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De quoi j'me mêle ?

De
368 pages

A-t-elle trop végété devant les feuilletons à l’eau de rose ? Ou bien confinée à la cuisine, à la couture, au ménage et au repassage, cherche-t-elle à extraire son ennui ? Non, Maurine se doit de nous le révéler, elle aimerait parfois aborder le sens profond du verbe « s’ennuyer » d’un peu plus près. Quant à ses aventures, elles pourraient être les vôtres...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-56013-1

 

© Edilivre, 2014

Dédicace

 

 

A Fabienne, ma Nymphe à moi

Prologue

« O Courbes, méandres,

Secrets du menteur,

Est-il art plus tendre

Que cette lenteur ?

Je sais où je vais

Je t’y veux conduire,

Mon dessein mauvais

N’est pas de te nuire… »

(Paul Valéry, l’insinuant, extrait)

Aaaaaaaah douce adolescence !!! Pays où les sens exacerbés s’attachent et s’entichent de n’importe quel spécimen de l’espèce, pourvu qu’il soit du sexe opposé. Planète dont l’essence, incontrôlable parfum de nos sécrétions animales, est le maître… le mettre à feu du lancé sur orbite de nos vies, repose sur si peu de choses !

Parfois la fusée reste au sol, arrimée par je ne sais quelle force anormale, l’astronaute lui-même semble dopé par les effluves de cette douce chrysalide… et ne rêve plus des étoiles de la maturité. Là, coincé entre deux mondes, il est le jouet d’aliens assoiffés : oooh hormones sexuelles.

Séduire, plaire, copuler, se mélanger, reluquer et mater en puissance mille. Les actions sont simples, répétitives, inassouvissables. Les aliens se reproduisent à un rythme effréné, ne laissant aucun répit à leur hôte, demandant toujours plus de partenaires différents, de va-et-vient entre ses reins, entre Ces reins… Le plaisir est une drogue et le quotidien son « ennemi-antidote » : les doses doivent non seulement augmenter, mais aussi varier… se nourrir d’autres flux, d’autres corps, d’autres astronautes arrimés, et mieux encore… tel Don Juan, décrocher de la lune un pilote voyageur ! Exquise victoire sur un monde dont il ne comprend la portée, et qui finit souvent par l’anéantir ou l’emporter… Aaaaaaaah l’adulte et sa magnanimité !!!

Lui, sur sa planète, les régressions sont « taboues », mais oh combien possibles… Voler à l’âge adulte ne protège de rien : interdire les allers-retours encourage la contrebande, les tolérer justifie l’envie de les tester ! Et l’honnêteté est une denrée rare. En jeune pilote voyageur, je recherche comme tant d’autres la constellation utopie, mais mon vaisseau est abîmé. Une fissure laisse passer des colonies de parasites. Ils altèrent mon jugement, et se répandent sur les lieux mêmes de la planète de mes rêves : chronique d’une génération désillusionnée, non… mais incapable de profiter de son Bonheur, oui !!!

J’ai 21 ans. Age qui autrefois soulignait la majorité, et effectivement depuis peu, je me sens comme adulte… Aujourd’hui force est de constater qu’être mature et quitter le nid arrive plus tard, pourtant la majorité a été ramenée à dix-huit ans ! Paradoxe de l’évolution, et d’un monde donnant le permis de conduire à des enfants, qui loin d’en profiter pour s’éloigner du nid à tire-d’aile, s’en servent pour mieux le regagner plus longtemps !!!

J’ai 21 ans dis-je, mais plus toutes mes dents : mes dents de sagesse m’ont été enlevées l’année dernière, et ça aussi, c’est un des points forts de notre beau progrès… on ne sait jamais, au cas où elles auraient été contaminées par un virus extraterrestre inconnu justement installé entre ces dents-là et mes gencives. Non mais sans rire, peut-être bien qu’en poussant, elles auraient déplacé le bel alignement, jusque là si parfait de ma mâchoire : rendez-vous compte, on tolère des enfants avec un chemin de fer à l’intérieur de la bouche pendant sept ans, mais un adulte avec un léger chevauchement de canines sur incisives, lui, est une offense à toute la lignée très professionnelle de nos chers dentistes, je dirais même, de nos très chers dentistes… Ce sont les années d’études qui se payent. Les pauvres, apprendre plus longtemps que les autres, comme ils ont dû souffrir !

A 21 ans et presque toutes mes dents donc, j’ai perdu mon grand amour. Pas celui des premiers baisers volés, non ; ni celui qui a décidé d’insérer dans ma bouche le corps chaud et étranger de sa langue, me faisant oublier par quel tuyau je pouvais encore respirer… jusqu’à-ce que je mette fin à l’étreinte pour mieux recommencer. Non, ça c’était du temps où l’on avait plus besoin de se goûter que de vraiment se savourer : l’époque sucrée salée, jamais décidée, de mon adolescence.

