Listen to your Mind
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Description

À la mort de son père, Tatiana devient l'unique héritière de l'Empire Kasparov, seulement elle est très loin d'imaginer tout ce que cache ce titre honorifique.


Des vérités vont éclater, révélant des secrets aussi sombres que les ténèbres...


Dans un monde d'hommes, elle devra trouver sa place et prouver qu'elle la mérite. Pourtant, pour protéger ses amis et sa famille, elle va faire un choix...


Et sa loyauté ne va pas aller vers les liens du sang, comme elle était prédestinée à le faire...


Entre secrets, meurtres, manipulations et trahison, elle risque bien de tout perdre... Même sa propre vie.


Au milieu de tout ce chaos, une rencontre inattendue risque bien de tout bouleverser, alors quand l'amour s'en mêle, que doit-elle écouter ? Son cœur ou bien son esprit ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782378161132
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Listen to your Mind
 
[Léticia Joguin-Rouxelle]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

© 2018, Léticia Joguin-Rouxelle. © 2018, Something Else Editions. 
Tous droits réservés.  
 
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
  
Crédit photo : © Adobestock.com
Illustration : © Caly Design
ISBN papier : 978-2-37816-112-5
ISBN numérique : 978-2-37816-113-2
 
Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny
E-mail : something.else.editions@gmail.com 
Site Internet : www.something-else-editions.com
 
Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
 
 
 
 
 
 
« Personne ne t'offrira sa place en ce monde, parce que tu dois la trouver tout seul. 
Tu dois te sortir du carcan de cette société obtuse, cruelle et consommatrice. 
Chaque enfant qui naît aujourd'hui devrait signer un contrat, un pacte moral avec lui-même, celui de se voir pour ce qu'il est réellement. 
Loin des critères stupides et artificiels de beauté de cette population de masse qui nous oppresse. Encore plus loin de ce sarcophage pesant qui nous tue et nous étouffe dès notre plus tendre enfance, sous des couches entières d'égoïsme puant. 
L'individualisme sociétal nous emprisonne, nous obligeant à être quelqu'un d'autre que ce que nous étions censé devenir. 
Nous enferme dans des cases sans nous connaître, nous expérimentant comme des animaux de foire. 
Personne ne devrait nous dire ce que nous devons faire de notre existence, ne nous appartient-elle donc pas ? 
Nous nous faisons chaque fois juges ou bourreaux, tout en oubliant l'essentiel de cette racine dont nous faisons semblant, souvent d'appartenir : l'humanité. 
Si nous étions plus à élever la voix, chantant, scandant comme une chorale bénéfique les notions de respect et de partage, peut-être cesserions nous finalement d'être petits pour devenir grands ensemble. 
Demain appartient à celui qui se révèle tôt, en étant lui, tout simplement. 
En ne laissant personne nous effacer notre sourire, et nos yeux grands ouverts sur les merveilles et richesses de nos différences.
Celles qui nous rendent uniques et formidablement imparfaits. 
La vie est un voyage merveilleux et libre dont nous avons oublié le sens : vivre. »
Leticia Joguin Rouxelle
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Prologue
 
