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Les sorcières et la nuit de la terreur

De
153 pages
Bethany Salem est une adolescente de 16 ans assez normale, sauf sur un point… c’est une sorcière! Lorsque Bethany «voit» un meurtre avant qu’il ne se produise, en même temps qu’une mystérieuse femme avec un troisième oeil dont l’image se réfléchit constamment dans des miroirs et du verre, elle et les autres membres du cercle des sorcières décident d’enquêter. Ensemble, ils sont attirés dans un sombre univers d’illusions et de secrets, de meurtre et de magie, où rien n’est tel qu’il paraît l’être de prime abord… et où personne n’est en sécurité.
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Traduit de l’anglais par Renée Thivierge
Copyright © 2001 Silver RavenWolf Titre original anglais : Witches’ Night Out Copyright © 2012 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Llewellyn Publications, Woodbury, MN, www.llewellyn.com Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Renée Thivierge Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Suzanne Turcotte, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Tho Quan Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89667-529-6 ISBN PDF numérique 978-2-89683-318-4 ISBN ePub 978-2-89683-319-1 Première impression : 2012 Dépôt légal : 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. RavenWolf, Silver, 1956-Les sorcières et la nuit de la terreur (Sorcières et frissons; 2) Traduction de : Witches’ Night of Fear. Pour les jeunes. ISBN 978-2-89667-529-6 I. Thivierge, Renée, 1942- . II. Titre. PZ23.R38Sor 2012 j813’.54 C2011-942701-X Version ePub: www.Amomis.com
Ce livre est dédié à Wilhelmina Keefer ; sans ses doux enseignements, je n’aurais jamais survécu à mes années d’adolescence.
CHAPITRE1 Valet de Cœur : Utilisez la magye es squelettes au regard libidineux, des citrouilles rieuses et de la musique forte Ucommencèrent à s’estomper, le tout nageant dans la plus bizarre des sensations. Bethany Salem cligna des yeux et hocha la tête, songeant qu’il faisait trop chaud dans l’immense salle familiale de Vanessa Peters ; peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’elle n’aurait pas dû. Ûn empoisonnement alimentaire peut vous faire halluciner. Uans la pièce, la musique d’Halloween retentissait des haut-parleurs dissimulés, et un groupe de jeunes dansaient le limbo avec un balai tenu par un loup-garou et une bergère. Sa meilleure amie, Tillie Alexander, se laissa choir près d’elle sur le sofa, parlant à n’en plus finir des extraordinaires décorations, de la fantastique nourriture de traiteur et du coût de cette fête. Son costume doré chatoyait et rayonnait dans l’éclairage tamisé alors qu’elle déposait un jeu de tarot usé dans un petit sac doré décoré de perles. Bethany commençait à avoir la bouche sèche et elle avait l’impression que sa langue était cimentée à la voûte de son palais. Elle respirait à petits halètements, son rythme cardiaque s’accélérant. Tillie ne sembla pas le remarquer et se retourna pour parler à quelqu’un d’autre, agitant avec expression le sac doré dans les airs en même temps qu’elle bavardait. La vision naturelle de Bethany fut réduite à un point d’épingle, complètement remplacée par une sorte de vision psychique. Ses doigts s’agrippèrent à l’encolure de son costume, les perles orange et noir se prenant brièvement sous ses ongles, mais personne ne remarqua ce qui lui arrivait. C’était comme si une partie d’elle flottait quelque part dans les airs, son esprit observant une nouvelle scène dans une sorte d’accéléré bizarre. Elle ne se trouvait plus dans la fête d’Halloween d’adolescents la plus huppée de Cedar Crest. Où était-elle ? Elle ne pouvait plus sentir son corps physique. L’expérience ressemblait à un mauvais film d’horreur, le genre de film où vous hurlez à la fille sur l’écran de s’enfuir en courant. Sauf qu’elle était incapable de crier. Sa langue refusait de lui obéir, et elle ne pouvait aller nulle part. Il n’y avait plus de fête. Plus de Tillie. Elle se trouvait dans un endroit surréaliste où elle flottait librement dans l’air, et l’homme en dessous d’elle avait un pistolet. L’homme leva son arme. La scène se figea, comme une bande vidéo sur pause. Elle vit la saleté aux