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Ensemble - Kassi : épisode 4

De
73 pages
Episode 4 de la série « Ensemble – Kassi », une romance New Adult d’Anne Rossi : Deux contraires que tout oppose. Une attraction hors norme.

Elle, jeune mère célibataire, déterminée à offrir le meilleur à son fils.
Lui, étoile montante de la musique, hanté par ses pulsions violentes.
Tous les deux, ensemble, pour affronter le monde.

Depuis que Juliette est partie, rien ne va plus : la nouvelle assistante du groupe est aussi irritante qu’incompétente, Kassi a l’impression que Link stagne et surtout, il se sent seul. Seul et abattu. Sans Juliette, c’est comme si la vie perdait toutes ses couleurs, ses reliefs. Pourtant, c’est elle qui a voulu partir. Pour fuir la France, fuir Samy, le fuir lui. Il se sent tellement impuissant. Mais Juliette l’appelle. Un seul coup de fil, quelques phrases, et il comprend que c’est sa chance. Car aujourd’hui, il se sent prêt. Prêt à montrer à la femme qu’il aime qu’il a changé. Prêt à la convaincre qu’ils sont faits pour être ensemble.

A propos de l’auteur :

Anne Rossi a écrit son premier roman épistolaire en sixième, en échangeant des messages sous la table avec sa meilleure amie durant le cours de sciences naturelles. Depuis, elle n’a cessé de faire vivre à ses héroïnes des aventures romantiques toujours plus passionnantes. Romance historique, romance fantastique ou encore new adult : Anne Rossi excelle dans tous les genres dédiés à l’amour ! Avec sa nouvelle série « Ensemble », elle confirme son talent pour la romance moderne.
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Épisode 4 : L’envol

– Si vous me virez, je balance à la presse tout ce que je sais à votre sujet !

Leslie ne renonça pas sans se battre. Elle avait flairé l’odeur de célébrité qui rôdait autour du groupe et en voulait sa part. Elle déployait toute la panoplie des armes en sa possession pour conserver son poste, depuis le charme jusqu’à la menace.

– Faites ça et vous ne trouverez plus jamais de travail dans la profession.

Kassi mourait d’envie de l’épingler contre un mur, mais sa voix n’en trahissait rien. À défaut de faire disparaître ses pulsions violentes, la psychothérapie l’aidait au moins à les maîtriser. Il allait devoir reprendre quelques séances, d’ailleurs, à ce train ! Il croisa les bras sur la poitrine et, comme l’aurait fait Juliette à sa place, entreprit de dresser l’interminable liste des manquements dont leur pseudo-assistante s’était rendue fautive durant leur absence. Puis il lui tendit sa lettre de licenciement.

– Vous avez quinze jours de préavis.

Leslie l’affubla de quelques noms d’oiseaux qui le laissèrent de marbre. Noura et Ilan, postés de chaque côté de la porte, ne réagirent pas davantage. Au bout d’un moment, Leslie finit par se calmer.

– Je n’aurai aucun mal à trouver un meilleur poste, de toute façon. Votre job, c’est de l’esclavagisme. Aucun être humain n’aurait pu s’en sortir. Et votre préavis, vous pouvez vous le mettre où je pense.

– Tant que vous signez…

Le stylo transperça la feuille de papier tant Leslie appuya fort. On aurait dit qu’elle maniait un poignard. Elle la jeta plus qu’elle ne la tendit à Kassi.

– Nous allons vous laisser débarrasser le bureau, si vous souhaitez partir tout de suite, annonça Noura.

– C’est ça, cassez-vous !

– Rappelle-moi pourquoi nous l’avons engagée, à la base ? demanda Kassi en faisant claquer la porte du bureau derrière lui.

– C’était une recommandation de Juliette.

– Eh bien, on dirait qu’elle a pris pas mal de mauvaises décisions, sur la fin.

– Tu vas lui demander de revenir ?

Kassi se laissa tomber sur le canapé, dans l’espace commun. Noura s’assit face à lui sur une chaise. Ilan avait déjà disparu dans sa chambre.

– Ça te poserait un problème ?

Noura enroula lentement une de ses mèches autour de son index.

– D’un point de vue professionnel, ce serait une excellente nouvelle. D’un point de vue personnel… Tu es amoureux d’elle ?

Kassi baissa les yeux sur ses mains. Amoureux, amoureux… C’étaient des mots pour des chansons, ça. Des trucs pour Layla. Chanter son amour pour Nathan devant des milliers de spectateurs ne la gênait pas. Lui, il osait à peine s’avouer ses sentiments. Il hocha la tête.

– Tu le lui as dit ?

– Oui.

Enfin, peut-être pas de façon explicite, mais elle avait compris… Forcément…

Noura secoua la tête.

– Te connaissant, ça devait ressembler à une proposition commerciale.

– Hé !

– Désolée, mon frère, c’est pas pour te vexer, mais il faut reconnaître que tu es plus doué avec ta guitare qu’avec les mots.

– Je sais.

