Lauburu, tome 1 : La Croix du destin

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249 pages
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Description


Une prophétie... Deux jeunes élus.


Elaia a toujours su qu’elle avait été adoptée, ce qui ne l’a jamais empêché de considérer ses parents comme sa vraie famille.


Hélas, tout bascule pour cette jeune anglaise lorsque, le jour de ses seize ans, elle ouvre le courrier de sa mère biologique et apprend ses véritables origines.


Commence alors un long périple en France où elle se rend pour mieux comprendre qui elle est réellement.


Dans un monde où les humains côtoient sans le savoir sorcières, lutins et autres créatures, la jeune fille ne tarde pas à faire sa rencontre.


Il l’imagine depuis longtemps, tandis qu’elle ignore tout de sa puissance. Leurs destins sont liés et ensemble, ils devront réécrire l’avenir...

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Nombre de lectures 8
EAN13 9791096785728
Langue Français

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Lauburu, tome 1 : La croix du destin
[Rose J. Kalaka]
© 2017, Rose J. Kalaka. © 2017, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © adobestock Illustration : © Caly Design ISBN numérique : 979-10-96785-72-8 ISBN papier : 979-10-96785-71-1 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com
Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite.
Note de l’auteur
Les personnages et les faits dans ce roman sont fic tifs. Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que coïncidence fortuite. Les lieux, les fêtes, les faits historiques et les personnages de la mythologie basque présentés sont inspirés de la réalité et de textes préexistants. J’ai parfois apporté ma touche personnelle pour le bien de l’histoire et j’ espère que les personnes qui reconnaîtront ce qui m’a inspiré éprouveront autant de plaisir à lire ce livre que j’en ai eu à l’écrire. En espérant vous emmener avec moi dans mon monde et dans le pays où j’ai grandi. Do or die, and the story goes on… 30 Seconds To Mars :Do or die… Croquez la vie à pleines dents, laissez vos rêves p rendre leur envol mais n’oubliez jamais d’aimer, et surtout de dire à vos proches ce qu’ils représentent pour vous…
PROLOGUE Elaia venait juste de passer la frontière de l'aéro port international de Londres et elle tenait toujours son passeport ouvert à la première page – celle que l'on doit montrer à chaque comptoir –, son pouce entre les deux pages. À chaque fois, elle ne pouvait s'empêcher de vérifier son nom comme pour s'assurer que personne ne l'avait changé. Le douanier lui avait demandé si elle se rendait en France pour les vacances – par pure politesse avait-elle pensé – et ne sachant pas vraiment quelles réponses sonneraient vraies au vu de sa situation, elle avai t répondu par un petit signe de la tête. Elle commençait à avoir le mal du pays, bien qu'ell e n’ait pas encore quitté le sol anglais, et le fait que les douaniers parlent encor e sa langue maternelle lui fit un pincement au cœur. Elle ne savait pas durant combie n de temps elle allait devoir rester loin de chez elle. Ses parents seraient toujours là pour elle malgré la distance bien entendu, et une fois ses affaires réglées, elle esp érait pouvoir rentrer à la maison. Mais en attendant, elle serait seule dans un lieu inconn u. Elle s'était déjà rendue en France mais seulement à Paris, pour visiter les musées, la Tour Eiffel et la Bastille, lors de voyages scolair es. Mais aujourd'hui, son voyage était purement personnel. Et cela l'angoissait d'autant p lus. Elle se trouvait maintenant dans le « duty free » d e l'aéroport où il y avait du monde partout. Des voyageurs s’affairaient à droite, à ga uche, espérant trouver de bonnes affaires. Son mp4 fonctionnait à plein régime. Il délivrait d es décibels de rap, de rock et pop en grande majorité. En cela, elle se différenciait peu des autres adolescents de son quartier. Dans son groupe d'amis, ils avaient tous les mêmes playlists à peu