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Fiancée... juste pour un soir

De
160 pages
Jouer le rôle de fiancée à l'occasion d'une soirée mondaine ? Sur le moment, Olivia avait été vexée par la proposition de Thomas : ce n'était pas exactement ce qu'elle espérait entendre de la bouche de celui qu'elle aimait en secret depuis l'enfance. Etait-il à ce point aveugle ? Quand verrait-il enfin en elle une femme, une vraie, qui rêvait de lui comme à un amant ? Peut-être, au fond, tenait-elle là l'occasion rêvée de transformer cette comédie de l'amour en éternité de passion...
 
Roman réédité
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Prologue
Thomas Nolan avait onze ans. Et ce qu’il désirait plus que tout, c’était des muscles. Il voulait être grand et fort, et impressionner les copains de telle manière qu’ils n’imaginent même pas qu’on puisse le battre. Et quo i qu’il fasse — il mangeait comme quatre, des hamburgers, des frites, il buvait des litres de lait —, il demeurait le plus petit et le moins costaud. Et il en avait assez d’avoir le dessous à la moindre bagarre, et de prendre tous les coups sans pouvoir se défendre. Celui qu’il haïssait le plus, c’était le plus fort de la rue : Butch Polnecek. Ce samedi-là, le petit Thomas Nolan se fit une prom esse importante. Très importante… Avec sa cheville foulée, Thomas ne pouvait pas trop bouger. Et cela faisait plus d’une heure qu’il regardait ses camarades jouer au football dans le jardin de Jim Palmer. Il y avait là Ben Dailey, Stan Michaels et Joe Caruthers, ses meilleurs amis. Et bien sûr, il y avait aussi Butch Polnecek, son ennemi juré. C’était à cause de lui que Thomas s’était foulé la cheville. Mais Butch ne perdait rien pour attendre… « Un jour, je serai plus fort que lui ! » se répéta le petit garçon pour se rassurer. Pour l’instant, à moins d’un miracle, ce n’était pas encore le cas. De fait, bien que Thomas eût onze ans, il n’en paraissait que neuf ou dix. Il était petit de taille, et si frêle… D’ailleurs, son professeur de gymnastique lui avait conseillé de pratiquer un sport. Le karaté, le judo… « Je vais le faire. Bientôt, je se rai super musclé ! » se dit Thomas en regardant la couverture colorée de sa bande dessinée préférée. On y voyait le Guerrier de l’Espace aux muscles d’acier, et une fraction de se conde, il s’imagina bâti comme son héros. Un cri rageur en provenance du terrain le tira brutalement de sa rêverie. Tiens, tiens, Butch Polnecek venait de faire un croche-pied à Joe. Thomas regarda la scène avec intérêt. — Ça va pas, non ? Qu’est-ce qui te prend, Polnecek ? protestait Joe avec véhémence. — Excuse-moi, Joe, marmonna Butch. — Ouais… Pour cette fois, je laisse passer. Mais je te préviens, si tu recommences, je te casse la figure ! menaça Joe. Thomas adressa un sourire complice à Joe. Bravo ! B utch Polnecek était une vraie brute, trapu comme un boxeur en herbe, et trop agre ssif. Il prenait un malin plaisir à intimider tout le monde. Mais avec Joe, ça ne marchait pas ! « Un jour, c’est moi qui impressionnerai Butch Poln ecek ! » se promit Thomas en ouvrant l’album de bande dessinée. Il le feuilleta, parcourant distraitement les aventures du Guerrier de l’Espace. En fait, il connaissait cette histoire par cœur. Et il regretta de ne pas avoir apporté un autre livre. Il s’apprêtait à refermer l’album quan d une publicité attira son attention. « Découvrez le secret de Monsieur Muscles ! Il ne vous faudra que quinze minutes par jour, et votre vie sera transformée ! » affirmait le message publicitaire. Intrigué, Thomas relut la publicité. Waouh ! Et s’il répondait à l’annonce, il recevrait trois cadeaux surprises ! Sans hésiter, le petit garçon déchira soigneusement le coupon-réponse. Dès qu’il rentrerait chez lui, il le remplirait et l’enverrai t. Qui sait, peut-être que, très vite, il deviendrait si musclé que même Butch Polnecek le craindrait ? — Qu’est-ce que tu fais ? s’enquit une voix cristalline. Levant les yeux, Thomas reconnut Olivia Polnecek, la petite sœur de Butch. — Rien, répondit-il en fourrant discrètement le bout de papier dans sa poche. J’aurais bien voulu jouer avec les autres, mais avec mon entorse…
