Des mots sur le sable - Recueil de nouvelles

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Livres
195 pages
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Description

Quand huit auteurs décident de vous conter l'été...



Au travers de genres différents et de personnages imaginés par 8 auteurs, embarquez avec leurs nouvelles délicieusement estivales.


8 histoires pour passer un été au soleil, bercé par le bruit des vagues et les embruns...

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Informations

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Nombre de lectures 7
EAN13 9782378161644
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Des mots sur le sable
Christelle Dumarchat Caroline Costa Rose Morvan Nathalie P. Rose J. Kalaka Caro Lyne Selena Dubh Stefy Québec
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Collectif d’auteurs. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-165-1 ISBN numérique : 978-2-37816-164-4 Conception graphique de couverture : Tinkerbell Design
Sommaire
10 juillet– Christelle Dumarchat Malentendu madrilène– Caroline Costa La promesse du passé– Rose Morvan Un été avec lui– Nathalie P. L’envol du seigneur– Rose J. Kalaka Au-delà des frontières– Caro Lyne Le temps d’une vie– Selena Dubh Québec libre !– Stefy Québec
10 juillet
[Christelle Dumarchat]
10 juillet 1880 La maison est calme. Tout le monde doit dormir. Je prends une grande inspiration. Que cela fait du bien d’être là ! J’espère que ma s urprise lui plaira ! Je marche à pas feutrés, surtout en montant l’escal ier. Il y a cette marche qui grince encore malgré la récente réparation et je retiens m on souffle un instant. En haut, je tourne vers la gauche pour me rendre dans la chambr e. Bien que l’obscurité soit présente, je connais cette maison par cœur, car j’e n ai dessiné le plan, alors y pénétrer la nuit n’est pas un problème. Soudain, il me semble percevoir une présence face à moi, ensuite s’avance une ombre aux contours imprécis. Puis il y a cette doul eur dans mon ventre. Une déchirure qui m’arrache un cri. En même temps que mon cri retentit, une exclamation fuse dans le silence de la demeure. — Pourquoi as-tu fait cela ? demande mon épouse, un bougeoir à la main. — Il allait tout découvrir ! rétorque une voix masc uline. — Seulement maintenant, il va falloir faire le néce ssaire pour que personne ne se doute de rien, et éviter que les enfants ne se rend ent compte de quelque chose. Nous allons devoir réfléchir à ce que nous donnerons com me explication. Cette intonation si dure, si inflexible, ce ne peut être la sienne ! On m’attrape sous les bras avec brutalité. De mon c ôté, je tente d’endiguer de ma main le sang chaud qui coule, poisseux, mais je sen s progressivement que je m’affaiblis. Le coup que j’ai reçu a dû toucher des parties vitales et la blessure est importante. Toutefois, mes gémissements de douleur ne l’émeuvent pas, et encore moins l’homme qui se trouve avec elle. Une fois en bas, comme ils ont allumé la lampe à hu ile qui se trouve sur la commode dans le vestibule, je ne la quitte pas du regard et lâche dans une plainte de souffrance : Pourquoi ? Elle hausse les épaules et dit d’un ton catégorique : Tu n’aurais pas dû être là !  Je suis venu plus tôt afin de te faire une surpris e pour notre anniversaire de mariage. Alors qu’ils me déposent sur le sol, devant la port e qui mène à la cave, elle déclare, avec dureté :  Parce que tu crois que cela m’aurait fait plaisir ! Bon sang, s’il n’y avait pas eu autant d’argent en jeu, je n’aurais jamais accepté de t’épouser ! Co… Comment ? soufflé-je. Elle indique de la main l’homme brun, dans la trentaine, qui se situe à côté de moi. te présente Charles, mon seul et unique amour. J’ai été obligée de t’épouser, Je alors que c’est lui que j’aime. Dorénavant, je vais pouvoir faire ce que je veux, affirme-t-elle. Je lève une main dans sa direction. Aide-moi… supplié-je. Elle secoue la tête, le visage fermé : Non. Non, je ne ferai rien. Certes, ce qui vient d e se produire n’était pas prévu, du moins, pas encore, mais je vais en tirer tous les a vantages.  On le met où ? s’enquiert Charles. Il faut se déci der vite. La situation sera plus que compromettante si quelqu’un se lève ! Dans la cave. Je conserverai la clef. Et après, on avisera. Je ne sais que penser. Je suis trop faible. De plus , comme ils m’entravent les pieds et les mains, je suis dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Et ces révélations ! Je n’avais rien vu venir. Les idées tournent dans ma t ête alors qu’ils me descendent par l’escalier étroit, mon corps cogne contre le mur froid et dur, mes pieds rebondissent sur
