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De profundis

De
390 pages

Et s’il était possible de voyager dans la profondeur de l’être aimé ? Où irions-nous nous promener dans ce vaste jardin secret ? Que trouverions-nous dans ces non-lieux ? Et comment réagirions-nous face à la découverte d’un souvenir inattendu ?
Dans ce monde de l’autre, un monde qui se révélera être à la fois plein de désir et de contrariété, le lecteur sera entraîné au côté de ce voyageur hors du temps, de ce pèlerin de cœur animé par l’ardent désir de parcourir les terres intérieures de son amour.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-75110-2

 

© Edilivre, 2014

Du même auteur :

– Carré ment moi (2013),

ISBN : 978-2-7466-6470-8 ; EAN : 9782746664708

 

À la Reine,

 

« Savez-vous bien que c’est qu’aimer ? C’est mourir en soi pour revivre en autrui. »

Honoré d’Urfé, L’Astrée

Chapitre 1

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1 – Prémices au voyage (Acrylique 24 X 32cm)

 

« Je te veux, je te désire », dit-elle tout bas, tout contre mon oreille.

Je ne répondis pas, pas tout de suite, pas maintenant. Je prenais le temps ; le temps de mémoriser ses mots. De ne jamais les oublier, de les graver en moi pour le jour où je serais seul, abandonné sur ce grand chemin de la vie. Ses mots étaient chargés d’amour, ses mots se répétaient en moi sous la forme d’un écho plein d’un mélange insondable d’intensité et de volupté. Elle l’avait senti. Elle sentait que je m’imprégnais d’elle, de l’éphémère du moment, de ses mots et même du silence suivant ces mots. Combien d’entre nous, combien ont-ils pris le temps du silence après ces mots d’une valeur inestimable ? Trop peu à mon sens.

Je ne voulais pas que l’instant passe. Qu’il s’éteigne déjà. Qu’il tombe dans ma hotte aux souvenirs les plus radieux. Je désirais ardemment que les mots se fortifient en moi, qu’ils reprennent leurs refrains, doux à mon âme, brûlants à mon cœur. Un cœur que je sentais cogner dans ma poitrine. Un cœur conscient de la valeur des mots qu’on lui avait adressés. Un cœur qui s’était affolé, un peu comme si j’avais couru et plus que je ne l’aurais pu dans ce grand champ d’amour verdoyant. Mon cœur se mit à cogner partout en moi, il résonna dans mes tempes, il frappait comme un tambour de guerre, prêt à faillir, prêt à défaillir sur ce champ de bataille sentimental. Pouvait-elle s’imaginer toute la portée de ses mots dans mon propre cœur ? Le pouvait-elle ? Peut-être bien…

Sa joue glissa tout contre la mienne. Puis son regard s’arrêta devant le mien. Nos nez se caressèrent dans un duel de douceur pendant que nos regards parlaient dans cette langue étrange et silencieuse. Une langue empreinte d’amour et de fougue. Au plus près du perceptible de son regard, je vis ces mille petites paillettes d’or s’animer dans son iris. Elles m’éblouirent comme mille soleils. Elles m’éblouirent et m’irradièrent de leur rayonnement d’amour. Je me perdis dans ce tumulte de lumière imprégné en elle. Son regard m’hypnotisait, m’enivrait de sa profondeur affichée.

« Que tu es belle mon amour. » Osai-je lui dire, en laissant parler librement mon cœur.

La Reine : « Et demain ? Serai-je encore belle dans ton regard ? » Dit-elle à voix basse en laissant trahir sa pensée pleine de questionnement.

« Demain… Demain n’a pas encore de matière, demain n’est pas important. Trop souvent, l’homme s’est projeté dans cet avenir pour s’y perdre dans cette volonté de sécurité et trop souvent, il a négligé la qualité de son présent », lui répondis-je.

La Reine : « Je sais que rien n’est certain, que rien n’est figé, pas même la pierre qui est amenée à être déplacée. Mais dis-le-moi ; dis-moi que dans ce demain d’incertitude, tu m’aimeras encore avec cette même intensité », dit-elle, dans l’attente d’une sécurité éphémère.

« Oui ma Reine. Dans ce lendemain évanescent, je t’aimerai encore comme aujourd’hui », lui répondis-je sincèrement.