Si j’ai perdu mon grand amour, c’est sans qu’il décède pourtant, sans qu’il me quitte réellement non plus, ou bien si, mais ça n’est pas ce qui m’a fait le perdre… Après tout, qu’il s’en aille en me disant « je ne t’aime plus Maurine, c’est ici que nos chemins se séparent » m’aurait certes beaucoup attristée, mais mon amour, lui, serait resté intact, prêt à accueillir un nouvel hôte mieux choisi encore !!! Là, c’était différent, nous parlions d’avoir des enfants, de bientôt s’épouser, d’avoir chacun enfin trouvé sa « moitié ». Je me mettais à nu devant lui, lui livrant mon « moi profond » pendant qu’il se mettait nu dans la chambre d’une autre, partageant avec elle notre intimité la plus secrète, tout en en recréant une nouvelle… les mêmes rêves à la clef. Hélas pour lui, nous ne sommes pas dans un pays polygame, et je découvris en grand drame la supercherie : dam’ super la chérie !!!

Ça faisait un an que monsieur n’allait plus en cours, rejoignant tantôt sa demi-rousse (demi parce que petite et plus châtain que rousse, hé oui !) et tantôt sa bande de copains, dilapidant à qui mieux mieux les sous de ses parents.

Imaginez-vous la Belle au Bois Dormant se réveiller face à ce qu’elle croit être « le prince charmant », et tomber nez à nez avec ça ! Gloups, et regloups, ça m’apprendra à voir le bien partout. Trois ans et demi de foi en un larron, ça vous donne des leçons, vous fait grandir d’un coup et pas forcément de la meilleure façon.

J’ai 21 ans et toute la vie devant moi, mais mon cher « grand amour », je ne crois plus en toi… Ironie du sort, tu vis encore dans le cœur de la gentille demi-rousse, plus flamboyant que jamais d’avoir bénéficié du fameux « tu vois, je la quitte pour toi ». Après tout me diriez-vous, Mattéo et Corinne, ça sonne mieux que Mattéo et Maurine… Et oui, c’est comme ça la vie. Ça se joue à de petits détails, l’envie subite de regarder sa photo sur son permis de conduire… pour mieux découvrir ce qu’il était incapable de me dire. Quelques mots doux d’une autre écriture que la mienne. Moi qui ne jurais que par l’honnêteté dans le couple ! Nous qui nous étions promis de ne pas nous arrêter à une erreur de parcours, du moment qu’elle était vite avouée. Quand je pense qu’au début, n’ayant découvert que le coté émergé de l’iceberg, j’avais tenté de le récupérer… hi hi hi, je me serais retrouvée fine avec mon iceberg dans sa totalité, s’il avait finalement penché de mon côté. Comme quoi, pour une fois, il avait dû réfléchir, il faut lui laisser ça.

Enfin, ça n’est pas de notre histoire à lui et moi, que je souhaite faire un étalage. Cependant, et c’est systématique, lorsque l’on appuie sur ce point là, il s’extirpe un dégueuli incontrôlable d’ordures ménagères, que je croyais depuis longtemps évacuées et qui stagnent quelque part en mon fort intérieur comme dans une mauvaise prison. Je me suis fait avoir comme dans le pire des cauchemars : « alors comme ça, ça n’existe pas que dans les vaudevilles tarabiscotés ? ». Comme quoi, dans chaque film, chaque récit imaginé ou romancé, la vérité n’est jamais loin. Corinne la demi-rousse était notre voisine de palier. Nous avions le même âge et squattions souvent à trois, l’un ou l’autre appartement. Elle faisait des études d’infirmière et afin de l’aider à arrondir ses fins de mois, nous lui donnions un peu de ménage ou de repassage à faire. Bref, le cliché le plus pur… après le coup de la secrétaire, bien sûr !

« A mon âge, on a toute la vie devant soi… » Je martèle ces mots à l’intérieur de moi, comme un refrain que l’on m’a chanté maintes fois, et sans en percevoir le sens : toute la vie c’est encore court, et il y a un quart qui devra servir à reconstruire ce qui a été détruit dans le premier quart, au moins ! On arrive à la sortie de l’enfance, le cœur gonflé de belles histoires auxquelles on croit, si l’on a eu comme moi la chance d’en admirer un exemple dans le couple de ses parents. Ou bien déjà déçu, à moitié brisé, le cœur amère et rancunier contre la fausse propagande des contes de fées, lorsque l’on a essuyé un ou plusieurs divorces parentaux. En général, les cœurs abîmés se chargent de contaminer les cœurs pleins d’espoir, la solution de facilité en somme. Et puis il y a les cœurs infirmiers qui s’aiment eux-mêmes dans leur grande bonté, prennent plaisir à rabibocher sans savoir réellement t’aimer, et s’en retournent à d’autres blessés une fois que tu leur paraîs un peu remis sur pied. Ceux-là facilitent la tâche des contaminateurs… Le système est si bien rodé, tout s’y imbrique tellement bien…

