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216 pages
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Romance contemporaine - 398 pages


Tout abandonner, tout recommencer... seule ! Repartir de zéro, au cœur d’une nouvelle vie, au cœur d’une nouvelle ville : Paris.


Mon regard se portait vers l’avenir, mais c’est le passé que j’ai fini par croiser, réveillant des blessures oubliées. Gavin... je l’ai aimé durant de nombreux mois, mais aujourd’hui, il est marié.


Et moi, pauvre Julie, me direz-vous ? Amoureuse comme au premier jour, je le crains. Et s’il n’y avait que cet homme pour me compliquer l’existence... pour que je m’effondre un peu plus !

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EAN13 9791096384785
Langue Français

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Sharon Kena
Sharon Kena M entions légales Éditions Élixyria http://www.editionselixyria.com https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/ ISBN : 979-10-96384-78-5 Corrections : Véronique Fournier Photo de couverture : LightField Studios
Remerciements Un grand merci à ma copine Laëtitia pour avoir accepté de publier mon roman. À Didier, pour la magnifique couverture et le superbe trailer. C’est agréable de se faire chouchouter. ♥ Merci à tous les lecteurs qui me suivent. J’espère que cette nouvelle histoire vous plaira.
Prologue — Tu ne l’auras pas ! Il est à moi ! aboie une femme à mon attention. Elle est plutôt grande et blonde, des cheveux coupés au carré qui lui arrivent juste au-dessus des épaules. Je la fixe en simulant la stupeur alors que je sais exactement à qui j’ai affaire. Toutefois, c’est plus simple pour moi de feindre l’ignorance. Je vais même jusqu’à me retourner pour voir si elle pourrait s’adresser à quelqu’un d’autre, mais non, c’est bien moi qui suis dans le collimateur de Sophie Kavano. Oh ! Je ne la connais pas personnellement, mais je sais qui elle est parce que, malgré le passé, malgré tout, je suis encoresapage Instagram. Je n’ignore pas qu’ils’est marié l’été dernier. Avec elle. Visiblement, elle aussi sait qui je suis. Je pensais qu’en venant à ce vernissage, je serais tranquille, apparemment je me suis trompée. C’est ça quand on habite la même ville, bien que la capitale soit assez grande pour qu’on ne se croise pas. J’aurais préféré. Ce week-end, je n’ai pas mes filles qui sont chez leur père à une heure en TGV, alors pour me détendre, ma meilleure amie m’a traînée ici. Elle a utilisé un argument irréfutable : le champagne est succulent. Comment résister ? Sauf que la traîtresse m’a lâchement abandonnée, il y a un quart d’heure, parce que son fils est malade. J’aurais pu rentrer avec elle – j’aurais dû –, mais elle m’a convaincue d’en profiter un peu, et les peintures de l’artiste sont vraiment très jolies. Jamais je ne pensais tomber sur madame Kavano. Eh bien, j’avais tort. Dans son tailleur Chanel, elle me dévisage comme si je n’étais qu’un insecte à écraser. Je ne sais même pas comment elle me connaît. Je n’ai jamais eu le plaisir de la croiser ! Les regards des invités sont braqués sur nous pour la plupart, j’entends quelques messes basses, j’ai juste envie de m’enfuir sans me retourner. De quel droit m’agresse-t-elle alors que je n’ai jamais rien tenté pour reprendre contact aveclui? Quand je m’apprête à ouvrir la bouche pour répliquer, jelevois. Il porte un costume trois-pièces qui le rend très séduisant. Il marche dans notre direction, ne me quittant pas des yeux. J’aurais donné ma vie pour lui à une époque, je l’aimais plus que tout. Nous avons vécu une belle et courte histoire. Seulement, j’étais mariée… à un autre. Maintenant que je suis divorcée, c’est lui qui est uni par les liens sacrés du mariage. Appelez ça le karma, mais on n’est pas fait pour être ensemble. — Bonsoir, me dit-il en glissant sa main dans celle de sa femme. — Mon amour ! Elle en rajoute, se love dans ses bras devant moi, m’offre un spectacle qui me brise le cœur. J’ai dit que je l’aimais plus que tout ? Je voulais dire que je l’aime plus que tout. C’est d’ailleurs la raison de mon divorce. Néanmoins, une fois libre, lui ne l’était plus, il fréquentait cette chère Sophie… — Bonsoir, je lui réponds, la gorge nouée. Marina me payera cette maudite soirée. Je n’avais pas besoin de me retrouver en face de mon ex. — Et si nous allions admirer les peintures ?
