Le Destin des cœurs perdus, tome 1 : Les Damoiselles de Castel Dark

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201 pages
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Angleterre, 1390.


Par ordre du roi, les trois filles aînées du comte Clayton de Percival se rendent à Hill House pour rencontrer le duc de Templeton. Lorsque les portes du château se referment sur Mary, Jane et Ilyana, elles ignorent que leur destinée vient de basculer.


À Castel Dark, le domaine familial, Aelis, la benjamine au caractère rebelle tente de s’imposer dans une société où les hommes dominent.


Entre l’amour, la passion et la haine, les damoiselles de Castel Dark trouveront-elles le courage d’affronter leur avenir ?

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EAN13 9782378161255
Langue Français

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Le Destin des cœurs perdus, tome 1 : Les Damoiselles de Castel Dark [Jc Staignier]
© 2018, Jc Staignier. © 2018, Something Else Editio ns. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock.com Illustration : © Martine Provost ISBN papier : 978-2-37816-124-8 ISBN numérique : 978-2-37816-125-5 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
Biographie de l’auteur Originaire du Pays noir en Belgique, je trouve dans l’écriture la force de revenir dans la lumière. L’extrémité du tunnel semble parfois loin, et pourt ant, l’espoir pointe le bout de son nez, la malchance devient chance et les larmes se transforment en rires. Le droit au bonheur existe. Prenez l’ascenseur, appuyez sur le bouton et laissez-moi vous amener au pays des rêves. Jc Staignier
Je dédie ce roman à toutes les femmes qui souffrent dans leur cœur et dans leur corps. Que l’espoir reste à jamais le signe de leur volonté et de leur courage. Jc Staignier
À travers ce texte, celui d’une femme qui lutte contre l’adversité, n’oubliez jamais que l’espoir reste le pilier de notre vie. Vivre libérée de mes chaînes Je croyais avoir dépassé le temps des pourquoi. Il se rappelle si souvent à moi. Impuissante, devant un tel acharnement. Fatiguée de subir tous ces tourments. La vie est ainsi faite. Ne pas accepter la défaite. Savoir encaisser les coups. Se battre pour rester debout. Espoir, viens vers moi. S’il te plaît, montre-toi. La douleur est partout. Elle me punira jusqu’au bout. Si tel est mon destin. Je suivrai le chemin. Courageusement, parfois. Épuisée, quelques fois. Je veux croire au bonheur. Faire cesser mes pleurs. Trouver un endroit. Magnifique, de surcroît Je ne demande pas l’impossible. Rien d’inaccessible. Apaiser mon âme. Mon cœur le réclame. Patricia Mercier
Note de l’auteur Lorsque j’ai commencé l’écriture de cette saga, je me suis retrouvée confrontée à un véritable défi. Mon histoire débute au Moyen Âge et plus précisément en 1390. Voltaire, Corneille, Racine et Molière n’avaient pas rédigé une seule ligne et n’avaient pas enrichi la langue française de tous leurs beaux mots. L’une de mes bêta-lectrices, Rose Morvan, m’a initiée à la dure réalité des anachronismes. Adieu champagne, carrosse et petit thé entre amies ! Grâce à un dictionnaire étymologique, j’ai traqué la moindre erreur. J’ai effectué des recherches poussées sur l’époque, les mœurs et les personnages célèbres qui gravitent dans mon roman. Néanmoins, j’avoue le fait d’avoir parfois contourné certaines coutumes au profit de ma saga. Ainsi, au Moyen Âge dans les châteaux forts, les seigneurs dormaient dans une pièce commune, les nobles dînaient ou soupaient dans leur chambre pour les plus nantis ou encore somnolaient assis par crainte que la mort ne les fauche pendant leur sommeil. Vous le découvrirez tout au long de cette saga, la famille Percival déroge parfois aux règles, tout comme moi. Souvenez-vous du sexy Mel Gibson dans le filmBraveheartet de ses belles gambettes sous son e kilt. Une énorme erreur historique, puisque dans la réalité les Écossais n’en ont pas porté avant le 17 siècle. Personne ne lui en a gardé rancune. J’espère que mes libertés agrémenteront votre lecture autant que Mel m’a charmée en jupette. Jc
