La violette

La violette

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Livres
260 pages
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Description

Agathe. Voilà le seul prénom qui hante Lucas, depuis leur rencontre électrique au petit bar où il travaille. Peu importe les risques, peu importe le prix, il le sait, elle finira par succomber.


Vengeance. Voilà la seule idée qui occupe les pensées d'Agathe, cette jeune étudiante, venue démasquer le responsable de l'accident qui a bouleversé sa vie. Peu importe les moyens, peu importe le temps qu'il faudra, elle le sait, sa détermination finira par payer.



Rien ni personne ne s'immiscera dans sa quête. Pas même l'inconnu qui rend leurs échanges sensuels en de véritables bouffées d'oxygène.


Quand celui qui vous fait rêver s’avère être également celui qui a transformé votre vie en un pur cauchemar, jusqu’où êtes-vous prête à aller pour parvenir à vos fins ?


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Informations

Publié par
Ajouté le 26 juin 2018
Nombre de lectures 1 949
EAN13 9782376521396
Langue Français
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Aline Broteau
la violette
ISBN : 978-2-37652-139-6
Titre de l'édition originale : La violette
Copyright © Butterfly Editions 2018
Couverture © Mademoiselle-e - Adobe Stock
Tous droit réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit sous n'importe quelle forme.
Cet ouvrage est une fiction. Toute référence à des événements historiques, des personnes réelles ou des lieux réels cités n'ont d'autre existence que fictive. Tous les autres noms, personnages, lieux et événements sont le produit de l'imagination de l'auteur, et toute ressemblance avec des personnes, des événements ou des lieux existants ou ayant existé, ne peut être que fortuite.
ISBN : 978-2-37652-139-6
Dépôt Légal : Juin 2018
20180622-1430
Internet : www.butterfly-editions.com
contact@butterfly-editions.com
À la vie,
À l'amour et l'amitié,
Aux violettes de nos coeurs.
Prologue
Quand je me suis juré de retrouver le responsable d e l'accident de cet été, je n'avais pas réfléchi à la manière dont je me venger ais. Pourtant, au cours de ces dernières semaines, j'aurais dû y penser plus d'une fois. Mais, je n'avais pas imaginé un seul instant que ce serait l'homme dont j'étais en train de tomber amoureuse. Bouleversée, mes yeux sont incapables de se détache r de la hanche tatouée que mes mains viennent de révéler en lui ôtant son tee- shirt. Ses doigts, qui continuent de parcourir mon corps, et que je trouvais jusque-là t erriblement doux me semblent alors répugnants. D'un mouvement brusque, presque craintif, je délivre mes cuisses de son étreinte. Puis, chancelante, je bondis hors du lit et me préc ipite dans la salle de bains avant de m'y enfermer. Au rythme du goutte à goutte du robin et, qui trouble le silence de la nuit, je me laisse glisser le long de la porte en bois de cette pièce plongée dans l'obscurité. Le regard vide, mes mains agrippent mes cheveux tan dis qu'un long soupir s'échappe de mes lèvres tremblantes. Que vais-je bien pouvoir faire, maintenant ?
Agathe
Chapitre 1
Trois mois après l’accident…
Jusque-là, étudier dans une petite ville me convena it parfaitement. Mon sens de l'orientation plus que limité et mon inadaptation s ociale ne m'avaient finalement pas posé problème. Après plus de trois années passées d ans cette minuscule métropole, j'étais enfin parvenue à ne plus dépendre de mon GP S. Un véritable exploit ! Et j'avais même réussi à tisser plus de liens qu'au cours de c es vingt dernières années d'existence. En y réfléchissant bien, cela n'avait rien d'étonnant, puisque ici, traîner dans une petite bande s'apparente à boire un verre avec la quasi-totalité des étudiants qui peuplent la modeste université. Le mois de septembre venait de s'écouler dans une l enteur extrême, presque mortelle. Et, ma constante gentillesse avait laissé place à une irritabilité sans précédent, alimentée par une soif de vengeance qui s'attise de jour en jour. — À quoi penses-tu, Agathe ? m'interroge Manon qui est assise à côté de moi. Je jette un regard en direction de l'estrade sur