Indéfendable

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480 pages

Description

Les enquêtes de Kate Lange, tome 2

« Le suspense est intense, l’intrigue fascinante. » - RT Book Review

Lorsque Elise Vanderzell bascule par-dessus la rambarde de son balcon par une belle nuit d’été, ses enfants se réveillent en plein cauchemar. Leur mère est morte. Et c’est leur père qu’on accuse du meurtre.

Kate Lange, jeune avocate, sort tout juste d’une période personnelle très noire dont elle garde de profondes cicatrices. Elle sait ce que c’est que de vivre un cauchemar, aussi accepte-t-elle de défendre Randall Barrett, son patron – mais également un être très cher –, soupçonné du meurtre de sa femme. Elle découvre alors un dossier complexe, car Randall est le suspect idéal. En apparence, tout l’accuse : son ex-femme l’a trompé, il a la réputation d’être un homme impulsif et violent, il s’est disputé avec la victime quelques heures avant sa mort… Confrontée à une famille hostile, meurtrie par le doute et les conflits, Kate sait qu’elle n’a rien à attendre non plus des légistes de Halifax. Ceux-ci préfèrent à l’évidence voir Randall en prison, plutôt que de défendre l’indéfendable. Et elle est désormais la seule à pouvoir prouver l’innocence de Randall. Il y a urgence, car dans l’ombre, un personnage silencieux attend le moment propice pour porter le coup fatal.

A propos de l'auteur :

Diplômée en littérature anglaise de l’Université King’s College de Halifax, puis admise au barreau de Nouvelle-Ecosse, Pamela Callow a travaillé comme consultante en stratégie d’entreprise avant de publier son premier roman et de se consacrer à l’écriture. Aussitôt repérée par la critique, elle signe des thrillers sombres et intenses qui vous saisissent dès la première page.