Chapitre 1 Eastbourne, 13 juin 1390 Érigé au sommet d’une colline verdoyante, Castel Dark surplombait le comté d’Eastbourne et le protégeait de toute attaque. Aux premières lueurs de l’aube, les hautes tours du château se dessinèrent à l’horizon, sentinelles à la fois paisibles et menaçantes du paysage. Afin d’assurer la sécurité du domaine, les veilleurs de jour remplacèrent ceux de nuit. Les rayons du soleil éclairèrent la chambre et enflammèrent de fils d’or la chevelure de la belle endormie. Sa peau nue et soyeuse exhalait la senteur d’une rose fraîchement cueillie. Clayton caressa les fesses sensuelles, et Alix emportée par ce moment de volupté s’éveilla. Ses doigts frôlèrent le torse de son mari. La porte s’ouvrit de manière brutale et leur fille se précipita dans la pièce. — Père, réveillez-vous ! Une grimace amusée illumina le visage de Clayton. — Dommage ! Nous continuerons nos agréments plus tard. Aelis grimpa sur le lit et se glissa entre ses parents. Si l’enfant possédait les traits parfaits d’Alix, elle n’héritait ni sa délicatesse, ni son maintien, ni sa douceur. Grâce à Dieu, ses trois sœurs aînées pouvaient se vanter de compter toutes ces qualités. Après vingt ans de mariage, le couple Percival se s entait aussi amoureux qu’au premier jour. Cependant, l’éducation de la benjamine s’avérait une source perpétuelle de conflit entre les époux. La matinée venait à peine de poindre et Aelis provoquait déjà le courroux de sa mère. — Eh bien, petit démon, que signifie cette entrée remarquée ? Froissée, Aelis ouvrit grand les yeux. — Avez-vous oublié mon anniversaire ? Clayton lui tendit les bras et elle se blottit contre la large poitrine. — Bonne fête, ma princesse. — Me préparez-vous des réjouissances ? Servirez-vous des gâteaux et de la tarte ? — Bien entendu. — Anton a promis de m’offrir une épée et de m’apprendre à me battre comme un vrai chevalier. Ainsi, je pourfendrai tous ceux qui se dresseront en travers de mon chemin. L’exaspération d’Alix engendrée par le rire de Clayton gagna en intensité. — Je ne décèle dans cet impertinent langage aucune raison de t’en amuser. Elle se pencha vers Aelis qui se serra davantage contre son père. — Quant à toi, petite peste, je t’autorise à manier une aiguille pour tes travaux de couture ! Pourquoi ne peux-tu ressembler à tes sœurs ? La mine boudeuse, Aelis se glissa hors du lit. 1 — Elles sont si ennuyeuses. De jolies donzelles sans esprit. Vous devriez vous réjouir que je mette du sel dans votre vie. Alix en resta sans voix et oublia toute pudeur. Nue, elle se redressa et agita un doigt accusateur devant le nez de la fillette. — Comment oses-tu ? Sors d’ici ! Dans un fracas assourdissant, la porte claqua, complice innocente de la colère de l’enfant. — Ai-je mérité un tel supplice ? se désola Alix. L’envie de défendre sa benjamine démangea Clayton, mais lorsque Alix se débattait avec sa conscience, mieux valait ne pas la contrarier. Sa femme posa les mains sur les hanches et exhala un long soupir. — Elle se glisse dans notre lit et la noblesse cond amne cette façon d’agir. As-tu perdu toute dignité pour la laisser nous injurier à sa guise ? — Nous vivons à la campagne et nous ne sommes pas obligés de respecter les règles de la Cour. Clayton tenta d’apaiser l’exaspération d’Alix et lui adressa un regard charmeur. — Terminons cette matinée de la manière agréable dont nous l’avions commencé. — N’y compte pas ! Une sincère indignation affichée sur le visage, Alix s’habilla et se précipita vers la porte. Pour la
deuxième fois, elle trembla sur ses gonds. Clayton soupira et s’appuya contre l’oreiller. Cette journée annoncée de bon augure venait de s’accomplir de façon lamentable. Les points de vue du couple divergeaient sur la ligne de conduite afin d’élever leurs six enfants. Le manque et l’absence d’une mère expliquaient l’amour exacerbé que le comte éprouvait pour sa progéniture. Son éducation rigide, supervisée par u n père qui respectait les principes de la Cour et ne tolérait pas l’insubordination, ne le prédisposait pas à la sévérité. Jusqu’à ses quatorze ans, Clayto n s’était montré bon élève. Hélas ! dès sa majorité et au grand désarroi de William, il s’était refusé à appliquer