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Français

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Laisse-moi t'aimer

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Description


L’amour était décevant... J’étais aveugle, jusqu’à ce qu’il m’ouvre les yeux.


La fin de mon conte de fées s’est avérée être un cauchemar. La peur de celui avec qui j’avais partagé des voeux m’avait tenue captive bien trop longtemps. Mais il y avait une lumière au milieu de ces ténèbres – ma fille, Ailith. Elle m’avait donné la force d’échapper à la prison de cet amour.


Je suis maintenant une mère célibataire de retour à la maison en Écosse essayant de maintenir à flot le centre d’entraînement équestre familial. Recommençant à zéro dans une petite ville, je peine à trouver le courage de revivre, tout en me rappelant qui j’étais.


Un jour, le regard d’un bel inconnu fait battre mon coeur et une lueur d’espoir entremêlée de désir me transperce. Il me fait ressentir des choses que j’avais oubliées depuis longtemps, me rappelant que le contact d’un homme peut apporter du plaisir et pas uniquement de la douleur.


Pour Laura et Kristian, tout change avec un regard. Leur attirance est indéniable, mais deux personnes qui ont été blessées par le passé peuvent-elles ouvrir leur coeur et réapprendre à aimer ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 54
EAN13 9782376767671
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.


Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/



Laisse-PRL W¶DLPHU
Copyright de l¶édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l¶édition anglaise © 2017 Karen Ferry
Titre original : Time to learn
© 2017 Karen Ferry
Traduit de l¶anglais par Charlotte Puech et Melody Nelson
Relecture et correction par Valérie Dubar, Sonia Frattarola, Topie

Conception graphique : © Tanya pourMore Than Words Graphic Design

Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l¶ebook ou le papier, ne peut
être reproduite ou transférée d¶aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique
ou physique sans la permission écrite de l¶éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet.
Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait
d¶information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d¶information,
merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/

ISBN : 978-2-37676-767-1
Première édition française : mai 2020
Première édition : juin 2017

Édité en France métropolitaine

Table des matières
A
vertissements

Dédicace

Remerciements

1RWH GH O¶DXWHXU

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Chapitre 34

Épilogue

¬ SURSRV GH O¶$XWHXU

Résumé



Avertissements






&HFL HVW XQH °XYUH GH ILFWLRQ. Les noms, les personnages, les lieux et les
faits décrits ne sont que le produit de l¶imagination de l¶auteur, ou utilisés
de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement
existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des
événements ou des lieux ne serait que le fruit d¶une coïncidence.

Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et un langage adulte, ce
qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné
à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis
par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de
stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des
mineurs.










Dédicace


Pour Laura
%LHQ TXH QRXV VR\RQV j GHV NLORPqWUHV O¶XQ GH O¶DXWUH WX HV WRXMRXUV GDQV
PRQ F°XU
Merci de faire partie de ma famille.







Remerciements


Laura & Morgan±vous savez déjà combien je vous aime. Merci beaucoup
pour tout.
Merci à tous les membres de mon groupe de lecteurs±votre soutien, votre
humour et votre amour non seulement pour mon travail, mais également
pour mes personnages sont tout simplement merveilleux. Je suis vraiment
UHFRQQDLVVDQWH SRXU FKDFXQ G¶HQWUH YRXV

Merci à ma merveilleuse équipe bêta, Trish, Dina et Zetti±mesdames, vos
commentaires incroyables, vos idées et vos suggestions ont rendu ce livre
WHOOHPHQW PHLOOHXU TX¶LO QH O¶pWDLW

Merci à tous les auteurs, blogueurs et lecteurs qui continuent de me montrer
à quel point notre communauté indépendante est forte et incroyable. Je suis
tellement reconnaissante pour votre soutien.
Merci à mes parents et à mes beaux-SDUHQWV G¶DYRLU FUX HQ PHV HVSRLUV HW
PHV UrYHV SRXU O¶DYHQLU
0HUFL j PRQ FKHU PDUL /DUV G¶rWUH Oj SRXU PRL WRXV OHV MRXUV 0HUFL GH
P¶DLPHU TXRL TX¶LO DUULYH -H W¶DGRUH 3RXU WRXMRXUV HW j MDPDLV

(QILQ HW VXUWRXW PHUFL FKHUV OHFWHXUV G¶DYRLU DSSUpFLp PHV KLVWRLUHV 9RXV
rWHV OD UDLVRQ SRXU ODTXHOOH M¶pFULV 9RXV rWHV OD UDLVRQ SRXU ODTXHOOH MH
réalise mes rêves. Pour cela, je vous suis éternellement reconnaissante.




ǯ



-¶DL WRXMRXUV pFULW XQH FRXUWH QRWH GDQV FKDFXQ GH PHV OLYUHV HW YX TX¶LO
V¶DJLW GX GHUQLHU URPDQ FRPSOHW GH OD VpULHCroire, je ne vais pas rompre
avec la tradition.

-H Q¶DL MDPDLV YRXOX pFULUH FH OLYUH PDLV XQH GH PHV DPLHV WUqV SURFKHV D
exigé que jeOXL UDFRQWH O¶KLVWRLUH GH .ULVWLDQ 'HSXLV TX¶HOOH O¶DYDLW
rencontré dans mon premier livre,Fais-moi y croire, et même si cette
rencontre était très brève, elle a été fascinée par lui± HW VRQ F°XU WHQGUH
avait besoin de savoir comment il parviendrait à avoir sa fin heureuse. Donc,
DSUqV EHDXFRXS GH UpIOH[LRQ M¶DL GpFLGp: « Pourquoi pas ? ».

&¶pWDLW LO \ D HQYLURQ XQ DQ $X GpEXW MH YRXODLV VHXOHPHQW TXH FH OLYUH VRLW
XQH QRXYHOOH PDLV j FKDTXH FKDSLWUH TXH M¶pFULYDLV LO GHYHQDLW pYLGHQW TX¶LO
y avaitEHDXFRXS j GLUH VXU /DXUD HW .ULVWLDQ ,OV P¶RQW JDUGp pYHLOOpH WDUG
dans la nuit, et je me suis demandé si je serais en mesure de révéler
SDUIDLWHPHQW WRXV OHXUV VHFUHWV -¶HVSqUH DYRLU IDLW GX ERQ WUDYDLO

Maintenant,Laisse-PRL W¶DLPHUest terminé, etMH VXLV WUqV KHXUHXVH G¶DYRLU
écouté mon amie il y a si longtemps± RX GX PRLQV F¶HVW O¶LPSUHVVLRQ TXH
M¶DL PrPH VL FHOD QH IDLW TXH GHX[ DQV &H OLYUH HVW XQ YpULWDEOH WUDYDLO
G¶DPRXU HW ELHQ TXH MH VRLV XQH SHUVRQQH WUqV VHQVLEOH VDFKDQW WUqV ELHQ
queWRXW OH PRQGH QH O¶DSSUpFLHUD SDV M¶HVSqUH TXH YRXV YHUUH] j TXHO SRLQW
MH WLHQV j FHV SHUVRQQDJHV -¶DL HVVD\p GH OHXU GRQQHU YLH HQ UHVWDQW ILGqOH j
moi-PrPH HW j PRQ F°XU PDLV HQ pWDQW pJDOHPHQW UpDOLVWH j ELHQ GHV
pJDUGV 3DUFH TXH F¶HVW OH JHQUH G¶auteur que je suis± jeveux écrire des
KLVWRLUHV G¶DPRXU TXL SRXUUDLHQW WUqV ELHQ VH SURGXLUH GDQV OH PRQGH UpHO
Et dans le monde dans lequel nous vivons, les choses deviennent tout le
temps compliquées± PDLV F¶HVW FH TXL HVW VL IDVFLQDQW Q¶HVW-ce pas ?

Une dernière chose± FRPPH MH O¶DL PHQWLRQQp FL-GHVVXV F¶HVW OH GHUQLHU
URPDQ GH OD VpULH PDLV FHUWDLQHPHQW SDV OD GHUQLqUH KLVWRLUH ,O \ D G¶DXWUHV
personnages que vous avez déjà rencontrés et auxquels je vais bientôt
P¶LQWpUHVVHU 7RXW FRPPH MH O¶DLpromis.

%RQQH OHFWXUH 0HUFL GH P¶DYRLU GRQQp XQH FKDQFH DLQVL TX¶j PRQ WUDYDLO
Cela signifie vraiment beaucoup pour moi.
Avec amour,

Karen Ferry.








ÇWUH OH SUHPLHU DPRXU GH TXHOTX¶XQ SHXW rWUH IRUPLGDEOH
mais être leur dernier est au-delà de la perfection.
Auteur inconnu


Laisse-moi
6#+/'4
Croire #3



Karen Ferry


Prologue

LAURA

Laisse- ǯ| 1



Respire.
Inspire.
Expire.
1H UpIOpFKLV SDV 1H WH UHWRXUQH SDV 1¶DLH SDV SHXU TX¶LO WH VXLYH
6RLV ILqUH GH W¶rWUH HQIXLH
'¶rWUH HQILQ OLEpUpH GH OXL

Mon corps est tourmenté de frissons, et mon ventre se serre quand
je repense à la façon dont les choses se sont déroulées au tribunal
DXMRXUG¶KXL -H FURLVH PHV GRLJWV HQVHPEOH OHV WRUGDQW HW OHV WRXUQDQW VXU
PHV JHQRX[ MXVTX¶j FH TXH OD GRXOHXU PH IDVVH KDOHWHU

²Ça va, bébé ?
La voix inquiète de Trish me tire du brouillard dans lequel a été mon
cerveau ces derniers mois.
-¶DYDOH OD ERXOH GDQV PD JRUJH HW M¶HVVDLH GH VRXULUH j OD SDUWLH GH
son visage que je peux voir dans le rétroviseur.

