La rose
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Description

1700 : Marie est une belle jeune femme, élevée par son père veuf. Il est bibliothécaire et à tout apprit à sa fille.


Mais ils doivent quitter l’Angleterre, leur travail de libraire pour honorer un étrange contrat. Son père s’est engagé auprès d’un personnage singulier venu d’un autre continent. Après une longue et éprouvante traversée, elle va rencontrer Nicolas.


L’attirance qu’il éprouve lui fait peur. Il ne veut pas de cette humaine et pourtant son cœur lui dit le contraire.



Rentrer dans un monde où se partagent les rêves les plus fabuleux ainsi que des cauchemars insoupçonnés et terrifiants.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9791034815432
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Hommes de nuit

1 – La rose
 
 
 
 
 
 
Marie-l’Or Viollet
 
 
Les Hommes de nuit
1 – La rose
 
 
Couverture : Chloé S.
 
 
Publié dans la Collection Imaginaire
Dirigée par Pauline Monsarrat
 
 

 
 
© Evidence Editions  2020

 
Mot de l’éditeur
 
Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, braille et audio.
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Ce premier roman, je le dédie à Maxime (mon neveu) et à ma fille Mélanie, deux enfants partis trop tôt de nos vies, je vous aime.
Merci Nathalie (sœur de cœur) qui a été obligée d’écouter mes litanies concernant ce roman pendant plusieurs heures. Elle en entendra de nouvelles pour les futurs livres.
Et surtout merci à une personne qui est rentrée dans ma vie à un moment donné, qui s’est proposé de le lire, l’a précorrigé, m’a donné le goût et l’envie de continuer, et est devenue une amie, merci, Marie.
J’espère que vous l’aimerez, chers lecteurs, et que vous vous évaderez comme moi je le fais en lisant des romans.
 
Prologue

 
 
