Les MacKintosh tome 1

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169 pages
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Depuis longtemps, Laetitia rêve de découvrir l'Écosse. Quand elle entreprend enfin le voyage, cette jeune étudiante orpheline, adepte des sports de combat est loin de se douter qu'il l’emmènera aussi loin ; jusque dans les bras de Darren, ce beau chef guerrier highlander, au XVIème siècle.


Dès qu'il aperçoit cette belle inconnue, Darren, laird du clan MacKintosh, est subjugué. En même temps, il est abasourdi. Comment cette délicieuse créature, aux origines obscures et aux expressions si étranges, peut-elle être si effrontée dans ses manières ? Et que dire de ses tendances à jurer et à se battre aussi bien que ses guerriers ?



***


Extraits :


À ce moment, Darren sentit son cœur s’arrêter, littéralement. Il se noya dans les plus beaux yeux bleus qu’il lui ait été donné de voir. Il y vit tellement de choses, qu’il se demanda comment les émotions faisaient pour rester prisonnières de cet exquis miroir. Colère, haine, combativité, détermination et un brin de peur pouvaient s’y lire. À cet instant, Darren n’entendit rien de ce qui l’entourait. Seule comptait cette déesse – parce que cette perfection ne pouvait pas être humaine – avec ses longs cheveux aussi noirs qu’une nuit sans lune. Un brin de soleil vint éclairer l’exquise créature, comme pour souligner son caractère divin. Il modifia alors son jugement, ses cheveux avaient des reflets bleus rappelant inévitablement ses prunelles. Comme malgré lui, il revint à ses yeux. Un seul mot parvint à franchir le brouillard qu’était devenu son cerveau : enfin !


— Qui...


Il se stoppa pour se racler la gorge, on aurait dit un puceau face à sa première fille !


— Qui êtes-vous ?


Sa voix sembla sortir la jeune femme de sa torpeur également, elle le fixa comme si elle ne comprenait pas ce qu’il lui disait. Elle réussit à recracher le tissu qui la bâillonnait, puis lui répondit, lui crachant quasiment les mots à la figure :



— Salaud, j’aurai ta peau à toi et tous tes potes !

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EAN13 9791034807079
Langue Français