de chose près. Malgré la musique, malgré les paroles qu'elle conna issait par cœur et qu'elle fredonnait pour se changer les idées, l'angoisse s'était ancrée en elle. Elle se nichait au creux de son estomac, lui nouait la gorge, et s'ins inuait dans les moindres parties de son corps, si bien qu'elle avait l'impression de fl otter, de contempler la scène de l'extérieur. Elle s'était observée, de loin, décide r de partir seule, de prendre un billet aller, sans retour, et là, elle se voyait avançant vers son destin et par la même occasion dans la queue qui la menait à l'avion. Arrivée devant l'hôtesse, elle lui tendit son bille t et fut invitée à pénétrer dans l'avion. Une seconde hôtesse lui indiqua où se trouvait son siège, et après avoir rangé sa valise dans le compartiment prévu à cet effet, elle s'installa. Elle était assise près du hublot et y appuya sa têt e. Le regard perdu dans le vague, elle distinguait à peine les silhouettes des avions sur le tarmac et le va-et-vient des ouvriers dans leurs voiturettes. Elle avait l'impre ssion d'observer une fourmilière comme lorsqu'elle était enfant et que sa mère l'emmenait jouer au parc. Elle s'allongeait dans l'herbe, s'appuyait sur ses avant-bras, et restait ainsi de longs moments à se demander à quoi les fourmis pouvaient bien occuper leurs jou rnées. Un jour, elle s'était lancée dans l'exploration de la fourmilière. À l'aide d'une petite branche arrachée à l'arbre le plus proche, elle ava it tenté de déloger les fourmis. Sa mère l'avait alors rejointe, et après s'être enquis de ses activités, elle les avait interrompues. Avec la douceur propre à une mère, el le avait attrapé la main d'Elaia et avait jeté la branche. Elle s'était assise en taill eur à côté de sa fille puis l’avait installée sur ses genoux. — Regarde, ma chérie. La fourmilière, c'est la mais on des fourmis. Il y a des chambres, des salons, des garde-manger, des crèches , et une reine. Avec ta branche, tu vas détruire leur maison. Et où iront-elles aprè s ? Serais-tu heureuse si quelqu'un venait détruire notre maison ou nous faisait du mal à Papa ou à moi ? — Pardon Maman, je ne savais pas.
Elaia n’avait pas quitté des yeux la fourmilière to ut en écoutant les explications de sa mère. Non, elle ne voulait pas que l'on fasse du ma l à sa famille. — Ce n'est rien, ma puce. Au lieu d'essayer de les faire sortir de leur maison, regarde comment elles vivent. Elaia était donc restée assise sur les genoux de sa mère à observer les mouvements à l'entrée de la fourmilière, blottie contre son ép aule. La chaleur d'une mère, ses conseils, sa présence, rien ne pourrait jamais égal er cela. Et pourtant, ce n'était pas sa mère. Enfin, elle n'était sa mère officiellement qu e depuis qu'Elaia était âgée de dix mois. Et maintenant, Elaia voulait savoir ce qui s'était passé avant son adoption.
Il était assis sur un ballot de foin, les jambes cr oisées, adossé à l’un des murs de la grange. Tout autour de lui, d'autres ballots étaien t entassés çà et là. Il avait beau être grand, dans cette position on ne pouvait pas le tro uver sans savoir où il était caché. L'avantage que lui procurait le foin était qu'il ne se trouvait jamais à la même place, et, de ce fait, l'emplacement de sa cachette variai t constamment. Il s'installait là lorsque l'envie lui prenait de d essiner. Son cahier de croquis sur ses genoux, un crayon à papier dans chaque main, il des sinait. Souvent des personnages, enfin plutôt un personnage en particulier, une fill e, cette fille dont l'image s'insinuait dans son esprit à chaque fois que quelqu'un mention nait la prophétie. Un cri mit un terme à sa concentration, et l'un des crayons vint rayer son dernier dessin sur toute la largeur de la feuille. Un nouve au cri. En fait non, c'était un nom, le sien. — Joan, je sais que tu es là. Dépêche-toi, nous all ons encore être en retard au lycée.
PREMIERE PARTIE
Idek ezazu zure izpiritua nire alaba– Ouvre ton esprit, ma fille