Je venais d’un univers incroyable, presque sorti d’un conte moderne, l’Amour y régnait en maître et la majorité penchait pour les bonnes actions, ceux qui n’adhéraient pas à ces principes étaient interdits de séjour… On y coulait de beaux jours, où il fallait essayer de toujours mieux communiquer afin de régler les conflits, de s’entraider dans les difficultés… Aaaaaaaah douceur du cocon familial ! Et puis la planète a mûri et éclaté, et nous nous sommes tous dispatchés dans l’immensité de la galaxie. Je me suis d’abord recroquevillée devant l’agressivité oppressante de la foule, puis j’ai tenté de m’y mêler, d’y ajouter ma patte colorée si pleine de naïveté, et grave erreur, j’ai donné mon cœur ! Ah ça ! Pour me mêler au monde, je m’y suis mêlée, je fais maintenant partie du pourcentage des filles désillusionnées, j’ai moi aussi mon histoire de petit chat blessé, et des envies de griffer quiconque m’approcherait de trop près. Je donne mon corps sans trop de chichis, à tout bel étalon ayant un minimum d’hygiène et d’esprit, mais jamais mon cœur, ni ma confiance… je les ai perdus, et que le monde les oublie.. !

J’en suis arrivée, après cela, à visualiser toutes les situations que je vis, dans leurs extrêmes les plus cinématographiques, aiguisant à qui mieux mieux la paranoïa qui était née en moi. On peut dire que sans effort, j’excelle à transformer la pellicule de mon vécu en un film à rebondissement !

1

Qu’il est long et laborieux, le chemin qui remonte vers la clarté enfantine dont j’adorais colorier ma vie… Mon premier réflexe fut le « no man’s land » :

Bannir tout homme de mon cœur, de ma vie même, tant que j’y suis !!! On est entière ou on ne l’est pas, après tout !

Rien de compliqué à première vue, il me suffit de recopier mon agenda en ne gardant que les demoiselles. Je sors de mon récent chez moi, l’esprit léger de ma nouvelle idée, gambadant ingénument vers le monoprix le plus proche, chose aisée à trouver dans notre belle capitale. Le temps est couvert, mais par ces jours de grandes résolutions, on finit toujours par découvrir le p’tit rayon de soleil qui confirme nos bonnes intentions. Chemin faisant, je remarque les vitrines qui arborent soudain leurs déguisements de Noël. Les petits lutins avaient dû travailler vite et tard, car il me semble qu’hier encore, les décorations d’automne grimaçaient de poussière et cela suffit à m’irradier d’un sourire : j’allais retrouver mes Noëls d’antan sans cavalier pesant à mon bras… rien que la famille et moi.

Hem… C’était sans compter sur la relève ! Cette année, ce fut ma petite sœur qui ramena son prince charmant, et déjà mes bonnes résolutions commençaient à pâlir. Comme ils étaient mignons, comme ils avaient l’air heureux. Etait-ce à cela que nous ressemblions Mattéo et moi, à la lueur d’un regard extérieur ? Et les grands-parents qui déjà te rassurent : « tu trouveras quelqu’un de bien mieux, celui-ci ne te méritait pas », nan mais papy, j’en veux plus du tout là, ras la casquette des hommes !!! Enfin, je crois… Il a l’air sympa le petit ami de ma frangine. Pff, ce n’est pas gagné d’avance, ma cure de désintoxication.

Ce que je préfère dans les fêtes de Noël ou d’ailleurs, ce sont les préparatifs, tous ensemble dans la cuisine… C’est lorsque la pointe du couteau est concentrée sur les émincés de lard, que les confidences se font plus profondes, les liens plus ténus… si on n’a gardé qu’un seul cochon ensemble, on en a découpé des tas, et ça, ça rapproche…

Un peu trop peut-être ! Les rapports fusionnels finissent souvent par souffrir de l’arrivée de relations nouvelles, il faut alors réorganiser les fils de ce lien serré et ce n’est pas chose aisée. La facilité veut qu’on lui laisse la longe au large, le courant augmentant peu à peu la distance qui nous sépare, sans qu’on y prenne vraiment garde ; trop occupés déjà, à combler le manque par un collier plus épais, tissé aux mesures de l’intrus. Je le sais, je fus la première à le tester, c’est aujourd’hui le tour de ma sœur Harmonie, Cybèle est, quant à elle, encore trop jeune pour en faire les frais.

