Détestable

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Jade est une véritable amoureuse de la nature humaine. Empathique et sensible, elle voue sa vie à la cause des gens qui souffrent, et c'est dans cet objectif qu'elle a obtenu son diplôme d'infirmière. À vingt-et-un ans, elle mène une vie simple parsemée des frasques de ses meilleurs amis, des appels incessants de sa mère et de sa recherche d'emploi...

Mais un jour, cette quiétude sera perturbée. Un jour, il va la contacter. Simon Hampens, un richissime homme d'affaires, a besoin de son aide. Il a le profil de l'homme à qui tout réussit et pourtant... Jade va immédiatement détecter en lui une souffrance peu commune. Elle va tout faire pour briser sa carapace et tenter de comprendre les tourments qui le hantent en permanence.

Mais son désir de vérité va se heurter à un mur épais de mensonges et de désillusions... Captivée par sa quête, Jade ne se doute pas que le piège se referme peu à peu sur elle...

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EAN13 9791096785667
Langue Français

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Détestable [Marine F.]
© 2017, Marine F. © 2017, Something Else Éditions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © 123rf.com Illustration : © Caly Design ISBN papier : 979-10-96785-66-7 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite.
Prologue Un ouragan, une tornade, un cyclone. Comment défini r la rafale puissante qui s'infiltre en moi et qui percute un à un tous mes o rganes vitaux ? Mon corps ne m'obéit plus, mes membres tremblent. Mon cœur bat à se frac asser contre ma cage thoracique. Un frisson lugubre remonte en permanence le long de ma colonne vertébrale. Je sais. Je sens ce picotement douloureux sur ma peau, et j' ai l'impression que c'estlui qui fait descendre sa main dans mon dos en une caresse perfide. Après tout, si je suis actuellement dans un état de choc proche de l'asphy xie, c'est uniquement à cause de lui. Parce que je sais. Mon cerveau n'arrive pas à assimiler cette informat ion qui me détruit. J'ai l'impression d'être en plein rêve, ou plutôt au bea u milieu d'un cauchemar. Une phrase percute ma conscience avec fracas : « La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas ». Alors voilà mon destin ? Souffrir pour découvrir. J'ai mené ma quête pour tenter de percer le mystère qu'ilJ'ai rempli ma représente. conscience de préjugés et de croyances qui se sont révélés totalement faux. J'ai voulu résoudre une énigme et je me suis retrouvée dans un piège semé d'embûches et de fausses pistes. Maintenant, je suis perdue. Oui, je connais l'impitoyable vérité et pourtant je n'ai jamais été aussi perdue de toute ma vie. J’expérimente la sensation qu'on a lo rsqu'on pense maîtriser un tant soit peu le cours de son existence, et qu'on finit par s e rendre compte que tout n'est que mensonge. Que tout n'est qu'apparence trompeuse. C’ est comme chuter d'un immeuble d'une cinquantaine d'étages, une chute qui n'en fin it pas jusqu'au moment où l'on s'écrase pour ne plus jamais se relever. On est dévasté, anéanti, brisé. Je ne peux pas expliquer mon histoire, ni même dévo iler ce secret qui s'infiltre par tous les pores de ma peau jusqu'à me consumer toute entière. Je ne peux pas non plus continuer ma vie comme si tout cela n'avait jamais existé. Comme si c'était une illusion. Mon corps est à jamais imprégné de son sceau. J'aurais dû me méfier. Cette révélation cataclysmique m'a fait prendre du recul sur ma vie. J'étais naïve, j'étais simple, empathique et avide d'aider les aut res. J'étais bourrée de principes et impatiente de les appliquer à la lettre, sans jamai s me douter qu’ils causeraient ma perte. Démanteler les mensonges pour ne laisser que la vérité nue et sans fards, sans tabou. Aussi dure, aussi intransigeante, aussi crue lle soit-elle. Vivre d’authenticité ? Je n'en suis plus si sûre. Il y a des moments dans la vie où on se sent acculé , comme pris au piège dans un étau qui se referme inexorablement sur nous. Des mo ments où vivre dans l'incertitude est plus plaisant que d'affronter la pire des évide nces. Alors on se voile la face, mais au moins on continue d'avancer, on continue d’exister. Tandis que moi désormais, je n’ai plus aucune raiso n de me battre. Ilm'a changée.Ilm'a marquée. À jamais. Il a fait resurgir en moi tout un tas de sentiments q ue j'aurais préféré ne jamais connaître. Mais il est trop tard pour l'ignorance... Maintenant, je sais... Que la vérité peut tuer...