Il avait encore des progrès à faire lorsqu’il s’aventurait sur le territoire de l’affectif. À peine s’il osait demander à Noura des nouvelles de son père. Quant à Ilan… Alors, gérer une relation amoureuse avec une jeune mère de famille relevait du niveau supérieur, en ce qui le concernait.

– Et comme séparer vie professionnelle et vie privée, c’est au-dessus de mes forces, ce sera tout ou rien.

Noura posa une main sur la sienne. Kassi se rendit compte que ses doigts jouaient nerveusement sur son pull.

– Vous êtes pareils, tous les deux.

– À quel point de vue ?

– Vous pensez trop. Écoute un peu ton cœur ! Je sais, dit comme ça, ça fait réplique de film Disney. Mais les clichés existent généralement pour une bonne raison.

– Rapporter un paquet de fric aux salles de cinéma ?

– Ça te va mal, de jouer les cyniques. Chante-lui la sérénade, si tu n’arrives pas à lui parler.

Kassi leva les yeux au ciel. La sérénade ! Le souvenir de ses doigts sombres caressant une peau blanche se rappela soudain à lui. Ce genre de jeu lui manquait plus qu’il n’aurait su le dire, et pas seulement pour l’aspect physique.

– Je te réserve un billet d’avion ? demanda Noura.

– Attends, je ne peux pas débarquer chez elle comme ça. Il faut d’abord…

– Tu vois… Qu’est-ce que je disais ?

Le bruit d’une porte claquée avec violence les interrompit. Leslie partait, et elle tenait à le faire savoir. Bon débarras ! Restait à espérer qu’elle n’allait pas profiter de ce qu’elle avait appris au sujet du groupe pour leur nuire.

Kassi extirpa à grand-peine sa carcasse du canapé. Le décalage horaire lui pesait davantage d’ouest en est. Ou alors c’était l’absence de Juliette. Sans doute un mélange des deux, avec la situation du groupe au milieu. Un merveilleux début d’année, vraiment !

– L’heure du bilan a sonné, annonça-t-il à Noura.

– Je croyais qu’on l’avait déjà fait ?

– Non, nous avons mesuré l’étendue des dégâts. À présent, il nous faut un plan d’action.

Ses épaules s’affaissèrent soudain. Il pivota sur ses talons.

– Tu n’es pas obligée de rester, Noura. Si tu veux aller voir ton père…

– Non, c’est bon, l’interrompit-elle en bondissant à son tour du canapé. J’ai besoin de me changer les idées, moi aussi. Puisque tu ne veux pas d’une escapade à Genève, autant bosser.

Il s’arrêta au pied de l’escalier.

– On demande à Ilan de nous aider, ou il vaut mieux le laisser tranquille ?

– Je ne sais pas. Je suis comme toi, je patauge, en ce qui le concerne.

– Il faudra bien faire quelque chose un jour. Si nous devenons célèbres…

– Quand nous deviendrons célèbres, le corrigea-t-elle.

– Oui. J’ai beau vouloir gérer les choses à notre rythme, nous n’éviterons pas éternellement la pression médiatique. Si seulement les gens s’intéressaient au travail des artistes sans se mêler de leur vie privée ! Est-ce que je me préoccupe de savoir avec qui couche notre facteur, moi ?

– C’est une factrice, l’informa Noura. Et elle est lesbienne.

Kassi cligna des paupières. Il aurait dû se souvenir que Noura dégustait les ragots comme des bonbons et n’était pas la dernière, du temps de leur adolescence, à alimenter « radio-cité », quitte à propager de fausses rumeurs pour le plaisir d’entendre tout le monde les répéter.

– Bref, poursuivit-il, si c’est déjà compliqué pour Ilan maintenant, ça ne va pas s’arranger quand il aura une meute de journalistes aux basques.

– Peut-être que ça se passera mieux que tu ne l’imagines. Après tout, s’il parvient à se protéger même de nous, ses proches, il y parviendra d’autant mieux face à la presse. Layla semble nager là-dedans comme un poisson dans l’eau, ce qui ne laisse que toi et moi. Alors dis-moi, comment tu le sens ?

Kassi avait poussé la porte du bureau. Une bouffée du lourd parfum de Leslie lui emplit les narines. Il se dépêcha d’ouvrir la fenêtre pour aérer, puis s’empara d’une pile de dossiers sur le bureau.

– Je peux parfaitement gérer les journalistes.

Si jamais Juliette revenait… Qui s’intéresserait au couple qu’ils formeraient ? Il n’y aurait rien de sexy ou de scandaleux là-dedans. En dehors peut-être de la situation de Léo… C’était bien là que le bât blessait, la cause première du départ de Juliette. Il leur faudrait éclaircir ce point, s’ils voulaient repartir sur des bases solides.

– Je peux le faire, répéta-t-il.

Comme aurait dit Juliette, tout était une question d’organisation. Il suffisait qu’elle le veuille. Au fond, tout revenait à cette question : voulait-elle encore de lui ?

4eme couverture