La Reine : « Comment peux-tu en être si sûr alors que demain n’est pas écrit ? »

« Et même si demain était écrit et même sans l’avoir lu ou sans n’avoir pu le lire, je sais au fond de moi que c’est toi qui vit dans mon cœur et personne d’autre. Je le sais, car je le sens. »

La Reine : « Mon amour, le temps m’enlèvera bientôt ma parure d’été. Ne le vois-tu donc pas ? »

« L’été est déjà passé. Et l’automne est une saison qui dure aussi longtemps que le printemps et l’été réunis… Ma Reine, je ne suis nullement rattaché à ton image. Bien que ton enveloppe charnelle me charme, me donne du plaisir dans ce toucher, dans ce regard que tu me projettes, dans ces senteurs agréables que tu dégages. Mais tout ceci n’est que le langage du corps, un langage prémisse, un langage introductif à la lecture de ton âme, de ta conscience, si belle et riche dans mon regard. En vérité, ma Reine, je suis amoureux de toi, intus et in cute, je suis amoureux de ta profondeur, je suis amoureux de ce que je ne connais pas en toi, mais qui pourtant me fait vibrer l’âme, la conscience de manière si mystérieuse. »

La Reine : « Comment peux-tu aimer cette part de moi, alors même que tu ne la connais pas ? »

« Ne le ressens-tu donc pas, pour me poser cette disgracieuse question ? »

La Reine : « J’ai besoin de l’entendre, de l’entendre mille fois, car en moi, frappe ce glaive de raison. Il frappe et tranche l’immuable en toute chose. Il frappe et tranche en me notifiant que rien n’est durable… »

« Un jour, tu m’avais fait part de cette citation. Celle du Petit Prince de St Exupéry. « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Tu me l’avais griffonné sur cette petite feuille de papier. Un papier volant, un papier qui prit subitement une valeur inestimable. Un papier vecteur de tes sentiments invisibles rendus visibles par l’inscription de ces quelques mots. Te rappelles-tu mon amour ? »

La Reine : « Bien sûr que je me rappelle… Comment aurais-je pu l’oublier ? »

« Ce même papier, je l’ai précieusement gardé. Je l’ai mis dans un petit cadre d’une valeur sans importance. À ce moment présent où je l’encadrais, à ce moment appartenant au passé, j’ai souhaité, tout comme toi aujourd’hui, que dans ce demain d’incertitude, que tu y sois encore et que nos sentiments soient au moins à l’égal de ce passé. Et vois-tu, le temps s’est écoulé depuis et mes sentiments n’ont fait que grandir dans le rayonnement intense de tes yeux pailletés. Et pourtant, aujourd’hui, sous tes yeux d’amour se sont creusés des cernes. Des cernes attestant du temps qui passe. Je les vois de mes yeux d’homme, je les sens en caressant ta peau fardée, mais cela m’importe si peu. La chair n’a d’importance que pour les hommes qui ne se nourrissent qu’avec leurs rétines. En mon cœur, en mon âme, cela n’a rien entravé de mon désir d’amour à ton égard. Je te veux… Je te désire toujours autant. »

La Reine : « Ces différences qui nous entravent le cœur… Je ne parviens pas à les franchir… »

« Je le sais. Je sens que tu n’y parviens pas. »

La Reine : « Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? »

« Tu es gouvernée par la raison. Je suis gouverné par le rêve. Tu attaches de l’importance à l’espace, au temps, je n’en accorde que très peu. »

La Reine : « Que sous-entends-tu ? »

« Tu retiens, tu mémorises en te liant à une date, à un lieu. Tu marches ainsi dans ton for intérieur. Tu te rattaches à l’éphémère d’un moment en mouvement, à l’éphémère d’un endroit qui n’existera plus demain. »

La Reine : « Tous les hommes ont besoin de repères, d’espace et de temps ! L’espace et le temps font évoluer l’humanité, leur font prendre pleinement conscience de ses erreurs, de ce qu’il faut améliorer, vers quoi il faut ou ne faut pas tendre ! »

« Et tu as raison. L’humanité a besoin de repères et nous-mêmes en avons besoin. Mais tu confonds les repères de deux mondes. L’un est visible et nécessite cette mémorisation par l’espace et le temps. Le second est invisible et ne répond pas aux mêmes règles. »

La Reine : « Quelles sont ces règles de l’invisible ? »

« Je n’ai pas la prétention de me proclamer archevêque de la métaphysique, aussi me contenterai-je de dire que ce monde invisible tend vers le sentiment, vers l’émotion. Ce monde n’attache que peu d’importance à la matière. Et trop souvent les hommes nostalgiques d’une émotion, d’un sentiment, se sont à tort retournés sur les traces d’un espace-temps où l’être aimé n’existe plus. L’être aimé, l’image de l’autre vit en nous et est à jamais en nous. Les lieux, le temps, ton âge, ton galbe, tes cernes ne sont que des faits de ton toi dans la réalité à un moment donné. Rien de plus, rien de moins. Si je t’étreins, si je te fais l’amour dans cette réalité, dans ce petit nulle part, alors je mémoriserai le lieu et l’espace comme chaque homme, mais en moi, dans cet intérieur d’amour qui m’anime ; de ce lieu, de cet espace-temps, je n’aurai cure. Je ne retiendrai de toi, de nous, que ce sentiment, ce désir, cette mixtion de nos consciences, cette plongée dans ta profondeur. Peu m’importe que ça soit à l’arrière d’une voiture, dans une chambre miteuse ou dans un grand lit à baldaquin tout drapé de satin rouge au plafond chargé de cent miroirs. Laissons aux figurants la joie des scénarios aberrants d’une vie passionnément artificielle. La carte maîtresse d’une vie heureuse réside dans l’imagination et non dans le rattachement à la matière arrimée à l’espace-temps. Aussi n’oublie pas mon amour, ma Reine, que l’amour réside dans l’imagination. Toi seule peux me combler de bonheur par ta profondeur dans laquelle je puise ma joie de vivre. Tu es ma source, ma Reine mère nourricière, ma muse et mon amour inégalable. »