CHAPITRE 1 Jade Quelques mois plus tôt La pluie frappe les carreaux de mes fenêtres avec v iolence. Le ciel est sombre et de nombreux éclairs viennent zébrer sa surface agitée. Le temps idéal pour se glisser sous la couette et regarder des films d'horreur jus qu'à avoir peur de son ombre. Le programme de cette charmante journée pluvieuse d e septembre n'a rien de bien palpitant. Mais je me sens trop lasse pour replonge r dans mes recherches d'emploi interminables. Je ne compte plus les petites annonc es et les copies de CV qui s'étalent en vrac sur mon bureau. N’étant pas de nature très ordonnée, la feignante q ui sommeille en moi a pris la décision de ne pas en rajouter. Ma concentration re vient rapidement sur mon écran. Le petit pantin blanc aux yeux rouges du filmSawme fixe en énonçant d'une voix rouillée : «Dans quelques heures la partie sera finie». Je ne peux retenir un sourire. Il me fait plus rigo ler que flipper avec ses répliques pathétiques et ses allures de clown au bout du roul eau. Soudain, un bourdonnement me fait sursauter et mon cœur manque un battement. C'est aussi ce moment-là que choisit le tonnerre pour éclater bruyamment et illu miner ma chambre d'une lueur fantomatique. Petites bouffées de chaleur et montée de stress ava nt de me rendre compte qu'il s'agit de mon Smartphone qui vibre dans mes draps. C'est ma mère. — Mmmoui allo ? Jade c'est maman, ça va ? Tu as vu ce temps ? Un vrai cauchemar. C'est incroyable pour la saison... L'éternel monologue de ma petite maman au téléphone . Je laisse faire, me contentant de répondre par monosyllabes. De toute façon, je ne vois pas ce que j'aurais pu dire de plus, elle gère les questions et les rép onses à elle toute seule ! —... Le pire c'est que la voisine m'a dit que ça al lait durer comme ça plusieurs jours. Il n'y a rien à faire... — Maman, l'interromps-je à bout de patience, tu vou lais me dire quelque chose ? Si ma question un peu directe la vexe, elle n'en la isse rien paraître et enchaîne sur le même ton enjoué : — Je crois que je t'ai trouvé un job ! — Vraiment ? — Oui, tu sais je parle beaucoup avec la voisine. M me Rivière. Une femme charmante au demeurant... — Maman ! Le job, dis m'en plus ? En réponse, le son de sa voix se fait plus triste, plus solennel. — Eh bien, c'est une tragédie bien sûr. Une jeune f ille a eu un grave accident de voiture, et sa famille recherche quelqu'un pour pre ndre soin d'elle à domicile. Alors j'ai immédiatement parlé de toi. — Qu'est-il arrivé à la jeune fille ? Je n’entends que le silence pendant plusieurs secon des. Puis sa voix prend le ton bas de la confidence. — Elle a perdu l'usage de ses jambes. Et souffre ég alement d'une paralysie totale de la partie gauche de son corps. Ma joie retombe immédiatement. C'est tellement trag ique que je peine à imaginer la souffrance de cette jeune fille. D'un autre côté, a ider les gens est une vocation pour moi. C'est dans cet unique but que je viens d'obten ir mon diplôme d'infirmière.
