Inattendu

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Lui : Abandonné par la femme qu'il imaginait sienne.
Ne veut plus ouvrir son cœur. Enchaîne les conquêtes et les relations sans sentiment.
Son credo : ne plus aimer. Jamais !


Elle : Mensonges et secrets ont eu raison de son couple.
Elle a fui pour tourner la page, repartir à zéro.
Son credo : ne plus jamais avoir confiance en la gent masculine.


Alors quand ils se rencontrent... Un soir, un bar, une nuit... Tout était inattendu. Et pourtant !

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EAN13 9791096785827
Langue Français

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INATTENDU [Anne-Sophie Ferrapie]
© 2017, Anne-Sophie Ferrapie. © 2017, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock.com Illustration : © Lucile Kos ISBN numérique : 979-10-96785-82-7 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
CHAPITRE 1 Math Eoût 2011 Sophie m'a quitté. Depuis ce jour béni où elle s'est réveillée dans ce tte lugubre chambre d'hôpital, j'ai pensé que ma vie prenait un tournant radical, que n ous allions enfin être heureux tous les deux. Nathan m'avait fait comprendre qu'il nous laisserait tranquilles et je ne voulais qu'une seule chose : prendre So dans mes bras, l'em brasser et lui dire que je l'aimais. J'aurais même pu la demander en mariage sur le cham p. J'étais tellement heureux ! Déjà parce qu'elle s'était réveillée, qu'elle allai t bien. C'était le plus important. Et en plus, je l'avais pour moi seul. Cet abruti était pa rti et nous pouvions enfin vivre tous les deux, tranquillement, sans craindre qu'il refasse s urface. Nous allions pouvoir enfin être ensemble, pour toujours, sans contrainte. Elle étai t enfin à moi. Je pensais que les jours suivants allaient être magiques… Mais les cho ses ne se sont pas tout à fait passées de cette manière. Quand je l'ai prise dans mes bras et que je l'ai se ntie pleurer, j'ai su. Ce n'était pas des larmes de soulagement, ou même de tristesse par rapport au départ de Nathan, ce que j'aurais pu comprendre. Non…C'était des pleurs de douleur. Elle perdait l'homme qu'elle aimait. C'était lui… Pas moi. Oh oui, j'ai eu mal… Mais que répondre quand la fem me de votre vie vous regarde, avec des yeux pleins de larmes, qu'elle vous dit qu 'elle vous aime et que vous êtes génial, mais qu'elle n'est pas amoureuse de vous ? Cette phrase tourne en boucle dans ma tête et c'est comme si on m'avait planté un cout eau dans le cœur qu'on tournait et retournait indéfiniment. Alors, je lui ai dit que j e comprenais, qu'elle devait aller le rejoindre. Qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ? L'attacher à moi ? Nous marier de force ? Lui faire croire qu'il n'avait plus de sent iments pour elle pour qu'elle reste ? J'aurais pu lui mentir… Mais je ne le voulais pas ! J'aurais préféré qu'elle change d'avis, qu’elle revienne vers moi, car c'est ça l'amour : n ous. Mais elle ne l'a pas fait. Nous sommes sortis de l'hôpital quelques jours plus tard, elle ne faisait que regarder son téléphone et grognait lorsque l'écran restait v ierge de messages. Nous avons eu du temps pour nous, pour discuter. Elle a pris sa déci sion, qu'il veuille d'elle ou non, elle ne pouvait pas rester ici avec moi. Elle devait rep artir chez elle, c'était le moment. À peine est-elle rentrée à la mai…, chez moi, qu'elle part dans sa chambre pour faire ses valises. Ben et moi, attendons dans la cuisine qu'elle ait f ini. La voir faire ou pire, l'aider, est au-dessus de mes forces. Je veux bien être compréhe nsif mais faut pas pousser non plus. — Ça y est, les gars, je crois que j'ai tout… Nous nous retournons au son de sa voix. Mon Dieu qu 'elle est belle… Ben se lève et la prend dans ses bras. Mais moi, je suis comme sub jugué par sa beauté et paralysé par la réalité. Elle part, vraiment, et certainemen t définitivement. Sauf s'il la rejette, mais j'en doute. Dans ce cas, par contre, je fais un all er-retour rapide entre Paris et Montpellier, je lui casse le nez et je la jette sur mon épaule pour la ramener à la maison. La maison ! Lorsqu'elle aura franchi le pas de cette porte, elle ne vivra plus avec nous, ici, où nous avons réussi à créer notre équilibre. Je ne l'entendrai plus chanter sur sa musique quand elle était dans la sal le de bains, il n'y aura plus ses affaires qui traînent toujours un peu de partout, c ette odeur qu'elle laissait derrière elle… Cet appartement va-t-il retrouver cette chale ur qui le caractérisait pendant le séjour de Sophie ? Il y a eu un avant et il y aura un après. La voix de Ben me ramène à la réalité.
