Le portail des mondes, tome 1

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151 pages
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Description

Je m’appelle Cassie. Pour la première fois, j’accompagne un groupe d’élèves, celui de ma petite sœur Amy, dans les autres mondes afin de leur faire découvrir ces endroits merveilleux, empreints de paix et de bonheur.
Cependant notre retour sur Terre est digne d’un cauchemar.
Douleur et mort y règnent en maîtres.
Et ce n’est rien comparé au moment où ma petite sœur se fait kidnapper par l’un des habitants de ces mondes et où j’apprends que l’on veut ma peau à tout prix.
Mais pourquoi s’en prendre à moi et ceux que j’aime ?

Découvrez de nouveaux mondes dans la série imaginée par Audrey C, où la réponse pourrait bien vous surprendre...

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EAN13 9782378161545
Langue Français

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Le portail des mondes, tome 1 [Audrey C.]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les pe rsonnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’aute ur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes o u mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait q ue pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something Dark © 2019, Audrey C. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-155-2 ISBN numérique : 978-2-37816-156-9 Corrections : Emma Gauthier Conception graphique de couverture : Caly Design SÉRIE Le portail des mondes REMERCIEMENTS Tout d’abord, je tiens à remercier ma famille pour son éternel soutien. En particulier mes parents, mes grands-parents ainsi que mon frère qui m’ont poussée vers le haut tout au long de cette aventure. Ensuite, merci à mes amis qui ont cru en moi, en pa rticulier ma Léti, sans qui tout cela n’aurait pas été possible. Tu m’as donné la fo rce dont j’avais besoin pour aller jusqu’au bout et tu as été ma correctrice pour cette deuxième édition, ce dont je suis extrêmement fière. Merci à toi, pour tout. Un énorme merci à Alex, mon premier éditeur, sans q ui ce rêve n’aurait jamais pu être réalisé. Merci d’avoir été à mes côtés pour m’ épauler, me conseiller et m’élever vers le haut durant tout ce temps. Un deuxième énorme merci à Mandy et à l’équipe de S omething Else éditions d’avoir donné une seconde chance à ma saga. C’est avec un p laisir immense que j’ai rejoint votre merveilleuse famille. Enfin, je vous remercie, vous qui tenez mon livre e ntre vos mains et lisez ces lignes. Sans vous, cette aventure n’aurait pas lieu d’être !
Chapitre 1 Pendant que je patiente, je vérifie une dernière fo is sur mon bracelet d’information que je possède bien le bon formulaire : Nous autorisons Amy Parker, 16 ans, de l’université Harvard, à effectuer un stage d’un mois sur les mondes alternatifs dans le cadre de ses études. Amanda Meyer, directrice et gérante des portails. Sans plus attendre j’envoie les derniers documents nécessaires à mon QG après avoir revérifié que la carte d’identité de ma petite sœur était bien valide. Quelque peu énervée par sa lenteur, je regarde ma m ontre : elle affiche zéro-six quarante-cinq. Un nouveau grognement de mécontentem ent m’échappe. — Amy ! Si tu ne te dépêches pas ils vont partir sa ns nous ! Et crois-moi que si cela arrive, ce n'est pas juste ta proviseure que tu auras sur le dos ! L’avertissement non dissimulé dans ma voix la fait rire plus loin ce qui a le don de me rendre encore plus irascible. Bon sang ! Si elle continue à prendre son temps, je ne donne pas cher de ma peau. L’armée ne plaisante pas avec la ponctualité. Mes supérieurs me l’ont enseigné rudement et rapide ment à mon arrivée à la caserne. Comme toujours à cette époque, je suis arrivée en retard au travail, ce qui m’a valu une série de deux cents pompes. Si maintenant je les effectue sans grande peine, il n’en était pas de même ce jour-là. Le souvenir d u soleil brûlant sur ma peau ainsi que des graviers tranchants sous mes paumes est encore bien présent dans mon esprit. Autant dire que désormais je ne manque pas d’assidu ité. Mon père et moi sommes les seuls à être ponctuels d ans notre petite famille. Ma mère et ma sœur, malgré leur bonne volonté, ont tou jours une dernière chose à faire avant de partir, ce qui les met évidemment en retard. Un énième soupir m’échappe lorsque je rejoins mes p arents dans la cour, près de mon AéroMobil. Je jure que si Amy ne se bouge pas r apidement, je monte la chercher par la peau des fesses. Mon irritation s’apaise lorsque ma mère vient me pr endre dans ses bras, les larmes aux yeux. Ces moments de tendresse sont devenus si rares depuis mon enrôlement dans l’armée que je ne peux les refuser. — Promets-moi