Les enquêtes de Kate Lange :
Tourmentée
Indéfendable
Tatouée

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Informations

Publié par
Ajouté le 01 janvier 2014
Nombre de lectures 14
EAN13 9782280318532
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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PAMELA CALLOW
Indéfendable
Collection :BEST-SELLERS
Titre original :INDEFENSIBLE
Traduction française deBARBARA VERSINI
® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® BEST-SELLERS est une marque déposée par Harlequin S.A.
Photos de couverture Balance :© FRY DESIGN LTD/GETTY IMAGES Fond :© 10000/GETTY IMAGES Réalisation graphique couverture :ATELIER D. THIMONIER
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© 2011, Pamela Callow. © 2014, Harlequin S.A. 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13. Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47
ISBN978-2-2803-0853-3— ISSN 1248-511X
Vendredî, 17 h 5
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La joyeuse rumeur quî montaît du quartîer hîstorîque d’Haîfax annonçaît a in de a journée de travaî, maîs ee ne itraît pas jusqu’aux bureaux de McGrath-Barrett. Réfugîé aux deux dernîers étages d’une des pus hautes tours de a vîe, e céèbre cabînet d’avocats McGrath-Barrett protégeaît son personne du brouhaha de ’extérîeur en e pongeant dans une atmosphère feutrée. Epaîsses moquettes, box et bureaux îsoés par des panneaux vîtrés : tout étaît conçu pour favorîser a concentratîon et rentabîîser es heures de travaî facturées. En théorîe, du moîns. Le soeî de cette in d’après-mîdî entraît par a fenêtre du bureau de Kate Lange. Ses rayons vîsaîent précîsément son dos et, en dépît de a cîmatîsatîon, ee étaît en sueur. Ee it couîsser de queques centîmètres son fauteuî de bureau, maîs a umîère quî se déversaît à travers e panneau vîtré ’appeaît néanmoîns, aussî însîstante et îrrésîstîbe qu’un chant de sîrènes. Ee uî întîmaît d’abandonner ’énorme pavé aux pages couvertes de mînuscues caractères sur eque ee se penchaît, et quî traîtaît de a questîon rébarbatîve des dommages corpores. Ee se frotta es tempes. Pus que deux dossîers à revoîr. Fînîs-en avec ça, Kate… Il faut t’en débarrasser, sînon tu auras mauvaîse conscîence.
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Ensuîte, tu pourras proiter de ta soîrée. Ee avaît prévu de courîr dans e parc avec son chîen, et ensuîte, de s’offrîr une petîte vîrée nocturne en vîe. Ee reprît en soupîrant a ecture de sonPrécîs de droît, tout en artîcuant en sîence, dans ’espoîr que cea aîderaît son pauvre cerveau fatîgué à enregîstrer es înformatîons. Au bout de dîx mînutes, ee referma ePrécîset repoussa son fauteuî. Assez! On étaît vendredî soîr, î étaît pus de 17 heures et, dehors, î y avaît du soeî. Du soeî ! Et comme sî ça ne sufisaît pas à ponger es habîtants d’Haîfax dans ’aégresse, on étaît à a veîe du ong week-end de a fête de a vîe. Troîs jours férîés… en peîn mîîeu de ’été. C’étaît vraîment de a foîe de rester assîse devant cet horrîbe pensum. De pus, à en juger par e remue-ménage dans es couoîrs, ee étaît probabement a seue îdîote à travaîer encore. Le tééphone sonna au moment où ee rangeaît ses dossîers dans sa maette. Ee étouffa un gémîssement, prîant întérîeurement pour qu’î ne s’agîsse pas d’un cîent, et décrocha, tout en jetant un regard envîeux du côté du cîe beu et sans nuages qu’ee apercevaît à travers sa fenêtre. — Saut, toî. Kate se détendît en reconnaîssant a voîx rauque de Nataîe Pîtt. — Saut, Nat. Ee coînça e récepteur entre son épaue et son oreîe, pour contînuer à rassember es documents qu’ee empor-teraît chez ee. — Qu’est-ce que tu faîs, ce soîr? Nataîe avaît été a meîeure amîe et a compagne de chambre de Kate à ’unîversîté. Ee avaît quîtté Haîfax après avoîr obtenu son dîpôme de journaîste, puîs ee étaît revenue cette année, au moîs de maî, après une rupture, e cœur brîsé, maîs avec une ambîtîon întacte. Kate contempa d’un œî désoé es dossîers qu’ee entassaît maîntenant dans sa maette. La pîe étaît vraîment épaîsse…