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Les Mackintosh Tome 1 Un secret à travers le temps
Julie Dauge Les Mackintosh Tome 1 Un secret à travers le temps (Seconde édition) Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire Dirigée parPauline Montsarrat
©Evidence Editions2018
Vous désirez être informé de nos publications. Pour cela il vous suffit de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Prologue Il y a bien longtemps en Écosse Un jour, par un beau matin de printemps, une jeune lle d’une beauté sans pareille se promenait seule dans la forêt, protant des merveilles qu’orait dame Nature. Elle était tellement prise dans ses pensées, qu’elle ne se rendit pas compte qu’elle avait dépassé les limites du territoire de son père, le laird du clan Anderson. Elle déboucha alors sur une clairière magnique abritant en son sein un lac d’une pureté presque irréelle. Alors qu’elle s’était résignée à faire demi-tour avant d’être aperçue sur les terres ennemies appartenant aux MacKintosh, elle entendit un bruit. Elle se gea comme une biche prise au piège d’un chasseur et tenta de découvrir la raison de ce bruit. Elle n’eut pas à chercher longtemps, car un jeune homme émergea presque aussitôt des sous-bois. La jeune femme, qui n’avait pas encore été victime des ares de l’amour, tomba immédiatement sous le charme de ce bel adonis. Il était magnifique et son regard de braise la consuma. De son côté, le jeune homme se demandait qui pouvait être cette déesse. Pour lui, il n’y avait aucun doute que sa beauté ne pouvait s’expliquer que par son caractère divin. Prenant son courage à deux mains, il osa demander à la jeune femme son identité. Cette dernière, n’ayant aucune goutte de duplicité dans le sang, lui répondit alors qu’elle était la lle du laird Anderson. L’homme lui apprit en retour qu’il était le ls du laird MacKintosh. À la lueur de ces informations, tous les deux se rendirent compte de l’impossibilité d’une quelconque relation entre eux. Cependant, comme tout le monde le sait, le cœur a ses raisons que la raison ignore et, bien qu’ils eussent conscience que leur histoire ne pourrait se terminer que dans les pleurs et la douleur, ils n’eurent pas le courage de renoncer l’un à l’autre. C’est ainsi que débuta une idylle interdite et secrète qui aboutit à la conception d’une vie nouvelle. À la découverte de cette bénédiction, le jeune couple fut à la fois fou de joie et d’inquiétude. Tous deux convinrent qu’ils devaient s’enfuir très loin et rapidement pour pouvoir construire un foyer chaleureux pour ce petit être à venir. Malheureusement, nul ne sait comment, mais le père de la jeune femme nit par avoir connaissance de cet amour interdit. Un soir, accompagné d’une poignée de gardes, il suivit sa lle jusqu’au lieu de rencontre. Quand le couple fut dans les bras l’un de l’autre, le laird donna ses ordres et, avant que les deux amoureux n’aient compris ce qui se passait, la jeune femme fut arrachée des bras de son amant et ramenée de force au château sans connaître le sort réservé à son amour. Une fois au château, le père l’insulta copieusement. Il lui demanda comment elle avait pu lui faire cela. Quand la jeune femme lui répondit qu’elle aimait de tout son cœur son amant, il lui rétorqua que cet amour ne ferait pas long feu, surtout qu’à l’heure où il lui parlait, le jeune homme était mort selon les ordres qu’il avait laissés en ce sens. Submergée par le chagrin, sa lle lui répondit qu’elle ne lui pardonnerait jamais son geste et que, malgré ses manigances, son amour perdurerait à travers l’enfant à venir qu’elle portait. En apprenant cela, le laird entra dans une rage noire et ordonna que la jeune femme fût conduite dans sa
