Le renard à neuf queues

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137 pages
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Description


Elles ont commis l’irréparable, et maintenant elles doivent payer, logique non ?


Sorah, Míriel et Hénora, sœurs et sorcières, ont fait un bond dans le futur en passant de 1618 à nos jours. Elles pensent être tranquilles dans la petite bourgade où elles se sont installées, jusqu’au jour où un visiteur inattendu vient frapper à leur porte. Difficile de refuser d’ouvrir à cet illustre invité : vous avez déjà essayé de dire non à un seigneur dragon, vous ?


Avec l’aide de Jín, leur génie protecteur, leur mission est de délivrer une princesse dragon prisonnière d’un recueil de contes mythologiques japonais. Facile, non ? Pas vraiment... Non seulement elles vont devoir combattre des créatures surnaturelles qu’elles pensaient oubliées, mais elles vont également apprendre à leurs dépens que leur voyage dans le temps a engendré de grands bouleversements dans le monde magique, dont certains aux conséquences désastreuses...


Roman initialement auto édité sous le titre Les sorcières de Salers. Version revue et corrigée.



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EAN13 9782378121082
Langue Français

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« En dépit de ce qu’on pourrait croire, les sorcières existent ! Oh bien sûr, il ne s’agit plus de vieilles femmes laides vivant seules avec leur chat, penchées sur leurs chaudrons, préparant remèdes et poisons. Elles ont été rendues familières à chacun par le folklore, mais n’en ont pas moins une existence réelle. Bien plus, elles restent éminemment présentes dans notre société contemporaine, pourtant rationaliste et matérialiste. » Citation d’une personne anonyme
Chapitre 1
ne lame étincelante transperça la pénombre du sous-bois. Un cri aigu retentit. U – Aïe ! Là, tu y vas trop fort, sorcière ! se plaignit une silhouette difforme, format demi-portion. Dépêche-toi d’avouer ! Si tu le fais, je te laisse t’en tirer sans trop de bobos, vilain avorton, poltron que tu es ! termina une magnifique jeune femme à l’opulente chevelure rousse en entrant dans le champ de vision du nabot. Svelte et athlétique, elle le menaçait maintenant de son fleuret, arrêté à quelques millimètres à peine de sa gorge. Ah ! Le ton montait. Une bulle bleue lumineuse apparut au milieu de ce qui s’apparentait, dans la pénombre ambiante, à une coquette clairière aux herbes hautes dansant dans la brise nocturne. Un havre de paix silencieux au cœur de cette dense forêt que fuyard et poursuivantes arpentaient depuis la tombée de la nuit. La bulle diaphane parut errer sans but quelques secondes dans cette nuit éclairée par la seule présence de la lune à moitié pleine. Puis, fendant l’air à une vitesse impressionnante, elle se referma dans un claquement sec sur l’ombre vociférante du nabot. Désormais prisonnière, la chétive créature criait et se débattait comme un beau diable. Cognant de ses poings les parois de sa cage improvisée, elle se rendit vite compte que c’était peine perdue, sa cellule transparente et fragile en apparence était plus solide que l’acier. L’autre conséquence de son emprisonnement ne tarda pas à se faire sentir, son camouflage réduit à néant, l’ombre reprit peu à peu des couleurs pour révéler les formes d’un être au physique ingrat. Trois élégantes jeunes femmes, chacune quasiment copie conforme de l’autre, et n’ayant pour presque unique différence que la couleur de leurs cheveux, s’approchèrent de la bulle en silence. Parmi elles, la guerrière rousse qui avait interpellé le nain quelques instants plus tôt, se décala de quelques centimètres sur le côté. Féline, ses yeux vert émeraude étaient traversés par de minuscules éclairs. Fleuret à la main, elle n’oublia pas de pointer la fine lame en direction de leur captif. – Laissez-moi sortir, sortez-moi de là tout de suite, sorcières ! se défendit le prisonnier d’une voix de fausset, tout entier en proie à la panique. Comment osez-vous me garder prisonnier ! tenta-t-il encore. Je vais vous dénoncer pour violation de traité ! Le lutin, car c’en était un, s’époumonait et les invectivait avec une belle énergie. Son bonnet couleur de sous-bois de travers, sa veste brune à moitié déchirée et ses bottes boueuses lui donnaient un air qui aurait presque fait pitié. Si ce n’était ces yeux haineux et mauvais qu’il braquait sur ses geôlières. L’enchanteresse brune prit la parole, fixant de son regard émeraude et glacial l’être tout à fait déplaisant qui lui faisait face et qui était, selon toute vraisemblance, une vieille connaissance. – La violation de traité ne s’applique que si nous te gardons prisonnier plus de vingt-quatre heures,