— Tu vas me manquer, Princesse. Tu es sûre que tu n e veux pas qu'on t'accompagne à la gare avec Math. — Non, ça va, merci. Les au revoir sont déjà assez difficiles comme ça… Je préfère les faire ici. Merde, le regard qu'elle a pour moi est compliqué à gérer. Oui je suis triste et en colère, mais ce regard rempli de pitié… Je ne peux pas le supporter. So est la femme que j'aime, elle ne mérite pas de souffrir tout sim plement parce que ce n'est pas réciproque. Et puis, je ne suis pas un salaud quand même. Elle a été ma meilleure amie pendant des années, presque ma vie entière. Je force mes lèvres à s’étirer jusqu'à former un sourire, il n'est pas éblouissant mais c'est le mieux que je puisse faire. Je me lève et la prends également dans mes b ras. Mon nez se niche dans son cou, je respire son odeur une dernière fois, m'en i mprègne et tente de me dégager de cette douloureuse étreinte. Elle prend mon visage d ans ses mains, et me souffle, ses yeux brillants rivés aux miens. — Je t'aime Math, ne l'oublie jamais. Je ne te reme rcierai jamais assez pour tout ce que tu as fait pour moi depuis toutes ces années. J e ne veux pas te perdre… — Ce n'est pas ce que je veux non plus, So. J'ai be soin de toi aussi dans ma vie. Mais laisse-moi un peu de temps, d'accord ? Elle attire mon visage vers le sien et dépose ses l èvres mouillées de larmes sur les miennes. Sa bouche se pose légèrement sur la mienne , elle l'effleure doucement, tendrement. Le message est clair. Je dois me faire violence pour ne pas approfondir ce baiser et je prends ce qu'elle me donne, à savoir u n tendre baiser d'adieu. Quand la porte se referme derrière elle, je sais qu 'une page de ma vie vient de se tourner. Je vais devoir tirer un trait sur le futur que j'ai toujours souhaité avec elle. Le mariage, les enfants, la jolie petite maison en ban lieue… Je vais devoir en faire mon deuil, retour à la case départ. J'entends Ben décapsuler deux bouteilles de bière. Il me connaît bien et sait que je ne vais pas avoir envie de parler. On s'installe su r le canapé pendant qu'il zappe pour trouver un programme qui nous donnerait envie à tou s les deux. D'habitude, c'est facile. Tant que c'est du sport, tout nous va. Mais là, après plusieurs heures à végéter, rien ne nous convient, onn’a pas la tête à regarder ça. — Putain, grogne-t-il en se frottant le visage. Je suis désolé, mais elle me manque déjà. Je sais que je suis un connard de remuer le c outeau dans la plaie. Je devrais te soutenir et me taire mais franchement, je ne pensai s pas que ça me ferait autant chier qu'elle soit partie. — Hum. — Bon, tu sais quoi ? dit-il en se levant. On va pr endre une douche et on s'habille. On sort ce soir mon pote, et on oublie nos problème s pour quelques heures dans les bras d'une jolie fille, voire deux, si on a de la c hance. — Prendre une douche tous les deux ? T'es pas bien, non ! Ce n'est pas parce que je suis de nouveau célibataire que je vais devenir homo. Bon d'accord, j'avoue que t'es pas trop mal dans ton genre, mais je ne suis pas si désespéré… Aïe, son poing arrive direct dans mon épaule, il ne sent pas sa force ce con ! — Au moins, t'as retrouvé ton sens de l'humour, c'e st déjà pas mal. Voyons voir si ta drague est toujours efficace ! — Ben, je ne suis pas sûr de vouloir m'envoyer en l 'air ce soir… — Qui te parle de prendre ton pied ? Je hausse un sourcil — Bon, OK j'ai dit ça, mais rien ne t'oblige à fair e quoi que ce soit.Tu peux juste sortir et t'amuser. Et avec un peu de chance tu pou rras apprendre un truc de ton maître ! Il se dirige vers la salle de bains, en premier bie n sûr, pendant que je finis ma bière. Sortir pour rencontrer des filles ? Je ne suis pas prêt à ça. Sophie vient juste de partir et
