Le prix de la revanche - L
384 pages
Français

Le prix de la revanche - L'épouse d'Ivan Konstantinov

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Description

Le serment de Black Castle TOME 5 ET 6

Leur enfance brisée a fait d’eux six milliardaires impitoyables, assoiffés de vengeance… mais aussi de passion.

Le prix de la revanche

Séduire l’intrépide Liliana Accardi est vraiment la pire idée qu’il ait jamais eue ! Le plan d’Antonio était pourtant simple : pour pouvoir approcher ses parents biologiques – qui l’ont abandonné alors qu’il n’avait que quatre ans – et se venger d’eux, il devait attirer dans son lit la belle Liliana, et s’introduire ensuite dans le clan aristocratique qu’elle et ses parents fréquentent… Ce qu’Antonio n’avait pas prévu, en revanche, c’est que Liliana devienne l’unique objet de ses pensées. Car, maintenant qu’il l’aime plus que de raison, que se passera-t-il si elle découvre qu’il s’est servi d’elle ?

L’épouse d’Ivan Konstantinov
Anastasia, mon ange, marions-nous sans attendre. Puis retournons en Russie. À l’instant où Ivan – le traître qui l’a lâchement abandonnée sept ans plus tôt alors qu’ils vivaient une merveilleuse idylle – prononce ces mots, Anastasia sent une colère sourde monter en elle. Comment Ivan ose-t-il faire comme s’il ne s’était rien passé ? Et lui infliger une telle souffrance, à elle, qui n’a jamais pu l’oublier ? Du temps a passé, pourtant, et cette fois Anastasia est plus résolue que jamais : elle ne laissera pas son cœur lui dicter sa loi…
 

