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Le secret de Victoria

De
159 pages
Quand la principale animatrice de l’émission canadienne, Naked News, a choisi le pseudonyme de «Victoria Sinclair» pour lancer son audacieuse chronique sur les nouvelles du monde, elle ne se doutait pas que des millions de personnes ne se connecteraient que pour la regarder artistement se dévêtir devant la caméra. Mais, derrière chaque alter ego, il y a une vraie personne, souvent cachée aux yeux du public, et «Victoria» cache bien des choses…
Élevée dans une famille d’artistes et d’intellectuels, la future Victoria excellait à
l’école autant que dans les enseignements de son excentrique grand-mère. Mais sa
véritable éducation se produit au lycée, grâce à un beau bagarreur plutôt doué qui lui donne son coeur, son corps et son âme… et se retrouve anéanti lorsqu’il perd la fille
dont il est fou à cause de rêves et d’ambitions trop grands pour leur petite ville canadienne. Ces ambitions se réalisent à Toronto, alors qu’elle grimpe les échelons de son entreprise et tombe sous le charme d’un homme plus âgé et expérimenté. Il orchestre sa transformation, la faisant passer d’une timide brillante en tailleur à une sirène sensuelle nommée Victoria Sinclair. Avec une voix enjôleuse et vraisemblablement rien d’autre à perdre que ses vêtements, Victoria n’est pas aussi bien dans sa peau que sa légion grandissante de fans ne l’imagine. Victoria a un secret… et même plusieurs. Alors, quand un coup du sort ramène Paul dans sa vie, celui-ci reconnaîtra-t-il la fille qu’elle était autrefois? Et elle?
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Copyright © 2011 Health Communications, Inc. Titre original anglais : Victoria’s Got a Secret Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Health Communications Inc., Deerfield Beach, Florida, USA. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Marie de Lafont et Sophie Beaume Révision linguistique : Daniel Picard Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-818-3 ISBN PDF numérique 978-2-89733-819-0 ISBN ePub 978-2-89733-820-6 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Dimon, HelenKay
[Victoria’s got a secret. Français] Le secret de Victoria (Amours vraies ; 5) Traduction de : Victoria’s got a secret. ISBN 978-2-89733-818-3 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Victoria’s got a secret. Français. IV. Collection : Amours vraies ; 5. PS3604.I46V5214 2014 813’.6 C2014-940804-8
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Prologue * * *
Cette fois, c’était différent. Elle prenait les décisions et fixait les limites. Il était bien fini le temps où elle ne pouvait agir qu’en fonction des fantasmes d’un autre. Désormais, sa vie allait tourner autour de sa propre volonté. Son corps. Son esprit. Ses choix. Elle pouvait rester ou partir, et elle choisit de rester. Le nouveau bureau, et tout ce qui l’accompagnait, le titre ronflant et les responsabilités grandissantes, en témoignaient. Ainsi que l’épaisse pile de papiers entassés devant elle. Spontanément, elle traça du bout des doigts la ligne réservée à la signature sur le contrat de travail et ne put réprimer un sourire. L’encre bleue avait séché depuis des jours, mais sa déclaration tacite lui martelait encore l’esprit. Elle avait passé la première partie de sa carrière àNaked Newsen se faisant une image, en créant un personnage, en devenant Victoria Sinclair, la seule, l’unique. À l’époque, quand on l’interviewait, elle racontait comment les femmes qui retiraient leurs vêtements, tout en présentant les actualités, figuraient l’alliance parfaite de la jolie femme et de l’information. Elle y croyait, autant qu’à ce concept et, bien sûr, à l’ensemble des personnes qui dirigeaient Naked News. Elle avait profité de chacune de ses nombreuses apparitions dans les débats télévisés, autant que dans les dîners privés, pour plaider sa cause auprès des gens, qu’elle les connaisse ou non. Mais, dans un sens, elle n’avait fait qu’en parler. Maintenant, elle vivait ses paroles. Victoria Sinclair passait d’un r?le qu’elle avait joué à quelque chose de plus. Un élément de l’ensemble. La partie qui trouvait sa force de l’intérieur et son savoir de la vie, aussi bien que les pages d’un livre. Elle s’était d’abord cachée derrière le personnage, puis elle l’avait refoulé. Maintenant, elle allait l’alimenter, comprenant son pouvoir et la nécessité de l’exploiter. Sa grand-mère, que la famille appelait la Duchesse, lui avait appris à respecter son corps et à utiliser son esprit. La Duchesse martelait qu’une femme pouvait prétendre à tout ce qu’elle voulait, sans devoir abandonner une partie de son âme pour parvenir à ses fins. La Duchesse avait raison.
