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Demain sera un autre jour

De
140 pages

Zende et Ayodélé viennent de se rencontrer quand survient l’esclavage. Ils sont brutalement séparés. L’esclavage enfin aboli, affranchi, Zendé cherche à la retrouver. Sur le visage de chaque femme rencontrée, il essaie de la reconnaître. Cependant, ce même destin qui autrefois les avait déjà séparés, veille. Cette fois-ci, se montrera-t-il plus clément envers eux ?


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-78718-7

 

© Edilivre, 2014

Citation

 

La traversée de tout cet enchevêtrement
de péripéties, n'altère en rien la puissance
et la beauté de l'amour entre deux êtres
rendus esclaves dès leurs enfances, mais
attachés profondément à ce qui fait
la valeur humaine : l'amour.

Demain sera un autre jour

 

Le passé d’un homme peut être semblable à l’herbe folle dans un champ ou a la plante grimpante sur un mur.

Il peut étouffer les jeunes pousses, il peut desceller les pierres les plus lourds.

Le passé peut-être un mal pour l’homme,

L’homme ne peut nier ou effacer le passé.

Il le porte toujours en lui gravé. C’est son histoire personnelle, unique. Mais il doit s’y adosser.

Prendre appui sur cette expérience pour s’en éloigner sans trahir et sans oublier.

Parce que la vie, c’est la marche vers l’avenir.

Et il faut faire confiance à ce qui viendra.

Martin GREY

 

Dehors, le soleil brillait allègrement dardant ses rayons chauds et brûlants sur la nature, et la joie qui jadis habitait son cœur, l’avait déserté au profit d’une tristesse incommensurable.

Il ne cessait de se rappeler les jeux de cache-cache qu’ils partageaient, leurs insouciances, leurs étreintes maladroites et passionnées dans cette petite cabane, nichée au creux de cette verdure luxuriante, et qui abritait cet amour naissant.

Souvent, comme une petite fille, les tresses au vent, elle se laissait tomber dans l’herbe, riant à gorge déployée, découvrant des dents d’une blancheur immaculée.

– Mais qu’est-ce qu’elle était belle avec ses yeux de biche, son teint couleur café, sa voix chaude et un peu rauque qui l’avait immédiatement séduit. Il aurait vraiment fallu qu’il soit de marbre pour résister à sa personnalité pleine de fraîcheur et à son air innocent. Le cortège de ses admirateurs et soupirants devaient être impressionnant, mais c’était lui qu’elle avait choisi.

Pourtant il ne se trouvait pas particulièrement beau. Mais de l’avis de certains c’était différent. On le comparait bien souvent à un apollon. Il marchait la tête haute.

Son corps mince, ses hanches étroites, ses jambes longues et fines attiraient bien des regards. De plus, il était d’une vitalité extraordinaire et possédait beaucoup de prestance. Quant à ses gestes, ils étaient lents et précis dénotant, une volonté et une assurance sans borne.

Au magnétisme qu’il dégageait, s’ajoutait son courage et sa générosité avec toujours son besoin d’agir quelque soit les circonstances, et les difficultés.

Il se précipitait alors vers elle, l’enlaçant de ses bras forts et musclés. Ses rires se mêlaient aux siens. Il lui donnait de petits baisers par-ci, par-là dans le cou. Puis ils restaient là tous les deux, savourant le moment présent, faisant mille projets dans cet environnement verdoyant et magique.

Les oiseaux se mirent à chanter. Même leurs chants mélodieux, qui autrefois, berçaient son cœur, n’arrivaient pas à le rythmer aujourd’hui.

Perdu dans ses lugubres pensées, il ne vit pas le soleil disparaître au profit de la lune qui se montrait. La rivière était toujours là, charriant dans ses cours de petits branchages. Les reflets de la lune dansaient dans son miroir, et allumaient dans son eau des torches argentées et vermeilles.

Dix heures sonnèrent. Dans le lointain, des cris de chiens se bagarrant certainement pour une quelconque pitance qu’ils avaient du mal à se partager.

Son cœur saignait, la douleur lui broyait le cœur, lui vrillait les tempes. Tombant à genoux, il se mit à maudire le sort funeste qui l’avait fait naître.

Levant les yeux vers le ciel parsemé d’étoiles, il se mit à hurler :

– Pourquoi… Pourquoi… Oh ! Mon Dieu…

Mais rien ne venait, aucune réponse pour adoucir ce qui avait perdu sa joie d’autrefois.

Dès demain, et avant de se mettre au travail, il repartirait à sa recherche comme tous les jours que Dieu fait. Infatigable, ses recherches prenaient allure de rituel. Il s’y adonnait régulièrement.

Aujourd’hui, les eaux pâles de la rivière reflétaient le ciel d’un gris argenté que les approches du crépuscule ourlaient de mauve au couchant.

