Les miracles de Noël : l
576 pages
Français

Les miracles de Noël : l'intégrale

-

Description

Un espoir en cadeau, Tina Beckett
Quelle idiote elle a été ! Furieuse contre elle-même, Annabelle peine à retenir ses larmes. Que lui a-t-il pris de s’abandonner une nouvelle fois entre les bras de Max – l’homme qu’elle a quitté trois ans plus tôt et qu’elle ne comptait jamais revoir ? Ce moment d’égarement, jamais elle ne pourra se le pardonner. Car même si Max est aussi séduisant qu’autrefois, et même si elle l’aime toujours comme au premier jour, les choses n’ont en revanche pas changé : elle ne pourra jamais lui offrir la famille dont il rêve tant…

Une fabuleuse surprise, Kate Hardy
Plus jamais il ne se laissera manipuler par une femme : telle est la promesse que s’est faite Oliver après sa dernière rupture. Aussi voit-il rouge le jour où il apprend qu’Ella O’Brien porte son enfant. Comment cette infirmière, qui travaille sous ses ordres et à laquelle il pensait pouvoir faire confiance, a-t-elle osé le trahir de la sorte ? La nuit qu’ils ont partagée deux mois plus tôt n’était pas un engagement, il avait pourtant été très clair là-dessus ! Résolu à assumer son rôle de père mais désormais incapable de côtoyer Ella, il sait qu’il n’a plus le choix : il la fera transférer dans un autre service… au plus vite.

Une famille pour Charlie, Susanne Hampton 
Le Dr Juliet Turner, sa nouvelle assistante, a vraiment de quoi rendre un homme fou – en plus d’être compétente, elle est belle à couper le souffle. Et, à son grand dam, Charlie n’échappe pas à la règle : le jour où il la voit pour la première fois, il tombe sous le charme… Pourtant, hors de question de se laisser distraire – et encore moins sur son lieu de travail. Charlie a beau sentir son cœur s’emballer à chaque fois qu’il est à côté de Juliet et craquer complètement pour Bea, sa fille de quatre ans, il s’est promis de ne plus jamais avoir de relation avec une femme, lui qui est responsable de la perte de la sienne…

Mariage sous la neige, Scarlet Wilson
À l’instant où le prince Sebastian Montanari pose genou à terre pour lui demander sa main, Sienna manque défaillir. Certes, Sebastian est un homme absolument parfait, et le souvenir de la nuit qu’ils ont partagée quelques mois plus tôt trouble encore son esprit. Mais, hélas, Sienna sait que cette proposition ne fait écho qu’à ce qu’elle vient de révéler à Sebastian : elle porte leur enfant… Dès lors, elle n’a d’autre choix que de refuser. D’abord parce qu’elle sait que Sebastian est promis à une autre femme et surtout – parce qu’elle préfère élever son bébé seule plutôt que de s’enfermer dans un mariage sans amour…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782280393393
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