les règles de la bienséance et de l’étiqu ette. Clayton s’était rebellé contre toute autorité et avait renié les obligations dues à son rang, persuadé que ces principes absurdes étaient édictés par des nobles fielleux et constituaient une atteinte à sa liberté. Clayton tenait à ce que ses enfants développent leu r personnalité, sans brimades ni punitions. Jusqu’à présent, il avait honoré sa promesse et il admirait le tempérament de chacun. Anton, l’aîné, accusait dix-neuf printemps. D’une nature gaie et insouciante, il jouissait d’une solide réputation d’homme à femmes, mais dans l’avenir, il assurerait par son courage, sa ténacité et sa verve la succession comme maître de Castle Dark. Thomas, son cadet d’un an, possédait un caractère timide et réservé. Mary et Jane, les inséparables, s’avéraient frivoles et ambitieuses. Ilyana, douce et charitable. Aelis restait Aelis, une petite fille intrépide et effrontée. Le sourire aux lèvres, Clayton se prépara à affronter la mauvaise humeur de son épouse. *** Par son architecture harmonieuse, Castel Dark s’élo ignait des demeures traditionnelles d’Angleterre. La fonction résidentielle prenait le pas sur la défensive. Seuls le pont-levis et les douves évoquaient les châteaux forts des paysages campagnards. En cas d’attaque, les habitants pouvaient toujours se réfugier dans le donjon. La place commu ne où se regroupaient le seigneur et ses soldats n’existait plus. Des pièces de dimensions plus mode stes, mais confortables, voire luxueuses, occupaient le rez-de-chaussée du bâtiment. Les appartements des maîtres et de William de Percival se trouvaient au premier étage, ceux des enfants au deuxième, ceux réservés aux hôtes au troisième, le quatrième renfermait la salle d’armes et le cinquième, le logement des domestiques. Réveillée par le bruit d’une porte fermée de manière brusque, Ilyana enfonça la tête dans l’oreiller et soupira. Elle se redressa sur le lit et ses boucles soyeuses se répandirent jusqu’à sa taille. Des six enfants du couple Percival, seule Ilyana ressemblait à son père. Des cheveux cuivrés auréolaient un minois au teint pâle et la bouche rouge et charnue invitait au plus doux des baisers. Les immenses yeux verts, aux cils longs et épais, rehaussaient son visage d’une beauté presque irréelle. De nature imaginative, la jeune fille âgée de quinze ans nourrissait son esprit d’intrépides histoires d’amour. Elle refermait la dernière page d’un roman courtois et s’attendait presque à ce qu’un chevalier surgisse pour la sauver des mains de brutes sanguinaires. Dans son enfance, elle avait désiré rejoindre les O rdres. À présent, elle doutait du bien-fondé de cette vocation. Le cœur, à défaut de l’âme, ne pouvait appartenir à Dieu, mais à l’homme de ses rêves. Ilyana consacrait son temps libre à aider les plus défavorisés. À des lieues à la ronde, les habitants louaient sa bonté. Elle apportait aux villageois des gâteaux et des vêtements confectionnés de ses mains. Accompagnée de sa mère, elle soignait les petits malades et leur racontait des histoires. Sa démarche légère et souple, sa voix chantante et son regard bienveillant évoquaient la douceur et le charme. Songeuse, Ilyana se contempla dans le petit miroir posé sur une table en bois. Elle peigna ses cheveux et parfuma à la pomme d’ambre son cou gracile et laiteux. Le tumulte de la préparation d’une fête résonna à c haque étage de la demeure et lui rappela l’anniversaire d’Aelis. Ilyana adorait sa sœur, même si cette dernière se montrait bien souvent une enfant effrontée. La benjamine ne manquait jamais l’occasion d’ennuyer ses aînées et n’hésitait pas à glisser des grenouilles ou des insectes entre leurs draps. Tous les hommes de la famille satisfaisaient à ses caprices. Les sœurs aînées attendaient avec impatience les le çons de leur gouvernante, mais Aelis se réservait le droit de les bouder. Dame Marguerite les initiait aussi bien à l’art de la couture qu’à celui d’esquisser la plus charmante des révérences. Aelis préférait l’odeur des chevaux à celle des parfums les plus subtils et passait ses journées en compagnie des palefreniers et des domestiques. Sa dernière