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L'inconnu de Lucia-Sierrat

De
160 pages
En arrivant dans le petit royaume de Lucia-Sierrat, Phoebe s'étonne qu'un séduisant et riche inconnu l'accoste dès sa sortie de l'avion, et se propose de la guider. Pourquoi un homme aussi charismatique se soucie-t-il d'une simple touriste comme elle ? Intriguée et fascinée, Phoebe ne peut s'empêcher de suivre l'étranger, bien loin d'imaginer quelle aventure l'attend...
 
Roman réédité
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1.
L’île de Lucia-Serrat étincelait sur l’océan, telle une émeraude sur un lit de saphirs. Phoebe Carson, le front appuyé contre le hublot de l’avion contemplait, émerveillée, le luxuriant paysage. L’appareil s’inclina en préparat ion de l’atterrissage et elle put apercevoir, au-delà d’un croissant d’océan d’un bleu profond, une plage d’une blancheur immaculée bordée d’une forêt tropicale, puis une petite ville perchée sur une falaise. Sous l’effet de l’excitation, son cœur s’emballa. Le steward invita les passagers à redresser leur siège et à rabattre leur tablette. Ce qui lui paraissait si étrange au tout début de son voya ge était devenu à présent comme une seconde nature pour elle. Sa ceinture était déjà aj ustée, sa tablette rangée mais, trop absorbée par sa contemplation, elle n’avait pas voulu redresser trop tôt son siège. Elle tenait à ne rien perdre de leur approche de l’île. — C’est exactement comme tu me l’avais promis, Ayanna, se murmura-t-elle à elle-même. Splendide ! Merci de m’avoir incitée à venir en vacances ici. Le sol se précipita à leur rencontre, puis elle res sentit le léger choc des roues sur la piste. Elle aperçut autour de la piste des arbres très verts, des buissons, des fleurs tropicales et plusieurs oiseaux au plumage multicolore avant q ue l’appareil ne s’oriente vers le terminal et que sa vision du paradis disparaisse. Trente minutes plus tard, sa valise en main, elle a vait transité par le service des douanes et de l’immigration. Avait-elle quelque chose à déclarer ? s’était enquis le jeune homme à l’allure très officielle qui l’y avait accu eillie pour tamponner son passeport. Lorsqu’elle avait répondu que non, il l’avait invitée à passer d’un simple geste. « Et voilà, facile comme bonjour ! » se félicita-t-elle tout en replaçant son passeport flambant neuf dans son sac à main. Tout autour d’elle, des familles réunies s’embrassaient tandis que de jeunes couples, à l’évidence en lune de miel, flânaient nonchalamment, main dans la main. Elle se sentit un peu seule mais refusa de s’en attrister. N’était-elle pas au début de son aventure ? Elle localisa le téléphone et contacta son hôtel. A l’autre bout du fil, le réceptionniste promit qu’un chauffeur arriverait d’ici un quart d’heure tout au plus. Elle se dirigeait vers les portes coulissantes qui ouvraient sur l’extérieur lorsqu’une devanture attira son attention. Elle n’était pas du genre à courir les boutiques, d’ordinaire, mais celle-ci était vraiment attrayante, avec ses flacons de parfum nichés dans du satin, et ses sacs à main et escarpins haute couture suspendu s au plafond par des fils à peine visibles. Tout était superbe et devait être très coûteux, mais elle se contenterait d’admirer en attendant la navette de l’hôtel. Elle pénétra dans la fraîche atmosphère climatisée du magasin, respirant avec plaisir les diverses fragrances qui s’y mêlaient agréablement. Bien qu’intriguée par l’étalage de flacons, elle s’orienta dans la direction opposée, intimidée par la présence de la très élégante vendeuse derrière le comptoir, et se retrouva face à une vitrine de bijoux. Bagues, boucles d’oreilles, bracelets et colliers paraissaient avoir été jetés pêle-mêle sur l’étendue de satin. Nul doute cependant qu’une certaine habileté ait été nécessaire pour apporter cet aspect naturel. Elle se pencha pour mieux voir : sur l’une des bagues étincelait un diamant plus gros que l’ongle de son petit doigt ! Elle pourrait certainement vivre à son aise pendant plusieurs années avec ce qu’il devait coûter ! Si c’était là un exemple de ce que contenaient les boutiques ici, il allait lui falloir se restreindre au lèche-vitrines ! — Il me paraît un peu trop grand pour vous. Inattendu, le commentaire la prit par surprise et elle se redressa vivement, une main à la poitrine. — Je… je ne faisais que regarder, précisa-t-elle d’une voix hachée. Je n’ai touché à rien.