la quelle se tient le professeur de langue française et, lorsque tout danger de réprima nde est écarté, je me retourne vers mon amie. — À rien, rétorqué-je un peu trop sèchement. Elle me dévisage un instant, puis sans un mot, elle se repositionne sur sa chaise et tente de se concentrer à nouveau sur l'intermina ble cours de Monsieur Lepin. À la façon dont les traits de la jeune femme se sont dur cis, je ne peux m'empêcher de me sentir affreusement coupable et injuste. Manon est pourtant la personne que j'apprécie le plus ici. Dès notre arrivée à l’Université, nous nous sommes tout de suite très bien entendues. Il est rare que je parvienne à sympathis er aussi aisément. Mais elle est ce genre de fille pétillante et à l’écoute, à qui l’on se confie sans crainte et dont l’humour, parfois décalé, donne une note agréable à la rencon tre. Souvent, lorsque Simon vient me rendre visite, nous sortons tous les trois. Ces deux-là s’entendent à merveille. Surtout lorsqu'il s’agit de débattre sur la meilleu re façon dont Manon pourra mettre un terme à sa énième relation loufoque. Depuis l’accident, être avec Manon est une véritabl e bouffée d’air frais. Mais aujourd’hui, son acharnement à vouloir me redonner le sourire a le don de m'agacer. Je ferme les paupières et inspire profondément lors qu’en songeant à cette terrible nuit qui a bouleversé ma vie, les larmes me montent aux yeux. Rien ne sera jamais plus comme avant. Au moment où je jette un coup d’œil sur l'horloge d e mon ordinateur, le cours s'achève. Hâtivement, je fourre l'ensemble de mes a ffaires dans mon sac avant de filer le plus rapidement possible hors de l'amphi. — Agathe ! Alors que j'ai déjà dévalé la moitié de l'escalier, la petite voix de Manon m'interpelle. Je décide de ne pas y prêter attentio n et continue mon chemin, heurtant quelques épaules sur mon passage. Je me sens affreu sement coupable de la traiter ainsi, pourtant, c'est plus fort que moi, je ressen s un besoin inexplicable d'être seule. Une fois dehors, je fais quelques pas en direction du parc le plus proche où
j'envisage de passer le reste de la journée. Étendu e sur la pelouse du campus, le casque fixé aux oreilles, une légère brise de vent mélangée aux rayons de soleil, qui chauffent délicatement mon visage, m'invite à laiss er mon esprit divaguer. Mon pouls s'ajuste au rythme de la mélodie qui se perd dans m es tympans, tandis que mes paupières se ferment. Ce même accident s’empare enc ore et encore de moi. Il le tiraille, jouant inlassablement les mêmes scènes d’ horreur : ce coup de frein, un cri strident immédiatement étouffé par ce choc sonnant l’arrivée du néant. D’énervement, je retire mon casque. Puis, mes iris s’entrouvrent ; le chaos règne dans ma tête et ce terrible sentiment de culpabilité m’envahit de plus belle. Il ne me lâche pas, soudé à mes pas telle une ombre, si sombre que l’envie de f uir me submerge et ne me quitte plus. Même lorsque mes yeux se sont de nouveau habi tués à la lumière du jour et que je constate que Manon est assise à mes côtés. Sans bruit, elle m’observe, perdue dans ses propres pensées. — Je suis désolée pour tout à l'heure, m’excusé-je honteusement en me redressant sur mes coudes. Mon amie m'adresse un léger sourire et reste silenc ieuse. — Manon, je suis vraiment navrée, mais... — Je sais, me coupe-t-elle d'une voix douce que je ne mérite certainement pas. Nos regards attristés se rencontrent et pendant que je la fixe, me revient en tête ce à quoi je songeais quelques instants auparavant. — Je vais partir, l'informé-je, rompant ainsi le co urt silence. — Comment ça ? Pourquoi ? s'étonne-t-elle. — Je n'en peux plus de cette ville ! Je n'en peux p lus de tous ces gens qui savent pour Simon, et qui me dévisagent. De tous ces regards pleins de pitié qui se posent sur moi, comme tu le fais à cet instant. Confuse, elle baisse rapidement les yeux au sol et ses joues se colorent d'une légère teinte rosée. — Oh non, je ne voulais pas te blesser, Manon. Je s uis même chanceuse d'avoir une amie comme toi. Mais c'est juste que... que ça me rend dingue toute cette histoire, finis-je par avouer. Je n’arrête pas de revivre cette