CHAPITRE 1 Egalik gabe hegan egin dezakeElle peut voler sans ailes Elaia rangeait consciencieusement ses affaires dans les étagères et les tiroirs de sa chambre. Elle effectuait les gestes avec lenteur, c omme si ce temps lui était nécessaire afin de réaliser que tout cela était réel. Mettre u n pull à côté des pantalons, un autre, puis un autre pantalon, puis un t-shirt jusqu'à ce que tout soit aligné. Et toujours cette impression de flotter et de regarder la scène de l' extérieur qui ne la quittait pas. Ses mains étaient légères et semblaient savoir par elle s-mêmes ce qu'elles devaient faire. Elle les observait déplacer ses affaires avec un dé tachement qu'elle ne se connaissait pas. Les étagères, toutes en bois massif – ne lui demand ez pas quel bois, elle aurait bien été incapable de répondre bien qu'elle ait grandi p rès de la nature – étaient douces sous ses mains. Elles couvraient la totalité d'un d es murs de la chambre, à l’exception d’un espace pour une grande commode. Le reste des m eubles semblait fait du même bois, brun et vernis, laissant apparaître les veine s du bois. L'arbre dans lequel avaient été coupées les planches avait dû être un arbre maj estueux pour donner de si beaux meubles. Si elle n'avait pas été si triste de se re trouver loin de chez elle, elle aurait pu se sentir bien dans cette chambre. La pièce était lumineuse. Une grande porte-fenêtre donnant sur un petit balcon, toujours en bois, laissait entrer la lumière malgré les rideaux en fin tissu blanc. Un grand lit avec une tête ornée de gravures, de feuil les d'arbres, de fées, de papillons, de sortes de petits gnomes aux longues oreilles, avait été placé en face de la porte de la chambre. On aurait dit que les personnages étaient vivants, qu'ils racontaient une histoire. L'ordre des gravures ne semblait pas suiv re une logique mathématique évidente et les yeux des petits personnages ressemb laient à des billes toutes rondes qui donnaient l'impression d'être mobiles, de suivr e toute personne présente dans la pièce. Elaia secoua la tête et détourna le regard p our continuer son exploration de la chambre. À droite du lit, sur le même pan de mur, une coiffe use et un bureau s’alignaient, côte à côte. Elle n'avait pas pu se résoudre à ouvrir sa trousse de maquillage ou sa boîte à bijoux. De même que le reste de ses affaires, elle les avait sorties de sa valise et les avait déposées sur la coiffeuse avec désintérêt. So n matériel d'écriture et son ordinateur avaient trouvé leur place sur le bureau. Elaia alla refermer sa valise et la glissa sous le lit. Elle trébucha et se cogna le coude contre le cadre en bois du lit. La fatigue sûrement. Tout à coup, elle eut envie de pleurer. Ce n'est pa s que la tâche était épuisante, mais Elaia se sentait épuisée. Elle retenait ses la rmes depuis que sa mère l'avait serrée dans ses bras, devant leur maison, au moment où elle allait rentrer dans le taxi qui l’avait ensuite déposée à l’aéroport, seule. Lo rsqu’elle l’avait appelée pour la prévenir qu’elle était bien arrivée, le son de sa v oix avait ramené les larmes à la surface. La conversation avait été relativement cou rte, mais elle lui avait fait du bien. Le voyage l’angoissait depuis des semaines. Mais l'inquiétude avait maintenant de la compagnie. La tristesse qu'elle s'était cachée à el le-même avait fait surface, suivie de la solitude et elles étaient venues rejoindre ce se ntiment. Elaia se redressa d'un bond, se rua vers la grande fenêtre, et s'efforça de l'ouvrir le plus vite possible d'une main tremblante. La brise soufflait en cette fin de mois de février et elle inspira profondément. Même l'air se mblait la narguer et lui rappeler qu'elle n'était plus chez elle. Même lui, lui était inconnu . Il était frais, sentait la verdure et la… bouse de vache ? Elle commença à rire. Elle n’avait pas l’habitude d e cette odeur mais elle était sûre
