Il avait une mission simple

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Blake Tanner ne connaît qu'une manière de vivre : traquer, cibler et éliminer.
Toute sa vie, il n'a fait qu'obéir aux règles de ses supérieurs devenant ainsi un parfait petit espion.
La simple évocation de son matricule provoque inlassablement un silence embarrassant.
Pour lui, l'amour et les démonstrations de sentiments sont si futiles qu'il les a bannis. À quoi bon se soucier de ces choses qui peuvent mettre en péril son intégrité d'agent ?
Pourtant, alors qu'il pensait avoir le contrôle sur l'une de ses missions, elle est apparue, bousculant tout sur son passage.


Pourra-t-il mener sa mission à bien ?
Jusqu’où vont le conduire ses nouveaux sentiments ?
Mais surtout, ce rapprochement sera-t-il au goût de leur entourage ?

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EAN13 9791034809387
Langue Français

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Attrape-moi Tome 1
Laura L. Wolff Attrape-moi Tome 1 CoUvertUre :Maïka PUblié dans laCollection Vénus Gris, Dirigée parMarie-Laure Vervaecke
©Evidence Editions2018
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Chapitre 1 Blake Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Mon doigt se pose sur la détente. Inspirer. Bloquer. Viser. Tirer. Le coup part. Dans le mille. Je suis vraiment un dieu de la gâchette. Même sur les stands d’entraînements, je ne loupe jamais une seule cible. Harry, mon coéquipier et accessoirement mon meilleur ami, va être vert de jalousie quand il va voir que j’ai encore obtenu un nouveau record. Record que bien évidemment, j’ai déjà battu et re-battu un bon nombre de fois. Ça doit être pour cela que tout le monde me surnomme Hawkeye. Loin de moi l’idée de me vanter, mais je dois dire que pour une fois, cette bande de bras cassés m’a trouvé un surnom à la hauteur de mes compétences. Je suis conscient que nous ne somm es pas aussi tarés que l’équipe des Avengers, néanmoins, j’aime assez l’idée d’être comparé à Clint Barton. Ce mec arrive à atteindre n’importe quelle cible avec un simple petit arc… Je me demande si Harry voudrait bien se la jouer Captain America, lui qui aime tant secourir la veuve et l’orphelin. — Hé Tanner ? lance brusquement une voix familière. Ramène tes fesses en bas, le boss veut nous parler. Tiens, quand on parle du loup… — On ne t’a jamais dit qu’il ne fallait pas crier sur un homme qui porte une arme à la main ? dis-je en plaisantant. Vraiment, Harry si t’es si suicidaire que ça, ne compte pas sur moi pour t’aider. Je ne voudrais pas que ton sang salisse mes mains. — Ouais bien sûr, ricane-t-il. C’est bien connu que le grand Blake Tanner perd tous ses moyens quand on lui crie dessus. Allez, dépêche ou ça va barder pour notre matricule ! Le sourire aux lèvres, j’abandonne mon sniper et descends de ma tour d’ivoire. Malgré ma réputation dans le milieu, Harry est resté le même type que j’ai connu à l’Académie : con, mais surtout hilarant. Il ne va pas par quatre chemins, surtout si c’est pour me dire des choses qui risquent de me mettre en colère. D’ailleurs, en dehors de ma famille, Harry est le seul à qui j’autorise de me passer un savon. Du moins, quand il juge que je le mérite, bien évidemment. Un vrai pote quoi. Lui et moi, on se connaît depuis presque dix ans et pas une seule fois il ne m’a déçu. Nous sommes un peu comme ces deux potes dans le =lm Badboys. Il est mon Marcus Burnett et je suis son Mike Lowrey.On roule ensemble, on meurt ensemble. À notre arrivée dans le bureau du patron, nous ne s ommes malheureusement pas les seuls. Arthur Lockwood et son acolyte, Pete Donovan, sont assis bien sagement de l’autre côté de la table. Si le patron a demandé à Laurel et Hardy d’assister au brie=ng , c’est qu’il doit s’ag ir d’un gros coup. Tellement énorme qu’il peut vous faire, à lui seul, toute une réputation dans le milieu.J’en ai déjà l’eau à la bouche. — Agent 47 et Agent 48, veuillez prendre place, je vous prie. On va enfin pouvoir commencer la réunion.
