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L'écrou

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Livres
91 pages
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Description

Un jeune homme boit seul dans une chambre. Entre vérités assassines, indignations et mots lancés dans la nuit, le jeune homme écrit et s'agite pour échapper à sa chute. Il a une nuit pour briser l'écrou serré sur sa vie, ou le sceller. Où le conduira cette folie de la réalité ?

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Ajouté le 07 janvier 2018
Nombre de lectures 5
EAN13 9782140054280
Langue Français
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outay
L’ÉCROU
390
GrégôrY Goutay
L’ÉCROU
L’écrou
Théâtre des 5 Continents Collection dirigée par Robert Poudérou et Fanette Vendeville
Dernières parutions
389 – Hasan ERKEK,La contrepartie ou L’échange,2016. 388 – Damir BENALI,Msafumu, la fin d’un sultan et du système des sultanats comoriens,2016 387 – Hocéïn FARAJ,La nuit de Santiago, 2016. 386 – Christian MOREL DESARCUS,Vichyssitudes, 2016. 385 – Isabelle VIGIER,Le ventre de Dieu,2016. 384 – Brigitte MOLKHOU,Novembre Alger, 2016. 383 – Caroline DUMAS DERAULY,Les Oies brûlent quand elles visitent la savane, 2016. 382 – Vincent DHEYGRE,Out of memory. Mémoires vives, 2016. 381 – Hurel Régis BENINGA,Sangueroew. Sur le chemin de l’Élysée, 2016. 380 – Sébastien ARCHI,Aux enfants qui n’ont pas vu la mer, 2016. 379 – Jules MOREAUX,Les Vendanges de l’azur, 2016. 378 – Monique LANCEL,Molière, la belle aventure, 2015. 377 – Alessandro AVELLIS,Da Vinci contre Michel-Ange, 2015. 376 – Julien GUYOMARD,Immersion, 2015. 375 – Jean-Luc JEENER,Le mariage, 2015. 374 – Jean-Luc JEENER,Alzheimer, 2015. 373 – Lou FERREIRA,Révélations, 2015. 372 – Pierre LAGORCE,Elie, mon nom secret, Et autres pièces, 2015. 371 – Michel CARON,Machiavel contre Montesquieu, Le combat infernal, 2015. 370 – Catherine MONIN,A titre provisoire, 2015. 369 – Monique LANCEL,Adieu Marquise, 2015. 368 – Monique LANCEL,Le Retable de Raphaël, 2015. 367 – Gansa NDOMBASI,Parole du sage, 2015. 366 – Régis BORDET,Eudaimonia, 2015. 365 – Marie ORDINIS,Marie et ceux qui ne seront pas ses maris, 2015.
Grégory GOUTAY
L’ÉCROU
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11297-8 EAN : 9782343112978
La pièce se déroule dans une chambre de service aux murs défraîchis : un lit, une table des étagères garnies de livres, et de cahiers, des papiers épars répandus sur la table et sur le sol. Accroché au mur, un miroir. Un matelas sert de lit, à même le sol. Plusieurs bouteilles vides sont posées sur la table. Un jeune homme seul, assis à la table, la tête entre les mains, une cravate défaite autour du cou, en veste sombre, tachée de peinture. Le jeune homme rumine et tourne en rond: Voix d’homme. « Mais on n’écrit pas comme cela ! » Le jeune homme L’ivresse !Il se sert à boire, désabusé.Nous étions trop ivres pour nous aimer. J’étais l’enfant d’un naufrage, enfant sauvage tapi sous la couche désertée de deux parents fugueurs... Son regard c‘était cette terreur ressuscitée, l’abandon de l’enfance blotti dans mes draps souillés. Puis notre ivresse, notre torpeur, notre partition, écrite dès le premier baiser, enfermée sous sa couverture jaunie. Il prend une feuille blanche.Une de plus, ah ! Il se concentre.Puis-je encore me souvenir de la couleur de ses yeux seulement... de son style... Bref silence, il se reprend et écrit. Son style c’était les affiches du métro parisien dans les yeux d’une passagère de train de banlieue... Pour le reste, il faudra tout réécrire...
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Voix de femme « Tu fais toujours de la poésie ». Le jeune homme Je l’entends encore dénoncer mon premier faux pas, le premier poème que je lui lisais tandis qu’elle détaillait déjà les plaisirs promis par nos corps... et les écailles sur les murs de ma chambre de service... qui donnaient le tarif de ma fantaisie...De la poésie... Ah ! J’aurais dû parler sa langue en plus ! Renfrogné soudain.La poésie ou le silence, elle le savait, tous le savaient... Il aurait fallu se taire. Ah ! Poétiser, faire du beau... ! Il inhume l’air de sa chambre et éclate de rire en désignant les murs.Drôle d’odeur soudain ! Le parfum de ses conquêtes. La dernière a une odeur de vieux pavillon, de solitude conjugale, de chemise de nuit... une odeur de mort, une odeur de père... Il s’agite à nouveau et tend l’index.Voyons, me reste-t-il seulement un peu de mémoire... Voix d’homme. « Vous devriez essayer de dormir, les pieds calés au fond du lit, comme les moines vous savez ! » Le jeune homme Dormir, retenir cette nuit, épuiser le souvenir... Chasser enfin les corps... Mais comment ? Qu’il fait froid. J’ai froid. J’ai trop bu. Il s’effondre sur son lit.
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