Elle se referma sur elle-même un instant, pour mieux saisir, pour mieux comprendre mes propos, mes explications, ma logique… Ma folie, celle qui m’animait dans mon être à l’apparence calme et posée. Mon être de folie ne put s’empêcher, à travers ce court moment de retrait en elle, de se coller tout contre ses lèvres. L’impulsion avait été trop forte. Le tumulte de mes pensées amoureuses avait eu raison de moi et je m’étais lancé à lèvres offensives sur les siennes. Le corps avait parlé. Mon corps avait réclamé. À tort ou à raison. J’étais à présent collé sur ses lèvres. De mes lèvres charnues, je les avais entièrement recouvertes. Je fermai les yeux pour m’imprégner de ce contact labial. La première impression que j’eus fut de me dire qu’elle était nature. Je ne ressentis aucun artifice, aucun baume sur ses lèvres. Des lèvres qui étaient conformes à l’image qu’elle m’avait renvoyée. Des lèvres à la fois fines et rectilignes. Elles m’apparurent si fines lorsque mes lèvres démesurément épaisses vinrent les recouvrir.

Au moment de l’impact, je la sentis avoir un léger soubresaut suffisamment fort pour que je le ressente avec les yeux fermés. Elle ne bougea pas. Elle ne tenta pas de se dégager de l’audace dont j’avais fait preuve. Elle resta là, collée à moi, amarrée à mes lèvres en feu. Je la sentais figée par le moment intime, à jamais indécise de l’action à entreprendre, à jamais libre, à jamais prisonnière par cette intensité assouvie. En elle, deux pensées se bousculaient, l’une lui demandant de se retirer décemment et l’autre de rester encore un instant contre moi. Encore un instant supplémentaire et encore un… comme il est bon de se laisser aller. Elle finit par entrouvrir ses lèvres pour y laisser s’échapper un léger souffle. Je ressentis la caresse de son premier souffle sur mes lèvres. Un souffle court et fragile, un souffle traduisant son lâcher-prise à la raison. Un souffle qui intimait que le statu quo du moment pouvait se poursuivre. Instinctivement, j’offris une ouverture entre mes lèvres pour accueillir ce souffle en moi. Ce souffle d’elle.

Ce souffle de vie mêlé de confusion et de plaisir dans cet échange impromptu.

Le souffle ne contenait, lui non plus, aucun parfum. Elle était définitivement nature, de la surface de ses lèvres jusqu’à l’antre de sa bouche. En elle, il n’y avait nul arôme ajouté et je goûtais de tout mon plaisir l’empreinte de sa bouche sans artifice. Quel délice ! Un délice à la hauteur du moment silencieux que nous avions vécu quelques instants plus tôt, avant que nous n’entamassions cette conversation sur ses doutes et ses lendemains chancelants. J’étais à nouveau dans cet état extatique, dans cet état gouverné par ma profondeur qui me réclamait à nouveau du temps. Du temps pour m’imprégner d’elle, pour mémoriser la beauté du moment. Un moment pour du temps en sa compagnie… Aurais-je eu tort précédemment, lorsque je disais que le temps n’était pas important ? Je me sentais confus, car à présent, j’en réclamais plus et plus que de raison.

Le temps d’un baiser devrait toujours durer une éternité à travers ses quelques secondes de réalité. Je la sentais aussi concentrée que moi sur ce baiser. Sur ces détails ordinaires qui prenaient à présent toute leur importance. Le baiser touchait à sa fin, je le sentais. Les secondes d’éternité s’étaient déjà écoulées. Trop vite à mon plus grand regret.

