Les Pouvoirs du Temps

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Après un voyage assez bien commencé et malgré quelques incidents, Ludwig et Ludvine ont fait un choix qui va leur coûter cher. Séparés par une forte décharge électrique lorsqu’ils se touchent, ils apprendront que tout est lié à cette demande en mariage illégale, à cause des règles imposées par les anciens.


Ludvine, sans protection, se fera enlever par un homme que personne ne connaît. Ludwig, sa famille, ainsi que la mère de sa bien-aimée partiront dans une aventure de sauvetage pour la retrouver.


Ils avaient tout pour vivre pleinement leur amour sincère, mais n’avaient pas prévu que la Roue de Fortune ne tournerait pas en leur faveur !


***

Extrait :


Mercredi 23 juin, cela fait déjà sept jours que ma bien-aimée a été enlevée. Une nouvelle semaine qui commence mal... Nul ne connaît la personne qui a fait cela et tous se posent la même question : pourquoi ? La mère de Ludvine a porté plainte à la police pour l’enlèvement de sa fille, de fait, notre escapade en Allemagne a été raccourcie. Nous n’avons pas pu profiter, de cette fin de voyage pour finir notre compétition, ni du concours de beauté.
Nous sommes tous rentrés en France chez nos parents, pour le bien-être de tout le monde, et je ne vais pas m’en plaindre. Pour la peine, je m’octroie des vacances anticipées, car mon chagrin ne cesse de se multiplier depuis que celle que j’aime a disparu. Je n’en reviens toujours pas d’avoir failli à mon rôle de protecteur envers ma bien-aimée. Elle, qui a su prendre soin de moi et qui m’a aidé à ne pas perdre pied lors de notre problème de mariage illégal, n’a même pas pu avoir le retour qu’elle méritait. Je n’ai pas été à la hauteur du tout quand cet homme l’a enlevée, je suis lamentable...
Auparavant, je ne pensais pas en être digne, mais à présent, j’en suis plus que convaincu. L’annonce de la disparition de Lud à sa mère a été bouleversante et, parallèlement, surprenante... Madame Borsko est une sorcière. Qui l’aurait cru ? Certainement pas moi, étant donné que sa fille n’a aucune capacité et que, apparemment, elle n’est au courant de rien non plus...
Madame Borsko nous a expliqué qu’elle lui a annihilé ses dons lorsqu’elle était bébé. Ma tante et mon père ont émis un doute sur cette partie ; les pouvoirs de Lud, d’après eux, seul un sorcier ou une sorcière, même déchus de ses pouvoirs, est capable de passer la barrière élémentaire : cette bulle que j’avais formée pour lancer mon incantation sur les mortels...
« Oh mon Dieu ! Comment vais-je faire pour la retrouver ? Je ne sais même pas par où commencer... »
Madame Borsko est restée très sympa avec moi, malgré mon échec à protéger sa fille, elle m’a affirmé qu’elle ne m’en voulait pas. Non, mais si elle savait que je l’ai épousée sans faire exprès, elle aurait été moins conciliante... Elle se doutait qu’un jour cela se produirait, mais elle ne comprend pas pourquoi c’était arrivé maintenant. Comme elle avait marmonné, « j’ai dû louper quelque chose dans l’incantation ! »
D’ailleurs, c’est à partir de là que tatie et moi avons deviné qu’elle était une sorcière.

