Ferocious Devils

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Description

Ne prenez jamais le bonheur pour acquis, il suffit d’un seul instant pour se retrouver brisé à tout jamais...


Je m’appelle Andie et ma vie était parfaite. Jusqu’à ce que l’on m’arrache sauvagement mon frère !


Et cet acte barbare, je le dois aux Ferocious Devils ! Ces êtres horribles et sans cœur qui n’auront eu besoin que d’une seule nuit, pour tout faire basculer dans le néant !


Et tout ce que je peux dire, c’est que pour rendre justice à mon frère, ils ne vont pas apprécier que je me mette en travers de leur chemin...


Que le combat le plus « féroce » de notre vie commence...

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EAN13 9782378161095
Langue Français

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Ferocious Devils
[Wendy Donella]
© 2018, Wendy Donella. © 2018, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock Illustration : © Tinkerbell Design ISBN numérique : 978-23-78160-10-4 ISBN papier : 978-23-78160-09-8 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
« C’est pendant nos moments les plus sombres que nous devons nous concentrer pour voir la lumière. » Aristote Onassis
Prologue – Andie «L’amour, c’est ça… en une heure, cela s’effondre… cela se brise, comme une barre d’acier se brise quand l’acier n’est pas dur. » Sacha Guitry Onze juin 2018 Noir ? Rouge ? Pourquoi deviens-je toujours si hésitante lorsque Rayen me rend visite ? J’observe une dernière fois les deux ensembles de sous-vêtements qui se trouvent posés sur mon lit, je finis par choisir le noir et le passe ensuite. Un petit coup d’œil dans le miroir de ma coiffeuse et ce que mon reflet me renvoie me fait légèrement sourire. C’est très rare que j’éprouve un tel sentiment à mon égard, mais je me trouve assez jolie. Je ramène ma longue chevelure auburn sur le côté, dévoilant une partie de ma nuque, cet endroit si sensible qu’aime tant embrasser Rayen. Mon regard dévie pour se poser sur le réveil qui se trouve sur ma table de nuit : vingt heures. La panique me gagne, il va arriver d’une minute à l’autre ! Je récupère ma robe légère blanche et l’enfile. Il fait déjà très chaud en ce début de mois de juin, j’ai donc décidé de laisser mes jeans au placard, du moins pour ce soir. J’ai ensuite le temps de donner un petit coup de br osse dans mes cheveux et des petits coups donnés à ma fenêtre me font légèrement sursauter. J e devrais y être habituée, Rayen utilise toujours ce moyen pour me rejoindre dans ma chambre, mais à chaque fois, il semblerait que je me fasse avoir. Je m’empresse de rejoindre l’autre bout de la pièce, j’aperçois déjà la silhouette de Rayen qui pénètre à l’intérieur. Comme toujours lorsque je sa is qu’il vient me voir, j’ai laissé ma fenêtre ouverte. Pourtant, mes parents étant absents ce soir, j’ai pensé que pour une fois, il passerait par la porte comme une personne « normale » ! Dès que mon regard se pose sur cet homme dont je rêve tant, tout mon corps se met en alerte, ce dernier anticipe déjà ce qui va suivre lorsque Rayen est à mes côtés. Il n’a pas besoin de me toucher pour me faire frissonner, rien que ses yeux sur moi font naître ces petits papillons dans mon bas ventre. Sa silhouette qui se tient à quelques centimètres de la mienne et son odeur qui afflue jusqu’à moi m’étourdissent quelque peu. C’est ça, l’effet,Rayen Cross! — Hé ! Salut bébé, dit-il en