Le destin des cœurs perdus, tome 2 : La Rebelle de Castel Dark

-

Livres
157 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Angleterre, 1396.


Aelis de Percival fuit son pays natal afin de rejoindre sa sœur Jane. À bord du Goéland, elle fait la connaissance du capitaine Sadler. Néanmoins, la jeune femme poursuit un seul but : attirer Arthur de Templeton en France.


Entre l’amour et la vengeance, Aelis trouvera-t-elle le courage d’affronter ses démons ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 11
EAN13 9782378161675
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Le Destin des cœurs perdus, tome 2 : La Rebelle de Castel Dark [Jc Staignier]
© 2019, Jc Staignier. © 2019, Something Else Editio ns Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock.com Illustration : © Martine Provost ISBN papier : 978-2-37816-166-8 ISBN numérique : 978-2-37816-167-5 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet :www.somethingelseeditions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
Biographie de l’auteur Originaire du pays noir en Belgique, je trouve dans l’écriture la force de revenir dans la lumière. L’extrémité du tunnel semble parfois loin, et pourt ant, l’espoir pointe le bout de son nez, la malchance devient chance et les larmes se transforment en rire. Le droit au bonheur existe. Prenez l’ascenseur et laissez-moi vous emmener au pays des rêves. Jc Staignier
Je balance mon cœur, Au rythme de ses battements. Rien ne me fait autant espérer que son amour, Et il n’y a rien que je puisse faire pour me détacher de lui. Des milliers d’épines se plantent dans mon corps, Chaque fois que je ne suis pas à lui. Une grande bouffée d’air, Tentant de me rassurer, Que rien ne me retirera de ses pensées ! Quand le soir tombe, Je tombe aussi, Car il est bien trop loin pour sécher, Les perles qui roulent le long de mes joues. Il est le seul à savoir, Quand et comment, Guérir mes brûlures. Il n’y a rien de plus doux, Que la mélodie de sa voix. Je ne sais qui est tombé en premier, Mon âme ou mes armes. Je fais danser chaque lettre de son nom, Sur ma langue, Je damnerai ma douceur, Juste pour une seconde dans ses bras. Je ferai saigner mes mains, Pour l’apercevoir au coin de la rue. J’apporterai à ses pieds des trésors, Que lui seul mérite ! Aucune tombe ne pourra réduire en silence, Ce désir, qui brûle mes sens. Il n’y a rien de plus envoûtant que son corps. S’il me laisse, Je donnerai ma vie, Sans rien en retour. @Miscrety Low
Note de l’auteur Le monde change, la littérature change. Tout en respectant le contexte du Moyen Âge, cette saga est destinée à plaire à un lectorat qui n’apprécie pas, a priori, les romans historiques. Une écriture contemporaine qui se veut à la portée de tous. Comme pour le premier tome, ce roman a bénéficié de la bêta-lecture de Rose Morvan, une autrice pointilleuse. Nos avis ont divergé bien souvent sur la construction de l’intrigue, parfois jugée trop moderne pour une dame qui honore les codes de l’his torique autant dans le langage que dans le comportement de ses personnages. Trois de ces romans sont d’ailleurs déjà publiés chez Something Else Édition, si vous ne les connaissez pas, je vous invite à les lire. Aelis, l’héroïne principale de ce deuxième tome, m’a dicté ses choix. À la différence de ses sœurs, elle tente d’imposer ses idées dans une période où les femmes ne servaient qu’à mettre leurs époux en valeur. Le récit se veut plus érotique, car notre rebelle n’a pas froid aux yeux. À notre époque, il est facile de dire que les dames du Moyen Âge si pieuse s en société n’appréciaient pas les rapports charnels. Je reste persuadée qu’une fois la porte de la chambre fermée ni Dieu ni nous ne pouvions savoir ce qui s’y passait derrière. Faut-il vous rappeler cette fameuse publicité : « c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus. » Encore une fois, mes chers lecteurs, je prends le risque de plaire ou de déplaire. Votre fidélité me prouvera si j’ai eu raison de m’accrocher à mes convictions. Bonne lecture. Jc