 
Dans l’univers se différenciait des autres astres une planète vide, déserte de tout. Elle était seule, si inoccupée, si triste. Puis, la nature décida de faire vivre cette planète. Commença une formidable magie. Le jour apparut et, avec lui, le soleil, la pluie et le vent ; le chaud puis le froid. Tout se mélangeait, se contredisait. Alors, la nature s’emmêla, elle désirait une planète magnifique. La nuit vit le jour. Cela débuta avec une harmonie de couleurs de fusion. Des mers, des océans apparurent, la végétation sortit de terre. Toutes les espèces naquirent, des insectes, des mammifères, des animaux de toutes races, de toutes couleurs, de toutes grosseurs, de tous types. Cette planète fut envahie. Cela était trop important, trop suffocant, trop de chaos pour elle. Elle opta pour que tout fasse un tout, que le bien et le mal, le pire et le bon, le blanc et le noir, le beau et le laid règnent, que tout s’unifie pour créer une survie sur cette planète nommée « Terre » ! Certains allaient devenir cruels, tueurs, d’autres faibles, fragiles.
Elle créa les saisons. Le printemps apparut avec ses bourgeons, ses insectes butinant, ses fleurs qui sortaient de terre avec leurs magnifiques parfums. Ensuite vint l’été avec le soleil, les fruits, les végétaux, et surtout les naissances. Après arrivait l’automne avec sa douceur, la beauté du repos de toutes ces plantes. Puis enfin l’hiver avec son froid, son silence, la pureté de ces paysages. Dans tout ce petit monde, il y avait des espèces qui existaient sur terre, d’autres dans l’air et l’eau. Certains vivaient de jour, de nuit. Finalement, sur terre, l’harmonie était présente.
Une espèce particulière vit le jour : « l’homme ». Il existait principalement le jour, la nuit, il dormait. Comme sur cette terre, tout devait avoir un opposant, il se créa un homme de nuit. L’être humain du jour était intelligent, mais très faible. Il apprit rapidement à se nourrir avec ce que la nature lui proposait. Il se protégea du froid en créant le feu, puis construisit des habitations. Il était si brillant qu’il évolua rapidement. Des villages naissaient, puis des villes. L’homme vivait tranquillement, sa vie qui était assez courte. Il demeurait principalement tous ensemble, tous sexes confondus. Il pouvait se reproduire. La nature voulait que tout un moment donné se régénère. Pour toutes les espèces, des maladies apparurent et, avec elles, la mort, sauf pour une.
Cet homme de nuit était très particulier. Il ne pouvait pas supporter le soleil. Il détenait aussi une autre particularité, pour exister, il ne devait consommer que du sang, du sang de n’importe quelle espèce, celui de l’homme l’attirait plus que les autres, mais son inconvénient était sa faiblesse. Non que celui des animaux ne fût plus enrichissant, mais il apportait leur âme et la force. Celui de l’humain était plus fascinant, comme si on nous proposait le choix entre savourer de la piquette ou un millésime. Cet homme de nuit, affamé, se mit à boire au cou des êtres humains. Il fit un massacre qui dura plusieurs décennies. Il ne mourait pas, le sang avait un don, celui de lui apporter l’immortalité. Il était la vie pour les êtres, alors tant qu’il en buvait, il vivait.
Enfin rassasié, il s’aperçut du nombre de vies humaines supprimées par sa faute, tant de vies disparues. Il se promit donc de ne plus tuer ces hommes qui avaient, malgré leur faiblesse, survécu. L’intelligence était leur seul point commun, oui, la nature les avait pour cela mis sur un pied d’égalité, uniquement pour « ça ». Car il était bien seul. Il se mit à observer les hommes, il les épiait. Il s’organisa un mode de vie similaire, mais, un soir, il entendit hurler dans un village et, là, il vit un homme assassiner les villageois. Il le vit boire au cou des victimes. Enfin, la solitude se terminait, mais cet être n’était pas exactement comme lui. Il le sentait. Son instinct ne le trompait jamais. Une aura malfaisante tournait autour de cette créature, et il en vit d’autres arriver. Il ne se sentait pas la force de se battre, car il ne s’était pas nourri depuis un petit moment. Sa nouvelle façon de se rassasier ne lui apportait pas encore assez de sang-froid. Il doutait de ses capacités, de ses forces. Donc, il préféra s’éloigner. Mais il se mit à les suivre, voulant quand même les surveiller, voir leur comportement.
Une nuit, dans une forêt, il entendit un rire léger, puis huma une odeur de violette. Ce parfum l’attirait, le fascinait. Il s’approcha et il vit de jeunes femmes se baignant dans le lac au milieu de la clairière. Une en particulier l’attira. Elle était blonde, fine avec de jolis yeux. Autour d’elle, une aura nuancée tournoyait dans une envolée majestueuse. Il ne comprit pas ce qu’il lui arrivait. Pourquoi cette humaine l’attirait-elle plus que les autres ? Il ne saisissait pas son comportement vis-à-vis de cette femme. N’ayant jamais eu de sentiments, il n’arrivait pas à s’expliquer cette fascination. Perdu dans ses pensées, essayant désespérément de déchiffrer pourquoi son corps réagissait si brusquement et violemment à cette odeur, ce visage et ce corps, il ne vit pas le groupe de ses semblables s’approcher. Ils attaquèrent ses femmes. Mais lorsque l’un des deux agressa celle qui l’attirait, il vit rouge. Une rage, une force terrible le saisit, il chargea.
Quelques mois après, au clair de lune, on entendit des gémissements de souffrances, puis un pleur d’enfant, et enfin un rugissement à glacer le sang.
 
 
 
 
Chapitre premier

 
 