Noël, boules et merveilles, petite Cybèle, je savoure d’autant plus nos moments partagés, que j’ai pris d’avance connaissance de leurs probable fin à venir. Questions ingénues, regards complices qui me donnent à nouveau l’impression d’être quelqu’un d’extraordinaire ou presque, et qui se chargent de panser mon ego piétiné de quelques gouttes d’admiration. Mais trêve de mélo sucré, je parle famille sans même vous l’avoir présentée.

Quand je dis famille, j’entends des parents et des frères et sœurs. Force est de constater que chez nous, tout ce qui gravite autour, ne baigne pas du tout dans le même bain : celui du sang n’a guère l’action d’un aimant, juste un ordre de rangs peut-être… Et si perdure au-delà, une grande affection, elle cohabite fatalement avec une forme d’incompréhension que n’arrange pas le poids des ans.

Nos parents donc, l’origine, que dis-je, la genèse de notre micro monde, ne sont pas des dieux, mais des demi-dieux. (Ah Freud, si tu analysais mes mots que n’irais tu penser.. !) Je me contente en fait de dépeindre la mythologie fondatrice de notre réel, vous l’aurez compris. C’est ainsi que Li M’Hâ Ong a pu dire : « On nomme d’ordinaire mythologie les récits sacrés des religions auxquelles plus personne ne croit », et il est vrai qu’en grandissant les demi-dieux retrouvent forme humaine, mais mon récit, lui, ne perd en rien son caractère sacré, hé hé hé.

Arimau, de souche méditerranéenne était la première pierre de la fondation de base. Trapu mais musclé, taciturne mais charmeur, il avait l’œil sombre et brillant de ceux qui cachent une intelligence trop lourde à porter. Il savait pourtant laisser jouer l’enfant qui l’habitait encore, un peu trop peut-être dirait maman… (cf. : une partie de football de trop, à l’intérieur de la maison, qui coûta leurs assises à deux beaux vases fraîchement reçus).

Maman répond au doux prénom de Nymphe, et il faut dire que cela lui va bien. Je ne sais pas si ses parents l’on lu sur son sourire de bébé bouclé, où si l’inspiration leur vint d’ailleurs. Mais la légende veut qu’ils avaient choisi ensemble de l’appeler Zania, et que son père absent le jour de l’accouchement, découvrit en rentrant que sa femme avait finalement nommé leur bébé : Nymphe. Avec son allure de danseuse, son caractère décidé masquant sa trop grande sensibilité, elle tenait la barre du couple tout en discrétion, accusant ma naissance sans une ride et habitant chaque recoin de son prénom, comme personne n’aurait pu le faire.

Puis vint l’adoption de mes deux frères : 3 ans après pour Argonien alors âgé de 4 ans, suivie d’environ une année par Kharne, de dix ans mon aîné, j’avais alors 5 ans si vous suivez correctement.

Il s’écoula 3 autres années sous la coupe de cette première esquisse de monde parallèle. Un équilibre se formait doucement à la base parentale, atypique couple libre, où seul Arimau usait dudit libellé. Nymphe était bien trop fière pour accorder ses charmes à d’autres, elle s’employait cependant à dorer la vie d’une ou deux âmes prisonnières de leurs délits d’hommes perdus. Nous l’accompagnions parfois dans la tristesse des parloirs et croisions ébahis, des hommes à « la peau qui parle » et aux dents qui tombent… Tatouages inutiles et bâclés de taulards désillusionnés, criant leurs maux à la gueule des rares passants, d’un sourire édenté.

Les mercredis après-midi, quand il faisait vacances, nous accompagnions notre papa sur son lieu de travail, où un de ses collègues prénommé Ihy faisait de même avec les siens. Il avait deux enfants, et nous savions tristement d’actualité que lui et sa femme essayaient depuis plusieurs années d’en avoir un troisième, sans résultat. Pourquoi parler de ce collègue là, et non de tous les autres, car lorsque l’on travaille pour l’association des activités en plein air, il y en a forcément d’autres. Eh bien parce qu’à l’âge de 39 ans, Arimau, le doux, le fort, le beau… mais aussi un peu le lunatique, l’asocial et le coureur. Arimau donc notre père, un bout de nos repères, mon idéal masculin de l’époque, après Zorro. Arimau en personne s’arrêta d’exister d’un coup d’un seul, d’un départ immédiat sans explication. Un ras-le-bol général ? Une liaison plus envahissante que prévue ? Une amnésie fracassante ? Aucune explication n’était suffisamment rassurante à nos yeux d’enfants, tant et si bien que d’un commun accord, nous décidâmes qu’il était mort. Si le monde des adultes nous refusait cette triste vérité, c’était simplement parce qu’il la jugeait trop dure et radicale pour nous, avions-nous décrété. Nous y mîmes même les détails qui s’élevèrent, entre nous et la lâcheté d’un père, comme des remparts de protection, signant de la même plume l’arrimage d’une triade plus soudée que jamais : Il fut décidé qu’Arimau avait subi un arrêt du cœur… organe qu’il avait trop gros d’une malformation de naissance,… peut-être en fait l’avait-il trop vaste pour se contenter de nous ? Mais cette possibilité là ne faisait déjà plus partie de notre réalité.