Chapitre 1 Eastbourne, 5 janvier 1396 Les cavaliers galopaient à bride abattue en direction de Castel Dark. Les sabots de leurs montures foulaient la neige et laissaient des traînées noirâtres lors de leur passage. Le souffle des chevaux exténués diffusait une légère brume dans l’air glacial. Le capitaine de la garde, Gossuin Morris, se tenait à la tête du convoi. À l’approche du château, le pont-levis se dressa comme un mur hautain et infran chissable, à l’instar d’un ricanement face à l’angoisse de ces hommes. Dès son arrivée, Ethan Benett posa l’extrémité de s a botte sur la surface gelée des douves. Aussitôt, la couche de verglas se craquela et l’eau la recouvrit. Des soldats comblèrent les fossés avec des broussailles, d’autres descendirent au village afin de rassembler des échelles. Un mouvement furtif attira l’attention d’Ethan. Au deuxième étage de la demeure, une forme blanche tournoyait devant la fenêtre. Désormais, Castel Dark enveloppe de son linceul leu rs cœurs perdus,chuchota une voix féminine dans son esprit. Seule Aelis de Percival les aidera à retrouver la sérénité. Ethan Benett, vous devez me le jurer, vous ne tenterez pas de découvrir la vérité ! Du bout des doigts, il massa ses tempes douloureuse s. Un gémissement plus qu’une réponse s’échappa de ses lèvres. — Je vous le promets. Admire l’œuvre du diable !gronda la voix. Le bruit sinistre des chaînes grinça lorsque le pont-levis amorça sa lente descente. — Prêts à décocher ! ordonna Ethan aux archers. Les cavaliers amenèrent leurs montures avec prudence dans la cour. Une épouvantable odeur de brûlé se répandait dans l’air. Avec un mélange de f ascination et de dégoût, ils contemplèrent les cadavres sur le sol. La fumée émanait des corps en combustion, assombrissait l’atmosphère de ses volutes lugubres. L’un des morts tendait une main rigide et noircie vers le ciel. — Sainte Mère de Dieu ! s’exclama Gossuin. Cet homme a été brûlé vif ! Ethan déploya ses soldats afin de s’assurer de la fuite de l’ennemi. La mine effarée, deux d’entre eux accoururent à sa rencontre. — Les dépouilles de sir Talbot, de son fils aîné et des veilleurs gisent derrière la chapelle. — Aucun survivant parmi les palefreniers. — Qui sont ces gens ? demanda Gossuin en désignant les cadavres carbonisés. — Celui qui a mené cette expédition désirait ne lai sser aucune trace, expliqua Ethan après un court moment de réflexion. À l’intérieur du château, ils découvrirent le hideu x spectacle de la désolation et de la mort. Ils tombèrent à genoux et se signèrent face à leurs maîtres. La vision des doigts entrelacés d’Emmet et d’Ilyana souleva l’estomac d’Ethan. Les soldats se dispersèrent dans la demeure et il resta seul avec ses amis. Un vent violent s’engouffra dans la pièce tandis que la porte d’entrée se refermait avec fracas. Eryne ! Les larmes coulaient sur ses joues pâles, témoignaient de sa souffrance. — Il mourra !vociféra-t-elle avant de s’évaporer dans les airs. — Eryne ! Qui a commis ces meurtres ? Le silence ne donna aucune réponse à sa question. Au rez-de-chaussée, les gardes avaient rassemblé les cinquante-huit cadavres des domestiques. — Sir Ethan, nous avons retrouvé un survivant ! Gossuin tenait par les épaules un garçon grassouillet et tremblotant. — Que peux-tu me dire sur ce massacre ? s’enquit le baron. — J’étais au sous-sol de la cuisine… j’ai entendu du bruit, des voix et puis des hurlements… j’ai voulu remonter, mais la trappe s’est brutalement refermée. — As-tu identifié le langage usité par des paysans ou des brigands ? — Je ne sais pas… je ne sais plus… les cris de ma mère… elle implorait leur pitié… je n’ai écouté qu’elle… — Va ! soupira Ethan. — Je n’ai pas un seul endroit où me réfugier…