Je sentais ses lèvres qui allaient sous peu se détacher pour s’éloigner vers le coin de mes lèvres, ou sur ma joue, ou peut-être encore tout contre mon cou. Je le sentais… Ou peut-être que je me trompais en pensant sentir ce détachement. Peut-être ne voulait-elle pas non plus se délier et poursuivre encore quelques secondes dans ce résolument infini de douceur de l’autre. À l’idée de perdre le soyeux contact de ses lèvres, je fus angoissé. Je le fus comme l’enfant qui découvre pour la première fois que le monde extérieur n’est absolument pas son monde. Mon monde c’était elle. Ma source, mon imagination, mes rêves, c’était elle. D’angoisse que mon amour ne se détache de notre fragile attache, je bousculai notre destin dans un nouvel élan de profondeur, un instant faisant reculer la fatalité de cette fin de baiser à plus tard.

Je me pressai plus fort contre ses lèvres, pour affirmer ma détermination à vouloir poursuivre tout contre elle. Je siégeais en roi, je siégeais de plaisir tout contre son moyen d’expression verbale. J’étais tout contre son souffle de vie. J’étais à la porte du prolongement de ses pensées. Lorsque l’on pense aussi loin, lorsque l’on s’imagine autant de métaphores dans un instant de quelques secondes, alors oui, on est capable d’apprécier pleinement l’instant présent. Que ses lèvres soient douces, parfumées, soyeuses, revêches, plissées ou affinées par le temps, cela importait peu. Ce qui m’importait véritablement, c’était de me sentir tout contre son souffle de vie. De me se savoir aux portes de sa parole, aux portes de ses mots, de sa belle conscience. De son souffle brûlant, la Reine finit par me parler.

La Reine : « Tu n’aurais pas dû… » Me dit-elle en se redéposant tout contre mes lèvres.

« J’aurais dû et depuis bien longtemps » pensai-je sans vouloir dire mot. Car je ne désirais pas entraver ce nouveau silence chargé d’intensité entre nos deux êtres soudés à leurs portes aux mots.

Je sentis sa main se poser sur ma joue, puis la seconde sur l’autre. L’obscurité se fit grandissante dans mes paupières fermées. Ses mains me couvaient telles de grandes ailes. Elle ne me cachait pas de ces autres, de cette réalité, non. Elle me couvait de son amour, le plus subtilement affiché. En se posant sur mes joues, elle confirmait à sa manière l’assentiment de mon baiser pour le moins osé.

Son souffle changea. Il se fit plus régulier. Plus calculateur. Elle ne m’embrassait plus qu’à moitié. L’autre part d’elle était concentrée sur la surface de mon visage. Elle me caressait de ses mains à la manière des aveugles qui tentent de découvrir chaque creux, chaque ride, chaque imperfection présente sur un visage. Là non plus, je ne désirais pas que la nuptiale parade de sa caresse se termine. Je souhaitais que ses mains se reposent indéfiniment et comme pour la première fois sur mon être à fleur de peau.

Je la sentis surprise, lorsque je la touchai à mon tour. Sans doute dans ce jeu de découverte de l’autre, sans doute qu’elle ne s’attendait pas à ce que mes mains recouvrent les siennes. Ses mains étaient fraîches et son souffle si chaud. Dans mon monde de ténèbres, dans lequel j’avançais en toute confiance, j’eus cette impression d’être étreint par deux êtres différents, un chaud et un froid. Mes paumes de braise réchauffèrent rapidement le dos de ses mains. Sous mes doigts, je ressentis la trace du temps qui passe. En parcourant sa surface, je pouvais sentir nos différences comme les strates d’une terre empreintes de plusieurs couches de sédiments. Des couches de sédiments pour des segments d’années vécus, pour des segments d’années d’amour, de tristesse, de haine partagés avec un ou plusieurs autres partenaires de sa réalité passée. Des segments de vie, des segments nécessaires pour l’aboutissement à sa merveilleuse conscience qui m’enveloppait présentement.

Je finis par délaisser le dos de ses mains pour me poser à mon tour sur ses joues. De mes paupières closes, je parcourais la douceur de son visage. Ses joues étaient chaudes. Ses joues étaient le dernier rempart de son souffle brûlant, de son ardeur de cœur de Reine. J’imaginais la couleur de ses joues. Et je n’eus aucun mal à les voir rougir, comme elles le faisaient parfois lorsqu’elle était touchée. Touchée dans son cœur de femme, marquée au fer rouge sur ses joues écarlates. Lorsque l’on aime, on se nourrit du détail le plus dérisoire de l’autre. Et je me rendis compte que tout en elle, jusqu’au plus infime détail, me bouleversait. J’étais définitivement et irrémédiablement amoureux d’elle. Je continuais de me nourrir de son souffle de vie. Ce souffle qui continuait de transiter entre mes lèvres pour m’enivrer de son paradis intérieur. Et entre ses mains brûlantes, je me sentais comme un enfant dormant sereinement dans la plus chaude et douce des couches.

