Eden - L'intégrale

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224 pages
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Description

Juliet est déçue par l'amour. Blessée, elle garde tout de même l'espoir qu'un jour, elle rencontrera celui qui change tout...
Matthew est meurtri, le coeur à vif. Son avenir se vit, depuis quelques temps, au passé. Se remet-on un jour d'avoir perdu son idéal ?
Rosie profite de la vie. Jusqu'au jour où elle fait une promesse. Elle va le chercher, le traquer, le grand amour, son unique paradis. Quand la vie te reprend ce qu'elle t'a apporté de meilleur... Comment trouver la force de continuer ?
Une soirée va alors tout changer... Ils vont se rendre compte qu'il n'est pas défendu de continuer à vivre...

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Nombre de lectures 64
EAN13 9791096785070
Langue Français

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Eden – L’intégrale [Ludivine Delaune]
© 2017, Ludivine Delaune. © 2017, Something Else Ed itions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © 123rf.com Illustration : © Aurélie Poret ISBN papier : 979-10-96785-31-5 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com
Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite.
Je vous souhaite de trouver un jour, votre idéal…
Pour Emy et Nina, mon idéal.
Première partie
Chapitre 1 - Juliet
Le bal d'Halloween est une fête incontournable au b oulot ! Étant une entreprise de communication spécialisée dans l'événementiel, tout le monde joue le jeu. Cela fait des mois que je prépare ma tenue, mettant un point d'ho nneur à la confectionner moi-même. Bien entendu le fait que Daphné n'a pas pu s' empêcher de montrer la photo de son déguisement de Blanche-Neige ultra sexy à tout le monde m'a légèrement forcé la main à choisir une tenue de choc ! Cette année, je serai l'ange noir de l'amour. Vêtue d'une robe noire moulante, un décolleté profond jusqu'à mon nombril ne me permett ra pas de mettre un soutien-gorge mais aura l'avantage de mettre ma poitrine en valeu r et de laisser apercevoir mon piercing au nombril. Des ailes noires en plumes s'a ccrocheront à mon dos. Mes yeux seront charbonneux, ma bouche rouge sang et des tat ouages éphémères en tête de mort viendront habiller mes cuisses. J'ai décidé au ssi de customiser des talons aiguilles noirs vertigineux en collant des clous de ssus. Je mettrai toutes les chances de mon côté pour atti rer le regard de Matthew. Son charme britannique et la petite lueur coquine dans son regard quand il sourit m'ont attirée dès son arrivée à l'agence, il y a à peine un an. Daphné, ma collègue ennemie, a jeté aussi son dévolu sur lui, profitant de chaque occasion pour poser sa main sur son bras, mettre son imposante paire de seins siliconés sous ses yeux et jouer avec ses longs cheveux blonds. Qu'elle m'agace ! — Oh toi, je te sens soucieuse ! Rosie m’interrompt dans mes pensées. Nous sommes vo isines de bureau depuis plusieurs années, travaillant toutes les deux pour des réseaux sociaux. — M'en parle pas ! J'ai tellement hâte d'être à la soirée d'halloween de demain que j'en rêve la nuit. — Je suppose qu'un certain Matthew doit y jouer un rôle… Je rougis légèrement et mon regard tombe immédiatem ent sur lui. Il est concentré sur une maquette de présentation, des mèches de che veux lui tombent devant les yeux et il souffle pour les chasser. Ce simple mouvement de sa bouche me fait fondre ! — Tu te rends compte que depuis Max je n'ai eu pers onne dans ma vie, même par pour une nuit ! — Détends-toi, Juliet, tu n'as que vingt-cinq ans e t un corps à faire bander un eunuque ! Nos rires résonnent dans tout l'open space et des r egards désapprobateurs se posent sur nous. Je pique un fard et me cache derri ère un dossier. Je propose à Rosie de passer la soirée chez moi pour peaufiner nos cos tumes pour la soirée de demain soir. Il est plus de vingt-trois heures lorsque nou s finalisons. Après quelques rhums ananas, nous rigolons comme des gamines en imaginan t nos collègues dans des déguisements improbables. Philippe de la comptabili té se voit attribuer le maillot de bain de Borat nous laissant apercevoir ses poils. D aphné est affublée du déguisement hot dog.