Après presque dix-sept ans, je me pose un milliard de questions. 
Je me demande où j'en suis. 
Où j'en suis dans ce que je suis moi, dans ce que je veux réellement de ma vie et si tout ce combat valait le coup. 
Alors oui, pour nos filles, il méritait que l'on se batte contre les préjugés pour qu’elles soient acceptées.
Mais je ne suis plus sûre aujourd'hui d'aimer Hamza... 
Enfin, si je l'aime.
Il est devenu mon ami, mon frère, mon confident. 
On s'est toujours promis de ne pas se cacher quoi que ce soit...
Mais là, le voir dans ce bar m'a brisé le cœur. 
Il aurait dû me dire, m'expliquer les choses, me dire que tout simplement que nous deux, ce n'était plus comme avant...
Je l'aurais compris, pour la simple et bonne raison que j'en suis arrivée au même stade. 
Mais là, le fait qu'il le fasse par derrière, en cachette, j'ai le sentiment d'être blessée, trahie, trompée.
Mais ce qui me gêne le plus ... 
Au-delà de ce qu'il a fait lui, c'est cette attirance émergente que je croyais avoir enfouie en moi depuis longtemps. 
Oui, au-delà tout ça, ce qui me bouleverse, c'est qu' elle m'a troublée.
Pourtant, je m’étais persuadée que c’était une connerie la dernière fois.
Un truc de passage.
Comme à l’adolescence. 
Est-ce que j'ai un souci ? 
Est-ce que je suis malade ? 
Est-ce que c'est soignable ? 
Comment pourrais-je être crédible dans le milieu dans lequel je vis, au sein de la communauté dans laquelle j'ai grandi au bras d'une autre femme ?
Déjà qu'accepter ma relation avec un musulman a été quelque chose d'impensable pour ma famille ashkénaze, alors comment mon père pourrait accepté que je puisse aimer le sexe saphique ? 
Moi-même, je n'aurais jamais cru que ça allait me retomber dessus...
J'ai toujours fait ce qu'il fallait pour éviter tout ça, parce que la société dans laquelle on vit, fait que l'homosexualité est quelque chose d'anormal. 
Alors on fait comment pour vivre tout en se réfrénant ? On fait comment pour n'être qu'à demi-soi ?
Eh bien, on fait comme tous, on se ment...
Je crois que c'est ça le pire en fait, c'est d'avoir été capable de me mentir pendant tout ce temps. Sauf qu'aujourd'hui, je le sais, ça fait plusieurs jours que je pense à elle. Que je tourne en rond comme une dingue, comme une lionne en cage, parce que je crève d'envie de la revoir... 
Parce que ses yeux bleu océan m'ont empoisonné l'esprit, parce que sa bouche était une invitation aux baisers.
Comment je vais avouer ça Hamza ? 
Il ne comprendra jamais que toutes les fois où on a pu faire l'amour, c'était juste mon corps qui avait terriblement envie et pas ma tête ...
Il va se sentir mal, c'est sûr et certain. Lui aussi risque de se sentir trahi quelque part, mais il faut l'admettre, nous sommes de toute façon sur la pente descendante. 
Je ne sais pas s'il a franchi le cap, mais moi non, pas réellement...
J'ai respecté la promesse de notre mariage, quitte à me perdre moi-même.
Quitte à scinder cette partie de moi, et l'enfouir loin, très loin au fin fond de mon inconscient, dans un coffre fermé, scellé à je ne sais combien de tours, encerclé de milliers de chaînes.
Mais est-ce que lui, il l'a déjà fait ? 
Est-ce qu'il a déjà ressenti suffisamment d'attirance pour mettre en péril tout ce qu'on avait construit ? 
Pourtant, on n'est pas heureux. 
Il va falloir qu'on l'admette...
Le problème c'est que j'ai peur.
J'ai peur d'être ce que je suis, j'ai le sentiment d'être un monstre...
Chapitre 1
 