Cette nuit-là, il régnait une chaleur étouffante et humide. Il eut beaucoup de mal à dormir, les draps lui collaient à la peau. Alors, il laissa ses sens s’exercer aux bruits du dehors.

Depuis un bon moment déjà, les lucioles se poursuivaient dans une sarabande effrénée, tout en se faisant les yeux doux. Les crapauds quant à eux, avaient commencé leur mélopée amoureuse, en mêlant leurs coassements aux chants des criquets. Les cabris bois de leur puissante voix, jouaient au baryton.

Le lendemain matin, au cocorico du jour qui s’ouvrait, il partit. La nature était toujours aussi accueillante. Au loin, les mornes étaient voilés par une brume bleutée.

Le panorama qui s’offrait à la vue, était splendide, uniformément vert, et parsemé de grands arbres séculaires. Une rivière ainsi qu’une route était visible par intermittence. Il y avait ça et là, des groupes de maisons.

Des fleurs, des Fougères, des Mille-Feuilles et des Rhododendrons s’évadaient en un jardin échevelé et sauvage.

Les sauterelles se déplaçant en bandes serrées, ressemblaient à une armée défendant leur patrie par temps de guerre.

Des papillons multicolores volaient tout autour de lui, se posant par ci, par là sur des fleurs dont les corolles s’ouvraient doucement, faisant découvrir leur éclatante beauté.

Mais toute cette beauté, en cet instant, était vaine. Sans cesse, il se demandait :

– Où était-elle ? Qu’avait on fait d’elle ? Qu’était-elle devenue ?

Les fantômes du passé n’arrêtaient pas de surgir dans son esprit enfiévré. Les images, surtout celles du malheur, se bousculaient dans sa tête, défilaient devant ses yeux tel un film d’horreur au ralenti.

Des hommes se disant croyants, dans un dieu qu’ils disaient aimer, étaient venus en grand nombre, afin de commettre leurs méfaits pour chercher des cargaisons d’esclaves.

Tout à leur bonheur, Zendé et Ayodélé, ne les virent pas arriver. Tels des fantômes, armés jusqu’aux dents, ils surgirent devant eux, empêchant toute fuite.

A la vue de ces hommes à la mine patibulaire, dont le visage et les gestes ne présageaient rien de bon, ils essayèrent par tous les moyens de s’enfuir.

Mais peine perdue, ils furent très vite rejoints par un groupe qui, les ceintura.

En parcourant tristement du regard cette magnifique île qui l’avait vu naître et qui chaque jour de part sa beauté et sa magnificence, avec ses maisons coloniales du dix-huitième siècle aux façades surannées et tricolores ; ses volets bleus, ses rues étroites et colorées par des bougainvilliers, et qui lui avait apporté tant de bien-être et de joie, il sut tout au fond de son cœur et de son âme :

– Que jamais il ne reviendrait ici dans cet univers, cette atmosphère bénie des dieux, et qui avait été si longtemps le sien.

– Que jamais, il ne reverrait ses parents, ses frères et sœurs, sa famille, ses amis.

Ses pensées lui firent mal, très mal. Des larmes se mirent à couler. Puis, il entendit les pleurs de Ayodélé, son Ayodélé.

– Mais…. Que pouvait-il faire dans ces atroces conditions !

Ils les enchaînèrent, les poussant brutalement, riant de leurs forfaits accomplis, se moquant ouvertement de la souffrance de ces deux malheureux.

En ce moment, ce mot « jamais » avait bien trouvé sa place, mais ce dernier n’en avait aucune idée. En l’espace d’un instant, il était devenu un orphelin sans le savoir.

S’il survivait, pendant tout le restant de sa vie, il se poserait des questions sur le devenir de sa famille, sans savoir qu’ils avaient tous péri. Ignorant de ce fait, il continuerait à les chercher, et finirait par penser, qu’un jour ou l’autre qu’il les retrouverait.

Zendé regarda son île une dernière fois. Et là, dans le silence de son cœur, il adressa une courte prière au ciel :

– Oh ! grand Esprit… Qu’avons-nous fait pour mériter ce sort si horrible qui nous attend… Quel crime avons-nous commis, nous obligeant à porter ces chaînes qui nous emprisonnent et nous mangent la chair… Si nous t’avons offensé par une quelconque désobéissance, ou par une quelconque parole irrespectueuse et blessante ou par un geste malheureux, et que nous méritons ce qui nous arrive, donne-nous le courage et la force qu’il faut pour l’accepter.

Peu de temps après, ils furent conduits sur une petite place d’où un comptoir de vente avait été dressé pour l’occasion, et furent exposés avec d’autres qui allaient hélas subir le même sort.

La souffrance de Zendé et Ayoldélé fut encore plus grande, car on leurs firent savoir qu’à partir de cet instant, qu’ils avaient perdu tous droits.