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782280374521
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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— Liliii ! Tu as l’air d’un zombiiie ! Le boss en p ersonne va arriver d’un instant à l’autre… Liliana Accardi leva les yeux de son microscope pour fusiller du regard son collègue. Le sens de la rime de Brian — volontaire ou non — avait le don de l’agacer. Mais bon, plus moyen de travailler. À la place des cellules grises qu’elle était censée observer, elle voyait rouge. Et cela depuis qu’elle avait appris la nouvelle qui devait faire voler en éclats ses rêves, tant professionnels que scientifiques. Bref, elle n’était pas du tout pressée d’aller rejoindre ses confrères pendant que ledit « boss » venait passer en revue ses troupes nouvellement achetées. Brian Saunders agita une main avec l’air de dire : « Ne tue pas le messager… » — Je pense juste que tu devrais venir, ne serait-ce que pour avoir la primeur de ses intentions managériales. Après tout, il te laissera peut-être mener à bien tes recherches. — De ce que j’en ai lu depuis que la nouvelle de ce rachat m’a gâché la matinée, Antonio Balducci régit son empire d’une main de fer . Jamais il ne me laissera mon autonomie. Brian écarta les bras. — Il ne faut jamais dire « jamais », déclara Brian avant de sourire devant sa mine déconfite. Je suis à bord de la même galère que toi . Je choisis seulement d’accepter ma condition de captif et de poursuivre l’aventure d’une autre façon. Soupirant de colère, elle s’affala dans son fauteuil. Brian n’avait pas tort. Lui aussi était victime de ce rachat aux allures de tsunami. Elle ferait mieux de diriger sa colère contre le vrai responsable, à savoir leur nouveau patron. Sauf que Balducci ne resterait pas longtemps son pa tron. Surtout s’il insistait pour balayer sous le tapis des années de travail et de résultats, pour étancher sa soif de profits. Diplômée en médecine et titulaire de deux masters, Lili travaillait depuis des années chez Biomedical Innovation Lab pour un salaire qui suffisait à peine à payer ses factures, et ce malgré de nombreuses offres lucratives. Elle y menait des recherches peu gratifiantes, mais nécessaires. Tout cela pour se faire avaler par Balducci Researc h & Development, ce requin insatiable qui rachetait tout sur son passage ? Ce qui l’ulcérait par-dessus tout, c’était la rapidité avec laquelle les choses s’étaient faites. Le monstre, né de la cuisse de Black Castle Enterprises, avait englouti le labo en seulement quelques heures ! Milliardaire archiconnu en plus d’être chirurgien, Balducci avait donc déboursé cent millions de dollars pour ce rachat — de l’argent de poche, pour un homme comme lui. — Oh ! fit Brian en reculant d’un pas. Je connais cet air. — Quel air ? demanda-t-elle en se renfrognant. — Celui que tu as quand tu décides de partir au combat. Mi-amusée, mi-gênée, elle pouffa. — Je ne me rendais pas compte que j’étais à ce point facile à décrypter. Après toutes ces années que j’ai passées à lutter contre mon incontinence verbale, merci de me révéler que je n’ai amélioré que ma volonté de me soigner. Un sourire indulgent éclaira le visage avenant de Brian. — Tu es juste une femme franche et spontanée. — Ça, c’est une façon politiquement correcte de ne pas dire : « brusque et sans nuances », dit-elle en levant les yeux au ciel. Si je comprends bien, tu es en train de m’expliquer qu’il n’y a pas que toi, mon meilleur ami, qui lise en moi comme dans un livre ouvert ? Je manque à ce point de subtilité ?
La seule jovialité de Brian suffit à l’apaiser. — C’est justement pour ça que tout le monde t’aime. Dans un monde où tout n’est que postures et apparences, tu es une rareté, une bouffée d’air ! Et puis, tu es trop mignonne… — Un gamin de cinq ans est mignon. Pas une femme transparente de trente et un ans. Brian la prit affectueusement par l’épaule. — Tu seras encore mignonne quand tu auras cent tren te et un ans, répliqua-t-il en l’aidant à se lever. Mais pour l’heure, allons renc ontrer notre nouveau patron. J’ai l’impression que ça ne va pas aussi mal se passer que tu le redoutes. Ôtant sa blouse de labo, elle le défia du regard. — Moi, je parie que ce sera pire encore. — Pari tenu ! Si je gagne, tu viendras dîner avec l’un de ces célibataires endurcis qui pourrissent ma vie rangée d’homme marié. Impossible de résister une seconde de plus à la bonne humeur de Brian. Elle sourit. Les neuf frères et beaux-frères de Brian étaient tous célibataires ou divorcés. Avec sa femme, Darla, il s’efforçait sans relâche de les caser. — Mais si je gagne, reprit Lili, tu me rayes définitivement de ta liste de candidates aux rencontres arrangées. Je suis la dernière femme sur terre apte à ce genre de combines. — Oui, je sais, tu ne te marieras jamais. Tu me l’as dit cent fois, soupira-t-il avec un sourire entendu. Toutes les épouses modèles ont dit ça un jour. Y compris Darla. Elle manqua de s’étrangler de rire. — Tu me compares à Darla, cette icône domestique et maternelle, en plus d’être une femme d’affaires hors pair ? Alors que je gère à peine ma vie de célibataire qui se résume au travail, à la salle de sport, à dormir, étudier, pr endre une douche, et recommencer le lendemain ? — Bah ! tu t’arrêtes à des détails, plaisanta-t-il. Darla et toi pourriez être sœur. Elle secoua la tête, mais lui laissa avoir le derni er mot. Elle ne ressemblait en rien à Darla, ni à toutes les femmes capables d’entretenir des relations suivies, ou encore de veiller sur une famille. Pour sa part, elle ressemblait à sa mère. Et cela faisait longtemps qu’elle s’était fait une raison. Comme elle était sûre de remporter ce pari, une bonne chose au moins sortirait du chaos qui venait de leur tomber dessus : Brian allait enfin cesser d’essayer de la faire rentrer dans le schéma qu’il se faisait d’une vie épanouie. En franchissant la porte du laboratoire, elle balaya la pièce d’un regard plein de regrets. Si les choses se déroulaient comme elle le prévoyait — et elle était à peu près certaine que ce serait le cas —, ce serait la dernière fois qu’elle le voyait.