les marches. Que veulent-ils faire de moi ? Ils me posent sur le sol glacial avec brutalité. Et ce qui suit répond à ma question. On le laisse ? Oui. La voix de mon épouse m’est réellement méconnaissab le. D’habitude, elle est plus douce, moins brusque. s coucher, je déciderai alors.Nous verrons où cela en est demain. Retournons nou De toute façon, une fois la porte refermée, personn e ne pourra l’entendre ! continue-t-elle en ne m’accordant aucun regard. Ils montent l’escalier et je vois le halo tremblota nt de la lumière disparaître progressivement. Puis la porte se ferme avec douceu r et le cliquetis de la clef résonne sinistrement dans le vide de la pièce. Je ferme mes yeux autant sous le coup de la douleur que du désespoir… J’avais prévu un cadeau : cette bague qu’elle deman dait depuis si longtemps se trouve dans la poche de mon pantalon. Mais là, je n e sais plus que faire… Je vais mourir seul dans la cave de ma maison, poig nardé par l’amant de ma femme. Amer constat. Moi qui de coutume reste stoïque en toute situation , je sens une larme qui coule le long de ma joue. Je n’en reviens pas ! À ce moment, une pensée effleure mon esprit. Les en fants ! Comment vont-ils ? Je n’ose penser au pire. Non, elle n’a pas pu leur fai re quoi que ce soit, car sans eux elle n’aura droit à rien. Ils sont une garantie pour elle. Elle m’a trompé, elle a trompé toute la famille. Un amant ! Je n’aurais jamais envisagé cela. Elle a toujours é té si aimable avec moi ! Certes, je sentais qu’il n’y avait pas d’amour, mais je pensai s que depuis dix ans, la tendresse et le respect étaient là. Cependant, manifestement, ce t homme occupait une grande place dans son cœur, et elle était prête à me… sacrifier, d’une certaine manière, pour obtenir ce qu’elle voulait. Je respire doucement. Néanmoins, la douleur se fait plus vive. Je ne peux pas sentir sous mes doigts la plaie, pourtant le sang doit s’e n écouler lentement, inexorablement. Je guette du bruit venant de l’étage, toutefois nul son ne vient à moi. La pesanteur du silence se change en angoisse qui se fait de plu s en plus fort. Mon esprit s’égare, des souvenirs me reviennent, le sommeil entrecoupe ces instants. Le temps s’égrène. Lentement. Par le soupirail, je peux voir que le jour se lève, la lumière partielle perce également. Sur ces entrefaites, je prends conscience que je su is en train de mourir. La vie s’échappe… Il me semble que je n’arrive plus à aligner de pens ées cohérentes. Les questions envahissent ma tête. Que va-t-il se passer ensuite ? Que vont-ils dire ? Je sais que selon le contrat de mariage Ghislaine ne va pas hér iter, cependant elle pourra administrer ma fortune jusqu’à la majorité de notre fils, et de cette manière avoir la main mise sur mes biens. C’est la dernière vision cohérente que mon esprit m e donne avant que je ne sombre totalement. Le visage de mes enfants flotte… ***
10 juin 2015 Je saisis avec plaisir le trousseau de clés Pue me tend le notaire. J’ai réalisé mon rêve : je me suis offert cette vie ille bâtisse Pui me faisait envie depuis Pue j’étais toute petite, dans le jardin de laPuelle parfois je trouvais refuge Puand mes parents se disputaient, celle Pue j’ai to ujours trouvée mystérieuse. Je serre les clés dans ma main et un sentiment mêlé de joie et de fierté m’envahit : j’en suis LA propriétaire. Certes, j’ai eu de la chance. Je ne joue pas souven t à la loterie, mais là, inexplicablement, j’ai senti Pu’il fallait Pue je l e fasse à ce moment-là. Et c’est arrivé. Avoir gagné cette forte somme m’a aussi permis de P uitter cette profession Pue je n’avais suivie Pue pour faire plaisir à mes parents . De cette manière, je vais pouvoir faire ce Pue j’aime, car dans cette demeure cela va être possible. J’ai eu raison d’y croire et de suivre cette formation à distance en c achette. J’ai une vraie passion pour la couture, et ce depui s longtemps. Dorénavant, mes projets vont pouvoir voir le jour. Quand j’ai visit é la demeure, j’ai su immédiatement Puoi faire de chaPue pièce. Dans la véranda Pui se trouve derrière la maison, avec une belle vue sur le parc, je vais installer mon atelie r. Les débuts seront sans doute difficiles, mais par chance, la demeure n’a pas bes oin de beaucoup de réparations. En effet, l’électricité a été remise aux normes il y a une vingtaine d’années, ainsi Pu’une grande partie de la plomberie. Bref, tout y est dés uet, mais honnêtement, pour moi, cela lui confère du charme. ar contre, je projette d’ôt er toutes ces tapisseries à grosses fleurs des murs, de refaire les peintures parce Pue tout est trop sombre à mon goût, mais nous y arriverons sans problème avec mes amies . our le moment, je savoure ma joie en montant dans la voiture. Et je sais où je vais me rendre sur-le-champ. Chez moi ! ***