Le Massacreur

Le Massacreur

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Français
192 pages

Description

Slaughter est le massacreur et n’a aucune pitié envers ses ennemis. Considéré par les autres Warriors comme un véritable psychopathe, Slaughter n’éprouve aucun sentiment, si ce n’est de la haine envers les Survivors, et surtout envers lui-même. Mais lorsqu’il se laisse volontairement emprisonner pour venir en aide à Tanya, la sœur du Destructeur, ses convictions vacillent et, petit à petit, le courage de la jeune femme force son admiration.


Mais peut-il se permettre d’aimer Tanya alors qu’il est le responsable du massacre de sa famille ? Pire, alors qu’il a lui-même tué sa petite sœur ?

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Nombre de lectures 57
EAN13 9782819100973
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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1

2









LES
WARRIORS

Tome 2 : Le Massacreur

3



Du même auteur aux Editions Sharon Kena


$X F°XU GH OD YROXSWp
Les cow-boys lovers
La malédiction tsigane tome 1 à 5
JAWD
Sous le masque des apparences
Défis entre amies l¶intégrale
Un rôle sur mesure
Les Warriors tome 1

4






Pierrette Lavallée



LES
WARRIORS

Tome 2 : Le Massacreur

5





















« Le Code de lapropriété intellectuelle et artistique n¶autorisant, aux termes
des alinéas2 et 3 de l¶darticle L.122-5,¶unepart,qcoue les «pies ou
reproductions strictement réservées à l¶usageprivé du copiste et non
destinées à une utilisation collective » et, d¶autrepart,que les analyses et les
courtes citations dans un but d¶exemple et d¶touteillustration, «
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quelqueprocédéque ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée
par les articles 425 et suivants du Code pénal. »


©2016 Les Editions Sharon Kena
www.leseditionssharonkena.com

6

3RXU FH VHFRQG RSXV MH UHQRXYqOH PHV UHPHUFLHPHQWV«

7RXW G¶DERUG j &\ULHOOH PRQ pGLWULFH,VDQV TXL FH URPDQ Q¶DXUDLW SDV YX OH MRXU
DLQVL TX¶j WRXW OH VWDII 6KDURQ .HQD: comité de lecture, les correctrices qui font un
travail formidable, sans oublier Feather Wenlock, notre magicienne qui nous offre
de somptueuses couvertures.

Merci également à ma famille, pour leur soutien inconditionnel, leur patience,
leur amour.

8Q PHUFL WRXW VSpFLDO j PRQ ILOV 1LFR TXL V¶HVW pQRUPpPHQW LQYHVWL GDQV
O¶pODERUDWLRQ GH FHWWH QRXYHOOH VpULH P¶DLGDQW j FKRLVLU OH QRP GHV SHUVRQQDJHV
suivant leurs aventures chDSLWUH SDU FKDSLWUH HW Q¶KpVLWDQW SDV j PH KRXVSLOOHU ORUVTXH
PHV KpURV Q¶HQ IDLVDLHQW TX¶j OHXU WrWH« FH IXW XQ YpULWDEOH ERQKHXU!

Merci à mes adorables Bêtas lectrices : Tiya, Bibi, Nath, Mimi. Travailler avec
vous est un pur délice.

-H Q¶RXEOLH SDV PHV DPLV TXL GDQV O¶RPEUH PH VRXWLHQQHQW WRXMRXUV 0HV V°XUV
GH F°XU WRXWd¶DERUG: Nathalie R et ma chère Julia T sans oublier, mes « fans » de
la première heure : Vanessa L.G, Ana Pinoy, Rinka, Christelle K, Sylvie B, Valérie
D.

Les Bloggeuses, ainsi que mes partenaires : les livres en folies, la bibliothèque de
0LDQJH 0LGpPRQ .DW¶F¶HVW PRL -H OLV WX OLV QRXV OLVRQV RX OH FRLQ GHV OHFWXUHV
SDUWDJpHV HW O¶LQFRQWRXUQDEOH 5HEHOOHV:HE]LQH

Mais surtout, un énorme merci à vous lecteurs, qui tenez mon bébé entre vos
PDLQV F¶HVW JUkFH j YRXV j YRWUH HQWKRXVLDVPH TXH M¶HQ VXLV Oj DXMRXUG¶KXL!

7

8

Table des matières


PROLOGUE .................................................................................................... 11
CHAPITRE 1 ...................................................................................................13
CHAPITRE 2 ...................................................................................................21
CHAPITRE 3 ...................................................................................................28
CHAPITRE 4 ...................................................................................................35
CHAPITRE 5 ...................................................................................................43
CHAPITRE 6 ...................................................................................................50
CHAPITRE 7 ...................................................................................................55
CHAPITRE 8 ...................................................................................................63
CHAPITRE 9 ...................................................................................................69
CHAPITRE 10 .................................................................................................75
CHAPITRE 11 .................................................................................................83
CHAPITRE 12 .................................................................................................90
CHAPITRE 13 .................................................................................................96
CHAPITRE 14 ...............................................................................................102
CHAPITRE 15 ...............................................................................................108
CHAPITRE 16 ...............................................................................................114
CHAPITRE 17 ...............................................................................................119
CHAPITRE 18 ...............................................................................................125
CHAPITRE 19 ...............................................................................................133
CHAPITRE 20 ...............................................................................................141
CHAPITRE 21 ...............................................................................................150
CHAPITRE 22 ...............................................................................................153
CHAPITRE 23 ...............................................................................................159
CHAPITRE 24 ...............................................................................................166
CHAPITRE 25 ...............................................................................................173

9

CHAPITRE 26 ...............................................................................................181
ÉPILOGUE .................................................................................................... 188

10

PROLOGUE



Les mains jointes, le jeune homme salua les juges, puis son
maître sous les applaudissements du public. Il y était arrivé à tout
juste dix-sept ans etLO YHQDLW G¶rWUH VDFUpnational de Champion
karaté chez les juniors« $ORUV TX¶j O¶LQWpULHXU LO MXELODLW LO
V¶REOLJHDtoutefois à rester stoïque ainsi que lui avait appris son
1
Senseï Ogura« &KDPSLRQnational ,O Q¶HQ UHYHQDLW WRXMRXUV SDV
Son maître le félicita une nouvelle fois mais il avait hâte de
reWURXYHU OHV VLHQV HW GH IrWHU O¶pYpnement avec eux.
Sa mère et son beau-SqUH O¶DWWHQGDLHQW j OD VRUWLH HW OH
congratulèrent avec force. Tous deuxV¶pWDLent saignés aux quatre
YHLQHV SRXU OXL SHUPHWWUH G¶intégrer la meilleure école de karaté de
OD YLOOH HW LOV QH O¶DYDLHQW MDPDLV UHJUHWWpIl leur montra la coupe
ainsi qXH OD PpGDLOOH G¶RU TXL UHMRLQGUDLent les autres accrochées au
PXU GH VD FKDPEUH ,O pWDLW KHXUHX[« ,OfautGLUH TX¶LO DYDLW WRXW
SRXU O¶rWUH ,O DYDLW XQH IDPLOOH DLPDQWH XQH SHWLWH V°XU TX¶LO
DGRUDLW XQ SHWLW IUqUH TXL V¶pYHLOODLW DXmonde extérieur et qui
O¶expérimentait du haut de ses quatre ans.
Sur le chemin qui les ramenait chez eux, le jeune champion
ferma les yeux et se remémora les combats qui lui avaient offert la
victoire. Il était resté concentré, maître de ses mouvements et
surWRXW LO Q¶DYDLW MDPDLV SHUGX VRQ IOHJPH OpJHQGDLUH FH TX¶2JXUD
appréciait tout particulièrement chez lui.
,O VRXOHYD WRXWHIRLV OHV SDXSLqUHV ORUVTX¶LOV WUDYHUVqUHQW XQH
SDUWLH GH OD YLOOH TXH WRXV pYLWDLHQW ,O VH VHQWLW PDO j O¶DLVH HQ
observant ce quiV¶\ SDVVDLW HW HQ VH UDSSHODQW TXH, pendant un
moment, avant son mariage avec Grégor, sa mère et grandmi
avaient vécu là, dans ce cloaque et,j FKDTXH IRLV TX¶LO pWDLW REOLJp
G¶HPSUXQWHU FHWWH URXWH XQ VHQWLPHQW LQGpILQLVVDEOH O¶pWUHLJQDLW
comme si, incoQVFLHPPHQW LO VDYDLW TX¶LOserait obligé de retourner
un jour à ses origines.


1
&¶HVW XQ WHUPH XWLOLVp SRXU V¶DGUHVVHU j XQ SURIHVVHXU j XQ PDvWUH GDQV XQH
certaine discipline
11

8Q TXDUW G¶KHXUH SOXV WDUG, ils étaient chez eux.&H Q¶pWDLW SDV
bien grand, mais le logementDYDLW OH PpULWH G¶rWUH FRQIRUWDEOHÀ
peine eurent-LOV PLV XQ SLHG GDQV O¶DSSDUWHPHQW TX¶XQH WRUQDGH
blonde traversa le salon et donna un coup du tranchant de la main
VXU O¶DEGRPHQ GX MHXQH KRPPH
$wH« WX P¶DV HX SHWLWH SHVWH JURQGD-t-il en riant. Mais que
W¶DL-je dit, jolie demoiselle ?
Que le karaté est fait pour se défendre et non pas pour
attaquer &¶HVW XQ VSRUW, pas un moyen de blesser son adversaire,
répéta-t-elle comme un mantra.
/H FKDPSLRQ VH PLW j ULUH HW O¶LQVWDOOD VXU VHV pSDXOHV
Sais-tu ce que Grandmi a préparé comme surprise?
chuchota-t-il.
Un gâteau au chocolat mais il est tout plat, pouffa-t-elle
tandis que le jeune homme la reposait sur le sol.
,O V¶HVFODIID XQH QRXYHOOH IRLV HW HPEUDVVD VD JUDQG-mère
maternelle. Cette dernière lui tendit un couteau et amena un
énorme rectangle de couleur brune qui ressemblait plus à un gâteau
GH ERXH TX¶à un cake au chocolat.
&¶HVW XQ WDWDPL OXL GLW-elle avec fierté.
! Il est magnifique, la félicita-t-ilMerci, Grandmi
chaleureusement tandis que la fillette riait de plus belle.
IO V¶DSSUrWDit à couper le gâteau lorsqueOD SRUWH V¶RXYULW j OD
YROpH HW XQH GL]DLQH G¶KRPPHVà la mine patibulaire entra dans la
pièce /H MHXQH KRPPH VHQWLW VRQ F°XU VH VHUUHU LO DYDLW FRPSULV
TX¶LOV YHQDLHQW SRXU OXL HW DYDQW TX¶LO Q¶DLW SX UpDJLU O¶HQIHU VH
déchaîna !

12

CHAPITRE 1



7DQ\D SRXVVD XQ UXJLVVHPHQW (OOH LUDLW MXVTX¶DX ERXW GH VHV
OLPLWHV PrPH VL HOOH GHYDLW HQVXLWH V¶pYDQRXLU /HV EUDV FURLVpV
derrière la nuque, allongée sur un sol dégoûtant, les jambes pliées
et en appui, elle contracta ses abdominaux, souleva les épaules et
se redressa en maintenant son dos parfaitement droit. Elle garda la
pause quelques secondes et redescendit doucement avant de
UpLWpUHU O¶RSpUDWLRQ XQH QRXYHOOH IRLV SXLV HQFRUH XQH DXWUH
Il faut dire que depuis son enlèvement, TanyaQ¶DYDLW ULHQ
G¶DXWUH j IDLUH DORUV, plutôt que de se vautrer dans des
pleurnicheries qui ne serviraient à rien, elle avait, au bout de
TXHOTXHV MRXUV GpFLGp G¶XQ SURJUDPPH GH UHPLVH HQ IRUPH
LQWHQVLYH« (W DSUqV GH ORQJV PRLV GH FDSWLYLWp VRQ FRUSV HQ
reVVHQWDLW OHV ELHQIDLWV«
Elle se laissa reWRPEHU GH WRXW VRQ ORQJ« WURLV FHQWV! Elle
parvenait à enchaîner à présent abdos et tractions presque à
longueur de journée et devait admettre que son corps ne
ressemblait plus en rien à celui avec lequel elle était arrivée. Elle
Q¶DYDLW SOXV XQH RQFH GHgraisse, tout était en muscles. Son ventre
était plat, avec des abdos bien dessinés. Ses bras avaient pris en
SXLVVDQFH GH PrPH TXH VHV FXLVVHV (OOH V¶DVWUHLJQLW j LQVSLUHU
expirer profondément tout en faisant de légers mouvements afin de
détendre ses muscles et éviter des crampes qui la paralyseraient et
la laisseraient sans défense.
Elle se releva enfin, les jambes un peu tremblantes, mais elle
V¶REOLJHD j PDUFKHU GH ORQJ HQ ODUJH GDQV VD FHOOXOH 'L[ PqWUHV
VXU FLQT HOOH O¶DYDLWmesurée pour en connaître les assez
dimensions. Les premiers jours, au fond de la pièce, se trouvaient
un lit avec un drap et une couette, une table, une chaise pliante.
0DLV 7DQ\D Q¶pWDLW SDV OH JHQUH GH ILOOHV j VH ODLVVHU UHWHQLU
prisonnière contre son gré. La chaise avait fini par atteindre
O¶DUULqUH GX FUkQH G¶XQ GHs matons qui venaient lui ramener son
UHSDV Ð ELHQ VU HOOH O¶DYDLW SD\p FKHUle sang et dans les dans
larmes, et on lui avait retiré son siège. Mais elle avait ressenti un
13

tel bonheur en apprenant que son geôlier avait récolté une
vingtaine de points de suture le long de son crâne,TX¶HOOHen avait
occulté toute douleur. Elle avait remis ça la semaine suivante, se
servant cette fois de son plateau et de sa fourchette, aplatissant le
YLVDJH G¶XQ DXWUH JDUGLHQ GX SUHPLHU HW HQIRQoDQW Oa seconde dans
sa cuisse à quelques centimètres seulement de la fémorale. Cette
fois, la correction fut plus cuisante, mais étonnamment, celui qui
DYDLW GRQQp O¶RUGUH GH O¶HQOHYHU VHPEODLW YRXORLU OD JDUGHU HQ YLH.
Aussi, depuis cette constatation, prenait-elle un plaisir sadique à
frustrer ses bourreaux et surtout à leur rendre la vie impossible.
Elle se dirigea vers le fond de sa cellule, là où se trouvait le coin
VDQLWDLUH FRPSRVp GHV WRLOHWWHV HW G¶XQ ODYDER 4XH Q¶DXUDLW-elle pas
offert pour une douche ! Une douche qui serait la bienvenue et dont
O¶HDXruissellerait sur son corps... Malheureusement, elle tiède
Q¶DYDLW OH GURLW TX¶j XQH VLPSOH FXYHWWH XQ VDYRQ XQH VHUYLHWWH GH
toilette et un gant qui étaient changés toutes les semaines. Elle
DOODLW VH UDIUDvFKLU ORUVTX¶XQ EUXLW OD ILW VXUVDXWHU (OOH IHUPD OHV
yeux et se concentra, cheUFKDQW j VDYRLU FH TXL O¶DYDLW LQWHUSHOOpe. Il
V¶DJLVVDLW GX EUXLW GHla porte blindée quiYHQDLW GH V¶RXYULU FHOOH-là
PrPH TXL V¶pWDLW UHIHUPpH VXU HOOH TXHOTXHV PRLV SOXV W{W
Elle approcha des barreaux, tentant de voir ce qui se passait à
O¶H[WpULHXU. Il était tard, près de vingt-deux heures, peut-être plus,
peut-être moins. Elle avait déjà eu son dîner et normalement, plus
personne ne passait la voir ! Elle perçut le bruit de quelque chose
TX¶RQ WUDvQDLW, quelque chose de lourd visiblement,VL HOOH V¶en
référait aux jurons qui accompagnaient chacun des pas des
gardiens.
Les néonsGX FRXORLU V¶DOOXPqUHQW (OOH UHWLQW XQH JULPDFH VRXV
FHWWH DJUHVVLRQ OXPLQHXVH HW SRXVVD XQ MXURQ ORUVTX¶HOOH VH UHWURXYD
nez à nez avec un flingue.
Va contre le mur, salope ! ordonna un de ses geôliers.
6L HOOH V¶HQ VRXYHQDLW ELHQ F¶pWDLW FHOXL TX¶HOOH pWDLW SUHVTXH
parvenue à étrangler avec une tresse composée de bandes de draps.
« HW QH W¶DYLVH SDVde bouger, continua-t-il, sinon je te mets
une balle entre les deux yeux !
dD P¶pWRQQHUDLtTXH YRWUH SDWURQ V¶LO YLHQW GDQV PD FHOOXOH
le défia-t-HOOH VDQV ERXJHU VRLW KHXUHX[ GH YRLU TXH YRXV P¶DYH]
tuée.
-H FURLV TX¶j O¶LQVWDQW PrPH R O¶RQ FDXVH QRWUH ERVV
cherche justement la meilleure façon de te liquider ! Alors que
distu de ça ?
-H Q¶\ FURLV SDV! ajouta-t-elle bravement.
14

Oh pauvre petite fille qui réalise soudain que sa vie ne vaut
SOXV ULHQ« SDV XQ NRSHFN SDV XQ FHQWLPH« rien !Tu ne vaux
même pas la paille de ta cellule !
Ah, en parlant de ça, il faudra penser à faire venir la femme
GH PpQDJH LO \ D XQH RGHXU LQIHFWH TXL VH GpJDJH GHSXLV SHX«
Oups, poursuivit-elle, faussement désolée, je viens de réaliser que
les effluves nauséabonds viennent de ta personne, gros lard !
Contre le mur et vite !
Elle le provoqua àQRXYHDX HQ V¶DSSX\DQW QRQFKDODPPHQW
contre le mur, à quelques centimètres de distanceGH O¶HQWUpH GH VD
cellule. Le gardien réitéra son ordre en pointant à nouveau son
DUPH GDQV OD GLUHFWLRQ GH 7DQ\D HW« WLUD!
La jeune femme poussa un juron et observa le monstre qui la
dévisageait en souriant.
Tu as compris? lui demanda-t-il à nouveau. Ta vie ne vaut
plus rien. Alors recule immédiatement ou le prochain trou sera
pour ta cervelle de blonde !
Tanya se dirigea à reculonsMXVTX¶DX PXU GX IRQG 'LUH TX¶HOOH
était apeurée eut été un euphémisme, elle était terrorisée. Pourtant,
HOOH VDYDLW TXH VL HOOH PRQWUDLW OH PRLQGUH VLJQH GH IDLEOHVVH F¶HQ
VHUDLW ILQL G¶HOOH
Eh, gros abruti, au cas où tu serais daltonien, je suis brune !
Mais tu penses comme une blonde, soutint-il.
-¶DL XQH WrWH j UHVVHPEOHU j XQ NLQGHU VXUSULVH?
demanda-telle au maton qui la fixait à présent comme si elle avait perdu
O¶HVSULW
Quoi ? ânonna-t-il bêtement.
Un kinder surprise, répéta-t-elle en exagérant légèrement sur
les syllabes. Tu vois,EUXQH j O¶H[WpULHXU HW EORQGH j O¶LQWpULHXU
9R\DQW TX¶LO QH UpDJLVVDLW WRXMRXUV SDV HOOH OHYD OHV \HX[ DX
ciel.
-¶DEDQGRQQH! Tu es trop idiot pour comprendre quoi que ce
soit !
$WWHQGV F¶HVW PRL TXH WX WUDLWHV G¶LGLRW? gronda-t-il.
Parce que tuYRLV TXHOTX¶XQ G¶DXWUH GDQV OD SLqFH? Casper
peut-être ? se gaussa-t-elle.
Qui ça ?
Ô misère, aucune culture cinématographique! se
plaignitHOOH -H VXLV FHUWDLQH TXH WD PqUH W¶D EHUFp DX U\WKPH GHV PXVLTXHV
GH ILOPV G¶KRUUHXU HW TXH ORUVTX¶HOOH HQ DYDLW PDUUH GH W¶HQWHQGUH

15

beugler comme un âne, elle te claquait la tête contreOH PXU G¶où ta
tronche à faire peur !
Je vais te tuer, sale pute, je vais tellement te défoncer que
même ton propre père ne saura pas te reconnaître.
! rugit-elle, mon père pourrait passer près de moiSale con
GDQV OD UXH TX¶LO QH PH UHFRQQDvWUDLW SDV j PRLQV TXH MH QH PH
balade avec un jeu de cartes sur la tête et des jetons de poker dans
la bouche !
! ordonna une voix dans le couloir. OuvreÇa suffit, Chuck
cette fichue porte que je puissePH GpEDUUDVVHU GH PRQ FROLV F¶HVW
TX¶LO Q¶HVW SDV XQ SRLGV SOXPH!
Tanya éclata de rire en entendant le nom de son bourreau.
-¶DXUDLV G P¶\ DWWHQGUH V¶HVFODIID-t-elle de plus belle. Oh,
pauvre Chucky, avec sa gueule couturée de cicatrices.
Eh, la fille! Ça suffit 7X Q¶es pas en position de te
PRTXHU« (nfin, reprit-LO WX Q¶HV SOXV HQ pWDW GH OH IDLUH GHSXLV
quelques heures. Alors, je serais toi, je me tiendrais à carreau. Il y a
plein de monde en haut qui rêve de te faire la peau.
Sur ces mots, le nouveau venu jeta un corps à même le sol et fit
demi-tour.
(K O¶LQWHUSHOOD 7DQ\D 4XH« TXH V¶HVW-il passé ?
Pour faire court et simple, répondit-il en se raidissant, les
conditions deWD OLEpUDWLRQ Q¶RQW SDV pWp UHVSHFWpHV HW GRQF WX Q¶HV
SOXV G¶DXFXQH XWLOLWp DX 6DLJQHXU ,O VDLW TX¶LO QH UpFXSpUHUDjamais
VRQ DUJHQW«tu ne lui sers plus à rien !
Tanya resta bouche bée pour la première foisGHSXLV TX¶HOOH
était enfermée dans ces sous-sols $LQVL TXHOTX¶XQ VDYDLW TX¶HOOH
pWDLW HPSULVRQQpH TXHOTX¶XQ DYDLW tentéde la libérer. Les larmes
lui montèrent aux yeux à la pensée de sa chère amie, Jade
Williamson. Elle seule se serait suffisamment inquiétée pour
essayer de la retrouver. Elle reprit toutefois bien vite ses esprits.
«TantTX¶LO \ D GH OD YLH LO \ D GH O¶HVSRLU, disait toujours un de ses
professeurs.,O VXIILW G¶XQ VRXIIOH GH YLH G¶XQH YRORQWp SURIRQGH
pour faire changer le cours des évènements ». Et Tanya était bien
décidée à défendre chèrement sa peau !
ElOH MHWD XQ EUHI FRXS G¶°LO DX SDTXHWdont les deux cerbères
venaient de se débarrasser. Elle approcha légèrement et le poussa
du bout du pied 5LHQ SDV OH PRLQGUH VLJQH TXH O¶KRPPH FDU F¶HQ
était un de toute évidence, était vivant, pas même le moindre
VRXIIOH (OOH DYDQoD HQFRUH G¶XQ SDV HW UHFRPPHQoD OD PDQ°XYUH
tout en restant à une certaine distance par sécurité. Là encore,
aucune réaction !
16

7DQ\D VH GHPDQGD VL F¶pWDLW XQ SLqJH VL VHVkidnappeurs
Q¶DYDLHQW SDV WURXYp XQH QRXYHOOH IDoRQ GH YHQLU j ERXW GH VD
patience. Elle le retourna sur le dos sans aucune douceur, dans un
geste brusque, et poussa un juron. Si cet homme venait du côté
obscur de la force, nul doute quH O¶LQVWLJDWHXU GH FHW HQOqYHPHQW HW
ses sbires devaient être de sacrés psychopathes pour venir à bout
G¶XQ JDLOODUGtel que lui (W V¶LOV MRXDLHQW GDQV OD PrPH pTXLSH HW
O¶DYDLHQW HQYR\p FRPPH OHXUUH LOV GHYDLHQW rWUH WRWDOHPHQW
inconscients pourO¶DYRLU PDsVDFUp FRPPH LOV O¶DYDLHQW IDLW: du
sang ruisselait sur sa joue,SURYHQDQW G¶XQH HQWDLOOH j OD WHPSH VRQ
nez avait doublé de volume, un de ses yeux était gonflé et plusieurs
coupures ou griffures parsemaient sa gorge. Pourtant, aucune de
ses blessures ne pouvait être la cause de son inconscience. Tanya
V¶DJHQRXLOOD HW REVHUYD XQ PRPHQW O¶KRPPH TXL JLVDLW VXU OH VRO ,O
était de taille moyenne maisVHQVLEOHPHQW SOXV JUDQG TX¶HOOH ,l
portait un pull gris dont la capuche était souillée de sang et de terre,
un jean sombre qui moulait ses cuisses et des rangers. Ses cheveux
noirs étaient ébouriffés et une barbe taillée assez courte mettait en
valeur de puissantes mâchoires. Toutefois, Tanya ne put
V¶HPSrFKHU GH VRXULUH HQ UpDOLVDQW j TXHO SRLQW O¶KRPPH TXL VH
WURXYDLW j VHV SLHGV pWDLW YHOX 6HV EUDV pWDLHQW UHFRXYHUWV G¶XQH
pilosité sombre et Tanya ne putTX¶y glisser les doigts.
Contrairement aux jeunes femmes de son âge qui préféraient
chez un homme le genre «métro sexuel», il en allait autrement
SRXU HOOH TXL DLPDLW TX¶XQ KRPPH VRLW YLULO HW j TXL TXHOTXHV SRLOV
VXU OH WRUVH QH GpUDQJHDLHQW SDV (OOH QH FRPSUHQDLW SDV O¶REVHVVLRQ
de certains hommes à passer plus de temps dans la salle de bains
que leur compagne. Elle étaLW G¶DFFRUG VXU OH IDLW TX¶XQ KRPPH
devaitWRXW DX PRLQV VH ODYHU SOXV G¶XQH IRLV SDU VHPDLQH IDLUH
usage de déodorant et se brosser les dents. Mais de là à user et
abuser de crème pour le visage, les mains, les pieds et le corps, il y
avait un monde auquHO HOOH Q¶pWDLW SDV SUèsG¶adhérer.
Tanya poussa un énième juron et se dirigea vers le lavabo. Elle
y trempa son gant de toiletteHW UHYLQW YHUV OH EOHVVp 6¶DJHQRXLOODQW
plus près cette fois, tout en maudissant son empathie, elle épongea
le sang, lui nettoya le visage, glissant le gant sous sa nuque. Elle
ODLVVD pFKDSSHU XQ FUL HQ UpDOLVDQW TX¶LO DYDLW XQH ERVVH
LPSUHVVLRQQDQWH j O¶DUULqUH GX FUkQH HW FRPSULW TXH F¶pWDLW Oj OD
cause de son évanouissement.
À plusieurs reprises elle dut nettoyer le tissu et, petit à petit, le
blessé recouvra visage humain. Avec douceur, elle palpa son nez et
IXW VRXODJpH HQ UpDOLVDQW TX¶LO Q¶pWDLW QL GpPLV QLbrisé, ce qui

17

Q¶HPSrFKHUDLW SDV XQ EHO KpPDWRPH GH OH FRORUHU GH SOXVLHXUV
teintes,j O¶LQVWDU GH VRQ °LO SRFKp (Ole souleva son pull et ce fut
XQ JpPLVVHPHQW G¶KRUUHXU TXL OD VDLVLW j OD YXH GHV PDUEUXUHV GH
toutes les couleurs qui parsemaient son torse, ses côtes. Là encore,
elle se permit de le palper soigneusement pour écarter tout risque
de cassure.
Comprenant qX¶HOOH DOODLW GHYRLU OH GpVKDELOOHU SRXU GpFRXYULU
V¶LO QH SUpVHQWDLW SDV G¶DXWUHV EOHVVXUHV, elle retira son pull,
bénissant ses entraînements solitaires qui lui avaient donné la force
nécessaire pour le faire. Elle en fit de même avec ses chaussures et
son jean, appréciant la fermeté de ses cuisses, la douceur du duvet
qui les recouvrait,HW VH GHPDQGD FH TX¶HOOH UHVVHQWLUDLW VL VHV
jambes étaient en contact avec les siennes et ne put retenir un
IUpPLVVHPHQW ,O QH SRUWDLW SOXV TXH VRQ ER[HU HW O¶DWWHQWion de
Tanya était irrésistiblement focalisée par son entrejambe.
Visiblement, de ce côté, tout allait bien et Dame Nature semblait
avoir été tout particulièrementJpQpUHXVH DYHF OXL FDU PrPH V¶LO
était dans un état proche du coma, le renflement qui déformait son
GHVVRXV pWDLW DVVH] FRQVpTXHQW SRXU TXH 7DQ\D V¶\ DWWDUGH
Elle se secoua bien vite en se fustigeant pour avoir de telles
pensées dans un moment pareil et repartit en direction du lavabo.
Cette fois, elle trempa la serviette éponge et la posa sur son torse.
Elle espéraitTXH OH IURLG DWWpQXH OD GRXOHXU HW O¶LQIODPPDWLRQ (OOH
aurait vendu son âme au diable pour du paracétamol, mais elle
Q¶DYDLW ULHQ j VD GLVSRVLWLRQ SRXU O¶DLGHU (OOH DYDQoD VRQ PDWHODV
près du corps inerte et le fit glisser dessXV SRXU TX¶LO VRLW SOXV j VRQ
aise. Il y avait peu de luminosité et ses geôliers avaient pris soin de
refermer la lumière du couloir. Elle alluma la veilleuse qui se
trouvait au-GHVVXV GX ODYDER HW V¶LQVWDOOD SUqV GX EOHVVp VH
demandant qui il était et ceTX¶LO DYDLW Eien pu faire pour être
enfermé avec elle, comme un chien.
Pendant plusieurs heures, elle le veilla, changea la compresse
TX¶HOOH DYDLW GpSRVpH VXU VD QXTXH HVSpUDQW OH IDLUH UHYHQLU j OXL«
en vain. Elle jura à nouveauj OD SHQVpH TX¶LO SRXUrait bien mourir
là à ses côtésHW TXH SHUVRQQH QH V¶HQ VRXFLHUDLW (OOH V¶DOORQJHD
près de lui et posa sa main sur son torse qui était aussi velu que ses
bras. Elle fit crisser ses ongles sur ses pectoraux, en dessina les
contours, tout en surveillant leU\WKPH GHV EDWWHPHQWV GH VRQ F°XU
(OOH IXW VRXODJpH GH FRQVWDWHU TX¶LO EDWWDLW UpJXOLqUHPHQW HW DYHF
force. Elle ferma les yeux et se concentra sur les bruits de la nuit.
Une lucarne, en haut de la cellule,OXL SHUPHWWDLW G¶DYRLU XQ SHX GH

