La saga des enfants des dieux : 3 - Cameron

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Après plus de cinq siècles d’éternité à voir les siens disparaître autour de lui, Cameron est enfin libéré de son châtiment, et fait le souhait de rentrer chez lui. Cependant, ce souhait n’est pas le seul, car dans un souffle troublé, et avant d’être propulsé dans le vortex du temps, il émet le désir fou qu’Elenwë, fille légitime des déités qui s’est sacrifiée pour réparer les torts de ces dernières, vive à nouveau. Dès son retour en 1416, le destin de L’Enfant Unique commence, et il va bientôt être épaulé par des compagnons dont il n’aurait voulu pour rien au monde ! Le temps est compté, car dans l’ombre, un Dieu des ténèbres a vu le jour et s’apprête à avilir le monde des hommes.
Cameron est dorénavant l’ennemi à détruire ou... à asservir.

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EAN13 9782490940059
Langue Français

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Cameron Tome 3
La saga des enfants des dieux ~ Les romans de l'auteur disponibles chez LSJ Éditions ~ (Brochés et numériques) La saga des enfants des dieux (fantastique, aventure, pour adultes) : 1 – Terrible Awena 2 – Sophie-Élisa 3 – Cameron 4 – Diane 5 – Eloïra La Saga des Croz (fantastique, aventure, pour adultes) : 1 – La malédiction de Kalaan 2 – Le collier ensorcelé 3 – Val' Aka Passion Flora (mini-roman érotique, pour adultes) Les bêtises de Lili (tout public, humour, anecdotes)
The Curse of Kalaan (traduction en anglais US du tome 1 des Croz) Linda Saint Jalmes Cameron Tome 3 La saga des enfants des dieux Roman
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www.lindasaintjalmesauteur.com
À mes amis et lecteurs, avec toute ma tendresse
Prologue Je flotte, plane, m'envole, me laisse porter telle une plume au gré du vent, pourtant, je ne suis pas une plume, et là où je me trouve, il n'y a pas de vent... Tout est si étrange autour de moi et je constate, hallucinée, que je peux voir de façon panoramique tout ce qui m'entoure. C'est prodigieux ! Mon regard est partout à la fois ! Je suis dans ce qui ressemble au cosmos, au tout début de la création des mondes, sans pour autant en être totalement certaine. Il n'y a pas de planètes, mais une quantité infinie d'étoiles argentées de tailles différentes, de poussières et roches interstellaires, et de nébuleu ses qui semblent peu à peu se transformer en un amas de feu et d'obscurité mêlés... C'est un peu co mme de contempler les fumées de soufre et de débris incandescents que dégagerait la fournaise d'un volcan en éruption. Soudain, un son trouble le silence de ma perplexité : j'entends le battement d'un cœur qui pulse au ralenti. Un être humain, ou une créature terrestre, se serait-il égaré en ce lieu avec moi ? Cela ne se peut, le manque d'oxygène dans le cosmos ne pourrait permettre à aucun d'eux de vivre ni même de survivre ! J'affine ma vision, mais cela ne sert à rien, il n' y a absolument personne en vue dans le champ rougeoyant de la nébuleuse... Alors, à qui appartient ce cœur ? Une idée incongrue, inepte, m'effleure l'esprit : serait-cemoncœur ? Non, c'est impossible, car il y a des millénaires que je n'en ai plus, comprenez : au sens physique et en 1 aucun cas métaphorique. Cela s'est passé le jour de mon Élévation, alors que je venais de fêter mes 2 vingt périodes lumineuses . Je sais ce que j'étais à ce moment-là uneentité, une essence de l'absolu, alors que je suivais les 3 4 silhouettes éthérées des miens et que le Chant...nous guidait vers le monde des Sidhes Cependant, je ne suis pas allée jusqu'au bout et ai fait demi-tour à mi-chemin. Contrairement aux miens qui avaient foulé la Terre durant d'innombrables périodes, je n'avais, pour ma part, pas eu tout le loisir de la découvrir. Ce que je peux maintenant nommer comme de la curiosité m'empêcha de vivre mon Élévation comme les autres et me fit retourner auprès des hommes pour suivre leur évolution. J'étais silencieuse, invisible, enfin, tant que les événements ne me poussaient pas à intervenir en usant des passages des courbes du temps. Ainsi, sans m'en rendre réellement compte, je suis devenue la plus âgée des divinités, la plus puissante aussi, une marginale parmi les miens... Cependant, je ne m'explique pas ce que je suis en cet instant ! Je n'ai pas l'impression d'être une substance, ni d'avoir un corps et... je suis pleine d'incertitudes. Tant de confusion et de questions me traversent l'esprit, si tout du moins je peux parlerd'esprit, et ces sensations et émotions que je découvre sont-elles véritablement les miennes ? Mon nom... Elenwë... oui... c'est ainsi que l'on m'appelait dans le monde des Sidhes. Princesse et fille des Dieux, tels étaient mes statuts. Voilà des