Intégrale de la série "Au nom du royaume"
480 pages
Français

Intégrale de la série "Au nom du royaume"

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Description

De roturière à princesse, il n'y a parfois qu'un pas…

La loi du destin - Tome 1/3
Tu portes mon enfant. Et, bientôt, tu seras ma femme.
Bouleversée, Allegra ne peut retenir ses larmes. Cette soirée de bal, la première de sa vie, elle ne l’oubliera jamais. Pas plus que cette étreinte ardente et passionnée que lui a offerte un homme masqué… Tout ce qu’elle désirait, ce soir-là, c’était de laisser à la porte ses obligations mondaines. Pas de tomber enceinte, et encore moins d’annuler ses fiançailles avec le prince auquel elle était destinée depuis ses seize ans ! Aujourd’hui, pourtant, le destin lui joue un tour bien cruel. Car l’inconnu entre les bras duquel elle s’est abandonnée n’est autre que le duc Cristian Acosta, son pire ennemi. Cristian, qui l’a piégée et qui la force à l’épouser… 

La loi du royaume - Tome 2/3
Le jour où Bailey découvre Raphael DeSantis dans son salon, elle sent une rage sourde poindre en elle. Comment ose-t-il venir l’importuner chez elle, après tout ce qu’il lui a fait subir ? Aussitôt, le souvenir des événements des derniers mois lui transperce le cœur une nouvelle fois : Raphael lui annonçant qu’il va se marier avec une autre, Raphael la prenant dans ses bras une dernière fois avant de la quitter… Pour Bailey, c’en est trop. Il doit partir, et sur-le-champ. Pourtant, il est trop tard : Raphael a remarqué son ventre arrondi et a compris. Compris qu’il serait bientôt père, et pourrait offrir un héritier à son peuple. Dès lors, il se montre intraitable et ne laisse d’autre choix à Bailey que de le suivre à Santa Firenze… pour le bien du royaume. 

Vengeance pour un milliardaire - Tome 3/3
Le jour où une certaine Esther Abbott vient le trouver pour lui annoncer qu’il est le père de son enfant à naître, Renzo Valenti croit d’abord à un canular. Comment cette Américaine qu’il n’a jamais vue auparavant pourrait-elle porter son bébé ? C’est absolument invraisemblable ! Il sent pourtant une rage irrépressible le gagner quand il comprend qu’il s’agit là de l’ultime piège que son ex-épouse, Ashley Bettencourt, lui a tendu : sans l’en avertir, elle est parvenue à convaincre une jeune femme sans le sou de devenir leur mère porteuse… Désormais acculé, Renzo sait qu’il n’a pas le choix. Par honneur, et pour assurer celui de sa lignée, il devra épouser Esther... Une décision qui lui coûte et le trouble à la fois. Car, bien qu’il s’en défende, rencontrer Esther a réveillé en lui un désir qu’il croyait éteint à jamais.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782280423403
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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1.