de prendre soin de ta sœur. C’est son premier voyage. Et fais également attention à toi. Ne va pas jouer les imprudentes une fois arrivée. Je glousse en m’écartant de ses bras réconfortants. — J’ai vingt ans, maman. Je travaille depuis deux a ns à l’armée et ce n’est pas mon premier voyage dans les autres mondes. Je connais l eurs dangers et sais me défendre. De quoi as-tu peur au juste ? Je prendrai soin d’Am y, tu le sais bien. — C’est vrai, mais… Dans un geste rassurant, mon père la coupe en posan t sa main sur sa taille. — Ne t’inquiète pas, chérie. Nos filles sont des gu errières, il ne leur arrivera rien. Laisse-les donc s’épanouir dans le monde adulte. Su rtout Amy… Elle en a bien besoin. Un soupir décontenancé m’échappe. Ce n’est pas peu dire. Amy est une vraie chipie qui n’écoute personne. Elle cherche constamment à n ous faire comprendre qu’elle sait être indépendante, mais je crains qu’il lui faille encore beaucoup de patience, de maturité et de travail avant que ce ne soit le cas. — J’arrive, Cassie. Ne pars pas sans moi ! Nous avons juste le temps de nous retourner pour la voir arriver en trombe, traînant deux énormes valises derrière elle. Une magnifique tresse africaine retient ses longs cheveux châtains et son maquillage est digne d’une adolescente de son âge, tout en
déclinaison de rose et paillettes. Désespérée, je secoue la tête. — Amy… Nous n’allons pas à une soirée mais en voyag e pédagogique à travers les mondes. Il n’est pas question que tu emportes toute s ces affaires avec toi pour seulement un mois ! En replaçant sa tresse derrière son épaule, elle me gratifie d’un beau sourire, révélant toutes ses dents blanches. — Mais Cassie, si je perds ma valise, il faut bien que j’aie du rechange ! Et qui sait, peut-être que je vais rencontrer un beau Coedenien sexy… Je dois être au top, pour lui ! J’espère qu’elle n’est pas sérieuse ? Je ne l’imagi ne vraiment pas avec un Coedenien. D’ailleurs, aucun humain ne voudrait êtr e avec quelqu’un de leur espèce. Ils sont beaucoup trop imbus d’eux-mêmes pour cela. Certes, j’en ai rencontré peu dans ma vie et certains sont devenus des amis pour moi, toutefois la majorité de leur espèce m’a toujours donné cette impression. — Dépêche-toi de choisir une des deux valises et de la mettre dans le coffre. Il s’agit peut-être de simples vacances pour toi, mais il n’e n est pas de même pour moi. C’est mon travail. Ne me fais pas regretter d’avoir accep té de m’occuper de ton groupe scolaire. La dureté de ma voix la fait tressaillir. Dans un s oupir, elle vient m’embrasser affectueusement — D’accord… Je te promets d’être sage et de t’écouter tout au long du voyage. Son regard s’ancre au mien et je suis soulagée d’y lire autant de sincérité. Elle se munit alors de la plus grosse valise qu’elle place dans le coffre de l’AéroMobil avec l’aide mon père. — Eh bien, souffle ma mère, surprise, je crois que c’est la première fois que je la voie exécuter tes ordres. Mon père vient serrer ma mère dans ses bras. — Tu vois, chérie, nous n’avons rien à craindre. Ca ssie saura très bien s’occuper de sa petite sœur. Ma mère garde le silence et nous scrute en détail a vec des yeux larmoyants, elle a toujours été très sensible, mais avec l'âge, cela s 'amplifie. Elle pleure à chaque événement, qu’il soit joyeux ou triste. Mon père ne cesse de répéter que c'est ce trait de caractère charmant qui l’a fait tomber amoureux d'elle, parce que justement, ils so nt diamétralement opposés. En ce sens, c'est bien à lui que je ressemble le pl us. De ce côté, je tiens davantage de mon père. Je suis directe, forte, parfois même un peu trop autoritaire et rebelle. Je ne pleure presq ue pas. Et si la souffrance est trop forte, je me force à penser à quelque chose de joye ux afin de ne pas flancher. C’est une des raisons pour lesquelles je suis seule depui s mon enfance. Certains m’appellent même Icegirl au travail. Tout ce que je tiens de ma mère est son physique. J e lui ressemble comme deux gouttes d’eau avec mes cheveux de jais et mon corps élancé. Seule ma petite taille et mon âge me différencie d’elle. Ça et mes yeux violets. Une couleur très rare, il p araît. Mon père m’a toujours affirmé que mes yeux lui faisaient penser à un champ de lav ande. Selon lui, j’ai de la chance d’en posséder d’une telle couleur. J’ai toujours pensé qu’il exagérait. Même si ça me faisait du bien de le croire. J’ai bi en vite changé d’avis à mon entrée au collège. Les garçons ne s’intéressaient pas à mo i car j’étais trop différente selon eux et les filles ont toujours été jalouses. Résultat, je me suis rapidement confrontée à ma solitude. Depuis, j’ai cessé de croire en l’amour ou en l’ami tié. Hormis ma famille, j’entends.