nuit-là, et je ne peux m’empêcher de me sentir fautive. Pour tout te dire, j'ai déjà rem pli mon dossier d'inscription pour une autre université, ajouté-je en me mettant debout. D ès que ce dernier est validé, je m'en vais. Mon amie ne semble pas vraiment surprise. Elle se l ève à son tour, s'approche sans un mot pour m'enlacer de ses bras maigrelets. Je sens alors l'étreinte chaleureuse et amicale de cette jeune femme qui a t out fait pour que je retrouve le sourire, en vain. Je bats des paupières pour éclair cir ma vision qui se trouble, puis je finis par mettre fin à cet échange. — À quelle université as-tu envoyé ton dossier ? s' enquit-elle en s'écartant de moi. — Celle de Simon, admis-je avec prudence. J'ai beso in de me rapprocher de lui. Manon, qui ne laisse rien paraître, m'enlace à nouv eau, plus furtivement cette fois. — Préviens-moi quand tu auras la réponse, d'accord ? Et on se fera une petite soirée rien que toutes les deux avant ton départ. J'acquiesce d'un signe de tête et esquisse un timid e sourire. En retour, Manon m'adresse un regard chaleureux avant de s'éloigner. Tandis que je la vois disparaître parmi les arbres, me sentant un peu honteuse de ne pas lui dévoiler toutes mes intentions, je prends réellement conscience de ma d écision de quitter cette ville.
Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend, mais je sai s exactement ce que je compte trouver. Ou plutôt qui.
Agathe
Chapitre2
Quinze jours plus tard... Une fois les derniers cartons entassés sur la table basse du salon, à bout de force, je me laisse tomber sur le canapé situé derrière moi. Je n'ai pourtant pas apporté beaucoup d'affaires, seulement le strict nécessaire pour s'habiller, avoir une hygiène convenable et quelques bouquins. Mais, la nuit dern ière a été si agitée que le trajet a achevé de m'épuiser. — Tu es certaine de ne pas vouloir rester dîner ave c moi ? proposé-je une énième fois à Manon, qui est gentiment venue me don ner un coup de main pour mon emménagement dans l'appartement de Simon. En apprenant ma venue ici, les grands-parents de ce dernier m'ont gentiment proposé de m'héberger dans le deux pièces qu'ils lo uent à leur petit-fils depuis qu'il a commencé ses études. — Absolument certaine. La route est longue et demai n nous avons... Enfin, j'ai cours à huit heures, se reprend-elle en esquissant un léger sourire. Elle s'avachit à son tour sur le confortable cuir v ieilli et étend ses longues et fines jambes comme elle le peut, parmi l'amas de cartons. Je l'observe attentivement, une once de frustration au fond du regard. Manon n'a ja mais mis les pieds dans cet appartement, pourtant elle semble si à l'aise qu'un e pointe de jalousie se manifeste dans un coin de ma tête. A l'inverse, je suis venue ici si souvent que j'en connais les moindres recoins cependant, je suis incapable de me sentir aussi bien que lorsque Simon se baladait entre ses murs. Son absence change toute ma perception des lieux, l es murs sont plus ternes, le goutte à goutte du robinet de la salle de bains plu s épouvantable, et je suis même convaincue que l'air est devenu plus oppressant. Ri en n'est plus pareil sans lui. Même le timbre de voix de mon amie, d’ordinaire si enjou é, me semble tout à coup plus fade. — En revanche, je ne suis pas contre un petit café, s'anime-t-elle en se levant avec vivacité. Je l'imite avec moins de dynamisme et me faufile ju squ'à la machine à café que j'ai appris à dompter au fil de mes visites. Manon me rejoint afin de savourer la boisson chaude et s'accoude au bar qui délimite l'espace en tre la cuisine et le salon. Très vite, elle s'attarde un moment sur le cadre posé à ses cô tés. Son regard croise le mien, avant de se reporter sur la photo. — À moi aussi, il me manque, murmure-t-elle en care ssant le verre sous lequel se trouve l'image figée de Simon, plein de vie, et moi , lors des vacances estivales de nos dix-huit ans. L’esprit chahuté et lointain, je me perds dans mes souvenirs jusqu'à ce que je sente les yeux de Manon posés sur moi. Elle empriso nne tendrement mon poignet de sa main réchauffée par la tasse brûlante et d'une l égère pression, mon amie me transmet sa sincère compassion. A chacune des visit es de Simon à mon ancien studio, elle était toujours de la partie pour s'amuser avec nous et prendre part à nos fantaisies en tout genre. Je l’observe un instant et comprends que sa voix à belle et bien changé, Simon laisse là aussi un vide pesant. Quelques minutes plus tard, la jeune femme se dirig e vers la porte d'entrée et enfile sa veste avant de s'avancer vers moi. Nous n ous étreignons longuement bien que ces marques d'affection ne soient pas vraiment mon style, puis nous nous