d’elle. Partir loin de chez elle pour découvrir l’o deur de la campagne, quelle ironie ! Alors elle rit à gorge déployée durant de longues m inutes. Lorsque la pression sembla retombée, elle referma l a fenêtre, s'essuya les yeux du revers de sa manche et après s'être demandée si ell e se sentait prête à affronter un autre être humain, elle examina son reflet dans la vitre. Elle avait du mal à se reconnaître. Durant ces dernières semaines elle ava it beaucoup changé. Elaia était de taille moyenne. Elle était relativement fine. Elle n'était devenue féminine que récemment. Ses formes s'étant décidées à s'affirmer , elle avait commencé à s'intéresser au maquillage, aux chaussures, aux ten dances concernant la mode, pour le plus grand bonheur de sa mère. Elle n'avait pas pris le temps de se repomponner ap rès sa descente de l'avion. Sa fatigue était palpable sur son visage fin et allong é. Ses grands yeux noisette étaient encadrés par de grands cernes noirs. Elle attacha s es longs cheveux châtains qui tombaient en cascade jusqu'au bas de son dos, décid a qu'elle était présentable, s'éclaircit la voix et se dirigea vers la porte. Elaia marchait d'un pas lent, en grande partie car elle n'était pas certaine de se rappeler le chemin. La maison était grande. Elle n' en avait jamais vu de telle en Angleterre. Il s'agissait d'une grande bâtisse à trois étages. Il lui semblait avoir entendu la propriétaire parler de granges adjacentes. Quel était le nom de la femme déjà ? Annie ? Non, A na. Il ne lui serait pas trop compliqué de le retenir. Elaia se concentra sur le chemin à prendre. Sa main fut comme attirée par le mur. Un mur de pierres véritables, e ntières, proéminentes par endroit, comme si elles voulaient sortir du mur. Elle laissa courir ses doigts tout du long. Elle sentait le grain de la roche griffer la peau de ses doigts, mais bizarrement, cela n'était pas douloureux. Elle avait l'impression que la pier re voulait lui délivrer un message, et qu'elle réclamait le contact avec sa peau à cette f in. Elle retira précipitamment sa main. Quelle idée idiote ! Depuis quand les murs étaient- ils censés parler ? Elaia devait être encore plus épuisée qu'elle le croyait. Après avoir ri, pleuré et même les deux à la fois, voilà qu’elle essayait de parler aux murs ! Elle réalisa alors qu'elle avait atteint les escali ers et manqua rater la première marche. Une chance pour elle, elles étaient larges. Sa chambre se situait au premier étage. L'escalier amenant au second se trouvait acc olé à celui qu'elle était en train d'emprunter pour se rendre au rez-de-chaussée. Tous deux étaient en bois. À croire que les habitants de cet endroit ne connaissaient p as d'autres matériaux. Arrivée en bas, elle réalisa qu'il y avait un autre escalier dirigé vers les soubassements. Pourtant, Ana ne lui avait pas parlé de cave ou de quoi que ce soit s'en rapprochant. Ou l'avait-elle fait ? Non elle s ’en serait souvenue. Une odeur de café trop fort arriva jusqu'à elle et finit de la guider jusqu'à la cuisine. La pièce, tout comme le reste de la maison, était d émesurée. En son centre se trouvait une grande table – toujours en bois, bien sûr – sur laquelle étaient dressées des coupelles en terre cuite remplies de fruits, de mic hes de pain et de fleurs séchées. Une femme d'une cinquantaine d'années était assise à l’ une des extrémités de la table, appuyée sur ses coudes, une tasse de café fumante d ans les mains. Elle semblait absorbée par la tasse et soufflait sur le liquide d ans une tentative – probablement vaine – de le refroidir. Elle releva les yeux au moment o ù Elaia entra dans la pièce et d'un geste de la main, l'invita à s’asseoir à ses côtés. — Voulez-vous une tasse de café ? Ou désirez-vous q ue je vous fasse un thé ? Je ne dois pas en posséder autant que ce que vous avez l'habitude de voir mais je suis réputée pour bien accueillir mes hôtes donc je fais des efforts. Elle termina sa phrase par un grand sourire. — Si cela ne vous dérange pas, je préférerais un th é. Pour dire la vérité... Hmm non. (Elle interrompit sa phrase, ne sachant plus commen t la tourner en français. Elle chassa son hésitation d'un geste de la main.) J'ai amené un paquet de thé avec moi.