Marine
 
Six mois se sont écoulés depuis l'anniversaire de Grace.
Avec elle, comme avec Lilian, je suis passée par tous les états d'esprit possible. Si au début, cette jeune femme m'avait touchée, par la suite j'avoue que je l'ai très mal jugée.
Je m'en veux énormément, même si elle n'arrête pas de me dire qu'elle comprend tout à fait les raisons pour lesquelles, j’ai raconté ce qu’on m’a rapporté à Lilian. Elle sait que je voulais protéger mon frère, mais il y a rien à faire, je me déteste terriblement d'avoir cru un connard. Le pire, c'est que j'aurais dû me douter que François était capable de genre de choses, parce qu'il y avait déjà eu des signes avant-coureurs. 
J'ai cru naïvement, que le fait que je le connaisse depuis plus longtemps qu'elle, m'octroyais la permission de le croire plus, lui, et surtout de la juger, elle. 
J'aurais dû me rendre compte, que les monstres sont souvent bien déguisés. Ils arrivent avec leur gueule d'ange, leurs yeux malicieux mais la perversion qui les habite fait d'eux, des démons emplis de cruauté. 
Heureusement, que mon frère a su voir clair dans son jeu.
Mais c'est vrai qu'il s'en est fallu de peu, tout aurait pu irrémédiablement se casser la gueule et atteindre le point de non-retour.
Je n'ai pas vu à quel point il allait mal, je n'ai pas compris combien elle lui manquait. 
J'ai le sentiment d'être une sœur horrible parfois et de ne pas jouer mon rôle à la perfection. 
Je veux le mieux pour lui et j'espère réellement que c'est Grace...
Pour le moment, il semble heureux, le sourire qui s'est incrusté sur son visage à l’air ne pas s'évanouir pour une fois. J'aimerais vraiment que son passé soit derrière lui, que les ténèbres qui l'entourent inconsciemment vont peu à peu s’en aller pour laisser entrer la lumière de cette jeune femme.
Mais je sais que quelque part, je redoute la chute...
Mon frère fait partie de ces gens à part, qui ne sont jamais pleinement heureux.
Ne me demandez pas pourquoi, il a toujours été comme ça.
Souvent même, je me suis demandé s'il ne détruisait pas exprès ce qui lui arrivait de bien.
J'ai eu très, très peur pour lui, mal aussi, parce que ce côté dépressif de lui le submerge, le ronge, le gangrène tant, que plusieurs fois, il a essayé de mettre fin à ses jours. 
J'ai toujours pu le rattraper, mais je me dis souvent que les choses ne doivent pas toujours être faciles pour Grace.
Ils ne vivent pas encore ensemble, cette dernière veut prendre son temps et je la comprends. 
Elle a une petite fille, adorable en passant, mais qui de toute évidence a hérité de la franchise de sa mère.
Mathéo est venu s'installer ici, mais je ne sais pas, je me sens bien avec lui et pourtant, c'est comme si quelque chose me manquait... Comme s'il n'était finalement pas la copie conforme de ce que j'attendais...
Normalement, on sent ses choses, c'est fluide et on ne se pose pas le genre de question que je me pose.
Je me déteste lorsque je suis comme ça, ça ne vient pas de lui...
Il est adorable, attentionné et gentil, il fait tout ce qu'il faut pour que je me sente bien.
Il est parfait.
Mais justement, c'est peut-être ça qui ne va pas...
Il est trop... Lisse. 
Peut-être qu'au fond j'ai besoin d'autre chose, et ces derniers temps je me remet à penser Hamza.
Quelque chose m'avait percuté chez-lui lors de l'anniversaire de Grace, je m'étais retrouvée enfermée dans une bulle où plus rien n'existait autour de nous, à part nous.
Il m'attirait, c'était indéniable.
C'est d'ailleurs depuis ce moment, que mon crâne est en proie à des doutes et des remises en question.
Qu'est-ce que je veux de ma vie ?
Avec qui je souhaite la partager ?
Est-ce que j'ai vraiment envie d'une existence aussi classique, encroûtée, routinière et sans magie ?
Est-ce que j'ai vraiment envie faire des plans jusqu'à dix ans en avance ? 
On en est tout de même rendus avoir un planning pour les tâches ménagères, mais aussi un menu pour les repas sur tout un mois.
Où est l'inattendu dans tout ça ?
Je souffle et m'étale sur mon lit, je n'ai même pas envie d'aller travailler aujourd'hui.
Même mon boulot qui est ma passion première, m'étouffe...
J'ai besoin de rêve, de poésie, d'avoir mon palpitant qui s'excite dans ma poitrine.
Même nos relations sexuelles s'essoufflent...
Tout est cadré, chronométré, calculé en fonction de mon cycle mais surtout pas en fonction de mes envies. 
Il n'y a plus cette passion, cette sensualité, ces frissons. 
Je me recroqueville sous ma couette, la seule chose que je trouve à faire à cet instant, c'est pleurer. 
