L'amour ne meurt jamais

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189 pages
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Description

Enfermée dans sa carrière militaire imposée par son père général, Gwen souhaite briser ses chaînes et enfin s'émanciper...


Ses nouveaux objectifs : retrouver une vraie vie avec son mari civil et trouver un emploi qu'elle aura choisi.


Mais repartir à zéro n'est pas simple, et sa nouvelle vie lui réservera bien des surprises...


À tel point qu'elle se rendra très vite compte qu'elle n'est plus celle qu'elle prétendait...

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Nombre de lectures 45
EAN13 9782378161071
Langue Français

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L’amour ne meurt jamais [Stefy Québec]
© 2018, Stefy Québec. © 2018, Something Else Éditio ns pour la présente édition. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock / © 123RF Illustration : © Lucile Kos ISBN papier : 978-2-37816- 106-4 ISBN numérique : 978-2-37816-107-1 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
Prologue Les adieux ne sont jamais faciles, pour moi ceux-ci me libèrent ! Douze années d’armée de terre, forcées par un père général, aussi bien à la maison que sur son lieu de travail. Mon frère Erwan et moi n’avions pas notre mot à dire sur notre futur, tout était déjà tracé. Nous servirions dans l’armée et rien d’autre. Le Général - nous ne l’appelions jamais papa, interdiction - nous a obligés à suivre sa voie. École militaire, puis la seule chose dont nous avions la permission était de choisir le corps dans lequel nous voulions nous engager. Une vraie faveur, selon lui ! Toutes distractions nous étaient interdites. Pas de sorties, pas de sport autre que celui de l’armée, pas de petits amis, – même si Erwan et moi le faisions en cachette - régime strict et vie encore plus ! Une fois enrôlée, je n’ai plus eu le choix, je savais très bien que mes supérieurs m’espionnaient pour tout remonter au général Morel ! Je n’avais personne pour me soutenir, mon frère ayant choisi les paras et moi l’armée de terre, nous avions que très peu l’occasion de nous contacter et encore moins de nous voir. Ma pauvre mère n’avait pas son mot à dire et a commencé à perdre la tête rapidement après notre départ de la maison. La seule chose qui me plaisait était les voyages, j’ai parcouru le monde entier pour mes missions. Mon grade de Commandant m’a permis de bouger et de moins prendre part aux activités physiques. Mais la rigueur, le machisme et la misogynie étaient toujours présents et me rendaient la vie insupportable. C’est pourquoi, lorsque le Général est mort, je me suis libérée. Je prenais toutes les permissions possibles pour m’insérer au monde des gens « normaux ». Très souvent seule ou bien j’allais rejoindre ma nouvelle amie, Marjorie, pour vivre comme une vraie « femme » à cancaner, faire du shopping, mater les hommes qui nous entouraient, manger et do rmir aux heures qui me plaisaient. La liberté de courte durée, mais qui me faisait beaucoup de bien, avant de retourner dans mon monde d’hommes. Lorsque Marjorie a voulu déménager après la mort de son mari, lors d’une mission en Guyane, j’ai pris de plus en plus de temps pour moi. Je l’accompagnais dans cette épreuve difficile. Nous avons fait beaucoup d’agences immobilières, mais Marjo est une femme difficile ! Aucune ne lui donnait confiance (aucune ne lui inspirait confiance). Le jour où elle a enfin trouvé la bonne, j’ai pris quatre jours de permission en pleine semaine pour la rejoindre. L’agent immobilier était très professionnel, effectivement, surtout très attirant. Grand brun, mince, musclé, un sourire charmeur, un peu prétentieux et beau parleur, mais quelque chose m’a plu tout de suite chez lui. Nous avons passé beaucoup de temps avec lui, pour la vente de la maison et la recherche d’une autre plus petite, pour Marjorie et sa fille. Je vais être franche, je ne me souviens pas exactement comment étaient les maisons que nous avons visitées ! Kevin Sanders était beaucoup plus intéressant à mes yeux. Les siens n’arrêtaient pas de me déshabiller et de me sourire. Un