Il était l’Ange de la Mort venu l’emporter dans les ténèbres. C’est ce qu’imagina Allegra en le regardant descendre l’imposant escalier de la salle de bal vénitienne, son long manteau noir bouffant derrière lui. Un frisson la traversa, comme si c’était sur sa peau, et non sur l’élégante rampe en marbre, que couraient ses doigts. À l’instar des autres invités, il portait un masque. Mais là s’arrêtait toute ressemblance avec eux — ou même avec le commun des mortels. Tout de noir vêtu, il détonnait dans la foule bigarrée. Son masque de métal, artistiquement ciselé en forme de crâne, miroitait à la lumière des lustres. Il devait avoir peint sa peau en noir dessous, car aucune humanité n’émanait des interstices. Son apparition avait provoqué un vif émoi parmi la gent féminine. Un murmure appréciateur parcourut la foule. Toutes ces créatures, resplendissantes dans leurs atours de soie, frémissaient d’anticipation, avides d’un regard, d’une marque d’attention. Allegra ne faisait pas exception. Anonyme sous son loup doré et sous son maquillage, elle le dévorait des yeux. Le bal avait lieu dans l’un des plus beaux hôtels historiques de Venise, donné par l’un des associés de son frère. Seule l’élite avait droit d’entrée à cet événement prestigieux. Y être admis était un privilège. Les plus anciennes famill es d’Italie y côtoyaient d’influents nouveaux riches. Leurs héritières, très convoitées, faisaient tourner les têtes d’un battement de cils. Allegra était l’une d’elles, descendante d’une lignée dont la noblesse remontait à la Renaissance. Son frère, Renzo, avait succédé à leur père à la tête de l’entreprise familiale, à laquelle il avait insufflé une nouvelle dynamique. En internationalisant leurs activités, il avait propulsé la famille Valenti au sommet de la stratosphère sociale et financière mondiale. Pour autant, Allegra ne se sentait pas à sa place parmi ces femmes, si confiantes en leur pouvoir de séduction. Mais cette soirée était sa chance. Une occasion unique de perdre sa virginité avec un partenaire de son choix, plutôt que le prince auquel elle était promise et qui n’enflammait ni ses sens ni son imagination. Contrairement à ce ténébreux inconnu. Un tel péché l’enverrait tout droit en enfer. Auquel cas… quelle meilleure escorte que le diable en personne ? Elle fit un pas vers l’escalier, le cœur battant, puis se ravisa. Pour qui se prenait-elle ? Elle n’avait rien d’une aventurière capable d’aborder un parfait inconnu et de flirter avec lui sans vergogne. Encore moins de lui offrir son corps dans l’heure. Elle tourna les talons. Non, elle n’avait tout simplement pas le courage d’aller au bout de son fantasme. D’ailleurs, le moindre faux pas lu i vaudrait les foudres de son frère, qui tolérait tout juste sa présence ce soir. Renzo avai t toujours eu un tempérament explosif. Allegra, elle, avait appris à dompter le sien. D’après ses parents, elle avait été une enfant diff icile, une sauvageonne réfractaire à l’autorité. Mais elle s’était assagie au fil des co urs de maintien et d’étiquette destinés à faire d’elle une dame, et donc un parti respectable. Ces leçons avaient payé. L’amitié de Renzo avec Cristian Acosta, un duc espagnol issu de la même prestigieuse école privée, avait permis l’introduction de leur père auprès du prince Raphae l DeSantis de Santa Firenze. À l’instigation de cecherCristian, qu’Allegra aurait volontiers étranglé, des fiançailles avaient rapidement été conclues entre elle et le prince. Un triomphe inespéré, aux yeux de ses parents.
C’est ainsi que depuis ses seize ans, elle était promise au prince Raphael. N’était-elle pas extatique ? lui répétait-on à longueur de journée. En réalité, six ans plus tard, elle n’était pas plus conquise que lors de leur première rencontre. Certes, il était séduisant, c’était indéniable. Mais sa beauté la laissait de marbre. Contrairement à Renzo, Raphael ne faisait jamais la une des tabloïds. Il était un modèle de respectabilité et de grâce masculine, en costume comme dans le style plus décontracté qu’il adoptait en vacances, durant lesquelles Allegra et sa famille le rejoignaient dans l’une de ses villas à travers le monde. Peut-être était-ce sa nature volatile qui l’empêcha it d’accepter plus que de chastes