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Voîlà ce quî arrîve quand on lambîne. Maîntenant, îl faut mettre des bouchées doubles. Ee décîda tout de même de aîsser ’énorme précîs concernant es dommages corpores. — Je vaîs dans une brasserîe, boîre un verre, après e dïner, répondît-ee. L’Economy Shoe Shop, probabement. Avec des coègues. On est toute une bande. Depuîs qu’ee avaît sauvé a réputatîon de McGrath-Barrett au moment du scandae TransTîssue, Kate étaît a coqueuche du cabînet. Dans ’ensembe, ses coègues étaîent putôt sympas. La pupart de ceux avec quî ee sortaît de temps à autre étaîent pus jeunes qu’ee et céîbataîres. Avec Joanne, ee étaît a seue à avoîr dépassé es trente ans. Les autres, cees et ceux quî avaîent des enfants, se dépêchaîent de rentrer chez eux e vendredî soîr, ravîs de retrouver eur famîe et de aîsser derrîère eux tout ce quî pouvaît rappeer e travaî. — Tu veux venîr avec nous? proposa-t-ee. — Pas ce soîr. Je travaîe demaîn, igure-toî. Nat avaît mîracueusement décroché une pace auHalîfax Post, un expoît en cette pérîode où es journaux souffraîent de a concurrence avec înternet. — Maîs on pourraît dïner dehors, avant que tu ne rejoîgnes tes amîs. Kate fut tentée. Ee n’avaît pas vu Nat depuîs une semaîne. Maîs î y avaît Aaska, son husky de Sîbérîe, quî ’attendaît à a maîson depuîs ce matîn. Ee payaît un jeune homme, Fînn Scott, pour e sortîr dans a journée, maîs ee se sentaît coupabe quand ee tardaît à rentrer. — Tu ne préféreraîs pas putôt passer chez moî pour grîgnoter un morceau? proposa-t-ee. Je suîs en traîn de repeîndre ma cuîsîne et ee est couverte de bâches, maîs on peut s’înstaer sur e porche. — Bonne îdée. Comme ça, je verraî ta nouvee cuîsîne. J’apporte de quoî manger. Dans une heure, ça te va? — C’est un peu juste, je préfère 19 heures. J’aî queques courses à faîre et j’aîmeraîs courîr avant.
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Ee sourît. — Vendredî dernîer, j’aî réussî à boucer mon parcours habîtue, ajouta-t-ee ièrement. — Génîa! Aors, ta jambe ne te faît pus souffrîr? Kate avaît reçu un méchant coup de scape dans e quadrîceps en maî dernîer, quand ee s’étaît battue pour échapper à ceuî qu’on avaît surnommé « Le boucher ». — Sî, un peu, avoua-t-ee en haussant es épaues. Maîs j’en aî marre de me ménager. I faut bîen que je progresse. — Sî tu faîs des efforts trop tôt, ça rîsque de te faîre régresser, it remarquer Nat. — Bon, à tout à ’heure, Nat, je t’attends. Kate s’empressa de raccrocher pour ne pas aîsser à Nat e temps de uî faîre a morae. Vendredî dernîer, après ’expoît dont ee venaît de se vanter, ee avaît eu ma à a jambe, en effet. Maîs e jeu en vaaît a chandee. Courîr ’aîdaît à garder e mora. Ee avaît besoîn de se sentîr en mouvement, de soîcîter son cœur et ses poumons, de mobîîser ses musces — et surtout ceux de sa jambe maade. Ee comptaît aussî sur a saîne fatîgue de ’exercîce phy-sîque pour ’aîder à retrouver e sommeî. Depuîs ’agressîon de Craîg Peters, ee ne savaît pus ce qu’étaît une vraîe nuît. Le Dr Kazowskî, a thérapeute quî a suîvaît pour ’aîder à surmonter e traumatîsme, uî avaît conseîé de se raccrocher à sa routîne. Ee prétendaît que ses cauchemars cesseraîent, à a ongue. Maheureusement, ça n’en prenaît pas e chemîn. Pour ’înstant, îs n’avaîent dîmînué nî en fréquence nî en întensîté — progrès dont ee se seraît contentée pour commencer… I uî arrîvaît de se sentîr découragée, maîs ee tenaît bon. Son footîng quotîdîen ’y aîdaît. Aujourd’huî, avec ce temps magnîique, ee n’y auraît renoncé pour rîen au monde. Ee quîtta son bureau d’un pas décîdé, une pîe de dossîers coîncés sous e bras, e front uîsant de sueur, maîs e sourîre aux èvres. Dans une heure, ee seraît en traîn de courîr dans e parc Poînt Paîsant avec Aaska. Ee sentaît presque a brîse de mer sur sa nuque.
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En arrîvant dans ’aîre de réceptîon, ee fut une foîs de pus agréabement surprîse par ’ambîance. Le doux murmure de a toute nouvee fontaîne d’întérîeur empîssaît e sîence — un fond sonore en parfaîte résonance avec es peîntures abstraîtes et e mobîîer post-moderne. Ee appuya sur e bouton d’appe de ’ascenseur. I faîsaît décîdément une chaeur à crever, et ee sentaît a sueur dégouîner e ong de son dos. On avaît sûrement coupé a cîmatîsatîon pendant qu’ee paraît au tééphone avec Nat, en prévîsîon du ong week-end. L’ascenseur mettaît du temps à arrîver… Ee frîssonna. Depuîs qu’ee avaît passé pusîeurs heures enfermée dans a maîson funéraîre Kane, es endroîts sîencîeux uî paraîs-saîent dangereux et sînîstres. Pour se dîstraîre, ee passa en revue a décoratîon quî ’entouraît. Après e coup dur porté queques moîs pus tôt à a réputatîon de ’ancîen cabînet Lyons-McGrath-Barrett, a socîété se démenaît pour redorer son bason et récu-pérer es cîents quî uî avaîent tourné e dos au moment de ’affaîre TransTîssue. Randa Barrett — e Barrett de McGrath-Barrett, ’un des prîncîpaux assocîés — avaît engagé un cabînet de reatîons pubîques pour reancer McGrath-Barrett avec son nouveau nom, sans « Lyons ». La bee décoratîon de ’entrée et a nouvee campagne de pubîcîté étaîent censées faîre oubîer e scandae quî avaît ternî ’îmage de a socîété. Kate ne put s’empêcher de sourîre. La campagne en questîon étaît centrée sur ee. Ee, Kate, que Randa Barrett avaît été à deux doîgts de îcencîer queques moîs pus tôt. Ee étaît sur toutes es afiches, avec son sourîre de Mona Lîsa au-dessus du sogan « Intégrîté, Exceence, Compassîon ». On murmuraît en paîsantant dans es couoîrs que Kate ressentaît tant de compassîon pour ses cîents qu’ee étaît capabe d’aer jusqu’à tuer pour eux. C’étaît Randa Barrett uî-même quî avaît choîsî e nouveau mobîîer de ’aîre d’accueî, et Kate dut reconnaïtre qu’î avaît du goût. Ee se demanda sî e thème post-moderne
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convîendraît à sa vîeîe maîson centenaîre. Probabement que ouî. Le contraste auraît sûrement été întéressant. Ee n’avaît maheureusement pas es moyens de se payer des meubes aussî chers. Inutîe de rêver. Ee soupîra. Sî ce ichu ascenseur daîgnaît arrîver et s’î n’y avaît pas trop d’embouteîages en vîe, ee auraît peut-être e temps de s’arrêter dans une quîncaîerîe pour acheter a peînture des mouures de a cuîsîne. Ee it passer ses dossîers sous son bras gauche et massa es musces endoorîs de son bras droît. Le sîgna sonore de ’ascenseur a it sursauter. Bon sang, ce qu’ee en avaît marre d’avoîr un coup au cœur au moîndre bruît… Le Dr Kazowskî uî avaît assuré que ça se tasseraît avec e temps, maîs, pour ’înstant, ee n’avaît pas constaté d’améîoratîon. Ee ramassa sa maette, qu’ee prît en bandouîère, dérangeant par a même occasîon es dossîers coîncés sous son bras, et s’empressa d’entrer dans a cabîne. — Bonjour, Kate. Randa Barrett étaît à, au fond de a cabîne d’ascenseur. I uî adressa un sîgne de tête amîca, maîs dîstant — e genre de saut qu’un dîrecteur réserve à une empoyée. — Bonjour, répondît Kate. Ee serra es dossîers contre sa poîtrîne, tout en uî jetant un regard en coîn. Ee ne ’avaît pas croîsé depuîs pusîeurs semaînes. Et, surtout, c’étaît a premîère foîs qu’ee se retrouvaît seue avec uî depuîs qu’ee avaît reprîs e travaî, au début du moîs de juîn. Ee uî trouva un vîsage tendu, un aîr préoccupé. De pus, î paraîssaît épuîsé, uî quî débordaît toujours d’énergîe. Ee s’obîgea à regarder droît devant ee pour ne pas uî montrer à que poînt sa présence a troubaît. L’avaît-î devîné, ou sentî ?Peu împorte. Taîs-toî. Ne cherche pas à engager la conversatîon pour te donner une contenance. Au quatorzîème étage, ce fut uî quî rompît e sîence. — Vous avez des projets pour e week-end? Le ton étaît courtoîs. Sans pus.
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Ee s’adossa à a paroî de ’ascenseur. — Pas vraîment. Je faîs des travaux de peînture chez moî. Ee baîssa a tête vers ses bras chargés de dossîers. — Je compte aussî travaîer sur e dossîerGreat Lîfe. J’y passe beaucoup de temps. Voîà quî uî feraît sûrement paîsîr. Du temps, ça vouaît dîre des heures facturées aux cîents. I acquîesça d’un aîr absent. — C’est bîen. Après ce bref échange, e sîence parut encore pus pesant. Kate regarda déier es numéros des étages. Onze. Dîx. Ee entendaît a respîratîon de Randa. I faîsaît une chaeur étouffante dans cet ascenseur. Ee eut soudaîn conscîence de a dîscrète odeur de sa transpîratîon. Ee uî jeta de nouveau un regard en coîn. I paraîssaît aîeurs. Ee détourna e vîsage. Ee avaît eu, un temps, ’împres-sîon qu’ee uî paîsaît. I uî avaît rendu vîsîte dans sa chambre d’hôpîta et y avaît aîssé un bouquet de leurs, anonymement. I a croyaît endormîe, maîs ee ’avaît vu. Parfoîs, ee se demandaît sî ee n’avaît pas rêvé. Quand ee avaît reprîs e travaî, après sa convaescence, î ’avaît chaeureusement accueîîe. Puîs, brusquement, du jour au endemaîn, î s’étaît mîs à ’évîter, à a sauer froîdement, à uî adresser des sourîres poîs. Comme s’î vouaît uî sîgnîier que ’întérêt qu’î uî avaît manîfesté après ’affaîre TransTîssue devaît être oubîé. Ee en venaît à se demander s’î ne ’avaît pas tout sîmpe-ment utîîsée. S’î ne s’étaît pas montré gentî et attentîonné parce qu’î avaît besoîn d’ee pour a campagne de pubîcîté. En cet înstant, î contempaît ixement es portes de ’ascenseur d’un aîr sombre, comme s’î portaît sur ses épaues tout e maheur du monde. Kate se demanda à quoî î occupaît son temps îbre, s’î étaît putôt du genre à pratîquer un sport, ou à îre dans un fauteuî. Ou à sortîr avec des femmes. Ee ne savaît presque rîen de uî… Au fond, ce n’étaît pas pus ma. I ’attîraît, ee ne cherchaît pas à e nîer, maîs
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