Les voyageuses du temps

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108 pages
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Description

Deux femmes, deux destins qui vont se réunir pour traverser le temps.


Elles vont vous emmener en France, en Irlande et à Londres. Elles vont vous faire voyager dans leur univers, vivre leurs histoires d’amour. Et de haine aussi. Partager avec vous joies et désillusions...


Entre Histoire et Imaginaire, laissez-vous prendre par la main et accompagnez Miranda et Tristana dans leurs multiples aventures...

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Nombre de lectures 2
EAN13 9782378161712
Langue Français

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Les voyageuses du temps [Selena Dubh]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something Still © 2019, Selena Dubh. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-170-5 ISBN numérique : 978-2-37816-171-2 Corrections : Sophie Eloy Conception graphique de couverture : Caly Design
Prologue On m’appelle l’Hermite ou le Vieil Homme de la lande, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Il fut une époque lointaine où j’étais un fringuant jeune homme, vivant sur une île magnifique, entouré d’amis tout aussi beaux et vaniteux que moi. Nous vivions dans une totale insouciance, sans nous préoccuper du lendemain. Nous avions tout, en abondance. Jamais nous ne nous demandions d’où provenait cette manne. Exigez et vous recevrez, tel était notre crédo. Notre île était vaste. Une immense ville accueillait tous ses habitants. Elle s’étirait en longueur, tout au long des côtes. Elle formait une sorte de cercle qui ceinturait tout le littoral. À l’intérieur de ce cercle, s’étendaient des prés, des champs et des jardins qui nous fournissaient en nourriture et en lieux de promenades et de repos. E n avançant à l’intérieur des terres, plusieurs forêts assuraient les ressources en bois de construction. Le climat doux ne nécessitait pas de chauffage. Les déchets de la scierie et l’élagage des arbres fournissaient le combustible pour la cuisine. Des sources d’eau chaude avaient été canalisées et alimentaient les établissements de bain. Quelques rivières donnaient l’eau potable indispensable. Et tout au centre de l’île se trouvait le Laboratoire. Relativement isolé, il n’était accessible que par u ne seule voie qui le reliait directement au palais gouvernemental. Pour la majorité des habitants, c’était un lieu mystérieux, occupé par des savants qu’ils ne rencontraient qu’une ou deux fois dans le ur vie, lors de deux examens obligatoires. Le premier avait lieu pour le septième anniversaire de chaque habitant. Il consistait en une prise de sang et des prélèvements divers : peau, ongles, cheveux. Le second était programmé à l’âge de 20 ans. Les premiers prélèvements étaient renouvelés et augmentés d’une dose de sperme pour les garçons et de deux ovules pour les filles. Chaque individu était méticuleusement examiné. Une fiche descriptive très complète était annexée à tout ce matériel qui était ensuite analysé, répertorié et rigoureusement conservé. Peu d’entre nous savaient à quoi servaient ces examens, ce qui n’était pas mon cas. Mes parents travaillaient tous les deux au Laboratoire et m’avaient expliqué ce qu’ils faisaient, espérant que je prendrais la relève une fois mes études terminées. Ce que j’avais fini par faire, quand lassé de traîner mon ennui avec d’autres jeunes de ma génération, je m’étais décidé à enfin faire quelque chose de ma vie. Si j’avais peu de goût pour la chimie et la biologi e, j’excellais par contre à classer tous les éléments, à les recouper, à tisser des liens entre eux. C’était indispensable à notre survie. L’île étant pratiquement isolée du reste du monde, au fil du te mps, les liens entre les différentes familles s’étaient de plus en plus resserrés. Des tares étaient apparues chez certains individus et avaient amené de nombreuses questions. Ce qui avait conduit à ces recherches et même à l’interdiction de certains mariages. Pour mieux clarifier encore cette situati on, j’avais entrepris de dresser un arbre généalogique de chaque famille afin de recouper les liens entre les individus. D’autant que même si parfois des voyageurs s’égaraient sur nos rivages, ils étaient tellement primitifs que personne n’avait envie de les inclure dans leur foyer. Ces individus, à demi sauvages, vivaient donc dans le domaine du Laboratoire et servaient de cobayes pour certaines expériences. Cela peut paraître cruel, et pourtant, ces gens étaient bien traités et ne semblaient pas malheureux. Certains avaient même fini par évoluer, comme cette jeune femme, Moïra, dont j’étais tombé amoureux. S’il était hors de question que j’en fasse mon épouse, j’avais cependant