premier. — Bébé ? l’interrogé-je du regard. Un sourire taquin se dessine sur ses lèvres. Mon Dieu, que je rêve déjà de poser les miennes dessus ! — C’est cliché ? finit-il par me questionner. — Beaucoup trop ! gloussé-je. — Moi qui venais d’hésiter entre « bébé » et « le grand amour de ma vie », c’est bête, continue-t-il en élargissant sa banane. Mon regard dévie plus haut, sur ses yeux. Ces derniers pétillent en me sondant avidement. — Le grand amour de ta vie ? Ce sont de belles paro les, Monsieur Cross, mais je vous signale que cela fait déjà bien trop longtemps que vous êtes dans cette chambre et si je ne m’abuse, vos lèvres n’ont pas encore touché les miennes, dis-je en tentant de maîtriser le désir qui s’enflamme déjà en moi. Son regard passe de l’envie à la voracité en une fr action de seconde. L’instant suivant, Rayen bondit enfin sur moi pour m’embrasser. Dès que nos bouches rentrent en contact, une partie de moi se sent satisfaite, tandis qu’une autre ne peut s’empêcher de me hurler que ce n’est pas assez. C’est bien cette dernière qui l’emporte sur tout le reste, elle est bien décidée à le montrer à Rayen. Mes mains s’agrippent à lui de toutes leurs forces, ma langue joue avec la sienne jusqu’à nous rendre hors d’haleine, mon corps se plaque contre le sien. Mais ce n’est encore pas suffisant. Rayen comprend mon désir mieux que personne, il me connaît par cœur. Ses mains posées sur mes joues dérivent jusqu’à se poser sur le bas de mes fesses, je me retrouve ensuite hissée dans ses bras.
Mes jambes viennent encercler sa taille en même temps que nous nous déplaçons. Je ne vois rien, mes paupières sont closes et je suis bien transportée par l’ardeur de notre baiser. Cet échange se rompt lorsque mon corps est projeté négligemment sur le lit, je pousse un cri de surprise. Très vite, ce sont des éclats de rire qui résonnent dans la chambre. Je ne fais plus la maligne lorsque Rayen se débarrasse de son tee-shirt et qu’il vient ensuite me surplomber. Mes yeux tombent immédiatement sur ce tatouage ancré sur la peau de sa poitrine, mon cœur se gonfle d’amour pour Rayen. — Andie Sullivan, je vais te baiser jusqu’à ce que tu ne puisses plus te lever de ce lit ! prononce-t-il en approchant son visage du mien. Seuls quelques centimètres nous séparent. C’est plus fort que moi, j’explose de rire à nouveau. — Tu trouves ça marrant ? J’acquiesce en riant de plus belle. — N’est-ce pas ce que j’ai déjà fait il y a deux jo urs, Andie ? Tu veux que je te rappelle comment tu as dû expliquer à ta mère qu’il te fallait un mo t pour manquer le cours de sport ? me questionne-t-il, le regard jubilant. Quant à moi, je déglutis difficilement. J’ai soudain très chaud en me souvenant de nos deux corps entrelacés… — Désolée. C’est simplement que ces mots crus sortis de ta bouche me font rire, me défends-je. — Tu me laisses recommencer ma phrase, alors ? J’acquiesce à nouveau. — Andie Sullivan, je te rêve d’un amour sans fin et un jour, je t’épouserai, je t’en fais la promesse. Cette fois, je ne ris plus, je me retrouve même incapable de réagir ou de prononcer un seul mot. L’intensité et toute la sincérité dans ses yeux me bouleversent. Ce n’est qu’au bout de longues secondes que mon cerveau se reconnecte. — Je rêve tellement de toi, Rayen Cross. Et j’aime beaucoup cette promesse, réponds-je. Le sourire qui s’étire sur ses lèvres à cet instant vaut tout l’or du monde ! Rayen vient ensuite