 
En 1700
Marie se réveilla brusquement en sueur. Elle ne savait plus où elle se trouvait. Puis les souvenirs survinrent. Elle s’assit tant bien que mal dans ce hamac qui lui servait de lit. Elle se trouvait dans une cale de bateau avec plusieurs personnes, des gens comme elle, qui voyageaient ainsi pour ne payer que le minimum. Ils étaient tous entassés dans cet endroit sombre et malodorant. Des enfants pleuraient, des femmes geignaient. Il faisait chaud et le bateau tanguait si brusquement que beaucoup de personnes tombaient malades.
Oui, les souvenirs revenaient et, avec eux, le chagrin. Son père venait de mourir. Depuis une semaine, elle se retrouvait seule. Allant dans un pays qu’elle ne connaissait pas, chez des inconnus. Oh, oui, elle avait peur, car elle ignorait ce qu’elle allait devenir. Il y a quelques semaines en arrière, elle habitait avec son papa au-dessus d’une librairie qui leur appartenait. Son père connaissait tout. Il avait lu tant de romans. Sa science, sa connaissance était spectaculaire. Son savoir sur la réparation et la restauration de ses livres était extraordinaire et surprenant. Son expérience se transmettait de génération en génération, depuis la création de la boutique.
Ils vivaient tous deux donc tranquillement dans ce magasin, ayant une assez nombreuse clientèle. Leur négoce se trouvait dans une rue de Paris assez fréquentée. La lecture attirait beaucoup de personnes richement dotées. Leurs revenus leur permettaient de vivre sans soucis. Son père n’était pas attiré par l’argent. Depuis le décès de sa femme qui était survenu quand Marie était bébé, il ne riait plus. Il avait donc élevé Marie seul. La responsabilité qui lui avait été imputée l’avait profondément troublé. Et c’est avec tendresse et tranquillité que Marie avait grandi. Elle se sentait quelquefois si seule. N’ayant pas d’amies, de femmes autour d’elle, elle ne connaissait pas grand-chose, voire quasiment rien à la vie. Son papa occupé avec sa librairie et les jours de repos avec ses livres, Marie fit sa propre éducation avec ce qu’elle lisait. Elle avait dix-huit ans, n’était toujours pas fiancée. Qui aurait voulu d’une pauvre libraire qui n’était ni attirée pas la mode ni bien habillée et, enfin, restait toujours chez elle ?
Un soir d’été, un homme s’était présenté et avait demandé à parler seul avec son père. Il ne lui avait jamais relevé le sujet de cette discussion, mais elle voyait bien qu’il était gêné. Cet homme revint quelques jours plus tard, et son papa l’envoyait toujours rejoindre leur appartement. Elle trouvait étrange le comportement de cet homme qui repartait toujours les mains vides, ce n’était donc pas un client, puis il parlait toujours à voix basse. Le libraire, lui, restait toujours silencieux sur ces visites qui se passaient toujours le soir, dès que la nuit tombait. Il regardait maintenant Marie souvent avec un regard triste, désespéré. Puis, une nuit, il la réveilla brusquement, le feu, lui dit-il, il y a le feu dans la librairie. Ils sortirent rapidement, emmenant ce qu’ils pouvaient attraper. Quand le matin arriva, ils constatèrent que les flammes avaient tout brûlé. Il ne leur restait plus rien, juste ce qu’ils avaient pu prendre, c’est-à-dire pas grand-chose. Puis les événements prirent une direction surprenante dont, même encore désormais, elle ne comprenait pas les aboutissements.
Marie fut tirée de ses pensées par une petite main qui tirait sur sa robe. Elle baissa les yeux, intriguée, sur une petite fille qui pleurait. Son petit visage était levé vers elle. Marie voyait des larmes couler sur ses joues sales. Elles formaient un sillon qui ruisselait. Cette petite sanglotait en disant :
—  Mamomouska !
Marie supposa que ce mot devait signifier maman, elle ne connaissait pas cette langue. Mais un enfant seul qui pleurait ne pouvait qu’appeler sa maman. Le mot se répétait sans cesse. Pour arrêter cette litanie, Marie s’accroupit devant cette enfant perdue. Elle lui prit la main et, lui parlant doucement, elle réussit à calmer ses gros sanglots. Puis elles partirent main dans la main rechercher la maman. Tout en contournant tous ces hamacs emplis de diverses personnes, Marie regardait le visage de cette petite fille, guettant la moindre expression lui permettant de voir si l’enfant reconnaissait sa maman. La petite main serrait très fort la sienne. À deux, elles se réconfortaient mutuellement, Marie ne se sentait pas du tout rassurée par tous ces visages qui la dévisageaient.
Enfin, au bout d’un moment, le visage de l’enfant s’adoucit, puis un sourire apparut. La petite lâcha sa main et se mit à courir vers un groupe de personnes composé d’une femme qui allaitait un nouveau-né et d’un homme qui scrutait la foule avec un regard tendu et désespéré. Lorsqu’il vit sa fille, le soulagement fut évident. La petite se jeta dans ses bras en parlant sans discontinuer. Puis elle montra Marie du doigt, qui s’approcha. Le couple la serra dans leurs bras et ils se mirent à lui parler. Marie ne comprenait pas, mais supposait que ce devait être des remerciements. La femme, avec des signes, lui fit comprendre de partager avec eux leur maigre repas. Elle ne voulait aucunement manger ce qu’ils avaient, le voyage était loin d’être terminé et elle voyait bien qu’ils n’avaient pas grand-chose. Marie fit non de la tête, mais l’homme parut furieux de son refus. Alors, elle grignota avec eux une petite galette qui lui fit du bien. Elle n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Elle se sentait mieux, ainsi entourée de ses braves gens. Au bout d’un moment, elle se leva, les remercia chaleureusement comme elle put, puis se dirigea vers son hamac. Elle regardait droit devant elle, quand, de nouveau, une main la saisit. Mais cette fois, ce n’était pas celle d’une enfant, mais la main d’une femme. Elle regarda Marie et lui dit :
— Aidez-moi, aidez-moi, je vous en prie !
Marie comprenait enfin ce qu’on lui disait. Les yeux de cette femme exprimaient une peur et une douleur si intenses qu’elle recula. La main s’agrippa plus à elle.
— Je crois que je vais avoir mon bébé, lui dit-elle.
Marie descendit son regard et aperçut le ventre de cette personne. Oui, elle allait avoir son enfant.
— Où est votre mari ? lui demanda Marie, paniquée.
— Il est mort, répondit la femme, j’ai vraiment besoin de vous !
Marie ne savait pas quoi faire, la femme commença à gémir. Elle avait beau regarder autour d’elle, Marie ne voyait personne qui la suivait. Alors, elles se dirigèrent tant bien que mal vers un côté du bateau, le seul endroit libre. La femme se coucha et, aussitôt, commença à haleter. Marie retourna brusquement vers le centre du bateau pour demander de l’aide. Mais personne ne voulait l’aider, certains se retournaient, d’autres la repoussaient. Quand elle entendit un cri provenant de l’endroit où elle avait laissé la femme, Marie y courut. La future maman s’accrocha à elle et, là, commença pour elles deux un vrai cauchemar. Les heures s’égrenèrent les unes après les autres. Marie ne savait comment agir, la femme souffrait énormément et, enfin, le bébé vint au monde. Un petit garçon naquit au fond de ce maudit bateau. Marie le mit au sein de sa maman et il se mit à téter goulûment. La maman le regardait avec adoration. Puis Marie vit le sourire disparaître et elle la vit pâlir brusquement. Elle regarda Marie et dit :
— Prenez bien soin de lui, je vous en prie, promettez-le-moi !
Marie eut juste le temps de promettre. Les yeux de la nouvelle maman devinrent vides. Marie les lui ferma et prit avec elle le bébé. Qu’allait-il advenir d’eux ?
 