son odeur est encore partout dans l'appartement. Je l'aime et je l'ai toujours aimée, c'est à se demander si je pourrai être de nouveau a moureux un jour. Bon, j'exagère un peu. Je sais que je ne veux pas vieillir célibatair e, avec Ben encore et toujours comme coloc. Alors… Oui, un jour, je trouverai bien une g entille fille. Mais je la plains la pauvre qui passera après ma So. Car elle ne pourra jamais l'égaler. Je connais cette sensation de perte et de vide. Je l'ai vécu il y a huit ans. On prend les mêmes et on recommence. Et qu'est-ce que j'ai f ait ? J'ai beaucoup bu, j'ai énormément pleuré et j'ai dépéri pendant plus d'un an avant de prendre conscience qu'il y avait une vie derrière les murs de ma chamb re. Une vie où, soit, elle n'était plus là, mais une belle vie quand même. Des tas de fille s, de culottes de toutes les couleurs possibles sont tombées devant moi. J'ai remplacé un e chose par une autre. Sophie par les pleurs. Les larmes par l'alcool. Les gueules de boispar le sexe. Alors aujourd'hui que je suis dans la même situation, hors de questio n de perdre encore du temps comme j'ai pu le faire. Autant aller directement à la case « Arrivée » dès maintenant. Et puis, je ne suis pas tout à fait dans le même cas d e figure, si on y réfléchit bien. So et moi, cette fois-ci, c'était… plus intense, plus pas sionnel, mais moins… long ? Immature ? On ne s'est pas dit qu'on s'aimait par e xemple. Aujourd'hui, je sais pourquoi. Je me suis demandé si notre rencontre sur les bords de Seine était le fruit du hasard, ou le destin qui nous faisait être de nouve au ensemble. Putain Math ! Reprends-toi ! Je suis un mec et un vrai mec ne se pose pas autant de questions. J'ai la tête pleine, ça ne me fera pas de mal de sortir ce soir après tout. Trente minutes plus tard, je suis douché et remonté à bloc. Ce soir je sors le grand jeu. Elle m'a quitté et alors quoi ? Je ne vais pas finir mes jours, triste et seul pour si peu. Je ne sais pas si je vais ramener quelqu'un ce soir dans mon lit, mais je vais m'amuser. J'ai besoin de sortir de cet appart, de p rendre ma vie en main. Je ne supporte plus d'être là à me demander si elle a bie n pris son train, s'ils vont se remettre ensemble tout de suite ou essayer d'abord de parler . Si elle n'est pas en train de faire demi-tour… STOP ! Je dois me faire à l'idée que ce que j'ai vécu avec elle était les plus beaux moments de ma vie, mais qu'ils font partis du passé maintenant. Elle a tourné la page depuis longtemps, alors je vais tout faire pou r y arriver aussi. Je me suis trop oublié pendant qu'elle était là. Je ne le regrette pas, mais je n'ai plus de raisonde continuer… Je vais redevenir l'ancien Math, celui q ue j'étais quand on s'est séparé il y a huit ans, et avant qu'elle ne resurgisse dans ma vie. Je plais aux femmes et elles me le rendent bien. Non, ne vous méprenez pas, je ne s uis pas vantard, je suis réaliste. Je les attire comme des mouches. Ce soir, j'ai opté po ur un total look décontracté, chemise blanche avec les manches retroussées, jean bleu qui tombe un peu sur mes hanches, et des baskets noires. Classe mais pas tro p non plus. Ben aussi joue le jeu de la séduction avec pantalon et chemise noirs qui contrastent bien avec ses cheveux blonds. On se fait du bien à l’ego comme on peut ! — Mec, ce soir, on va faire des ravages. — Tu veux faire un petit pari ? — Hum, l'ancien Math serait-il de retour ? — Je vais tout faire pour en tout cas. Alors ? Il me tend la main et nous scellons notre pari pour ce soir. Avant que Sophie ne vive avec nous à l'appart, on a vait l'habitude de sortir et parfois, on pariait sur les filles avec un système de points . Un point par numéro de téléphone obtenu, cinq pour un coup vite fait sur place, deux , si c'était juste une pipe, et le Saint Graal, dix points si on arrive à piquer la nana que l'autre a en vue. J'ai déjà gagné deux fois grâce à ça et Ben ne s'en est toujours pas rem is ! — Je vais te faire bouffer ton petit sourire suffis ant mon Math et tu devras faire le ménage pendant deux semaines si je gagne ! — Ça me va. Mais si je gagne, tu devras me servir m on petit déj tous les matins en me disant « Bonjour mon Maître », et ce, pendant qu inze jours aussi.