La seule personne à laquelle je me suis réellement attachée durant mes quatre années de collège a été Paul, un de mes camarades d e classe en sixième. Lui aussi était persécuté à cause de ses lunettes trop grosse s. Malheureusement, il a dû déménager à la fin de notr e année de troisième pour raisons familiales. Nous avons fini par perdre cont act au fil du temps et ne nous sommes plus jamais revus. Un soupir las m’échappe en repensant à ces années a ussi belles que tristes. Amy revient soudain vers nous pour embrasser nos pa rents. — Vous allez tellement me manquer ! Je vous aime très fort. — Nous aussi, ma puce, répond ma mère en s’essuyant les yeux avec émotion. Mon père l’étreint à son tour. — Surtout, écoute bien ta sœur et ses collègues. Ce n’est pas un voyage touristique, ne l’oublie pas. Elle souffle avant de prendre place sur le siège pa ssager de l’AéroMobil. C’est une sorte de voiture sans roues et plus arrondie qui fl otte à la surface du sol. Il peut monter jusqu’à une altitude de cinq cents mètres ; ce dont j’abuse souvent, je dois bien l’avouer. De petites pattes sortent de l’appareil s eulement lorsqu’il se trouve sur son aire de recharge, lui permettant ainsi d’entrer en contact avec la plaque de métal et l’énergie est transférée par induction pour recharg er la batterie. Ces appareils ont été créés grâce à certaines techn ologies que les habitants de Fiore nous ont données un an après leur arrivée sur Terre. Ces AéroMobils nous ont permis de moins dégrader notre planète, déjà bien e ndommagée. En effet, ils polluent cent fois moins la nature qu e nos anciennes voitures. — Essaye de ne pas trop être trop sévère avec elle, Cassie, m’avertit soudain mon père. Je sais que tu peux parfois prendre ton rôle très à cœur, mais n’oublie pas que c’est ta sœur, pas une de tes collègues. Consciente qu’il a raison, j’opine du chef. — J’essaierai, promis. Après avoir embrassé une dernière fois mes parents, je m’installe au volant de mon véhicule, à côté de ma petite sœur qui me sourit et s’agite, surexcitée. — Prête pour commencer l’aventure, Amy ? — Prête ! crie-t-elle de bon cœur.