Olivia esquissa une moue. — Je sais que c’est à cause de Butch que tu t’es foulé la cheville. Tu t’es bagarré avec lui. — Oui… Haussant les épaules, Thomas la regarda de nouveau. Il aimait bien Olivia. Agée de sept ans, elle préférait la compagnie des plus gran ds. Elle n’était pas comme les autres filles, Olivia. Elle était sérieuse, trop maigre, avec d’immenses y eux noirs qui lui mangeaient le visage. Et son sourire était magnifique. Un vrai rayon de soleil. Elle avait aussi un drôle de grain de beauté sur le front, qu’elle cachait sous une frange épaisse. Quelquefois, Thomas imaginait que c’était une fée q ui avait embrassé Olivia sur le front, y laissant une marque indélébile qui la distinguerait à jamais des autres petites filles. Mais Olivia avait honte de ce grain de beauté, probablement parce que Butch s’était moqué d’elle à ce sujet. — A quoi tu penses ? s’enquit la fillette en fronçant les sourcils. — A ton frère, répondit spontanément Thomas. Il m’énerve. — Oh ! moi aussi ! Je suis sûre qu’un jour, il sera puni, déclara Olivia en s’asseyant à côté de lui. Il est trop méchant. Thomas sourit. — Du moment qu’il ne te fait pas de mal… — Alors, là, il ne se gêne pas. Il m’embête tout le temps ! avoua-t-elle. — Et tes parents ne lui disent rien ? demanda Thomas, jetant un coup d’œil aux genoux écorchés de la petite fille. Pauvre Olivia… Elle portait souvent de jolies robes, mais comme elle courait tout le temps, et tombait souvent, elle était couverte d’égratignures ! — De temps en temps, murmura Olivia, ma mère le gro nde… Mais mon père prend toujours sa défense. Thomas resta silencieux. Dans le quartier de Cherry Lane, tout le monde connaissait Karl Polnecek, le plombier. Un homme autoritaire. T rès sévère même, mais pas suffisamment envers son fils. — Oh ! c’est pas grave, reprit la petite fille comme si elle avait deviné les pensées de Thomas. Quand j’en ai assez, je m’enferme dans ma chambre, et je joue à la coiffeuse. Plus tard, je serai coiffeuse ! Thomas esquissa une grimace moqueuse. La dernière f ois qu’il avait rendu visite à Olivia, il avait vu qu’elle tailladait sauvagement les cheveux de toutes ses poupées Barbie, qui se retrouvaient hirsutes, coiffées à la mode punk. — Et toi ? Quand tu seras grand, quel métier tu feras ? demanda-t-elle. — Je ne sais pas. En fait, il ne voulait pas en parler. C’était son secret. En y pensant, Thomas claqua machinalement des doigts, comme pour se promettre de relever le défi. Olivia écarquilla les yeux, l’air admiratif. — Apprends-moi à faire ça ! — Quoi ? — A claquer des doigts. Thomas lui montra. — Tu frottes ton pouce et ton majeur, comme ça… La fillette essaya plusieurs fois, en vain. — Je n’y arrive pas ! — Recommence… Elle obtempéra, mais ses petits doigts glissaient s ans émettre un seul bruit. Thomas sentit qu’elle était déçue. — Ça viendra avec le temps. Tu es encore petite… — Pas si petite que ça ! protesta-t-elle. Elle repoussa les mèches inégales de sa frange. Thomas se demanda si elle avait coupé cette frange elle-même. — Tu me promets que tu m’apprendras ? — Promis, juré ! Olivia lui sourit, puis elle jeta un coup d’œil à l’album de bandes dessinées. — Le Guerrier de l’Espace, lut-elle à haute voix. C’est bien ? — Super bien ! Le Guerrier de l’Espace est un chef très puissant, mais il est pris en otage par le souverain des Enfers, expliqua-t-il. Comme il ne peut pas utiliser ses pouvoirs secrets pour s’échapper, il ruse… — Tu me prêteras ce livre ? — Bien sûr…