Ils n’étaient rien que des animaux chassés, fouettés, humiliés, mutilés, châtiés, torturés, rabaissés au plus bas niveau, arrachés sans aucune forme de procès de son sol natal et de sa patrie, et allaient maintenant être vendus comme de vulgaires bêtes de somme.

Leur calvaire commençait, leur agonie serait longue.

Un peu plus tard, après que leur sort fut scellé, ils furent séparés et jetés sans ménagement au fond de la cale d’un bateau.

Entassés les uns contre les autres dans une cale exigüe et sale, les poignets et les jambes entravés par les chaînes, ils ne purent rien espérer de mieux de la part de leurs tortionnaires.

Les misérables matelots, remplis de méchancetés, dans une cruauté implacable et viscérale, se mirent à s’acharner sur eux avec des fouets et des bâtons, pour un oui ou pour un non, au moindre prétexte.

Certains se retrouvèrent même avec des os cassés, provoquant des blessures, d’autres, avec de profondes lacérations, ainsi que des plaies à vif, suintantes et purulentes. Des mouches sorties de nulle part achevaient leur moral, en tournoyant inlassablement autour d’eux. Hurlant de douleur, leurs cris, leurs sanglots résonnaient, lancinants, c’était horrible.

Pour finir, leurs besoins vitaux étaient niés : la faim et la soif, les plongeaient dans un état quasi-hypnotique, leur ôtant toute résistance. Bon nombre de ces malheureux compagnons moururent.

La maladie fit son apparition. La mort continua son œuvre de destruction, et ce, pendant toute la traversée qui dura trois mois.

Leurs corps martyrisés furent jetés à la mer, sans préambule, et sans état d’âme, comme s’il s’agissait de colis encombrants dont il fallait se débarrasser.

Zendé n’arrêtait pas de se demander pourquoi une telle haine vis à vis d’eux, alors qu’ils n’avaient rien fait qui puisse mériter un tel châtiment, doublé d’un acharnement de cruautés, de méchancetés aussi violent, pire que celui réservé aux animaux. Mais aucune réponse ne venait. Alors armé du courage dont il avait toujours fait preuve il subissait tout en silence, ravalant sa douleur.

De plus, il se faisait non seulement du souci pour Ayodélé, mais aussi pour sa famille, n’ayant pas de nouvelles.

– Avaient-ils réussi à se soustraire à cette terrible situation ?

Zendé se demandait où on les conduisait, et ce que lui réservait cette nouvelle vie en terre inconnue…

Ce matin, une importante réunion se tient sur la plantation d’Albert, l’une des plus grandes de l’île. Après avoir remercié tout un chacun de leur présence en ce jour, ce dernier commença sa plaidoirie.

– Mes amis. Si je vous ai réuni ici aujourd’hui, c’est que la situation que nous vivons est très, très grave. Depuis de nombreux mois, sur pratiquement toutes nos plantations, le travail ne cesse d’augmenter. Nous sommes pour la plupart et ce, vous le conviendrez avec moi, dépassés ! De plus, ces plantations sont si vastes ! S’il nous faut couper toutes nos cannes à la machette, les amarrer, les transporter en char à bœufs vers le moulin, vous reconnaîtrez que pour nous, le travail est titanesque. Et pour tout cela, il nous faut absolument de la main-d’œuvre. Mais surtout, il ne faut pas qu’elle soit chère. Il ne faut pas non plus oublier que ces mêmes cannes une fois coupée, nécessitent beaucoup de soins ! Nos sucreries sont de plus en plus importantes… Le sucre, c’est de l’or en poudre, un produit très rémunérateur et qui nous rapporte beaucoup. Une question se pose alors à mon esprit, pourquoi ne prendrions-nous pas en compte, toutes ces informations qui nous parviennent çà et là en nous tournant vers l’esclavage ! A mon avis, et pour ma part, ce serait beaucoup plus simple et plus avantageux. J’ai donc pris une décision qui pour l’instant n’engage que moi. Puisque nous avons besoin de main-d’œuvre, et que nous ne l’avons pas, il faut faire venir, ces hommes et ces femmes pour faire tourner les plantations. Que ceux qui sont d’accord avec moi, lèvent leurs mains.

Une main se lève, deux, trois, quatre, cinq. Les autres se font hésitants.

Une voix jaillit alors du fond de la salle :

– Ton discours est intéressant certes, mais la traversée est longue pour ces gens ! Ils seront fatigués, et peut-être pas en mesure de fournir tout le travail ! Pourquoi devrions-nous compter sur eux, alors que nous ne savons pas s’ils seront fiables.

Une autre voix se fait entendre aussitôt :

– Ces gens-là, nous ne les connaissons pas. Nous ne savons même pas s’ils ne seront pas porteurs de maladies diverses, dangereuses pour nous, pour notre famille et aussi pour nos cultures.