1.
Max Ainsley se réjouissait d’être de retour au pays , même si c’était dans une ville inconnue. Il ouvrit la porte du cottage et respira à pleins poumons le parfum de cire et de fleurs séchées qui flottait à l’intérieur. Rafraîchissant, comme un baume sur une brûlure. Les six mois qu’il venait de passer dans un pays d’Afrique ravagé par la guerre, à soigner des enfants poussés sur les routes de l’exode, avai ent marqué son âme au fer rouge. Le cortège de souffrances et d’horreurs auxquelles il avait assisté, souvent impuissant, avait épuisé son capital émotionnel ; il se sentait vidé. Ce retour au bercail était censé l’aider à recharger ses batteries et à réfléchir à ce qu’il voulait faire de sa vie. La saison se prêtait aux nouveaux départs. À défaut d’effacer les souvenirs de ce qu’il n’avait pas pu accomplir durant sa mission de médecin humanitaire, les fêtes de Noël lui offriraient un dérivatif. Du moins l’espérait-il. Cela faisait trois ans qu’il fuyait. Peut-être étai t-il temps d’affronter l’inéluctable, de signer enfin ces documents et de tirer un trait sur le passé. Il jeta son sac sur le canapé en cuir, ôta sa parka et inspecta la salle de séjour. Des murs blancs, des meubles qui semblaient confortables, et une minuscule salle à manger en enfilade. Ce n’était pas le grand luxe, mais cela suffirait en attendant de trouver un endroit où poser ses valises pour de bon. Sienna McDonald lui avait envoyé quelques photos de logements proches de l’hôpital, et cette maisonnette, sans véritablement sortir du lot, avait retenu sa préférence en raison du petit jardin privatif qui faisait oublier l’exiguït é de la surface habitable. Ce serait parfait comme pied-à-terre pour quelques mois. Enfin, il pourrait mettre son appartement de Londres en vente, et demander à son avocat de boucler la procédure. Il allait rompre définitivement avec une certaine période sombre de sa vie. Un bout de papier posé sur la table de la salle à manger attira son attention. Son cœur se mit à battre plus vite. « Mais non, imbécile, ce ne peut pas être elle, pou r la bonne raison qu’elle ignore où tu te trouves. » Au cours de ces deux dernières années, elle n’avait pas essayé une seule fois d’avoir de ses nouvelles. Il prit le mot, rédigé sur du papier à lettres rose.
Bienvenue à Cheltenham ! Il y a du lait, du cheddar et du bacon dans le réfrigérateur ; et, dans le placard, du pain, des sucreries et d’autres denrées qui vous permettront de tenir durant le week-end. La ch audière est allumée, le mode d’emploi est noté sur le devant. J’espère que vous êtes prêt à vous retrousser les manches chez Teddy parce que moi, je suis fin prête à partir en congé !
La signature s’assortissait d’une belle boucle stylisée. Des sucreries… Sienna le prenait pour un gamin ou quoi ? Que la chaudière fonctionne était une bonne nouvelle, en revanche. Les premières chutes de neige étaient prévues pour la semaine suivante et les températures n’avaient cessé de dégringoler depuis son arrivée. Après la chaleur du Soudan, son corps avait du mal à se réacclimater à l’hiver anglais.
Il commencerait à travailler le lendemain chez Teddy — le surnom local des services de pédiatrie et de néonatalogie du Royal Cheltenham Ho spital — en remplacement de Sienna McDonald, qui partait en congé maternité. Quelques jours avant son départ de Khartoum, il avait reçu un courrier de cette dernière qui lui di sait de se préparer à « des journées de dingue ». Un virus hivernal faisait des siennes, décimant pat ients et membres du personnel de l’hôpital. Bref, les rescapés étaient débordés et en sous-effectifs. S’il était prêt à travailler ? Oh, que oui ! Tout ce qui détournerait ses pensées de sa vie d’avant et de ses échecs était bon à prendre. Tout s’agençait à merveille. Sienna serait encore l à un moment pour lui montrer les e ficelles, il aurait ainsi le temps de se réhabituer à un hôpital du XXI siècle où le quotidien des chirurgiens ne se résumait pas à des amputations ou à des actes de médecine de guerre. Cela ne signifiait pas pour autant qu’il pourrait se la couler douce chez Teddy. En tant que pédiatre spécialiste en chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, il avait souvent la vie de ses patients entre les mains. Mais au moins, ici, les dégâts ne seraient pas dus à la guerre, ni aux mines antipersonnel ou à la cruauté de leurs semblables. Avec Médecins sans frontières, il avait eu son lot d’horreurs… Comme son esprit s’aventurait vers les ténèbres, il se força à revenir à des préoccupations plus légères. Par exemple à son programme immédiat qui consistait, dans l’ordre, à raser sa barbe de plusieurs semaines, à défaire ses bagages et à se trouver une voiture pour le lendemain. Tout en réfléchissant aux diverses options qui s’offraient à lui pour le véhicule, il se dirigea vers le réfrigérateur. Après avoir mangé un morceau, il serait d’attaque pour affronter l’avenir. Et rompre un à un les liens qui le rattachaient encore au passé.
* * *