Argonien, Kharne et moi avions respectivement 9, 18, et 8 ans… Je crois que l’on a compris ce qui c’était passé bien avant que Nymphe n’y mette les mots : de son regard ils éclaboussaient déjà sous les flots retenus. Que dire de plus ? Nos cœurs d’enfants ne mesuraient la douleur que face au reflet de celle de notre mère, restant dans la totale incapacité de réaliser ce qu’ils perdaient peut-être à jamais.

Pour Argonien, toutes chances de s’équilibrer s’envolèrent, il avait mis dans notre microcosme ce qu’il lui restait de foi en la famille et en l’amour. Et une fois la balance déstabilisée, il accrocha tous ses espoirs à une mère amante et idéalisée, avec le nombrilisme d’un bébé de 2 mois. Celui-là même qu’il fut, abandonné et placé, est aujourd’hui condamné injustement par la vie à ne jamais s’assouvir de maternage. Ultime trahison, on l’aura laissé tomber encore… Il ne fut pas long à croire que c’était tout ce qu’il méritait et à tout faire pour que, las, nous le laissions le penser.

Pour cela, je t’en veux, Mort idiote !

Kharne, au seuil de l’âge adulte, mais petit être chétif en apparence fut plus costaud que toi Argonien. Etait-ce dû à la force de l’habitude ? Il faut dire que c’était déjà son troisième père, il avait peu connu le planteur de sa petite graine, mort tôt lui aussi, et l’avait remplacé un homme violent qu’il n’a jamais pu appeler papa. Alors, même si les rapports avec Arimau étaient ceux qui s’approchèrent le plus d’un lien paternel, ce n’était au final qu’un de plus sur la liste. Kharne savait qu’il était capable de faire face à cette situation de perte : il ne la connaissait que trop bien !!! Il oscilla quelques temps, tiraillé entre sa haine envers les femmes à l’image de sa mère, et son admiration pour celles à la poigne de Nymphe… Mais c’est son empathie qui le sauva : il aimait soutenir autrui et le considérait toujours comme plus malheureux que lui, une façon comme une autre de mettre ses maux au placard. N’y ajoutant les mots qu’en compagnie de ses éternels confidents : les animaux !

Une part de moi aurait voulu être son hamster, son chat ou son chien pour avoir droit à des conversations plus humaines et échapper à cette oscillation vaine où j’incarnais tantôt l’image de sa haine, tantôt celle de son admiration.

Etait-ce de ta faute, Mort soudaine ?

Que m’as-tu fauché de ta lame aiguisée ? Est-ce qu’un père puise son rôle dans le lien de son sang finalement ? Je n’ai guère de réponse. Simplement de notre continuité brisée, il m’a semblé me manquer un éveil à la féminité, une confrontation de points de vue, moult coups de gueule, un idéal à briser… et une fois celui-ci anéanti, une oreille à mes reproches, une défense à mes accusations !

Oh oui, je t’en ai voulu, Mort ingrate, pendant longtemps tu as eu bon dos, et fus la raison de tous mes échecs. C’était si simple, tu ne te défendais jamais, mais il a fallu grandir, et souffrir de se dire que je n’étais même pas malheureuse. C’est en faisant du théâtre que j’ai commencé à m’en rendre compte, ce fut terrible de constater que je n’étais pas du tout faite pour les grands drames, et qu’au contraire je faisais facilement rire. Exit les rapports compliqués avec la majorité de cas sociaux qui traîne dans ce milieu. J’étais trop sereine pour attirer leur flamme déséquilibrée, à mon contact ils auraient pu se remettre sur l’axe et ça n’était pas du tout ce qu’ils recherchaient. Papillons de nuit ivres de situations malheureuses qui errent, qui errent… oui mais qui créent ! Comment créer dans le Bonheur ? Ah Baudelaire, de ton air hors pair, merci grand Goethe et Tristan et Iseult !!! Pffffffff balivernes de jeunes adolescents à qui l’on a enlevé le rituel du passage à l’âge adulte, et qui s’en cherchent un nouveau : « rendez-nous notre lion à tuer, comment sans cela s’enorgueillir et prouver que l’on a, nous aussi, su traverser la houle, le feu et les orages ? Regarde sur mon torse la plaie béante de ma douleur, c’est une griffe d’ours et j’ai aimé avoir peur ! »

Mais revenons dans le vif du sujet : pourquoi vous ai-je parlé plus haut d’Ihy et de sa famille, alors que je m’évertuais à vous dresser un tableau de notre famille ? Et bien parce qu’à l’inverse de ce que l’on pourrait croire lorsque l’on en perd un membre, chez nous, c’est ce qui lui a permis de s’agrandir !