m’embrasser à nouveau, il met tellement de fougue dans son baiser que je suis bien heureuse d’être déjà allongée, car cet échange m’aurait retourné le cerveau à coup sûr ! *** Ensuite, Rayen ne m’a pas baisée comme il l’avait si bien prononcé plus tôt. À la place, il m’a fait l’amour avec beaucoup de tendresse. Ce moment fut m agnifique, alimenté par la force de nos sentiments l’un pour l’autre. Encore un bout de chemin avec l’homme dont je rêve qui restera inscrit à tout jamais dans ma mémoire. Si je devais faire un seul vœu, là, tout de suite, allongée dans mon lit aux côtés de Rayen, je n’hésiterais pas à demander que cet instant ne prenne jamais fin, que le temps décide de s’arrêter pour toujours… *** Quelques heures plus tard, c’est une sensation agré able qui m’extrait de mon sommeil. La sensation que me procure la bouche de Rayen vagabondant sur l’intérieur de ma cuisse et qui me fait un effet de dingue ! Je frémis sous la nouvelle plu ie de baisers qui vient se poser sur l’autre jambe, je garde néanmoins les paupières closes. — Je sais que tu es réveillée, Princesse. Ton corps parle pour toi. Princesse? Décidément, il va faire le tour de tous les petits surnoms. Démasquée, j’ouvre alors les yeux. Les baisers cessent en même temps que je tombe sur le visage le plus beau que je n’aie jamais vu. Il approche sa bouche de la mienne, si près que je pense qu’il va m’embrasser. À la place, il reprend la parole : — Cette idée me déplaît fortement, mais il faut que je m’en aille, dit-il en grimaçant. — Quoi ? Déjà ? réponds-je en boudant. Je me redresse légèrement et je passe mes mains autour de sa nuque pour l’attirer à moi. Il glisse
sa tête dans mon cou et m’offre des baisers bruyants, je finis par me mettre à rire. — Je vais être toute baveuse, râlé-je en le repoussant, mais il n’est pas de cet avis. Rayen se met à me chatouiller, encore et encore, alors que je le supplie d’arrêter. — Tu aimes ma bave, rit-il en revenant à la charge. — Reste avec moi, Rayen, s’il te plaît. Sa tête se redresse vivement, il pose son regard sur moi, retrouvant en même temps tout son sérieux. Il sait que je déteste lorsqu’il me laisse comme ça. Sans Rayen, j’ai l’impression d’être incomplète, c’est d’ailleurs pour ça qu’il passe le plus clair de ses nuits ici. — Tu sais que j’adorerais, Andie. Mais je dois emme ner ma mère à son rendez-vous, tu te souviens ? Bien sûr ! J’avais oublié, quelle gourde ! — C’est vrai, désolée. Est-ce que tu aurais l’obligeance de m’offrir un dernier vrai baiser avant de partir, au moins ? Et pas un de ceux tout mouillés, réclamé-je en retrouvant ma bonne humeur. — Je vais même faire mieux, je vais t’en donner deux, répond-il en s’exécutant. Quelques minutes plus tard, il est reparti par où il est venu, c’est-à-dire par ma fenêtre. Ce qui est encore une fois ridicule. Mes parents ne sont même pas là cette nuit ! Dix minutes plus tard, alors que je m’imprègne de l ’odeur de Rayen encore présente dans mes draps, mon téléphone se met à sonner sur ma table d e nuit. Je sursaute, puis souris. C’est probablement déjà lui et l’idée d’entendre à nouveau sa voix, les papillons dans mon bas ventre se réveillent, je me presse à récupérer mon téléphone. Ce n’est pas mon petit ami, mais mon frère, Donovan. — Dono, ça va ? — And… An… Sa voix est lointaine et essoufflée. L’inquiétude me gagne, je me redresse d’un bond dans mon lit. — Donovan, qu’est-ce qui se passe ?