Annabelle se fraya un chemin entre les chariots-lits qui attendaient dans le couloir. Le service était plein à craquer, toutes les chambres affichaient complet ; il avait fallu ajouter des lits dans les coins les plus improbables. Le virus saisonnier amenait une foule de malades à l’hôpital tout en le privant des médecins et infirmiers qui avaient succombé à ses attaques. Annabelle était jusqu’à présent passée entre les mailles du filet, mais pour combien de temps encore ? Épuisée, elle jeta un coup d’œil à sa montre. Oh ! non, il lui restait encore six heures à tenir. À la fin de sa garde, elle serait à ramasser à la petite cuillère. Pourtant, malgré les heures supplémentaires et les gardes à rallonge, elle ne regrettait pas son arrivée à Cheltenham l’année précédente. Ella O ’Brien n’avait cessé de la relancer jusqu’à ce qu’elle cède. Son amie avait-elle ainsi voulu la sauver de la dépression et de la spirale infernale qui l’entraînait vers le fond depuis le départ de son mari vers des horizons inconnus ? Quoi qu’il en fût, Annabelle reprenait petit à petit le contrôle de sa vie. Ella ne l’avait pas seulement arrachée à la descente aux enfers, elle lui avait également obtenu un boulot en or : infirmière en chef du service de néonatalogie — son rêve. Annabelle, qui ne pouvait pas concevoir d’enfants, avait ainsi la chance de soigner ceux des autres, de les tenir dans ses bras et de les bercer toute la journée. Cerise sur le gâteau, Ella travaillait à l’étage au -dessous en tant que sage-femme, ce qui leur permettait des pauses en duo et des sorties entre copines après le travail, bref, exactement ce qu’il fallait à Annabelle pour la distraire de ses propres problèmes. Remettant en place une mèche échappée de la longue natte qui lui tombait dans le dos, elle slaloma entre les chariots-lits en direction de la crèche de soins intensifs. Sa patiente suivante l’attendait, une fillette que le personnel avait prénommée Hope. Peu après sa naissance, ce bébé avait été abandonné par sa mère, une toxicomane tout juste sortie de l’enfance. Annabelle s’était d’emblée sentie des affinités avec le petit être qui commençait sa vie avec un si lourd handicap. N’avait-elle pas, elle aussi, été rejetée par la personne qui aurait dû l’aimer inconditionnellement, pour le meilleur et pour le pire, et qui au lieu de cela l’avait quittée en lui brisant le cœur ?
Non. Elle arrangeait la vérité à son avantage. En réalité, c’était elle qui avait rompu. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir le cœur brisé. Une expression galvaudée. Le cœur de Hope, lui, était réellement brisé alors que le sien n’était que meurtri. Très meurtri tout de même, à en juger par le document qui prenait la poussière sur son étagère depuis plus de trois ans. Quand elle faisait le ménage, elle passait le plumeau autour, incapable de toucher l’enveloppe estampillée du sceau de son avocat. L’ouvrir et en lire le contenu était encore une autre histoire. De toute façon, elle le connaissait puisque c’était elle qui avait déposé la demande. Une demande à laquelle Max n’avait jamais daigné répondre. Comme elle passait par le poste infirmier pour prendre connaissance des autres dossiers de sa journée, le téléphone sonna. Drew, l’infirmière assise derrière le bureau, décrocha et fit signe à Annabelle d’approcher tout en s’adressant à son interlocuteur. — Au sujet du bébé abandonné ? Oui, Annabelle est là. Je vous l’envoie. Annabelle sourit, l’esprit ailleurs. La première démarche qu’elle effectuerait après la prononciation de son divorce serait de se débarrasserofficiellementson nom de femme de mariée. Officieusement, c’était déjà fait depuis lo ngtemps puisque plus personne ne l’appelait Ainsley. Après avoir raccroché, Drew se tourna vers elle. — Le Dr McDonald et son remplaçant ont commencé leu r ronde des lits, ils vont examiner Hope. Tu veux bien les informer de l’évolution de son état ? — J’y vais. Annabelle poursuivit son chemin en direction de la grande baie vitrée derrière laquelle se trouvaient les couveuses des bébés prématurés. Elle passa son badge devant le sas et aperçut aussitôt Sienna qui — ventre de femme enceinte oblige — se dandinait vers l’incubateur de Hope. C’était Sienna qui supervisait ses soins en attendant qu’un cœur soit disponible pour la greffe. Un inconnu en blouse blanche la suivait, grand, la silhouette athlétique, les cheveux noirs épais. Quelque chose dans sa manière de bouger serra le cœur d’Annabelle. Non, ce n’était pas possible. Elle secoua la tête. C’était une ressemblance, rien de plus. D’un pas qu’elle voulait assuré, elle s’approcha des deux médecins. Elle était presque arrivée à leur hauteur quand l’inconnu, toujours de dos, souleva le couvercle de l’incubateur et se pencha sur le bébé. — D’après la couleur de sa peau, l’oxygénation ne s’effectue pas correctement, malgré la ventilation artificielle. Annabelle se figea et fixa, horrifiée, le dos de l’homme. Il n’y avait pas d’erreur possible. La voix était reconnaissable entre