Pleurer sur mon triste sort.
Ce n'est pas que je suis réellement malheureuse, mais c'est triste justement parce que je suis je ne suis pas heureuse. 
J'ai besoin de plus.
J'ai besoin de mieux.
Et je suis bien obligée de me rendre à l'évidence, ce n'est pas lui qui me l'apporte...
J'attrape mon téléphone, fébrile, je vais dans le menu déroulant, je clique sur les contacts.
Il est là depuis six mois, ce numéro qui me tente et que je n'ose pas appeler.
Le prénom Hamza s'étale en toutes lettres...
Qu'est-ce que je dois faire ?
Qu'est-ce que je veux faire ?
Muée par je ne sais quelle frénésie, mon doigt s'active sur la touche message.
[Coucou... Je sais que j'ai mis du temps et j'en suis désolée. Je ne sais pas ce que tu penses du fait qu'on pourrait peut-être se rejoindre pour boire un café ? Ah et tu as sûrement oublié... C'est Marine, la sœur de Lilian.] 
Mon IPhone m'indique que le message a été lu, pas juste reçu...
Mais que ce texto a bien été délivré et mon destinataire l'a ouvert.
J'enfouis mon visage dans mon oreiller, mais qu'est-ce qui m'a pris bon sang...
Je suis complètement à la masse.
Il est marié, je fais n'importe quoi.
La réponse tarde à venir et je me dis que j’ai sans doute commis une énorme erreur.
Je n'ai pas le droit de m'immiscer dans son existence, tout ça parce que je viens de me rendre compte que la mienne n’est pas celle que je recherchais.
Alors que j'allais lui renvoyer un message, pour lui dire d'oublier finalement mon numéro, un bip strident résonne dans ma chambre.
[Non, je n'ai pas oublié qui tu es... Pour tout t'avouer, avec cette histoire entre Grace et Lilian, je me suis dit qu'il valait mieux que je fasse profil bas et que tu n'avais certainement pas envie d'avoir de mes nouvelles... Le gros problème en soi, c'est que ça fait six mois que je me demande ce qu'il s'est passé ce soir-là...]
Mon pouls s'accélère, il frappe, tape et presque s'insurge contre la paroi fine de mes veines. 
J'ai la sensation bizarre que ce message va changer toute ma vie...
J'aimerais me fracasser la tête contre les murs, parce qu’irrémédiablement, je vais lui répondre et je me hais d'être si égoïste.
[C'est vrai que ces moments-là étaient compliqués, mais aujourd'hui tout le monde va bien et tout le monde est heureux... Même si les questions, moi aussi me remplissent... Peut-être qu'aujourd'hui, il est finalement temps de trouver des réponses.] 
Cette fois, je n'ai pas à attendre d'aussi longues minutes, la sonnerie m'indiquant un message, arrive presque instantanément.
[J'ai beaucoup de boulot avec mon entreprise, mais je serai sur Paris pour un déjeuner d'affaire jeudi. Ensuite, j'ai quelques heures de disponibles car je dois trouver un cadeau d'anniversaire à mes jumelles. Si ça te dit on peut se rejoindre à ce moment-là ? Enfin, si tu peux te libérer par rapport à ton cabinet...] 
Jeudi.
C'est si long et si court à la fois.
Long, parce que je sais que l'ange et le démon qui cohabitent dans ma tête, vont passer leur temps à se battre verbalement.
Chacune des deux parties, s'escrimant à me donner sa vision des choses, à utiliser tous les arguments possibles et imaginables pour me faire plier dans l'une ou l'autre des directions.
Que vais-je choisir au fond ? 
La facilité et l'ennui d'un chemin tout tracé avec quelqu'un que je ne suis même pas sûre d'aimer ...
Ou bien cet inattendu, cet interdit, cette certainement impossible histoire, mais qui va me faire vibrer comme jamais ?
Ce secret qui va tout bouleverser...
Oui, parce que forcément ça en sera un, il n'y a pas d'autre solution. 
Je ne peux pas me confier à mon frère sur ce genre de choses, pour la simple et bonne raison, qu'il me cataloguera très vite comme cette salope de Rosanna. 
Peut-être qu'au fond, il aurait raison, parce que ce n'est pas très moral ce que je suis en train de faire.
Je m'en rends compte, je ne suis pas idiote mais ça fait des mois et des mois que je repousse cette envie.
Et ce que je comprends simplement, c'est quelque chose ne tourne pas rond dans ma vie.
J'en suis tout de même propriétaire, il me semble, du moins jusqu'à preuve du contraire...
Inutile de vous dire que la perspective d'un sentier tout tracé, écrit à l'avance, me fait bien plus flipper que quelque chose que je ne peux pas appréhender.
Voudriez-vous d'une vie où votre mec vous balance en plein acte :
« Bon alors pour la fellation, pas plus de dix minutes, parce que si je jouis dans ta bouche c'est comme si je suicidais mes spermatozoïdes... »
Sincèrement, ça vous donne envie vous ?
 