Chapitre 1 – Andie «La force, c’est de pouvoir regarder la douleur en face, lui sourire et continuer malgré ses coups à se tenir debout. » Source Internet Août 2018 Allongée sur l’herbe, les yeux fermés, je me laisse aller à penser que cette journée doit être vraiment agréable pour la plupart des habitants de Sharingtown. Le soleil encore haut de ce début d’après-midi réchauffe ma peau laissée nue par mon short en jean et mon simple t-shirt noir qui laisse entrevoir un peu de mon ventre. Dommage que les semaines qui viennent de s’écouler m’aient transie de froid, et ce malgré les températures accommodantes qu’il fait en ce mois d’ août. Mon sang a fini par se figer dans mes veines, dépouillant mon cœur de toutes émotions agréables. Il ne reste plus que la douleur, celle qui vous déchire de toute part. — Toi aussi, tu aurais adoré cette journée, prononcé-je à voix haute tout en gardant les yeux fermés. Je reste encore là un moment, le temps défile sans que je m’en préoccupe. De toute façon, aujourd’hui, plus rien ne semble avoir d’importance pour moi. Je me contente de survivre uniquement pour mes parents. Ils sont déjà assez malheureux pour que j’en rajoute une couche. C’est la seule préoccupation qui me maintient encore en vie sur cette terre. Alors que je me remémore un souvenir avec Donovan, mon portable vibre sur l’herbe à côté de moi. Ce nom qui accélère mon rythme cardiaque et en même temps me plante des centaines de lames de couteau dans le cœur apparaît sur l’écran. Je me maudis intérieurement d’avoir embarqué ce fichu appareil avec moi, mais depuis le drame dont notre famille a été victime, et lorsqu’elle ne comate pas, ma mère est devenue une spécialiste dans le harcèlement par téléphone. Encore ce matin, elle s’est mise à paniquer parce que j’étais injoignable. Elle était dans le salon et elle avait réussi à zapper que je me trouvais à l’étage du dessus, tout simplement occupée à prendre ma douche ! Nous sommes devenus, mes parents et moi, l’ombre de nous-mêmes. Il y a peu encore le bonheur régnait dans notre maison, mais depuis que nous ne sommes plus que trois, notre famille est devenue bancale, fragilisée par le manque de notre quatrième pilier. Enlevez l’un des pieds d’une chaise et celle-ci ne servira plus à rien. Voilà le sort qui nous est réservé aujourd’hui… — Dans une semaine, c’est la rentrée scolaire. Tu imagines bien que je n’ai pas envie d’y aller, prononcé-je encore à voix haute. L’idée de me retrouver là-bas, dans ce lycée, au milieu de ces personnes, mon cœur se serre, cela devient même atrocement douloureux. Je ferme plus fort les paupières pour tenter de refouler les larmes qui éclosent de la coquille que forment mes yeux, mais cela ne suffit pas à les tarir. Mes joues deviennent de plus en plus humides, j’éclate en sanglots. Les démons qu’a fait naître la souffrance que je ressens depuis ce onze juin se délectent de me voir dans un tel état. Je me recroqueville sur moi-même, en position fœtus sur l’herbe, juste à côté de la tombe de Donovan. Mon téléphone se met à vibrer à nouveau, je l’ignore toujours. Rayen peut aller se faire voir ! Il pourrait lui arriver la pire des atrocités que je ne bougerais même pas le petit doigt. Parce qu’en réalité, c’est ce que je souhaite. Je veux qu’il souffre comme c’est mon cas à cet instant. Je veux que sa vie devienne douleurs et cauchemars, qu’il ne perçoive plus jamais la chaleur, qu’il soit dépouillé de son âme. Même si je me doute qu’il l’a déjà vendue au Diable ! L’idée de le retrouver bientôt m’angoisse, et encor e, ce mot est faible pour décrire ce que je ressens en pensant à lui. L’idée de respirer le même air que lui me débecte, tout comme le fait que nous nous retrouvions dans la même salle de cours. Si un jour je l’ai aimé, aujourd’hui je voudrais ne l’avoir jamais connu ! Dans une semaine, je reprendrai le chemin du lycée en ayant la certitude que cette dernière année