2

Existait-il une graine sous-jacente avant que l’idylle se noue entre Nymphe et Ihy ? Etait-ce le désir inassouvi d’un troisième enfant, qui avait eu raison du couple de collègues ? Ou bien simplement, leur rencontre en plein terrain hormonal modifié par la pilule, les avait-elle aidés à se tromper ?

Nous le savons aujourd’hui, prendre la pilule bouleverse nos attirances envers le sexe opposé : au lieu de se tourner vers une personne génétiquement différente afin d’assurer la diversité biologique, favorable à l’espèce, les femmes s’avèrent attirées par des hommes dont les odeurs sont génétiquement similaires aux leurs. Les études se sont révélées si accablantes sur le rapport entre femmes sous pilule et couples divorcés, qu’en 2012, l’année dernière donc, le gouvernement vota une loi stipulant « l’obligation pour la femme, de faire trois tests de dépistage de la non prise de pilule, pendant l’année précédant l’organisation de son mariage ! » Mais hier est un autre jour avec lequel nul débat de cet acabit n’est porteur de fruits, à chaque être son chemin, à chaque période son lot de connaissances.

Toujours est-il que rapidement, Ihy, version moderne de « Géo trouve-tout, touche-à-tout et s’intéresse à tout », devint mon second père, le troisième d’Argonien et le quatrième de Kharne, tout en restant celui de Cristobal et Harmonie, désormais nos frères et sœurs d’adoption.

De nature plus douce que la tempête d’Argonien, plus fragile que la rage de vivre de Kharne, et plus dubitative que celle de mon caractère entier, ils se firent un bout de notre famille, contraints et forcés. Ils s’y mêlèrent un peu sur la défensive, pas loin d’être agressés par notre cruelle présence, comme par l’amère absence due au partage de leur père déserteur.

Nous étions une équipe plus ou moins désordonnée, de sept personnes ayant du mal à cohabiter, lorsque s’ajouta à nous la dernière roue du carrosse (un peu plus proche des deux roulettes qui aident le tout-petit à stabiliser son premier tricycle), sous la forme de deux faux jumeaux : Atys et Cybèle. Qu’ils étaient trognons, qu’ils étaient mignons ces deux petits êtres tout juste sortis du four, miaulant à eux deux, plus fort que nous tous réunis. C’est qu’il fallait faire du bruit pour se faire entendre au milieu d’une tablée si nombreuse ! Et ils ne manquaient pas de « jugeote », aussi différents l’un de l’autre que peuvent se ressembler les vrais jumeaux, ils irradièrent la maison d’un sursaut d’homogénéité, réinstaurant ses membres dans une cellule à part entière. La mutation parvenait à sa fin, notre planète digérait ses bouleversements, pétant et rotant à qui mieux mieux bras, jambes ou têtes, qui volaient en une danse dégingandée, centre de gestion de son énergie vitale.

La naissance d’Atys et Cybèle acheva donc définitivement, de corroborer la théorie du chaos : la dynamique était en route, les actions possibles connues, mais impossibilité totale de prévoir son évolution… Une famille recomposée, neuf êtres humains liés par des liens tissés de plusieurs mains. Nous étions tout juste sortis du néant précédant la création du monde, nos horizons pleinement différents, et pourtant, par je ne sais quelle magie, c’est une fois tous réunis que l’équilibre s’assît ! Il s’installa même pour plusieurs mois, qui se multiplièrent en années, jusqu’au jour où la planète éclata, expulsant chacun de ses habitants sur la voie lactée de l’indépendance.

Argonien s’en alla plutôt sur orbite. Par choix détourné, puisque comme pour le reste, le cercle vicieux qui l’habitait, le forçait à se faire rejeter d’où qu’il soit. C’est une cicatrice permanente, elle vit en chacun de nous : parce qu’il ne semble pouvoir appréhender une autre voie, force est de lui pardonner à chaque fois. Mais impossible cependant d’oublier les multiples abus de confiance, les mensonges et les reproches. A qui d’autres que nous, pourrait-il les envoyer et les ressasser sans cesse, personne d’autre ne veut, ni ne peut, graviter autour de lui plus de quelques mois. Argonien le gouffre sans fin, tout lui donner ne serait pas encore assez, et pourtant… C’est un monstre de générosité, qui au fond de lui s’est caché ; les chemins d’accès ont été barricadés et murés, mais il ne trompe aucun de nous : on sait que, quelque part, où qu’il soit, il persiste tout en dessous !