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EAN13 9791034804894
Langue Français

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DestinéeTomeII
EmyLie DestinéeTomeII WAHRHEIT Couverture :Néro Publié dans laCollection Imaginaire, Dirigée parPauline M onsarrat
©Evidence Editions2018
Prologue ‘Ludwig’ Mercredi 23 juin, cela fait déjà sept jours que ma bien-aimée a été enlevée. Une nouvelle semaine qui commence mal… Nul ne connaît la personne qui a fait cela et tous se posent la même question : pourquoi ? La mère de Ludvine a porté plainte à la police pour l’enlèvement de sa (lle, de fait, notre escapade en Allemagne a été raccourcie. Nous n’avons pas pu pro(ter, de cette (n de voyage pour (nir notre compétition, ni du concours de beauté. Nous sommes tous rentrés en France chez nos parents, pour le bien-être de tout le monde, et je ne vais pas m’en plaindre. Pour la peine, je m’octroie des vacances anticipées, car mon chagrin ne cesse de se multiplier depuis que celle que j’aime a disparu. Je n’en reviens toujours pas d’avoir failli à mon rôle de protecteur envers ma bien-aimée. Elle, qui a su prendre soin de moi et qui m’a aidé à ne pas perdre pied lors de notre problème de mariage illégal, n’a même pas pu avoir le retour qu’elle méritait. Je n’ai pas été à la hauteur du tout quand cet homme l’a enlevée, je suis lamentable… Auparavant, je ne pensais pas en être digne, mais à présent, j’en suis plus que convaincu. L’annonce de la disparition de Lud à sa mère a été bouleversante et, parallèlement, surprenante… Madame Borsko est une sorcière. Qui l’aurait cru ? Certainement pas moi, étant donné que sa (lle n’a aucune capacité et que, apparemment, elle n’est au courant de rien non plus… Madame Borsko nous a expliqué qu’elle lui a annihilé ses dons lorsqu’elle était bébé. Ma tante et mon père ont émis un doute sur cette partie ; les pouvoirs de Lud, d’après eux, seul un sorcier ou une sorcière, même déchus de ses pouvoirs, est capable de passer la barrière élémentaire : cette bulle que j’avais formée pour lancer mon incantation sur les mortels… «Oh mon Dieu ! Comment vais-je faire pour la retrouver ? Je ne sais même pas par où commencer…» Madame Borsko est restée très sympa avec moi, malgré mon échec à protéger sa (lle, elle m’a a<rmé qu’elle ne m’en voulait pas.Non, mais si elle savait que je l’ai épousée sans faire exprès, elle aurait été moins conciliante…Elle se doutait qu’un jour cela se produirait, mais elle ne comprend pas pourquoi c’est arrivé maintenant. Comme elle avait marmonné, « j’ai dû louper quelque chose dans l’incantation !». D’ailleurs, c’est à partir de là que tatie et moi avons deviné qu’elle était une sorcière. Produire… Pourquoi ? Est-elle au courant d’une chose dont elle ne veut pas nous faire part ? J’en suis convaincu… Peut-être qu’elle en a parlé à ma famille et qu’ils ne désirent pas en discuter avec moi, c’est tout à fait possible, avec les parents, nous ne sommes à l’abri de rien. Ils aiment bien nous mentir quand cela les arrange. «Oh Lud ! Si tu savais combien je regrette de ne pas avoir réussi à te garder auprès de moi…» La nuit où nos Destins se sont assemblés, nos mains étaient liées. Notre avenir est à présent tout tracé, mais saurons-nous en profiter ? À toi mon amour, ma Destinée ! Ludwig.
Chapitre 1 — Ludwig ! — Non !!! émis-je en me réveillant en sursaut à cause d’un horrible cauchemar. J’avais l’impression que mon âme survolait la prison où se trouve ma bien-aimée. Je la voyais attachée par des chaînes aux pieds, criant pour que cet homme la relâche avant de m’appeler. Nul ne peut avoir une âme volante, d’où le fait que je sois persuadé que c’est un mauvais rêve. Enfin, je l’espère vraiment… Madame Borsko entre en élevant la voix dans ma chambre, je ne comprends pas ce qu’elle me baragouine. À vrai dire, le seul mot que je réussis à déchi0rer entre ses hurlements est le mot « marié». Cela va être ma fête, mon père a dû lui annoncer de ce que Lud et moi avons fait… — Qu’as-tu fait avec ma fille, petit vaurien ! vocifère-t-elle en se penchant au-dessus de mon lit. — Rien de malintentionné, madame, lui réponds-je en frottant mes yeux. Je suis amoureux de Lud et