²Ça va aller, croassé-je.

-H Q¶DL SDV SDUOp OLEUHPHQW GHSXLV VL ORQJWHPSV /H WRQ SHX IDPLOLHU
GH PD YRL[ PH VXUSUHQG HW MH PH GHPDQGH GHSXLV FRPELHQ GH WHPSV M¶DL
O¶DLU VL HQQX\HXVH HW VDQV YLH
Maintenant que je commence à voir les choses plus clairement, je
VDLV TXH FH Q¶HVW SOXV FH TXH M¶pWDLV

2 | Karen Ferry


6HV \HX[ EOHXV V¶DGRXFLVVHQW GHYDQW PD UpSRQVH YDJXH PDLV DX
PRPHQW R MH FUDLQV TX¶HOOH V¶DSSUrWH j PH SRVHU G¶DXWUHV TXHVWLRQV VRQ
regard se détourne du mien et se reporte sur la route devant elle. Je
P¶DIIDLVVH VXU PRQ VLqJH HW MHferme les yeux.
/D YpULWp F¶HVW TXH MH VXLV OD SHUVRQQH OD SOXV PDO TXL VRLW ±surtout
DSUqV DYRLU pWp DFTXLWWpH G¶XQ PHXUWUH GH VDQJ-froid.
²Maman ?
Je regarde à ma gauche, la chose la plus précieuse au monde assise
à côté de moi±ma fille, Ailith.
²Oui, chérie ?

0RQ VRXULUH HVW IRUFp JULPDoDQW -H VDLV TX¶HOOH Q¶\ FURLW SDV
²Va-t-LO« 9D-t-il venir après nous ?
0RQ F°XU VH EULVH VRXV OD SHXU TXH MH SHX[ HQWHQGUH GDQV VD YRL[

(Q VHFRXDQW OD WrWH M¶DWWUDSH VD PDLQ HW MH IL[H OD URXWH GHYDQW QRus.
Ma main tremble beaucoup, mais le contact de sa peau sur la mienne est
FRPPH XQ EDXPH SRXU PRQ kPH EOHVVpH HW M¶HQ WLUH GX FRXUDJH
'LHX PHUFL F¶HVW O¶pWp HW OD URXWH HVW GpJDJpH $X PRLQV QRXV
Q¶DYRQV SDV j QRXV LQTXLpWHU G¶XQH WHPSrWH
²Non. Il ne viendra pas nous chercher, je te le promets,
chuchotéje. Il ne nous fera plus jamais de mal.
Silence.
²Je ledéteste, chuchote-t-elle alors.

-H YHX[ P¶HIIRQGUHU HW SOHXUHU
(OOH HVW WURS MHXQH SRXU VDYRLU FH TX¶HVW OD KDLQH
-H Q¶DUUrWH SDV GH PH GLUH TX¶$LOLWK QH FRPSUHQG SDV YUDLPHQW FH
qui se passe ni pourquoi Trish nous emmène. Je lui ai dit que nous partions
j O¶DYHQWXUH TXH QRXV DOOLRQV UHQGUH YLVLWH j VD 1DQ HW PrPH VL FHWWH SDUWLH
est vraie, je ne lui ai pas dit que la durée de notre visite serait permanente.

Laisse- ǯ| 3


0DLV M¶DXUDLV G P¶HQ GRXWHU 0D ILOOH Q¶D TXH VL[ DQV PDLV HOOH HVW
LQWHOOLJHQWH SHUVSLFDFH -¶DXUDLV DLPp TX¶HOOH SXLVVH JDUGHU O¶LQQRFHQFH GH
O¶HQIDQFH SOXV ORQJWHPSV; pouvoir la protéger de la cruauté qui a sévi dans
notre propre maison.
-¶DL pFKRXp GH WDQW GH IDoRQV FRPPH PqUH GDQV OH SDVVp PDLV SOXV
maintenant.

²Je le déteste aussi, chuchoté-MH DYDQW GH P¶pFODLUFLU OD JRUJH HQ
essayant de contrôler mes émotions. Je te jure que je ne laisserai rien
W¶DUULYHU

Je risque un autUH FRXS G¶°LO UDSLGH VHUUDQW VD PDLQ GDQV OD PLHQQH
Les larmes sur ses joues couvertes de taches de rousseur me brisent le
F°XU
² ¬ SDUWLU GH PDLQWHQDQW F¶HVW MXVWH WRL HW PRL $LOLWK 0DUJDUHW
-H SRUWH VD PDLQ j PD ERXFKH HW O¶HPEUDVVH
²Je te le promets.
² &¶HVW MXVWH WRL PRLetNan Wenn, réplique-t-elle, et mon sourire
est plus authentique cette fois-ci.

² Etmoi, intervient Trish, faisant revenir en force la boule dans ma
gorge.
-H FOLJQH UDSLGHPHQW GHV \HX[ HVVD\DQW G¶HPSrFKHU OHsanglot
VRXODJp GH V¶pFKDSSHU GH PHV OqYUHV
&HSHQGDQW M¶DL EHDXFRXS G¶HQWUDvQHPHQW SRXU UDYDOHU PHV pPRWLRQV
et je parviens à me maîtriser.
En acquiesçant lentement, je regarde à nouveau Ailith.
² 2XL LO Q¶\ D SOXV TXH QRXV TXDWUH j SDUWLU GH PDLQWHQDQW 6¶LO WH
SODvW HVVDLH GH GRUPLU ,O QRXV UHVWH HQFRUH GHX[ KHXUHV DYDQW G¶DUULYHU
chez Nan.

² '¶DFFRUG PDPDQ

4 | Karen Ferry


4XHOTXHV PLQXWHV SOXV WDUG M¶HQWHQGV XQ OpJHU URQIOHPHQW VRUWDQW GH
sa bouche et je respire à nouveau profondément. Un étrange mélange de
VRXODJHPHQW HW GH SHXU P¶HQYDKLW GHYDQW O¶pQRUPLWp GH FH j TXRL M¶DL
pFKDSSp DXMRXUG¶KXL

Le soulagement que nous sommes enfin libres.
La peur de ce qui va se passer maintenant.
Mais je ne laisserai pas la peur gagner cette fois.
-H UHIXVH G¶rWUH IDLEOH j QRXYHDX
/¶DYHQLU HVW XQH HQWLWp LQFRQQXH SRXU OH PRPHQW PDLV LO \ D XQH
chose dont je suis certaine±je ne laisserai plus jamais la peur régner sur
ma vie.

Notre vie.
²Maman, chuchoté-je dansO¶REVFXULWp GH OD QXLW 1RXV UHQWURQV j
la maison maintenant.




Journal de Laura

Chapitre 1

LAURA

Laisse- ǯ| 5

Les gens disent que les blessures guérissent avec le temps. Ils disent
TX¶XQH IRLV TXH OH PDO TXL D IDLW SDUWLH GH YRWUH YLH SHQGDQW VL ORQJWHPSV
aura été tué±comme si vous étiez un chevalier brandissant une épée,
assassinant le dragon crachant le feu± HW TX¶LO VHUD SDUWL SRXU GH ERQ
vous pourrez respirer librement à nouveau.

-H QH VXLV SDV G¶DFFRUG

Les preuves matérielles de mes blessures ont peut-être guéries
GHSXLV TX¶$LOLWK HW PRL QRXV VRPPHV pFKDSSpHV GH QRWUH SULVRQ GHX[
ans auparavant, mais daQV PRQ F°XU HOOHV VXSSXUHQW WRXMRXUV HW
EUOHQW FRPPH VL HOOHV pWDLHQW EpDQWHV (OOHV Q¶RQW SDV FLFDWULVp RX JXpUL
GX WRXW HW M¶HQ DL WHOOHPHQW DVVH] MH VXLV IDWLJXpH GH PH UpYHLOOHU FKDTXH
PDWLQ HQ UHVVHQWDQW OD GRXOHXU GDQV PRQ kPH FRPPH VL F¶pWDLW
seulement la veille que nous avions retrouvé notre liberté.
Chaque soir, je me couche en priant pour que le processus de
guérison commence dès mon réveil le lendemain.
3RXUWDQW FKDTXH PDWLQ ORUVTXH MH PH UpYHLOOH j O¶DXEH PHV
espoirs sont anéantis alors que je les sens me piquer et me sonder de
O¶LQWpULHXU
Quand cela se terminera-t-il ?
6L FH Q¶pWDLW SDV SRXU $LOLWK MH QH SHQVH SDV TXH M¶DXUDLV HX OD
IRUFH GH FRQWLQXHU j DOOHU GH O¶DYDQW

6 | Karen Ferry


6L FH Q¶pWDLW SDV SRXU PD PqUH HW VHV FKHYDX[ MH Q¶DXUDLV SDVde
routine.
6L FH Q¶pWDLW SDV SRXU PRQ MRXUQDO MH QH VHUDLV SDV Oj

Ces trois facteurs sont la raison pour laquelle je peux repousser
les fantômes du passé et traverser les jours, prétendant auprès des gens
que je suis redevenue moi-même.

8Q MRXU M¶HVpère que je le serai.