En attendant son utopique éclosion nouvelle, il s’est mêlé à la société, non par le côté paix et tourterelle, mais par celui moins reluisant et qui ensorcelle… Nuit, bars et poubelles. Cela dit, dans la journée il trompe plus ou moins son monde, il s’est autoproclamé maître-chien, faux diplôme et vrai cachet à l’appui, l’ayant certainement usurpé à un instructeur trop bourré, ou gagné sans scrupule en le faisant chanter. Le clou du pompon (pardonnez moi l’expression) c’est qu’au final et sans exagération, il dresse un bel échantillon de la race canine avec énormément de réussite. La technique reste toute personnelle et en surprend, voire en choque plus d’un, puisqu’il s’exprime avec les chiens dans un langage peu recommandable. En fait pour vous l’expliquer en clair, il utilise uniquement les gros mots ! Je vous laisse imaginer la petite bourgeoise chic qui ne parvient à dresser seule son caniche, le lui confier une semaine (avec son porte-monnaie bien sûr) pour le retrouver parfaitement obéissant aux merveilleux ordres que voici : « merde fais chier ! » pour « au pied », « putain de saloperie ! » pour « assis », « enculé ! » pour « debout »… etc., et bien entendu ne réagir qu’à cet intitulé et nul autre. Mais sur toute la région de Moselle, il n’avait pas son pareil, et le succès lui fut tel, qu’il s’est aujourd’hui fait construire une villa personnelle. C’est donc à Amanvillers qu’il exerce le jour, et dans un casino qu’il s’enlise la nuit, au jeu, aux putes comme à l’alcool, il alterne selon l’envie, et jongle avec ces ingrédients en un cocktail récalcitrant.

Kharne, à l’inverse, emprunta aux météores un parcours particulièrement linéaire et décidé. Sa passion tôt trouvée pour les animaux, le poussa, jour après jour, en une direction que ses premiers résultats scolaires ne laissaient pas deviner, ni même espérer. Et pourtant, avec plus d’années qu’il n’en faut pour un major certes, mais sans l’insupportable dédain dont ils font souvent preuve aussi, il réussit l’incroyable exploit de parvenir à ses fins avec pour seuls alliés son entourage, son envie et sa persévérance. C’est donc fraîchement diplômé qu’il installa son cabinet de vétérinaire à Mulhouse sans un sou en poche, chose encore possible à l’époque.

Bonne pâte, il travaillait comme un acharné afin de combler une clientèle essentiellement retraitée, qui suçait sa moelle comme un élixir de jouvence, le traitant plus bassement que leurs merveilleux « Kiki », « Médor » et autres « Pussy » ! Le harcelant à toute heure du jour, comme de la nuit, rechignant à le payer ou encore à se plier à la règle toute simple des rendez-vous…

Là encore, par amour pour les animaux, Kharne les laissait envahir les 24 heures de ses journées, plaignant parfois les pauvres bêtes d’avoir de tels maîtres ! Jamais il n’élevait la voix, jamais il ne sortait de son train train déjà trop plein. Il n’y avait dans sa vie, plus de place pour les humains : les personnes usées s’accrochaient trop à lui, dans la peur de mourir sans leur dernier compagnon, désespérément seuls, le modelant égoïstement à leur image… Si jeune et déjà un pied dans la tombe ?

Non, car restaient les week-ends !!! Le troisième et le quatrième âge se cloîtraient chez eux, espérant « Parkinsonement » la visite des petits-enfants, le cœur frôlant l’arrêt cardiaque à chaque automobile qui ralentissait devant leurs fenêtres. Kharne, quant à lui, s’affairait. Dans son adorable « trois pièces », placé à l’étage du cabinet de vétérinaire, la poussière volait, les éponges glissaient, les mousses lavantes embaumaient… Une fois le ménage fait de A à Z, s’ensuivait un ballet de vêtements dernier cri, qui passaient des étagères au canapé, des portiques aux fauteuils, puis, une fois chaque siège recouvert, il s’enfermait dans la cuisine. Là, il vidait deux ou trois paquets de gâteaux dans de jolies coupelles, déroulait sur une tôle une pâte qu’il avait pris soin de décongeler, la garnissait du fruit de saison choisi pour la semaine et enfournait. Lui restait juste le temps de mettre une bouilloire d’eau et la cafetière à chauffer, quand déjà les premiers invités arrivaient. Chaque dimanche, un goûter troc gonflait ses murs. Car après les animaux, toutes races confondues, vers lesquels allait sa préférence venait une passion incommensurable pour une toute autre espèce : les fringues, que son modeste salaire, essentiellement voué au remboursement de l’emprunt pour la maison, ne pouvait assouvir. Il avait donc mis au point ce système d’échange par le biais de petites annonces sur Internet, et si cela prit du temps avant de ronronner avec régularité, il y trouvait aujourd’hui son compte, variant sa garde robe avec l’habitude et la prestance d’un grand couturier.