Sa voix rauque glisse sur moi comme une caresse. Sophie me fusille du regard, je ne peux détacher le mien des yeux bruns du bel homme. Puis, il tourne les talons, emmenant sa femme, me laissant seule, avec le cœur en miettes. Je les observe s’éloigner et maudis cette soirée qui ne devait que me détendre. Tu parles !
Chapitre 1 En arrivant à la librairie le lundi matin, je file poser mes affaires dans la pièce attenante avant de retrouver ma chère collègue et amie. Marina est en train de ranger les livres reçus il y a quelques dizaines de minutes dans les rayons quand je la rejoins. — Salut, ma belle ! Raconte-moi le vernissage ? Tu as acheté une toile ? Il est vrai qu’au départ si nous y sommes allées, mis à part le champagne succulent, c’était dans le but d’acquérir une œuvre à exposer dans notre librairie. Nous venons d’aménager un espace lecture avec des canapés et fauteuils, et nous voulions y apposer une touche artistique. — Non, je suis partie peu de temps après toi. — Pourquoi ? C’était si nul que ça ? D’après le flyer, les peintures semblaient magnifiques. Mais c’est vrai que Photoshop fait des miracles ! Je vous présente Marina, elle ne s’arrête jamais de parler ! — Ce n’est pas ça, répliqué-je. Elle me dévisage comme si mon samedi soir pouvait être gravé sur mon visage. Est-ce le cas ? — Tu ne devineras jamais ce qui s’est passé ! Aussitôt, elle me balance des tonnes de suppositions toutes aussi nulles les unes que les autres. Et puis, elle est très loin du compte ! Je suis certaine qu’elle ne trouvera pas, je nous fais gagner du temps. — Gavin. Les yeux de ma meilleure amie s’écarquillent, histoire d’enregistrer l’information. — Gavin Kavano ? Je le confirme d’un hochement de tête. — Oh merde, je suis désolée ! — Ce n’est pas le pire. Je lui raconte l’incident, et Marina se confond en excuse plusieurs secondes. J’ai beau lui assurer que ça va, elle n’y croit pas. Elle se sent responsable, mais elle ne pouvait pas prévoir qu’il viendrait avec son épouse. — Oh, bon sang ! J’espère que tu vas bien… Dis-moi que tu vas bien ! Je hausse les épaules. Comment cela pourrait-il être le cas ? Je ne l’avais pas revu depuis le jour où j’ai rompu, le quittant par devoir et non par manque d’amour. Notre vie aurait pu être tellement différente si j’avais eu le courage d’abandonner mon mari à l’époque. Même si j’ai fini par le faire… c’est trop tard à présent. — Oui, ça va, lui affirmé-je en esquissant un sourire qui se veut convaincant. — Je vais te préparer un café pour me faire pardonner. Elle abandonne le dernier carton qu’elle était en train de vider dans l’allée et file dans l’arrière-salle pour mettre laDolce Gustoen route. Pendant ce temps, je finis de placer les livres sur l’étagère. Cet endroit représente ma nouvelle vie. Après mon divorce, j’ai quitté ma cambrousse natale pour m’installer à Paris avec mes deux filles. J’avais un peu d’argent et
d’expérience, je me suis lancé le pari fou d’ouvrir une librairie ; la banque m’a suivie. Les lecteurs étant nombreux, la charge de travail également, j’ai dû embaucher et c’est Marina qui m’a rejointe. Au fil du temps, nous sommes devenues amies – les meilleures –, puis je l’ai prise comme associée. Nous gagnons très bien notre vie depuis que le succès a frappé à notre porte. Il y a quatre mois, j’ai pu quitter mon deux-pièces où je dormais sur le canapé et mes enfants dans la même chambre, pour un plus grand appartement, plus proche de mon lieu de travail et où chacun a son espace. La cloche retentit, annonçant un visiteur. Nous avons mis ce système en place afin d’entendre chaque arrivée, même de l’arrière-salle où nous nous posons quelques fois pour souffler ou déjeuner. Je place le carton sur le comptoir de la caisse et lève les yeux vers le client qui marche dans ma direction. Mon cœur rate un battement. L’homme devant moi est canon, il