extrémités de sa bouche, comme s’il venait tout juste de manger une barre de chocolat, mais le reste de son visage était obscurci. Ûne ombre ? Non, un masque. Ûn de ces masques noirs qui ne couvrent que la région autour des yeux et l’arête du nez. Ûn bandana criard à petits pois rouge et blanc recouvrait sa chevelure. Il lui rappelait un gros pirate sale, sauf que le gras était du rembourrage, elle en était certaine. Séquence figée. Les yeux bleu vif de la femme s’ouvrirent de surprise, dénués d’espoir. Paralysée. La détonation du pistolet — un son allongé et vide qui chantait dans l’air, comme si la balle était passée à un millimètre de l’oreille de Bethany alors qu’il perçait tout droit le cœur de la femme. Le mur jaune derrière la victime, qui s’écroula, était extrêmement brillant ; sa tête se balança brusquement, ses bras fléchirent et se replièrent, rappelant un pavot blanc en train de faner, avec un centre éclaboussé de cramoisi. Ûne autre femme plus âgée, à la peau foncée, apparut. La scène commença à s’estomper, les bords se troublant sans fondre complètement. La silhouette ratatinée pencha la tête en même temps que les longues mèches folles de ses cheveux noirs brillaient de bandes blanches, des touffes de cheveux en cordées, comme si elle
venait juste de tourner des boucles dans un moment d’ennui. Elle fixait Bethany avec des yeux noir profond dont l’iris était à peine tacheté d’un bleu glacier. Bethany ne pouvait bouger. Le pirate assassin ne bougeait pas, non plus. Et de toute évidence, la femme sur le plancher demeurait figée dans la mort. La vieille femme pointa un doigt sombre et noueux à son propre front tanné par l’âge et sillonné de fines rides tortueuses. Lentement, un troisième œil apparut sous son doigt, qui s’agitait. L’œil brillait d’une lumière bleue intérieure. — Vous pouvez voir, dit la femme en continuant de pointer le troisième œil. Vous avez le don. Vous devez l’employer avec sagesse. C’est l’éveil. Avec le temps, votre don s’amplifiera. Ne me décevez pas. Le cœur de Bethany pompa son sang d’un mouvement erratique à travers ses veines. — Hé, reviens vers nous ! hurla Tillie par-dessus la cadence rythmée de la musique. Bethany fit un mouvement brusque de la tête, se concentrant sur le visage souriant de son amie. Elle était revenue à la fête, la scène de meurtre s’étant alors estompée. Elle soupira de soulagement, ne s’étant pas rendu compte qu’elle avait retenu son souffle. — Es-tu restée assise ici tout le temps où j’étais partie ? demanda Tillie. Bethany ouvrit et ferma la bouche. — Tu étais partie ? finit-elle par dire. — Pendant environ 15 minutes, mon amie. Tillie se laissa choir à côté d’elle sur le canapé, lançant le sac doré perlé sur la table basse. — Je suis contente que tu aies gardé ma place. Juste à côté de la nourriture. Elle fit claquer ses lèvres luisantes. — Nous sommes censées prendre du bon temps, tu sais, lui rappela Tillie, penchant la tête et trempant ses doigts foncés dans un bol de maïs soufflé au beurre. Qu’est-ce qui se passe avec toi ? On dirait que tu as vu un fantôme ou quelque chose de semblable. — Ou quelque chose de semblable, marmonna Bethany, lançant à son amie un sourire de travers pendant qu’elle essayait d’ignorer le cognement sur ses tempes. Elle respira nerveusement. Peut-être était-elle tout simplement en train de devenir folle. Elle examina sa canette de boisson gazeuse, espérant que personne n’y avait glissé quoi que ce soit. Elle n’était pas portée sur les drogues, et la plupart des gens à cette fête n’étaient pas ses amis. Tillie poussa le bol de maïs soufflé vers Bethany. — Tu en veux ? — Non, j’essaie de surveiller mon poids. — Ouais, c’est ça, répondit Tillie. Comme si tu étais vraiment grosse. Bethany plissa les yeux. — Nous ne pouvons pas tous manger comme toi et nous en tirer à bon compte. Pense seulement à mon abstinence comme à de la prévention contre le gras. Sidney Bluefeather, accro du siècle en informatique et activiste amérindien à Cedar Crest High, s’approcha tranquillement et se percha sur le bras du sofa. Il paraissait aussi mal à l’aise que Bethany. Ses yeux scrutaient la foule, mais son expression disait qu’il craignait de s’y mêler. Ce soir-là, il était vêtu en grande tenue indigène, complétée par un couteau d’allure inquiétante qui paraissait plus que réel. Il aurait paru à demi-décent, s’il ne s’était pas tenu les épaules voûtées et s’il avait mieux coiffé ses cheveux qu’en faisant une queue de cheval. Il portait toujours des vêtements amples, comme s’il dormait avec eux, ou quelque chose du genre. Ses yeux étaient étranges, comme si son patrimoine génétique avait été touché par un khan mongolien. Trop