je lui ai fait la promesse de l’épouser, sauf qu’il y a eu un problème lors de ce petit moment de passion entre nous. — Tu mériterais d’être puni, Ludwig ! Elle n’est même pas majeure ! — Mais madame, nous le sommes déjà, et cela me —nous— fait du mal ! Si je la touche ou l’embrasse, nous sommes écartés par une décharge électrique ! À vrai dire, je pense qu’elle n’écoute pas une seule de mes réponses, ça ne sert à rien de continuer cet échange entre un mur et un muet. — Pourquoi as-tu fait ça à ma fille ! me demande-t-elle encore une fois. — Mais qu’ai-je fait de mal ? Dites-moi ! Parce que là, je ne vois pas de quoi vous parlez. Elle expire en tournant sur elle-même, s’approche de moi et lâche les yeux brunis par les larmes : — C’est de ta faute, si cet homme l’a enlevée ! Ces perles salées coulent enn le long de ses joues et elle part telle une furie à peine sa phrase nie. Comment peut-elle me dire cela juste parce que j’ai épousé Lud ? C’est injuste. Je n’ai pas fait exprès, je n’avais pas l’intention de déclencher tout ceci ! Elle ne sait pas ce qu’elle dit, elle doit perdre pied. Je m’en veux déjà bien assez comme ça, alors si en plus elle me fait des reproches, je ne suis pas près de m’en remettre… Tout ça à cause de ces phrases que nous nous sommes dites. D’ailleurs, pourquoi avec autant d’exactitude, alors qu’aucun de nous deux ne les connaissait ? J’expire longuement, me lève et me dirige vers la cuisine, ma mère y est en train de préparer le repas de midi, je la rejoins et l’interroge : — Maman, pourquoi Madame Borsko me dit que c’est de ma faute si Lud a été enlevée, alors que, hier, elle me soutenait le contraire ? — Je ne sais pas si tu es prêt à l’entendre, mon chéri ! Je m’en doutais, mes parents sont bien au courant de quelque chose. Ça craint. — M’am, je suis majeur et marié ! Il fallait bien que j’essaie. — Ludwig Freudleur, je t’interdis d’élever la voix sur moi, pour qui te prends-tu ? — Excuse-moi maman, je suis désolé… mais je veux la vérité, tu peux bien me comprendre, non ?
— D’accord ! Et puis je te dois bien ça. Après tout, cela ne serait pas arrivé si ton père et moi t’avions expliqué la démarche à suivre pour le mariage. — Je ne vous en veux pas, mais il est vrai que vous auriez dû m’en parler. Elle s’approche de moi, m’embrasse sur la tête avant de s’asseoir sur la chaise de la cuisine et commence son récit. À présent, je saisis mieux pourquoi madame Borsko m’en veut autant… Ma bien-aimée est issue d’un couple de sorciers, ce n’est pas encore la même situation que moi, qui suis un sang croisé — né d’un père sorcier et d’une mère mortelle. Lud a deux parents enchanteurs ce qui fait d’elle un sang pur. Ce qui reste très exceptionnel, parce qu’en règle générale, les êtres magiques ne se fréquentent pas entre eux. Nous avons tous une petite soif excessive de pouvoir et nous préférons nous combattre plutôt que de nous accoupler. D’après la mère de Lud, son géniteur est du côté du mal. Sauf qu’il n’a pas toujours été de ce côté, il est passé maléfique après la naissance de leur fille et, de ce fait, sa mère a jeté un sort sur elle afin qu’il ne la retrouve pas. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que cet enchantement aurait dû être levé le jour de son mariage, grâce à son mari capable de prendre la relève afin de la défendre contre son paternel. Là, plus rien ne va. Je comprends à présent pourquoi, et par qui, Lud a été enlevée. Sa protection ayant été supprimée lors de notre mariage illégal, son père a pu mettre la main dessus et s’en emparer. Lui, ou un de ses sbires, je ne peux le dire pour le moment, étant donné que je ne connais pas l’homme qui a embarqué Lud. Madame Borsko a donc raison, c’est bien à cause de moi que c’est arrivé… — Maman, je n’étais vraiment pas au courant, sinon je n’aurais jamais fait ça. — Je le sais, mon chéri, mais il faut laisser le temps à Abby de se remettre de ses émotions. Elle nira par se calmer, ne t’en fais pas. — Non, mais… est-ce que quelqu’un ici, a au moins pensé une seule fois à ce que moi j’éprouve ? Je l’aime, maman, personne n’a l’air de me croire ! — Si ! Moi, je te crois ! surgit tout à coup de la bouche d’une personne dans