Grimpel, lui rappela-t-elle. Tu le sais aussi bien que nous, voire mieux sans doute, étant donné que tu t’en remets sans cesse à lui dès que tu enfreins nos accords, termina-t-elle d’une voix calme et factuelle. Ce faisant, elle abaissa la capuche de la cape sombre qui lui couvrait les épaules, dévoilant un visage aux traits fins et gracieux, semblable en tout point à celui de ses sœurs. La belliqueuse rouquine revint à la charge. – Puisque tu as à ce point envie d’argumenter, je te conseille de parler et de nous dire très vite où tu as caché la fillette que tu as enlevée. Tu as déjà goûté à mon fleuret tout à l’heure et ça ne me pose aucun problème de remettre ça. Elle s’appuya nonchalamment contre un arbre voisin, avant de poursuivre sur un ton aussi dénué de compassion qu’une porte de prison. – Cette bulle me paraît assez instable pour te priver de l’usage d’un membre ou deux si ma sœur ne fait pas attention. N’est-ce pas, Sorah ? La blonde sorcière, aînée du trio, afficha un doux sourire en parfait contraste avec ce que venait d’annoncer sa cadette. – Il est vrai que la cellule bleue peut parfois se montrer imprévisible. C’est un sort compliqué, admit-elle d’un air faussement contrit. Cette femme était un démon camouflé en ange, peut-être la pire des triplées et sans conteste la plus redoutable. Le dénommé Grimpel était bien placé pour le savoir, car en tant que lutin kidnappeur d’enfants humains, il avait déjà croisé la route de ces dérangeantes empêcheuses de tourner en rond qu’étaient les sœurs Armaciès. Les sorcières les plus puissantes des mondes magiques selon la rumeur et, pour son malheur, intraitables protectrices de la race humaine. À cette menace à peine voilée, un frisson glacé lui parcourut l’échine et eut pour effet de briser ce qui lui restait de fierté lutine. Quoi que, fierté aurait été un bien grand mot pour Grimpel. Le lutin était connu pour faire commerce d’enfants humains dans le but d’assouvir les envies des sombres êtres des mondes magiques en mal de chair fraîche. Il était un individu dont l’appât du gain se montrait souvent le plus fort, les ogres et autres créatures payant à prix d’or leur péché mignon. Mais pas cette fois, pas lorsqu’il avait affaire aux sœurs Armaciès ! – C’est d’accord ! C’est d’accord ! glapit-il de sa voix fluette. Je vais tout vous dire, sortez-moi de là ! Une créature aux yeux vairons, l’un orange, l’autre bleu, était camouflée dans les ombres de la forêt et avait été témoin de toute la scène. Ses ordres étaient de rester neutre et simple observatrice en toute circonstance. Elle avait été envoyée là pour surveiller les faits et gestes des trois jeunes femmes. Ainsi, satisfaite de ce qu’elle avait vu aujourd’hui, disparut-elle sans se faire se remarquer.
Chapitre2
ncri de frustration s’échappa des fenêtres d’une jolie maison située en bordure de forêt. U C’était une habitation de plain-pied qui ne dénotait pas dans le paysage environnant, au demeurant quasi désert. De l’extérieur, elle ressemblait à une gentilhommière classique du Cantal avec des murs en lourdes pierres et un jardinet à l’arrière. Jardinet, dans ce cas précis, rempli de simples. Ces plantes médicinales entraient dans la composition de toute potion qui se respecte. Une cheminée haut placée sur le toit était nourrie en hiver et durant l’arrière-saison par un âtre de grandes proportions appelé Cantou. Ce dernier trônait à cheval entre le salon et la cuisine et terminait la décoration pour le moins éclectique de la maison. C’était, en somme, une habitation coquette de l’extérieur qui abritait en son sein, sans le laisser deviner à qui que ce soit de prime abord, un nombre considérable de pièces et autres secrets ! Un peu isolée, la demeure se trouvait à cinq kilomètres de l’agglomération la plus proche, Salers. Ce village, classé parmi les plus beaux de France, possédait un cachet indéniable et gardait, depuis des temps reculés, de lourds secrets confiés à la mémoire des pierres. – Arrrgh, je ne supporte plus cette machine ! s’exclama à nouveau la voix exaspérée. Míriel, flamboyante rouquine au naturel guerrier, avait beaucoup de qualités et un gros défaut. Elle manquait de patience. Une jeune femme élancée, aux cheveux cascadant jusqu’à sa taille en lourdes boucles soyeuses aux reflets chocolatés, frappa avec calme à la porte du bureau. Du moins était-ce ainsi que les sœurs, propriétaires de cette charmante et mystérieuse bâtisse, avaient