certitudes auxq uelles je peux me raccrocher. Cependant... et maintenant ? J'ai souvenir de mes derniers instants en tant que divinité, cela s'est passé en l'an 2014... J'ai fait le don de mon immortalité pour réparer les erreurs de mes pairs, en sauvant une femme condamnée à tort par eux, pour être simplement née. Elle se prénommait Sophie-Élisa, elle était la jumelle de Cameron Saint Clare et portait elle aussi la marque de l'Enfant Unique, chose qui aux yeux des D ieux était une imperfection dans le processus de la quête que seul un Élu désigné pouvait accomplir. Et cet Élu n'était autre que Cameron, fils d'une lignée d'hommes-dieux aux exceptionnels pouvoirs, aîné de Sophie-Élisa de cinq minutes. L'Enfant Unique sur qui reposait la survie du monde des Sidhes et celui des humains ! Tout est à nouveau si clair dans mon esprit, alors que je ne sais toujours pas ce que je suis en cet instant ! J'ai si souvent été invisible, fantomatique, que, de ne pas avoir de corps, n'est pas une preuve
en soi de mon existence. Des sensations et des émotions me chamboulent, je ne peux pas gérer ces nouveautés, car je n'ai jamais appris à les connaître ! Voilà que j'entends à nouveau ce cœur ! Ses battements s'affolent... Je reconnais le son de ce que les hommes nomment : la peur. C'est à l'instar du galop éperdu d'un cheval, un bruit saccadé, sourd, qui par moment dér ape, comme si la bête allait soudainement s'effondrer avant de repartir courageusement. Je cherche à nouveau le porteur de cette angoisse, mais rien, à part le son nouveau d'une respiration oppressée, sifflante ! Un cœur... puis une respiration... À force de me focaliser sur ce que j'entends, j'ai manqué de me rendre compte du changement qui s'est opéré autour de moi. La nébuleuse rougeoyante est devenue immense et en son sein se développe un vortex d'une noirceur absolue. Les pulsations du cœur et les souffles se font erratiques… Je comprends enfin ce qu'est ce lieu ! Je 5 me trouve aux portes duNéant! Alors il a fini par gagner, malgré la bravoure des hommes que j'ai côtoyés et en dépit de mon sacrifice... Le Néant a réussi à nous engloutir tous... Une rage et une souffrance sans nom me saisissent... et, tel un écho à mes sentiments, le cœur de l'inconnu suffoque de terreur ! J'en éprouve des trémolos au creux de ma poitrine... Assez ! Je n'ai pas de corps ! Je n'ai jamais rien ressenti ! Ni le froid, ni le chaud, et encore moins la dou leur, ni l'amour... Rien ! À moins qu'en faisant don de ma vie à Sophie-Élisa, un peu de son humanité m'ait touchée ? Oh Dieux ! Pourquoi maintenant ? J'aurais, avant ce don, fait cadeau des centaines de fois de mon immortalité, ne serait-ce que pour pouvoir ressentir une once d'émotion. Oh oui ! Je l'aurais fait... et voilà que cela m'est enfin permis ! Mais je ne voulais pas finir dans le Néant en connaissant la peur, la douleur, le mal... Des êtres sanglotent, se lamentent, je les entends... Ils sont si proches de moi et pourtant je ne voi s toujours personne dans cette nébuleuse qui ne cesse de s'assombrir et m'aspirer. Le froid m'enveloppe alors que les pleurs se font plus perceptibles. Les larmes desinvisibles! Je les sens couler sur ma peau, elles me brûlent, m e torturent. La peine de ces gens est incommensurable, elle m'étouffe et la souffrance dans mon organisme est de plus en plus cuisante. Je ne comprends plus rien ! Je ne suis qu'une visio n et n'ai pas de corps, sachant cela, d'où proviennent toutes ces sensations physiques ? Alors que le Néant semble m'engloutir, le décor qui m'entoure change, et je me matérialise, cette fois-ci, et à ma plus vive surprise, dans mon enveloppe charnelle – celle que j'avais avant l'Élévation –, à l'intérieur d'une sorte de grotte sombre, humide et lugubre. Ici et là, de l'eau écœurante ruisselle sur les par ois noires et vertes de moisissures. Mes pieds ne touchent pas le sol boueux, immonde, et une autre émotion inconnue – le soulagement – me gagne. J'allais finir dans le Néant et je me retrouve dans un endroit glauque ! Décidément, je ne m'explique plus rien et je cherche du regard un indice, n'importe quoi, qui pourrait m'apporter des réponses à tout ce que je vis depuis ma prise de conscience dans le cosmos. Il y a quelque chose gisant sur le sol spongieux, u ne longue forme décharnée, tout aussi sombre que l'est cette horrible grotte. C'est un cadavre ! Un squelette ayant encore des la mbeaux de peau et d'habits parcheminés se raccrochant aux os... Soudain, je sursaute ! Le mort a bougé, et un sifflement émane de ses poumons en décomposition. L'effroi me saisit et je ressens pour la première fois de mon existence la froide morsure de la terreur ! Le visage squelettique aux orbites sombres et vides se tourne vers moi et là... venus de nulle part, deux points luisants prennent la place des yeux et cherchent à atteindre mon esprit. La seconde qui suit, un hurlement cauchemardesque – le mien, me rends-je compte – se répercute contre les parois de la grotte, s'amplifie de mille échos de souffrance, et, au moment où je crois mourir de douleur, je me sens instantanément transportée dans un autre endroit, lumineux, qui me