le couloir… Loïs. Loïs est ma grande sœur, elle a cinq ans de plus que moi et a le pouvoir de ressentir les émotions ou de les voir. Qui sait, peut-être les deux ? — Je ne sais pas trop comment fonctionne son don, — d’où le fait qu’elle croit ce que je dis à propos de mes sentiments. — Loïs, tu m’as tellement manqué ! m’exclamé-je en me jetant dans ses bras pour l’enlacer. Où étais-tu partie ? Je n’ai pas eu le temps de te parler quand Lud a disparu ! — En Angleterre, tête de piaf! Tu m’as manqué aussi, m’avoue-t-elle, en me serrant très fort contre elle. J’ai dû faire quelques recherches en catastrophe, c’est pour ça. Je suis désolée de m’être sauvée comme une voleuse ! Tête de piaf, c’est le surnom qu’elle me donne déjà depuis dix ans. Eh oui, je ne la vois plus très souvent, mais rien ne change entre elle et moi. — Moi, je crois en tes sentiments pour cette fille, Ludwig. — Tu dois bien être la seule alors… dis-je en repoussant mes cheveux d’une main. — Maman, est-ce que vous avez essayé de la rechercher avec le pendule et un objet qui lui appartient ? — Non ma chérie, sa mère ne veut pas de notre aide — Eh bien, parce qu’elle ne veut pas, tu lui obéis ? — Oui, pourquoi en serait-ce autrement ? — C’est de la vie d’une fille dont on parle ! — Et alors ? — Hein ? Mais maman, elle est comme nous !
— Justement ! Et comme tu me le dis si bien et souvent, je suis une mortelle, je ne peux donc rien faire pour vous ni pour elle. — Je ne comprends pas ce qu’elle a, me bredouille Loïs tout bas, jamais elle n’a réagi ainsi auparavant ! Je perds patience face à la réaction nonchalante de ma mère. Quelquefois, elle a le don — oui, même sans pouvoir — elle a le don d’énerver les gens… mais jamais, depuis que je suis en âge de saisir le sens des mots, je n’ai jamais vu ma mère se soumettre à des ordres… — Viens avec moi, tête de piaf, on va parler ! Nous partons en direction de ma chambre. Je ferme la porte à clef, une fois que nous sommes à l’intérieur, Loïs se jette dans mon lit. Les jambes croisées, les mains derrière la tête, elle me lâche : — Téléphone à Gabriel. — Pourquoi ? — Fais-le, tu verras après ! J’expire longuement et compose son numéro… «cousin, dis, j’ai Loïs avec moi, elle veut que tu nous rejoignes à la maison… Maintenant… Salut Débrouille-toi avec elle… Oui, à tout de suite». Trois minutes plus tard, Gabriel s’exclame enfin : — Salut la compagnie, vous allez bien ? — C’est à toi qu’il faut poser la question, ton âme est triste, que se passe-t-il ? — Rien d’important, cousine, ne t’inquiète pas. — Comment se fait-il que Lana ne soit pas avec toi ? Je crois que je viens de faire une ga0e. Son regard meurtri se pose sur moi et je vois de la tristesse se dégager de ses yeux…Zut, j’aurais mieux fait de me taire. — Que me voulez-vous ? rétorque-t-il sans répondre à ma question. — On a besoin de toi pour retrouver Lud. — Ce que j’ai toujours adoré chez toi, cousine, c’est ta franchise. Et tu n’as pas changé, mais je n’ai pas le moral pour faire quoi que ce soit pour le moment. — Tu devrais, cela te ferait du bien, ça te permettrait de penser à autre chose qu’à elle… insiste Loïs. — Je ne sais pas… — S’il te plaît ! le supplié-je. — Bon, seulement pour te faire plaisir, parce que je n’ai vraiment pas envie. — Tu as des potions de téléportation sur toi ? — Oui, cousine. — Alors, emmène-nous chez tatie Gaëlle ! — Aussi loin ? — Oui, c’est la seule qui voudra bien nous aider. Sur ce coup, ma sœur n’a pas tort. Je ne cesserai jamais de le répéter. Sur une grille de mots croisés, ce que représente ma tante serait écrit de cette façon : être à la hauteur en sept lettres horizontales : A.S.S.U.R.E.R. ! Gabriel nous téléporte chez tatie Gaëlle. Nous arrivons en un éclair dans sa cuisine, juste devant elle. Effarée par notre arrivée, elle en pousse un cri de peur. — Ah !!! mais vous êtes fous ! Qu’est-ce qui vous prend, de débouler comme ça, ici, à l’improviste ? — Excuse-nous tatie, dit Loïs, mais on a vraiment besoin de toi ! — Ah non, encore ! Je suis obligée d’accepter ? prononce-t-elle, les mains sur les hanches. — Tatie Gaëlle, c’est pour Lud, maman refuse de faire des recherches, car Abby le lui a défendu !