Docilement, Harry et moi exécutons immédiatement l’ordre que vient de nous donner notre patron. Ce serait stupide de s’attirer les foudres du boss dès le début de la journée… Surtout qu’à cause de notre retard de deux misérables minutes, l’exil doit très certainem ent le démanger, histoire de nous couper l’envie de recommencer. Alors, autant ne pas se faire désirer trop long temps. Nous installant autour de l’énorme table en chêne qui trône en plein milieu de la salle, Merline reprend son petit discours : — Comme vous deviez vous en douter, messieurs, je vous ai réunis pour une mission de la plus haute importance. Nos services viennent d’avoir une piste très concluante sur l’un des hauts dirigeants du cartel de Seattle. Avant de poursuivre, le patron nous tend à chacun un dossier contenant tous les éléments que l’on doit connaître avant de nous lancer dans cette mission. — Ça fait un an que nous sommes sur le dos de Hive, reprend-il. Avant aujourd’hui, nous n’avions rien de concret. Alors, je compte sur vous tous pour me trouver cette organisation merdique et me la dissoudre au plus vite. — Monsieur ? dis-je interloqué. — Oui, Tanner ? — Pourquoi sommes-nous quatre ? Merline regarde brièvement les deux bouffons qui me font face avant de reprendre : — C’est une mission capitale et l’échec n’est pas autorisé. — Oui, Monsieur. Bien, Monsieur, dis-je sans chercher à en savoir davantage. — Si tout est clair pour tout le monde, vous connaissez déjà la sortie. Nous quittons tous la pièce sans nous adresser une seule fois la parole. Après tout, pourquoi m’abaisserais-je à côtoyer le bas peuple quand je sais que je peux accomplir cette mission sans l’aide de ces deux tocards ? Harry et moi partons dans notre semblant de bureau pour éplucher les détails de notre nouvelle aÉaire. J’espère que cette fois le boss ne nous a pas re=lé un vieux dossier de blanchiment d’argent. Bon, OK, la dernière fois je n’étais pas totalement contre l’idée de devoir coucher avec la femme de notre cible pour pouvoir lui soutirer des informations plus facilement. Après tout, si je peux faire don de mon corps à des =ns bénéfiques pour le boulot, pourquoi refuser ? Ce n’est pas de ma faute si j’ai une belle gueule… À en juger par l’épaisseur du dossier, il ne s’ag it pas d’une si grande aÉaire que ça. Le cartel s’est établi à Seattle depuis maintenant un an et demi. Apparemment, avant il était basé en France. C’est sûrement pour cette raison que je ne connaissais pas ce nom avant aujourd’hui. Je me demande bien pourquoi ces types sont venus en Amérique. C’est assez étrange. D’habitude, ce genre de personnes préfère rester dans l’ombre, loin de nos radars. Alors, pourquoi entrer dans la lumière maintenant ? Quel est l’intérêt ? — Partant pour aller visiter nos bureaux de Seattle, Tanner ? déclare soudainement Harry. Relevant la tête, j’essaie toujours de comprendre le raisonnement de cet homme. — Il faut vraiment que je rencontre ce type, m’exclamé-je sans m’en rendre compte. — De qui parles-tu, Blake ? — Hein ? Euh… Comment c’est déjà ? Ah oui, voilà ! Hayden Karter. Il faut vraiment que ce type m’explique son raisonnement. Pourquoi un mec à la tête d’un cartel s’amuse à jouer sous notre nez ? Ce n’est pas… Pourquoi tu ris, Abbott ? lancé-je sans finir ma phrase. — Je savais que tu allais mordre à l’hameçon de Merline. Quand tu ne comprends pas les choses, il faut à tout prix que tu fonces dans le tas. Pourquoi est-ce que je n’ai pas parié, bordel ? — Tu veux bien la fermer ? riposté-je. — N’y compte pas, mon pote.