sera la pire de ma vie… *** Une semaine plus tard… Je lève les yeux une seconde fois pour observer mon reflet dans le miroir devant moi, je soupire puis je repose le tube de ma crème teintée. À quoi bon cacher mon teint blafard ? De toute façon, je ne suis pas certaine que ce soit une touche de maqu illage qui réussisse à me donner meilleure mine ! À la place, je récupère un élastique noir posé sur ma coiffeuse et je ramène ma longue chevelure auburn en un chignon désordonné. Ça fera l’affaire. Je soupire à nouveau, ma coiffure tirée en arrière ne fait qu’accentuer mes cernes et mon visage creusé.Super! Plus le temps de me préoccuper de mon apparence, deux coups de klaxon retentissent devant la maison. Je me lève de ma chaise pour rejoindre la fenêtre ouverte de ma chambre. J’y passe la tête pour prévenir Kristen que j’arrive. Malgré l’heure matinale, le soleil est déjà bien présent dans le ciel. Au fond de moi, j’aimerais tellement que le temps s’accorde à mon état d’esprit que la pluie frappe contre les vitres de la maison et qu’un vent glacial fasse grelotter tout Sharingt own. Ce temps encore estival pour un début septembre me paraît injuste par apport à ce que je ressens au plus profond de moi. M on Dieu, je dois avoir vraiment touché le fond pou r que je proclame l’iniquité au soleil, me dis-je à moi-même. Je range mes états d’âme pour plus tard, à la place je récupère mon sac sur mon lit tout en glissant mon téléphone dans la poche arrière de mon jean. Au moment de passer le seuil de ma chambre, une boule se forme dans ma gorge, je l’ignore et m’empr esse de dévaler les marches avant que je ne change d’avis et ne décide de retourner me calfeutrer là-haut. — J’y vais, maman. À ce soir, dis-je en traversant le hall, priant pour que cette dernière dorme encore. Au moment où je pose ma main sur la poignée de la porte, sa voix retentit dans mon dos. Merde ! — Andie, attends. Je pivote sur moi-même, elle apparaît par la porte de la cuisine. — Ton père est déjà parti travailler, mais nous voulions que tu saches que si tu ne te sens pas prête à retourner au lycée aujourd’hui, nous comprendrons, s’exclame-t-elle, encore l’air sonné de sa nuit. Je me force à faire abstraction de son corps qui flotte dans son pyjama de soie noir, de ses joues creusées et de ses cheveux entremêlés, tout cela me rappelle bien trop à quel point ma mère était une femme coquette par le passé et qu’il n’aura fallu que d’une seule nuit pour la transformer en fantôme. Douleur dans la poitrine, nœud dans la gorge, mains qui tremblent, sueurs froides dans le dos, voilà ce que m’évoque la vue de ma mère et ce sentiment d’impuissance qui s’accroche à moi comme une véritable sangsue. Je voudrais tellement ramener le soleil dans sa vie et chasser tous ces nuages sombres qui planent au-dessus d’elle depuis la mort de Donovan. Voyant l’inquiétude sur son visage tandis qu’elle me sonde, je me force à lui sourire. Il est faible, mais c’est le premier depuis des lustres ! J’ai bien senti que dans ses paroles, elle cherchait à être rassurée. Ma mère appréhende autant cette rentrée que moi. — Ça va aller, maman. La vie continue, non ? finis-je par déclarer sans conviction. Elle répond à mon sourire tout en fuyant mon regard. Lorsque nos yeux finissent par se rencontrer, je remarque immédiatement qu’ils sont humides. Il faut que je me dépêche de sortir d’ici avant que je ne perde toute lucidité. — Au moindre problème, tu rentres directement ici, d’accord ? Tu as bien pris ton portable avec toi ? — Oui, maman, il est dans ma poche. Il n’y aura aucun problème, je te le promets. Maintenant, il faut vraiment que j’y aille, Kristen m’attend, m’exclamé-je en plantant un baiser sur sa joue. Je ne lui laisse pas le temps de répondre et je quitte le hall d’entrée. Je traverse l’allée du jardin qui se trouve devant la maison sans me retourner, mais juste avant que je n’aie le temps d’arriver à la voiture de mon amie, mon téléphone vibre dans ma po che, m’annonçant l’arrivée d’un message. Je le récupère et le lis.