Semblables à la formation d’un amas stellaire, les nébuleuses de Cristobal et Harmonie, jeunes étoiles pleines de possibles, ne se quittaient jamais véritablement des yeux. Quand l’un protégeait l’autre, l’autre ouvrait des portes au premier. Tantôt complémentaires, tantôt similaires, ils se comprenaient sans un mot, se serraient les coudes face à nous, laissant dans leur vie plus de place aux démunis qu’à leur propre famille. Le terrain familial, miné de reproches difficiles à formuler, finit par devenir hostile, et ils préférèrent fuir lorsque l’âge adulte se profila. Cristobal, je ne l’ai pas précisé, avait le même âge que moi, quant à Harmonie, elle n’avait qu’un an de moins, ce qui avait fait d’eux d’excellents camarades de jeu pendant la glorieuse période d’accalmie de notre monde. Autant l’un en profita tout au long de son évolution, pour sucer la moelle du paternel et lui faire payer son départ, autant l’autre ne cessa de chercher à plier l’échine pour lui plaire, comme si elle se sentait fautive de ladite séparation. Leurs deux extrêmes s’entendant comme larrons en foire, lorsque le cours du fleuve de Cristobal creusa son lit en direction de l’Afrique du sud (celui-ci sortait tout juste d’un master II en langues étrangères appliquées) Harmonie lâcha ses études d’aromathérapie pour le suivre, sans se poser de questions. Et c’est enfin livrés à eux-mêmes, qu’ils commencèrent à s’épanouir. Cristobal s’était engagé dans l’humanitaire et aidait les médecins de la croix verte à se faire comprendre de la population locale, et vice versa. En bon profiteur du système, il réussit vite à écarter ses pénates de la précarité. Et c’est dans une maison de maître construite à son attention, livrée avec une femme de ménage et trois domestiques, qu’il poursuit son chemin aujourd’hui. Ses revenus et son appétit le lui permettant, il épousa trois femmes africaines. Elles lui ont donné, jusqu’à présent, quatre enfants à la peau caramel que je n’ai eu l’occasion de voir que trois fois, lors de grandes fêtes familiales.

Une fois arrivée là-bas, et logée chez Cristobal (lui-même d’abord hébergé par un des dirigeants de l’association), Harmonie commença par vendre sur les marchés, des essences de plantes qu’elle extrayait elle-même. Cependant, malgré l’étrange compréhension qui les liait, elle culpabilisait de vivre aux crochets de son frère. Comme de toute façon cet emploi ne lui suffisait pas pour subsister par ses propres moyens, elle décida de proposer ses services d’aromathérapeute non diplômée, à droite et à gauche. La croix verte s’avérant toujours en quête de bras, le contrat fut vite signé, mais sous la qualification « d’aide soignante », une paye de misère à la clef. Elle parvint tout de même à trouver une petite « case » à sa taille, plus proche du taudis que d’un réel lieu d’habitation, mais il ne lui en fallait pas beaucoup plus pour démarrer. La croix verte se rendit vite compte qu’elle était tombée sur une perle rare : Harmonie obtenait de son art, de meilleurs résultats de guérison que la majorité de ses médecins. Il ne fallut pas longtemps pour que les patients la portent aux nues, comme une espèce de divinité des plantes ou autre esprit magique dont ils ont la vénération. Mais malgré son succès grandissant, voler de ses propres ailes lui paraissait impossible, un peu comme si elle s’interdisait une totale indépendance sous le joug de la culpabilité entretenue par son patronat. Il faut préciser que dans son mal-être, elle avait fait la connaissance d’un médecin chirurgien à l’oppressante renommée, à la fois son prince charmant charmeur et un des sous-fifres de son employeur. Bien qu’embrigadée dans les mailles de filets qu’elle tissait de ses mains, elle restait consciente qu’il manquait quelque chose à son parfait épanouissement… Il lui semblait aussi que c’était déjà trop de bonheur et qu’elle ne pouvait mériter plus. Cahin-caha, elle développait ses essences, asseyait ses mérites, toujours plus entraînée dans le tourbillon de ses créations et reléguant à demain le bouillonnement de ses questions.

Atys et Cybèle faisaient moins la paire. Trop d’amour ne tue pas l’amour, mais complique peut-être son parcours… Elle astéroïde, et lui astronef, on se demande toujours comment ils avaient pu cohabiter sans une guerre, près de huit mois et demi ! Agés tous deux de quatorze ans, leurs directions s’avéraient toujours des plus différentes, avec pourtant le même désir à la clef ! Ils avaient hérité d’un palais et d’un odorat...