homme, un vrai pas un militaire, me draguait enfin et il me plaisait beaucoup. Le deuxième jour, Marjorie m’a demandé d’aller seul e au rendez-vous, son moral était encore fragile et n’arrivait pas encore toujours à faire face à la perte de l’homme de sa vie. Mr Sanders et moi avons visité plusieurs maisons le matin, en nous cherchant, nous draguant gentiment. Plus la journée avançait, plus notre relation devenait chaude et intenable. À chaque fois qu’il s’approchait de moi, mon cœur cessait de battre. Je voyais très bien que je ne le laissais pas indifférent, pourtant j’hésitais à me lancer. Être militaire et sortir avec un civil n’est pas chose facile. Ne jamais nous voir, être toujours inquiet pour celui qui part en mission et j’en passe. Pourtant je l’ai laissé m’inviter au restaurant ce soir-là. Il a été parfait, prévenant, gentil, amusant, délicat. Mon look strict, tailleur militaire et chignon, ne l’a pas impressionné, bien au contraire, il me trouvait tout à fait à son goût, élégante et aventurière, comme il aimait me le répéter ! Mon manque terrible d’homme, de relation avec une personne en dehors de mon univers, de me sentir désirée et non rabaissée, de voir des yeux me manger et non me fusiller, ont eu raison de moi et le soir même, moi la fille assez réservée, je me su is retrouvée dans le lit de ce bel homme et merveilleux amant. Marjorie n’en a rien su, dans un premier temps. De retour à la caserne, nous n’avons pas arrêté, du moins dès que mes missions m’en laissaient le temps, de nous appeler. Très vite
j’ai demandé à moins partir à l’étranger pour pouvo ir profiter de cet homme merveilleux, dont je suis très vite tombée amoureuse et réciproquement. Je vo ulais tellement une vie en dehors de mon travail, que six mois après notre première rencontre, lorsqu ’il m’a demandée en mariage, je n’ai pas pu refuser. J’étais si totalement folle amoureuse de cet homme ambitieux que je ne voulais personne d’autre dans ma vie. Le mariage a été très rapide et très discret, lui n’ayant pas de famille, de mon côté, mon frère avait plus ou moins disparu depuis qu’il avait intégré les renseignements français et ma mère avec sa maladie d’Alzheimer venait d’entrer dans une maison spécialisée. Nous étions donc que lui et moi ! Marjorie ne me comprenait pas, elle voyait le mal en lui, comme dans beaucoup d’hommes d’ailleurs ! Kevin n’est pas resté longtemps agent immobilier, l’ambition l’étouffait, alors il a monté sa propre affaire qui a tout de suite très bien fonctionné. L’argent coule à flots aujourd’hui. Nous avons une maison immense, qu’il a choisie seul, pendant une mission en Nouvelle-Calédonie. Je la trouve très froide, mais elle est à nous. Je suis très fière de sa réussite. Petit à petit mon manque de lui est devenu difficile, surtout que plus son affaire fleurissait, moins nous avions de contact. Je prenais du galon et mes absences devenaient plus longues. Il était maintenant PDG d’une entreprise immobilière et avait de nombreux employés à gérer en plus de son business. Alors, lorsque Mme Rose Garnier, directrice d’une u nité spéciale de force de police est venue nous rendre visite à la caserne, je me suis intéressée aux différents postes qu’elle proposait. Quelque chosede spécial est passé entre nous très rapidement. Je lu i ai parlé de mon ras-le-bol du machisme et de la misogynie de mes collègues, ainsi que de ma vie de couple qui n’en avait que le nom. Naturellement elle m’a proposé une place d’agent spécial au sein d’une de ses meilleures équipes. J’ai été très flattée et n’ai absolument pas réfléchi pour accepter. Ce poste all ait me rapprocher de mon mari fantôme, de ma meilleure amie et enfin quitter cette armée que je n’avais pas choisie et qui commençait à me répugner. Je prenais enfin ma vie en main, mon avenir allait être comme je l’espérais étant jeune. Un mari dont je suis amoureuse et que je pourrais enfin voir tous les jours. Un emploi qui, j’en suis certaine, me plaira, et que j’ai choisi seule et avec grand plaisir. Une nouvelle vie s’ouvre à moi aujourd’hui, je suis impatiente de la commencer. Image
