Estelle & Frédéric

Estelle & Frédéric

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Livres
135 pages

Description

Estelle est une jeune femme dynamique, franche, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui met tout en œuvre pour obtenir ce qu’elle désire. Frédéric est un jeune homme un brin macho, sûr de lui – enfin c’est ce qu’il essaye de faire croire, mais qui ne parvient pas à faire confiance aux femmes et nouer une relation durable. Il considère Estelle comme une simple amie, du moins jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux et comprenne que la demoiselle veut le plus si affinité avec lui.
Deux êtres qui se connaissent depuis longtemps, mais que tout oppose qui vont cependant réussir à s’apprivoiser sur un chemin semé d’embûches. Mais le danger rôde et Estelle va devenir la proie d’un odieux individu qui va faire en sorte de détruire leur relation naissante.
Qui est cet homme et pourquoi lui veut-il du mal ?

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EAN13 9791034801435
Langue Français

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A. J. Orchidéa Destins croisés Tome 2 Estelle & Frédéric Illustration : Néro Publié dans la Collection Vénus Rouge, Dirigée par Elsa C.
© Evidence Editions 2017
Quelques explications
Avant que vous ne commenciez votre lecture, je me d ois de vous préciser quelques petites choses. Tout d’abord, comme le tome 1, ce livre est raconté de 2 points de vue : ceux d’Estelle & Frédéric. Vous trouverez aussi un autre point de vue intercalé après chaque chapitre impair (à partir du chapitre 5). Je ne vou s en dis pas plus pour préserver un peu le suspense. Ce second opus est découpé en 2 parties. ère La 1 partie – hors prologue – (du chapitre 1 au chapitr e 10), se passe sur la même période de temps que le tome 1. Ne vous étonne z cependant pas si certains points du tome 1 ne sont pas repris dans ce tome, c ’est tout simplement parce que j’ai voulu me concentrer uniquement sur l’histoire d’Estelle et Frédéric. ème La 2 partie (du chapitre 11 à l’épilogue) se passe 1 an plus tard. J’espère que ma façon de construire ce tome 2 ne vo us gênera pas dans votre lecture. Une dernière chose, attendez-vous à être surpris et j’espère que cette histoire vous plaira. Je vous laisse maintenant découvrir enfin : Estelle & Frédéric Bien à vous, A.J. Orchidéa
Prologue
Frédéric Je n'ai jamais fait comme tout le monde et je peux donc vous dire que mon choix de carrière n'a pas vraiment fait l'unanimité auprès d e mes parents. J'ai été élevé dans le luxe et l'opulence, mais j'ai toujours rejeté toute cette superficialité dans laquelle mes géniteurs n'ont eu de cesse de vouloir m'enfermer. Pourtant, lorsque j'ai intégré l'école de police – pour suivre les traces de mon paternel –, ils ont accepté ma décision sans s’y opposer. Seulement, tout s'est gâté quand je le ur ai dit que j'arrêtais. La discussion s'est avérée plutôt houleuse pour finalement s'enve nimer à partir du moment où je leur ai appris que j’avais l’ambition de devenir détecti ve privé. Ils ont essayé par tous les moyens de m'en dissuader, car ils estimaient que ce n'était pas un métier assez prestigieux. Mon père – commissaire divisionnaire d e son état – m'a donc posé un ultimatum et je me souviens de la conversation comm e si c’était hier.
Nous étions dans son bureau, à la maison, et je ten tai de faire valoir mon point de vue, mais bien évidemment, il refusait de m’écouter – il faut dire que parfois il était aussi buté qu’un âne : — Il est absolument hors de question que tu abandon nes ta formation, avait-il hurlé rouge de colère. — Mais je ne m’y sens pas à ma place. — Tu dois y mettre du tien si tu veux arriver à faire quelque chose de ta vie. — Justement, c’est de MON avenir qu’il s’agit et si je t’en parle, ce n’est pas pour que tu m’en empêches, mais que tu me soutiennes. — Tu es mon fils et tu feras ce que j’ai décidé. Ic i, c’est moi le chef ! — Si tu voulais écouter ce que j’ai à te dire peut-être que tu comprendrais… — Quoi donc ? De toute façon, ce n’est pas négociab le. Je m’apprêtais à me révolter lorsqu’il leva sa main , pour m’enjoindre à me taire, avant de poursuivre : — C’est bien simple, tu as le choix : soit tu retro uves la raison et tu reprends ta formation, soit tu peux dire adieu à ta vie sous mo n toit et tous tes privilèges. Je fus tellement soufflé par cet ordre que je n’ava is pas su quoi lui dire. Il avait alors ajouté, d’un ton froid et sec : — Tu as jusqu’au repas de ce soir pour me donner ta réponse. Il avait ensuite tourné les talons et était sorti d e la pièce d’une démarche énergique et tendue, me laissant seul avec mes réflexions.