reçu la permission d’en faire ma maîtresse. Remarquablement intelligente, elle était aussi très robuste et avait bien résisté aux traitements qui lui avaient été infligés. Les mutations observées dans son patrimoine génétique étaient prometteuses. Mais c’est l’enfant que nous avons conçu qui a donné un regain d’espoir à nos scientifiques. Un certain nombre de nos cobayes humains se révélaient compatibles et pouvaient apporter du sang neuf à notre communauté. Pour les autres, des traitements étaient possibles pour augmenter leur seuil de compatibilité. Le travail reprit donc de plus belle. Et les années passèrent. Je vivais heureux avec Moïra et notre enfant, quand survint l’accident qui allait bouleverser toute la vie sur l’île. Nos savants travaillaient sur une nouvelle séquence génétique qui semblait améliorer la santé de
ceux qui en étaient pourvus et augmentait leur long évité. Toujours en quête d’amélioration, ils avaient apporté des modifications qui, testées sur quelques individus, s’étaient révélées efficaces, bien au-delà de leurs espérances. Ce nouveau gène figeait l’individu dans son évolution et réparait certains outrages du temps. Véhiculé par le sang, il se transmettait par transfusion ou par ingestion de sang modifié. J’avais un peu plus de cinquante ans quand avait été faite cette découverte et je m’étais porté volontaire pour tester ce gène pour mon espèc e. Comme j’étais perclus de rhumatismes, j’espérais beaucoup de ce traitement. Au bout de tr ois injections, j’étais aussi fringuant qu’à mes vingt ans. Quatre autres savants avaient testé cette découverte qui s’était révélée tout aussi efficace. Le Laboratoire avait donc préparé une réserve de sang modifié en vue de soigner la population de l’île. Il avait été stocké dans de grandes cuves installées dans un hangar attenant au bâtiment principal, au bord de la rivière. Cet été-là, l’île avait été en butte à des orages violents et des marées exceptionnelles. De nombreux bâtiments avaient été ravagés par les flots, mais personne ne s’attendait à ce que le Laboratoire soit atteint. Et pourtant… Lors d’un orage encore plus ravageur que les précédents, le vent accompagné de trombes d’eau et de grêle avaient tout détruit sur leur passage. Le hangar s’était envolé et les cuves, percées de part en part, avaient laissé échapper leur précieux contenu qui s’était répandu dans le sol et la rivière. Sur la côte, de nombreuses habitations étaient en ruine, des habitants avaient été emportés dans les flots, d’autres avaient perdu la vie dans leur maison. Une fois les éléments calmés, nos savants avaient entrepris de reconstituer cette manne disparue pour soigner la population restante, avant de constater, dans les mois qui avaient suivi la catastrophe, que des modifications subtiles commençaient à se révéler chez les survivants. Le temps semblait s’être figé pour les adultes et tous avaient rapidement guéri, certains avaient même vu leur état s’améliorer. L’environnement avait également évolué. La nature était nettement plus luxuriante, la faune plus robuste. Le gène mutant s’était approprié tous les organismes vivants de l’île ! Il restait à en mesurer les effets sur le long terme. Les années passèrent. Par dizaine, puis par centain e. Nos savants poursuivaient leurs investigations. Ils avaient constaté que des enfant s ne pouvaient être conçus que si la mère était porteuse du gène mutant. Dans le cas contraire, la grossesse se soldait par le décès de l’enfant avant terme et parfois même par celui de la mère, sauf si cette dernière était « transformée » dans les premières semaines de la gestation. Nous avions pu faire ce constat grâce à quelques naufragés qui avaient échoué sur nos rivages. Nos savants avaient isolé un coin du territoire qui n’avait pas été contaminé. Ils y avaient installé les naufragés dans une sorte de quarantaine. C’est ainsi que nous avions réalisé que le mélange entre les deux popula tions ne pouvait se faire que dans certaines conditions. Nous avions fait un autre constat. Les gens ne viei llissaient plus, mais surtout, plus aucun ne mourait à l’exception de quelques accidents graves. Nos corps se réparaient d’eux-mêmes et restaient dans des conditions optimales. Cela ne préoccupait personne jusqu’au moment où il fallut se rendre à l’évidence, notre territoire commençait à devenir trop petit pour nous accueillir tous. Entre-temps, nous avions constaté un changement notable chez nos naufragés. Les derniers arrivés semblaient nettement plus évolués, ce qui poussa certains d’entre nous à s’aventurer sur les flots et se disperser dans d’autres territoires. Nommé archiviste, puisqu e j’avais établi les diverses généalogies, je tenais le registre des départs et notais scrupuleusement t outes les nouvelles