Chapitre 1 Mon retour à Paris, suite à mon départ de l’armée, n’est pas aussi rose que je l’avais prévu, surtout niveau personnel. Kevin travaille dur et n’est pas très souvent à la maison. Quitter l’armée devait me rapprocher de mon mari, malheureusement ce n’est pa s réellement le cas pour le moment. Son entreprise passe avant moi, mais je ne lui fais pas de reproches, cela serait mal venu de ma part, l’armée passait avant tout auparavant. Il va juste falloir s’accommoder de cette nouvelle vie et elle commence aujourd’hui. Je suis nerveuse et excitée à la fois par ce nouveau poste au sein de la police. Adieu la discipline et bonjour la liberté ! Nerveuse de ne plus être dans le seul monde que je connaisse, et excitée par cette nouvelle aventure qui va changer ma vie, j’en suis sûre, cela ne peut pas en être autrement. Enfin je commence une mission que personne ne m’a imposée, j’ai pris la décision seule et j’en suis fière ! Je me tiens droite devant la Directrice, Rose Garnier, en attendant que ma nouvelle équipe nous rejoigne pour les présentations d’usages. Le silence règne sur son bureau et quand un coup sec est frappé à sa porte, nous sursautons toutes les deux. Trois hommes et une femme entrent en blaguant pour certains et se positionnent tous en ligne devant le bureau de la Directrice, silencieux. Personne ne m’a encore remarquée, ils ont tous les yeux sur leur chef et ne font pas attention à moi qui suis sur le côté. Quelle surprise pour moi, en regardant l’homme qui doit être le chef de l’équipe que je dois intégrer, de reconnaître un ami de longue date : Léo-Paul Chevalier, ami de jeunesse de mes parents et ancien militaire lui aussi. J’essaye tant bien que mal de cacher ma joie pendant que Mme Garnier fait les présentations. — Mme Sanders, je vous présente votre chef direct le Commandant Chevalier. Commandant, je vous présente votre nouvelle recrue, Mme Sanders, qui nous arrive tout droit de l’armée de terre. Léo se tourne enfin vers moi et son attitude strict e et froide, se transforme rapidement en un sourire qui fait chaud au cœur. Professionnel, il m’envoie uniquement un clin d’œil qui m’amuse et fait remonter en moi de nombreux souvenirs agréables, passés avec cet homme chez mes parents. — Vous travaillerez avec l’équipe de Mr Chevalier : les lieutenants Thornsen, Flores et Lemoine. Les présentations faites nous nous serrons la main et je les observe discrètement pour essayer de savoir à qui j’ai affaire. Je ne suis pas une experte, mais je dirais que j’ai un collègue geek, un play-boy et une collègue dynamique et sûrement très spor tive donc pro du combat. L’équipe est hétéroclite, mais complémentaire j’ai l’impression, chacun dans sa discipline, si je ne me suis pas trompée en les observant seulement depuis cinq minutes. Je suis informée que je ferai équipe plus particulièrement avec le Lieutenant Thornsen, le play-boy de service ! Mais que nous serons amenés très souvent à partir tous ensemble en mission. Tout le monde reste professionnel, aucun ne parle sans que la Directrice ne le demande, ils sont presque tous comme au garde-à-vous devant elle et u n instant j’ai l’impression d’être revenue à l’armée, l’uniforme en moins ! Lorsqu’elle propose de prendre un café tous ensembl e pour faire connaissance, une bonne ambiance arrive enfin et me soulage un peu. Malgré le respect de l’autorité et de la bienséance, je me jette presque sur Léo, la larme à l’œil. J’ai toujours beaucoup apprécié cet homme, gentil et discret dans le civil. Il m’a beaucoup manqué ces dernières années. Il me surprend en passant ses bras autour de mes épaules pour me déposer un baiser sur la joue, son petit sourire charmeur aux lèvres qui fait fondre presque toutes les femmes, jeunes et moins jeunes ! — Gwen Morel, ravi de te revoir, m’avoue-t-il de sa voix forte qui m’impressionne depuis toute petite. — Également, Léo. Tu… Vous… hésité-je dans ce contexte très particulier. — Pendant la pause, on se tutoie. — Tu m’as beaucoup manqué, Léo, je suis très heureu se de te revoir enfin et encore plus de savoir que j’ai l’honneur d’être sous ton commandement. — Ravi d’avoir une telle recrue, Gwen, moi aussi je suis heureux de te revoir.