² Ailith &¶HVW O¶KHXUH GH SDUWLU! crié-je, en tendant mon cou pour
UHJDUGHU HQ KDXW GH O¶HVFDOLHU TXDQG MH O¶HQWHQGV FRXULU
²Maman, je ne trouve pas mon jean porte-bonheur ! hurle-t-elle en
retour.
Elle lève les mains enO¶DLU FODLUHPHQW GDQV XQ pWDW GH SDQLTXH
SUpDGROHVFHQWH -¶RXYUH OD ERXFKH SRXU OXL GLUH Rù le trouver, mais elle
repart en courant.
En soupirant, je regarde ma montre avant de monter les marches de
O¶HVFDOLHU GHX[ SDU GHX[
² Nousne pouvons pas être en retard cette fois-ci, dis-je en me
précipitant vers la porte de sa chambre. Il est dans ta penderie. Allez,
vas\ V¶LO WH SODvW

²ne sais pas pourquoi nous devons aller chez un stupide Je
dentiste, marmonne-t-HOOH HQ V¶DVVH\DQW VXU VRQ OLW
Je réprime un autre soupir fatigué. Ils semblent se produire plus
IUpTXHPPHQW TX¶DXSDUDYDQW FHV MRXUV-ci.
² 6¶LO WH SODvW QH UHFRPPHQFH SDV $LOLWK 0DUJDUHW
(OOH HQILOH VRQ MHDQ QRLU HQ IDLVDQW OD PRXH PDLV MH O¶LJQRUH HW
YpULILH O¶KHXUH HQFRUH XQH IRLV

Laisse- ǯ| 7


Super. Nous allons être en retard.
² -H W¶DWWHQGUDL HQ EDV PXUPXUp-je, puis je la laisse seule.
Je ne peux pas faire face à une autre séance de boudage alors que je
Q¶DL PrPH SDV HQFRUH HX O¶RFFDVLRQ GH SUHQGUH XQH WDVVH GH FDIp
convenable.

Je me dépêchH GH GHVFHQGUH HW G¶DOOHU GDQV OD FXLVLQH MXVWH DX
moment où ma mère entre par la porte arrière. Ses cheveux gris sont aussi
GpFRLIIpV TXH OHV ERXFOHV DXEXUQ G¶$LOLWK HW FRPPH VD SHWLWH-fille, elle ne
V¶HQ VRXFLH SDV $X OLHX GH FHOD HOOH OHV ODLVVH WRPEer sauvagement dans
son dos la plupart du temps.
Et comme Ailith, elle peut généralement être vue en tenue
G¶pTXLWDWLRQ RX HQ MHDQ
Ces deux-Oj VH UHVVHPEOHQW FRPPH GHX[ JRXWWHV G¶HDX PDOJUp WRXWHV
les années qui les séparent. Heureuses de passer leurs journées à
O¶H[WpULHXU HW SDUPL OHV FKHYDX[

-¶DLPH FHOD FKH] HOOH

²Je pensais que tu serais déjà partie, Laura, dit-elle, les yeux levés
HQ VLJQH G¶LQWHUURJDWLRQ WDQGLV TX¶HOOH V¶HVVXLH OHV SLHGV VXU OH SDLOODVVRQ
usé.
Sally, son vieux border collie, tURWWH MXVTX¶j PRL HW MH PH SHQFKH
pour lui gratter les oreilles.
² Moiaussi, maman. Mais Ailith avait besoin de son jean
portebonheur et elle ne le trouvait pas.

Je lève les yeux au ciel et renifle.
0DPDQ ULW DORUV TX¶HOOH DFFURFKH VD YHVWH HQ WRLOH jla patère.
²Ah, je vois.
Je fronce le nez tandis que je me dirige vers la table au milieu de la
SLqFH HW SUHQGV OD FDIHWLqUH HQ OD VHFRXDQW XQ SHX -¶DUULYH j pWRXIIHU OH

8 | Karen Ferry


soupir qui veut sortir de ma bouche cette fois-FL PrPH VL M¶DL SUHVTXH
envie de pleurer quand je trouve le pot vide.Vide.
²pensais que les années pré-adolescentes ne commenceraient Je
pas avant au moins quatre ou cinq ans.

8Q VHQWLPHQW G¶DSSUpKHQVLRQ j SURSRV GH O¶DYHQLU V¶LQVWDOOH GDQV
PRQ F°XU
² (K ELHQ $LOLWK Q¶HVW SDV FRPPH OHs autres enfants de son âge. Tu
le sais.
Mes yeux se posent sur son visage au ton de sa voix, me demandant
si elle oublie encore une fois, comme par hasard, que nous ne mentionnons
MDPDLV OH SDVVp 0DLV VRQ SURILO HVW GpWRXUQp DORUV TX¶HOOH VH GLULJH YHUV
O¶pYLHU GH OD FXLVLQH SRXU HQOHYHU OD VDOHWp GHV pFXULHV GH VHV PDLQV HW MH
laisse tomber.
²Serez-vous à la maison pour le déjeuner ? me demande-t-elle.
6RXODJpH G¶HQWHQGUH TXH OD OpJqUHWp HVW GH UHWRXU GDQV VD YRL[ MH
chasse les pensées malheureuses de mon esprit et secoue la tête.
² Non,nous allons nous promener en ville pendant que nous y
sommes. As-tu besoin que je te prenne quelque chose ?
-¶DSSXLH XQH KDQFKH VXU OH FRPSWRLU GH OD FXLVLQH HW MH WDPERXULQH
mes doigts sur le vieux fauteuil à bascule à côté de moi, impatiente de
partir.

²Tu veux dire, ai-MH EHVRLQ G¶XQ QRXYHDX OLYUH KXP?
(Q VRXULDQW DORUV TX¶HOOH VH UHWRXUQH j GHPL SRXU PH VRXULUH MH
KDXVVH OHV pSDXOHV XQ SHX SHQDXGH TX¶HOOH P¶DLW GpPDVTXpH ±encore.
²Peut-être.
Elle secoue légèrement sa tête.
²Non, merci, ma fille.

Laisse- ǯ| 9


(OOH V¶HVVXLH OHV PDLQV HW SXLV LQGLTXH G¶XQ GRLJW VRQ VDF j PDLQ VXU
la table.
²il y a un billet de dix dans mon portefeuille, prends-le et Mais
offre à Ailith et toi une babiole ou deux.
²Maman, protesté-je. Tu ne peux pas continuer à nous gâter ainsi.
-H OXL VRXULV FKDOHXUHXVHPHQW WRXFKpH SDU VRQ FDGHDX &¶HVW LQXWLOH
G¶HVVD\HUla combattre sur ce sujet. Je sais que mes protestations de
WRPEHURQW GDQV O¶RUHLOOH G¶XQ VRXUG

:HQQ 6RSKLH 7XUOH\ Q¶DFFHSWH SDV XQ QRQ FRPPH UpSRQVH
-H SUHQGV VRQ VDF j PDLQ HW O¶RXYUH SRXU SUHQGUH OH ELOOHW OH PHWWDQW
dans la poche de ma veste.
² 0DPDQ MH VXLV SUrWH PDLQWHQDQW DSSHOOH $LOLWK DORUV TX¶HOOH
VDXWH GDQV O¶HVFDOLHU HW MH IDLV XQ SHWLW VLJQH j PDPDQ DORUV TXH MH PH
tourne pour partir.
² '¶DFFRUG QRXV SDUWRQV ¬ SOXV WDUG
²Amusez-vous bien, vous deux ! Essaie de trouver un homme pour
O¶LQYLWHU j GvQHU j OD PDLVRQ FHWWH IRLV /DXUD

Secouant la tête devant les au revoir habituels de maman, je prends
OD PDLQ G¶$LOLWK GDQV OD PLHQQH HW OXL VRXULV

²Allez, allons-y.

$ORUV TX¶HOOH PH VRXULW MH SRXVVH XQ SHWLW VRXSLU GH VRXODJHPHQW
dHYDQW OH IDLW TX¶HOOH D GpMj RXEOLp VD PDXYDLVH KXPHXU -¶RXYUH OD SRUWH
croisant les doigts pour que mon ancienne Coccinelle démarre cette
foisci sans tousser et bafouiller comme une vieille chèvre. Ailith se retourne
juste avant que nous passions la porte et fait un signe à maman.

²Au revoir, Gan-Gan !
²Au revoir, ma chérie, se moque maman du nom inventé par Ailith
pour elle, et elle lui fait signe en retour.

10 | Karen Ferry


Alors que nous marchons vers la voiture et que je lève les yeux vers
OH EHDX FLHO EOHX M¶HVVDLH GH QH SDV WURS VWUHVVHU G¶rWUH HQ UHWDUG SRXU QRWUH
rendez-vous.
/D YLH HVW WURS FRXUWH SRXU V¶LQTXLpWHU WRXW OH WHPSV
6L VHXOHPHQW M¶pFRXWDLV SOXV VRXYHQW PHV SURSUHV FRQVHLOV OHV
choses seraient peut-être plus faciles à gérer sur le long terme.

²? me demande Ailith Pouvons-nousaller chez le glacier maintenant
pour la énième fois, un léger gémissement dans sa voix, après que nous
sommes parties de chez le dentiste.
² 1RQ QRXV QH SRXYRQV SDV 7X DV HQWHQGX FH TX¶LO D GLW ±tu si
continues à manger trop de sucre, tes dents tomberont.
Je mets le reçu dans ma poche tandis que nous descendons la rue
Sauchiehall pour aller à la grande librairieWaterstone.
Ailith frappe une petite pierre sur le trottoir, et je prends sa main
dans la mienne avant que nous traversions la rue.
² 0DLV LO IDLW VL FKDXG DXMRXUG¶KXL

(Q UHJDUGDQW VD WrWH SHQFKpH M¶HVVDLH GH WURXYHU TXHOTXH FKRVH SRXU
OXL IDLUH RXEOLHU OD JODFH SRXU O¶LQVWDQW &H Q¶HVW SDV IDFLOH HW HOOH D UDLVRQ
± F¶HVW XQH MRXUQpH FKDXGH

²Voyons si nous pouvons trouver un bon livre à la place, Ailith.
Gan-Gan a dit que nous devrions nous offrir un petit quelque chose, après
tout.
Je lui serre la main et lui offre un grand sourire quand son regard
maussade rencontre le mien.
² 2K G¶DFFRUd, marmonne-t-elle.