— Pour une fois, elle aura la saucisse autre part q ue dans le cul ! J'ai toujours apprécié l'humour particulièrement os é de Rosie. Moi qui suis timide et assez introvertie, nous nous complétons parfaitemen t. Elle aime dire qu'à nous deux, nous représentons la femme parfaite ! La journée du lendemain se passe dans l'effervescen ce, tout le monde s'active pour transformer notre agence en un lieu digne des plus grands films d'horreur. Plusieurs cercueils sont installés, un sarcophage trouve plac e dans l'angle, des machines à fumée sont positionnées un peu partout, des centain es de mètres de toiles d'araignées recouvrent le plafond. Les tables sont rassemblées au centre de la pièce pour accueillir le buffet et l'apéritif. Des spots et néons rouges sont dissimulés sur toutes les poutres où l'on attache des ballons recouverts d'un drap bl anc. Vers dix-sept heures, Franck, notre patron, nous ordonne de rentrer chez nous et de revenir complétement transformés. Il nous rappelle que des journalistes seront présents pour couvrir l'événement et qu'il faut tout donner pour attirer les futurs clients. Je ne me fais pas prier et arrive chez moi pour fil er sous la douche. J'en profite pour faire un gommage, l’épiler entièrement et me laver les cheveux. La totale ! J'applique du vernis rouge sur mes ongles, mets un piercing di amant en tête de mort à mon nombril et lisse mes cheveux bruns. Une fois maquillée et habillée, je me regarde dans le miroir. Je ne me reconnais plus, la petite Juliet sage et toujours habillée cl assiquement n'est plus là. J'ai devant moi une femme sûre d'elle, un maquillage smoky tell ement noir autour des yeux que l'intensité de mon regard marron en est presque env oûtant. Une fraction de seconde, j'ai l'instinct de cacher mon corps avec mes bras. Ma robe moulante couvre la moitié de chaque sein et je sens le froid chatouiller la peau de mon ventre. Les talons allongent ma petite silhouette, et ma bouche rouge me fait pe nser à une pomme. Je sursaute en entendant la sonnette de la porte d'entrée. Rosie d oit être déjà arrivée, nous avions prévu de nous rendre à la soirée ensemble. À peine le temps de lui ouvrir qu'elle déboule dans l'appartement dans un nuage de tulle b lanc. Sa robe de mariée est déchirée par endroits, son maquillage dégoulinant e t ses cheveux ébouriffés me glacent instantanément. — Rosie, ton déguisement est tellement réaliste que j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose ! — Ne t'y mets pas non plus. J'ai dû héler je ne sai s pas combien de taxis avant que l'un d’eux daigne me prendre. Enfin, malheureusemen t le chauffeur ne m'a pas prise dans son taxi sur la banquette arrière en levrette et c'est bien dommage, il était canon à mort ! — Tu ne changeras jamais, petite nymphomane ! — Moi, une petite nympho ? Tu rigoles ou quoi ? Je dirais plutôt une gigantesque obsédée, allumeuse, bouffeuse de bites ! Sur les paroles poétiques de mon amie qui nous ont bien fait rire, nous prenons ma voiture et nous garons dans le parking de la sociét é. La nuit est tombée et le ciel est sans étoile. Un vent frais vient jouer avec nos che veux et je plaque mon manteau contre moi. Je vois des collègues se presser de ren trer sans savoir de qui il s'agit. Cette soirée risque d'être riche en surprises. Une fois débarrassées de nos affaires dans le vesti aire, nous pénétrons dans l'open space. Je reste ébahie par la décoration. La lumièr e rouge donne une atmosphère intime, presque sensuelle à la pièce, le sol est re couvert d'une fumée grise. Tous sont parfaitement déguisés. Rosie revient et me tend un cocktail noir. — Cocktail black moon, ma Juliet. Vas-y mollo, il e st chargé en vodka. J'approche le verre de mes lèvres et je suspends mo n geste. Matthew est devant moi, à quelques mètres, il est déguisé en vampire. Qu'il est sexy vêtu entièrement de noir ! Je sens les pulsations de mon cœur s'accélér er quand il pose le regard sur moi. Mon corps devient chaud et je me sens soudain entiè rement nue lorsque ses yeux