Touché par la détresse du garçon, le baron posa une main réconfortante sur son épaule. — Je te prends à mon service. — Que Dieu vous bénisse ! s’exclama George en s’agenouillant. — Rends-toi utile. Va aider mes hommes dans la cour. Le domestique se dirigea vers la porte. Soudain, il revint sur ses pas. — Sir… — Que veux-tu encore ? — Cette dame demande à vous parler. D’une démarche incertaine, une villageoise s’avança vers les corps mutilés. L’effroi agrandit ses yeux et une nausée la submergea. Les affres du désespoir exhortaient-elles Ethan à s’émerveiller du moindre signe de beauté ? Le regard limpide de l’in connue le bouleversa. Afin de masquer son trouble, il l’interrogea d’une voix brutale. — Qui es-tu ? — Hélène Roberts, sir. Je suis la grand-mère de Colin. Lady Aelis m’envoie… — As-tu vu mon petit-fils ? Est-il hors de danger ? — Tous les enfants vont bien. Soulagé, Ethan se mordit la lèvre inférieure. De manière polie, cette femme venait de lui faire comprendre son égoïsme en insistant sur le mot « tous ». — Où sont-ils ? — Lady Aelis les emmène en France. Elle vous prie d’expédier des oiseaux à Paris afin de prévenir lady Jane de leur arrivée et du malheur… — Pour quelles raisons fuir l’Angleterre ? Elle pou vait se réfugier chez moi ou se cacher au village. T’a-t-elle raconté ce qui s’était passé ? — Oui. Une attaque de brigands. Ethan serra le bras d’Hélène comme dans un étau et lui arracha un cri de douleur. — Regarde autour de toi ! Que vois-tu ? — Des morts, du sang, balbutia-t-elle. — Regarde bien. Que vois-tu ? — Sir… Les yeux emplis de colère, Ethan pointa le doigt sur le cou d’Ilyana. — Remarques-tu la précision de la blessure ? Ce cri me n’a pas été commis par des hommes du peuple ! — Je vois seulement la trace d’un acte barbare, répondit Hélène effrayée par sa réaction. Contrit, il relâcha son étreinte. Perdait-il l’esprit pour malmener une femme de telle façon ? — Je ne désirais pas me montrer aussi brutal envers toi. Mon petit-fils vogue vers la France et son départ me rend fou. — Je vous comprends. Colin me manque depuis si longtemps. Ethan caressa les lèvres d’Hélène. Bouleversée par cette proximité si incongrue, elle retint son souffle. — Reste avec moi. Nous allons nettoyer ce sang qui souille nos seigneurs. — Bien sir. Je vais apporter de l’eau et des linges. — Hélène ! Une dernière question. Pour quelles raisons n’avez-vous pas fait sonner le tocsin ? — Lady Aelis nous l’a interdit. Soudain, tout devint clair pour Ethan. — Aelis connaît le nom des meurtriers ! N’oublie pas ta promesse, Ethan Benett. Tu ne dois pas chercher la vérité !l’admonesta Eryne. Il s’agenouilla auprès de ses amis, ferma leurs paupières. — Gossuin, rends-toi au village et réquisitionne qu atre chariots afin de ramener les corps des domestiques à leur famille. Ethan tenta de dénouer les doigts d’Ilyana et d’Emmet. Pour la première fois depuis la mort de Caroline, les larmes roulèrent sur ses joues. La semaine dernière encore, la vie et le rire égayaient cette demeure. Hélène posa la main sur son épaule afin de lui apporter tout le réconfort nécessaire. Ils nettoyèrent les corps, dissimulèrent les horribles blessures sous des châles et des pourpoints à haut col avant que les soldats ne les déposent sur leur lit. 1 Vers complies , toutes les traces du carnage avaient laissé place à la sérénité habituelle de Castel
Dark. Soudain, les sanglots d’Eryne traversèrent les murs et rappelèrent aux vivants la souffrance de son âme. La porte du château se referma sur son chagrin. Dans la cour, la tenace odeur de brûlé agressa les narines d’Ethan. Il se remémora la main calcinée du cadavre tendue vers le ciel, comme pour implorer la grâce du Seigneur. Affronter seul les jours à venir lui sembla terrifiant et insurmontable. — Cette nuit, j’aimerais que tu restes avec moi, avoua-t-il à Hélène. — À vos ordres, sir. Doucement, le baron détacha sa coiffe, contempla la longue chevelure blonde striée de gris. — Ce n’est pas un ordre, seulement un souhait. Si tu n’en as pas envie, je ne t’y oblige pas. — Demain, ne regretterez-vous pas votre décision ? murmura Hélène, consciente de la singularité de cette situation. Ethan plongea les yeux dans ceux de la villageoise. Pour la première fois depuis la mort de son épouse, il partagerait son lit avec une autre femme. Il éprouvait la nécessité vitale de tenir ce corps frêle contre lui. Peut-être Hélène lui donnerait-elle la force de continuer à vivre ? — J’ai besoin de toi ! Il l’aida à grimper sur sa monture avant de quitter Castel Dark au grand galop. Le pont-levis se referma et scella le secret de cette tragique journée.