Laisse- ǯ| 11


Je veux rouler les yeux dans sa direction, mais je ne le fais pas±ce
ne serait pas approprié.
²Tu crois que Gan-Gan aura raison cette fois, maman ?
²À propos de quoi ? lui demandé-je.

²Tu penses que tu trouveras un homme ?

Sa qXHVWLRQ PH GpFRQFHUWH FRPSOqWHPHQW HW MH P¶DUUrWH -H VHUUH VD
PDLQ HW OXL IDLV XQ FOLQ G¶°LO
²Écoute, chérie, je ne vaispasau magasin pour essayer de trouver
XQ KRPPH G¶DFFRUG?
-H ULV GH O¶DEVXUGLWp GH O¶LGpH
Elle plisse les yeux vers moi, etMH PH SHQFKH SRXU O¶HPEUDVVHU VXU
le nez.

² -H QH YHX[ SDV G¶KRPPH -H W¶DL WRL HW F¶HVW DVVH] SRXU PRL
Je glisse une mèche de ses boucles sauvages derrière son oreille et
O¶HPEUDVVH VXU OD MRXH
Elle hausse les épaules.
² -H QH VDLV SDV -¶DLPHUDLV WHvoir sourire à nouveau, maman.
(OOH SRXVVH XQ JUDQG VRXSLU WDQGLV TX¶HOOH GpWRXUQH OH UHJDUG HQ
évitant mes yeux.
²Tu ne souris plus jamais.
² &H Q¶HVW SDV YUDL SURWHVWp-je. Tu vois ?
-¶HVVDLH GH IDLUH REpLU PHV OqYUHV PDLV VRXULUH VDQV IDLUH VHPEOant
Q¶HVW SDV IDFLOH SRXU PRL
²Je souris tout le temps.
Elle sourcille dans ma direction avant de lever sa main droite,
plaçant son index sur le coin de la bouche.

12 | Karen Ferry


²tes yeux sont toujours tristes. Je ne veux plus que tu sois Mais
triste.
0RQ F°XU VH IHQG TXDQG HOOH FRPPHQFH j UHQLIOHU HW MH O¶DWWLUH GDQV
PHV EUDV O¶pWUHLJQDQW IpURFHPHQW

² 2K PD FKpULH«
Je prends une profonde inspiration.
²Je ne suis pas triste.

-¶HVVDLH GH PDVTXHU OH PHQVRQJH FRXYUDQW PHV PRWV HW MH SHQVH TXH
je réussis cetteIRLV SDUFH TXH TXDQG HOOH PH UHJDUGH j QRXYHDX LO Q¶\ D
pas de larmes qui coulent sur ses joues.
²Tu me le promets ?
²Oui. Je te le promets.

Je libère mes bras autour de sa petite taille et je me recule, clignant
des yeux pour faire partir mes propres larmes.
² -H VXLV GpVROpH GH W¶DYRLU IDLW SHQVHU oD P¶H[FXVp-je. Je ferai
mieux, je te le promets.
Elle soupire et acquiesce, en restant silencieuse. Sans un autre mot,
je me redresse, prends à nouveau sa main dans la mienne, et nous
commençons àPDUFKHU $ORUV TXH QRXV QRXV DSSURFKRQV GH O¶HQGURLW TXL
me fait toujours respirer un peu plus facilement, je claque mentalement
PD MRXH -¶DL EHVRLQ GH UHSUHQGUH OH GHVVXV HW G¶DUUrWHU GH P¶DSLWR\HU VXU
PRQ VRUW /D GHUQLqUH FKRVH TXH MH YHX[ F¶HVW TXH Pa fille de huit ans
V¶LQTXLqWH SRXU PRL
&¶HVW YUDLPHQW Q¶LPSRUWH TXRL
$YDQW G¶HQWUHU GDQV OD OLEUDLULH MH WLUH VD PDLQ MXVTX¶j FH TX¶HOOH
V¶DUUrWH j F{Wp GH PRL /RUVTX¶HOOH PH UHJDUGH OHV VRXUFLOV OHYpV HQ VLJQH
GH TXHVWLRQ M¶LQFOLQH OD WrWH
²Et si nous allions faire une promenade lorsque nous serons à la
maison ? Je suis presque certaine que Lady aimerait ça.

Laisse- ǯ| 13


4XDQG HOOH PH VRXULW XQ PRUFHDX GH PRQ F°XU EOHVVp VH UpSDUH XQ
SHX -H SUHQGV XQH SURIRQGH LQVSLUDWLRQ O¶pPRWLRQ pWUDQJqUH P¶pWDQW
inhabituelle et étrangement familière à la fois.
²Oui ! Et tu vas monter Tonnerre cette fois ?

Mon sourire faiblit légèrement.
² -H QH VXLV SDV FHUWDLQH TX¶LO VRLW SUrW SRXU oD
Le hongre gris±notre dernier résident± Q¶HVW SDV H[DFWHPHQW IDFLOH
à côtoyer, et comme il est difficile à manipuler, sa colère et sa méfiance
envers les humains me rendent particulièrement prudente avec lui.

0DLV HQFRUH XQH IRLV« SHXW-rWUH TX¶LO HVW WHPSV GH FRPPHQFHU j
creuser en moi et retrouver mon vieux courage.

² ,O Q¶HVW Yraiment passimauvais, maman, me dit Ailith, essayant
VDQV GRXWH GH PH FRQYDLQFUH TX¶HOOH D UDLVRQ WDQGLV TXH M¶RXYUH OD SRUWH
,O D MXVWH EHVRLQ G¶XQ SHX GH 7/& F¶HVW WRXW
Je ris silencieusement.
² &RPPH MH O¶DL GLW QRXV YHUURQV 0DLV G¶DERUG QRXV Gevons
WURXYHU GHV OLYUHV JpQLDX[ TXL QRXV JDUGHURQW DX FKDXG OD QXLW G¶DFFRUG?

² Maman,tu te moques de moi, dit Ailith. Les livres ne peuvent
SDV IDLUH oD WX OH VDLV &¶HVW SK\VLTXHPHQW LPSRVVLEOH
(OOH OqYH OHV \HX[ DX FLHO GDQV PD GLUHFWLRQ HW M¶DJrippe ma poitrine
G¶XQH PDLQ DYHF XQH H[SUHVVLRQ KRUULILpH IDFWLFH
² 1H GLV SDV oD $LOLWK 7X YDV EOHVVHU OHXUV F°XUV!

Lorsque son ricanement se transforme en un rire bruyant, je ne peux
pas retenir mon propre rire soulagé, et tandis que je regarde la légèreté de
son pas alors que je lui tiens la porte ouverte, un petit rayon de soleil
V¶DOOXPH GDQV PRQ kPH

Oui. Il est temps de passer à autre chose pour de bon.

14 | Karen Ferry




4X¶HVW-ce que je fais ici ?

Chapitre 2

KRISTIAN

Laisse- ǯ| 15

Je marche lentement dans les allées deWaterstonederrière ma tante
Lise, me demandant comment trouver une excuse pour rentrer chez elle et
dormir.

/D IrWH G¶KLHU VRLU DX VDORQ GH WDWRXDJH Q¶pWDLW SDV PD PHLOOHXUH LGpH
mais jH QH SHX[ SDV QLHU TXH F¶pWDLW GU{OH
Si seulement le tapage dans ma tête et le remue-ménage dans mon
ventre pouvaient cesser.
Qui aurait cru que les fillettes écossaises pouvaient faire la fête
commeça? Tandis que les souvenirs de la nuit me traversenW O¶HVSULW
M¶HVVDLH G¶pWRXIIHU XQ JpPLVVHPHQW /HV GHX[ FRTXLQHV TXH M¶DL
UHQFRQWUpHV KLHU VRLU P¶RQW YUDLPHQW IDLW GX ELHQ
² $UUrWH GH JpPLU PRQ JDUoRQ PH UpSULPDQGH /LVH DORUV TX¶HOOH
scanne les livres de cuisine.
²Je ne le fais pas, ris-je, puis je grimace lorsque le son de ma voix
déclenche une autre vague de nausées.
² 2K PDLV VL WX OH IDLV &¶HVW HQQX\HX[et LPSROL DORUV V¶LO WH SODvW
essaie de bien te tenir.
-H JULPDFH j QRXYHDX HW SRVH XQH PDLQ VXU O¶pWDJqUH j PD JDXFKH
Je tords mon coUSV HVVD\DQW G¶rWUH SUXGHQW WDQGLV TXH MH UHMHWWH OD WrWH HQ
arrière, mes yeux se plissant lorsque la lumière vive des lampes du plafond
les frappe.