scrutent mon déguisement. Il s'attarde sur mon déco lleté et son regard bleu se charge de désir. Il lève son verre vers moi et j'en fais d e même avant de boire. Je ne résiste pas à l'envie de le titiller. Avec ma langue, j'att rape la paille de mon cocktail que je lèche discrètement. Avec mes doigts, je fais de len ts va-et-vient le long de mon verre. Matthew me fixe et je le vois avaler péniblement sa salive. Tout à coup, Daphné se met devant lui, supprimant a insi la connexion entre nous deux. J'ai juste le temps de l'apercevoir lui murmu rer quelque chose à l'oreille et je m'éloigne. Je m'approche de la baie vitrée et pose mes mains sur les vitres. Je regarde les lumières de la ville du 18ème étage et je me se rmonne intérieurement.Mais qu'est-ce qui te prend, ma fille, à aguicher un homme comm e ça ? Ne tombe pas si bas. Ne te laisse pas guider par tes hormones. Je sens une présence derrière moi et me fige. Je n' ose pas tourner la tête. Des frissons me parcourent le corps lorsque je reconnai s la voix de Matthew si proche de mon oreille. — Te rends-tu compte de l'effet que tu me fais ? Je pensais pouvoir résister mais je n'y arrive pas. Des mois que je me bats avec moi-mê me pour ne pas te parler. Parce que je sais qu'une fois commencé, nous ne pourrons plus nous arrêter… Ces mots me font tellement d'effet que je suis obli gée de frotter mes cuisses l'une à l'autre et de me retenir à la fenêtre. — Ne reste pas dans cette position, Juliet, si tu s avais tout ce qui me passe par la tête quand tu es comme ça ! Il me touche l'épaule pour me faire me retourner et ses doigts brûlent ma peau. Quand nous nous retrouvons face à face, des millier s de fourmillements se déplacent dans mon ventre. Je ne peux détacher mon regard de l'intensité de ses yeux. Une charge de désir nous entoure. J'approche mon visage du sien, j'ai envie de l'embrasser. — Tes lèvres ressemblent tellement au fruit défendu ! J'ai envie de les croquer, de les sucer, de les aspirer. Il s'approche plus près, penche la tête sur le côté , pose l'une de ses mains sur ma joue pour m'attirer vers lui et me dit. — Juliet, ne t'attends pas à autre chose que du sex e avec moi, je préfère être honnête. Ses yeux s'assombrissent. Mon romantisme me souffle de partir loin de lui et ma libido me supplie de prendre ce qu'il a à me donner. — Je ne te plais pas ? — Je ne suis pas libre… Je recule. Jamais je ne coucherai avec un homme en couple. Mon attirance pour lui n'est pas assez forte pour que j'oublie sa femme. Il me retient par la main. — Je me suis mal exprimé, Juliet. Mon cœur n'est pa s libre… — Bonne soirée, Matthew. Je m'éloigne jusqu'au bar et je me sers un verre à ras bord de cocktail. Je le bois cul sec et me retourne vers la fenêtre. Il est toujours là, le regard dans le vide. Il porte la main à son cou et serre un pendentif accroché à sa chaîne. Ses lèvres remuent doucement. De loin j'ai l'impression qu'il prie. Je rejoins mon amie en grande conversation avec Batman et lui glisse à l'oreille. — Laisse tomber, Matthew est un religieux. Il est m arié à Dieu. — Pourquoi me dis-tu ça ? — Je l'ai vu prier ! — Il priait plutôt le Dieu du sexe pour qu'enfin tu écartes tes cuisses ! L'alcool me fait glousser et je passe la fin de soi rée à danser avec un nombre impressionnant de héros d'épouvante, avec une petite préférence pour Hannibal Lecter. J'ai besoin de tranquillité et son masque l'empêche de parler !