 
 
Chapitre 2
 
Tatiana
 
Ça fait des mois que je me pose des questions. Est-ce que j'aime Hamza ?
Est-ce que je l'ai aimé à un moment où est-ce que je me suis fiée à notre complicité ?
Est-ce que le fait de tomber enceinte si tôt ne nous a pas quelque part obligés à accélérer les choses...
On ne fait plus l'amour depuis des années, la dernière fois, c'était un soir où on était bourrés et Inès est arrivée.
Ne me regardez pas comme ça !
Non, je ne prends pas de contraception et en même temps vu qu'on ne fait plus rien, quel intérêt ? 
Et puis...
Et puis, c'est revenu.
Mon mari avait embaucher une nouvelle secrétaire, tout de suite le feeling est passé entre nous.
Elle était jolie, brune avec d'immenses yeux bleus ...
Je l'ai pas vu arriver tout de suite, ce truc, celui qui vous percute... 
On passait beaucoup de temps ensemble, on allait prendre un verre, on se faisait des soirées filles...
Et puis tout a basculé...
Je crois bien que j'avais encore trop bu, je crois aussi que ce mariage m'étouffe. Je pense qu'on est plus des colocs, des amis mais pas des amants. 
C'était il y a à peu près deux ans, en sortant de ce bar, elle m'a plaquée contre le mur et a ancré fortement ses yeux dans les miens.
J'étais complètement déstabilisée, je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire d'ailleurs.
Un sourire s'est figé sur son visage, ses billes polaires ont pris une teinte plus sombre d'un seul coup et elle a posé son index sur ma bouche.
J'ai retenu mon souffle pendant de longues secondes, qu'est-ce que j'attendais d'elle ?
Mais elle se contentait de me fixer, inlassablement...
Je n'osais plus bouger, j'attendais, j'aurais pu me dégager mais je me sentais comme hypnotisée. Et puis sa bouche s'est approchée de la mienne, elle l'a frôlée doucement, délicatement. Puis sa lèvre supérieure s'est accrochée à la mienne sensuellement, dans une demande presque désespérée. Une invitation que j'aurais pu refuser, que j'aurais dû refuser, mais au lieu de ça, j'ai agrippé sa nuque à mon tour.
Ce baiser n'aurait pas dû exister.
Il était brutal, sensuel et terriblement excitant.
J'ai aimé quand sa langue a frayé un passage à l'intérieur de ma bouche, j'ai aimé quand sa main s'est glissée à l'intérieur de mon corsage.
J'ai adoré sentir ses doigts doux, expérimentés et son parfum sucré.
Les papillons n'étaient pas morts en fin de compte, ils s'immisçaient, là, juste entre mes cuisses.
Ils surgissaient de nulle part, bourdonnant presque de rage d'avoir été si longtemps étouffés.
Je n'étais ni morte, ni frigide, ma libido existait…
Elle était réelle, palpable éclatante et s’insinuait partout en moi.
Mais elle n'était ni virile, ni poilue. 
Elle était faite comme moi, avec les mêmes attributs et j'aimais ça. Sentir sa poitrine se coller à la mienne me provoquait des picotements douloureux, mon échine dorsale frissonnait.
Jamais je n'avais ressenti autant de désir...
C'était là.
Je comprenais tout.
Mais je n'en voulais pas.
Une larme s'est mise à rouler sur ma joue, dans un souffle je lui ai murmuré, tout en la repoussant :
— Je n'ai pas le droit... Je ne peux pas...
Je suis parti en courant, la laissant plantée là, hagarde et les bras ballants.
Elle m'a appelée bien sûr, des centaines de fois, elle m'a envoyé des milliers de messages.
J'ai fait ce que je savais le mieux faire.
L'autruche.
Me taire.
Elle a fini par démissionner et je ne sais pas pourquoi, mais j'en ai eu presque le cœur brisé.
J'étais triste, j'avais besoin de l'oublier, de la sortir de ma tête. 
J'ai appelé une baby-sitter et j'ai été rejoindre Hamza au travail.
J'ai sorti la bouteille de vodka, qu'il y a toujours dans son frigo au bureau.
Il était encore au téléphone, je m'en suis servi un verre puis me suis assise en face de lui.
J'avais décidé d'être sa femme ce soir.
J'avais mis un body, duquel dépassait des liens pour porte-jarretelles et j'avais enfiler des bas.
Ma robe noire était suffisamment décolletée pour laisse entrevoir la naissance de mes seins, et suffisamment courte pour qu'on puisse y apercevoir la dentelle de mes résilles, lorsque mes jambes se croisent. J'avais une boule au ventre, des bleus au cœur, je ne savais plus qui j'étais, je savais juste que j'avais besoin de mon mari.
J'avais besoin qu'il me désire, j'avais besoin de savoir que je n'étais pas un zombie, que je ne bradais pas ma vie.
Il commence à lisser les plans de sa cravate, tandis que moi je croise et décroise négligemment mes jambes.
Sa bouche s'incurve en un o presque parfait, ça faisait si longtemps que ça qu'on avait rien fait ? 