16 | Karen Ferry


² -H QH FRPSUHQGV SDV SRXUTXRL WX P¶DV WLUp GX OLW j FHWWH KHXUH
marmonné-je.
Sa main tendue chancèle aloUV TX¶HOOH WRXUQH OD WrWH HQ PH IL[DQW
² À cette heure ? &KpUL LO HVW PLGL &H Q¶HVW JXqUH O¶DXEH
Je passe une main dans mes cheveux longs et me frotte les yeux.
² 'DQV PRQ PpWLHU oD O¶HVW
-H VDLV TXH M¶DL O¶DLU G¶XQ HQIDQW LUULWDEOH PDLV MH P¶HQ ILFKH 7RXW
FH TXL P¶LPSRUWH F¶HVW GH GRUPLU XQ SHX
²Tu as trop fait la fête depuis ton arrivée le mois dernier.
/D GpVDSSUREDWLRQ GDQV VD YRL[ P¶DJDFH PDLV VHXOHPHQW SDUFH TXH
MH VDLV TX¶HOOH D UDLVRQ
-H GpWHVWH TX¶HOOH DLW UDLVRQ PDLV FHOD QHveut pas dire que je vais
arrêter.
Malgré tous mes efforts pour oublier ce qui±ou, plus précisément,
qui± P¶D FRQGXLW j *ODVJRZ PRQ F°XU PHXUWUL Q¶D SDV FHVVp GH PH IDLUH
PDO 3HX LPSRUWH GDQV FRPELHQ GH IHPPHV MH PH VXLV HQIRQFp HOOHV Q¶RQW
pas aidp j UpGXLUH PRQ FKDJULQ G¶DPRXU 0DLV MH VXLV XQ KRPPH MH YDLV
donc continuer à faire de mon mieux et essayer d'oublier la raison tatouée
aux cheveux blonds et aux yeux bleus pour laquelle je souffre tellement.
²Tu devrais peut-être ralentir un peu, Kristian.
/¶LQTXLpWXGH GDQV OD YRL[ GH /LVH PH UDPqQH GH PRQ SDVVp HW MH OXL
fais un sourire tordu. Faire ressortir les fossettes fonctionne chaque fois,
et lorsque son froncement de sourcils disparaît, ses lèvres se contractant
G¶DPXVHPHQW FHOD QH IDLW TXH OH FRQILUPHU (OOH Q¶HVW SOXV pQHUYpH FRQWUH
moi. Comment pourrait-HOOH O¶rWUH? Mon sourire est pratiquement le
même que le sien et celui de maman± F¶HVW WURXEODQW j TXHO SRLQW QRXV
QRXV UHVVHPEORQV WRXV OHV WURLV (OOH Q¶HVW SDV VL YLHLOOH SRXU QH SDV se
VRXYHQLU TX¶HOOH DYDLW SUREDEOHPHQW O¶KDELWXGH G¶XWLOLVHU FHV IRVVHWWHV
comme je le fais maintenant.

Laisse- ǯ| 17


²je suis jeune, lui dis-je en souriant. Je suis censé jeter ma Hé,
gourme.
En reniflant, elle secoue sa tête, ses cheveux blonds lui effleurant la
mâchoire.
²Tu es peut-être jeune, mais cela ne veut pas dire que tu es autorisé
à être irresponsable, me réprimande-t-elle en replaçant le livre sur
O¶pWDJqUH 3URPHWV-moi simplementTXH WX IHUDV DWWHQWLRQ V¶LO WH SODvW
(QWHQGDQW OD ILQDOLWp GDQV VD YRL[ M¶DFTXLHVFH OHQWHPHQW
²Oui, je te le promets.
²Bien.
(OOH Q¶D SDV YUDLPHQW EHVRLQ GH PH OH GLUH 1RXV VDYRQV WRXV OHV
deux à quel point un acte irréfléchi dans le passé peut avoir le plus gros
impact sur votre vie dans le futur.
-H P¶pFODLUFLV OD JRUJH HW UHGUHVVH PRQ GRV
² eFRXWH MH YDLV MHWHU XQ FRXS G¶°LO YRLU VL MH SHX[ WURXYHU XQ OLYUH
avec beaucoup de meurtres et de mutilations pour moi. Envoie-moi un
texto quand tuVHUDV SUrWH j SDUWLU G¶DFFRUG?
Elle me sourit et acquiesce.
²Ça me paraît bien.

² '¶DFFRUG DORUV

Je lui fais un signe du menton et mets mes mains dans mes poches.
/¶DLU FRQGLWLRQQp GDQV OH PDJDVLQ FDOPH OD VXHXU PRLWH GDQV PRQ GRV HW
je suis contenW GH QH SRUWHU TX¶XQ WHH-VKLUW HW XQ EHUPXGD DXMRXUG¶KXL -H
QH SHQVDLV SDV TXH O¶pWp pFRVVDLV VHUDLW DXVVL FKDXG FRPPH LO V¶HVW UpYpOp
O¶rWUH PDLV MH QH SHX[ SDV QLHU TXH F¶HVW XQ VRXODJHPHQW GX WHPSV DIIUHX[
TXH M¶DL ODLVVp DX 'DQHPDUN

-¶HUUH GDQV OHmagasin, ne comptant pas vraiment trouver un livre
FRPPH MH O¶DL GLW j /LVH -H YRXODLV VHXOHPHQW P¶pORLJQHU GH VHV \HX[
SHUoDQWV &H Q¶HVW SDV FRPPH VL MH Q¶DSSUpFLDLV SDV XQ ERQ WKULOOHU PDLV

18 | Karen Ferry


OHV OLYUHV VRQW VL ORLQ GH PRQ HVSULW DXMRXUG¶KXL 8QH IRLV Tue nous serons
revenus chez elle, je prévois de me diriger directement au lit.

0RQ SRUWDEOH YLEUDQW GDQV PD SRFKH P¶REOLJH j P¶DUUrWHU GDQV OD
VHFWLRQ /LYUHV SRXU (QIDQWV HW MH OH VRUV HW UHJDUGH O¶pFUDQ /H QRP TXL
V¶DIILFKH QH PH UHYLHQW SDV HW MH QHme souviens pas avoir demandé le
QXPpUR G¶XQH ILOOH UpFHPPHQW
Kristy :Salut, sexy. Merci pour la nuit dernière. Veux-tu
W¶DPXVHU XQ SHX SOXV DXMRXUG¶KXL?
En fronçant les sourcils, je supprime le message. Je ne me souviens
même pas clairement de son visage±mais elle avait une bouche sexy±,
mais si elle a réussi à trouver mon téléphone et à y mettre ses coordonnées
après que je me suis endormi, je cours aussi loin que possible dans la
direction opposée.
Je suis un salaud, mais je ne fais pas dans les deuxièmes fois. Plus
maintenant.
$ORUV TXH MH UHPHWV OH WpOpSKRQH GDQV PD SRFKH OD YRL[ IRUWH G¶XQH
enfant me fait lever les yeux.
² 0DPDQ V¶LO WH SODvW " -¶HQ DLbesoin 6¶LO WH SODvW?
Non loin de moi se trouvent une petite fille et une femme. Je ne peux
SDV P¶HPSrFKHU GH VRXULUH TXDQG MH YRLV OD SHWLWH ±elle ne doit pas avoir
plus de huit ou neuf ans±debout avec les jambes fermement posées sur le
sol, ses poings sur sa taille. Le visDJH GH O¶HQIDQW HVW OHYp OpJqUHPHQW
incliné sur le côté, et je souris quand je remarque la façon dont elle bat des
cils avec ses yeux bleus fixés sur sa mère.
4XHOTX¶XQ YHXW DUULYHU j VHV ILQV (IIURQWpH
² $LOLWK WX QH SHX[ SDV DYRLU OHV GHX[ G¶DFFRUG? Tu dois choisir.

0RQ DWWHQWLRQ HVW DWWLUpH SDU OD IHPPH GHYDQW O¶HQIDQW HW PDOJUp PD
gueule de bois, je souris quand je vois sa posture reflétant celle de sa fille,
à part que sa main droite serre fermement deux livres. Bien que je ne
puisse pas voirVRQ YLVDJH SDUFH TX¶HOOH HVW GRV j PRL MH QH SHX[ SDV

Laisse- ǯ| 19


P¶HPSrFKHU GH UHPDUTXHU VHV ORQJV FKHYHX[ RQGXOpV EUXQ IRQFp TXL
tombent au milieu de son dos.
Elle porte une courte veste en jean et une jupe blanche avec des
IOHXUV EOHXHV TXL V¶pYDVH j OD WDLOOH V¶DUUrWDQW j VHV JHQRX[ (OOH Q¶HVW SDV
très grande±je doute que sa tête arrive même à mes épaules±et le mot
délicat PH YLHQW LPPpGLDWHPHQW j O¶HVSULW

² 0DLV PDPDQ M¶HQ DLvraiment EHVRLQ 7X SHX[ SUHQGUH O¶DUJHQW
GH PRQ DUJHQW GH SRFKH G¶DFFRUG?
²Non, Ailith Margaret.
/D IUXVWUDWLRQ GDQV OD YRL[ GH OD IHPPH HVW pYLGHQWH HW FRPPH F¶HVW
OD FKRVH OD SOXV DPXVDQWH TXH M¶DL YXH GHSXLV GHX[ VHPDLQHV MH QH YHX[
pas prendre le risque de rater le résultat de leur prise de bec. Je marche
OHQWHPHQW YHUV HOOHV HVVD\DQW G¶rWUH VXbtil sur le fait que je les espionne,
HW MH SUHQGV XQ OLYUH DX KDVDUG VXU O¶pWDJqUH j PD GURLWH -H O¶RXYUH HW EDLVVH
OHV \HX[ HVVD\DQW GH GRQQHU O¶LPSUHVVLRQ TXH MH OH OLV PDLV TXDQG PHV
yeux tombent sur le mollet droit de la femme et remarquent une longue
cicatrice rougeâtre, je fronce les sourcils, perplexe.

²Pourquoi pas ?

/D YRL[ SpWXODQWH GH O¶HQIDQW DWWLUH j QRXYHDX PRQ DWWHQWLRQ HW MH
me demande si je ne devrais pas faire preuve de politesse et les laisser
tranquilles.
² 3DUFH TXH QRXV Q¶DYRQVpas les moyens ! crie la femme, et je me
fige.
Aïe.

² 0DLV PDPDQ«

Je tourne la tête au moment où la femme se penche devant sa fille.
(OOH SRVH OHV OLYUHV VXU OH VRO DYDQW GH SUHQGUH OH YLVDJH GH O¶HQIDQW GDQV
ses mains.
² -H VXLV GpVROpH GH W¶DYRLU FULpdessus, chérie.