 
 
 
Chapitre deux

 
 
 
Nicolas se réveilla brusquement. Il ressentit une étrange sensation. Son rêve lui paraissait bizarre, il était dans un parc entouré de beaux rosiers. Une magnifique et envoûtante odeur s’en dégageait. Et ce qui était le plus insolite dans tout ceci, c’est qu’il se tenait devant ces rosiers en plein soleil.
Nicolas ne comprenait rien à ce songe. C’était impossible qu’il fût en plein soleil. Il secoua la tête pour effacer ce souvenir. Il se leva pour se préparer. Enfin, ils allaient tous se retrouver dans son domaine en Sibérie. Cela faisait plusieurs mois qu’ils étaient séparés. Il n’aimait pas leur situation quand les jours se rallongeaient dans le monde. Cela signifiait leur départ. Ils devaient tous partir de leur propre demeure et se retrouver en son domaine. Mais même chez lui, il devait faire face à certaines obligations vis-à-vis de la société. C’était le moment de faire honneur à son titre de « duc » en invitant toute la mondanité. Bon ! Quand même, il fallait reconnaître que tout ce monde chez lui lui apportait quelques satisfactions, il y avait de jolies femmes qui lui permettaient de se distraire, car, le reste de l’année, son activité ne lui accordait pas ce genre de distraction. Il attendait avec impatience minuit, car Luc et Lucie allaient arriver, les autres étaient déjà présents. Mais la présence de ces deux-là lui apportait une sérénité qu’il ne retrouvait pas avec « ses frères ».
Quand il descendit dans la salle à manger, tout le monde était déjà présent. Un sourire se dessina sur son visage, mais le sentiment de malaise était toujours existant, un trouble qui lui serrait le cœur et une gêne au niveau de la nuque lui donnait la chair de poule. Il ne comprenait vraiment pas ce qui lui arrivait. Bon , se dit-il, une bonne chasse avec un bon petit déjeuner me remettra d’attaque. Des domestiques s’affairaient autour d’eux. Et tous ensemble, ils partirent en direction des écuries. Là, son étalon avec sa robe noire et luisante piaffait d’impatience. Il ressentit la rage de l’animal qui attendait son maître. Ils avaient tous les deux un besoin intense de galoper. Et dans un rugissement commun, ils partirent tous à une allure de diable.
Ils se dirigèrent vers la forêt, qui était si noire, si dense qu’aucun être aux alentours n’osait s’y aventurer, ce qui les arrangeait. Ils étaient tranquilles pour effectuer ce qui les attirait dehors tous les débuts de nuit. Personne ne savait ce, qui s’y passait. La lune était pleine, une brise douce se répandait. Que demander de mieux ? pensa Nicolas, qui galopait à bride abattue en compagnie de ses frères. Tous ses sens aux aguets, il regardait autour de lui, une odeur familière lui fit tourner la tête et la faim le prit et plus rien ne vint le distraire, mais, malgré tout, ses perceptions étaient toujours présentes.
Un moment plus tard, même très tard, un groupe de cavaliers qui s’esclaffait bruyamment sortit de la forêt et se dirigea vers le château. Malgré son hilarité, Nicolas n’arrivait pas à se débarrasser de cette sensation. Pourtant, il avait bien chassé, s’était nourri et était repu. Le gibier prospérait bien. Il avait eu le temps pendant leur absence de se reproduire. Ils faisaient toujours attention de prendre seulement ce que la nature leur offrait. Et comme personne ne pénétrait cette forêt, le gibier pullulait.
Plus il approchait du château, plus le malaise s’intensifiait. Il ressentait bien la présence de Luc et Lucie, mais il y avait deux autres personnes. L’une d’elles se trouvait être un bébé, mais l’autre ? Il ne distinguait rien, ne savait pas ce qu’elle était. Mais une odeur de rose se dégageait d’elle. Quand il descendit de cheval, il ne put qu’apercevoir une forme habillée en tenue d’homme monter rapidement l’escalier. Un bébé pleurait dans ses bras. Nicolas comprit qu’il devait être l’homme que Luc avait prié de venir classer leur bibliothèque, qui avait vraiment besoin d’un grand nettoyage. Luc lui avait précisé qu’il n’existait aucun autre libraire si spécialisé dans les livres et aussi doué pour leur restauration. Le seul inconvénient, lui avait-il dit, c’est que ce libraire ne voulait se déplacer chez eux qu’avec sa fille. Nicolas n’arrivait pas à détacher son regard de cette silhouette. Un besoin immense de possession le figea. Mais que lui arrivait-il ? Cela n’avait pas de sens, attiré par un homme, et de plus avec un enfant.