Nos collègues, ainsi que la directrice nous regardent étonnés et impatients de connaître le fin mot de l’histoire ! — Je connais Gwen depuis sa naissance. Son père était mon Général de Division. Léo est toujours le même, une phrase claire et nette, sans fioriture. Droit dans l’objectif ! Pas très à l’aise avec mes nouveaux collègues, je les jauge discrètement. De leur côté, ils discutent entre eux, mais leurs yeux sont souvent tournés vers moi. Ils n’osent pas me faire de commentaires devant leurs supérieurs, mais n’ont pas l’air d’en penser moins ! — Mme Sanders, vous savez que vous n’êtes plus à l’ armée ici ? Vous pouvez vous habiller comme une vraie femme ! Ne se gêne pas de m’envoyer, content de lui, mon équipier, en me détaillant de la tête aux pieds. — Croyez-vous être habillé comme un homme, Lieutenant ? lui retourné-je sèchement, pour lui faire comprendre tout de suite que je ne suis pas du genre à me laisser faire sur ce genre de remarques déplacées sur notre lieu de travail. Il perd son sourire assuré, sûrement ne s’attendait-il pas à se faire rembarrer par une femme. Je souris intérieurement, il veut jouer, jouons ! Il se regarde, comme s’il ne se souvenait pas comment il s’était habillé ce matin. Puis me toise en soulevant un sourcil, une petite moue moqueuse aux lèvres. — Si pour vous un costume italien, n’est pas masculin, que vous faut-il ? — Faites-moi des pompes, montez sur un mur et rampez dans un champ plein de boue, habillé de la sorte et je vous promets, Lieutenant, que vous ne ressemblerez plus à un macho italien ! Ma réponse amuse Mme Garnier et Léo, mes autres col lègues se retiennent de rire en me regardant. Je crois que tout le monde a compris que je n'étais pas du genre à me laisser faire par un frimeur, égocentrique et prétentieux ! À ma grande surprise, ma réponse plaît également à Thornsen qui se retient de sourire et plonge ses yeux pleins de défi dans les miens. Je lui souris, le salue de la tête et retourne parler avec Léo , contente de moi ! De retour chez moi, je me sens bien. Libérée de ma prison kaki et de mes obligations, je respire enfin ! Ma rencontre surprise avec Léo me comble de joie. J’ai toujours beaucoup aimé cet homme, il est un peu bourru et direct, mais c’est surtout un homme bon. Nous avons passé de nombreux week-ends ensemble avec mes parents, d’ailleurs je préférais être en sa compagnie que celle de mon père ! Un SMS de Kevin me coupe dans ma nostalgie. [Ne m’attends pas ce soir, réunion tardive.] Pour lui aussi les discours sont brefs ! Contrairement à ceux de Léo, ils me font souffrir. Je crois que mon mariage n’en a que le nom, définitivement. Mon retour n’y change rien, malheureusement. Nous avons vécu trop longtemps séparés par mes missions. Tout n’était que bonheur au départ, Kevin était amo ureux et tendre. Son ambition l’a bouffé, très vite il a pris la grosse tête, devenant plus froid et distant envers moi, comme envers les gens qui l’entourent. Il préfère son entreprise à sa femme ! Son comportement me fait beaucoup de mal, mais je pense que mon nouvel emploi et mon retour peuvent changer la donne entre nous. Il va juste falloir être patiente et attentionnée. Nous sommes toujours amoureux et nous y arriverons. Ce soir, j’aurais aimé qu’il soit avec moi, pour lu i parler de mon nouveau poste et de ma rencontre avec Léo, dont je lui ai déjà parlé à de multiples reprises. À la place, je me retrouve seule dans cette immense maison froide et sans âme, qui m e démoralise. Je m’installe sur l’immense canapé, blanc lui aussi ! Et attrape ma tablette po ur consulter mes messages et mon compte Facebook. Un message de Marjorie me regonfle un peu le moral, je m’empresse de l’ouvrir. Marjo [Salut, toi ! Comment s’est passée ta 1ère jo urnée dans le civil ?] Gwen [Tranquillement. J’ai revu Léo-Paul, il va devenir mon chef !] Marjo [Oh ! le fameux Léo, qui les fait toutes craq uer !!!] Gwen [Arrête tu sais très bien que je ne le vois pa s de cette façon ! M ais il est plutôt bel homme pour son âge, j’avoue !] Marjo [Ouais, ouais, ouais, on dit ça et puis… !]