20 | Karen Ferry


Sa voix est affectueuse, et je sais que je devrais certainement faire
demi-tour au lieu de rôder encore comme je le fais, mais je ne peux pas.
-¶DL EHVRLQ G¶HQWHQGUH OD VXLWH
Je fais un pas de plus, voulant voir le visage de la femme. Lorsque
je vois son profil d'en haut, je dois réprimer un halètement devant la longue
cicatrice qui commence à son sourcil, continue tout le long de sa joue pour
se terminer à la lisière de ses lèvres.

² 0DLV WX VDLV FRPPHQW F¶HVW Q¶HVW-ce pas ?
Je plisse les yeux alors que les lèvres de la femme tremblent.
² $ORUV V¶LO WH SODvW« 6¶LO WH SODvW DUUrWH

-H QH SHX[ SDV UHVWHU R MH VXLV HW DORUV TXH MH P¶pFODLUFLV OD JRUJH
je fais un pas de plus vers elles.
²Excusez-moi, mademoiselle ? demandé-je, essayant de former un
sourire amical.
/D WrWH GH OD IHPPH SLYRWH YLYHPHQW DORUV TX¶HOOH WRXUQH VRQ YLVDJH
et me regarde. Elle cligne des paupières, et je fais de mon mieux pour
ignorer ses yeux humides.
Prenant mon portefeuille dans ma poche arrière, je fais un signe du
menton sur les livres au sol.
²Quels livres veux-tu ? demandé-je à la fille.
² eFRXWH]« FRPPHQFH OD PqUH PDLV HOOH HVW LQWHUURPSXH SDU VD
fille.
² 3ULQFH 1RLU +DUU\ 3RWWHU j O¶pFROH GHV VRUFLHUVetLe vent dans
les saules.
Elle ramasse les livres et marche vers moi. Je lève les yeux et
P¶DFFURXSLV j F{Wp G¶HOOH
²Oh, waouh, murmuré-je. Super choix.

Laisse- ǯ| 21


²je le pense aussi, mais maman ne me laisse en avoir que Oui,
deux, soupire-t-elle.
Je regarde sa mère dont la bouche est affaissée dans une expression
PDOKHXUHXVH HW MH OXL IDLV XQ FOLQ G¶°LO
²Eh bien, tu devrais toujours écouter ta maman.

Je tourne mon regard vers la fille.

²Quel est ton nom ?
²Ailith.
(OOH WLHQW OHV OLYUHV SUqV GH VD SRLWULQH DORUV TX¶HOOH PH IDLW XQ VRXULUH
timide.
Je pince les lèvres.
²Un nom magnifique.

Hésitant, je regarde à nouveau sa mère, sourcillant quand je
UHPDUTXH TX¶HOOH HVW PDLQWHQDQW GHERXW OHV SLHGV SODQWpV IHUPHPHQW VXU
le sol. Mon regard vole sur ses poings, fermement serrés à ses côtes. Je me
dePDQGH GH TXRL LO V¶DJLW
Mon cerveau me crie de les laisser tranquilles. De simplement partir
et de les oublier. De trouver Lise et de rentrer à la maison.
Mais, pour une raison étrange, je suis enraciné sur place, mes maux
de tête et de ventre oubliés.
Je prends une grande inspiration et regarde attentivement Ailith
DORUV TXH M¶RXYUH PRQ SRUWHIHXLOOH
² eFRXWH MHXQH ILOOH VL WX PH SURPHWV G¶RIIULU XQH JODFH j WD PqUH
MH W¶DFKqWHUDL XQ GHV OLYUHV
²Quoi" KDOqWH OD IHPPH PDLV MH O¶LJQRUH HQ UHPHWWDQW XQ ELOOHW GH
dix livres à Ailith.
6D ERXFKH V¶RXYUH HW WDQGLV TX¶HOOH DFTXLHVFH OH SOXV EHDX VRXUire
TXH M¶DL YX GH WRXWH PD YLH pWLUH VHV OqYUHV (Q ULDQW MH OXL GRQQH O¶DUJHQW

22 | Karen Ferry


²Nous avons un accord, je crois. Profite de tes livres, Ailith.
9RXODQW P¶pFKDSSHU MH PH OqYH HW KRFKH EULqYHPHQW OD WrWH HQ
direction de la femme.
²une bonne journée, marmonné-je, me sentant Passez
brusquement gêné, et je les laisse seules.
²Attendez !
-¶LJQRUH OH GRX[ FUL GH OD IHPPH PH VXLYDQW HW FRQWLQXH j PDUFKHU
SOXV YLWH DORUV TXH MH PH GLULJH YHUV O¶HQWUpH SULQFLSDOH $ORUV TXH M¶HQYRLH
un texto à Lise pour lui dire que je rentre, les yeux larmoyants de la femme
PH KDQWHQW -¶DXUDLV G OHV LJQRUHU
Pourquoi ne les ai-je pas simplement laissées tranquilles ?
Le soleil frappe mes yeux lorsque je quitte la librairie, et je sors mes
lunettes de soleil de ma poche arrière. Merde, j'ai l'impression de ressentir
ce que j'imagine un vampire ressentirait s'ils étaient réels± endolori,
malade, et de mauvaise humeur à cause du manque de sommeil.

Elle est une source d'ennuis.Les mots me viennent à l'esprit, me
surprenant, mais je me moque. Je ne reverrai plus jamais cette femme ou
sa fille. Aucune raison de penser que je le ferai.

3HX GH WHPSV DSUqV M¶RXYUH OH SHWLW SRUWDLO GHYDQW OD PDLVRQ GH /LVH
HW MH GHVFHQGV OHV TXHOTXHV PDUFKHV MXVTX¶DX VRXV-sol que je lui emprunte
SHQGDQW TXH MH VXLV LFL $ORUV TXH MH GpYHUURXLOOH PD SRUWH HW O¶RXYUH MH
force les évènements de ce matin à sortir de ma tête.

0DLV WDQGLV TXH MH P¶DOORQJH VXU PRQ OLW HW EkLOOH MH QH SHX[
P¶HPSrFKHU G¶HVSpUHU TX¶$LOLWK DLPHUD VHV OLYUHV (W TX¶HOOH D IDLW FH TXH
je lui ai dit de faire±emmener sa mère manger une glace.
/D IHPPH DYDLW O¶DLU G¶DYRLU EHVRLQ G¶XQpeu de douceur pour égayer
sa journée.


Laisse- ǯ| 23

24 | Karen Ferry



Que vient-il de se passer ?

Chapitre 3

LAURA

Nous sommes de retour dans ma Coccinelle± LO QH P¶D IDOOX TXH
trois tentatives pour la démarrer cette fois-ci±, nous dirigeant vers la
ferme, et Ailith papote comme un moulin à paroles à propos de ses
nouveaux livres. Je ne fais pas vraiment attention à elle. Je suis plus
LQTXLqWH GH VDYRLU VL M¶DL HX WRUW G¶DFFHSWHU O¶DUJHQW GH O¶pWUDQJH MHXQH
KRPPH PDLV LO QH P¶D SDV YUDLPHQW GRQQp XQH FKDQFH GH UHIXVHU ,O D
quitté la librairie plus vite que je pouvais dire :Bob est ton oncle.

Cependant, je regrette de ne pas avoir réussi à le remercier
FRUUHFWHPHQW &¶pWDLW XQ JHVWH WUqV JHQWLO GH VD SDUW HW FHOD D IDLW VRXULUH
ma fille.
² 0DPDQ WX FURLV TX¶RQ OH UHYHUUD?
/D TXHVWLRQ G¶$LOLWK PH VRUW GH PHV SHQVpHV

²Qui ?
-H OXL MHWWH XQ FRXS G¶°LO
²Cet homme de la boutique ?
Elle me sourit secrètement, me rendant suspicieuse.
Je hausse les épaules et reporte mon regard sur la route devant moi.

² -¶HQ GRXWH
² Ilétait vraiment gentil, dit-elle, la voix douce. Mais il parlait
bizarrement.
Je mePRTXH G¶HOOH

Laisse- ǯ| 25


² -H QH SHQVH SDV TX¶LO pWDLW pFRVVDLV PDLV M¶DLPDLV VRQ DFFHQW
expliqué-je.
² 2XL PRL DXVVL -¶HVSqUH TXH QRXV OH UHYHUURQV 3HXW-être que nous
pourrions retourner à Glasgow la semaine prochaine ?

Je fronce le nez.
²Je doute que nous le trouvions. Glasgow est une si grande ville,
après tout.
Je lui tends la main, la serrant doucement quand elle la prend
aussitôt.
²Merci pour la glace, lui souris-je.
Elle me fait un grand sourire.

²De rien, maman.

Elle regarde à nouveau la route comme je le fais, le sac avec ses
OLYUHV j O¶LQWpULHXU SODFp VRLJQHXVHPHQW VXU VHV JHQRX[

²Maman ? me demande-t-elle quand je lâche sa main.
²Humm ?
Je mets le clignotant et regarde par-dessus mon épaule pour vérifier
V¶LO Q¶\ D DXFXQH YRLWXUH DYDQWtourner sur la longue route en gravier de
qui nous mènera à la ferme.

²Ilétaitbeau, hein ?

Sa question me déconcerte, et un étrange mélange de gratitude se
PrOH j GH O¶DJLWDWLRQ ORUVTXH M¶LPDJLQH O¶KRPPH GH OD ERXWLTXH PH
remplissant intérieurement. Ses yeux étaient injectés de sang, et la barbe
VXU VRQ YLVDJH DYDLW O¶DLU YLHLOOH GH SOXVLHXUV MRXUV 0DLV VHV YrWHPHQWV
étaient propres, beaux, et il aurait fallu que je sois morte pour ne pas
ressentir le tressaillement dans mon ventre à la vue de ses biceps musclés
fléchissant contre son tee-VKLUW GRX[ /¶HQFUH VXU VHV EUDV pWDLW DVVH]
impressionnante±particulièrement la tête de loup sur sa main gauche±et
ses cheveux bruns qui taquinaient ses épaules semblaient doux au toucher.