J'enfile ma veste en cuir et nous empruntons le che min de notre terrain de chasse. Voilà comment j'ai tenté d'oublier ma So. Dans les bras de nombreuses filles croisées au fil des mois. Ce soir-là, je suis rentré au bout d'une heure. Le fait de vouloir passer à autre chose était plus facile à penser qu' à faire. Ben n'a rien dit, il a compris qu'il me fallait un peu plus de temps. « Il faut to ujours tester la température de l'eau avec le bout du pied avant d'y plonger tête la prem ière », a-t-il dit le lendemain. Quelque chose me dit qu'il parlait de sexe mais l'a llusion, certes très imagée, aurait été carrément dégueulasse ! Puis, nous sommes ressortis plus tard, et j'ai accepté un verre, une discussion platonique, un petit flirt… J usqu'au jour où j'ai enfin plongé la tête la première dans l'océan de filles qui me tendait l es bras. Ou plutôt entre leurs cuisses si je veux être plus précis ! Je ne l'ai pas oublié e, mais je vais de l'avant maintenant. *** C'est l'été 2012, il fait beau et le plus important surtout, on est vendredi soir et je ne travaille pas ce week-end. Le pied ! — Ben ? On sort où ce soir ? — Comme tu veux mais je veux de la meuf… Tiens, au fait, tu as eu Soph récemment ? — Elle m'a appelé hier soir. Je suppose qu'elle t'a appris sa grossesse à toi aussi ? — Oui, elle m'en a parlé. Elle mérite d'être heureu se et elle fera une super maman. On est toujours très proches, elle et moi. Je ne di rais pas qu'elle ne me manque pas, ni que je ne ressens rien face à cette nouvelle… Vo ilà pourquoi Ben me regarde comme si j'allais m'effondrer. Il m'a vu passer par toutes les émotions depuis un an. Le déni, la colère, la tristesse, la résignation. Parfois je me sentais bien et je me disais que j'étais heureux pour elle, que c'était un mal pour un bien. Mais quelque chose se passait et hop, la tristesse était de retour. Il su ffisait que je trouve un objet à elle, que je croise une fille qui lui ressemble, ou que je tombe sur les macarons au chocolat qu'elle aime tant pour me faire replonger. Aujourd'hui, je suis bien dans ma vie. J'ai trouvé une sorte d'équilibre et les moments où je suis dans le creux de la vague sont moins longs et surtout moins fréquents. Du moins, jusqu'à son c oup de fil. So est enceinte de quatre mois, d'une petite fille. Avec ce qu'elle avait vécu avec Lucas, ils ont voulu attendre les résultats des exa mens avant d'en parler officiellement. Un bébé ! Sophie va enfin devenir maman. C'est éton nant comme je peux être partagé face à cette annonce. Je suis le plus heureux des h ommes pour mon amie, elle a dû vraiment angoisser… Mais le côté ex-petit ami de mo n cerveau ne peut s'empêcher d'être jaloux de ce qu’il lui arrive. Si je suis ho nnête, celui qui se fait larguer veut gagner la rupture, être le plus heureux des deux le premie r. Sur ce coup, même si je ne suis pas malheureux, j'ai tout perdu : la fille et la ru pture. À cause de ce que je viens d'apprendre, je redevien s triste et me lamente sur mon sort. Je ne veux plus souffrir, hors de question. J e dois faire le deuil de mes projets d'avenir avec elle une bonne fois pour toutes. Adie u les moments où je nous voyais mariés avec des enfants autour de nous. Car ce futu r ne pouvait que la concernerelle, personne d'autre ne peut prendre sa place dans ce t ableau. Après tout, c'est peut-être ça mon avenir. Être un éternel célibataire ! Mais j e me fais la promesse de prendre un appart seul dans ce cas ! Impossible de vieillir au près de Ben. Ce devait être Sophie, à défaut, ce ne sera personne. Ces derniers mois m'ont aidé à prendre du recul fac e à notre histoire. Les sentiments se sont un peu dissipés et les souvenirs de sa peaucontre la mienne ont été remplacés par d'autres femmes. Je suis conscient d'avoir mis So sur un piédestal. Elle a été mon premier amour, je suppose que c'est légitime dans c e cas. Mais la souffrance que l'on ressent lorsque l'on perd l'être aimé est trop fort e, je ne veux plus vivre ça. Jamais ! Aujourd'hui j'arrive à refouler ma jalousie, me réj ouir de ce qu'il lui arrive. Bon, pas