baisers sur la joue. Ou peut-être était-ce par rébellion contre ce qu’on lui imposait qu’elle était incapable de transport à son égard. À moins que ce ne fût lui. Il était si… froid. Si distant. Était-ce trop demander, une passion égale à la sienne ? Quoique cette passion fût toute théorique. Que connaissait-elle de la vraie vie ? Depuis toujours, elle évoluait dans une cage dorée, captiv e d’un destin décidé pour elle. Que n’aurait-elle donné pour voler de ses propres ailes ! Cristian, bien sûr, lui reprocherait son égoïsme. Il avait toujours agi comme si ses fiançailles constituaient un enjeu personnel. Sans doute parce qu’il en était l’instigateur. Elle se demandait ce qu’il avait à gagner dans ce mariage. D’infinis privilèges garantis par le prince lui-même, certainement. Cristian était la seule personne capable de lui faire perdre son calme. Avec lui, elle osait donner libre cours à sa colère. Aux ordres de ses parents, elle obéissait docilement. Quelle morne existence elle menait ! Elle bouillait de frustration, prête à exploser à tout instant. Elle devait se révolter. Faire savoir, au moins, qu’elle était malheureuse ! Détachant les yeux de l’inconnu, elle se dirigea vers le buffet et se jeta sur les petits fours. Si les hommes lui étaient interdits, elle co mpenserait avec la pâtisserie. Par chance, sa mère n’était pas là pour lui rappeler qu’elle devait impérativement rentrer dans sa robe de mariée, dans quelques mois. Sa mère était obsédée par le respect de l’ordre et du devoir. Ses enfants se devaient de rentrer dans le moule. De poursuivre l’œuvre de leu r père et préserver l’honneur de la famille. Ce genre de choses. Allegra jugeait le fardeau bien lourd pour ses frêles épaules. Par esprit de sédition, elle se servit un autre cho u à la crème. Quelle importance ? Leur couturière saurait bien retoucher la robe le jour J si ses courbes se révélaient trop généreuses. Et ce n’était pas Renzo qui allait l’arrêter. Ses a ccès de révolte semblaient au contraire beaucoup l’amuser. Évidemment, le fardeau était moins lourd pour lui. En tant qu’homme, il avait simplement dû reprendre la société de développement immobilier de leur père. Rien de plus. Aucun autre aspect de sa vie n’était soumis à restrictions. Allegra, elle, devrait se dévouer entièrement au bien-être du mari choisi pour elle. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il se montrait si indulgent. Il mesurait la disparité entre ce qui était exigé de l’un et de l’autre. Pas leurs parents. Ni Cristian, à l’origine de ce mariage arrangé. Ce dernier ne manquait d’ailleurs jamais une occasion de la remettre à sa place. Elle savait quelle tragédie il avait vécue et se sentait parfois coupable de le juger si durement. Mais ni ses épreuves personnelles ni son implication dans son mariage ne lui donnaient le droit de la traiter aussi mal. Elle mordit rageusement dans son chou à la crème. P ourquoi pensait-elle à lui ? Sans doute parce que, s’il était là, il hausserait un so urcil sardonique devant sa gloutonnerie. Une preuve de plus, à ses yeux, qu’elle n’était qu’une gamine. Pourrie gâtée, de surcroît. Eh bien lui, en ce qui la concernait, n’était qu’un macho arrogant. Ils étaient quittes. Les notes d’une valse l’enveloppèrent de leur tonalité sensuelle. Allegra se tourna vers la piste de danse, où plusieurs couples évoluaient ave c grâce. Quel effet cela faisait-il de tourbillonner ainsi, étroitement enlacée par un homme ? Son futur époux était certainement un danseur accompli. C’était un prince, après tout. Dans leur milieu, apprendre à valser devait être aussi naturel qu’apprendre à marcher. Soudain, une main gantée de noir se matérialisa devant elle. Elle leva les yeux et retint son souffle. Alors qu’elle allait parler, il pressa un index sur la bouche de son masque. Il