porte un manteau long par-dessus sa tenue, ses cheveux noirs sont coiffés à la brosse. Je les ai toujours préférés rebelles sous une casquette. — Salut, Julie. Cette fois, je n’ai plus droit au « bonsoir » glacial et distant, mais à un « salut » suave. Il fait chaud soudain, non, vous ne trouvez pas ? On est pourtant en plein mois de février et il neige dehors. Mais bon sang, il faudrait songer à allumer la clim ! — Salut, je réponds, ne parvenant pas à parler davantage. Ce mec m’a toujours fait un effet du tonnerre. Ça n’a pas changé et ne changera sans doute jamais. — Je voulais m’excuser pour ce qui s’est passé samedi. Je pourrais lui pardonner, après tout ce n’est pas de sa faute s’il a épousé une hystérique. Je lui reproche seulement de s’être marié. C’est nul et injuste puisque je l’ai largué, je le sais bien, mais je ne peux pas m’en empêcher. — Je survivrai, répliqué-je. Par contre, je n’excuserai pas l’esclandre de madame son épouse. Il ne manquerait plus que ça ! — Et voilà, avec un demi-sucre pour ta ligne ! lance Marina en revenant dans la grande salle. Elle a deux cafés en main qu’elle pose à côté de la caisse. — OK, ajoute-t-elle. Je crois qu’on m’appelle ! J’arrive ! Et elle file avec rapidité. J’ai envie de rire parce que nous sommes seules dans la boutique. C’est sa manière à elle de nous laisser un peu d’intimité. Comme si on pouvait avoir quelque chose à se dire ! — C’était Marina, mon associée et ma meilleure amie. Je ne sais même pas pourquoi je me justifie, sans doute pour ne pas laisser s’installer de malaise. — Je suis attendu, m’informe-t-il. Prends soin de toi. Il tourne les talons et une force que je ne contrôle pas prend possession de mon corps. Je refuse qu’il s’en aille, pas maintenant, pas si vite, pas déjà. — Attends, Gavin. Il pivote pour me faire face à nouveau et je dois me retenir afin de ne pas courir dans ses bras. Je suis folle – de lui –, mais pas à ce point. J’arrive à me tenir… Du moins,
j’espère ! — Comment tu savais où me trouver ? Il esquisse un léger sourire, j’imagine qu’il désirait ne pas avoir à répondre à cette question. Une cliente entre dans la librairie, le visage avenant en nous saluant, et furète dans les rayons. Je ne veux pas que Gavin parte sans m’avoir donné de réponse, je le fixe, l’enjoignant silencieusement à me dire ce que je demande. — OK, souffle-t-il. Eh bien, je n’ai jamais arrêté de te suivre sur les réseaux sociaux. Je suis plutôt surprise, mais assez contente, je l’avoue. J’essaie de me souvenir de ce que j’y ai mis ces derniers mois. J’ai parlé de mon déménagement sur Paris, de ma librairie, de mon nouvel appart. Une chose est sûre : je n’ai jamais fait mention de mon divorce. Peut-être est-ce le moment de le lui annoncer. Après tout, il a le droit de savoir, non ? — Madame ? Vous pouvez m’encaisser ? m’appelle la cliente. Marina n’est jamais là quand on a besoin d’elle ! Gavin me fixe avec gentillesse. Peut-être aurais-je dû lui faire une scène… Il est clair que j’en aurais parfaitement le droit. Il me jurait l’amour éternel l’année dernière pour en épouser une autre ensuite. Trois mois après avoir fréquenté cette Sophie Magnus, il la demandait en mariage. Deux plus tard, ils étaient unis. Je chasse ces douloureux souvenirs et me concentre sur le présent. Mon travail. — J’arrive, madame. — Prends soin de toi, me dit l’homme en face de moi avant de déposer une bise sur ma joue. Mon cœur s’emballe instantanément et refuse de se calmer alors que je le regarde tourner les talons et sortir de mon établissement. La cliente s’en va avec un sac à la main, je pivote pour constater que Marina l’a encaissée. Elle a dû trouver le temps long et moi je ne suis qu’une idiote avec un peu de bave à la commissure des lèvres. — Et si tu me racontais ? Le café est encore chaud ! Je m’approche du comptoir et attrape ma tasse que je serre entre