mille. Max. C’était lui, le remplaçant de Sienna. — Quel est le diagnostic ? demanda-t-il. — Hypoplasie du ventricule gauche, répondit Sienna. Hope est sur la liste d’attente des greffes. — À quelle place dans la liste ? — Hélas, pas suffisamment haut à notre goût. Nous nous faisons tous un sang d’encre pour elle, surtout Annabelle Brookes, l’infirmière qui la suit depuis sa naissance — vous devriez bientôt faire sa connaissance. Ah, justemen t, la voici ! dit Sienna en prenant conscience de sa présence. Annabelle, qui reculait à pas de loup vers la porte, s’arrêta en voyant Max se tourner vers elle. De ses yeux bruns si familiers, il la fixa sans cil ler, comme si elle était une parfaite inconnue. Au secours, c’était un cauchemar ! Elle allait se réveiller… Un instant, elle s’interrogea. Se méprenait-elle su r la situation ? Peut-être n’était-il pas là pour remplacer Sienna mais pour la voir, elle, pour lui dire qu’il avait enfin signé les papiers. Tandis qu’il la cherchait dans les couloirs, il avait entendu parler du bébé abandonné et avait suivi la première personne entrant dans la crèche pour jeter un coup d’œil… Mais alors il n’aurait pas été en blouse blanche, un stéthoscope autour du cou.
— Annabelle, ça va ? demanda Sienna. Tu es toute pâle. — Euh… Je…, marmonna-t-elle sans quitter Max des yeux. D’un calme olympien, il s’écarta de la couveuse et vint vers elle, main tendue. — Je ne savais pas que tu avais quitté Londres. Sienna les regarda à tour de rôle. — Vous vous connaissez ? La bouche de Max se releva en un pli moqueur. — Très bien, même, dit-il en laissant retomber la main. Très bien ? Fut une époque où elle l’avait pensé, à tort. De toute façon, il n’était pas resté suffisamment longtemps dans sa vie pour prétendre bien la connaître. Certes, c’était elle qui lui avait dit de partir. E t il avait obéi, sans protester, sans essayer de la faire changer d’avis ni de se battre pour sauver leur couple. L’air intrigué, Sienna attendait visiblement qu’on l’éclaire. Mais que dire ? Comme Annabelle allait se lancer dans une vague explication, l’alarme du code bleu se déclencha. Tous les yeux se tournèrent vers Hope, allongée immobile dans son incubateur. C’était l’oxymètre de pouls. Hope ne respirait plus ! — Vite, le chariot de réanimation ! dit Max à Sienna. La peau du bébé prenait une teinte encore plus inqu iétante, bleuâtre par endroits — un bleu souligné par le blanc de la couche qui paraissait énorme sur le minuscule corps. Oh, non, ma puce. Ne t’en va pas alors que nous commençons juste à nous connaître. Les services sociaux avaient chargé Annabelle de veiller sur Hope durant son séjour en soins intensifs de néonatalogie. La mère avait déclaré une fausse identité à son arrivée à la maternité, il était impossible de retrouver la famille du bébé. Bref, ce bout de chou n’avait absolument personne au monde. La solitude, Annabelle connaissait. C’était elle qui avait chassé Max du domicile conjugal, soit, mais jamais elle n’aurait agi ainsi sans l’ultimatum qu’il lui avait posé. Et qu’elle n’avait pu se résoudre à accepter. L’heure n’était pas à ressasser le passé. Ce bébé q ui luttait pour vivre méritait son attention pleine et entière. Max ôta le couvercle de la couveuse puis échangea u n regard grave avec Sienna, qui hocha la tête en réponse. Ces deux-là semblaient sur la même longueur d’onde. — Il faut l’intuber. Annabelle enfila des gants en latex et ouvrit le kit d’intubation trachéale. À cet instant, deux autres infirmières accoururent dans la salle e t se positionnèrent autour de Hope, chacune parfaitement au fait de sa mission. Un ballet bien rodé. Et une première de mauvais augure pour Hope. Debout à côté de Max, Annabelle lui tendait les instruments qu’il demandait comme s’il était un médecin lambda. Leur passif n’existait pas pour le moment. Seule comptait la petite Hope. De mains qui ne tremblaient pas, Max inséra le tube endotrachéal dans la gorge de l’enfant. Sur son visage, qu’elle aurait pu dessiner les yeux fermés, se lisait une concentration extrême. Il relia la canule au ventilateur artificiel et, au ssitôt, la minuscule poitrine de Hope se souleva tandis que l’alarme s’arrêtait, remplacée par les bips-bips du moniteur cardiaque. Le cœur malade avait recommencé à battre. Mais pour combien de temps ? Heureusement, ils n’avaient pas eu besoin du défibrillateur et des chocs électriques — cette solution ô combien brutale n’était employée pour un nouveau-né qu’en tout dernier recours. La petite Hope recevait déjà de la prostaglandine pour pallier la défaillance du shunt artérioveineux, ainsi qu’un mélange de monoxyde d’a zote et d’oxygène pour combattre l’hypoxie et aider l’oxygène à se diffuser jusqu’au bout de ses membres. Malgré cela, ses mains et ses pieds conservaient la teinte bleuâtre caractéristique de la cyanose. En l’absence de greffe, son état ne ferait qu’empirer. — Le rythme systolique est revenu. Un semblant de rythme. Faible, irrégulier. Hope était loin d’être tirée d’affaire.