vraiment me réjouir, mais disons que je comprends e t que l'ami que je serais toujours pour elle, est content qu'elle soit enceinte comme elle l'a toujours voulu. J'ai toujours besoin d'avoir de ses nouvelles mais en ce qui me c oncerne, je compte bien continuer à m'amuser et tant pis pour mes rêves, d'autres les remplaceront. Aujourd'hui, l'important, c'est qu'elle soit heureuse. Avec Ben, nous descendons les quatre étages et trav ersons la rue qui nous sépare de notre lieu de chasse favori : la Bièrerie. Nous avons découvert ce bar il y a pas mal de temps maintenant et depuis, nous sommes des habi tués. David, le patron est plutôt cool tant qu'on ne se bat avec personne. La spécial ité de la maison : la bière. Scoop, hein, vu le nom ! Ici, on peut en boire toutes sort es venant de tous les pays du monde et David sait que nous sommes des amateurs, alors d e temps en temps, il nous fait tester ses trouvailles avant de les proposer aux cl ients. Pour ne rien gâcher, l'ambiance est bonne, l'alcool coule à flots, et surtout il es t proche de chez nous. Une raison sine qua none pour passer une super soirée. On peut boire sans prendre la voiture et surtout le trajet est assez court pour que la fille que tu viens d'emballer ne change pas d'avis, ou s'endorme dans le taxi. À peine passons-nousla porte que la musique nous emplitles oreilles. C’est comme une bonne bouffée d'air dans mes poumons. L'adrénal ine monte doucement, j'adore cette sensation. Comme si j'étais le maître des lie ux. Le pub est sombre, tout en bois foncé avec des néon s disséminés de façon stratégique pour voir où l'on met les pieds sans en prendre plein les yeux. Stephen est le barman ce soir, j'aime quand c'est lui car les c onsommations ne sont pas toujours payantes. Et surtout, étant notre pote, on profite de deux places vacantes pour s'installer en face de lui pour parler un peu tous les trois. Ah oui, j'oubliais la raison première : faire face au grand miroir qui nous perm et de repérer les filles discrètement. Vous voyez l'acteur Joe Manganiello, le grand brun avec une barbe ? Stephen, c'est sa copie conforme, les muscles un peu moins développés . Quand il est en mode Tom Cruise dans Cocktail, toutes les filles s’agglutine nt pour se faire servir et par la même occasion se faire remarquer. Manque de bol pour ell es… Son style c'est plutôt grand blond et baraqué, du coup on en profite un peu pour les draguer. Par contre on ne sort que rarement avec lui, il y en a marre de passer ap rès dans l'ordre des préférences ! Bon, il ne nous piquera jamais personne puisqu'il e st gay mais l’ego en prend un coup tout de même. Et clairement, c'est frustrant et con de passer pour les bouche-trous. — Salut les gars ! Un hochement de tête plus tard de notre part que dé jà nos bières apparaissent devant nous. Ben et moi ne parlons pas beaucoup. Premièrement pa rce que la musique est assez forte, vu que nous sommes qu'à quelques pas de la p iste de danse, mais surtout car nous observons les gens. Je repère une petite brune qui se déhanche, elle n'a pas l'air d'être accompagnée, et étant donné sa tenue, je sup pose qu'elle recherche quelqu'un pour lui tenir chaud ce soir. Ça tombe bien ! Je su is d'humeur charitable. Ce soir, j'ai envie de profiter de la vie, de mon statut de célib ataire. Je tente de trouver un côté positif à la situation. Sophie est enceinte, elle n e peut pas boire et son mec va bientôt ne plus dormir de la nuit. Moi en attendant, je boi s, je baise et si je ne dors pas, c'est parce que JE l'aurai voulu. Qui a dit jaloux ? Non, optimiste nuance ! Je me dirige vers elle et me place dans son dos en passant un bras autour de sa taille. Ma façon de danser ne laisse pas de place à l'imagination. Elle suit mes mouvements et se colle un peu plus contre moi, et m e donne silencieusement l'autorisation d'aller plus loin. Je lui murmure à l'oreille un « salut », et je le vois… Elle frisonne au son de ma voix. Elle ne se retourne pas vers moi mais m'attrape le cou et ondule ses hanches en prenant bien garde à se frott er à mon entrejambe. Je n'ai aucun effort à faire avec elle, c'est du tout cuit alors qu'elle ne sait même pas à quoi je peux ressembler. Pas mon truc. Je m’écarte avant que la demoiselle plante complètement