26 | Karen Ferry


²Maman ?

Je sursauteTXDQG MH UpDOLVH TX¶LO PH IDXW EHDXFRXS SOXV GH WHPSV
SRXU UpSRQGUH TX¶LO OH IDXGUDLW
² +XP RXL MH VXSSRVH TX¶LO O¶pWDLW EDIRXLOOp-je.
²Il avait de beaux yeux, murmure-t-elle.
Des yeux bleus et vigilants me viennent en tête, et je me gifle
mentalemenW WDQGLV TXH M¶DUUrWH OD YRLWXUH GHYDQW QRWUH PDLVRQ
² '¶DFFRUG $LOLWK DOORQV QRXV FKDQJHU SXLV QRXV LURQV DX[
écuries.

Elle laisse échapper un petitwhoop endétachant sa ceinture de
sécurité. Alors que nous quittons la voiture, je pousse un soupir de
soulagement± PD WDFWLTXH G¶pYDVLRQ VHPEOH IRQFWLRQQHU SRXU O¶LQVWDQW -H
lui prends le sac de livres des mains et repousse toute pensée persistante
GH O¶KRPPe étrange, mais gentil, de mon esprit.
Inutile de penser davantage à lui.
Je ne le reverrai jamais.

-¶DL OX TXHOTXH SDUW XQH IRLV TXH WHQLU XQ MRXUQDO SRXUUDLW P¶DLGHU j VRUWLU
GH O¶REVFXULWp TXL D UHWHQX PRQ HVSULW SULVRQQLHU GHSXLV VL ORQJWHPSV -H
QH VDLV SDV VL F¶HVW OH FDV PDLV F¶HVW GHYHQX XQH VRUWH G¶KDELWXGH DX FRXUV
de la dernière année. Une que je ne peux pas, et ne veux pas briser
PDLQWHQDQW &HOD PH UpFRQIRUWH PrPH V¶LO Q¶\ D JpQpUDOHPHQW QL ULPH QL
UDLVRQ j FH TXH M¶pFULV
Plaçant le stylo sur ma table de nuit, je respire profondément tandis
que je lis mon dernier récit.

Laisse- ǯ| 27


ÇWUH PqUH HVW OH WUDYDLO OH SOXV LPSRUWDQW TXH MH IHUDL (W F¶HVW XQ
travail, oui. Tous ceux qui affirment le contraire ont soit perdu la tête,
soit ils sont suffisamment riches pour engager une nourrice.
Être mère signifie rester éveillée la nuit, se demandant quand votre
petite fille est passée du statut de tout-petit à celui de jeune fille avec une
opinion très arrêtée sur à peu près tout. Cela signifie se sentir coupable
parce que vous ne pouvez pas la protéger de toutes les blessures du
monde±et croyez-moi, vous le voudrez, même si vous savez aussi que
O¶DGYHUVLWp GDQV OD YLH YD OD UHQGUH SOXV IRUWH 0DLV SDU-dessus tout, être
PqUH F¶HVW DLPHU VRQ HQIDQW LQFRQGLWLRQQHOOHPHQW TXRL TX¶LO DUULYH

-¶DLPH $LOLWK GH WRXW PRQ rWUH (OOH OH VDLW SDUFH TXH MH OH OXL GLV
VRXYHQW HW MH VDLV TX¶HOOH YRLW OD YpULWp GDQV PHV \HX[ ORUVTXH MH OH IDLV

0DLV TXDQG MH QH SHX[ SDV GRUPLU HW TXH MH P¶LQTXLqWH SRXU j SHX
près tout coPPH G¶KDELWXGH MH QH SHX[ SDV P¶HPSrFKHU GH PH
GHPDQGHU VL PHV IDLEOHVVHV GDQV OH SDVVp QH O¶RQW SDV HQGRPPDJpH

Va-t-elle faire les mêmes erreurs que moi ?

-¶HVSqUH TX¶HOOH Q¶DXUD MDPDLV j PH WpOpSKRQHU DX PLOLHX GH OD
nuit, en sanglotant follement, la morve coulant sur son menton, parce
TX¶XQ KRPPH Q¶D SDV VHXOHPHQW EULVp VRQ EUDV PDLV pJDOHPHQW VRQ
F°XU HW VD FRQILDQFH /H EUDV JXpULUD ±mais pas sa confiance. Et son
F°XU VHUD j MDPDLV HQGRPPDJp
Une chose est certaine, cependant. Si jamais elle le fait, je tuerai
O¶KRPPH TXL O¶DXUD EOHVVpH
-¶DL GpMj WXp SRXU OD SURWpJHU XQH IRLV ± MH SHX[ OH UHIDLUH V¶LO OH
faut.

² Tha mo ghion ort, chuchoté-je en fermant mon journal, plaçant
ma paume à plat sur le cuir.
-H W¶DLPH GH WRXW PRQ F°XU /¶REVFXULWp V¶HVW GH QRXYHDX DWWpQXpH ±
du moins pour ce soir.

28 | Karen Ferry




²Laura.
Sous mes couvertures, je grogne sur maman frappant à la porte de
ma chambre.
²Laura, il est déjà six heures du matin.

6D YRL[ pWRXIIpH VHPEOH DXVVL GpVDSSUREDWULFH TXH ORUVTXH M¶pWDLV
une adolescente.
² ,O HVW O¶KHXUH GH VH OHYHU
(Q EkLOODQW MH P¶pWLUH
² -¶DUULYH PDPDQ PDUPRQQp-je.
-H PH IURWWH OHV \HX[ HVVD\DQW G¶HIIDFHU OH VRPPHLO
² 1H PH IDLV SDV YHQLU WH VRUWLU GX OLW WX P¶HQWHQGV?
0HV \HX[ V¶RXYUHQW ORUVTXH OH VRXYHQLU GH PDPDQ PH MHWDQW XQ VHDX
G¶HDX VXU OD WrWH PH WUDYHUVH O¶HVSULW
²Je suis debout ! crié-je alors que je rejette les couvertures.
Je plisse les yeux lorsque la douce lueur du soleil les frappe, et je
P¶DVVRLV
²Bien. Le petit-déjeuner sera bientôt prêt.
-¶DFTXLHVFH DORUV TXH M¶HQWHQGV VHV SDV V¶pORLJQHU GH OD SRUWH GH PD
chambre. Je frissonne quand je fais courir ma langue sur mes dents,
détestant le goût désagréable, et je me lève de mon lit pour aller dans la
salle de bain attenante. Tandis que je me brosse les dents, toujours pas
complètement réveillée, je pense à mon emploi du temps de la journée.

Maman gère notre ferme,Nouveaux Départs, et je passe la plupart
GH PHV MRXUQpHV j P¶RFFXSHU GHV FKHYDX[ TXL VRQW DPHQpV LFL DILQ GH
passer leurs derniers jours en paix ou pour être réhabilités. Certains sont
des chevaux de concours qui ne peuvent plus faire de compétition à cause

Laisse- ǯ| 29


GH OD WHQVLRQ GDQV OHXUV DUWLFXODWLRQV RX G¶DXWUHV EOHVVXUHV &HUWDLQV VRQW
de vieux chevaux de course±vraiment vieux, mais trop vieux pour pas
courir encore± PDLV OD SOXSDUW G¶HQWUH HX[ VRQW GHV ,ULVK &REV TXL RQW pWp
élevés par des gens irréfléchis qui, trop souvent, les laissent mourir de faim
HW GH VRLI TXDQG LOV QH YHXOHQW SOXV SUHQGUH OD SHLQH GH V¶RFFXSHU G¶HX[

Il y a trop de gens dans ce monde qui ne devraient pas être autorisés
à respirer à cause de la façon dont ils traitent les animaux.

/D EHDXWp GHV FKHYDX[ F¶HVW TX¶LOV QH YRXV MXJHQW TXH VL YRXV rWHV
méchants avec eux. Si vous les traitez avec amour et respect, ils vous
VHURQW WRXMRXUV ILGqOHV &H QH VRQW SDV GHV KXPDLQV DSUqV WRXW 0DLV F¶HVW
difficile de gagnerOD FRQILDQFH G¶XQ FKHYDO TXL D pWp PDOWUDLWp SHQGDQW
trop longtemps, et Tonnerre en est le parfait exemple.

Me sentant plus éveillée, je crache le dentifrice dans le lavabo.
$XMRXUG¶KXL HVW XQ JUDQG MRXU FDU O¶XQ GH QRV SOXV YLHX[ FKHYDX[ GH
course, Malik±un magnifique pur-sang alezan de sept ans±est récupéré
par ses nouveaux propriétaires, et va nous quitter pour de bon.
$ORUV TXH M¶DL HVVD\p GH IDLUH PHV UHFKHUFKHV VXU OD IDPLOOH MH VXLV
encore un peu anxieuse de comment il va le prendre.
RapidePHQW M¶DWWUDSH XQH FKHPLVH HQ IODQHOOH QRLUH XQ SDQWDORQ
G¶pTXLWDWLRQ QRLU HW PHV SDQWRXIOHV OHV PHWWDQW DYDQW GH UHPRQWHU PHV
cheveux dans un chignon désordonné. Je mets du mascara sur mes cils et
descends à la cuisine.
En entendant Ailith parler à sa Gan-Gan dePrince Noir, je souris
tandis que je franchis la porte.
²Bonjour, mesdames.
-H PH GLULJH YHUV $LOLWK HW PH SHQFKH SRXU O¶HPEUDVVHU VXU OH GHVVXV
de la tête.
²Que fais-tu debout si tôt ?
-H P¶DVVRLV j F{Wp G¶HOOH VXU OH EDQF HQ SRVDQW PD Pain droite sur
son menton.