Serein et brûlant en son sein. Je l’aimais aujourd’hui, plus qu’hier et moins que demain. De ce moment à jamais révélé, à jamais affiché au regard du lecteur, de ce moment à jamais figé dans ces présents mots, je souhaitai ne plus jamais la quitter. Elle se mit alors à me serrer plus fort comme si elle avait entendu mes mots. Avait-elle entendu mon souhait ? Avait-elle lu ma pensée ?

En réalité, elle n’avait fait que répondre à ma fougue. Je ne l’avais pas remarqué, mais mes bras l’avaient serrée plus fort. Et mes lèvres s’étaient bousculées plus ardemment tout contre les siennes. Sans que je ne le remarque, mes gestes s’étaient faits plus fougueux lorsque j’avais souhaité ne plus jamais la quitter.

Vint alors l’inattendu. La Magie du moment. L’instant de confusion entre la réalité et la profondeur de nos êtres à jamais réunis. Dans ce mélange de nous, dans ce mélange de brûlure sur nos lèvres, d’amour sulfureux dans nos souffles et de combustion dans nos cœurs, je me sentis projeté sous un soleil brûlant. Un soleil d’un autre lieu. Celui du grand nulle part. Je rejoignais son for intérieur. J’étais comme happé en elle et cet intense soleil n’avait cessé de me frapper de son rayonnement.

Par elle, en elle, j’avais rejoint son monde, son grand nulle part, ce monde imaginaire, de pensées, de rêves, de sentiments, d’émotions et de souvenirs cumulés d’une vie. Elle s’était offerte de lèvres et de cœur et j’étais à présent dans son désert intérieur. Un grand désert avec ses dunes à perte de vue. Son souffle brûlant sortant de ses fines lèvres s’était mué en sirocco, ce vent sec et chaud qui me caressait à présent d’amour. Et ce sable à perte de vue n’était rien d’autre que l’empreinte de nos lèvres asséchées par tant de frictions passionnelles. Quant à ce soleil me frappant de toute son intensité… c’était son amour imagé.

Et c’est ainsi que je pénétrai en elle et commençai mon voyage dans le désert de son âme.

Chapitre 2

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2 – Le Touareg dans le désert (Acrylique 24 X 32cm)

 

J’entamai mes premiers pas dans la profondeur de l’être aimée. D’instinct, d’amour, je suivis la direction du soleil. Je n’eus besoin que de franchir quelques dunes avant de rencontrer cet homme. Il se tenait là, debout et impassible au sommet d’une dune. Il me faisait face, comme s’il avait toujours su que j’allais venir depuis cette direction. L’homme revêtait une tenue adaptée au désert. Ses habits étaient sombres et seul son regard était à découvert. Il ne dit rien de particulier à mon approche. Il continua simplement de m’observer. Une fois à distance raisonnable de l’étranger, j’osai un « bonjour ». Il me rendit mon bonjour sur un ton parfaitement clair et ce malgré l’épais tissu qui lui entravait la bouche. De paroles, il ne fut pas plus prolifique que ça, car il se tut dès la formule de politesse prononcée. Il se contenta de m’observer silencieusement. Je décidai de me rapprocher un peu plus et je pus discerner ses yeux. Des yeux aussi sombres que ses vêtements. À première vue, il ne paraissait pas me prêter de mauvaises intentions, aussi je décidai de relancer la conversation.

« Où suis-je ? » lui demandai-je.

L’homme du désert : « Dans le désert », me répondit-il sur un ton dénué d’émotion.

Ça, je l’avais bien compris que l’on était au milieu du désert ! Quel être étrange était-ce donc là pour me signifier une évidence ? Au vu de sa réponse, il m’apparut soudain comme suspect.

« Qui êtes-vous ? » lui demandai-je alors.

L’homme du désert : « Je suis l’homme du désert. »

« N’avez-vous donc pas de nom ? »

L’homme du désert : « Pourquoi tiens-tu absolument à m’identifier ? En quoi est-ce donc aussi important pour toi ? »

Je ne m’étais pas attendu à un tel répondant de sa part. Lui qui avait été si taciturne l’instant d’avant, voilà qu’il me narguait sur mon dérisoire besoin d’identification. Sans me laisser m’impressionner, je repris :

« C’est que tu sembles m’avoir attendu. Aussi, j’ai jugé utile d’en savoir un peu plus sur un homme qui m’attend en plein désert. »

L’homme du désert : « Oui, je t’attendais », me dit-il aussi énigmatiquement.

« Si tu m’attendais, alors pourquoi ne pourrais-je pas même connaître ton nom ? L’ébauche d’une identité me permettrait d’être plus à l’aise à vrai dire. »

L’homme du désert : « Je comprends. Mais je n’ai pas de nom. Dans ce désert, personne n’a réellement de nom, ni d’identité. Ici, tout est éphémère, mais si cela peut te conforter, alors nomme-moi comme bon te semblera. »

Tout portait à croire que l’homme désirait rester secret. Mais je le sentais pourtant sincère dans ses propos. Il tentait de faire un effort dans notre discussion décousue de toute part.