Il indique à son client qu'il a une affaire urgente à régler et qu'il est obligé de raccrocher.
Je m'avance alors vers son bureau, mon verre à la main, la démarche féline et conquérante.
Le sourire qu'il affiche sur son visage, je ne l'avais pas vu depuis des lustres.
— Est-ce que ma femme est de retour ?
— Peut-être... minaudé-je
— Tu es magnifique... Ça te dit qu'on aille ailleurs ce soir ?
— Tu lis dans mes pensées ? J'ai déjà prévu la baby-sitter... Emmène-moi où tu veux, tant que c'est au septième ciel.
Il s'approche de moi, pose délicatement ses deux mains de chaque côté de mon visage et m'embrasse tendrement.
C'est ça le problème.
Il n'y a aucune passion, aucune fougue, ce baiser est diamétralement plat.
Est-ce qu'au fond, il y en a déjà eu ? 
Je ne sais plus, justement.
Le vide qui se creuse dans ma cage thoracique, appuie si fort que j'ai l'impression qu'il m'étrangle.
Il m'attrape par la main et je sais où on va.
Toujours au même restaurant.
Et puis ensuite, il voudra louer une chambre d'hôtel parce qu'on aura trop bu pour rentrer et prendre la voiture.
Cette soirée est d'une monotonie sans nom, pourtant je sais qu'il fait un milliards d'efforts.
Il n’a pas plus envie que moi, que ce mariage se termine.
On a pas le droit.
Pour nos filles.
Pour tout l'Empire qu'on a construit.
Et il y a tellement de choses que je lui cache.
Il a très vite compris que toutes les affaires de mon père n'était pas si légales que ça.
Mais pourtant, il n'a jamais cherché à comprendre, il n'a jamais posé de question, il n'a pas voulu savoir ce qu'était l'envers du décor.
Et ce soir, on va baiser.
Il n'y a pas d'autres termes à employer, j'ai juste le besoin inconsidérable, inconcevable et obligatoire de le sentir en moi.
Pourtant, je n'en éprouve aucun plaisir.
Les papillons sont morts dès l'instant où elle a disparue de ma vie.
C'est comme ça.
Et puis, deux mois plus tard, j'ai appris que j'étais enceinte.
Évidemment la grossesse est LA bonne excuse pour ne rien faire.
Et puis après, j'ai simulé un syndrome postnatal.
Je ne voulais pas qu'il me touche.
Je me sentais sale et tellement seule à la fois.
Je ne pensais qu'à elle, mais elle n'était plus là.
Je n'ai jamais essayé de la recontacter, c'était sans doute mieux comme ça.
Mais aujourd'hui, deux ans après, assise dans ma cuisine devant mon café, je rumine tout ça.
Je rumine les choses, parce que je n'en ai pas le choix, je suis obligée de les taire alors quelles hurlent comme des âmes en peine, tout au fond de moi. Est-ce que ma vie ne va être faite que de ça ?
Me murer dans un silence mortuaire, m'enrouler dans un linceul et crever à petit feu de l'intérieur.
Le téléphone d'Hamza bipe. 
D'ordinaire je ne regarde jamais qui est l'expéditeur, mais là je ne sais pas pourquoi, je jette négligemment un œil par-dessus l’écran.
Le prénom Marine s'affiche en toutes lettres.
Qui est cette fille ? 
Est-ce que c'est pour ça qu'il tient depuis tant d'années ?
Parce qu'il me trompe, pendant que moi je refoule tout ce que je ressens.
J'attrape mon téléphone, je prends mon paquet de clopes et je file dans le garage.
Fébrile, je compose le numéro de mon cousin, au bout de deux sonneries, il décroche.
— Hey ... Salut...
— Ça va Thomas ?
— Ouais et toi ? 
— Ça va...
— Tu sais s'il y a un truc que j'aime pas Tati, c'est quand tu me mens.
Je me racle la gorge, décidément ce petit con devine tout.
— J'ai besoin de toi...
— Explique.
— Je veux lire tous les messages d'Hamza.
— Pas de souci. Redonne-moi son numéro, et je gère tout de suite.
Je lui épelle le plus distinctement possible.
— C'est bon. Dès qu'il recevra un message, tu seras au courant toi aussi...
— Et pour les réponses qu'il donne ? 
— Parce que tu penses peut-être que je fais le boulot à moitié ?
— Non évidemment...
— Par contre, les messages d'avant tu ne les auras pas. Le dispositif sera mis en place dans à peu près cinq minutes. Tu auras tout ce qui s'affichera sur son téléphone comme si c'était le tien ! 
— Merci Thomas...
— De rien. J'espère que tes doutes sont infondés, comme la dernière fois, avec sa secrétaire.
— J'espère aussi... Je t'embrasse. On se fait un truc bientôt ?
— Quand tu veux .... Tu sais, moi, à part mes ordinateurs...
— Je sais. Je me demande quand est-ce que tu trouveras quelqu'un...
— Bah quand elle acceptera que je préfère les ordinateurs à elle...
Son rire résonne à travers le combiné. 
— Effectivement dans ces cas-là tu es pas prêt de trouver
chaussure à ton pied.
— Bah que veux-tu, on verra bien, je ne suis pas si vieux
— C'est vrai... Allez à bientôt. Je t'embrasse.
— Moi aussi, à très vite Tati.
Je raccroche et retourne dans la cuisine, il est tôt encore, sept heures ou peut-être sept heures trente. 
Il serait temps que je me bouge pour préparer les filles.
Alors que je referme la porte du garage, je vois mes jumelles qui sont déjà à table en train de déjeuner. 
Inès est sûrement encore endormie, j'embrasse les filles en silence et monte jusqu'à l'étage. 
Ma petite dernière est allongé en chien de fusil et suce son pouce. 
Qu'est-ce qu'elle est belle...
Elle me fait énormément penser à Hamza, les mêmes cheveux d'ébène, de grands cils retombant sur des billes noisette. 
Je ne sais pas comment elle fait, mais elle est de bonne humeur du matin au soir. Elle sourit, rit et est une attraction à câlin. Elle est mon petit bonheur, elle n’est pas dotée pas du même caractère que ses grandes sœurs, qui elles, portent clairement la marque Kasparov.
Elles ont hérité du foutu caractère de mon père, et d'ailleurs, ce sont ses chouchoutes. 
Chaque fois, je dois me battre, pour qu'Inès ne subisse pas la différence outrageuse de mon paternel.
Et croyez-moi, que ça a beau être mes filles, je déplore la manière dont Tekhla et Zoya se comportent. 
Au moins, elles ne peuvent pas être " racistes ", puisqu'elles sont le parfait mélange de nos communautés, bien qu'elles aient plus l'air slaves que maghrébines. 
Elles sont aussi blondes que moi et leur yeux acier contrastent avec leur teint mat. 
Mais quand je les regarde, j'ai parfois l'impression de me revoir, moi au même âge. 
Elles ont une espèce de perfidie dans le regard qui me fait peur, je ne sais pas vraiment comment cela se passe au collège mais à quatorze ans – presque quinze –, et à l'approche de leur entrée au lycée, j'espère qu'elles n'ont pas de souffre-douleur. 
Elles sont avec leur cousine à l'école, elles ont quelques mois d'écart avec Nejma, et encore une fois, elles sont aussi différentes d'elle, que je l'étais de sa mère. 
Et pourtant, aujourd'hui, je n'imagine pas ma vie sans cette amitié précieuse qui est née entre Sadia et moi.
Nous avons su passer outre, toutes ces années de calvaire que j'ai pu lui faire endurer, sous la pression de mes cousines.
Je me suis tellement détestée, haïe et rejetée moi-même, dans cette période...
Souvent, je voudrais revenir en arrière, j'aimerais tellement ne jamais avoir eu à lui faire subir tout ça.
Je sais qu'elle me dit que ce ne sont que des conneries de gamins, mais je m'en veux de ne pas avoir été assez forte, pour envoyer se faire pendre ailleurs mes conasses de cousines.
Je ne sais pas de quoi j'avais peur au fond...
D'être reniée ? Ce n'était pas possible...
La vérité c'est que j'avais peur qu'on ne m'aime plus, j'avais peur de perdre « ma superpuissance » si je ne faisais pas ce que l’on me dictait. 
Comme si le fait d'être la fille Kasparov était un titre honorifique !
Aujourd'hui, je peux vous dire que je n'apprécie pas mon héritage plus que ça.
Une fois que l'on a compris que notre père est un gros bonnet, on fait moins la maline.
Non, il ne se contente pas de tremper dans des affaires illégales, il a carrément tout un réseau à sa botte.
Et tout y passe : prostitution, drogue, table de jeux clandestines... Bref, le cliché typique du mafieux. 
Je sais que quoi que je fasse, je suis presque toujours suivie...
Toutes ces Mercedes noires aux vitres fumées, finissent parfois par me rendre dingue.
Le seul en qui j'ai confiance, c'est Vassili.
Je ne sais pas pourquoi, mais il s'est toujours mis en tête de faire attention à moi et de me protéger comme si j'étais sa propre fille.
Il est un véritable confident et souvent, je lui parle de mes doutes, il ne dit rien et m'écoute.
Je me demande parfois pourquoi il travaille pour mon père, c'est un homme respectable et honnête. 
Que fait-il ici ? 
Et surtout pourquoi ne rentre-t-il pas au pays auprès de sa femme, de sa famille ? 
Il y a beaucoup trop de secrets.
Beaucoup trop de zones d'ombre.
Je me dis souvent que c'est pour mon bien, si on ne m'en dit pas plus.
Pourtant dans mon for intérieur, je sens que les activités de mon père dépassent plus que largement le cadre illégal.
Mais il est très fort, il cache tout...
J'ai fouiner plusieurs fois, mais chez nous, il n'y a rien.
C'est comme s'il était un fantôme.
Et moi, je nage dans son brouillard à la recherche d’une couronne qui n’existe pas.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 3
 