chambre en haut de la tour du château où une boisson allait lui être administrée pour se débarrasser de cette abomination. Une fois seule dans la pièce, la jeune femme se dit qu’elle ne pourrait jamais accepter de vivre sans son amour et sans son enfant. Aussi, avant que la boisson ne lui fût apportée, elle décida de rejoindre son âme sœur dans son voyage éternel et sauta du haut de sa fenêtre, se donnant ainsi la mort. Malheureusement, contrairement à ce qu’avait prévu le laird Anderson, le ls de son ennemi avait réussi à échapper aux gardes. Il décida de se rendre au plus vite au château du clan ennemi pour s’enfuir avec sa bien-aimée. Quand il découvrit son corps inanimé au pied de la tour, il ne put retenir un cri de douleur. Prenant le corps dans ses bras avec une douceur traduisant tout son amour, il se rendit au lac pour la pleurer, elle et leur enfant à venir. Il venait à peine de laisser libre cours à son chagrin quand il entendit du bruit. Levant les yeux, il vit apparaître le père de celle qu’il avait déjà considérée comme sa femme. Ce dernier était entouré de gardes. Quand le laird vit le fardeau que le jeune homme avait dans les bras, une lueur de tristesse apparut dans ses yeux, aussitôt remplacée par de la haine. Il accusa alors le jeune homme d’être responsable de la mort sa fille. Ce dernier, ivre de douleur, lui répondit que c’était de sa faute si elle était morte. Il ajouta : 1 — Par la déesse Dana , je vous maudis, vous, laird Anderson, et les vôtres. Qu’aucun de vous ne puisse jamais trouver l’amour, que… Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’il fut transpercé de part en part par la lance du laird. Alors qu’il rendait son dernier sou=e, une jeune femme sembla émerger du lac. Elle était d’une beauté tellement irréelle qu’elle en était douloureuse à regarder. Elle se tourna vers le laird. Rien que ses yeux glacèrent l’homme jusque dans ses os, car, dans ses yeux, il n’y avait aucune trace de chaleur. La femme ouvrit la bouche et scella le destin de l’homme et des siens pour des générations à venir : — Maudit sois-tu, Anderson, pour ton acte ! Personne ne peut se croire au-dessus d’un amour aussi pur et profond que celui-ci. Aussi, un jour, un chef Anderson enfantera la plus belle jeune lle que l’on n’ait jamais vue. Ses yeux seront aussi clairs que l’eau de ce lac, ses cheveux aussi noirs que la nuit, et elle portera sur son corps le symbole de la nuit. Cette femme s’unira avec le chef du clan MacKintosh et entraînera la perte du pouvoir du clan Anderson. Alors, le couple sera vengé. Aussitôt après, la femme disparut. Mais sa prophétie, elle, perdura à travers les temps. ***** Écosse, 4 avril 1488 Keir pestait intérieurement. Il fallait bien sûr que cette stupide femelle mette bas le jour de son anniversaire à lui alors que la salle du banquet était pleine. Résultat, les cris que cette petite sotte douillette ne pouvait s’empêcher de pousser résonnaient dans tout le château. D’ailleurs, on aurait plutôt dit les hurlements, comme si on l’égorgeait. Ce point était pour le moins gênant pour Keir. La femme d’un laird ne devrait-elle pas être plus courageuse face à cette épreuve ? Et d’autant plus la femme du chef du clan Anderson. Le pire était qu’à cause de cette stupide prophétie, voilà que lui aussi devenait fébrile comme une femme, ce qui était tout bonnement inacceptable. Bien évidemment, il ne croyait pas à ces sornettes. Non, les prophéties avaient été inventées de tout temps pour les naïfs oppressés, an que ces derniers croient que tout salut n’est pas perdu. Pour sa part, Keir était de ces hommes qui pensent que l’on forge soi-même son destin à force de coups d’épée. En revanche, l’inquiétude de Keir était due au fait que la plupart des gens présents ce soir étaient, eux,
convaincus de la véracité de cette prophétie. Prophétie qui lui était martelée depuis son plus jeune âge. Il revoyait son père la lui raconter pour la première fois. L’ancien laird disait toujours que tout cela ne serait point arrivé si ces MacKintosh n’étaient pas tous des queutards et les femmes toutes des putains prêtes à soulever leurs jupes à tour de bras. Point de vue que Keir partageait entièrement. Depuis que ce conte de bonnes femmes circulait, à chaque naissance d’un enfant du laird Anderson, tout le monde avait les yeux rivés sur le nouveau-né an de connaître son sexe et ainsi savoir s’il serait celui – ou plutôt celle – qui scellerait l’avenir du clan. Keir fut ramené au présent par un énième hurlement de sa femme. Celui-là fut plus long et plus fort. Puis plus rien. Chaque personne présente dans la salle retint son sou=e. Keir croisa rapidement le regard de son ls, Logan, âgé de douze ans, attablé non loin de lui. Comme les autres convives, il semblait être en attente du sexe du nouveau-né. À travers son regard, Keir souhaitait le rassurer : — Ne t’inquiète pas, ls, semblait lui dire son regard,ton héritage restera tien. Je ne laisserai personne le mettre en