Chapitre2 Durant tout le trajet, Amy fixe son regard à l’horizon. Même si j’aimerais faire de même, je me contente de quelques coups d’œil et me concentre sur la route pour que nous arrivions entières à notre destination. J’adore piloter ces engins qui sont composés essentiellement de vitres nous permettant d’admirer le paysage à notre guise. La vision d’en haut est toujours plus impres sionnante que celle que nous avons du sol et je profite de mes instants de liberté pou r les contempler. Cela me donne une certaine sensation d’ivresse. Une fois arrivées à la caserne, je gare mon AéroMob il sur la place qui m’est réservée. Ensuite, accompagnée d’Amy ainsi que de s a grosse valise encombrante, je me dirige vers un groupe de neuf adolescents qui pa tientent à l’entrée. Seule une partie de la classe d’Amy s’y trouve, la deuxième ne parta nt que le mois prochain. Comme il serait trop dangereux d’emmener plus de dix étudian ts à la fois, nous fonctionnons sur un roulement mensuel. — Êtes-vous tous présents ? Quelques sourires interloqués me répondent. Je grog ne intérieurement de ma gaffe. Évidemment qu’ils le sont tous. C’est écrit sur mon bracelet électronique. Mike a forcément dû les compter avant que je n’arrive. Pendant qu’Amy va rejoindre ses amies, je prends un e grande inspiration et affiche un visage sévère afin que chacun sache que nous ne sommes pas ici pour nous amuser. — Faites-vous tous partie du groupe de l’université Harvard qui doit aller visiter les autres mondes ? En silence, ils acquiescent. Bien. Ils constituent donc mon groupe. — Suivez-moi. Sans vérifier s’ils me suivent, j’entre dans la cas erne et me dirige vers la salle d’attente qui sert avant chaque passage à travers l e portail. Les valises des étudiants émettent un bruit épouvan table dans les couloirs. Inutile d’informer mes supérieurs de leur arrivée. Une fois arrivés devant une rangée de chaises, je l es invite à s’asseoir le temps que tout soit prêt pour le grand départ. Il me reste un e vingtaine de minutes pour me changer ainsi que fouiller et trier les affaires de s étudiants. D’un coup d’œil, je charge deux de mes collègues de s’occuper de cette dernièr e tâche tandis que je me dirige vers les vestiaires des femmes. En chemin, je croise mon collègue Mike qui me répri mande du regard. — Tu es en retard, Icegirl. — J’en suis consciente et m’en excuse. Ma sœur a fa it des siennes avant de partir. Il soupire en passant sa main dans ses cheveux blon ds cendrés, coupés courts. — Je t’excuse pour cette fois, mais que ça ne se re produise pas. — Promis. Les étudiants sont en train d’être fouill és. Je me change et j’arrive tout de suite. D’un hochement de tête il acquiesce avant de contin uer sa route en direction de la grande salle. De mon côté, j’entre dans les vestiai res vides et ouvre le casier qui m’est attribué. Je ne perds pas plus de temps et enfile m on uniforme, un gilet pare-balles ainsi qu’un holster à ma ceinture contenant un Bere tta PX-6 : mon arme multifonction de service. Par habitude, j’attache en queue de cheval mes chev eux qui m’arrivent dans le milieu du dos pour qu’ils ne me gênent pas pendant que je travaille. J’attrape également le sac que j’ai longuement préparé hier. Il contient toutes les affaires qui me seront utiles durant le voyage.
Lorsque je le rejoins, il m’informe qu’il a vérifié tous les documents obligatoires de chaque étudiant et que tout est en ordre. Nous sommes donc prêts à partir. — Avant d’entamer ce long voyage, nous allons vous rappeler certains points importants, déclare Mike d’un ton autoritaire. Tout d’abord, Cassie et moi ne sommes pas vos amis mais vos supérieurs et ce, pour toute la durée de ce voyage. Par conséquent, nous exigeons une obéissance complète a insi qu’un respect incontestable de votre part. Au moindre écart, vous serez immédia tement renvoyés sur Terre. Il ne s’agit pas de vacances et il est hors de question q ue cela se passe mal là-bas durant notre séjour. — N’oubliez pas que ce n’est pas parce que nous som mes en paix avec ces peuples que rien ne peut nous arriver, j’ajoute sur un ton tout aussi dur. Faites donc attention à ce que vous faites et mesurez vos paroles. Sommes-n ous bien clairs ? De concert, ils hochent la tête d’un air angoissé. Ils ne devaient certainement pas s’attendre à tant de précautions. Pourtant, cela es t nécessaire si nous voulons garder la paix entre les mondes et continuer à effectuer ces voyages. — Bien, conclut Mike. Suivez-nous maintenant. Après avoir empoigné nos bagages, nous nous dirigeo ns vers la salle attenante à celle où nous sommes ; le portail fixe s’y trouve e t va nous