L’homme qui se tenait devant elle la dépassait de p lusieurs centimètres, malgré son mètre quatre-vingts. Brun, le visage agréable, les cheveux lissés en arrière, il arborait l’ombre d’un sourire sur sa bouche bien dessinée. F ascinée par les fines ridules d’expression qui semblaient souligner des yeux d’un stupéfiant mélange de marron et de noir, elle dut s’intimer mentalement l’ordre de détourner les yeux avant que son regard ne devienne inconvenant ! Mais quelque chose dans son expression, à moins que ce ne soient les fermes contours de ses pommettes et de sa mâchoire, l’attirait irrésistiblement. Il avait l’air d’un acteur et elle se sentit instantanément hors de son élément et un peu stupide. La robe qu’elle portait datait de l’année dernière et avait coûté moins de vingt dollars dans une boutique bon marché, alors que le costume de l’inconnu, même si elle s’y connaissait peu en ce domaine, paraissait hors de prix. — Le bracelet, dit-il. Elle cligna des yeux. — Pardon ? — J’ai cru que vous admiriez ce bracelet en saphirs. Il est très original et la teinte des pierres s’accorde tout à fait avec celle de vos yeu x, mais il est bien trop large pour un poignet aussi délicat que le vôtre. Il faudrait en ôter plusieurs maillons. Elle se força à arracher son regard du magnifique visage masculin et le reporta sur la vitrine. Trônant au milieu, le bracelet en question, saphirs ovales entourés de minuscules diamants, coûtait probablement davantage qu’un hôtel de front de mer chez elle, en Floride. — Il est… très beau, commenta-t-elle poliment. — Ah. Vous ne l’aimez pas… — Non. Je veux dire, si, bien sûr, s’empressa-t-elle de rectifier. Il est éblouissant. Seulement, convoiter un tel bijou, pour elle, était aussi réaliste que d’espérer s’offrir un avion de ligne ! — Peut-être veniez-vous acheter autre chose ? — Non, je me contente de regarder. Elle risqua un nouveau regard dans sa direction. Il y avait, dans ses yeux sombres, une expression presque… séductrice. Cela n’avait aucun sens, jamais les hommes attirants ne remarquaient les femmes comme elle. En fait, aucun homme ne semblait la remarquer. Elle était trop grande, trop mince et bien trop commune. Il est vrai qu’aucun ne lui avait jamais donné, comme en cet instant, cette curieuse impress ion d’avoir des papillons dans l’estomac ! — Est-ce votre première visite à Lucia-Serrat ? demanda-t-il. Phoebe songea aux pages entièrement vierges de son passeport, puis avoua : — C’est mon tout premier voyage, en fait. Je n’étai s jamais montée dans un avion jusqu’à ce matin. Au souvenir de tous les fuseaux horaires traversés, elle fronça les sourcils, puis nuança : — A moins que ce ne soit hier. J’ai pris une correspondance de Miami à New York, puis jusqu’à Bahania, et enfin jusqu’ici. Il arqua un sourcil. — Je vois. Pardonnez-moi mais, si je puis me permet tre, Lucia-Serrat peut paraître étrange comme choix pour un tout premier voyage. Aussi belle soit-elle, la plupart des gens n’en connaissent même pas l’existence… — Elle paraît effectivement très belle, convint Phoebe, même si je n’en ai pas encore vu grand-chose. Je viens juste d’arriver mais c’est l’impression que j’ai eue du hublot. Je me suis tout de suite dit qu’elle avait l’air d’une émeraude, si verte et étincelante au milieu de l’océan ! Ses odeurs même sont différentes, ajouta-t-elle en inspirant profondément. La Floride est déjà un peu tropicale, mais cela n’a rien de comparable. Tout le monde a l’air très cosmopolite et sûr de soi, et je ne sais même pas… Soudain terriblement gênée, elle se tut et baissa la tête. — Navrée, s’excusa-t-elle, avec la désagréable impression d’être une écolière prise en faute. Je… je parle à tort et à travers. — Ne vous excusez pas. J’apprécie beaucoup votre enthousiasme. Il y avait quelque chose de très attirant dans la c adence de son propos, songea rêveusement Phoebe. Son anglais était parfait, très formel, mais révélait un très léger accent, dont elle ne pouvait situer l’origine. Il lui effleura légèrement le menton, comme pour l’inciter à relever la tête. Le contact fut à peine perceptible, et pourtant elle en éprouva l’impact droit jusqu’au tréfonds de son corps. — Qu’est-ce qui vous amène dans mon île ? s’enquit-il. — Vous vivez ici ?
— Depuis toujours, répondit-il avant de marquer un léger temps d’hésitation puis de hausser les épaules. Ma famille y a ses racines depuis plus de cinq cents ans. Nous sommes venus pour les épices, et restés pour le pétrole. — Ça alors ! s’exclama Phoebe, saisie par le pittor esque de la situation. En fait, je viens visiter l’île à la requête d’une parente : ma grand-tante est née ici. Elle ne cessait de m’en parler et de me dire combien elle regrettait d’avoir dû en partir. Elle est morte il y a quelques mois.
TITRE ORIGINAL :THE SHEIKH’S VIRGIN Traduction française :MARIE VILLANI © 2002, Susan Macias Redmond. © 2011, traduction française : Harlequin S.A. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : GETTY IMAGES/Tetra Images/Royalty Free Réalisation graphique de couverture : TANGUY MORIN Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-7835-2
HARPERCOLLINS FRANCE 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13 — Tél. : 01 42 16 63 63 Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47 www.harlequin.fr Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence.