Le pirate du Saint-Laurent

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Description

Deux hommes, dont le terrible Mike, s'évadent de la prison de Montréal. Une course éperdue mènera le second jusqu'à la maison de la jeune Angèle.


Ce troisième épisode du "Pirate du Saint-Laurent" mèle l'aventure à la romance.


Extrait : "Une détonation troubla le silence de la nuit. La sentinelle avait distingué des ombres qui se mouvaient sur le couronnement du mur. Mike poussa une exclamation de douleur, et se laissa choir dans l'intérieur de la prison. Se sachant découvert, Alphonse sauta vivement de l'autre côté. Mais l'alarme était donnée. Les factionnaires extérieurs se tenaient sur le qui vive, tandis que le poste alors établi devant la Place Jacques-Cartier, se mettait en mouvement. Alphonse était maladroitement tombé, et, dans sa chute, s'était blessé à la tête. Par bonheur, toutefois, il ne défaillit point. Se relevant donc avec une agilité incroyable, il traversa le Champ-de-Mars et gagna la rue Saint-Louis, qu'il longea à toutes jambes."





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Date de parution 22 février 2016
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EAN13 9782373940145
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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AmériqueFrancophone

 

La collection “Amérique Francophone” est une fenêtre sur la littérature en langue française du Nouveau-Monde. Elle propose les œuvres maîtresses des auteurs essentiels. Trop peu connues sur le Vieux Continent, elles nous offrent un autre visage de l’Amérique.

 

 

Henri-Émile Chevalier

 

Né à Châtillon-sur-Seine, en Bourgogne, le 13 septembre 1828, Henri-Émile Chevalier exerce le métier de soldat avant de devenir journaliste. Il quitte la France, après avoir été emprisonné pour un de ses articles. Il se rend à New York en 1852, travaille quelques mois au Courrier des États-Unis et arrive à Montréal vers 1853. Rédacteur en chef de la Ruche littéraire et illustrée, il achète ce périodique et y publie des romans à caractère historique. En 1860, il quitte le Canada pour rentrer en France, où il collabore à des journaux et publie plusieurs romans d'inspiration nord-américaine. Il meurt à Paris le 25 août 1879.

 

Avant-propos

 

Arrivé au Canada suite à l’exil que Napoléon III impose à ses opposants républicains, Henri-Émile Chevalier rachète un périodique dans lequel il écrira des romans-feuilletons dont l’intrigue se situe au Canada. Nous rééditons « le Pirate du Saint-Laurent » sous forme d’épisodes, renouant ainsi avec sa publication d’origine. Ce texte, fertile en événements et en rebondissements, nous offre également une description de Montréal au XIXe siècle.

 

 

 

Henri-Émile Chevalier

 

Le Pirate du Saint-Laurent

L’Évasion

 

 

Édition d’origine : Le Pirate du St. Laurent, John Lovell, Montréal, 1859

Collection “Amérique Francophone”

Caillon Dorriotz - 2016

ISBN : 978-2-37394-014-5

 

Illustration de couverture : Der Gefangene, Christian Rohlfs , 1918

 

Résumé

 

Montréal, Faubourg Québec. De sombres personnages, un certain Mike et un M. Larençon, se rejoignent dans une cahute en bois. Ils viennent y chercher une enfant. Une orpheline qui pourrait être la fille de Charles, ce jeune homme arrivé au Canada après l’attaque de son navire par des pirates. Ils s’emparent de la petite, mettent le feu à la mansarde et s’enfuient.

 

 

Le Pirate du Saint-Laurent

L'Évasion

 

I

 

— Numéro 1. Onze heures ! Rien ne bouge.

— Numéro 2. Onze heures ! Bien ne bouge ! reprit le deuxième factionnaire.

Ce cri, passé de bouche en bouche, et répété par toutes les sentinelles, fit le tour de la prison de Montréal.

 

II

 

La prison de Montréal était un bâtiment situé sur la rue Notre-Dame, presque vis-à-vis de la place Jacques-Cartier et adossé au Champ-de-Mars. Des murs élevés l'entouraient.

De cette prison, aujourd'hui, il ne reste que le pignon nord-est, la partie méridionale a été démolie pour faire place aux constructions du nouveau Palais-de-Justice, et il est bien à souhaiter que l'on se hâte de démolir ce pignon, espèce de bicoque qui jure affreusement à côté du plus beau monument public de la métropole canadienne.

A l'époque dont nous parlons, la prison de Montréal formait un parallélogramme long, composé de deux étages et d'un rez-de-chaussée.

Les deux étages étaient occupés par les simples délinquants ; mais le rez-de-chaussée était affecté aux grands criminels. Ceux-ci étaient généralement parqués, deux à deux, dans des cachots vastes et assez bien aérés.

 

III

 

Si le lecteur consent à pénétrer avec nous dans l'un de ses cachots, au moment où les sentinelles s'envoient le mot d'ordre, il y trouvera deux prisonniers, avec qui nous aurons occasion de faire ample connaissance.

Malgré l'heure avancée de la nuit, les captifs ne dorment pas.

Bien au contraire, ils sont aux aguets, ils écoutent.

— Bon ; le factionnaire est rentré dans sa guérite. Donnez-moi la lime,

Mike.

Et l'individu apostrophé passe à son camarade une petite lime finement trempée.

Puis l'on perçoit un léger son, acre, régulier, monotone, mais qui se confond avec les plaintes des girouettes tournoyant sur leurs hampes oxydées.

C'est le frottement du métal contre le métal ; c'est le grincement de l'acier mordant le fer.

Les prisonniers travaillent à leur évasion.

Une obscurité complète enveloppe la cellule ; au dehors il pleut à verse.

— Est-ce fait, monsieur Alphonse ?

— Pas encore. Écoutez… on dirait que quelqu'un vient.

— Non, dit Mike, après une minute de pause. Vous pouvez continuer.

— Fini ! s'écria bientôt Alphonse. Le barreau est scié. Il ne nous reste plus qu'à l'arracher. Prenons-le par le bas et tirons à nous. Chut ! il me semble….

En effet, des pas sonores et cadencés résonnaient à quelque distance.

— La ronde, murmura Mike ; tant mieux ; il y aura maintenant moins de danger à craindre.

Les pas se rapprochèrent et s'éloignèrent lentement.

— A l'œuvre maintenant ! dit Alphonse.

Les prisonniers empoignèrent le barreau à pleines mains, et animés de cette énergie fébrile, qui décuple les forces dans les positions périlleuses, le descellèrent en deux ou trois secousses.

— Ah ! nous sommes libres ! dit Mike, en bondissant de joie.

— Silence ! Le plus difficile n'est pas fait. Avez-vous des cordes ?

— Voici.

— Sortons !

A cet instant, la sentinelle voisine criait :

— Numéro 1. Onze heures et demie. Rien ne bouge.

 

IV

 

La fenêtre du cachot était de niveau avec...