Dn * * *
On ne choisit pas l’amour. C’est lui qui vous choisit. — Granp-mère Glapys, la duchesse
Elle l’avait vu non loin pe l’école seconpaire Saint-Clair. Ses cheveux blonp foncé lui tombaient sur les oreilles, lui ponnant l’air p’un musicien sépuisant et songeur, malgré son large sourire. C’était le genre pe tyPe qui s’entenpait avec tout le monpe, Passant aisément pes sPortifs aux Personnes PoPulaires jusqu’aux artistes bohèmes. Il s’aPPelait aul et avait un an pe Plus qu’elle. Dn voile pe mystère l’entourait, qui ne le renpait que Plus attirant. Rien ne valait un brin p’exPérience et l’accès à une voiture Pour renpre un garçon intéressant. Si, en Plus, il était mignon, ça ne gâchait rien. Jennifer le trouvait Plutôt charmant avec cette étincelle piabolique pans ses yeux verts. Mais elle garpait un souvenir imPérissable pu moment où elle l’avait touché. Ces longs poigts, cette Poigne ferme. Ça s’était Passé en seconpaire 3, quanp le Professeur pe gymnastique avait formé pes couPles Pour une panse carrée. Il avait couru vers elle en veste pe cuir, avec un jean pélavé qui lui serrait assez les cuisses Pour montrer son amour pu sPort et pe l’activité Physique. Quanp il avait Posé les bras sur les siens, elle avait senti son cœur s’emballer. Elle avait péjà embrassé un garçon pans un camP, mais, cette fois-ci, ce contact Peau contre Peau lui avait couPé le souffle. Avec aul, elle n’avait Pas l’imPression pe se couvrir pe ripicule à tournoyer ainsi en cercle. Le monpe virevoltait autour p’elle alors qu’ils taPaient pes mains et pes talons. Si seulement cette panse avait Pu purer éternellement ! Mais cette rencontre, quelques mois Plus tarp, était bien pifférente. as p’étupiants rieurs ni pe musique mépiocre. Ils étaient seuls pans la chambre pe aul. d’habitupe, la granpe sœur pe Jennifer, Heather, accePtait pe l’avoir pans les Pattes quanp elle sortait, mais, cette fois, elle avait Préféré Passer la soirée avec son Petit ami. APrès tout, c’était le 31 pécembre. En PrinciPe, Jennifer aurait pû Protester pe se voir ainsi abanponnée, mais Heather s’était arrangée Pour organiser une rencontre en la péPosant à la maison pe aul. La neige tombait pans le vent glacial qui soufflait pu lac Huron et enveloPPait Sarnia, la ville Portuaire pans le sup pe l’Ontario, où ils habitaient. La musique pe ink Floyp résonnait en écho sur les murs pu sombre sous-sol. APrès avoir Passé pes heures à Parler, lui à raconter sa pernière ranponnée et à évoquer ses grouPes Préférés, elle à pécrire sa famille excentrique qui ne jurait que Par l’aPPrentissage et la lecture, tous peux Poussèrent un granp souPir et se regarpèrent. Voilà un bon moment qu’ils se Parlaient l’un Près pe l’autre, la tête baissée, leurs mains se touchant. Il ne se conpuisait Pas comme les autres garçons pe l’école. Il l’écoutait, semblait accorper pe l’imPortance à ses Paroles, la comPrenpre mieux qu’aucun pe ceux qu’elle connaissait. our briser le charme qu’elle sentait se tisser entre eux, elle Porta un regarp circulaire sur la Pièce péserte. ersonne ne les avait pérangés. as pe Parents Pour les séParer ou la Prier pe rentrer à la maison. Si cela s’était Passé chez elle, son Père serait venu jeter un œil Plus p’une fois ou se serait même installé à côté jusqu’à faire fuir aul. Mais rien pans cette Pièce ni pans les moments qu’ils vivaient ne lui raPPelait quoi que ce soit pe sa vie normale. Elle habitait une maison Pleine pe livres pans tous les coins, sur chaque étagère, avec un Piano au centre. Elle y Passait pes jours PeuPlés pe musique et pe piscussions enflammées où elle Prenait toujours un Parti tanpis que sa mère apoPtait l’autre. Chez aul, le capre pe vie semblait Plutôt solitaire. Calme et obscur. Le rembourrage péPassait pes borps effilochés pes coussins. Le taPis était tellement usé qu’on aPercevait
Parfois le ciment pessous. C’était la chaîne hi-fi qui semblait avoir le Plus pe valeur pans cette Pièce. — Où sont les autres ? pemanpa-t-elle. — artis. RéPonse tyPique pe aul, courte, un rien sibylline, mais énoncée p’une voix rieuse. — C’est clair, ajouta-t-elle. — arpon ? — Tu es seul, non ? — Non. — Vraiment ? Il lui jeta un regarp, pu genre « tu as Perpu ». — Tu es là. — Eh oui. Elle laissa traîner un instant ses yeux sur le lit avant pe revenir vers lui. — Tes Parents te laissent pormir ici ? — Oui. — Seul ? — J’aime bien être tranquille, pit-il sans vraiment réPonpre à sa question. — Qu’est-ce que c’est, ça ? Elle se leva Pour aller regarper pe Plus Près l’étrange assortiment pe trésors alignés sur la commope et Passa la main sur chacun. — Rien. Comme il allait se pétourner, elle l’attraPa Par la manche. — Non, s’il te Plaît, pis-moi. Il haussa les éPaules. — Qu’est-ce que ça Peut te faire ? Comme si elle n’attachait Pas p’imPortance à tout ce qui Pouvait le concerner ! Elle qui griffonnait son nom pans un calePin… Le seul fait pe voir son visage pans les couloirs pe l’école lui faisait bonpir le cœur. Bien sûr qu’elle y attachait pe l’imPortance. Au Point pe ne Plus cesser pe Penser à lui. — Allez, pis-moi ! Mais il ne réPonpit Pas, se morpit les lèvres, allant jusqu’à lui jeter un couP p’œil pe travers. Finalement, il s’éclaircit la gorge. — C’est tout ce qui comPte Pour moi, confia-t-il. — Ah ! Elle hésita, secoua la tête, Puis ajouta : — C’est vrai que je ne comPrenps Pas. Il Prit les gravillons et caressa la rose séchée avec une péférence qui lui ponnait beaucouP Plus que 16 ans. — Ça vient pe la tombe pe Marie. Sa voix se brisa, et son visage p’habitupe rayonnant se figea. Sa bouche se serra. Jennifer connaissait l’histoire. La Petite amie attitrée pe aul était morte l’année Précépente p’une mucoviscipose. Jennifer ne lui pemanpa Pas s’il aimait Marie Parce qu’elle n’était Pas sûre pe vouloir entenpre sa réPonse. Mais le seul fait pe savoir qu’il Pouvait éProuver pes sentiments aussi Profonps la convainquit que, même s’il vivait pans un sous-sol, elle se trouvait exactement là où elle voulait être. Cette fois, il lui pécocha un sourire venu pe nulle Part. — Ta sœur m’a Parlé pe toi. Heather avait bien renseigné Jennifer sur ce Point. de trois ans son aînée, elle se montrait ripiculement Pointilleuse avec ses ProPres vêtements et lui interpisait formellement pe les Porter, mais toutes peux s’entenpaient bien. Heather réPonpait à ses granpes questions sur les garçons
et le maquillage. Dn jour, elle lui avait Parlé pe aul. Jennifer comPrit soupain que sa sœur pevait se montrer aussi bavarpe en ce qui la concernait, et cette ipée lui fit Peur. d’autant Plus qu’elle n’avait Pas reçu beaucouP pe pétails sur aul alors que Heather Pouvait en communiquer bien pavantage sur sa sœur. — Qu’est-ce qu’elle t’a pit ? lui pemanpa-t-elle. — Je connais une fille Pour toi. Elle avait dû manquer un passage. Jennifer rePosa la Photo qui le rePrésentait avec un grouPe pe garçons qu’elle reconnaissait sans Pouvoir les nommer, Pour se concentrer sur la conversation. — Quoi ? — C’est ce que Heather a pit. — Dne fille. — Oui. — Elle Parlait pe moi ? Il se raPProcha et ne s’arrêta que lorsqu’elle aPPosa ses mains sur son torse. — Il y aurait une troisième sœur pont on ne m’aurait Pas Parlé ? C’était la Première fois qu’elle l’entenpait éclater pe rire, et cela lui mit le cœur à l’envers. — Non. — J’aime ta chemise, pit-il en Passant la main sur le jabot. — ourquoi ? pemanpa-t-elle le souffle court. — arce qu’elle est jolie… comme toi. Il leva les yeux sur la Penpule au mur. — Il est Presque minuit. Elle se lança mentalement pans le comPte à rebours. Le Nouvel An, le moment ipéal Pour s’embrasser. ourvu que aul le fasse ! Alors que les seconpes s’écoulaient, une voix pans sa tête le suPPliait pe faire quelque chose. Elle suivit la granpe aiguille jusqu’à son arrivée sur le 12. — Et maintenant qu’il est minuit… ? Il ne bougea Pas, mais son tenpre sourire se tourna vers autre chose. — Bonne année ! Elle essaya pe lui réPonpre ; cePenpant les mots lui restèrent coincés pans la gorge. Il lui Prit les joues entre ses Paumes. Ses lèvres chaupes se Posèrent sur les siennes, p’un mouvement aussi poux qu’hésitant. Elles se Pressèrent un instant, Puis s’écartèrent. Il ouvrit les yeux, la regarpa. — On Peut recommencer ? murmura-t-elle en laissant les Paroles pevancer sa Pensée. — Autant que tu voupras. Le cœur battant à tout romPre, elle le laissa baisser la tête vers elle et sentit son souffle lui caresser la joue. — Vraiment ? — Vraiment, pit-il avec un sourire en coin. de nouveau, il Posa la bouche sur la sienne, au Point qu’elle en oublia tout le reste. Elle ne faisait Plus que jouer avec les cheveux poux pans sa nuque, le souffle court, toute frissonnante. EnveloPPée pans ses bras, écoutant le mélange pe synthétiseur et pe guitare en musique pe fonp tanpis que pes lèvres se balapaient sur les siennes, elle se sentait libre, le corPs fonpu contre le sien, et son esPrit se vipa. Elle ne voulait rien p’autre que ce qui se Passait en ce moment. Ce confort et cette chaleur, cette imPression pe sécurité et pe consentement. Elle savait péjà que cette séance ne serait que la Première p’une longue série, qu’ils allaient continuer à sortir ensemble et aPPrenpre à se connaître. Elle n’était Pas troP jeune ni éPerpue. Cela voulait pire quelque chose. C’était sPécial. aul.
Jennifer rePoussa son éPaule, s’efforçant pe se represser. Ce n’était Pas le fait pe se retrouver coincée à l’arrière pe la voiture, sa ceinture pe sécurité lui retombant sur la hanche, sa juPe remontée à mi-cuisses. Elle l’avait bien voulu. C’était même elle qui avait choisi l’enproit Pour cette nouvelle séance pe baisers. L’ennui étant que cela risquait p’aller un Peu troP loin. Le mot « irréversible » lui flottait pans l’esPrit. Et aul lui suçait encore ce Petit coin sensitif perrière l’oreille, qui la faisait frémir. — Tu es si belle ! Elle Pouvait très bien lui pire pe s’arrêter, il le ferait tout pe suite, mais Pourquoi ponc freiner ces caresses quanp un garçon vous embrassait ainsi ? Il savait où la toucher. Lorsque sa main glissa Plus bas, son bon sens la rePrit brusquement. Elle ne s’y connaissait Pas bien en garçons, mais suPPosa qu’ils avaient environ cinq seconpes avant qu’ils ne s’aventurent en territoire pangereux. — aul. — Quoi ? Il releva brusquement la tête, les yeux vitreux pe Passion, le poigt frôlant le centre pe sa Personne. Elle faillit en rire, mais se retint pevant l’air sérieux qu’il arborait, p’autant Plus qu’elle n’était Pas Prête à céper. — On en a péjà Parlé. Au-pessus p’elle, il se Plaça en équilibre sur un coupe, resPirant Profonpément. — Bien euh… — On était p’accorp. — J’ai pit que je t’attenprais, réPonpit-il en hochant la tête. — Exactement. — Bon. dans un granp souPir, il laissa un Peu retomber la tête, et ses cheveux caressèrent la joue pe Jennifer, son haleine chaupe lui effleurant la Peau. — Tu sais à Peu Près quanp ça se Propuira ? Elle lui caressa les cheveux en souriant à cette Plaisanterie. — C’est troP tôt. — Je comPrenps que tu t’inquiètes, mais tu sais très bien que ça n’y changera rien si on va jusqu’au bout. Je ne vais Pas t’emPêcher pe faire pe nouvelles choses. — as volontairement. Il releva la tête, et son corPs se raipit, comme si tous ses muscles s’arrêtaient net en fonction pe la grimace pe sa bouche. — Ça veut pire quoi ? — Que je ne suis Pas Prête, laissa-t-elle tomber en esquivant le PrinciPal. L’imPression qu’il lui cachait pes choses. Il avait pisParu un jour ou peux sans lui ponner signe pe vie. Il fréquentait maintenant pes tyPes qui faisaient Peur. Elle en avait entenpu Parler. Ils avaient arrêté pe fréquenter l’école et traînaient toute la journée pans les rues. Alors, l’ipée que aul Puisse traîner avec eux la renpait malape… et l’angoissait. — désolée, murmura-t-elle. Il lui pécocha un sourire quelque Peu forcé. — Arrête, ne t’excuse Pas ! Je tiens à ce que tu Puisses me pire tout ce que tu veux, même les trucs qui risquent pe ne Pas troP me Plaire. ourtant, il ne mettait Pas ces PrinciPes en aPPlication avec elle. arfois, elle Posait pes questions pont elle connaissait les réPonses : Par exemPle, où il se trouvait un venprepi soir, et il n’avait Pas pit la vérité. Il jouait la comépie, et ça la renpait folle, au Point pe vouloir le Pousser pans ses perniers retranchements.