Il s'agit d'un cas difficile qui nécessite beaucoup de soins, mais je serais heureuse d'aider cette jeune fille à avoir une vie meilleure . — Je savais que tu dirais ça, ma chérie. Et puis c'est exactement ce que tu voulais : pouvoir nouer une vraie relation avec ton patient. Ne pas être soumise à l'atmosphère lugubre et impersonnelle des hôpitaux. Je sais pertinemment à quoi elle fait référence, no us avons expérimenté, pendant plusieurs années, cette ambiance morbide. Pourtant, si c’était à refaire, nous le referions sans l’ombre d’un doute. Je hoche la tête , puis réalisant que personne ne peut me voir, réponds un peu mal à l'aise : Oui, c'est le type de travail qui m'intéresse. Comm ent dois-je m'y prendre ? Je veux dire, qui dois-je contacter pour obtenir le poste ? Elle reprend de nouveau son éternel air guilleret e t fait inévitablement référence à la merveilleuse voisine : Mélanie, la voisine, m’a donné toutes les informati ons nécessaires. C’est le frère de la jeune fille qui s’en occupe pour l’instant, Simo ns Hampens si je ne m’abuse. Comme c’était une amie de la famille, elle les conn aît un peu et leur a parlé de toi. Il attend ton appel dès demain… *** L'eau de la douche glisse sur mon corps et j'ai l'i mpression qu'elle régénère mon épiderme. L'appel de ma mère s'est comme toujours é ternisé au-delà du raisonnable. Et cette longue conversation décousue m'a épuisée. Pourtant, le bilan n'est pas négatif, ma petite mam an m'a trouvé un travail vraiment intéressant avec des conditions d’exercices plus ag réables que celles des établissements hospitaliers. Je culpabilise un peu de penser ça. Il s'agit quand même d'une jeune fille qui ne peut plus se déplacer sans assistance. Dont le destin a été complètement bouleversé. D'un autre côté, j'ai toujours voulu dédier ma vie à cette cause. Celle des gens qui ont beaucoup perdu et qui se battent pour continuer à vivre. Des gens qui souffrent et que je peux soulager. Demain matin, j'appellerai ce Simon Hampens. J’espère qu'il va accepter ma candidature. Je ne le fais pas uniquement pour moi, mais pour ai der une jeune fille à surmonter cette épreuve que la vie a placée sur son chemin…
CHAPITRE2 Jade J'ai la tête plongée sous mes draps et je tente dés espérément de retrouver le sommeil. Mais rien n'y fait, je suis alerte alors q u’il n’est même pas huit heures. J'aurais bien voulu profiter un peu plus de ces der niers instants de repos, avant de peut-être commencer la vie active. Mes dernières an nées d’études ont été dures et truffées de nuits blanches, de remises en question et de révisions interminables. Mais je songe, le sourire aux lèvres, que ce n'est plus qu'un mauvais souvenir. Soudain, des bruits de talons résonnent avec fracas devant ma porte d'entrée. J'entends aussi des valises qui roulent et une clé qui déverrouille la serrure. Je saute d'un bond de mon lit et enfile en vitesse mon vieux peignoir rose qui descend jusqu’aux chevilles. Pas très seyant je l'a ccorde, mais il faut que je sois au plus vite dans le hall d'entrée. Cela fait si longt emps que je ne les ai pas vus. Ils m’ont tellement manqué ! Le sourire de Lisa est l'une des plus belles choses qu’il m'ait été donné de voir au réveil. Ses longs cheveux blonds glissent en cascad e juste en dessous de sa poitrine, et sa robe rouge met en valeur sa silhouette d'actr ice hollywoodienne. Lorsqu'elle me voit, elle se précipite pour me serrer dans ses bra s chargés de bijoux en tout genre. Mon dieu, Jade ! Je te laisse seule trois semaines et te voilà changée en vieille mégère à la robe de chambre miteuse ! s'exclame-t-e lle en m’englobant avec l’odeur suffocante de son parfum Chanel. Moi aussi je suis contente de te revoir, Lisa. Stéphane entre à son tour dans l'appartement en tir ant derrière lui trois grosses valises roses, qui visiblement ne lui appartiennent pas. Moi j'aime bien ton nouveau look, me dit-il avec un grand sourire. Stéph ! Je me précipite pour l'étreindre lui aussi. Stéphan e et moi sommes aussi soudés que les deux doigts de la main depuis l'enfance. Si les caprices de l’existence ont eu la bonne idée de nous faire naître le même jour, la gr aine de la croissance, elle, n’a pas respecté ce principe d’égalité. Elle n’a décidé d’a rroser de ses bienfaits que mon ami et son mètre quatre-vingt-dix, me laissant me débattre avec mes trente centimètres en moins. J’enfouis ma tête dans son torse, pour ne plus voir son air espiègle derrière ses petites lunettes rondes d’intello. Je remarque que sa tignasse brune a encore poussé pendant