30 | Karen Ferry


(Q KDXVVDQW OHV pSDXOHV $LOLWK YHUVH GX ODLW VXU VHV IORFRQV G¶DYRLQH
²veux être là quand les nouveaux propriétaires de Malik Je
arriveront.
-H OqYH OHV \HX[ YHUV HOOH &HOD Q¶H[SOLTXH WRXMRXUV SDV SRXUTXRL HOOH
ne sommeille pas dans son lit.
²Mais ce ne sera pas avant quelques heures.
Je souris en remerciement à ma mère quand elle place une assiette
DYHF GHV °XIV EURXLOOpV GX EDFRQ GHV SRPPHV GH WHUUH ULVVROpHV GHV
haricots cuits, et des saucisses carrées à côté de moi.

Nous ne mangeons comme des rois que lorsque nous envoyons un
cheval dans sa nouvelle maison± F¶HVW QRWUH IDoRQ GH FpOpEUHU -H SUHQGV
OD FDIHWLqUH HW UHQLIOH PD ERXFKH VDOLYDQW j O¶DU{PH GpOLFLHX[
² -¶HVSqUH TX¶LOV OH WUDLWHURQW ELHQ VRXSLUH $LOLWK HQ UDSSURFKDQW
le livre.
-H VXLV VXUSULVH GH YRLU TX¶HOOH HQ HVW GpMj SUHVTXH j OD PRLWLp

² 1H W¶LQTXLqWH SDV MHXQH ILOOH LOV OH IHURQW
0DPDQ OXL WDSRWH OHV FKHYHX[ DORUV TX¶HOOH V¶DVVRLW j F{Wp G¶HOOH
² 6LQRQ QRXV GHYURQV VLPSOHPHQW DOOHU OH UHFKHUFKHU Q¶HVW-ce
pas ?
(OOH IDLW XQ FOLQ G¶°LO j $LOLWK
-H UpSULPH XQ ULFDQHPHQW TXDQG MH YRLV OH UHJDUG DWWHQWLI G¶$LOLWK
WDQGLV TX¶HOOH FRQVLGqUH OHV SDUROHV GH PDPDQ
²Oui.
Les lèvres de maman seFRQWUDFWHQW DORUV TX¶HOOH PH UHJDUGH
²Mange, ordonne-t-HOOH 1RXV DYRQV EHDXFRXS j IDLUH DXMRXUG¶KXL
Je prends mon couteau et ma fourchette et les plonge dans ma
nourriture. Nous mangeons dans un silence confortable pendant quelques
minutes, et je regarde le calendrier accroché sur le vieux réfrigérateur à

Laisse- ǯ| 31


côté de la cuisinière Aga. Quand je remarque que maman a écrit le nom
Lise HW O¶D HQWRXUp HQ URXJH YLI j OD GDWH GH GHPDLQ MH VRXUFLOOH GHYDQW FH
nom inconnu.

²Qui est cette Lise ? lui demandé-je, pointant ma fourchette sur le
calendrier.
Maman regarde par-dessus son épaule pour le voir.
² &¶HVW XQH QRXYHOOH FOLHQWH?
Maman se retourne vers moi, en hochant la tête.
² Oui.Elle cherche une jument âgée et tranquille pour la faire
marcher±ce sont ses mots, pas les miens±et elle vient demain pour une
consultation informelle.
Je lui souris.
² 6L TXHOTX¶XQ SHXW O¶DLGHU F¶HVW WRL

Elle rit et prend un toast.
² -H O¶HVSqUH -¶DL DLPp VD YRL[ TXDQG HOOH P¶D WpOpSKRQp OD VHPDLQH
dernière, mais nous verrons.
En hochant la tête, je passe en revue les chevaux que nous avons
dans nos écuries en ce moment.
² Peut-êtreJonquille conviendrait-elle? Elle est tellement
adorable.
Maman pince ses lèvres en ajoutant de la confiture sur son toast.
² Peut-être.-H YHX[ GLUH M¶DL SHQVp j HOOH PRL-PrPH PDLV M¶HQ
VDXUDL SOXV XQH IRLV TXH M¶DXUDL SDUOp DYHF /LVH HW OXL DXUDL IDLW YLVLWHU

²Ça paraît bien.
/H VLOHQFH V¶LQVWDOOH j QRXYHDX HQWUH QRXV QH VH EULVDQW TX¶XQH RX
deux fois quand Ailith nous raconte ce qui se passe dans son livre.
-¶DLPH OHV PDWLQV FRPPH oD /H FDOPH HW OH FRQWHQWHPHQW GDQV
lesquels nous nous réconfortons toutes les trois avant que notre journée

32 | Karen Ferry


chargée commence vraiment. Je peux râler et gémir quand maman me
UpYHLOOH PDLV OD YpULWp F¶HVW TXH MH QH FKDQJHUDLV PD YLH LFL SRXU ULHQ DX
monde.
² 7X DV O¶DLU GH ERQQH KXPHXU DXMRXUG¶KXL GLW PDPDQ DX ERXW G¶XQ
moment.
Je regarde vers elle.
²Que veux-tu dire ?
Elle me fait un petit sourire.
²Ce sourire sur tes lèvres" -H QH O¶DL SDV YX GHSXLV XQ PRPHQW
GRQF MH VXSSRVH TXH F¶HVW XQ VLJQH FHUWDLQ TXH WX WH VHQV ELHQ
(Q KDXVVDQW OHV pSDXOHV M¶LQFOLQH PD WrWH YHUV HOOH
²Je pensais seulement à quel point la vie que nous avons ici, Ailith
HW PRL HVW DJUpDEOH &¶HVW WRXW

0DPDQ V¶DSSXLH VXU VRQ GRVVLHU HW PH UHJDUGH HW FHOD PH IDLW PH
tortiller sur ma chaise. Puis elle se tourne vers Ailith qui est assise à côté
G¶HOOH
² 1¶DV-tu pas dit que vous avez rencontré un homme gentil en ville
hier ?
²Maman ! protesté-je, en secouant ma tête vers elle.
² 2XL &¶pWDLW YUDLPHQW FKRXHWWH TX¶LO PH GRQQH XQ OLYUH KHLQ? lui
sourit Ailith.
²Oh, oui, absolument.
Les yeux aiguisés de maman se tournent à nouveau vers moi.
² 7X Q¶DV SDV GHPDQGp VRQ QRP?
²Non, me plaignis-je. Il a disparu dans les airs comme une fée.
Ailith ricane et je ris quand je remarque le regard exacerbé de
maman.

Laisse- ǯ| 33


² 1¶pQHUYH SDV OHV IpHVLaura. Tu devrais le savoir.
Je me mords la langue, réprimant à peine les mots cinglants qui
YHXOHQW V¶pFKDSSHU GH PHV OqYUHV
² &¶HVW GRPPDJH PDUPRQQH PDPDQ -¶DXUDLV DLPp OH UHQFRQWUHU

² 0DPDQ F¶pWDLW XQ SDUIDLW pWUDQJHU EDIRXLOOp-je. Mais tu as raison,
F¶pWDLW XQ EHDX JHVWH HW PrPH VL FHOD PH FRQWUDULH TXH MH Q¶DLH SDV UpXVVL
j OH UHPHUFLHU FRUUHFWHPHQW F¶HVW WRXW FH TXH F¶pWDLW ±un étranger qui a
rendu ma fille très heureuse. Rien de plus, rien de moins.
²avait Ilbeaucouptatouages sur les bras, ajoute Ailith. Ils de
pWDLHQW VL FRORUpV HW FRRO -H FURLV TXH M¶DL YX XQ GUDJRQ! Quand je serai
JUDQGH M¶HQ YHX[ EHDXFRXS
0DPDQ HW PRL QRXV UHJDUGRQV HW MH GRLV ULUH GH O¶KRUUHXU GDQV VHV
yeux. En haussant les épaules, je reporte mon attention vers Ailith.

²Chérie, tu pourras avoir autant de tatouages que tu veux une fois
TXH WX DXUDV JUDQGL HW GpPpQDJp G¶DFFRUG?
² '¶DFFRUG PDPDQ PH VRXULW-elle.
²Bien.
0DPDQ V¶HVVXLH OD ERXFKH VXU XQH VHUYLHWWH HW VH OqYH HQ UHJDUGDQW
de façon insistante mon assiette.
² &¶HVW O¶KHXUH G¶DOOHU DX WUDYDLO MH FURLV

Rapidement, je mange le reste de ma nourriture et fais un signe du
menton vers Ailith.
² 7X P¶DLGHV j QRXUULU OHV FKHYDX[ V¶LO WH SODvW? lui demandé-je.
Elle saute immédiatement sur ses pieds.

² '¶DFFRUG

(OOH PDUTXH VRQ OLYUH PH IDLVDQW JULPDFHU DORUV TX¶HOOH SOLH XQH GHV
SDJHV DX OLHX G¶XWLOLVHU XQ YUDL PDUTXH-page, et puis elle siffle Sally
couchée par terre.

34 | Karen Ferry


²Allez, ma fille.
(OOH WDSH VXU VD FXLVVH WDQGLV TX¶HOOH VH GLULJH YHrs la porte arrière et
enfile ses bottes. La chienne soupire doucement, mais lui obéit, comme
G¶KDELWXGH
Je me lève pour nettoyer nos affaires, je mets en marche le
lavevaisselle, puis je sors aussi.