que nous recevions de nos aventuriers. Et je serais encore sur l’île si un élément tragique n’était pas venu bouleverser ma vie. Lors d’un nouvel épisode de tempêtes, j’avais perdu Moïra et notre fils, engloutis par les flots. Anéanti par le chagrin, je ne supportais plus de vivre dans cet endroit qui avait vu s’épanouir notre bonheur. Je redoutais la vue de couples heureux qui me rappelait sans cesse ce que j’avais perdu. J’avais besoin de solitude. Quand un de nos explorateurs mentionna une île qui ressemblait un peu à la nôtre, mais avec un climat plus rude et une popu lation quasi inexistante, je lui avais demandé de m’y emmener. Séduit par l’isolement de l’endroit et la beauté des paysages, je m’y étais installé. Et j’étais finalement devenu l’Hermite pour les villageois, le Vieil Homme de la lande. Je gardais cependant contact avec mes semblables ainsi que mes fonctions d’archiviste. Je recevais régulièrement des nouvelles que je consignais soigneusement. Je m’étais également intégré aux
occupants de l’île. Encore très sensibles à la magie, ils me considéraient comme une sorte de druide. Je faisais également office de guérisseur. Au fil du temps, j’avais partagé mon secret avec certains d’entre eux, puis avec l’ensemble des habitants. Qu elques-uns avaient souhaité être transformés, ne désirant rien d’autre que de vivre en paix, isolés sur leur petit territoire, bien à l’abri des conflits du reste du monde. Après y avoir longuement réfléchi, j’avais accédé à leur demande me garantissant ainsi une certaine sécurité et de la compagnie quand j’en avais le besoin. Nous vivions donc tranquillement sur notre rocher quand un voisin ambitieux avait décidé de nous envahir. Après avoir trucidé quelques villageois, le seigneur local et son épouse, il s’était mis à la poursuite des enfants du couple. Il avait réussi à blesser gravement le garçon avant que sa sœur ne l’emporte avec elle dans la lande. Elle s’était réfugiée dans une grotte qui était reliée à ma demeure par un passage souterrain. C’est ainsi que j’avais fait la connaissance de Miranda et de Johan. La jeune fille, au courant de mes particularités, m’avait supplié de transformer son frère afin qu’il ne meure pas. Je lui avais demandé une journée pour y réfléchir et mesurer l’étendue de ses blessures. La gravité de la situation m’avait poussé à accéder à sa demande. Comme elle semblait fort attachée à son frère, je lui avais proposé de la transformer elle aussi si tel était son souhait. Elle avait finalement accepté quand elle avait été assurée que Johan soit hors de danger. Par la suite, elle avait récupéré son île et les deux jeunes gens étaient devenus les seigneurs des lieux. Pour ne pas trop attirer l’attention sur eux , ils partageaient leur existence entre la France, l’Angleterre et l’île. Et c’est au cours d’un de ses séjours à Paris qu’elle avait rencontré Tristana. C’est leur histoire que je vais maintenant consigner dans mes archives… telle qu’elles me l’ont racontée.
Chapitre 1 La Mothe-Chandeniers, avril 1771 — Monsieur, monsieur !!! C’est une fille ! Le Baron de la Mothe-Chandeniers monte les escaliers quatre à quatre et se dirige vers la chambre de sa femme. Voilà vingt-quatre heures qu’il attend, tournant en rond de ses appartements au salon, que cet enfant se décide enfin à naître. La veille, il s’est fait chasser de la chambre d’Olga par la sage-femme. Depuis, il rumine, sursautant à chaque cri de son épouse, souffrant avec elle, redoutant le pire. Il entre et se précipite vers le lit. Elle est là, rayonnante, resplendissante, sa baronne, et elle tient contre elle un petit paquet de linge qui émet des vagissements sonores, sa fille ! — Viens voir comme elle est belle. Il la regarde, l’examine même. Elle est parfaite. L e teint rose, de petites mains fines déjà. Elle ouvre ses grands yeux, le regarde et semble lui sourire. Il est heureux. — Olga, elle est… magnifique. Et toi, tu es sublime. — Merci, mon ami. Comment allons-nous l’appeler ? — Que penses-tu de Tristana ? C’est le prénom de ta grand-mère et je sais que tu l’adorais. — C’est une belle idée. Je lui souhaite d’avoir une vie aussi riche que celle de son ancêtre ! Ainsi a commencé mon histoire, dans un coin perdu de la campagne française, au sein du domaine paternel. Dernier fils d’une famille qui comptait nombre de ducs et autres comtes, mon père avait reçu son domaine comme cadeau de mariage, sorte de récompense pour avoir fait entrer dans la famille une comtesse russe richissime. Il l’avait rencontrée à Saint-Pétersbourg, en était tombé amoureux, l’avait épousée et ramenée en France dans la foulée. Avec ma mère, ils formaient un couple heureux. N’étant épris de mondanités ni l’un ni l’autre, et n’ayant pas vraiment d’obligation de paraître à la cour, ils vivaient relativement retirés. Petite fille, je gambadais à la bonne saison dans l a campagne, en compagnie des enfants des métayers. Durant les mois d’hiver, j’apprenais à lire, écrire, compter tant en français qu’en russe avec mes parents. Pour satisfaire aux exigences du temps et de l’étiquette, j’avais également un professeur de dessin, de chant, un maître de danse et de maintien. Mais celui que je préférais entre tous était mon maître d’armes. Avant ma naissance, ma mère avait fait plusieurs fausses couches et j’avais été leur dernier espoir d’avoir un enfant. Sachant qu’il n’aurait jamais de fils, mon père avait reporté sur moi ses envies éducatives. Il m’avait mise sur un poney dès mes tr ois ans et avait commencé à m’initier au maniement de l’épée et du fusil quelques années plu s tard, au grand désespoir de ma mère. Quand il m’avait jugée assez forte, il avait engagé un maître d’armes pour parfaire ma formation. Je n’étais pas pour autant un garçon manqué, ma mère y veillait. D’elle, j’avais appris comment tenir une maison, me comporter en société, recevoir des invités et les charmer par ma musique et ma conversation. Si cela ne me rebutait pas, je préfér ais quand même galoper dans les campagnes environnantes avec mon père, disputer un combat à l’épée ou mener la chasse en automne…
Chapitre2 Printemps 1787 Dans quinze jours, je fête mes seize ans. Le château est en effervescence et moi aussi. Je vais découvrir Paris. Il y a quelques semaines, un courrier est arrivé de la capitale, m’invitant à faire mon entrée dans le monde et à être présentée à Sa Majesté, comme il sied à toute jeune fille de la noblesse. Aussitôt, toute la maisonnée est en révolution. Un ballet incessant de couturières et brodeuses s’affairent autour de ma personne pour me constituer une garde-robe digne de l’occasion. Fini les longues courses à cheval, je suis consignée dans mes appartements jonchés d’étoffes plus chatoyantes les unes que les autres. Je passe de mains en mains , tantôt pour ajuster un corsage, tantôt pour rectifier l’ourlet d’une jupe. J’en ai le tournis ! Demain, c’est le grand départ, tout est dans les malles, nous sommes fin prêts. Aussi, ce matin, je décide de m’octroyer une longue balade. Aux cuisines, je chaparde un petit pain tout chaud, un bout de fromage, un peu de jambon, et je file aux écuries seller Rufus, mon alezan. Et je m’ élance dans la campagne. Je suis heureuse et insouciante dans ce petit matin frais et brumeux. J e galope pendant de longues heures avant de m’arrêter près d’un ruisseau. Pendant que mon cheval se désaltère, je dévore mes provisions. Au loin, une cloche sonne onze heures. Il est temps de rentrer. À regret, je me remets en selle. Arrivée dans la cour du château, Marie, ma suivante, m’appelle. — Mademoiselle, vite, votre mère vous cherche parto ut. Elle veut que vous la rejoigniez dans sa chambre ! — Elle vous a dit pourquoi ? Elle est malade ? — Non, mademoiselle, elle va bien, elle veut juste vous voir. — Bien, j’y vais de ce pas. Je repasse tout de même par ma chambre pour remettre un peu d’ordre dans ma tenue. Inutile de donner prise aux remontrances maternelles. — Ah, te voilà ! Où étais-tu encore passée ? Ça fait des heures que je t’ai fait appeler ! — Je suis désolée, maman. J’avais juste envie de ga loper un peu. Voilà des jours que je suis enfermée et j’avais besoin de sortir prendre l’air. — Je comprends, ma chérie, mais j’ai encore une ou deux choses à préparer avec toi. Et tu aurais dû te faire accompagner, une jeune fille bien élevée ne gambade pas seule dans la campagne ! — Je sais, maman, je suis désolée. — N’en parlons plus, viens donc ici. Je rejoins ma mère assise près de sa coiffeuse. Sur le meuble se trouvent plusieurs coffrets en bois précieux, remplis de bijoux qu’elle sort un à un, et un autre, vide. — Alors, voyons ce qui peut te convenir… Elle sélectionne quelques colliers. Sur des montures d’or ou d’argent sont serties quelques pierres de petites dimensions. Viennent s’y ajouter des bracelets assortis et un magnifique rang de perles aux reflets nacrés. Elle ôte ensuite de son doigt l’anneau d’argent finement ciselé supportant un éclat d’ambre aux reflets de miel que j’y ai toujours vu. — Essaie-la ! La pierre a vraiment la même couleur que tes yeux. Ce serait dommage que tu ne la portes pas ! — Oh, maman ! Elle est magnifique ! Tu es sûre ? — Certaine. Elle me vient de ma mère qui la tenait de la sienne. C’est la tradition, ma chérie. Quand tu auras une fille à ton tour et qu’elle fêtera ses seize ans, tu la lui donneras. Émue, j’enfile la bague et serre ma mère dans mes bras avant de filer ranger le précieux coffret dans mes bagages. Demain, nous partons pour Paris.
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