ses griffes sur moi ou pire, qu'elle me viole. Mon regard se pose sur une petite brune, qui danse les bras en l'air et les yeux fermés. Elle porte une chemise blanche ample, une p etite jupe noire et une paire de bottes. J'adore son style, classe et pas vulgaire. Je me sens attiré par elle pour une raison qui m'est encore inconnue. Mais je suis bien décidé à le découvrir. — Excuse-moi ma belle, je vais devoir te laisser. Je ne suis même pas certain qu'elle ait entendu quo i que ce soit, ni qu'elle se formalise de mon départ d'ailleurs. À seulement quelques centimètres de mon inconnue, j e me stoppe et croise les bras, je la regarde, un petit sourire en coin. J'admire l e point de vue. Elle est encore plus belle de près et ne semble pas se soucier des autre s personnes autour d'elle. Il lui faut plus d'une minute avant d'ouvrir les yeux et de me voir. Elle sursaute, met ses mains sur sa poitrine, ce qui me permet de voir qu'elle a des formes généreuses à ce niveau-là. — Salut. — Salut. Tu sais que tu ressembles à un psychopathe à me regarder comme ça ? — Désolé, mais je n'ai pas voulu t'interrompre, tu semblais dans ton monde. Je peux t'offrir un verre pour me faire pardonner ? Elle penche la tête sur le côté et doit peser le po ur et le contre. Mais un petit sourire se dessine au coin de ses lèvres et ses yeux se mettent à briller. — OK ! Arrivés au bar, je fais signe à Stephen qui nous re garde tour à tour, légèrement surpris. Pourtant il me connaît, mais son clin d’œi l me détend. — Qu'est-ce que je vous sers ? — Une bière pour moi et pour… — Alison ! Je m'appelle Alison. Un cuba libre s'il te plaît. Stephen part préparer nos commandes en riant. J'ai l'impression que la situation m'échappe et je n'aime pas beaucoup ça. — Qu'est ce qui se passe ici ? — Rien. Pourquoi tu dis ça ? — Mouais. Au fait, je m'appelle Math. Je lui tends la main et elle me la serre. Je profit e de ce contact pour la garder un peu plus longtemps et caresser sa main en la regardant dans les yeux. Elle ne rougit pas, et continue de me fixer elle aussi. Ses yeux sont très expressifs, ils me disent que rien n'est gagné mais qu'avec un peu de persévérance, je pourrais avoir ce que je veux. Compte dessus ma belle, je vais tout faire pour te ramener chez moi ce soir ! — J'ai l'impression que tu es un habitué des lieux. Tu connais le barman je me trompe ? me dit-elle en se penchant vers moi. — Stephen ? Oui, on vient régulièrement ici avec mo n coloc. J'aime bien ce pub, on fait des rencontres sympas. Et toi tu viens souvent ? — Non, pas vraiment. Je travaillais ailleurs il y a peu. J'ai des amis sur Paris depuis longtemps alors j'ai décidé de les rejoindre. — Et tu fais quoi dans la vie, Alison ? — Heu… Je suis… esthéticienne. Et toi ? — Je suis pompier, j'adore mon boulot, mais je suis content aussi de ne pas travailler ce week-end. Je vais pouvoir profiter de ma soirée avec toi. Et peut-être faire une grasse matinée demain. Je ponctue ma phrase avec un clin d’œil. Je ne veux pas passer pour un gros lourd mais il faut bien qu'elle comprenne mes intentions d'une manière ou d'une autre. Autant aller droit au but. — Je viens de changer de travail, alors je ne comme nce que lundi aussi. Quelle coïncidence ! On a tous les deux notre week-end de libre. Au vu du sourirequ’elle me fait et de son regard, c'est une invitat ion à la luxure ou je