Je n'ai pas besoin de vous préciser quelle a été ma décision. J'ai emballé mes affaires et je suis parti. Leur argent, je n'en ava is que faire, ils pouvaient se le garder. C'est donc comme ça que j'ai atterri sur le pas de la porte de mon meilleur ami : Antoine. Il m’a accueilli à bras ouverts et je ne l’en remer cierais jamais assez. Il est tombé des nues quand je lui ai raconté ce que l’implacabl e monsieur Coste m’avait dit. Il n’a pas compris comment on pouvait renier son propre en fant. Je lui ai expliqué que c’était de famille. Mon aïeul était déjà ainsi et a élevé m on père de façon stricte. Aucune erreur, aucun acte de rébellion n'étaient tolérés d ans sa maison. C'est donc tout naturellement que mon géniteur a reproduit, enfin e ssayé, ce qu'il avait toujours connu : une autorité exacerbée. De mon côté, je me suis pli é à leurs exigences me concernant, mais tout s'est gâté lorsque j'ai été en âge de pre ndre mes propres décisions. Le patriarche de la famille Coste a tenté de réaffirme r son emprise sur moi en échouant lamentablement. Quant à ma mère, je suis conscient que cela lui fai t mal de ne plus voir son fils unique, mais je lui en veux encore plus de ne pas s ’être opposée à mon père le jour où il m’a mis à la porte. Elle lui est tellement soumi se, disant amen à tout comme si c’était parole d’évangile. Je sais depuis longtemps que je ne ferais jamais subir ce genre de choses à mes enfants, que ma femme sera mon égale e t que nous prendrons nos décisions à deux. Pour vous restituer un peu les évènements, toute ce tte histoire s’est passée en mille neuf cent quatre-vingt-seize, quelques jours avant mes dix-neuf ans. Si vous calculez bien, je n’ai plus aucun contact avec ma famille de puis dix-huit ans. J’en suis le premier désolé, mais je ne pouvais pas les laisser me dirig er. Pour tout vous dire, je ne regrette pas d’avoir tenu tête à mon paternel, car j’ai main tenant la vie que j’ai toujours souhaitée. Je dois aussi avouer que si tout était à refaire, j’agirais exactement de la même manière. Être enfermé dans une cage dorée et o béir aveuglément aux ordres : très peu pour moi. Je suis un rebelle et j’assume. Faisons un petit retour en arrière de quelques anné es, si vous êtes d’accord et si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. C’est moi qui raconte l’histoire, alors j’ai tous les droits. Donc je disais… Nous sommes en mille neuf cent quatre-vingt-seize e t mon père vient juste de me mettre à la porte parce que je ne veux pas rentrer dans le « moule ». J’emménage donc chez mon meilleur ami. À cette époque, je sais déjà que je désire devenir détective privé. Comment vais-je m’y prendre ? C’est un grand mystère, car à ce moment-là, il n’existe pas vraiment de formation ni de diplôme. E n attendant de trouver, je vis de petits boulots afin de participer aux frais. Cinq ans plus tard, j’en ai assez. J’ai l’impressio n de tourner en rond et plus aucun travail ne me convient. C’est là que mon ami va me donner l’idée de commencer des études de droit. Une solution qui me semble excelle nte et, je le sais, me sera utile pour le métier que je veux faire. C’est ainsi que cinq nouvelles années passent, jusq u’à ce que j’apprenne qu’en deux
mille six, un diplôme d’état : « enquêtes privées » est créé à l’Université Panthéon-Assas – Paris II. Après avoir réussi mes examens de droit, je quitte Aix-en-Provence pour m’installer dans la capitale. Ce n’est que pou r un an – deux, tout au plus – et de toute manière je reviendrai dans mon sud natal. Finalement, trois ans plus tard, ma certification e n poche et deux années de stage dans l’agence d’un privé professionnel, je suis enf in de retour à Aix-en-Provence. Antoine m’accueille de nouveau dans sa maison, mais ce n’est que provisoire, car je vais tout faire pour remédier à la situation le plu s vite possible même s’il m’a dit que cela ne le dérangeait pas. Il me l’a clairement fai t comprendre, mais j’ai envie d’avoir mon propre chez moi. J’ai l’impression d’abuser de son hospitalité, même si ce n’est pas le cas comme il me l’a maintes fois répété. Maintenant, il ne me reste plus qu’à me trouver un logement et un endroit pour y installer mon agence de détectives privés. Ce n’est qu’un mois plus tard que je mets enfin la main sur ce que j’imaginais dans ma tête. J’ai déniché le lieu parfait : un local qu i a pignon sur rue et un appartement juste au-dessus. Une véritable aubaine. Je n’en esp érais pas tant, mais c’est exactement ce qu’il me fallait. Maintenant que vous en savez un peu plus sur moi, e t surtout comment j’en suis arrivé là, laissons place à l’histoire qui vous intéresse : ma rencontre avec Estelle.