Levant les yeux au plafond, j’attrape ma veste et je me dirige vers la sortie. — Ne me dis pas que je t’ai vexé ? Je stoppe mon allure avant de regarder mon ami, le sourire aux lèvres. — Viens, on a un avion à prendre, lui réponds-je.
Chapitre2 Ellie Contournant mon bureau, j’attends que tout le monde s’installe. J’adore mon métier, peut-être un peu trop selon certains, mais il faut bien reconnaître que mes petits monstres sont terriblement lents lorsqu’ils reviennent en classe. Je sais qu’ils sont encore jeunes, après tout ils n’ont que six ans. — S’il vous plaît, les enfants, crié-je par-dessus le brouhaha de la classe. Aujourd’hui, nous allons parler d’un homme dans une boîte bleue ! À peine ai-je eu le temps de finir ma phrase que mes chères petites têtes blondes se sont mises à rire. — Mais ça n’existe pas, Mademoiselle ! s’esclaffe Andrew. — Quoi ? Tu ne connais pas le seigneur du temps ? m’oensé-je. Cela m’étonne de toi, Andrew. Moi qui pensais que tu savais tout sur les extraterrestres. — Des extraterrestres ! crient tous les garçons de joie. — Je vous parle de cet homme mystérieux à une seule condition. — Laquelle ? Laquelle ? Ce qui est bien avec les enfants, c’est qu’ils s’émerveillent sur à peu près tout. Et quand ils ne veulent pas faire de la grammaire, par exemple, je sais que le chantage par l’intrig ue marchera à tous les coups. Cela peut paraître sadique du point de vue moral, mais tant qu’ils apprennent, où est le mal ? L’apprentissage par l’amusement, ça, c’est mon truc ! Comme prévu, mon petit manège fonctionne parfaitement. Même si quelques petits rebelles ne veulent pas se mettre à la tâche tout de suite, ils ont quand même 5ni par obéir. Je suis peut-être débutante dans le métier, mais ce n’est pas pour autant que je suis une mauvaise enseignante.Encore une chose que je dois tenir de maman. À la 5n de la journée, tout le monde a été gagnant. Mes élèves ont eu leur histoire sur l’homme aux multiples visages qui adore se faire appeler Docteur et moi, j’ai eu mes devoirs achevés. Certains de mes collèg ues trouvent peut-être que cette manière d’enseigner n’est pas très… rég lementaire, mais pourquoi renoncer à la nouveauté ? Encore plus si elle fonctionne merveilleusement bien. En revanche, il faut que je trouve quelque chose d’inspirant pour lundi. La géométrie n’est pas très bien vue ici. J’entends déjà venir les cris de Romane et Clark sur toutes ces courbes qui se croisent sans intérêt.Ah, je sais !La guerre des étoiles devrait grandement les stimuler. Quelques Jedi par-ci, deux-trois vaisseaux par-là. Je n’aurais qu’à g lisser mon exercice dans cet univers et le tour sera joué !Heureusement que ma classe est largement composée de garçons. Bouclant mon cartable, j’éteins la lumière de ma classe avant de me diriger tranquillement vers la sortie de l’école. C’est tellement agréable de pouvoir rentrer chez soi à pied. Dommage que l’automne montre déjà le bout de son nez. J’aime tellement me promener dans les rues de Seattle. Voir les passants ou bien les enfants jouer entre eux dans les parcs, entendre les oiseaux chanter toute la journée. Et surtout, sentir le s oleil réchauer ma peau. Cela va énormément me manquer pendant ces prochains mois. Je déteste avoir froid.
