pour son dernier romanL’Âme d’une vie. J’eus un temps de surprise. Moi Carla Morelli, j’al lais rencontrer l’un de mes auteurs préférés, le célèbre auteur et tous ses best-seller s que j’avais lu et relu tant de fois, cette plume légère et appliquée, rythmée par de l’i ntrigue, des sentiments et de l’humour. Plus qu’un métier, lire était une passion et de bon heur, au coin du feu, sur un fauteuil confortable rempli de coussins ou sur une plage ave c le bruit des vagues en écho. Ces petits plaisirs m’apaisaient depuis mon plus je une âge. Mon chef ne pouvait pas me faire de plus beau cadeau de Noël. — Je ne sais pas comment vous remercier Gérard, de nous confier la chance d’écrire un si bel article… Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que mon am i me coupa : — Ne te réjouis pas trop vite, tu vas voir la suite va te faire désenchanter ! — Pourquoi ne serais-je pas contente ? Je n’ai aucune raison de ne pas l’être, non ? — Monsieur Béranger sera dans le Sud, précisa mon responsable, à Nice plus précisément. Vous partirez donc quelques jours. Je peux vous réserver des chambres d’hôtel, mais il me semble que votre famille vit là-bas. Ce sera l’occasion de la voir pour les fêtes. En fait, si, j’avais plusieurs raisons de ne pas êt re contente. Je m’étais réjouie trop vite de cette possible rencontre. — À vrai dire, Gérard, je n’avais pas du tout prévu de passer les fêtes à Nice, puis Matthieu a des projets bien plus passionnants et passer Noël dans ma famille n’en fait pas partie. Nous ferons donc l’interview en une journée et nous rentrerons après. C’est une bonne idée pensai-je, un aller-retour exp ress et aucune visite de courtoisie à subir. J’étais fière d’y avoir songé. — Voyons Carla, répondit Monsieur Levor, d’une voix douce, la famille de Matthieu vit au Canada et vous savez très bien que Martin Bérenger accepte des interviews uniquement s’il peut relire l’article avant sa parution. — Je te l’avais dit que ça ne te plairait pas reprit mon ami. — Vous ferez donc cet entretien tous les deux le dimanche 23 décembre et Martin Béranger revalidera avec vous vos écrits le mercredi 26 décembre.
— Tout est déjà prévu, répondis-je lassée. Si le début de cette conversation m’avait enchantée , ce n’était plus le cas. Comment allais-je éviter ça ? Mon responsable me sortit de mes pensées. — Voyez cela comme une chance de prendre l’un comme l’autre plus de responsabilités suite à cet article. Ce n’est pas n’importe qui ! Soyez heureux et fiers de cette chance que je vous offre. Si jusque-là j’appréciais mon patron pour sa gentil lesse et sa bienveillance, ce n’était plus mon ressenti à l’instant présent. Il nous mettait devant le fait accompli. Ce n’était pas une question d’ego ou de fierté, non , c’était plus complexe que cela. Ma famille… Rien qu’en y pensant la nausée m’envahi t. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais lorsque j’éta is stressée ou contrariée je vomissais. « Quand je suis content, je vomis ». Mes collègues me taquinai ent souvent avec cette réplique de film. Le jour du permis par exemple, j’étais tellement pa niquée que j’ai perdu tous mes moyens et j’ai vomi sur la chemise de l’inspecteur… Vous imaginez donc que j’ai été poliment recalée. J’en rigole aujourd’hui, mais à l’époque je ne sava is plus où me mettre… J’allais éviter de reproduire cette scène devant mo n patron. Respirer comme j’apprenais au yoga était la seule c hose à faire si je ne voulais pas faire une crise d’angoisse. Les granules de Gelsemium ou le Rescue ne pouvaient rien pour moi. J’étais hors catégorie niveau calme et détente. J’étais une tempête à moi toute seule, une énorme b ourrasque, une tornade intériorisée. Il vit mon air dépité et il rajouta : — La magie de Noël Carla, la trêve, aucune famille n’est parfaite vous savez et le temps qui passe est bien précieux. Sûrement, me dis-je, mais il n’avait jamais passé u ne heure avec ma famille, sinon il aurait regretté ce qu’il allait m’imposer… ou il au rait doublé mon salaire en signe de dédommagement, pour mes nerfs qui allaient être mis à rude épreuve… Je n’allais donc pas avoir le choix et devoir prendre sur moi p our ces retrouvailles familiales. Ça allait être dur, très dur. Perdue dans mes pensées, j’avais décroché et je ne suivais plus ses consignes. J’essayais de me concentrer davantage et d’écouter avec plus d’attention ses conseils et ses recommandations spéciales concernant l’auteu r, en vain. Je connaissais cette bienveillance et cette gentill esse caractérisant Monsieur Levor et il pensait bien faire en m’obligeant à travailler p rès de ma famille pour les fêtes. Mais il était loin du compte. Il nous embrassa chaleureusement plus que d’habitud e et il nous libéra. Le week-end ne s’annonçait plus aussi agréable. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à ce face à face avec « eux ». Je ne devais pas me mettre dans des états pareils, mais impossible de me raisonner. Trente ans que je les connaissais et à chaque fois c’était compliqué. Ça n’allait pas changer aujourd’hui… On ne change pas les gens, on peut s’habituer, s’ad apter ou ne prendre que le meilleur d’eux, mais rien de plus. Et parfois les b ons côtés ne sont pas suffisants face au mauvais. Si j’avais bien compris une chose en vieillissant o u après des années de thérapie, c’était le lâcher prise. Nous ne pouvons pas nous encombrer de choses qui ne dépendent pas de nous. Nous sommes impuissants face à cela. — Tequila, proposai-je à Matthieu, pour oublier dans quoi nous allions nous embarquer !
— Il va en falloir ! Dix ans d’amitié et dix ans que j’entends parler des Morelli ! Je vais enfin voir ça en vrai ! — Tu ne devrais pas te réjouir, attends de les voir ! — Oh si je me réjouis, je vais enfin rencontrer « Mlle je sais tout » répondit-il amusé en faisant référence à ma sœur. Plus j’y pensais, plus je stressais… La Carla libre et détachée de Paris n’avait rien à voir avec la fille niçoise et fragile de l’époque. Imaginer que j’allais bientôt les revoir me rendait malade et angoissée. C’était stupide je le savais, mais je ne pouvais pa s à me raisonner. Quand j’essayais de penser à des bons moments je n’y arrivais pas. N on pas qu’il y en ait jamais eu, heureusement d’ailleurs, mais le négatif reprenait toujours le dessus. Les compliments, la bienveillance ou l’affection ne faisaient pas partie des valeurs familiales. Enfin à mon égard… Á leurs yeux, j’étais la fille qui avait décidé d’arr êter sa fac de droit dès la première année. Préférant les sorties, les copines et l’écri ture au détriment de la rigueur et des articles du Code civil… Cela faisait-il de moi une fille désastreuse ? Je ne pense pas… Mais nous ne pensons pas tous de la même façon. « Chacun ses priorités… » m’avait reproché un jour mon père. Être médecin, avocat ou ingénieur n’était pas forcément une fin e n soi ou un critère de réussite sociale, mais pour mes parents si ! C’était important « Le regard des gens »… J’osais penser que l’essentiel c’était d’être épanouie et bien dans sa peau. Quelque chose qu’ils n’avaient jamais compris et qu’ils ne comprendraient jamais. Je n’avais pas pris le chemin qu’ils espéraient. Je n’étais pas à la hauteur de leurs attentes. Et croyez-moi il faut vivre avec ça. Cette fille qui agissait comme elle le voulait, san s écouter leurs conseils. Celle qui à trente ans n’avait toujours pas de bague Tiffany au doigt et n’avait pas sauté le pas dans une robe Vera Wang hors de prix. Une ratée parce que je ne portais pas des vêtements de grandes marques en préférant m ’habiller chez Zara ou H & M. La rebelle préférant vivre loin plutôt que de rester p rès d’eux. Je ne leur ressemblais pas beaucoup. J’étais passionnée par la cuisine et la pâtisserie plutôt q ue par les plats préparés du traiteur ou les restaurants tels que Bocuse ou Pic… Une enfance et une adolescence à essayer de cherche r ma place au milieu d’eux, comme si j’étais une étrangère. Trop sensible, trop émotive, trop câline, trop ceci pour certaines choses et pas assez cela pour d’autres. Je n’étais jamais comme il fall ait. J’avais l’impression d’être un rond que l’on aurait voulu mettre dans une forme carrée. Heureusement que j’avais Mamy Luce comme confidente et que ces années de reproches étaient derrière moi. Je m’étais construit un autre monde ici, mon monde, j’avais l’impression d’en avoir le contrôle sans que l’on ne m’impose rien.