— Ta mère ne veut pas ? Ça me paraît louche, ton père ne lui aurait pas jeté un sort par hasard ? — Il nous l’a toujours interdit à nous de le faire sur des non-sorciers, pourquoi l’aurait-il fait ? répond Loïs surprise par la question de notre tante. — Tu sais, ma chérie, ton père est gentil, mais il ne veut pas la mettre en danger, aussi forte qu’elle soit, avec nos histoires abracadabrantes. — Je comprends mieux pourquoi je ne la reconnais pas, mais pourquoi papa l’en empêche ? Ma petite copine m’aide parfois et elle se porte bien ! — Eh bien, tu ne devrais pas la laisser faire, tu risques de le regretter si un jour ça tourne mal. — Bon, les filles, vous avez assez papoté ! Tu nous aides ou pas, tatie ? — Lulu, combien de fois t’ai-je dit de ne pas me parler ainsi ? — Elle a raison, tête de piaf, prononce Loïs en me tapant d’une tape derrière la tête. N’oublie pas que nous sommes plus âgées, tu nous dois le respect ! Je lève les yeux au ciel. Ah les nanas, je vous jure ! Qu’est-ce qu’elles peuvent être chiantes quand elles s’y mettent ! — Non, mais c’est vrai, vous ne cessez de papoter alors qu’il y a d’autres choses plus importantes à faire ! — Ah ouais ? Et quoi qu’on ne sache déjà ? me questionne Gaëlle. — Euh… bah, euh… aide-moi, Gabriel ! — Débrouille-toi, cousin, tu t’es fourré toi-même dans ce pétrin ! — Traître ! lui lâché-je ironiquement. Bon, je m’incline ! Bien sûr que non, que je ne leur en veux pas, et elles peuvent bien se permettre de me taquiner, vu qu’elles vont m’aider ! Ma chérie, ô combien tu me manques ! Tatie prend la décision de venir avec nous chez maman, comme elle nit de me dire : « ce sera plus simple pour avoir des nouvelles d’Abby». Nous voilà de retour à la maison, ma tante passe le pas de la porte en criant « surprise ! », au point que ma mère, qui est extrêmement maladroite quand elle a peur, en l’entendant crier, fait tomber le plat de macaronis au fromage… Non, mais quel sacrilège elle a commis là ! — Que viens-tu faire par ici, Gaëlle ? Ne me dis pas que tu vas aider ces gosses à faire ce que je ne veux pas qu’ils fassent ? prétend-elle en attrapant le balai. — Mais non, belle-sœur. Tu sais très bien que jamais je n’oserais faire ça ! répond-elle platoniquement. Je viens seulement passer quelques vacances avec la famille ! Doutes-tu de moi à ce point ? — À ton avis ? grogne-t-elle un sourcil arqué, un bras qui maintient le manche à balai, l’autre sur sa taille. — Je te promets que cela n’a rien à voir, se défend-elle avec un air de chien battu. Mais maman sait très bien que, si tatie est dans les parages, ce n’est pas pour rien. Comme elle dit si bien en parlant d’elle, « c’est une adulte avec une âme d’enfant». C’est peut-être bien pour ça qu’elle et moi nous entendions si bien ! — Alors, j’ai de la chance cette année, recevoir la visite de ma lle et ma belle-sœur en même temps, qui l’aurait cru ? Elle n’a pas tort sur ce coup. Loïs ne revient qu’une fois par an et tatie Gaëlle qui, d’habitude, est toujours très occupée par son travail, a pu se libérer sans encombre, et plus d’une fois en quelques semaines après ses vacances… — Mon neveu préféré, je m’autorise à dormir dans ta piaule, tu ne m’en veux pas ? — Ai-je vraiment le choix, de toute façon ?