– J’ai aussi entendu ces informations s’exclame un autre. Il paraît qu’ils sont résistants à la chaleur et à l’effort, et qu’ils peuvent travailler dans n’importe quelles conditions.

Un autre colon se lève, s’avance et, se met lui aussi à s’adresser à l’assemblée sur un ton très ferme :

– Vous avez tous entendu ce qui vous a été dit par notre ami Albert… N’avez-vous pas assez de tergiverser sur ce que vous devez faire ou pas concernant cette affaire. Nous avons là, une chance inouïe d’avoir de la main-d’œuvre qui ne nous coûtera rien du tout. S’il nous dit que c’est une bonne affaire, pourquoi hésiter ! Nous devrions le suivre et c’est tout. Vous restez là à faire quoi ! Pouvez-vous me le dire à la fin…. Soit vous acceptez, soit vous refusez. Mais je pense que c’est dans votre intérêt de l’écouter. En ce qui me concerne, je me range de son côté et je vote pour.

Afin de bien leur démontrer qu’il a raison d’agir ainsi, et que cette réunion devait avoir lieu pour leur bien à tous, Albert continue à leur parler :

– C’est une belle affaire mes amis, répète-t-il à nouveau. Dites vous bien que le profit sera plus grand et, réjouissez-vous, car ils ne recevront rien comme salaire pour le travail fourni et vu, leur résistance à l’effort, car nés vigoureux et accoutumés à une nourriture grossière, ils ne trouveront rien à redire à leur situation. En quelque sorte, une bonne rentabilité, sans trop de soucis.

Un grand brouhaha se fait entendre. Tout le monde donne son point de vue en même temps, discute fort. Albert réussit à les calmer, en leur martelant qu’il faut absolument accepter pour leur bien à tous, que ce serait une erreur de ne pas souscrire.

Fort de tout cela, ils décident tous d’accepter. A l’unanimité, ils votent et décident de se tourner vers l’esclavage.

Pour tous ces gens assemblés là, ces pauvres êtres n’étaient que des déchets dépourvus d’humanité, que l’on doit ravaler au rang de bêtes nuisibles. Des considérations d’ordre moral se trouvèrent également mises en avant, afin de légitimer cette traite et servitude des indigènes, les décrivant comme ayant l’âme aussi noire que leurs corps.

Leurs consciences se trouvaient donc tranquillisées, leur ôtant tout sentiment de culpabilité.

Puisque ce n’était pour eux, que des gens sans importance, sans sentiments d’humanité, brutaux et perverses, dotés d’inclinations vicieuses, incapables de s’exprimer qu’ils reléguaient simplement au rang de barbares.

Par contre, pour ces malheureux, ce n’était que le début d’une longue souffrance, car ils n’allaient pas seulement quitter leur patrie, mais ils allaient aussi être coupés de leurs racines, de tout ce qui faisait leur joie, leur bonheur, leur vie.

Par une belle journée ensoleillée, le bateau de l’enfer qui transportait Zendé, Ayodélé et leurs compagnons d’infortune arriva sur une terre inconnue, appelée Bellamour, et qui deviendrait définitivement leur nouvelle patrie – Sans passé pour réfléchir, sans avenir pour rêver –

La lumière intense du dehors les obligea à garder les yeux fermés pendant un bon moment.

Quoi de plus normal, vu les conditions dans lesquelles ils avaient été plongés pendant toute la durée de ce voyage ; le manque de lumière et d’air pur dans cette cale noire et immonde, remplie des odeurs de leurs propres excréments, de sueurs qui coulaient des corps collés les uns aux autres, rendait l’atmosphère suffocante.

Zendé fut vendu a un maître d’une grande gentillesse et qui était réputé pour sa douceur et la bonne tenue de ses ateliers.

Tandis que pour le reste de sa famille ce ne fut pas un sort meilleur. Ils furent vendus séparément sur deux plantations différentes. Pendant la traversée, son frère mourut, car la maladie avait eu raison de lui. Son corps fut jeté à la mer parmi tant d’autres.

Ses deux sœurs, dès le premier jour de leur captivité essayèrent de s’enfuir. Elles furent reprises et battues à mort par un maître qui voulait leur apprendre l’obéissance à tout prix.

Quant à son père, il préféra se suicider afin de se soustraire à l’arbitraire de cet homme qui se disait son maître et de ne pas avoir à affronter cette vie misérable, atroce et affreuse. Sa femme le suivit dans la mort, car elle aimait trop son époux pour continuer seule, une vie qui n’avait aucune raison d’être, d’autant plus que toute sa famille avait été décimée.

Du côté d’Ayodélé, ce ne fut pas mieux. Son maître était d’une...