permettre de nous téléporter dans les mondes. Cette grande pièce toute blanche e st surveillée et protégée par une vingtaine de militaires en permanence. Elle est meu blée d’armoires, de chaises et de tables autour desquelles des techniciens s’activent . Au centre de cette dernière se trouve le portail qu i ressemble à une énorme bulle de savon de couleur bleue. Elle ondule sans cesse et i l nous est impossible de voir au travers. Nous avons pu créer ce portail lorsque les habitant s de Fiore, les Fées, nous ont transmis leur technologie nous permettant de nous d éplacer à travers les trois autres mondes. Arrivées sur Terre en 2023, deux mois après ma nais sance, ils ont chamboulé tous les repères des Terriens. Alors que nous étions persuadés d’être les seuls êtres vivants de l'univers, nous apprenions que trois autres peup les existaient et gravitaient sur des planètes hors de notre galaxie. Mes parents m’ont raconté qu’au début, nous, Terrie ns, étions méfiants et que certaines guerres ont éclatées parmi des résistants . Fort heureusement, la majorité a changé d’avis et les conflits ont fini par s’amenui ser jusqu’à disparaitre. Ces êtres ailés sont restés sur Terre pendant une a nnée entière, le temps d’apprendre nos coutumes, la langue anglaise afin d e communiquer avec nous, mais aussi pour nous faire profiter de leurs connaissanc es scientifiques. Et, contre toute attente, ils nous ont appris qu’il s n’étaient pas les seuls êtres vivants de l’univers et qu’ils étaient en contact constant avec deux autres planètes habitées : Mörkera et Coedena, venant de deux galaxies différe ntes de la leur. Les années suivantes, avec l’aide des Fées, nous av ons aussi créé des portails portables qui ont été remis à certains dirigeants t rès haut placés de chaque planète. Ce sont de petits appareils ressemblant à des téléphon es, mais qui permettent de voyager entre les mondes en appuyant sur un simple bouton. Personnellement, je n’en ai jamais vu. On m’a dit q ue les voyages avec ces appareils étaient fort chaotiques, voire même dange reux, comparés à leurs copains géants. Je regarde intensément la troupe afin de capter tou te leur attention. — Maintenant, vous allez tous traverser rapidement le portail. Il est interdit et très dangereux de n’y mettre qu’une partie de votre corp s. Vous risqueriez de vous retrouver amputé cette partie à vie. — Il est également possible que vous ne vous sentie z pas bien à l’arrivée. Ce sera
tion d’être comme hors de votre corpsout à fait normal. Vous allez aussi avoir l’impress durant le trajet entre nos deux mondes. Mais ne vou s en faites pas, cela ne durera pas longtemps. — Cassie ? Je me tourne vers Amy et lui intime de me poser sa question. — Dans quel monde allons-nous en premier ? Je demeure incrédule un instant avant de comprendre le problème. Notre commandant ne leur a donc pas transmis l’itin éraire… Pour une question de sécurité ? Peut-être est-ce mieux ainsi. — Nous débuterons par Mörkera. Ensuite, nous irons à Fiore et nous terminerons par Coedena. Ma réponse ne semble pas les enchanter. Il est vrai que notre premier arrêt se fait dans le monde le plus sombre et le moins accueillan t de tous. Cependant cela ne veut pas dire qu’il est moins intéressant. De plus, pour des raisons d’équité, nous nous devons d’aller le visiter, au même titre que les au tres planètes. Sans plus attendre je me dirige vers les technicien s et scientifiques afin de leur demander si nous pouvons traverser. Ils terminent d e vérifier que tout est en ordre avant de nous donner leur accord en nous souhaitant un agréable voyage. Je les remercie d’un hochement de tête avant de me retourn er vers notre petit groupe. — Je passe en premier afin de vous guider une fois que vous aurez passé le portail. Ensuite, vous me suivrez à intervalles réguliers d’ une minute. Mon sac sur le dos, j’avance d’une démarche assurée en direction de l’appareil, sans m’arrêter. Lorsque j’entre en contact avec la bulle ondulante, j’ai la sensation d’être en apesanteur et que plus aucune force n’agit sur moi. Mon corps tout entier est soumis à une vibration de venant de plus en plus puissante, profonde, et s’accompagnant d’un son strident. Brusquement, je sens toutes les particules de mon ê tre me quitter. Comme si j’étais découpée en mille morceaux, même si je sais pertine mment que je suis entière, que je suis toutes ces particules en même temps. Une sorte d'extension de la bulle d'énergie elle-même. À mi-chemin entre l'intérieur et l'extérieur de mon propre corps. Quelques secondes plus tard, le sol se matérialise de nouveau sous mes pieds et je m’effondre, étourdie, épuisée.