A cet instant, la voix claironnante de Butch retentit, les faisant tous deux sursauter. Grâce à Olivia, Thomas avait oublié sa colère et le match…, qui était à présent terminé. — Salut ! Olivia, j’ai quelque chose à te montrer, lança Butch. Il s’avançait d’un air bravache, les deux mains dans le dos. — J’ai une surprise pour toi, Olivia… — Quoi ? dit la fillette d’un ton méfiant. En pouffant de rire, son grand frère brandit alors deux poupées qui n’avaient plus un seul cheveu sur le crâne. — Je les ai tondues, précisa-t-il inutilement. Pendant quelques secondes, Olivia en resta comme pétrifiée. — Tu n’avais pas le droit, balbutia-t-elle en jetan t un regard éperdu à Thomas. Tu n’avais pas le droit ! Elle se leva d’un bond, et se précipita vers son frère, les poings serrés. — Je te déteste ! Tu es méchant ! Tu es horrible ! Butch la repoussa en riant. — Tu ne trouves pas que c’est drôle ? — Drôle ? cria Olivia en revenant à la charge. Espèce de… Mais cette fois, Butch lui prit durement le bras. — Ça suffit. Arrête, ou je casse toutes tes poupées ! Indigné, Thomas se leva lentement. Face à Butch, il ne faisait pas le poids, il le savait, mais il ne supportait pas de voir Olivia aussi malmenée. C’était trop injuste. — Laisse-la, ordonna-t-il à Butch. Sans lâcher sa sœur, Butch le regarda d’un air dédaigneux. — De quoi tu te mêles, Nolan ? — Olivia est mon amie. — Ton amie ? Sans blague ! répliqua Butch. Mais ça ne m’étonne pas… Les petits s’amusent ensemble. Alors, n’écoutant que son indignation, Thomas se précipita sur Butch. Un instant plus tôt, son entorse lui faisait mal, mais tout à coup, il ne sentait plus la douleur. Il n’avait qu’un seul désir : défendre Olivia. Aveuglément, il brandit le poing et donna un violent coup sur le nez de Butch. Pris au dépourvu, ce dernier poussa un cri et riposta aussitôt. Affolée, Olivia s’écarta tandis que les deux garçons roulaient dans la poussière. — Venez ! Thomas et Butch se battent ! lancèrent les autres enfants en s’approchant. Thomas essayait de repousser Butch, qui le maintena it rageusement à terre. Mais le frère d’Olivia était tellement plus fort que lui, qu’il ne parvenait pas à bouger. — Stop ! s’écria Joe. Arrêtez ! Tu n’as pas honte, Butch ? — De quoi ? répliqua Butch avec colère. Cet imbécile de Nolan m’a cherché… Je… Il s’interrompit brusquement et porta une main à son nez. Il saignait. — Ah ! Thomas t’a cassé le nez ! s’écria Olivia. C’est bien fait ! Butch se leva, grimaçant légèrement. Un filet de sang coulait de ses narines. — Va te faire soigner par ta mère, lâcha Thomas d’un ton provocant. Puis, à son tour, il réprima un gémissement. Sa che ville lui faisait maintenant atrocement mal. Stan, Joe et Ben s’agenouillèrent autour de lui. La même expression de stupeur teintée d’admiration se peignait sur leur visage. — Tu es fou d’avoir voulu te battre contre lui ! dit Ben. — En tout cas, tu es incroyablement courageux, renchérit Stan. — Un vrai chef ! assura Joe. Vive Thomas ! Thomas eut du mal à afficher un sourire victorieux. A présent, il avait l’impression d’être comme une baudruche dégonflée, sans force aucune. — Merci, les gars, marmonna-t-il. Je voulais juste défendre Olivia. Il chercha la fillette des yeux, mais elle avait disparu. Alors, il poussa un grand soupir et se releva péniblement. — C’est gentil, mais tu as eu de la chance, reprit Ben. — Butch aurait pu te démolir, assura Stan d’un air entendu. Thomas haussa les épaules. — En plus, Olivia n’est même pas jolie, poursuivit Ben. C’est encore un bébé ! — C’est pas vrai ! protesta aussitôt Thomas. D’acco rd, elle est plus petite que nous, mais elle est vraiment sympa… Il l’aimait bien, Olivia. Elle n’était pas comme les autres filles. — J’ai quand même fait mal à Butch, affirma-t-il fièrement. — Ça, c’est sûr ! Mais il va sûrement se venger, prévint Stan.