mes mains. Il n’y a pas grand-chose à dire. Gavin est seulement venu pour s’excuser à la place de sa femme. Je me confie à ma meilleure amie, sentant un nœud se former dans mon estomac au fur et à mesure. — Il se renseigne sur ta vie, c’est intéressant ! Marina ne retient que ça de toute l’histoire. — Tu as écrit que tu étais libre comme l’air ? — Non. — Erreur ! Tu aurais dû commencer par ça ! Comment veux-tu qu’il le sache ? — Je ne vois vraiment pas en quoi ça pourrait l’intéresser, il est marié, je te rappelle. J’avale une gorgée de mon café tandis que les clients commencent à arriver. Marina décide que nous poursuivrons cette discussion plus tard, cependant, j’ignore ce que je pourrais ajouter. C’est terminé avec lui. Il a pris une autre direction, et moi aussi. Alors, à quoi bon ? ***
Nous terminons notre journée à dix-neuf heures et je dois prendre le tram jusqu’à mon appartement ; en dix minutes, je suis rentrée. L’avantage de vivre près de son lieu de travail. Mes filles sont là et ont préparé le dîner. Lydia, la plus grande, a seize ans, elle se charge de sa jeune sœur de quinze ans et du repas lorsque je travaille. Je les embrasse chaleureusement et nous passons à table. Nous avons eu tellement de monde aujourd’hui à la librairie que Marina n’a pas pu remettre le sujetGavinsur le tapis. Et c’est tant mieux. Pendant le dîner, Lydia et Sarah me parlent de leur journée à l’école ; nous avons une bonne entente que je ne veux perdre pour rien au monde. Chacune vaque à ses occupations et, quand mes enfants sont couchés, je m’autorise à penser à ce qui s’est passé aujourd’hui, seule sur le canapé devant un film auquel je ne fais même pas attention. Je serais d’ailleurs incapable de vous dire de quoi il parle ! Je regarde mon portable, le profil Instagram de Gavin. Je ne sais pas pourquoi je me fais du mal en m’infligeant ça. Il ne pose pas avec sa femme sur toutes les photos et je préfère sincèrement celles où il est seul. La quarantaine lui va très bien, il a gagné en charisme et en maturité. Malheureusement, il a aussi tourné la page. Il n’a fait que m’obéir… Tu vas vraiment partir comme ça ? J’ai mal au cœur, c’est trop douloureux. Par moment, j’ai l’impression de ne plus parvenir à respirer correctement. Un nœud se forme dans ma gorge, m’empêchant de parler. Je suis là, devant l’homme que j’aime, avec qui, pourtant, rien n’est possible, parce que je suis mariée à un autre. Gavin n’a cessé de me dire que je pouvais divorcer et m’installer à Paris. Cependant, je n’ai pas d’argent de côté, mon travail est à quatre cents kilomètres d’ici. Comment pourrais-je tout abandonner et recommencer ailleurs ? Et puis, je suis unie à Thomas, il n’a rien demandé, lui. Il ignore que je viens à Paris pour un homme, il pense que je suis en formation ; c’est le mensonge que je lui ai servi. Tu crois que j’ai le choix ? Bien sûr que tu l’as ! Tu peux décider de poursuivre notre histoire au lieu de tout envoyer balader. Gavin me tient la main, comme si ce simple geste suffirait à me retenir. — Je t’aime et tu le sais, mais… je ne reviendrai plus. C’est fini. Mon cœur se brise quand je prononce ces mots, je n’ai jamais eu aussi mal. Le désespoir se peint sur le visage de mon amant lorsqu’il comprend que ma décision est prise. — Si tu m’aimais vraiment, Julie, tu ne nous détruirais pas comme tu le fais. Je croyais que je ne pouvais pas avoir plus mal, je m’étais trompée. Les mots de Gavin étaient telles des lames d’acier qui s’enfonçaient dans chaque partie de mon corps, dans mon cœur, jusqu’à les briser. Il n’a rien ajouté et a quitté la chambre d’hôtel où nous avions pris l’habitude de nous retrouver lorsque je venais à Paris. Les larmes roulent sur mes joues à ce douloureux souvenir. C’est la dernière fois que j’ai vu l’amour de ma vie. Après ça, mon existence s’est ternie. Je ne souriais plus, j’avais