La Prophétie de Xochil – Volumes 3, 4 et 5

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408 pages
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Description

Été 1914. Laurence a dix-huit ans lorsque la guerre éclate. Élève infirmière à Paris, elle ne tarde pas à panser d'horribles blessures, à réconforter et soulager d'innombrables malheureux: sa vocation se confirme, mais elle devra se battre au double titre de femme et d'étrangère. Sa rencontre avec un journaliste qui lui apprend avoir connu son père l'amène bientôt à partir sur ses traces en Angleterre... Suite et fin de la brillante saga de Laurence Dupré-Jamin, icône du réveil féministe du début du XXe siècle. Mêlant engagement, romance et révélations familiales, ces derniers tomes dévoilent plus encore comment s'est forgé le caractère d'une femme prête à parcourir le monde aussi bien pour comprendre son passé que pour embrasser son destin. Avec ce final, Léonie Martin boucle la boucle de manière parfaite.

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Date de parution 12 juillet 2012
Nombre de visites sur la page 128
EAN13 9782748388206
Langue Français

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La Prophétie de Xochil
Léonie Martin La Prophétie de Xochil Volumes 3, 4 et 5
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Volume III Bastion à conquérir La France
Chapitre 1
En ce matin du 22 juin 1914, Laurence était assise sur le plancher de sa chambre au milieu d’un monceau de cahiers, de vêtements et d’objets divers qu’elle triait. Elle venait de réussir les épreuves du baccalauréat de philosophie et s’apprêtait à quitter l’école parisienne où elle avait été pensionnaire. Elle avait le ferme espoir de ne jamais y revenir, non pas qu’elle y ait été malheureuse, mais tout simplement parce qu’elle souhai-tait s’évader des règles étroites qui lui étaient imposées. Il lui fallut beaucoup travailler pour rattraper ses condisci-ples car elle avait dû se perfectionner en français pour pouvoir assimiler ses cours. Ceci lui avait pris six mois. Si elle était parvenue à bien maîtriser cette langue, elle la parlait néanmoins avec un amusant accent espagnol dont elle ne parvenait pas à se défaire totalement. Elle venait d’avoir 18 ans. Songeant à sa mère, et aux frais qu’elle lui occasionnait, elle se disait que pour les alléger, il lui faudrait gagner sa vie. Mais elle n’avait pas la moindre qualifi-cation pour y parvenir. Sa mère lui inspirait des sentiments mitigés d’admiration et de défiance. En effet, Élyane s’était découvert une vocation de chanteuse qu’elle exerçait avec un certain succès, dans un café-concert à la mode. Laurence se demandait, d’après quelques allusions qui lui avaient été faites, si c’était là une carrière bien honorable ? Fort tracassée, elle prit la décision d’aller se faire elle-même une opinion. De toute façon, pensait-elle, sa mère avait fait preuve de courage pour affronter ce genre d’exhibition et apprendre si tardivement un métier. Elle avait 33 ans lorsqu’elle monta sur les planches pour la première fois. Ce fut à l’occasion d’une vente de charité. Laurence se souvenait encore du succès qu’elle remporta car elle chantait joliment en s’accompagnant au piano. Ce fut peut-être l’origine de son ambition de réussir dans cette voie !
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Cette réflexion l’amena à se rendre compte qu’elle ignorait tout de la vie que menait la jeune femme. À cause de son nouveau métier, celle-ci vivait comme une noctambule et dormait une partie de la journée. Pour être tout à fait objective, Laurence dut s’avouer qu’elle n’avait jamais réellement tenté de percer le mystère dont sa mère s’entourait. Était-ce par insouciance ? Ou tout bonnement par indifférence ? Les vacances, que la jeune fille trouvait toujours trop cour-tes, la menaient à travers Paris où il y avait tant de choses à découvrir et de camarades à rencontrer. Parfois, grâce à quel-ques économies, elle assistait à un spectacle intéressant. Elle ne demeurait jamais inactive. Quand, harassée, elle rentrait au ber-cail, elle retrouvait Amah qui s’ingéniait à ouater sa vie. Elle reconnaissait, avec une certaine surprise, qu’elle avait été mer-veilleusement heureuse et que, somme toute, sa mère ne lui avait jamais manqué à quelque moment que ce fût ! Elle en conclut qu’elle s’était probablement montrée égoïste et qu’il était grand temps de changer. Désormais elle participe-rait aux occupations de celle-ci qui se plaignait de ne pas avoir à sa disposition une secrétaire-habilleuse capable de l’aider uti-lement. Eh bien voilà, se dit la jeune fille, je remplirai cet office ! Cette résolution fut mise en pratique dès qu’elle en eut fait part à l’intéressée qui se montra enchantée de l’aubaine. — Sais-tu, lui dit-elle en la regardant avec complaisance, que tu es devenue une belle fille ? Nous ne devons pas négliger nos atouts et nous allons t’acheter des vêtements qui mettront ton corps en valeur. Il te faudra sourire. Cela éclairera merveil-leusement les traits un peu sévères de ton visage. Tu en seras toute transformée. Laurence écoutait ces commentaires avec amusement en se demandant toutefois quel rapport la coquetterie pouvait avoir sur sa nouvelle fonction. Malgré l’opposition larvée d’Amah qui fit son possible pour dissuader la jeune fille de poursuivre son projet, celle-ci s’entêta, forte du sentiment qu’elle avait d’accomplir un devoir filial. Ainsi Laurence fit l’apprentissage de sa nouvelle profession qui, de prime abord, lui parut extraordinairement excitante. Le succès de sa mère rejaillit par ricochet sur elle. Rien ne lui fai-
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