Gwen [Il pourrait être mon père ! Si tu veux, je te le présente, tu es plus vieille que moi !] Je rigole toute seule ! Marjorie est effectivement plus âgée que moi, la quarantaine, brune, cheveux courts, belle femme qui se néglige un peu depuis la mort de son homme. Je ne la vois absolument pas avec Léo ! Deux forts caractères, ça ferait des étincelles ! Marjo [et tes autres collègues ?] Lâche ! Elle fuit mon invitation ! Gwen [Bien, rien à dire, à part mon coéquipier qui se la raconte beaucoup, mais que j’ai remis à sa place en beauté !] Marjo [Tu as bien fait, tous les mêmes ! Et ton mari, il est rentré ?] Je souffle, agacée par sa question et ma réponse que je suis en train de lui taper. Je connais déjà sa réaction. Marjorie n’a jamais aimé Kevin, elle le trouve faux, prétentieux, imbu de sa personne et « même pas bien foutu » ! Gwen [Il rentrera tard, réunion oblige !] Pas de réponse, à la place elle m’appelle sur mon portable. Je vais encore avoir le droit à un sermon sur les hommes et leurs mensonges ! — Je ne pouvais pas taper des SMS aussi longs que ce que j’ai à te dire ! Je peux être franche avec toi ? — Comme d’habitude, oui. — Tu n’as pas l’impression que Kevin joue avec toi ? Qu’il te balade en te racontant que son travail lui prend tout son temps ? — Non, pas du tout. Je connais les contraintes des métiers à responsabilité Marjo. Il veut développer son entreprise. — Bien sûr oui ! Et depuis que tu es rentrée, combien de fois avez-vous mangé ensemble ? — Rarement, je suis ici depuis deux semaines seulement, nous devons apprendre à vivre ensemble, chose que nous n’avons jamais faite. — Et l’amour ? Il te l’a fait depuis ton retour ? — Marjo, c’est personnel, mais oui quelques fois. Il est souvent éreinté, en rentrant tard c’est normal. — Il se fout de toi oui surtout, s’emporte-t-elle soudain. Ouvre les yeux et arrête d’être si naïve. Ton mari va voir ailleurs, c’est clair. Il serait fou de toi, il ferait un effort, comme toi tu l’as fait en changeant de métier pour avoir une vraie vie avec lui, entre autres ! Tu ne te poses pas de questions ? Avoue ! — Pas sur ce plan-là, non. Je ne pense pas être une femme naïve pourtant. — Avec les hommes tu l’es Gwen, tu n’en as pas eu des tonnes et tu ne les connais pas aussi bien que moi ! Tu crois quoi ? Ton mari est un beau parleur, et il va rester sans s’envoyer en l’air pendant que sa femme est à deux doigts de se faire tuer à l’autre bout du monde pour son pays ? Tu es naïve, avec ton mari, Gwen ! Ouvre les yeux. — Arrête, la vie n’est pas toujours noire avec un homme. Il nous faut juste du temps pour nous habituer à notre nouvelle vie. Nous sommes amoureux, Marjo. — Mais bien sûr ! Et la marmotte met le chocolat dans le papier alu… ! Arrête un peu et réagis, tu es intelligente Gwen, mais totalement aveuglée par ton soi-disant amour pour ton espèce de mari ! La vraie vie, en dehors de l’armée, n’est pas le monde des Bisounours, ma chérie. Ton mari ne t’a pas attendue, il est allé voir ailleurs. Je n’arrive plus à lui répondre. Jamais il ne m’est venu à l’esprit que Kevin pouvait me tromper ! Avec son entreprise oui, mais jamais avec une femme. Même lorsque j’étais absente, j’avais toujours le droit à un petit mot doux, il me disait que je l ui manquais, qu’il avait hâte que je quitte l’armée pour vivre enfin une belle histoire avec moi. À aucun moment, je n’ai pensé à une autre femme dans sa vie, ou d’autres femmes ! Marjorie doit très certainement se tromper, elle n’aime pas Kevin et tous les moyens sont bons pour le descendre, cette fois-ci elle va trop loin. — Marjorie, je t’aime beaucoup, tu es ma meilleure amie, mais ne raconte pas n’importe quoi sur le compte de … — Je l’ai pris en flag ! — QUOI ? hurlé-je maintenant, le souffle coupé, le cœur battant dans mes tempes et la tête qui
commence à tourner. — Je l’ai vu dans MA boutique avec l’autre ! Il ne m’a pas vue et ne doit pas savoir où je travaille, ou alors, il est aussi con que je le pense ! Tout est en train de s’écrouler. J’ai tout quitté pour vivre enfin comme tout le monde. Métro, boulot, dodo et petite vie de famille bien tranquille. Kevin est ma bouée de secours pour fuir ma vie trop académique de Commandant. Je rêvais secrètement de le rejoindre tous les jours, me voyant dans notre maison, amoureux, à faire des projets. Marjorie en moins de cinq minutes vient de tout détruire. Je n’ai pas connu beaucoup d’hommes, très peu pour être honnête, mon travail ne me le permettait pas et sortir avec un militaire, hors de question. Kevin est arrivé dans ma vie et m’a amené la bouffée d’air frais qu’il me manquait. Il était beau, gentil, attentionné, et tout a été rapide. Beaucoup trop rapide sûrement, Marjorie a raison. — Tu es toujours là, Gwen ? — Oui, essayé-je d’articulé, une énorme boule venant obstruer le fond de ma gorge et des larmes qui commencent à couler le long de mes joues. Tout était trop beau. — Je sais, ma chérie, tu voulais y croire, pour avo ir une vie normale. Mais c’est un homme, il avait des envies que tu ne pouvais pas assouvir et également besoin de se sentir un homme en plus de son statut de patron. Le pouvoir il le voulait partout ! Tu n’étais pas là, mais une autre oui. — Et maintenant ? — Maintenant tu te bouges les fesses, tu ne vas pas continuer à vivre avec un salaud de menteur. Il ne te mérite pas Gwen, il se sert de ta naïveté avec les hommes. Dis-toi que c’est un ennemi à abattre et rentre-lui dedans sans pitié. Il ne mérite rien d’autre. — L’ennemi est mon mari Marjorie, c’est la seule famille que j’ai réellement. Mon frère est je ne sais où, ma mère la pauvre n’a plus sa tête, Kevin est la seule personne proche de moi. — Il vaut mieux être seule, que mal accompagnée, Gwen ! Réfléchis ou alors arrête de te plaindre qu’il n’est pas là pour toi, assume ! Mais dis-toi que tout le monde rira de toi dans ton dos. Et ton Kevin se dira qu’il a tout gagné, ne lui donne pas ce plaisir. Quitte-le et refais-toi une nouvelle vie. Nouveau travail, célibataire, retourne vivre dans la maison de tes parents que tu aimes tant… Une nouvelle Gwen sans cet abruti de beau parleur qui va vite te rendre malheureuse. Parle-lui ce soir, s’il rentre ! Mets les choses à plat, demande-lui où en est votre mariage et votre couple surtout. Demande-lui aussi où il trempe sa bite. — Marjo ! — Oh arrête, fais pas ta prude hein ! Bouge-toi, ça me tue de te savoir avec ce type. Je te l’avais dit dès le départ qu’il n’était pas fait pour toi. OK vous couchiez ensemble, il t’a dépoussiérée et fait du bien, mais de là à te marier, non ! Très vite, je raccroche avec mon amie. Je l’aime énormément, elle a eu raison de me dire la vérité même si elle est dure à digérer ! Mais sa franchise fait mal, elle ne s’en rend pas compte. La perte de son mari la rend aigrie et méfiante de tous les hommes. Elle a raison dans une chose, je ne connais rien au x hommes ! Malgré tout, je suis amoureuse de mon mari, nous avons passé de bons, mais rares mome nts ensemble. Voilà maintenant que j’y réfléchis, Marjo a raison ! Nous n’avons rien vécu d’exceptionnel, même notre mariage était assez triste ! Kevin était la personne qui me raccrochait à la vie normale, l’homme qui m’en sortirait. Aujourd’hui j’en suis sortie et rien de fantastique ne se passe, bien au contraire même. Morose, je monte me coucher dans cette immense chambre ultra moderne et froide en réfléchissant aux hommes de ma vie. Avant Kevin, je n’ai eu que d eux hommes, enfin si on veut ! À l’école militaire, un bon copain m’a dépucelée vite fait pe ndant une soirée, nous n’avons pas continué ensemble, uniquement ce soir-là. Rien de mémorable ! Puis un ami de mon frère que j’aimais beaucoup, lors d’une fête pour les 20 ans d’Erwan. Nous étions bien alcoolisés et nous avons toujours eu un petit penchant l’un pour l’autre. No us avons couché ensemble, il n'était pas militaire, cela n’a duré que deux petites semaines ! Ma vie av ec les hommes est d’un plat phénoménal et inquiétant. Je ne demandais pas le prince charmant, uniquement un homme qui soit amoureux de moi et je pensais que Kevin l’était, c’est pour cette r aison que je me suis laissé aller avec lui, sans réfléchir. Marjorie a raison, c’est un homme fier, beau parleur, dragueur, le pouvoir il le veut partout, aussi bien dans son entreprise qu’au niveau des femmes dans sa vie. Vers deux heures du matin, je l’entends rentrer. Il entre dans la salle de bain attenante à notre
chambre en sifflotant. Sa réunion le rend bien joyeux ! Je me lève et le rejoins, me collant contre so n dos et le dévorant des yeux dans le miroir en face de nous. Il est réellement très bel homme, chic et élégant. Il n’est pas très musclé, mais s’entretient assez pour ne pas avoir de bourrelets. Il me sourit, de cette façon qui m’a toujours rendu toute chose, ce soir il me laisse indifférent. Une petite haine pointe le bout de son nez en le regardant, son sourire faux, sa prétention, son arrogance. Je sens sa main venir caresser mes fesses doucement. Je me recule, m’imaginer qu’il vient de faire l’amour à une autre femme me dégoûte. — Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Un petit câlin nous ferait du bien, me demande-t-il mielleusement. Comment peut-il arriver à me regarder avec des yeux aussi tendres et me faire croire que je lui donne des envies, alors qu’il voit quelqu’un d’autre ? Je suis naïve d’accord, mais pas idiote, son hypocrisie me répugne. — Tu es aussi assoiffé de sexe que ça, pour avoir envie de me faire l’amour après l’autre ? Son regard fier s'évanouit, il déglutit difficilement. Ma colère et ma déception, montent petit à petit, je me colle contre lui à nouveau et le fais se tourner, les yeux dans les yeux, j’attends sa réponse. Son silence en dit très long, il ne cherche même pas à mentir ou à se défendre. Marjorie a donc bien vu ! Je me suis laissé berner pendant toutes ces années, ou est-ce récent ? Son silence m’agace, je veux qu’il ose me dire en face que notre couple n’est que du vent ! Lui l’homme si sûr de lui, joue moins les fiers devant sa femme qui attend son aveu. — Gwen, je… comment es-tu au courant ? Il perd de sa superbe en un instant, ne sachant pas comment réagir. — Essaye d’être plus discret pendant mes absences. — Tes longues absences, tu veux dire ! — Tu savais très bien à quoi t’en tenir en sortant avec moi. Depuis combien de temps ? — Gwen… Non… — Depuis combien de temps tu vas voir ailleurs, Kevin ? — Une femme, seulement, tu n’étais jamais présente… — Tu le savais depuis le départ que je ne serais pas souvent là, alors pourquoi vouloir te marier ? Tu n’es qu’un salopard, Kevin. — Je n’ai rien cherché, tu n’étais jamais ici, cette femme est arrivée dans ma vie et m’a donné ce qui me manquait. Voilà, c’est aussi simple que ça. — Depuis combien de temps ? — Longtemps, tu n’as pas à… — J’ai le droit de savoir depuis combien de temps je suis cocue, pendant que je me morfondais de ne pas voir mon mari, à l’autre bout du monde. — Un long moment. — Tu me dégoûtes, avant ou après le mariage ? Crache le morceau, nous ne sommes plus à ça près ! — Juste après le mariage, tout commençait à bien ma rcher pour moi, j’avais besoin d’être accompagné pour certaines occasions et voilà. — Jamais tu ne m’as emmenée, pourquoi ? — OK, Gwen, tu veux qu’on joue franc jeu, on va jou er franc jeu. Tu étais toujours absente, lorsque tu étais présente, je ne pouvais pas t’emmener avec moi, impossible. Qu’auraient dit mes associés et mes partenaires en voyant ma femme, coincée dans ses tailleurs militaires et son chignon de femme frigide ? — Mais quel arriviste de merde, tu me mets ça sur le dos, tu as honte de moi, mais tu m’as tout de même demandée en mariage je te rappelle. — Gwen, regarde-toi, tu es de moins en moins attirante, tu ne fais plus d’effort. — Donc, tu me trompes parce que ma façon de m’habiller ne te plaît pas ? Très bien ! Parfait ! À poil ça te conviendrait mieux ? Remarque, ta maître sse doit l’être plus souvent que moi en ta présence. — Ne rentre pas dans ce jeu-là, ça risque d’aller trop loin ! — Je voudrais savoir pourquoi tu m’as demandée en mariage si tu ne me trouves pas à ton goût, vas-y j’écoute.