Chapitre 1
Estelle Comme tous les lundis matin lorsque j’arrive au cab inet, et ce depuis quelques semaines, je tombe sur un bouquet de roses rouges – dans un vase en verre carré – posé devant la porte. Je m’en saisis, hume le parfu m qui s’en dégage et prend la carte qui y est accrochée. Elle n’est pas signée – comme toutes les autres – et seule une lettre est inscrite en bas à droite : cette fois-ci , un « R ». Cela m’a toujours intriguée, mais je n’ai jamais réussi à comprendre ce que cela signifiait – d’autant plus qu’elle est différente sur chacune. J’espère que mon admirateur secret finira par se dévoiler. Ce petit rituel dure depuis huit semaines environ et a u-delà de me flatter, cela m’inquiète quand même un peu. Je mets mon anxiété de côté et r espire à nouveau les roses rouges dont l’odeur me rend gaie pour toute la journée. e Je ne vous l’ai pas encore dit, mais je travaille p our M Antoine de Filippi, avocat spécialisé en droit pénal. Je suis là depuis le pre mier jour, enfin presque. Je me souviens de notre première rencontre comme si c’éta it hier.
Quand je me suis présentée pour le poste de secréta ire juridique, j’ai cru un instant que je m’étais trompée d’adresse. La salle d’attent e était remplie de jeunes femmes qui semblaient tout droit sortir d’un magazine de manne quins. Elles étaient toutes maquillées à outrance et habillées comme si elles a llaient défiler sur un podium. J’ai donc regardé dans mon agenda et constaté que j’étai s bien au bon endroit. Où étais-je tombée ? Cependant, j’ai saisi le pourquoi du comme nt quand mon futur employeur est venu chercher la prochaine candidate : un individu très séduisant et charismatique. La postulante qui était assise à mes côtés a même pous sé un soupir fort peu discret en le dévorant des yeux. Honnêtement, je n’ai pas compris pourquoi ; certes, il a du charme, mais cela s’arrête ici. Ce n’est pas du tout mon ge nre et puis de toute manière, je suis là pour trouver un travail, pas pour mettre la main sur l’homme de ma vie. Quand toutes les autres candidates ont été reçues e t que mon tour est venu, je l’ai accompagné dans son bureau et j’ai patiemment atten du qu’il m’invite à m’installer dans le fauteuil en face de lui. Ce jour-là, j’ai d onné le meilleur de moi-même, sans chercher à le charmer. À quoi bon cela m’aurait-il servi pour obtenir ce travail ? C’est certainement cela qui lui a plu chez moi, en plus d e mon C.V. bien entendu, parce qu’il n’a même pas réfléchi et m’a engagée sur-le-champ.
Cela fait donc cinq ans que nous collaborons et tou t se passe pour le mieux. Nous formons un excellent duo. D’ailleurs, son meilleur ami Frédéric – un détective privé qui l’aide pour certaines de ses affaires – s'amuse à n ous surnommer : les inséparables. En parlant de ce dernier, il correspond tout à fait à mon type d’homme : grand, brun, des yeux bleus-gris, et un sourire à tomber. Je sui s sous le charme, mais cela ne semble pas être réciproque. J’ai pourtant remarqué son regard qui s’attarde sur moi de temps à autre, cependant je ne comprends pas pourqu oi il ne tente rien. Quand j’essaie de faire un pas vers lui, il en fait dix en arrière . C’est terriblement frustrant. Je ne sais pas comment m’y prendre pour qu’il ouvre les yeux, lui montrer qu’il est à mon goût et que je veux être plus qu’amie avec lui. Il débarque, ce matin-là, avec un quart d’heure d’a vance pour son rendez-vous avec Antoine. Seulement, ce dont il n’a pas connaissance , c’est que mon patron sera en retard. Je vais l’avoir tout à moi pendant presque une heure, en profiter pour le pousser dans ses retranchements et, pourquoi pas, le faire craquer. Il s’installe sur la chaise qui me fait face et allonge ses jambes en posant ses pi eds sur le coin de ma table. Je lui jette un regard noir et lui lance : — Ne te gêne pas surtout ! Retire-moi cela de là, l ui dis-je en tapant sur ses bottes. — Tout ce que tu voudras Rayon de soleil, me répond -il en s’exécutant. Il se penche en avant, appuie ses coudes sur le bureau et me demande : — L’avocat est dans son antre ? Je me mets dans la même position que