son absence. Stéphane et les peignes ont to ujours été en guerre, et je ne suis pas étonnée de voir ses cheveux se dresser en désordre au sommet de son crâne. Je le connais comme si nous étions deux jumeaux. Il suffit d’un mot pour que l’autre comprenne, d’un regard pour que la complicité nous tienne. Ces quelques semaines sans lui et nos confidences n’ont pas toujours été faciles à supporter. ngouement.Alors c'était comment l'Espagne ? demandé-je avec e — Génial, on a eu un temps magnifique ! Mais visibl ement, on n'a pas ramené le soleil dans nos valises, répond-il en désignant les trombes d'eau qui se déversent toujours à l'extérieur. — Et on n'a pas ramené les beaux gosses non plus, a joute Lisa. Quel gâchis ! J'éclate de rire. J’imagine mon amie en train de te ster son pouvoir de séduction sur tous les hommes correspondant à ses critères de sél ection. Sa combinaison parfaite étant les cheveux bruns et la barbe bien fournies. Je n’aurais pas été étonnée qu’elle trouve chaussure à son pied parmi la gent masculine espagnole. Mais tu nous as beaucoup manqué, souligne Stéphane. C'est vraiment dommage que tu n'aies pas pu venir... — Oui, il fallait que je révise à fond, mais ça en valait la peine, réponds-je avec un air
volontairement mystérieux. Immédiatement, comme si elle avait un radar pour de viner ce genre de chose, Lisa me demande : Il y a du nouveau ? Dis-nous tout ! — Il se peut que j'aie trouvé un job ! — Vraiment ? reprend-elle avec enthousiasme. De quo i s'agit-il ? — Eh bien, rien n'est encore fait, mais je dois app eler dans la matinée un certain Simon Hampens. Sa sœur a un souci de santé, et il a besoin d'une infirmière pour s'occuper d'elle à domicile. Stéphane commence à trier leurs affaires de vacance s et l’accumulation de linge sale ne cesse de s'agrandir, atteignant presque le salon. C'est une belle opportunité. En plus, c'est exactem ent le type de travail que tu cherchais, répond-il en se débattant parmi les diza ines de robes à froufrous appartenant à Lisa. — Et toi Lisa, tu en penses quoi ? demandé-je, trou vant son silence inhabituel. Sans prendre la peine de me répondre, elle s'empare de son Smartphone et tape fébrilement un texte dans une barre de recherche. Je le savais ! s’exclame-t-elle. — Qu'est-ce que tu savais ? — Simon Hampens est un gars super riche qui travail le dans la finance. Son père s'appelle Éric Hampens, un grand ponte dans son dom aine. — Comment tu sais tout ça ? questionné-je, incrédul e. Elle hausse les épaules et repousse sa magnifique c hevelure en arrière d’un geste typiquement féminin. Je me renseigne, ma petite. Je suis toujours aux ag uets pour débusquer les riches héritiers de la région. Encore une fois, j'éclate de rire. *** Je me suis isolée dans ma chambre. Stéphane et Lisa sont dans le salon, et je les entends se disputer au sujet du programme TV de ce soir. Je lève les yeux au ciel, exaspérée par leur attitude puérile, mais au fond, je suis tellement contente de les avoir retrouvés ! Je tiens, entre mes mains crispées, un bout de papi er plié en quatre. Je l'ouvre et garde les yeux rivés sur les mots qui le recouvrent : «M. Hampens Simon. Tél. : 04-40-51-78-90. » Je prends mon courage à deux mains et souffle un gr and coup. On y est, c’est le moment de vérité. Je tape fébrilement le numéro, ta ndis que l’appréhension me tord le ventre. Allo ? — M. Hampens ? Jade Duval à l'appareil. — Bonjour, Mademoiselle, M. Hampens est absent. Je suis Léon, son majordome. Que puis-je faire pour vous ? — J'appelle au sujet d'un poste d'infirmière à domi cile mis en place pour seconder la sœur de M. Hampens. — Vous êtes bien renseignée, Mademoiselle, nous n'a vons pas encore diffusé d'annonce publique pour ce poste. Terrible instant de solitude. Ma mère et ses ragots . J'aurais dû me méfier de sa fiabilité. Cependant, je m'aperçois que M. Hampens a un crénea u de libre demain à 16 heures. Peut-être pourriez-vous passer au domaine ? Vous verrez avec lui si le poste peut vous correspondre.
— Ça... Ce serait génial. J'y serai. Merci. Le majordome me donne l’adresse et prend le temps d e m’expliquer l’itinéraire pour m’y rendre. Puis, il conclut toujours sur un ton ne utre et professionnel : Alors à demain, Mademoiselle Duval. — À demain. Je raccroche le téléphone en tremblant. La conversa tion a beau être terminée, le rythme de mon cœur ne ralentit pas pour autant. App aremment, mon audace involontaire m’a plus remuée que je ne l’aurais cru . À moins que ce soit à cause de mon rendez-vous de d emain, avec M. Simon Hampens…