sauve de lachose... Dans un nouveau sursaut de conscience, je sais enfin ce qu'est cette créature : une liche !L'être le plus démoniaque et maléfique que la lignée des Hommes-Dieux ait pu engendrer. Apprenez une chose essentielle, au début de tout, i l n'y a jamais eu autre chose que la pureté et l'harmonie. Les Dieux ont façonné des mondes et des civilisations, jusqu'à celle des humains, que nous désirions modeler à notre image. Et certains d'entre eux... ont créé le mal. Pas de simples hommes, non, les descendants de nos lignées, de nos sangs mêlés. Ceux qui se sont rapprochés des magies noires, elles-mêmes nées de la malveillance qui sommeillait en leurs corps. 6 Ainsi ont vu le jour des créatures plus terrifiantes les unes que les autres : des vampires, des goules ou zombis, des métamorphes meurtriers, et les sorts les plus destructeurs que nos mondes n'eurent jamais connus... Mon corps tremble à la pensée de la liche entraperçue dans la caverne humide. Elle n'est pas encore arrivée à sa phase la plus maléfique, la plus funeste, elle est comme le ver dans son cocon qui se prépare à se muer en quelque chose de plus accompli. Cette liche était, avant le processus de sa transfo rmation, un mage noir qui se nourrissait des âmes des mortels qu'il tuait, et je connais ce monstre, tout comme les Saint Clare ! On l'appelait : l'ecclésiastique fou ou le prêtre noir ! J'avais cru qu'il était passé de vie à trépas, à la suite du combat mené par les Saint Clare sur les terres du clan Keith. Car ce monstre, encore homme, était tombé avec sa monture du haut des falaises de Dunnottar, directement dans la mer du Nord. Telle devait être sa fin. Apparemment, il a survécu, le temps de ramper dans une grotte et d'invoquer un sort qui le transformerait en liche, un roi sorcier mort-vivant aux pouvoirs presque identiques à ceux des divinités... Un nouveau fléau pour nos mondes ! Nous, peuple céleste, savions que cette mutation était possible, mais nous avons sous-estimé la race humaine en croyant qu'il ne trouverait jamais cette faille maléfique. — Elenwë... Cette voix, je la connais ! C'est celle de mon père, le Dieu que les Celtes ont nommé Lug. « Père ? »Mon appel n'est guère plus qu'une pensée qui s'échappe de mon esprit, alors que je ne sais comment, je me retrouve allongée sur un parterre tendre, fait de mousse, de lierre, et de fleurs parfumées. Je le devine à l'odeur, et grâce au toucher, que j'entreprends du bout de mes doigts. Car mes paupières sont closes et refusent de s'ouvrir pour que mes yeux puissent apercevoir le décor qui m'entoure. — Oui Elenwë, je suis là, nous sommes autour de toi. Ta renaissance a été plus difficile que nous ne l'avions prévu. Mais tu es là... et nous en sommes... heureux. Que ce mot semble étrange dans la voix de mon père, tout comme la sensation qui vient de se propager au creux de ma poitrine et qui fait courir une vague de chaleur dans mon sang. « Que suis-je devenue ? », demandé-je par télépathie. — Une femme de chair et de sang, me répond-il doucement, à l'écoute de mes pensées. Un homme a fait le vœu que tu vives, et nous avons fait notre possible pour que son souhait se réalise. Te ramener de l'endroit céleste où ton aura était allée nous a demandé beaucoup d'efforts et de concentration. Nous avons cru te perdre définitivement plus d'une fois. Un frisson me parcourt le corps et mon esprit est à nouveau en ébullition. «t engloutir dans une nébuleuse de feu et dePère, j'ai aperçu un cosmos qui peu à peu s'est fai noirceur. J'ai entendu un cœur pulser de terreur...» — Toncœur, Elenwë... Non seulement le fait de ne rien voir commence à m' horripiler, mais mon corps reste sourd à mes injonctions et demeure inerte, privé de la parole, allongé sur un tapis de douceur. Cependant, la vérité se fait jour en moi. Le cœur que je percevais était donc le mien et c'étaient ma propre peur ainsi que ma confusion qui le faisaient palpiter misérablement. «uler sur ma peau et me brûler...J'ai entendu des sanglots, j'ai senti les larmes co » — Là encore, c'était nous qui connaissions pour la première fois la perte d'un des nôtres et l'exprimions par des pleurs de sang. Ils n'étaient pas faits pour te blesser et ont sillonné ta chair en la marquant de tatouages célestes. Je ne m'appesantis pas sur les dernières paroles de Lug, elles n'ont, pour l'instant, que peu d'importance.