— Non, Lulu. C’est bien pour ça que je t’ai dit « je m’autorise ». — Tu n’as qu’à prendre mon ancienne chambre, tête de piaf, j’irai me pieuter avec tatie dans ton super lit double ! — Tant qu’à faire, au moins je ne serai pas dans le canapé ! Et tant mieux ! Je ne peux plus dormir sur un divan. J’ai très peu utilisé celui de tatie Gaëlle, mais il était tellement inconfortable que j’en ai encore mal au dos ! Pour me changer les idées, je décide de partir chez Éden. Lui aussi a été bouleversé par la disparition de Lud, mais il me permet de tenir bon en me soutenant du mieux qu’il peut ! Je ne l’ai pas revu depuis que nous sommes rentrés en France. D’ailleurs, ça me fait penser qu’il faut que je lui dise que ma copine est une sorcière de sang pur ! Je ris déjà de la tête qu’il va faire. Avant de partir, je questionne mon cousin : — Gabriel, tu restes dormir ici ? — Ouais, si tu veux. Je file chercher quelques affaires chez ma mère et vous rejoins en fin de journée. — Ça marche, pendant ce temps, je passe voir Éden. J’embarque mon vélo et sors de chez moi rapidement. Je ne veux pas que ma mère m’intercepte et qu’elle m’empêche de partir. Depuis cette histoire, elle a du mal à me laisser vadrouiller seul dans la rue. Eh oui ! même à dix-huit ans, ma mère croit que je suis un vrai bébé… À réÔéchir et pédaler en même temps, j’arrive chez mon pote au bout de quarante minutes, alors que, d’habitude, j’en mets à peine trente. La mère d’Éden me laisse entrer et m’envoie directement vers la chambre de son fils. — Ludwig, comment vas-tu ? m’interroge mon meilleur ami. — Bof, je tourne en rond, je ne sais vraiment pas quoi faire… Et Nina, tu as eu des nouvelles ? — Oui, je reviens de chez elle et elle ne va pas bien du tout, elle ne fait que pleurer. — Pouah ! C’est trop dur à supporter, grommelé-je, en m’a0alant sur son lit. Après quelques secondes de blanc, je reprends la conversation : Éden, j’ai quelque chose à t’avouer. — Vas-y, je t’écoute ! — Tu connais un peu comment ça marche chez les sorciers, depuis le temps que tu traînes avec moi. — Oui, et ? — Tu sais qu’il y en a deux sortes, les sangs purs et les sangs croisés. — Oui, mais les sangs purs sont rares, si je me rappelle bien. — C’est bien ça, eh bien, Lud en est une ! — T’es sérieux ? De sang croisé ? — Oui et non, elle est de sang pur, mais sa mère l’a déchue de ses pouvoirs lorsqu’elle était bébé. — Quoi ? Pourquoi ? — À cause de son père, il a dévié du côté du mal et pour protéger leur lle, sa mère lui a lancé un sort pour qu’il ne la retrouve pas afin la détourner de ses choix. — Et tu crois que son enlèvement vient de son père ? — Je ne le crois pas, j’en suis sûr, étant donné que c’est moi qui ai permis à son paternel l’enlever. — Comment ? — En l’épousant illégalement. — Quoi ? Quand ? — La veille de sa disparition… La mère de Lud a expliqué à mes parents que le sort qu’elle avait jeté sur sa lle ne se lèverait que lorsqu’elle se marierait. Ce que nous avons fait, sans le vouloir et sans en connaître les