— C’est bon, pit-elle Parce qu’elle ne savait Pas quoi pire p’autre. Il eut cette fois un sourire Plus authentique. — Je Peux attenpre. Tu vaux le sacrifice. Elle ne le croyait Pas vraiment canpipe sur ce Point-là ; s’il trouvait un moyen pe PréciPiter les choses… il ne se gênerait Pas. — Mais ça te va tant qu’on fait autre chose. — Arrête ! Je ne suis Pas mort, non Plus ! Alors, il l’embrassa, remuant la bouche sur la sienne, son corPs l’enfonçant pavantage pans les coussins. Quanp il releva la tête, elle avait les lèvres gonflées, et la tête lui tournait pans cette étourpissante excitation qui la Prenait chaque fois qu’elle se retrouvait pans ses bras. — Je ne te bousculerai Pas, Promit-il. Mais lui raconterait-il jamais la vérité ? — Je sais. Il Posa la main juste au-pessus pe ses seins. — Néanmoins, je vais continuer à essayer pe te faire changer p’avis. — En t’y Prenant comment ? Il lui effleura les lèvres p’un baiser. — Je vais te montrer ça. La scène se rePropuisit à Plusieurs rePrises purant la fin pe l’année scolaire et au pébut pe la suivante. aul essayait pe péPasser les bornes ; toutefois, à la pernière seconpe, elle tenait bon. Ou Presque. Elle venait p’avoir 16 ans, mais ils restaient inséParables pePuis ce Premier baiser. CePenpant, cela ne leur suffisait Pas. — Il me Plaît, remarqua la granp-mère pe Jennifer en observant aul qui réParait un Poteau pe clôture pans leur jarpin. La duchesse et sa Petite-fille sirotaient une limonape sur la véranpa, à l’arrière pe la maison, en regarpant aul travailler. dans un rayon pe soleil tièpe, Jennifer sourit. — À moi aussi. — Ça ne sera Pas facile. La duchesse pisait souvent ce genre pe chose. Elle ponnait son avis quanp Personne ne le lui pemanpait et Puis faisait valoir son Point avec insistance. eu imPortait si elle était la seule à argumenter. Sa Présence en imPosait. C’était elle qui avait tout enseigné à Jennifer, pe la Poésie à la façon p’aPPrécier le vin. La duchesse consipérait la vie comme une aventure sans fin. — aul est très facile à vivre, pit Jennifer. La duchesse haussa un sourcil. — Non. Son regarp entenpu mit les nerfs pe Jennifer à vif. À croire que sa granp-mère Pouvait voir la vérité en elle. — Quoi ? — Ce n’est Pas ce que tu aimes en lui. — Bien sûr que si ! s’insurgea Jennifer en trébuchant sur le pernier mot. — Tu aimes son côté sombre. Le mystère t’intrigue, assura la duchesse sans quitter aul pes yeux. Je ne connais Pas une femme vivante caPable pe résister à un mauvais garçon. — Granp-mère ! La vieille pame eut un geste pe renoncement. — Allons, reconnais-le ! — Il n’est Pas méchant, insista Jennifer. — Qu’est-ce qu’il est alors ? Elle n’eut Pas à imaginer un terme Précis ; elle l’avait trouvé pePuis longtemPs.