* * *
Le nouveau patron était en retard. En s’asseyant à sa place habituelle, au milieu de la table de conférence, Lili fulminait. Soit Balducci avait trépassé — mais ce serait trop beau —, soit il ne les considérait pas dignes de sa légendaire ponctualité. Auquel cas, les choses s’annonçaient pires qu’elle ne le redoutait déjà. Les yeux mi-clos, elle balaya la pièce du regard. La trentaine d’employés de BIL était réunie et, contrairement à elle, tous étaient rentr és chez eux afin de se changer pour l’occasion. Elle était la seule à s’afficher dans u ne tenue aussi terne que son humeur. Pire encore, tous semblaient soulagés, et même enthousiastes à l’idée de ce rachat. Même si elle détestait l’idée, il n’était guère difficile de les comprendre : elle-même pâtissait de tous ces obstacles auxquels ils étaient continuellement confrontés pour arriver à accomplir ce que d’autres laboratoires, mieux financés, accomplissaient en une fraction de seconde. Sauf qu’à ses yeux à elle, les revers de fortune, les mauvais es pistes ou les erreurs faisaient partie intégrante de toute démarche scientifique. Manifestement, ses collègues ne partageaient pas sa vision des choses, et elle était la seule à voir d’un mauvais œil ce changement de propriétaire. Et à éprouver de l’hostilité envers leur nouveau patron. Tous ses collègues semblaient captivés dès que l’on mentionnait le légendaire Dr Antonio Balducci. Et pas seulement à cause des perspectives positives qu’il leur inspirait, mais aussi à l’idée de le rencontrer en personne — notamment les femmes. La recherche en ligne qu’elle avait effectuée sur lui l’avait amené e à concéder que leur réaction était compréhensible. Contrairement à la sienne.
Sa curiosité étant habituellement réservée aux seuls sujets scientifiques, elle ne savait rien de cet homme jusqu’à ce matin. Après le choc, le déni et la fureur, elle avait cherché tout ce qu’elle avait pu à son sujet sur Internet. À sa grande surprise, elle s’était très vite trouvé trois points communs avec lui. Comme elle, il était médecin. Né d’un père italien. Et enfant unique. Cela dit, les ressemblances s’arrêtaient là. Il était devenu américain par naturalisation, il y avait trois ans. Tandis qu’elle était américaine par sa mère. Ses parents à lui étaient morts depuis longtemps, alors que Lili avait perdu sa mère un an plus tôt, et que son père — qui n’avait jusqu’alors joué aucun rôle dans sa vie — avait récemment refait surface avec un certain enthousiasme. Bref, on ne savait pas grand-chose de l’enfance d’Antonio Balducci. Il avait grandi en Autriche, patrie de sa mère, où il avait appris six langues, et suivi des études de médecine. Les informations à son sujet n’avaient commencé à affluer sur Internet que depuis huit ans environ. Cela correspondait à l’époque où il avait fait son entrée fracassante dans le monde des affaires en tant que figure incontournable, dont le succès dans tout ce qu’il entreprenait forçait l’admiration. Ses actions en tant que membre fondateur de la multinationale Black Castle Enterprises étaient méticuleusement documentées, tout comme son activité dans le conglomérat médical de Balducci R & D — le bras de son empire qui venait de racheter le laboratoire adoré de Lili. En plus de s’attirer les faveurs des médias, il jouissait d’une popularité non négligeable auprès des femmes. Celles-ci l’adulaient autant qu’ elles adulaient des pop stars ou des légendes du football tel Beckham. Si elle s’était d’abord dit que les médias en faisaient trop à son sujet, elle avait sous les yeux l’évidence de son pouvoir de séduction. Et ce avant même qu’il arrive. Mais là n’était pas non plus l’origine de sa grande notoriété : les élites du monde entier s’arrachaient ses conseils en médecine anti-âge. Il était reconnu comme un véritable dieu de la chirurgie traumatique et reconstructrice. Et son travail s’apparentait prétendument à de la magie. Elle serra les dents. Si Balducci pratiquait vraiment la magie, il s’agissait sans doute de magie noire. À ses yeux, il n’était qu’une force capricieuse qui venait de pulvériser tout ce pour quoi elle avait travaillé. Juste parce qu’il en avait la possibilité. Et en plus, le mufle osait être en retard pour la mise à mort ! Mais soudain, les conversations se turent comme si quelqu’un avait appuyé sur un bouton. Elle leva les yeux et vit tous les regards rivés à la porte dans son dos… Elle se retourna d’un coup pour apercevoir enfin l’homme qui avait réduit à néant toutes ses ambitions. Et ce fut à son tour d’éprouver une certaine