bizarre. Bethany pencha la tête légèrement (nul besoin d’être snob), mais elle se détourna pour empêcher la conversation. Ce n’était rien de personnel ; elle ne se sentait simplement pas sociable, ce qui était stupide étant donné que c’était ce qu’on devait faire pendant une fête : se mêler et échanger. Elle avait probablement fait une erreur en y allant. Elle se rapprocha de Tillie pour mieux sceller le message « ne me parle pas ». Elle aurait voulu parler à Tillie de ce qui venait tout juste de se produire, mais ce n’était pas l’endroit pour partager sa vision. Bethany essaya de se ressaisir, passant des doigts nerveux à travers ses cheveux sombres et lourds, puis pinçant les manches soyeuses et noires de son costume de sorcière. La musique était presque assourdissante, et elle fut heureuse quand, de façon inexplicable, un des haut-parleurs explosa, provoquant des cris, des étincelles et des hurlements. Malgré cela, personne n’éteignit la musique. Les jeunes grouillaient à travers les labyrinthes de décorations d’Halloween du sous-sol de la salle familiale de Vanessa Peters, renversant des boissons gazeuses, riant, dansant et essayant de s’effrayer mutuellement ou d’attraper un rapide baiser d’un partenaire volontaire. Avec un haut-parleur en moins, la musique continua de jouer. Sidney observait la foule avec des yeux pensifs. Bethany pouvait comprendre. Elle n’était pas non plus la belle du bal. Elle devait rappeler à Ramona que son sortilège de séduction était nul. Peut-être que sa gouvernante devrait rafraîchir ses connaissances sur son truc hoodoo-bayou. En plus de quelques invités un peu inhabituels, tous les jeunes populaires de l’école secondaire Cedar Crest étaient présents. Elle savait qu’elle faisait partie des irréguliers. Sidney était un autre laissé-pour-compte et, bien sûr, Gillian Merriday, juste là dans le coin, aussi. Chacun d’eux était marginal, mais pour des raisons différentes. — Je le comprends, dit Sidney, mais… Bethany regarda à droite. À gauche. Personne n’était à côté de Sidney, mais il continuait à parler tranquillement, de toute façon. Bizarre. Bethany se rapprocha de Tillie. Manifestement, une anomalie du patrimoine génétique. Uans un habit en lamé or surmonté d’un lourd col turquoise et or, Tillie, à ce qu’il paraissait, était le boute-en-train de la fête. Bien sûr, son amie apportait toujours de la vie partout : elle était pleine d’entrain, de charisme et de charme. Ue plus, Tillie avait passé les deux dernières heures à lire ses cartes de Tarot à tous les jeunes, cimentant sa place comme centre de l’attention, du moins pour ce soir-là. — Comment se sont passées tes lectures de Tarot ? demanda Bethany. — Toujours la même histoire. Certains d’entre eux y croient. U’autres pensent que c’est une blague. Rien de surprenant, dit Tillie, balayant l’air de sa main, les bandes dorées de ses avant-bras luisant dans la lumière tamisée. — Quelque chose d’intéressant ? demanda Bethany, changeant de position sur le canapé. Il semblait qu’elle était incapable de se sortir la vision de la tête. Le meurtre. La vieille femme. Peut-être s’ennuyait-elle tellement qu’elle avait tout simplement fait un rêve éveillé ? Ûn fort éclat de rire mêlé à la musique assourdissante ensevelit la réponse de Tillie. Tout ce que Bethany entendit, c’était que cela concernait Gillian Merriday. — Qu’y a-t-il, au sujet de Gillian ? demanda Bethany, se penchant plus près. Gillian Merriday s’assoyait devant elle dans la classe de chimie. Ûne fille fortement charpentée avec des cheveux épais d’un brun délavé et des yeux de tortue, elle marchait comme si elle portait sur ses épaules un navire de la taille du Titanic. Elle avait été suspendue déjà deux fois cette année, et nous n’étions qu’à la fin d’octobre. Sinon, Bethany ne la connaissait pas beaucoup et ne s’intéressait pas non plus à elle.