ne m'y connais pas ! Et croyez-moi, je m'y connais ! Je me lève et fouille dans mon portefeuille pour payer nos consommations, un signe à Stephen pour le prévenir et je tends ma main vers la chanceuse de la soirée. — Un dernier verre chez moi ? C'est juste en face. — Pourquoi pas ? Elle se lève, ne prend pas la main que je lui ai te ndue et se dirige vers la sortie. Avant de refermer la porte, elle se retourne et je peux voir un « alors ? » franchir ses lèvres. Je viens de me rendre compte que je n'ai pa s bougé du bar. Je suis resté figé devant elle et son allure assurée. Elle me fascine cette fille, mais quand elle sera chez moi, je me fais la promesse de retourner la situati on à mon avantage. Dans l’ascenseur, la tension sexuelle est à son com ble. Je respire profondément. Je commence à être à l'étroit dans mon pantalon quand je la vois regarder les chiffres en se mondant la lèvre inférieure. Cette bouche rose m e donne des envies de mordre dedans. Je passe devant elle pour ouvrir la porte e t lui fais signe de rentrer. Elle reste dans l'entrée et regarde le salon. Je l'enlace par-derrière, l'embrasse dans le cou. — Tu veux boire quelque chose ? Je demande par politesse, mais j'espère bien que la réponse sera non. — On verra après. Putain ! Encore mieux ! Je la serre un peu plus fer mement et caresse sa cuisse tout en remontant vers l'ourlet de sa jupe. Sa main s'ac croche à mon cou et elle commence à défaire les boutons de son chemisier. Ses gestes lents et son regard me rendent fou. Ma respiration s’accélère et je dois me concentrer pour ne pas jouir dans mon pantalon. Je ne peux plus me retenir et d'une main, je tire s ur ses cheveux d'une main afin d’accéder à sa bouche. Je ne suis pas tendre, mais elle n'a pas l'air de s'en formaliser. On sait tous les deux pourquoi on est là ! Les peti ts soupirs qui s'échappent ne font que monter la température encore d'un cran. J'aime pren dre mon temps d'habitude, mais là, si je ne passe pas à la vitesse supérieure rapideme nt, je vais me consumer sur place. Mes doigts se faufilent vers sa culotte, je joue, u n peu, contourne, frôle sans jamais lui donner ce qu'elle veut. Mais quand je sens combien elle mouille et que j'aperçois la dentelle rose et noir de son soutien-gorge, je ne r éponds plus de moi. Je la retourne et l'embrasse violemment. Ma langue se lie à la sienne dans une danse érotique, et j'avale ses gémissements. Je soulève sa jupe et la porte jusqu'à ma chambre. Elle m'excite tellement que si je ne me calme pas, ça risque d'être fini avant même que ça n'ait commencé. Je l'assois sur mon lit, et sème des baisers sur sa mâchoire, son cou, sa poitrine. J'abaisse le tissu qui recouvre ses seins pour pouv oir prendre son téton en bouche, le sucer, l'aspirer et même le mordre, tout en titilla nt l'autre avec mes doigts. Elle me griffe, et me supplie de la prendre. — Math, je crois que c'est bon là. Elle déchire ma chemise, faisant voler tous les bou tons dans les airs, me mord le cou elle aussi, et s'attaque à ma ceinture. Je prof ite qu'elle soit occupée avec mon pantalon pour prendre un préservatif. Aussitôt mis, je me jette sur elle comme un lion affamé sur une gazelle. Je m'assure qu'elle soit bi en prête une dernière fois, la taquine du bout des doigts, puis me les lèche en la regarda nt dans les yeux. C'est cru, sensuel et ça l'excite. Ses yeux ont viré de verts à presqu e noirs. Je me positionne en face d'elle et la pénètre doucement. Je sens ses parois chaudes et humides me serrer, je coulisse en elle lentement, je garde le contrôle. E lle gémit, plaque des talons dans mon dos et nous bougeons à l'unisson, pendant qu'elle m e laisse la trace de ses griffures dans le dos. Je ne suis pas fier de dire qu’heureusement que son orgasme a été rapide car le mien l'a suivi de quelques secondes. Nous sommes haletants, front contre front, et un se ntiment de bien-être rempli mon