Chapitre2 La Manche, 6 janvier 1396 Du sang, tout ce sang ! Je voulais fuir, mais je gl issais sans cesse sur le pavement humide et poisseux. M es hurlements lugubres et effrayants se mêlaient à ceux d’Eryne. Les battements désordonnés de mon cœur m’empêchaient de respirer. Pourquoi Emmet ne venait-il pas nous sauver ? Un vent froid s’engouffra dans la pièce. Eryne descendit l’escalier, ses pieds ne touchaient pas le sol. Tel un halo blanc et lumineux, sa robe de mariée se drapait sur son corps et ses cheveux de feu flottaient autour de son visage pâle. Ses yeux brillaient à la fois d’amour et de haine. Sa voix résonna, identique au tintement funèbre du glas. — Tout a commencé à cet endroit, tout se terminera ici. Tu dois amener Arthur à Castel Dark. Ma grand-mère m’aida à me redresser et la chaleur d égagée par ma main se propagea dans ses veines. La peau d’Eryne reprit ses couleurs et la vie ses droits. Le bruit d’une porte grinça sur ses gonds, annonça l’arrivée d’un démon d’apparence humaine. Le masque de la souffrance assombrit le re gard de mon aïeule avant qu’elle ne disparaisse dans un tourbillon violent. Seule, j’af frontai cet inconnu. Sur sa figure, blanche et lisse, ses lèvres esquissèrent un sourire cruel. Co mment échapper au mal lorsqu’il s’efforce de vous rattraper ? Fermer les yeux me semblait la solution la plus rassurante, mais fuir ne contribuerait pas à me soustraire à la réalité. M es paupières lou rdes de fatigue et de peur se soulevèrent. L’homme hissa la tête d’Emmet. Le froid engourdit mes membres, l’obscurité m’enveloppa. — Veux-tu l’embrasser, Aelis ? ricana le diable. — Non, Emmet ! Non ! hurlai-je. — Tout doux, ma belle. Ce n’est qu’un cauchemar. Bercée par cette voix masculine et réconfortante, Aelis ouvrit les yeux. Les larmes coulèrent sur ses joues, pluie fine de ses jours sombres. L’inconnu l’attira contre son torse, mais elle se débattit tandis qu’un cri déchirant s’échappait de sa gorge. — Calme-toi. Lorsqu’elle croisa le doux regard gris, l’obscurité laissa place à la lumière — Capitaine Sadler ! — Tu peux m’appeler Brett, proposa-t-il avec une ir onie non dissimulée. Nous venons tout de même de passer la nuit ensemble. Les idées brumeuses, Aelis tenta de se souvenir de leur soirée. — Pouvez-vous m’expliquer votre présence dans ma couche ? s’informa-t-elle d’un ton abrupt. Les mains croisées derrière la nuque, Brett s’adossa contre l’oreiller. Son sourire dévoila des dents blanches et nacrées. — Ma belle, en l’occurrence, c’est toi qui te trouves dans mon lit. Les bribes de la veille se frayèrent un chemin dans la mémoire d’Aelis. Elle avait bu du vin, beaucoup trop. La tête lourde, elle avait vacillé de son tabouret. Brett l’avait soutenue et elle s’était jetée à son cou. Ses lèvres cherchaient les siennes, ses yeux le sup pliaient de l’aider. Brett avait hésité avant de la serrer contre lui et de répondre à son baiser. L e sentiment de terreur laissait place à la douceur. Elle s’accrochait à lui, goûtait sa bouche encore et encore, éloignait le spectre de la peur et de la douleur. Ses mains se faufilaient sous la chemise d e Brett et caressaient son dos. Elle voulait se perdre entre ses bras, tout oublier et vivre l’instant présent. Brett l’avait soulevée et déposée sur sa couche… Ensuite, le trou noir. — Cette nuit… que s’est-il passé ? — Tu ne t’en souviens pas ? — Nous… nous avons… ? balbutia Aelis. Brett leva les yeux au plafond et laissa le doute s ’installer. Elle ressentit une folle envie de le