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luminosité et laissait passer les sons et autres cris qui émaillaient
souvent cette partie de la ville.
0rPH VL HOOH pWDLW LQFRQVFLHQWH ORUVTX¶RQ O¶DYDLW HPPHQpe dans
cette geôle, elle avait une idée précise dH O¶HQGURLW R HOOH VH
trouvait :dans les bas-fonds de Survivors City, dans cette partie
reculée où il ne faisait pas bon vivre, ni même circuler et encore
PRLQV V¶DYHQWXUHU ORUVTX¶RQ pWDLW XQH MHXQH IHPPH VHXOH VDQV
protecteur. Tanya savait, avant même de pénétrer sur ce territoire,
TX¶HOOH IDLVDLW XQH HUUHXU PDLs une fois encore, elle avait écouté
VRQ ERQ F°XU DYHFles problèmes qui en résultaient. Elle était
enfermée depuis plusieurs mois pour être venue en aide à son
paternel qui,V¶LO Q¶pSURXYDLW DXFXQ VHQWLPHQW SRXU HOOH, en
ressentait toutefoisSRXU O¶DUJHQW TX¶HOOH SRXYDLW OXL SURFXUHU
Elle entendit des hurlements etWHQGLW O¶RUHLOOHcherchant à en
connaître la provenance«
Tu avais proposé cinquante euros, salope !
2XDLV EHQ DSUqV FH TXH WX P¶DV IDLWla passeF¶est
soixantedix, connard !
Elle en valait à peine trente !
$WWHQGV XQ SHX TXH M¶HQ SDUOH j PRQ PHF LO YD WH IDLUH OD
peau !
Des conversations de ce style, Tanya en entendait des dizaines
par nuit. Certaines fois, les prostituées du coin attiraient leurs
clients etV¶HQ RFFXSDLHQW MXVWH Oj DX-dessus de sa cellule. Elle
Q¶DSHUFHYDLW TXH OHXUV FKDXVVXUHV PDLV F¶pWDLW VXIILVDQW SRXU OXL
donner la nausée. Elle se concentrait alors sur sa famille, sur sa
mère qui,SOXV GpPLVVLRQQDLUH TX¶HQJDJpH GDQV VD UHODWLRQ DYHF VHV
filles,VXUYLYDLW GDQV OD MXQJOH TX¶pWDLW VD SURSUH H[LVWHQFH. Et il y
DYDLW &KORp« VRQ DGRUDEOH V°XU OH SHWLW DQJH GH OD PDLVRQ FHOOH
TX¶RQ SHQVDLW GRXFH JHQWLOOH PDOOpDEOH« 7RXWHIRLVne personne
O¶DYDLW YXH FRPPH 7DQ\D DYDLW HX O¶RFFDVLRQ GH OD YRLr. Nul ne
savait que derrière cette façade angélique se cachait une jeune
femme amère, vindicative et colérique. Tout le monde les prenait
SRXU O¶DQJH HW OH GpPRQ 0DLV GHUULqUH O¶DQJH VH FDFKDLW pJDOHPHQW
une vipère.
Tanya, quant à elle, revendiquait son statut de peste. Elle
Q¶DYDLW SDV ERQ FDUDFWqUH V¶HPSRUWDLW IDFLOHPHQW PDLV HOOH pWDLW
FRPPH oD HW FHOXL TXL YRXGUDLW G¶HOOH V¶LO H[LVWDLW GDQV FH PRQGH«
RX GDQV O¶DX-delà au cas où elle finirait sa vie dans cette cellule,
GHYUDLW O¶DFFHSWHU FRPPH HOOHétait, avec ses qualités, même si elles
étaient peu nombreuses, et ses innombrables défauts.

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