Rien qu’à l’idée de sentir le vent glacial venir fouetter ma chair cela me fait grelotter. Regagnant mon appartement, après avoir récupéré mon courrier dans le hall, je balance mes aaires un peu partout dans mon salon avant de m’aaler sur mon divan.Qu’est-ce qu’on est bien chez soi !En relevant la tête, je constate que mon répondeur clignote. Jouant les contorsionnistes, j’appuie, à l’aide de mon orteil, sur la touche de lecture. — Coucou ma chérie ! Ton oncle n’arrête pas de me demander quand tu viendras nous rendre visite. Tu nous manques tellement mon cœur. Appelle-moi vite, bisous. Tante Elayna, ma deuxième maman. Ma seule maman en fait, étant donné que ma vraie mère est morte il y a un peu moins de deux ans.Même les trains peuvent causer la mort de gens bien. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent tout le temps. On m’a dit q ue cela passerait avec le temps. Pourtant, encore aujourd’hui, j’ai du mal à m’en remettre. Quelques fois, je me surprends en train de composer le numéro de mes parents et j’attends. J’attends d’entendre sa douce voix me répondre, me dire que je ne l’appelle pas assez, que je pourrais faire un eort de temps en temps pour appeler mes chers parents. J’attends, bercée par le son des tonalités. Parfois, quand ce temps devient trop long , je m’imag ine qu’ils sont partis faire des courses ou bien qu’ils sont en chemin pour venir me retrouver. J’attends, mais elle ne me répond pas. Personne ne me répond… En général, il me faut quelques minutes pour retrouver mes esprits.Ils sont partis. Dé&nitivement partis. Ce jour-là, mes parents avaient fait le déplacement pour venir faire les achats de Noël avec moi. C’était une chose qui tenait énormément à cœur à ma mère. Comme un de mes élèves n’était toujours pas parti, j’ai dû attendre avec lui l’arrivée d’un adulte qui pourrait le prendre en charge à ma place. Ne voulant pas faire attendre mes parents, j’avais averti maman que j’aurais du retard et qu’on se rejoindrait dans le cent re commercial un peu plus tard. Cependant, ce « plus tard » n’est jamais venu. J’ai attendu pendant des heures dans le froid. Mais ils ne sont jamais arrivés… J’ai bien évidemment essayé de les joindre, seulement personne n’a décroché. Sur le moment, cela ne m’avait pas étonnée puisque maman avait pour habitude de toujours perdre son téléphone. Quant à mon père, la question était vite rég lée : comme il n’aimait pas ce genre de gadget, il a toujours refusé de s’en acheter un. Alors, comme toujours, il fallait compter sur maman en cas de problème. J’ai appris la terrible nouvelle sur le chemin du retour. Plusieurs camions de pompiers circulaient dans les rues de la ville. Intérieurement, j’avais conscience qu’il devait se passer quelque chose de grave. Il y avait tellement de sirènes… J’ai 5ni par demander au chaueur de taxi de me conduire à la gare de King Street, c’était le seul endroit où mes parents pouvaient être en dehors du centre commercial. En y repensant, je crois que le chauffeur savait. Seulement, j’étais bien trop occupée à téléphoner à ma mère pour faire attention à lui. C’est en arrivant à destination que j’ai vu le drame. Des centaines de personnes couraient dans tous les sens. Certaines semblaient être blessées, d’autres simplement apeurées. Je me souviens d’avoir contemplé les alentours, le cœur battant à cent à l’heure dans l’espoir d’apercevoir ces deux visages que j’aimais tant. Un train avait déraillé et, dans sa course, avait percuté un second train. La collision s’est étendue sur les quais de la gare emportant avec elle plusieurs vies innocentes. Dont celles de mes parents. Depuis leurs morts, ma tante Elayna et son mari, Hayden, sont venus s’installer à Seattle. Au début, cela devait être pour quelque temps, Elayna voulait simplement être là pour moi. Même si en général je n’accepte pas que l’on me cajole comme une vulgaire enfant, cette fois, je n’ai rien dit. J’étais une enfant. Une enfant perdue, apeurée. Une enfant qui venait de comprendre qu’elle devrait vivre sans eux. Les mois ont 5ni par passer et 5nalement, ils sont toujours là et j’en suis très heureuse. Ce sont les seuls membres de ma famille encore en vie et je ne veux pour rien au monde être éloignée d’eux. D’ailleurs, je