Je lui répondis : « Alors je t’appellerai Touareg si cela te convient ? »

L’homme du désert : « Parfaitement ! Je m’appellerai à présent Touareg. Cela te rassure-t-il plus ? Il me faut cependant te signifier qu’entre mon appellation d’origine : « l’homme du désert » et celle que tu m’as donnée : « Touareg », il n’y a là que très peu de différence ! Tu restes prudent dans tes propos et tu ne t’écartes que peu de l’image que je te renvoie alors que je t’ai donné carte blanche pour me nommer comme bon te semblait. »

Je ne répondis pas à son allusion. Ou plutôt, y répondis-je par une autre question.

« Tu sembles si mystérieux. Dis-moi, pourquoi m’attends-tu ? »

Touareg : « Je dois te montrer la direction à suivre. Je savais que tu suivrais le soleil et je me suis mis sur ta route afin de pouvoir te rencontrer. »

« Pourquoi devrais-je suivre une autre direction ? Pourquoi ? Alors que le soleil est mon guide. »

Touareg : « Tu peux continuer à suivre le soleil si tu le désires. Je ne suis pas là pour t’imposer une voie. Mais je vis dans ce désert et je connais cet endroit. Le chemin du soleil te mènera plus profondément dans le désert et tu n’y es pas encore prêt. Tu ne survivras pas, seul et sans eau. »

« Que me proposes-tu alors ? »

Touareg leva son bras droit et pointa son index vers le nord.

Touareg : « Suis cette direction et tu tomberas sur un campement de nomades. Mais fais vite, car le soleil se couche rapidement dans ce désert. Et froides sont ses nuits. Et de nuit, ton cœur d’homme ne survivra pas en ces lieux inhospitaliers. »

Je ne saisis pas toute la portée de ses mots et je demeurai fort hésitant. J’étais au milieu de nulle part avec un être mystérieux. Et de raison ou de déraison, il m’avait montré une autre voie à suivre. Je tentai une dernière approche de l’homme du désert, ce afin de lui ôter son voile de mystère.

« Touareg, si tu n’as pas de réelle identité, que tu es là, éphémère dans un endroit éphémère, alors es-tu donc une de mes pensées éphémères ? Ou peut-être une pensée éphémère de celle que je suis en train d’embrasser de tout mon amour ? »

Touareg : « Je ne le sais pas moi-même. Je peux tout aussi bien être une de tes pensées, une part de ta construction imaginaire, une part de celle que tu aimes, de sa part imaginaire, voire même de sa part masculine intérieure… Beaucoup de suppositions qui resteront sans fondement. Plutôt que de tenter de comprendre l’incompréhensible, va et suis la direction que tu souhaites, tu trouveras déjà des réponses. »

Il avait raison, poursuivre cette conversation ne m’apporterait rien. Rien de plus que la direction à suivre. Et je décidai de suivre la direction qu’il m’avait indiquée. Je pris congé de l’homme du désert, mais je n’osai pas un au revoir. Cela n’aurait eu aucun sens. Je fis un rapide hochement de tête à son égard et je m’éloignai dans la direction où il avait pointé son index. Je sentais son regard dans mon dos, il m’observait m’éloigner. Il continuait de rester figé au même endroit. J’eus soudainement cette envie de revenir sur mes pas pour lui demander s’il attendait encore quelqu’un d’autre dans ce grand nulle part. Mais je n’en fis rien, car je savais qu’il me répondrait à nouveau par des propos incohérents.

Je perdis l’homme de vue dès le franchissement de la première dune. J’étais à nouveau seul. Seul et entouré de dunes à perte de vue.

Quelle sensation unique que de se sentir insignifiant et fragile dans un lieu si vaste et sans âge ! Dans la réalité, il m’était souvent arrivé de me retirer, loin du monde, loin des autres. Dans mes souvenirs, je me vois encore à m’asseoir sur une souche d’arbre en pleine forêt, loin des sentiers balisés, loin de toute empreinte de l’homme, juste en compagnie de mère Nature. Alors deux sentiments opposés s’affrontaient en moi. L’un me rendait serein au sein de cette nature « oh combien » douce de ses parfums de fleurs et enivrante de ses sons de mille gazouillis d’oiseaux. Alors que l’autre sentiment se dressait en dissident de la nature, m’obligeant à plus de prudence, à plus de réalisme sur la véritable nature des choses. Car cette même nature, je le savais, ne me ferait pas de cadeau d’une saison à l’autre. Dans cette même nature, je n’avais pu vivre qu’en étant toujours entouré des miens, ceux de la race des hommes. Seul et serein parfois, isolé et fragile jamais, voilà la leçon que la vie m’avait apprise.