séparons à contrecœur. Une fois Manon partie et après l'avoir remerciée un e bonne centaine de fois pour sa précieuse aide, j'entame le déballage de mes car tons. J'ajoute mes robes à la penderie de Simon, sans pour autant m'imposer. J'al igne mes produits avec les siens sur le rebord du lavabo et comble les étagères enco re vides de la bibliothèque de mes livres. La tâche achevée, je consulte l'horloge de la cuisine qui indique dix-sept heures. J'erre dans le salon afin de passer le temps et y d écouvre un sachet de bonbons à la violette que Simon a pour habitude de mastiquer dep uis quelques années déjà. Le paquet à la main, je me glisse sur le canapé. Le si lence pesant contraste tant avec les éclats de rire qui ont souvent résonné dans cet app artement, que mon cœur se resserre. Un rapide coup d’œil autour de moi, et le s souvenirs qui s'en suivent parviennent aisément à me convaincre qu'une balade dans le quartier me ferait le plus grand bien. Je divague nonchalamment dans les rues avoisinantes , mémorisant avec minutie chaque commerce, chaque bâtiment sortant de l'ordin aire, chaque détail qui puisse me faciliter le chemin du retour. Hors de question de me perdre dès mon premier jour dans cette immense ville. Habituellement, je me fie à Si mon sans prêter aucune attention à l’environnement qui nous entoure. Après avoir vaga bondé pendant près d'une demi-heure, j'entre finalement dans un petit café du qua rtier, à quelques pas de mon nouveau domicile. Je m'installe à une table accolée à l'immense vitre donnant sur la rue que j'observe vaguement, perdue dans de vieille s pensées tumultueuses. — Bonjour, s'exclame tout à coup une voix grave, me faisant sursauter. Je me retourne brusquement. Un jeune homme brun d'u ne vingtaine d'années se tient au bout de la petite table. Dans sa main, une minuscule tablette m'informe qu'il travaille ici. — Bonjour, répliqué-je après l’avoir dévisagé brièv ement, tout sourire. Tandis que ses lèvres s'étirent plus franchement, s es yeux noisette me scrutent scrupuleusement dans une intensité extrême, à la li mite du raisonnable pour un serveur. Ces derniers se posent sur mon faible déco lleté, et c'en est trop. — Un diabolo fraise, s'il vous plaît, réclamé-je sè chement. Aussitôt, les traits du jeune homme se referment et son regard se rabat en un éclair sur sa tablette où il y sélectionne ma comma nde. Sans un mot, il s'éloigne en direction du comptoir derrière lequel il disparaît. Je le surveille furtivement et lorsqu'il revient vers moi, je contiens mon amusement au mome nt où il manque de renverser mon verre, tant ses mains tremblent de gêne. Seules quelques gouttes s'éparpillent sur la table. — Je suis désolé, ce n'est pas dans mes habitudes. Pardonnez-moi, se confond-il nerveusement en excuses. — Qu'est-ce qui n'est pas dans vos habitudes ? Renv erser des verres ou reluquer des décolletés ? répliqué-je du tac au tac, sans au cune retenue tant je me prends au jeu de le mettre mal à l’aise. — Euh... Les deux. Mais je tiens surtout à m'excuse r pour le décolleté, je... Je le fixe, prenant un malin plaisir à le regarder s’enfoncer. Ses joues se colorent d'une teinte rosée à peine perceptible, mais ses ye ux rivés au sol et ses mains moites qui torturent le bout de sa chemise en disent long. — C'est bon, il n'y a pas mort d'homme, lancé-je, refrénant un éclat de rire. Me retrouver là, la gorge nouée de tristesse et la tête hurlant de colère, face à ce jeune homme à la mine déconfite allège agréablement mon état. Ses yeux chargés d’une douce virilité, où s’y côtoient honte et mali ce, espoir et détresse, se relèvent et