péril. Au demeurant, si ce rejeton était une lle, elle ne serait pas la première à ne pas survivre au-delà de quelques jours. Tout le monde sait à quel point un enfant peut être fragile durant ses premiers jours… ***** Helen se sentait à bout de force. Malgré cela, elle ne pouvait pas empêcher la terreur de s’emparer d’elle.Je vous en prie, mon Dieu, faites que ce soit un garçon !Alors qu’une énième contraction lui tordait le ventre, Sacha vint lui éponger le front. — Courage, madame, il approche, ce sera bientôt fini. — J’ai l’impression que cela fait des heures que tu me dis que cet enfant arrive ! Sacha lui sourit. — Oui, mais cette fois, je vois ses cheveux. Helen sentit une grosse contraction venir. En même temps, Sacha lui dit : — Je crois bien que cette fois est la bonne. Poussez de toutes vos forces. À peine avait-elle ni sa phrase qu’Helen sentit une douleur abominable lui vriller le ventre. Elle poussa de toutes ses forces. Les larmes ne cessaient de couler sur ses joues rougies par l’eort. Alors qu’elle poussait un cri à vous glacer d’effroi, un petit cri beaucoup plus aigu, lui, se fit entendre. Helen se laissa tomber sur les oreillers, épuisée. Objectivement, elle devait avouer que son accouchement avait été beaucoup moins douloureux pour son ls Logan. Le nouveau petit Anderson s’était fait plus prier que son aîné. Tandis qu’elle reprenait difficilement son souffle, elle lança un regard implorant à Sacha : — Sacha, je t’en prie, dis-moi que je viens d’avoir un petit garçon. Elle ne voulait en aucun cas avoir une lle. Elle était, comme tout le monde, au courant de cette prophétie. Si, contrairement à son époux, elle ne voyait aucun mal dans cette prédiction, elle savait très bien que si ce petit être ne possédait pas les attributs nécessaires entre ses petites cuisses potelées, il lui arriverait malheur très rapidement. Personne n’en parlait, mais chaque membre du clan, et même au-delà, savait qu’il était curieux que, depuis la connaissance de cette prophétie, aucune petite lle ne fût née d’un laird Anderson. Après avoir nettoyé l’enfant et l’avoir emmailloté dans des langes, Sacha lança à Helen un regard empli de tristesse et de désarroi. Avant même que Sacha n’ouvrît la bouche, Helen sut ce qu’elle allait lui annoncer… — Vous venez d’avoir une magnifique petite fille, madame.
… Ou pas. — Avec une adorable tache sur les fesses. Helen se gea et posa immédiatement les yeux sur le séant de sa lle. Au milieu de sa fesse gauche apparaissait une petite tache en forme de croissant de lune. Sans même avoir besoin d’échanger une parole, les deux femmes eurent la même pensée à la vue de ce petit être avec sa toue de cheveux noirs et cette marque lunaire. Ses yeux seront aussi clairs que l’eau de ce lac, ses cheveux aussi noirs que la nuit et elle portera sur son corps le symbole de la nuit. À cet instant, Helen eut la certitude que si sa lle avait la chance de pouvoir grandir, elle aurait de magniques yeux bleus. Au fur et à mesure que cette idée s’insinuait dans son esprit, Helen sut qu’elle ne pouvait laisser son bébé à son triste sort. Elle fixa Sacha avec un regard implorant et lui dit : — Sacha, nous ne pouvons pas le laisser faire. Je t’en supplie, ne le laisse pas faire de mal à mon bébé. J’en mourrais. — Bien sûr, madame, vous savez que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger ce petit bout. Toutefois, vous avez bien conscience que vous ne pouvez pas la garder auprès de vous ? Le regard hagard, Helen lui répondit : — Oui, oui, je sais. Si n’importe qui voyait cette marque, elle serait en danger de mort. Elle ne sera jamais à l’abri dans ce clan. Et elle ne pouvait supporter de voir sa lle mourir. Même si elle venait juste de naître, cela faisait déjà de longs mois qu’Helen lui parlait, la réconfortait en massant son ventre proéminent. Alors que sa lle venait à peine de respirer l’air de ce monde, qui était d’un danger mortel pour elle, Helen l’aimait déjà plus que sa propre vie. Elle préférait la savoir loin d’elle, mais heureuse et en bonne santé, qu’à ses côtés, mais pour une durée bien trop courte. Elle prit une respiration douloureuse et, forte de sa nouvelle décision, annonça : — Prends-la avec toi, Sacha. Emmène-la loin de moi, ne me dis pas où. Je ne voudrais pas que Keir puisse me soutirer l’information d’une manière ou d’une