fascination. La scène se déroula au ralenti, et un souffle de révolte lui traversa l’esprit :Personne ne devrait être comme ça. Il n’y a donc aucune justice sur terre ? Bouche bée, paralysée, elle observa la silhouette qui se tenait sur le seuil. Dans son costume gris ardoise moulant un corps d’athlète de haut niveau, Antonio Balducci envahit la pièce de sa présence. En découvrant ses photos en ligne, elle s’était dit qu’il ne pouvait pas être aussi beau dans la vraie vie, persuadée qu’il faisait retoucher ses clichés, ou que la perfection de ses traits était due à la chirurgie. Or, même dans une pièce bondée, elle comprit s’être trompée sur toute la ligne. En réalité, les photos avaient atténué la beauté de Balducci. Il était à tomber par terre ; son visage sculptural était authentique. À quarante ans, il avait une peau qui évoquait l’al liage du cuivre et du bronze. Sa silhouette était à la fois massive et souple. Aussitôt, elle sentit ses doigts la démanger d’une envie de s’adonner de nouveau à un passe-temps depu is longtemps oublié : esquisser au crayon ce front léonin, ce nez patricien, ces pommettes saillantes, cette mâchoire puissante et ce menton avec sa fossette… Après avoir couché l’esquisse de ce visage unique sur le papier, son crayon s’attarderait sur cette chevelure noir de jais et soyeuse, qui en cadrait ce port altier. Mais parmi ces merveilles, deux détails la captivèrent : des lèvres larges, sculpturales esquissant un demi-sourire et… des yeux… En plus de leur forme en amande et de leur bleu étonnant, ce fut leur lueur qui mit son cœur en émoi. Contrairement à son sourire, opaque, ses yeux irradiaient d’une myriade d’expressions. Un certain amusement, de l’austérité. De la curiosité aussi. De la supériorité. Mais également d’une certaine finesse, d’un certain calcul… et de toutes ces petites choses indéfinissables. Ses yeux trahissaient un regard de scientifique. Mais également celui d’un conquérant.
Oui, c’étaient ces deux mots-là qui le caractérisaient le mieux. Alors qu’il pénétrait dans la pièce, une impression de déjà-vu s’empara de Lili. Parmi les photos qu’elle avait trouvées, l’une d’elles avait retenu son attention. L’un des rares clichés qui le montrait avec ses associés de Black Castle Enterprises, en train de quitter leur opulent quartier général new-yorkais. La photo, qui n’avait rien d’une mise en scène et contrastait avec les clichés habituellement très posés, avait assuré à son auteur une notoriété immédiate. L’image avait si bien su capter l’essence même de c es hommes que lors de sa publication, le cours en bourse de Black Castle s’était envolé. Les associés y apparaissaient comme un panthéon de dieux guerriers descendus sur terre grimés en hommes d’affaires ultra-modernes. Cet étalage de pure virilité et de beauté sur une simple photo était à couper le souffle. Le monde entier en avait été subjugué. Non seulement cette magnificence avait touché la corde sensible de Lili, mais quelque chose l’avait aussi fascinée. Si chacun de ces hommes affichait un charisme hors norme, elle avait eu l’impression qu’Antonio surpassait ses com parses. Ce n’était qu’une photo, et pourtant elle sentait que cet homme avait l’esprit à la fois acéré et posé. Malgré le courroux qui la consumait, cela lui avait fait un tel effet qu’elle s’était surprise à conserver cette photo pour la contempler de nouveau, peut-être même pour en faire un croquis, à l’occasion. Et voilà qu’il arrivait devant elle, en chair et en os, véritable archétype de beauté, de splendeur, de sang-froid. Elle ne serait guère surprise d’apprendre qu’il appartenait à une espèce évoluée qui aurait éliminé toutes les fragilités et imperfectio ns d’Homo sapiens, et dont le fonctionnement serait assuré par un intellect pur et sans pitié. Soudain, il s’arrêta devant la table et posa les mains à plat sur sa surface lustrée. Galvanisée par le ressentiment acéré qu’il lui inspirait, elle suivit son regard serein qui balayait la salle. D’après la réaction en chaîne qu ’elle sentit se déclencher autour d’elle, Antonio Balducci accrochait le regard de chacun de ses collègues. Sauf le sien. Ses yeux ripèrent sur elle comme si elle était transparente. Après un bref instant de consternation, elle éprouva un certain soulagement. Si sa seule présence lui faisait un tel effet, elle préférait ne pas savoir ce qu’elle ressentirait si ce regard pénétrant croisait le sien. Une fois que tout le monde fut suspendu à ses lèvres, il inclina la tête. — Je vous remercie de m’avoir reçu aussi rapidement. Je suis heureux que vous ayez tous pu être là. Bon sang, cette voix… Comme si tout en lui n’était pas déjà trop intense, il fallait qu’il joue de ce timbre sombre et profond. Circonstance aggravante, il parlait avec un très léger accent qui renforçait l’impact de chaque mot qu’il prononçait. Alors que des murmures s’élevèrent dans la pièce, i l se redressa pour retrouver sa silhouette imposante. — Je ne veux pas vous retenir, surtout ceux d’entre vous qui travaillent entre 9 et 17 heures, alors je vais aller droit au but de ma visite, déclara-t-il avant de faire une pause théâtralisée. J’espère que vous êtes aussi optimist es que moi concernant cette nouvelle situation, et que vous serez fiers de travailler so us la bannière Balducci, du point de vue scientifique, comme du point de vue financier.