Vivement que les invités arrivent. Il trouverait bien parmi eux une femme qui lui conviendrait. Un petit interlude sexuel ne lui ferait pas de mal après tout ce qu’il avait enduré les mois précédents. Leur travail consistait à traquer, puis à tuer les renégats dans le monde. S’ils ne le faisaient pas, les êtres humains viendraient à disparaître. Cela leur demandait de devoir se séparer. Chacun avait un pays bien désigné, car ces bandits devenaient de plus en plus dangereux et de plus en plus malins. Dans un temps très lointain, leurs bas instincts les rendaient fragiles, mais maintenant ils arrivaient à devenir futés.
La silhouette de l’homme disparut, mais Nicolas ne pouvait toujours pas quitter la porte du regard. Cette odeur l’envoûtait, un désir primitif le prit.
— Nicolas, Nicolas, l’appelait Luc. Tu dors ?
Nicolas tourna brusquement son regard vers lui. Il mit un moment à comprendre ce que lui disait Luc. Il les fixa béatement, ce qui fit sourire le couple.
— Non, non, je ne dors pas. Je pensais juste que l’enfant est bien jeune.
— Oui, j’en ai bien peur, lui répondit doucement Lucie.
— Rentrez, nous allons vous aider à vous installer avant le lever du soleil.
— Je suis d’accord avec toi, déclara Luc, tout en prenant Lucie dans ses bras.
Nicolas était toujours si admiratif devant l’amour que portait Luc à Lucie et réciproquement. Une alchimie magique reliait ce couple. Tous les contemplaient avec amour, les enviaient. Car ils étaient le seul couple. Aucune femme de leur espèce n’existait. Lucie était unique et personne du sexe opposé ne pouvait la convoiter. Luc tuait tout mâle qui approchait trop près sa femme. Une mauvaise remarque, un geste, un regard déplacé, et la sentence tombait sans que vous vous en aperceviez. La tête se séparait de votre corps sans que vous ayez le temps de dire « ouf ». Luc était un être unique et si puissant, si herculéen que rien ne pouvait le détruire. Mais, quelquefois, il faisait profil bas devant Lucie. Car quand elle était en colère contre lui, cette petite femme explosait comme une vraie tornade. Son odeur de violette s’amplifiait. Cela les faisait toujours rire de voir leur roi si humble devant elle. Mais à ce moment-là, elle tournait toujours son regard vers eux, et ils n’étaient pas plus fiers que leur chef. Ce couple était invincible. Une aura majestueuse et monumentale les enveloppait.
Le reste de la nuit se passa dans le salon, devant un bon feu de cheminée. Ils ne craignaient pas le froid, ne le ressentaient pas. Mais cela ne les empêchait pas d’en profiter. Ils aimaient tellement se retrouver tous ensemble que les heures s’égrenaient vite. Ils avaient tous quelque chose à raconter. Lucie fut la première à monter dans sa chambre. Et les choses devinrent plus sérieuses. Tous firent leur rapport à Luc. Ils ne cachaient rien à Lucie, mais celle-ci n’aimait pas la violence. Luc lui racontait toujours tout, mais, à sa façon, lui seul connaissait les mots pour lui expliquer ce qui arrivait à leur peuple.
Elle avait longuement serré Nicolas dans ses bras. Lucie avait une préférence manifeste pour lui, et elle ne s’en cachait pas, comme lui d’ailleurs. Quand il était avec elle, rien ne pouvait lui arriver. Il ressentait un bien-être, une plénitude totale. Il se sentait aimé, chéri. Une affection entière les reliait tous les trois. Le reste du groupe ne les jalousait pas. Cela avait toujours été ainsi, depuis la nuit des temps, plus personne n’en tenait compte. Ils avaient tous pour ce couple une considération, une admiration et un respect profond. Ils donneraient leur vie pour que rien ne leur arrivât. Mais rien ne pouvait les toucher. Ils étaient les premiers des leurs. Chacun à sa façon les honorait. Mais c’est toujours à Nicolas qu’incombaient les responsabilités. Depuis quelques siècles, Luc lui avait alloué le pouvoir. Il voulait vivre tranquillement, même s’il continuait à être des leurs. On pouvait compter sur eux si des problèmes se présentaient.
Après de longues conversations, ils montèrent dans leur chambre. Nicolas se sentait exténué. Il se dévêtit et se coucha nu, comme à son habitude. Il se sentait heureux d’être enfin chez lui avec « sa famille », bien que la gêne ressentie depuis son réveil fût toujours présente. Pourtant, les autres années, ce moment était précieux pour lui. Ils étaient si peu nombreux que d’être tous réunis était une bénédiction.
 