lui tout en me rapprochant, si bien que nos visages ne sont plus séparés que de quelques centim ètres et lui rétorque à voix basse – un peu sur le ton de la confidence – en le fixant dans les yeux : — Tu es à moi pour les soixante prochaines minutes. L’éclat rieur dans ses prunelles s’éteint, il se re cule à une vitesse affolante – comme s’il s’était brûlé – et je vois sa pomme d’Adam tre ssauter d’inconfort. Qu’est-ce que je vous disais ? Il n’arrête pas de souffler le chaud et le froid. L’instant précédent, il me sert un regard de braise et le suivant il agit en t otale contradiction en me fixant d’un air agité. Il se réinstalle au fond de son siège en se détournant pour porter son attention sur un point au-dessus de ma tête et ajoute – comme s’il venait de se souvenir de quelque chose : — Oh ! Merde ! C’est vrai, on est le vingt et un ! — Oui, Sherlock, c’est souvent le cas après le ving t, lui réponds-je du tac au tac et plus sèchement que voulu. Il relève ses prunelles, qui ont retrouvé leur gaie té, sur moi et me demande : — Un problème, Estelle ? Qu’est-ce qui t’arrive ? T u as mangé du lion ce matin pour ton petit déjeuner ? Son hilarité me fait littéralement sortir de mes go nds et je l’apostrophe de façon plutôt virulente.
— Et toi ? Tu n’en as pas marre de me lancer des si gnaux sans jamais aller au bout de tes actes ? — Attends une minute, ma belle ! J’ai dû rater un é pisode ou deux. De quoi parles-tu ? Oups, je crois que j’en ai trop dit, mais maintenan t c'est trop tard et il faut que poursuive ma pensée jusqu’au bout. Je prends une gr ande inspiration et ouvre les vannes : — En fait, j’ai juste l’impression que je suis comp lètement transparente à tes yeux, que tu luttes en permanence pour ne pas craquer et de n’être finalement pas assez bien pour toi. Que faut-il que je fasse pour que tu daignes t’intéresser à moi autrement que comme une bonne copine ? J’y suis allée un peu fort, mais en même temps si j e ne lui dis pas ce que je garde pour moi depuis trop longtemps, c’est la crise de n erfs assurée. Je ne peux m’empêcher de me replonger dans un passé finalement pas si lointain que ça.
Je l'ai rencontré à peine quelques jours après ma p rise de poste au cabinet d’avocat d’Antoine. Jusqu’alors, je n’avais jamais cru au co up de foudre au premier regard. Tomber amoureuse d’un homme que je ne connaissais p as était bien la dernière chose que j’avais envisagée. Il m'a immédiatement attirée au-delà du raisonnable ; occupant toutes mes pensées. J’ai essayé de lutter contre le s sentiments que je développais jour après jour pour lui, mais c’était trop dur et j’ai fini par me laisser envahir. J'ai aussi tenté – à de nombreuses reprises et par tous les moyens – de lui montrer qu'il me plaisait. Il donnait l’impression de ne pas s’en rendre compte e t cela me mettait en rage. Peut-être n’étais-je pas assez directe ? Pourtant, certaines fois, il me semblait bien qu'il remarquait mes entreprises d’approches qui devenaie nt de plus en plus évidentes, car certains de ses regards à mon endroit ne trompaient pas. Très vite, je n’ai plus supporté tous ces non-dits et pire encore, qu'il in staure une certaine distance entre nous. Je souhaitais qu'il ouvre enfin ses jolies mi rettes avant qu'il ne soit trop tard, mais rien n’y faisait et il persistait à me voir comme u ne simple amie. Je lui ai laissé une dernière chance d’enlever les œillères qu’il avait devant les yeux quitte à le bousculer un peu pour arriver à mes fins, mais rien n’y a fai t. Il a fait semblant de ne pas comprendre où je voulais en venir et s’est borné à me traiter « presque » comme une petite sœur. J'ai cédé et accepté l’amitié qu’il me proposait implicitement. C’était toujours mieux que rien.
Je reviens au moment présent et constate qu'à peine quelques secondes se sont écoulées. Il n’a pas réagi et j’ai l’impression qu’ il s’est transformé en statue de cire. Seuls ses yeux gris-bleu me jaugent et je vois une multitude d’émotions s’y refléter. Je ne suis plus très sûre et j’en viens à me demander si j’ai eu raison de lui dire tout cela, de lui ouvrir mon cœur.