Chapitre 2 - Matthew Je regarde Juliet se détourner de moi. La déception me prend aux tripes mais est bien vite remplacée par la nostalgie et le manque. Je cherche la chaîne autour de mon cou et prends dans ma paume le médaillon qui y pend . Je ferme les yeux et répète tout bas les mots qui y sont gravés «otreL'éternité n'est rien comparée à l'immortalité de n amour». Je les connais par cœur. Puis je laisse mon regard partir loin, il surplombe la salle, dépasse les toits des immeubles parisiens, traverse la Manche, entre en A ngleterre et s'arrête devant une petite maison londonienne. À l'intérieur, la lumière éclaire le rez-de-chaussée, j'entends le CD des Beatles, des rires, des casseroles que l'on entrechoque. Je la vois enfin, mon Ally, ma femme, mon éternel ! J'ai le souffle coupé de la voir si resplendissante. Sa beauté naturelle m'émeut, me chavire. La petite fos sette au creux de ses lèvres quand elle sourit me fait fondre. Elle remue la sauce, aj oute quelques herbes, rejette la tête en arrière et rigole. Mon Dieu, comme je l'aime ! Ce souvenir de bonheur ne reste pas. Je sais que la prochaine image va m'arracher au monde, va me poignarder l'âme. J'essaye de la ch asser… Mais en vain, elle s'insère déjà devant mes yeux. Et je revois cette scène comm e si elle se déroulait à l'instant. La souffrance me transperce déjà. Je ne veux pas reviv re ce putain de cauchemar… Le corps de ma femme git au sol dans une mare de sang. Ses membres sont positionnés bizarrement, elle ne peut pas dormir dans cette pos ition. Sa jambe gauche est pliée sous elle, son bras est retourné. Ses cheveux masqu ent son visage. Je m'agenouille, je pisse de trouille, je hurle, je bave, je suffoque. J'attrape son visage pour le tourner vers moi et je ne reconnais rien d'elle. Ses pommettes s ont explosées, sa mâchoire est brisée, sa lèvre est sectionnée et laisse voir ses dents cassées par le choc de l'impact. Ses yeux sont fixes, froids, morts. Je crie ma douleur à plein poumons et je me retourn e vers le conducteur qui vient de percuter ma femme sur le trottoir. La haine me guid e, je me relève en hurlant comme un animal pour me jeter sur lui et le tuer de mes m ains. Il vient d'assassiner mon présent, mes chances d'un avenir si doux auprès de la femme de ma vie. Des bras me retiennent, me plaquent au sol pendant que je me dé bats de toutes mes forces en pleurant ma douleur. C'est à moi que j'en veux. Si j'avais le courage, j e me tuerais moi-même. J'ai lâché la main d'Ally pour m'approcher d'une vitrine. Elle s' est arrêtée pour me regarder et n'a pas entendu le camion klaxonner et perdre le contrô le. C'est de ma faute... Les souvenirs s'estompent et progressivement je rep rends possession de mon corps. J'ai peur. Je n'ai plus le courage de vivre en portant le poids de cette horreur. Partir de Londres fut un choix difficile mais il fa llait que je survive. Et quelques années plus tard, je me bats contre moi-même, j'essaye de lutter contre l'alchimie qui me pousse un peu plus chaque jour vers Juliet. Vers so n regard bienveillant, sa bonne humeur, sa timidité. J'ai peur parce que je retrouv e de mon Ally en Juliet… Cette indéniable attraction. Cette évidence qui ne laisse pas la place ni aux questions ni aux doutes...Mais j'ai peur Ally...