Le soleil se couchait à l’horizon et je continuais de gravir et de descendre des dunes sans fin et sans début. Dans le ciel commençaient à scintiller des étoiles, des étoiles au rayonnement encore timide.

Le Touareg avait dit vrai, ici le temps passait vite et le soleil avait fui loin derrière l’horizon. Il me fallait accélérer le pas pour ne pas sentir la morsure du froid qui approchait à grands pas.

À mesure que j’avançais, les dunes s’estompèrent pour laisser place à un terrain au relief plat. Malgré la faible clarté, je pouvais encore discerner l’horizon. De sable et de désolation à perte de vue, le tout agrémenté des dernières vagues de chaleur de cette journée onirique. Puis les derniers rayons du soleil finirent par disparaître. Tout était si calme ici. Comme si ce monde n’avait jamais eu d’oxygène, de fantaisie, de vie ! J’avançais à la lueur des étoiles. Et au loin, je vis comme un mirage vespéral. Je distinguai un point lumineux. Il était exactement dans la ligne de mire que je suivais. Était-ce moi qui avais créé ce point à l’horizon ? L’avais-je créé dans le but d’échapper à cette angoisse naissante d’être couvert de nuit et de solitude dans ce grand désert ? Je ne saurais le dire. Mais je me mis à accélérer ma marche vers ce refuge de réconfort. À mesure que j’avançais vers ce point, je me rendais compte que la source lumineuse n’était pas une source, mais des sources. Il s’agissait d’un campement berbère et tout autour de ce dernier il y avait des torches enflammées qui éclairaient les alentours. Dans ce campement, m’attendaient-ils comme l’homme dans le désert ? Après un court instant d’hésitation, je finis par franchir les points de feu pour rejoindre les tentes berbères.

Les tentes avaient toutes leur entrée ouverte et je ne vis à première vue nulle âme dans cet endroit. Seul le crépitement lointain des feux brisait la sérénité apparente des lieux. L’intérieur des tentes était composé du juste nécessaire. Des tapis, des petits tabourets, et d’autres objets de voyages, le tout éclairé par des lampes suspendues à l’intérieur des tentes.

Je fis le tour de quelques unes d’entre elles avant de rejoindre la plus haute du campement, une tente dressée au centre du village. L’intérieur baignait dans la pénombre. Et chose assez surprenante, le sol de cette dernière n’était pas composé de sable, mais de dalles de pierre finement polies. En avançant dans ces lieux des plus surprenants, je découvris un escalier qui semblait s’enfoncer dans les entrailles du désert. L’escalier était éclairé par des flambeaux suspendus le long du mur. Je décidai de poursuivre mon exploration et descendis les marches. Les murs étaient composés de vieilles pierres et j’eus cette impression de parcourir l’intérieur d’un vieux château. Pendant un court instant, j’avais même oublié qu’un immense désert nous recouvrait en surface. Je finis par accéder à un immense hall, composé de grands piliers. Je fus surpris par la luminosité des lieux. De grands vitraux filtraient une lumière comparable à un soleil d’été. Ici-bas, il faisait chaud et beau. Les vitraux ne représentaient rien de figuré. Pas de Dieu, pas d’ange, pas de saint, ni de dragon terrassé par St Georges. Juste des formes géométriques composées de couleurs primaires qui se réfléchissaient sur le sol, sur les piliers et sur moi-même. C’est alors que je le vis. Cet homme dans un coin du hall.

Il était près d’un pilier, il ne me prêtait aucune attention malgré la résonance de mes pas dans ces lieux chargés de silence.

Je m’approchai à sa rencontre. Il était de dos et s’affairait avec concentration sur son travail. Il peignait. Il peignait une toile disposée sur un lourd chevalet. D’assez loin et pour ne pas l’effrayer, je lui dis : « Bonjour ». L’homme, sans se retourner et tout en s’affairant avec minutie sur son travail me dit : « Un instant et je suis à toi ! » sur un ton familier, comme s’il me connaissait depuis toujours. L’homme posa ses pinceaux sur une petite table à ses côtés, puis, à l’aide d’un chiffon accroché à son tablier, il s’essuya les mains. Une fois son affaire réglée, il se retourna enfin.

Le peintre : « Tu es enfin là ! » me dit-il avec une joie affichée. Ses yeux bleus en amande brillaient. Et c’est alors que je le reconnus… Cet homme à la barbe entre l’automne et l’hiver, cet homme à l’âge avancé n’était autre que moi ! Un « moi à venir ».

Il vint à ma rencontre et sans aucune hésitation me prit par les épaules avec beaucoup d’affection.

