Le Rêvaliste

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Français
100 pages
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Description

Pour Albert, jeune comédien, tout commence avec un coup de foudre. Un parc, une rencontre, un visage qu’il revoit dans ses rêves, jour après jour… Fantasme ou prémonition, il s’imagine sur une plage de rêve avec sa belle à chaque fois qu’il s’endort. Mais lorsqu’il rencontre Gabrielle dans la réalité, et qu’il apprend que sa sœur est en vacances au Mexique, sa vie prend un tournant inattendu. Et si tous ses vécus, rêvés ou réels, lui portaient finalement malheur? Une amorce romantique et fantaisiste, un dérapage surnaturel, un final tragique: les errances en trois mouvements du Rêvaliste distillent une mélodie captivante mais insaisissable. Compositeur virtuose, Xavier Patrigeat orchestre un imprévisible récit psychologique, dirigeant avec brio fiction et réalité pour mieux signer l’histoire d’une vérité enfin dévoilée.

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Informations

Publié par
Date de parution 12 avril 2012
Nombre de lectures 14
EAN13 9782748383034
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Le Rêvaliste
Xavier Patrigeat Le Rêvaliste Entre rêve et réalité
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0117028.000.R.P.2011.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
Inconnue…
C’était sans doute l’hiver, je me souviens de cette écharpe qui me collait à la peau. Ou bien, je me trompe. C’était juste le grand vent d’automne qui me frôlait le cou. En tout cas, ce n’était pas le printemps ; ou alors, son dé-but, avec ses grands jours de soleil et ses lendemains pluvieux. Une certitude, je ne l’ai pas connue un soir d’été à moins que ses yeux m’aient glacé le cœur et que, par précaution, je me suis camouflé dans cette longue chaus-sette tricotée par ma mère. Oh ! Je sais bien que je divague… Mais, il faut recon-naître que ces sensations de froideur et de bien-être se confondaient ce jour-là. Il faut dire que la petite bise n’avait pas fait autant de dégâts sur ma petite mine que ce regard posé sur moi. Elle ne cessait de me mirer et je n’osais en faire autant, par timidité sans doute. Mon visage se décomposait seconde après seconde. Et pourtant, je ne quittais pas la scène. Je restais planté là telle une proie qui se laisse mourir sans se débattre. Elle était là, ma préda-trice, mon amoureuse, qui devait me dévorer avant l’hiver ou le printemps, l’automne peut-être. Il n’y a pas de sai-son, ni même de temps quand la passion vous arrache les yeux. Je devenais de plus en plus aveugle dirigé par ces deux pupilles qui prenaient le pouvoir sur les deux mien-nes. Pire encore, je prenais du plaisir à me laisser envahir. Et puis, elle baissait les yeux et me quittait sans adieu. Un instant, je me sentais seul. Mais, très vite, ses yeux me revenaient en mémoire. J’aurais voulu la suivre,
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l’embrasser ou, tout simplement, lui dire merci pour ce petit bonheur. Mais cette satanée timidité me l’interdisait. Et puis, à quoi bon ? De quel droit pouvais-je la suivre ? A-t-on déjà vu un mouton courir après une louve ? Je n’arrivais pas à quitter l’endroit. J’étais planté au beau milieu de ce parc Saint Pierre en plein centre d’Amiens et me sentais bien bête à l’instar de tous ces volatiles qui prenaient leur bain sur l’étang du parc. Puis, assis sur de vieilles lattes de bois, je songeais à ce qu’il aurait pu se passer si j’avais osé. Oser lui dire que j’étais sous le charme, oser lui dire que je n’avais jamais vécu un tel moment… Bref, oser lui dire tant de choses quitte à être ridicule ! N’est-ce pas cela d’ailleurs être amoureux, n’est-ce pas tout simplement être honteux de ces gestes au point de ne pas être à la hauteur de l’événement. J’avais, sans doute, laissé passer ma chance. Que dis-je : ma vie ! L’amour de ma vie venait de me quitter et je n’avais pas su réagir. Un minable, voilà ce que j’étais ! J’étais planté sur ce banc, planqué derrière ma grosse laine et je me mor-fondais. Il était bien temps ! Elle était déjà loin… Un stylo traînait dans mes poches ainsi qu’un papier de convocation pour un nouveau casting. Je le retournai puis je me mis à écrire tout ce que je pensais d’elle et de moi surtout qui était là comme une lopette à me lamenter sur mon sort : Il n’y a pas de rencontre s’il n’y a pas de mots ! Ne serait-ce qu’un « bonjour » pour donner le tempo… Comment donc ai-je pu être alors aussi idiot ? Oui, je me sens bien nul d’avoir fuit sans un mot ! N’empêche que maintenant, cloué sur ce vieux banc, Ne sachant réagir, je pleure tout mon être ! Une plume à la main, je ne sais où me mettre, Et me dit que pleurer, ce n’est plus le moment !
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