décidé de nommer la petite pièce. Cette dernière possédait une unique et très grande fenêtre qui laissait pénétrer la lumière du soleilà profusion. Comme elle était en plus attenante à la bibliothèque, elles y avaient installé leur matériel informatique. – Bien le bonjour à toi, ma chère sœur. Nous pouvons entendre tes vociférations jusqu’au milieu de la forêt. Peut-être même jusqu’à Salers si le vent porte bien. Que t’arrive-t-il cette fois ? s’enquit-elle en s’asseyant sur le coin de l’imposant bureau d’angle qui occupait une belle partie de la petite pièce. Míriel se rejeta en arrière sur son siège, mains croisées sur le dessus de la tête, pieds posés à côté de l’endroit où venait de prendre place sa sœur. Fidèle à ses habitudes, elle portait un pantalon de cuir brun rentré dans de hautes bottes noires qui lui arrivaient un peu en dessous du genou, le tout surmonté d’une chemise d’homme blanche à larges manches et cordelette au col. L’ensemble lui donnait une apparence de pirate qui lui seyait particulièrement bien. – Salut, répondit-elle avec un geste du menton en direction de son matériel informatique. Cette chose-là, cet « ordinateur » comme ils disent, ça ne vaut pas un clou ! soupira-t-elle avec exaspération. Ça fait deux fois que je recommence le rapport pour le Grand Conseil sur l’enlèvement de la petite Sophie et l’implication de Grimpel, et il va falloir que je remette ça. Il faut aussi, bien sûr, que je termine le compte-
rendu pour notre contact à la police sans mentionner notre ami le lutin, cette fois. Mais ce foutu truc n’arrête pas de planter ! Et je ne te raconte même pas la lenteur de notre connexion internet. C’est une malédiction, cette technologie, je te jure ! La brune Hénora esquissa un léger sourire, elle connaissait ces plaintes-là par cœur. Deux ans plus tôt, ses sœurs et elle s’étaient retrouvées catapultées à cette époque qui n’était pas la leur et, dans ce laps de temps, il avait fallu s’adapter. Les ordinateurs faisaient partie des défis à surmonter, et celui-ci était la cinquième machine à jouer avec les nerfs de Míriel. Hénora lissa distraitement sa longue jupe bariolée et croisa ses chevilles dans le vide sur ses bottines rouge sombre. Oui, elle aimait le style bohème et les couleurs, et alors ? – Et dis-moi, tu as l’intention de soulager ta frustration en achevant ce pauvre appareil à coup de sabre, lui aussi ? remarqua-t-elle, mutine. Parce que si tu te souviens bien, ses prédécesseurs n’ont pas beaucoup apprécié le traitement... Míriel lança un regard torve à sa sœur. – Je me rappelle, oui, merci, grommela-t-elle. Si tu veux mon avis, ce n’est quand même pas juste que je sois la seule à faire tout ce boulot ! Hénora haussa ses épaules dénudées, imprimant ainsi un léger mouvement de froissement à son chemisier blanc à bustier. – Tu sais bien que ni Sorah ni moi ne sommes d’une grande utilité avec ces engins. Tu es la seule d’entre nous à comprendre et apprécier toutes les inventions de ce siècle auquel nous n’appartenons pas. Ce n’était un secret pour aucune des personnes qui connaissait les sœurs Armaciès. Le domaine d’expertise d’Hénora, c’était les livres et ses capacités étaient hermétiques aux ordinateurs. Quant à Sorah, elle ne pouvait approcher le matériel informatique à moins de trois mètres sans le faire imploser. Il avait donc été décidé que Míriel serait la mieux désignée pour s’occuper de ces affaires de « technologie » comme l’appelaient les humains de cette époque. Míriel se leva d’un bond et, d’un geste décidé, repoussa vers l’arrière la lourde tresse de ses cheveux mordorés. – Savoir tout cela ne va pas m’empêcher de continuer à râler ! Les lèvres d’Hénora esquissèrent un discret sourire. – Je n’avais pas l’intention de te demander l’impossible non plus. Míriel lui répondit elle aussi avec un sourire. – Au moins, nous sommes d’accord sur ce point. Ce n’est pas le tout, mais j’ai faim, moi. Je parie que Jín nous a concocté un petit truc sympa. Ça sent bon ! fit-elle en se dirigeant d’un pas alerte vers la cuisine, suivie de près par sa sœur. Elles y trouvèrent un homme affairé aux fourneaux. Grand, mince et plutôt costaud au niveau des épaules, il arborait les traits racés des Kabyles. Son teint, légèrement hâlé, mettait en valeur ses étonnants yeux bleu marine. Il avait l’air d’un prince arabe sorti tout droit d’un conte des Mille et une nuits et, dans un sens, cette comparaison n’était pas si incongrue. Jín était un génie, et pas n’importe lequel s’il vous plaît... C’était celui-là même qui avait connu et aidé Aladdin. – Salut Jín, lança Míriel d’un ton gai. – Bonjour, les filles, les salua-t-il avec chaleur, en les invitant à se joindre à lui d’un geste ample. Les deux jeunes femmes s’attablèrent à l’îlot central recouvert de granit qui constituait la pièce maîtresse de la cuisine. Celle-ci était baignée par la lumière du jour grâce aux quatre grandes fenêtres qui ornaient ses trois pans de murs. De hauts tabourets de bois, à l’assise confortable et rembourrée, étaient disposés tout autour de l’îlot pour accueillir les convives. Les sœurs Armaciès n’étaient pas très douées en cuisine, et c’était donc là le fief presque exclusif de Jín qui, à l’inverse de ses protégées, adorait concocter des recettes de toute sorte.