 
 
 
Chapitre trois

 
 
 
Nicolas se promenait dans son parc. Le soleil le réchauffait de ses rayons puissants. Il se sentait en harmonie avec lui-même. Il regardait avec admiration ses magnifiques rosiers. Et cette odeur lui apaisait les sens, il avait l’impression de revivre. Les oiseaux chantaient, le vent soufflait doucement. Aucun bruit de fond ne venait troubler ce moment. Ce silence et cette chaleur lui donnaient une aura délicieuse. Il n’avait jamais perçu ce ravissement, une conception étrange, mais qu’il apprécia, lui qui était toujours entouré de violence, de cruauté, de bestialité. Cet effet l’apaisait. Son regard fut attiré au fond de l’allée par une ombre.
Une femme se tenait devant lui. Il n’arrivait pas à distinguer son visage, mais il huma une odeur de rose. Plus entêtante, plus subtile que celle qui se dégageait des fleurs autour de lui. Il essaya de s’approcher. Mais plus il avançait, plus cette silhouette s’éloignait. Il se mit à courir. Elle le regarda fixement. Il ne discernait pas ses traits, mais vit une larme couler doucement, lentement, puis elle tendit son bras vers lui. Soudain, elle commença lentement à s’effacer. Nicolas l’appela, puis cria, mais la femme continuait à disparaître. Il ressentit un vide immense, une perte terrible comme si son cœur s’arrêtait et comme si une partie de lui disparaissait.
Il se réveilla en sueur dans son lit. Il mit un moment pour reconnaître sa chambre. Mais que lui arrivait-il depuis deux nuits ? D’habitude, il ne faisait jamais de cauchemar. D’autant plus que ceux-ci avaient l’air réels. Il avait pu ressentir les rayons du soleil sur lui ; et cette odeur, une invite à une sensualité sans fin, comme si enfin il arrivait à une destination qu’il attendait depuis toujours.
Il se leva pour se préparer, se dirigea vers une commode où un broc rempli d’eau froide l’attendait. Il s’aspergea le visage pour enlever cette sensation. Puis il revêtit un pantalon de toile noire, une chemise blanche, enfila ses bottes en cuir noir bien épaisses. Elles étaient un peu usées et éraflées, mais il ne mettait que celles-là, car elles étaient solides, et surtout pratiques en toute occasion. Le voilà prêt pour leur expédition habituelle, mais la sensation de manque le tenaillait toujours, comme s’il perdait une partie de lui. Il ne saisissait vraiment pas ce qui lui arrivait. Une fois sorti de sa chambre, il se précipita pour retrouver tout le monde prêt dans le hall d’entrée. Celui-ci était immense, en marbre blanc. De la porte d’entrée, on voyait un gigantesque escalier sur deux paliers. Il était éclairé par de grands cierges soutenus par des anges. Le hall était encadré de nombreuses portes qui donnaient respectivement dans la cuisine, le bureau, la salle à manger, le salon, la bibliothèque et d’autres pièces mineures. Son château était grandiose. Un bâtiment central s’étendait sur quatre étages et, de chaque côté, on voyait des tours rondes, composées elles aussi de multitudes de salles, un vrai labyrinthe. Il avait fait construire cette demeure selon leurs plans voilà des siècles. Ils avaient discuté longuement sur la façon de bâtir, mais avaient opté pour ce style surtout pour qu’ils pussent rester plusieurs siècles sans attirer le regard, si leur maison ne suivait pas « la mode ».
Ils avaient creusé sous le bâtiment des pièces spécifiques pour leur espèce, les protégeant de toute intrusion. Sa propriété se situait dans un pays où le soir tombait plus rapidement que dans les autres, et le village à quelques kilomètres avait des occupants coutumiers. Depuis toutes ses années, les premiers villageois étaient morts et leurs enfants avaient eu eux aussi des descendants. Ils s’étaient habitués à eux. Sa demeure était ceinte aussi de parcs immenses avec des allées majestueuses, fleuries. Et au bout se trouvait « la forêt », où jamais personne ne pénétrait, elle était maudite et hantée pour les villageois qui croyaient aux monstres, un énorme avantage pour eux, un nid qu’ils retrouvaient tous les étés avec une grande joie.
Pendant cette journée, Marie fut réveillée par les pleurs de Maxime. Elle avait nommé ce petit orphelin ainsi en souvenir de son papa. Elle regarda autour d’elle. Elle se trouvait dans un immense lit, avec des draps propres qui sentaient bon la lavande. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas dormi dans un lit. Celui-ci était fait dans un bois rustique et solide de teinte foncée. Les tentures du baldaquin étaient lilas. Le reste de la pièce était grand, avec une immense fenêtre, composée, au lieu de deux vantaux tout simples comme chez elle, de trois panneaux quadrillés chacun et indépendants les uns des autres. Ils avaient aussi leurs propres volets de bois. Tout ceci permettait de régulariser la luminosité. Et pourtant, de part et d’autre de ces battants se trouvaient d’épais rideaux assortis au lit, et très opaques. Étrange , pensa-t-elle, on dirait que les habitants de ces lieux craignent la lumière.