l’avait donc remarquée aussi ! Le frisson qui l’ava it parcourue à son apparition et cette impression que ses doigts couraient sur sa peau étaient fondés. L’étincelle était bien réelle. Elle se laissa entraîner sur la piste. Malgré la barrière du cuir, quand sa main gantée toucha la sienne, une onde de feu la traversa pour se répandre entre ses cuisses.Ridicule, se tança-t-elle. Dieu sait qui se cachait sous ce masque. Un vieillard, peut-être. Ou un homme horriblement défiguré. Pourtant, l’alchimie entre eux était indéniable. Lorsqu’il la plaqua contre lui, que ses seins s’écrasèrent contre son torse ferme, une nouvelle vague de chaleur la submergea. Aucun doute, c’était lui qu’elle voulait. Son attirance était si viscérale qu’elle transcendait la réalité. Il la faisait tourbillonner sur la piste comme si elle ne pesait pas plus qu’une plume, sinuant entre les autres couples qui n’existaient déjà plus. Leurs regards se croisèrent, et une nouvelle décharge la secoua. Elle concentra son attention sur le lustre de cristal au-dessus d’eux, sur les murs tendus de riches tentures de velours qui dissimulaient partiellement une fresque de déesses batifolant sans pudeur. Chaque f rôlement de leurs corps envoyait des frissons à travers son être. Un incendie couvait entre ses reins, que la pression de cette main gantée dans le creux de son dos attisait encore. Ce n’était pas une simple danse, non, mais un prélude à une rencontre mille fois plus sensuelle. Jamais un homme ne lui avait procuré de telles sens ations. Il est vrai que c’était sa première expérience de ce type. Mais leur valse lan goureuse n’était pas responsable du vertige qui l’étourdissait. Pas plus que la musique, aussi envoûtante fût-elle. C’était lui. Elle posa une paume à plat sur son torse, tout en c aptant son regard. Un regard d’obsidienne, indéchiffrable sous le masque. Était-il rebuté par son initiative ? Dans quel monde une valse devenait-elle une invitation à aller plus loin ? Elle se figea comme il s’emparait de sa main. Seigneur, que lui avait-il pris ? Mais, au lieu de l’écarter, il la retourna et, du pouce, caressa doucement l’intérieur de son poignet. Un frisson courut sur sa peau. Pas de doute, c’était une réponse. Et elle voulait dire oui. Elle déglutit, cherchant du coin de l’œil son frère dans la salle. Aucune trace de lui. Sans doute était-il déjà parti, en bonne compagnie. Tant mieux. Il n’était donc pas là pour la chaperonner. Et maintenant ? Quelle était la prochaine étape ? E lle ignorait comment s’y prendre. Surtout sans parler. Or son mystérieux séducteur semblait résolu à ce qu’aucune parole ne soit échangée. Cela ne la dérangeait pas. Au contra ire, le silence renforçait la tension électrique entre eux. Elle n’avait aucune idée de qui il était, et vice versa. Une précaution indispensable. Son mariage imminent avec le prince de Santa Firenze était très médiatisé. Peut-être n’était-elle pas connue internationalement mais, à Venise, c’était une autre histoire. L’inconnu prit les choses en main et l’entraîna hors de la salle, jusqu’à un couloir désert. Le cœur d’Allegra battait la chamade. Et s’il était en train de la kidnapper ? C’était troublant, cette frontière vaporeuse entre séduction et danger. La peur le disputait à l’excitation en elle. Il la poussa dans une alcôve et la plaqua contre le mur. La musique s’évanouit en une rumeur lointaine. Allegra n’entendait plus rien ni personne. L’homme tout en noir emplissait son champ de vision. En cet instant, ils étaient les deux seuls êtres sur terre. Du pouce, il dessina la courbe de ses lèvres. Un délicieux frisson l’électrisa. Ses doigts glissèrent le long de son cou, jusqu’au décolleté de sa robe. Leur caresse était un vol de papillon au-dessus de la naissance de ses seins, mais elle se répercuta jusqu’aux tréfonds de son être. Elle sut alors avec certitude qu’elle n’avait pas mal interprété la situation. Sa cour était efficace : elle était dangereusement proche d’être séduite. À vrai dire, elle l’était depuis la seconde où elle avait accepté son invitation à danser. En prenant sa main, elle avait dit oui plus sûrement qu’avec des mots. Et cette main se faufilait à présent vers le jupon de sa robe, qu’il retroussa sur ses cuisses. Au passage, ses doigts effleurèrent le tri angle intime entre ses jambes où se concentrait son désir. Ce bref contact décupla sa fièvre. De l’autre main, il tira sur le bustier de soie, dénudant un sein, puis l’autre. Allegra étouffa un gémissement. Elle peinait encore à croire à ce qui arrivait. À ce qu’elle le laissait faire… Non, elle ne laissait rien faire du tout. Elle étai t captive de son désir, et cela lui convenait.
Le frottement de son pouce sur son mamelon lui arracha une plainte. La caresse se mua en pincement, et elle s’arqua pour mieux lui offrir ses seins. Il les pétrit à pleines mains, avant de revenir à sa robe qu’il retroussa une fois de plus, l’exposant à lui. Ses doigts s’insinuèrent entre ses cuisses, sous sa petite culotte. Mon Dieu, c’était si bon ! Personne ne l’avait jamais touchée ainsi. Elle se perdait dans ce plaisir inédit, emportée dans un tourbillon sensuel. Ses larges mains étaient partout. Chaque nouvelle caresse la poussait un peu plus vers l’abîme. Elle commença à déboutonner sa chemise. Son souffle se suspendit. Enfin, leurs peaux entraient en contact. Du doigt, elle traça les contours de ses pectoraux d’acier. Sa peau était si brûlante qu’elle en eut le vertige. Mais pas question de se pâmer devant lui. S’il devinait son inexpérience, il la planterait là, seule avec son désir inassouvi. Il était la perfection faite homme. Un fruit défendu, mais trop alléchant pour être ignoré. Elle l’embrassa dans le cou. Contrairement aux sien nes, ses lèvres à elle n’étaient prisonnières d’aucun masque. Son baiser laissa une trace de maquillage sur sa peau. Cela lui plut. Elle apposait son empreinte, comme il la marquerait bientôt du sceau de sa possession. Dieu sait qu’elle ne serait plus jamais la même après cela ! Poursuivant son exploration, elle caressa son torse, ferme sous le duvet rugueux. La sensation était aussi nouvelle que grisante. Le simple fait de le toucher envoyait des flèches de désir dans son bas-ventre. Il prit le relais de ce qu’elle avait commencé et baissa son pantalon, tout en la plaquant davantage contre le m ur. Son érection dure comme le roc frottait contre son intimité, moite et prête pour lui. Elle renversa la tête en arrière, traversée par une onde de plaisir. D’une main, il lui noua une jambe autour de ses hanches, avant d’ajuster sa position et plonger en elle. La douleur lui arracha un cri. Elle savait que perdre sa virginité faisait mal, mais pas à ce point. Son partenaire ne parut s’apercevoir de rien, car il se retira lentement pour s’enfoncer à nouveau. Cette seconde intrusion fit un peu moins mal. Avec chaque nouveau coup de reins, la douleur s’atténuait, peu à peu chassée par un plaisir croissant. Un plaisir qui se propageait dans chaque cellule de so n corps, incandescent, accentuant encore son désir. Elle se mit à convulser contre lui, cramponnée à ses épaules, le visage enfoui dans le creux de son cou. L’orgasme la submergea, déferla en elle en vagues successives, un raz-de-marée sans fin qui la laissa sans forces, le souffle coupé. Elle pressa un baiser dans son cou comme, d’une ultime poussée ponctuée d’un grognement, il jouissait à son tour. Le monde tournoyait autour d’eux. Allegra en avait le vertige. Elle se sentait… connectée à cet homme. Ce parfait inconnu. Il se retira d’elle et recula. Il remonta son pantalon, reboutonna sa chemise, son masque toujours en place. La même aura ténébreuse que lors qu’il lui était apparu dans l’escalier émanait de lui. Seule la trace de maquillage dans son cou prouvait que quelque chose s’était passé. Cela, et le feu palpitant entre ses cuisses. Il la dévisagea un instant. Puis, réajustant ses gants, il tourna les talons et regagna la salle de bal. Allegra resta seule. Elle qui ne s’était jamais rebellée contre son destin, si ce n’est par quelques protestations marmonnées entre ses dents, venait d’offrir sa virginité à un total inconnu. Sans protection. Sans aucune considération pour l’avenir. Son excitation se mua en panique. Tandis qu’il disparaissait de sa vie, elle ne savait si elle devait se sentir honteuse, triste, ou soulagée de ne plus jamais le revoir.