« Ça n’est pas rien… De pouvoir se rencontrer soi-même ! » me dit-il avec un sourire et des yeux pleins de joie.

J’étais encore sous le choc. Déstabilisé, je l’observais, j’observais les traits du temps sur son visage. Les traits du « comment j’allais vieillir ». Des pattes d’oie lui creusaient le coin des yeux. Cela lui/me donnait du charme. Les cheveux gris encore touffus m’indiquaient que je ne deviendrais pas chauve. Je perdis pied dans son regard plein d’affects, d’excitation de se confronter. Lui comme moi savions instinctivement qu’il n’y avait là nulle supercherie et qu’il s’agissait bien d’un « autre moi authentique ». Sans aucune suspicion pour l’autre, d’instinct, nous avions pris la rencontre avec joie de nous voir, jeune et vieux. Sans relâcher l’étreinte de sa main sur mon épaule, il reprit : « Oui ! Je suis bien toi ! »

« Mon moi à venir… » Lui dis-je avec une émotion contenue.

L’autre moi : « Je suis plus que ça ! Je suis ton moi à venir, ton moi issu des profondeurs de l’amour que te voues à ta Reine. Je suis aussi l’archétype autour duquel tu as décidé de te construire dans cette vie. Je suis tout ça et pourtant rien à la fois. »

Je restais excité comme un enfant qui aurait goûté pour la première fois du chocolat. Tout était surréaliste. Tout l’était en réalité. Ce désert d’amour de ma Reine, cet homme dans le désert, ce campement vide et maintenant ce royaume souterrain de lumière ; de lumière d’un « moi » d’un autre temps.

Je lui dis, encore tout retourné : « Je ne m’attendais pas à me rencontrer… »

Il me frappa avec plus de poigne l’épaule, comme si ça n’était rien, comme s’il ne comprenait que trop bien que son « moi jeune » mît un peu plus de temps à digérer cette rencontre des plus atypiques.

En l’observant, je vis son tablier noir avec un badge composé des mots « J’aime l’art ».

Je lui dis : « Mais tu l’as encore ce tablier ? »

L’autre moi : « Oui ! Ce tablier n’a pourtant rien d’exceptionnel, mais je m’y suis attaché avec le temps ! C’est ainsi ! »

« Pourquoi est-ce toi que je rencontre dans les entrailles de ce désert ? »

L’autre moi, toujours souriant me répondit : « C’est pourtant simple, si je suis là, c’est que la Reine porte notre image au fond d’elle ! »

« Pourquoi est-ce que je te vois sous cette forme ? Je veux dire en peintre affublé d’un tablier de travail ? »

L’autre moi : « Je suis le miroir de ta propre profondeur. Si tu me vois ainsi, c’est que tu aspires à entretenir cette image d’un moi passionné, vivant et sensible. »

« Ça semble assez logique même si tout me paraît totalement irrationnel ici… J’aurais préféré un endroit plus peuplé ! Un endroit regorgeant d’eau ! De vie ! D’amour d’elle ! Ma Reine ! »

En entendant ma tirade passionnée, l’autre moi me dit : « Je me reconnais bien là… »

Les yeux pleins d’étoiles, il reprit non sans mal : « L’amour… La Reine… Tous les deux, nous avons toujours été de grands émotifs, de grands sensibles et nous avons toujours aimé à la juste valeur du mot « amour ». C’est-à-dire d’une façon déraisonnable ! »

« Est-ce mal ? »

L’autre moi : « Non au contraire, tu prouves chaque jour que tu n’as pas vécu en vain, tu prouves chaque jour que tu es capable de donner de la richesse à ceux que tu aimes. Le plus beau présent que l’on puisse faire à quelqu’un, c’est de lui donner de l’énergie et tu en donnes dans toute ta folie et de tout ton amour ! »

« Je connais bien le grand nulle part pour y avoir souvent voyagé, mais ce monde en surface me reste pourtant totalement étranger »

L’autre moi : « Dorénavant, tu ne voyages plus seulement en toi, dans ton propre grand nulle part de pensée, d’imagination, de sentiments, mais également dans celui de l’être aimé. Ce monde qui te semble à première vue inhospitalier, brûlant et sec ne constitue que la première approche dans le cœur de la Reine. »

« Pourquoi suis-je confronté à un désert alors que l’amour règne ? »

L’autre moi : « Faire l’amour à la femme que l’on aime est une chose. S’immerger dans sa profondeur et la découvrir dans chaque recoin d’elle-même en est une autre. Le désert n’est qu’une métaphore pour annoncer la difficulté à pouvoir percer les secrets en l’être aimé. »

« Est-ce possible de la découvrir dans « chaque recoin » d’elle-même ? »

L’autre moi : « Fort de l’expérience que j’ai acquise au cours de ma...