La tapisserie était composée de petites fleurs de lilas dans les tons blancs et roses. L’ensemble était charmant et si coquet. Cela la changeait de sa petite chambre qui ne se composait que d’un simple petit lit, d’une armoire et une table de chevet. On discernait également une coiffeuse avec, au-dessus un broc et sa cuvette, dont la porcelaine était également fleurie de fins lilas. On apercevait aussi une brosse au manche doré et ciselé finement et un joli miroir assorti. Tout un côté était occupé par une immense armoire. Des motifs complexes étaient gravés sur le devant des portes. À côté de la coiffeuse se trouvait une cheminée avec son linteau du même bois que le lit. Dans l’âtre brûlait un feu. Marie était sûre que la chambre avait été décorée par une femme. C’était si féminin, si joliment paré, elle avait toujours rêvé d’une telle pièce.
Elle fut tirée de ses pensées par de nouveaux gémissements de Maxime. Elle se leva, le sortit du petit et le berça. Tout en fredonnant une chansonnette, elle admira ce meuble en bois blanc. Maxime n’arrivait pas à se calmer, alors elle revêtit rapidement ses sous-vêtements, passa sa robe de toile gris foncé, enfin elle attrapa un châle, car, malgré la saison, il faisait froid.
Quand elle sortit de sa chambre, elle se trouva dans un couloir très sombre et immense. Il était juste éclairé par des torches, cela donnait une lumière tamisée. Personne, il n’y avait personne. Marie se décida à prendre à droite, elle se souvenait vaguement avoir pris ce chemin la veille au soir. Elle marchait doucement en berçant Maxime, elle avait la sensation qu’il ne fallait pas faire de bruit, comme un pressentiment que des gens dormaient dans ces nombreuses chambres. Elle arriva en haut d’un immense escalier illuminé par un lustre géant composé de multitudes bougies. Il éclairait les marches ainsi que ce magnifique hall. Elle ne prit pas le temps d’admirer l’ensemble et se dirigea vers la cuisine, ce qu’elle supposa par les arômes qui se dégageaient à travers la porte. Quand elle entra, elle fut accueillie par plusieurs paires d’yeux. Maxime avait dû ressentir la crispation de Marie, car il se remit à pleurer. Une dame d’un certain âge se leva, entraînant avec elle une jeune femme.
— Mademoiselle MacDonald, permettez-moi de me présenter, dit la plus âgée. Je suis Mme Marcelle, la gouvernante de cette demeure, et voici Marion, la nourrice que Mme Lambert nous a fait mander dès son arrivée.
Marion s’approcha de Marie et lui demanda gentiment :
— Mademoiselle, puis-je vous prendre ce petit, il a l’air d’avoir très faim.
Marie lui tendit Maxime, elle savait bien pourquoi il pleurait. Elle n’était pas sa maman et ne pouvait le nourrir. Pendant la fin de la traversée, la mère de l’enfant égarée avait allaité Maxime et, durant le voyage jusqu’ici, le couple s’en était chargé pendant le trajet, qui, bizarrement, ne s’effectuait que de nuit, soi-disant parce que ce serait moins éprouvant pour Maxime qui pouvait dormir. On lui trouvait des nourrices dans chaque étape. Mme et M. Lambert avaient été des personnes très aimables et très discrètes. Ils avaient bien entendu posé les questions nécessaires à sa présence. Car ils attendaient un homme avec sa fille et, à la place, ils avaient trouvé une jeune femme habillée en homme avec un bébé. Elle avait revêtu le costume de son papa pour éviter les déplaisants. Car, dans cette cale, des hommes avaient importuné des femmes et elle ne voulait pas que cela lui arrivât. Elle leur avait tout expliqué, elle n’avait rien à cacher. Elle voulait oublier ces heures horribles, ne plus y penser. M. Lambert lui avait fait comprendre, en voyant son anxiété, que le travail lui était acquis. Il avait été étonné et impressionné des connaissances de Marie, vu son jeune âge.
— Excusez-moi, mademoiselle MacDonald, Mme Lambert m’a laissé quelques consignes vous concernant, lui dit la gouvernante.
— Oui, je suis désolée, chuchota Marie, perdue dans ses souvenirs.
— Je vous en prie. Lorsque vous aurez fini de vous sustenter, je vous ferai visiter la demeure, Marion, ici présente, prendra en charge ce jeune monsieur.
— Mais je ne le verrai plus ! répondit vivement Marie..
— Non, pas du tout, dit Mme Marcelle, je me suis mal exprimée. Maxime restera toujours avec vous, vous ne le laisserez à Marion que lorsque vous le désirerez, surtout pendant votre travail dans la bibliothèque.
— Merci.
Ce fut tout ce que put répondre Marie. Elle jugea que la propriétaire de ce château avait l’habitude des situations étranges et avait trouvé une solution pour chaque obstacle qui se présentait à elle.
 