autre. Pars et ne reviens jamais, sinon il te ferait arrêter et parler sous la torture. Tu sais comme moi qu’il n’est plus raisonnable dès qu’il est question de cette prophétie. — Mais… et vous, madame ? s’enquit Sacha. Il saura forcément ce que vous lui cachez. — Ne t’inquiète pas, je ne dis pas qu’il sera content, mais le fait que mon grand-oncle soit le roi l’empêchera de dépasser les bornes. Helen tremblait en disant ces mots de réconfort à Sacha, car elle-même n’était pas convaincue par ses propos. Elle espérait juste que son époux soit assez maître de lui pour ne pas succomber à la rage qui allait s’emparer de lui. — Sacha, je suis désolée de te demander d’abandonner ce clan, de t’obliger à refaire ta vie, de… — Ne soyez pas bête, la coupa la servante, je vous ai vue naître, mon petit. Depuis cet instant, je n’ai cessé de vous aimer comme mon propre enfant. Je ferai tout pour protéger cette petite. Le regard humide, elle ajouta : — Après tout, ce n’est pas la première fois que je change de clan. En eet, Sacha avait fait le choix de suivre sa maîtresse lorsque cette dernière s’était mariée avec le laird Anderson. Les yeux pleins de larmes qu’elle n’essayait même plus de retenir, Helen lui déclara : — Je ne te remercierai jamais assez. Tu auras été ma plus dèle amie pendant toutes ces années, Sacha. Ta
présence à mes côtés va me manquer à un point que tu ne peux imaginer. Puis, regardant le petit paquet que sa femme de chambre tenait dans ses mains, elle ajouta : — S’il te plaît, avant de partir, laisse-moi la porter quelques instants dans mes bras. Avec un regard compatissant, Sacha lui confia son précieux fardeau. Au moment où Helen posa les yeux sur ce petit être, elle sut qu’une partie d’elle-même, son cœur, partait avec lui. Elle lui passa un doigt tremblant sur sa joue soyeuse. Sa lle la regardait avec des yeux grands ouverts, comme si elle essayait de retenir le plus d’informations possible, avant de voir disparaître sa mère à tout jamais. Helen souhaitait laisser quelque chose à sa lle pour lui montrer, même si elle pensait qu’elle ne le saurait sûrement jamais, qu’elle l’aimait de tout son cœur. Aussi décida-t-elle de lui donner un nom. Tout haut, elle annonça : 2 — Tu t’appelleras Letty . Elle espérait que ce prénom puisse lui apporter ce que sa mère ne pourrait lui donner. Rendant Letty à Sacha, elle lui dit : — Vite, dépêche-toi avant que mon mari ne monte voir ce qu’il en est. Prends la bourse remplie de pièces d’or dans mon bureau derrière toi et pars sans te retourner. Va le plus vite possible et protège mon enfant. Puis, après s’être essuyé le nez, elle ajouta : — Tu vas me manquer, plus que je ne pourrais le dire. — Ne vous inquiétez pas, maîtresse, je prendrai soin d’elle comme de ma propre vie. Elles entendirent alors de l’agitation venant d’en bas. Le temps leur était compté. Se dépêchant, Sacha cala confortablement le bébé dans le creux de son bras. De l’autre main, elle attrapa la bourse et partit vers la porte. Au moment de l’ouvrir, elle lança un dernier regard à sa maîtresse qui avait l’air plus seule que jamais. Celle-ci lui lança un regard implorant et lui dit : — Que Dieu prenne soin de toi et de ma fille ! — Qu’il vous protège aussi, Helen ! Elle partit ensuite rapidement et sans un bruit. ***** Helen vit la porte se refermer et eut l’impression de mourir de l’intérieur. Malheureusement, elle n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Elle avait peu de temps devant elle. Elle devait faire vite pour que tous les éléments soient en place. Elle devait rékéchir vite à la meilleure stratégie pour les protéger, elle et son enfant. Comme toute femme, aussi docile fut-elle face à son mari, lorsqu’il était question de son enfant, elle pouvait devenir le plus redoutable des adversaires auxquels Keir aurait aaire. Il allait apprendre qu’il ne pouvait pas s’en prendre impunément à son bébé. Elle entendit les pas lourds de son mari dans l’escalier. Elle prit une profonde inspiration et se prépara au plus dur combat de sa vie. En montant les marches, Keir eut un mauvais pressentiment. Tout était trop silencieux. Aussi, quand il poussa la porte de la chambre de sa femme, il fut enragé, mais pas surpris de ne pas voir de nouveau-né. — Où est-il ? Où est mon enfant ? tonna-t-il. — Là où vous ne la trouverez jamais, lui répliqua Helen.