Une jeune femme à la chevelure d’un blond vénitien, dont la couleur riche et intense rappelait celle autrefois utilisée dans les peintures des grands maîtres, eut tôt fait de les rejoindre. Une aura particulière entourait en permanence Sorah, l’aînée du trio. Imperceptible à ceux qui n’avaient pas de pouvoirs magiques, elle en imposait pourtant à ceux qui croisaient son chemin, humains ou non. – Bonjour vous trois ! J’ai entendu quelques éclats de voix tout à l’heure, est-ce que tout va bien? s’inquiéta-t-elle de sa voix douce et claire. Elle braqua un regard serein, mais pénétrant sur Míriel, montrant ainsi que, malgré la nonchalance qui paraissait accompagner chacun de ses faits et gestes, elle était loin d’être dupe. Les joues de cette dernière se colorèrent, elle savait par expérience que peu, très peu de choses, échappaient à sa sœur. – Oui, oui, tout va très bien, rassure-toi, marmonna-t-elle en engloutissant un gâteau. – Nous avons senti les effluves provenant de la cuisine et avions faim, c’est la même raison qui t’amène ici, je suppose ? intervint Hénora, en esquissant un clin d’œil à l’intention de Míriel, tandis qu’elle continuait de siroter sa tasse de thé avec distinction. – Tout à fait, répliqua Sorah avec son habituel sourire angélique. Elle choisit d’ignorer le signe de connivence échangé à l’instant, juste sous son nez. – J’ai préparé des sablés au citron et au romarin pour le thé, reprit Jín d’un air jovial, bien que, j’en ai peur, ces deux-là ne t’aient pas attendue pour piocher dedans. – Je me disais bien que ça sentait divinement bon ici ! J’ai d’ailleurs concocté un petit quelque chose qui devrait accompagner la pause de cet après-midi à merveille, continua la jeune femme en farfouillant dans les poches béantes de la blouse blanche qu’elle portait ouverte par-dessus sa robe fleurie. Jín, Míriel et Hénora échangèrent un coup d’œil inquiet. Même avec les meilleures intentions du monde, Sorah était incapable de préparer une potion pour un usage autre que magique. Tous les mélanges qu’elle faisait en extra, et en particulier ceux soi-disant destinés à améliorer leurs expériences culinaires, étaient des décoctions qu’on pouvait qualifier d’immondes, voire de dangereuses. Ils se souvenaient tous avec une douloureuse clarté de la dernière fois qu’elle avait élaboré ce qui était supposé être une crème anglaise. Ils avaient dû changer l’îlot de la cuisine lorsque la prétendue crème s’était répandue comme une maladie sur l’ensemble de l’îlot, et l’avait enveloppé d’une matière gluante qui s’était avérée impossible à nettoyer ! La sonnette de la porte d’entrée retentit. – L’un d’entre vous attend quelqu’un ? s’étonna Hénora, soulagée. – Non, répondit Sorah avec un léger soupir contrarié. – Personne, complétèrent Jín et Míriel en chœur. – Entendu, j’y vais en ce cas. Sauvés par le gong, ne put-elle s’empêcher de penser. Elle était certaine que Jín et Míriel avaient eu la même pensée. Elle ouvrit la porte et se retrouva nez à nez avec un élégant gentleman. Les traits asiatiques de son visage étaient si merveilleusement sculptés qu’on aurait pu les confondre avec ceux d’une délicate poupée de porcelaine. L’aura qui entourait l’étranger, sans être hostile, mit cependant la jeune femme sur ses gardes. Il se dégageait du nouveau venu une telle puissance magique que cela forçait le respect. Il désigna la pancarte placardée sur le mur à droite de la porte. – « Agence Aegis, nous nous occupons des cas étranges et/ou sortant de l’ordinaire. Pas sérieux s’abstenir », lut-il à haute voix. C’est une plaque intéressante que vous avez là... Hénora sentit la moutarde lui monter au nez face à ce qu’elle prit pour de l’arrogance. – Peut-on savoir ce qui vous amène ? s’enquit-elle avec une politesse toute relative. Sorah et Míriel firent irruption derrière leur sœur. L’inconnu leur accorda à peine un regard, reportant son attention sur Hénora.