Marie déjeuna de tartines de pain frais de campagne bien croustillantes et de confiture de fraises. Elle but un thé bien chaud, puis elle suivit la gouvernante dans la visite du domaine. Toutes ces pièces étaient immenses et si nombreuses qu’elle eut peur de se perdre. Elle ne retint que le chemin pour aller de sa chambre à la bibliothèque et celui pour se diriger vers la cuisine. Le reste, elle verrait quand le moment de se rendre dans ces lieux deviendrait nécessaire. Tout était magnifiquement décoré.
Dans certaines salles se trouvaient des meubles d’une autre époque. Ils étaient grandioses avec leurs signes gothiques et si étranges, comme dans sa chambre. Mais, bizarrement, toutes les pièces avaient à leurs fenêtres des rideaux très opaques. Peut-être pour se préserver du froid , pensa-t-elle. Car, déjà à cette saison, il faisait un peu froid. Son souffle se coupa quand elle entra dans ce qui allait être son lieu de travail. Elle pénétra dans une pièce monumentale, éclairée par de grandes fenêtres. Des étagères recouvraient tous les murs jusqu’au plafond. Des livres, il y en avait partout. Plus elle avançait, plus elle en voyait. Des milliers, elle ne savait plus où regarder. Au fond, elle aperçut un escalier, elle l’emprunta. À l’étage, ce fut gigantesque. La pièce recouvrait une superficie plus importante, tous les pans de murs étaient remplis de livres, de manuscrits et d’écrits de toutes sortes.
Son papa aurait été si heureux de voir cette bibliothèque. Elle secoua la tête pour éviter de pleurer. Elle se familiarisera avec les lieux. Quand l’heure de manger arriva, Mme Marcelle lui apporta un plateau sur lequel se trouvait une grosse tranche de jambon avec des pommes de terre et une salade de fruits. La gouvernante était accompagnée de Marion et de Maxime dans ses bras. Marie mangea avec appétit et profita d’un petit moment avec Maxime. Elle regarda...

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