Thomas se contenta de sourire, et comme il fourrait les mains dans ses poches, il y sentit un bout de papier froissé. Le coupon-réponse de la publicité qu’il avait découpée dans son album de bande dessinée. Bientôt, il découvrirait le secret de Monsieur Muscles… Et ça, ses amis l’ignoraient. Soudain, quelques gouttes de sang tombèrent sur son T-shirt. Portant une main à ses narines, il réprima une grimace. Lui aussi, il avait le nez cassé.
1.
Elle se couchait très tard. Comme lui. Depuis le début du mois de novembre, chaque soir, il apercevait sa silhouette à travers les rideaux de son appartement, juste en face du si en. Souvent, elle marchait de long en large, un livre à la main. Et parfois, elle ne port ait qu’un léger peignoir, qui moulait les courbes délicieusement féminines de son corps menu. Une vision troublante, étrangement excitante. Thomas Nolan s’écarta de la fenêtre de sa chambre, s’efforçant de maîtriser la curiosité qu’il éprouvait pour sa nouvelle voisine. Mais l’im age de la jeune femme s’attardait dans son esprit. Elle l’obsédait. Aussi, quelques secondes plus tard, comme attiré par un aimant, retourna-t-il à la fenêtre. Eclairée à contrejour, de profil, la jeune femme arpentait la pièce en lisant un épais document. De temps en temps, elle passait une main dans sa longue chevelure, d’un geste nerveux. « Est-elle étudiante ? » se demanda-t-il, appuyant le visage contre la vitre fraîche. Clarence, l’artiste peintre propriétaire du duplex, dont la jeune femme qui l’intéressait tant occupait l’étage supérieur, louait régulièrement une chambre à des étudiants. Cela aurait expliqué que sa mystérieuse voisine soit presque toujours seule, et qu’elle se couche aussi tard. Soudain gêné par son indiscrétion, Thomas ferma brusquement les doubles rideaux. Et en s’asseyant sur le canapé, il songea que, lui aus si, il avait de bonnes raisons d’être insomniaque. Avocat, il s’était associé pour créer un cabinet, e t les enjeux de son métier ne lui laissaient pas une minute de répit. D’autant plus qu’il se chargeait presque exclusivement d’affaires difficiles, la plupart classées parmi les causes perdues par ses confrères. De fait, sa clientèle se composait essentiellement de laissés-pour-compte ou de membres de familles modestes, comme la jeune Lissa Robert. « Pauvre Lissa », pensa-t-il pour la centième fois. Défigurée à seize ans à cause d’un conducteur trop pressé qui l’avait renversée sur un passage réservé aux piétons. L’ennui, c’est que Lissa avait traversé au mauvais moment. Le feu était vert, mais pour les voitures, comme il l’avait souligné lors de son dernier entretien avec Karin Robert, la mère de Lissa.
TITRE ORIGINAL :THIRTY-DAY FIANCÉ Traduction française :ANOUK © 1998, Leanne Banks. © 1999, 2004, 2017, HarperCollins France pour la traduction française. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : Paysage : © Fotolia / Yusuf Doganay /Royalty Free Réalisation graphique couverture : C. ESCARBELT (HarperCollins France) Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-8799-6
HARPERCOLLINS FRANCE 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13 Service Lectrices — Tél : 01 45 82 47 47 www.harlequin.fr Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. Si vous achetez ce livre privé de tout ou partie de sa couverture, nous vous signalons qu’il est en vente irrégulière. Il est considéré comme « invendu » et l’éditeur comme l’auteur n’ont reçu aucun paiement pour ce livre « détérioré ». Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence. Ce roman a déjà été publié en septembre 1999