Marine
 
Alors que je ne sais pas encore quoi lui répondre, la porte de ma chambre s'ouvre à toute volée.
Un Mathéo dégoulinant de sueur me fait face, un sourire affichant ses dents magnifiquement blanches, s'étire jusqu'à ses oreilles.
Parfait, je vous dis !
Une vraie pub de magazine, tu m'étonnes qu'ils l'aient choisi pour la communication dans sa maison d'édition.
— Mon petit cœur ! Mais qu'est-ce que tu fais ? Il est déjà huit heures, tu vas être en retard au travail ! 
Comme une enfant prise en faute, je glisse mon IPhone sous l'oreiller et fais semblant de me cacher sous la couette.
— Je sais pas, je ne me sens pas très bien... Je crois que je ne vais pas aller au travail aujourd'hui...
Il s'approche de moi, s'assoie sur le bord du lit et pose délicatement le dos de sa main sur mon front.
— C'est vrai que tu es un peu chaude....
Il fronce les sourcils en m'observant de plus près, puis me questionne inquiet : 
— Tu as pleuré ?
J'ai limite envie de lui répondre : " Non, j'ai épluché des oignons connard !"  
Mais franchement, il est tellement gentil, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
Ben, je crois que c'est l'heure de porter mon masque.
— Non j'ai mal à la tête, du coup, ça me fait pleurer les yeux...
— Oh mon petit cœur... J'aime pas te savoir dans cet état. Tu veux que je t'apporte quelque chose : un thé ou un chocolat chaud ?
— Non, tu es mignon mais rien... Je... Je vais dormir, je crois
— Tu as pris un médicament ?
— Oui... Non...soupiré-je tout en secouant la tête.
— Oui ou non ? 
Alors que je suis perdue dans mes pensées, mon téléphone sonne de dessous mon oreiller.
— Je crois que tu as reçu un message.
— Je... Oui, oui. Je vais regarder après...
— Tu es vraiment bizarre... Je ne sais pas ce que tu as, si c'est ton mal de tête qui te qui te perturbe ou je... Enfin ! C’est juste que tu n'es pas comme d'habitude ? Qu'est-ce qui te tracasse, dis-le-moi …
— Non, non... Je te jure que j'ai rien... Enfin, juste, je m'inquiète pour mon frère...
Je déglutis, la pilule est difficile à avaler, même pour moi.
Qu'est-ce que je suis en train d'inventer comme mensonge pourri ? 
— Lilian ? Mais... Ça n'allait pas mieux avec Grace ? 
— Oh si, si... C'est juste que c'est un peu cyclique avec mon frère.
— Comment ça cyclique ? 
— Écoute tu ne le connais que depuis quelques mois et moi, depuis toujours... Mon frère a eu de gros soucis psychologiques pendant l'adolescence
— Comment ça ? 
— Je n'ai pas spécialement envie d'en parler, c'est une autre période de sa vie. Aujourd'hui, c'est vrai ça va mieux. Le problème, c'est que je ne sais jamais combien de temps ça dure
— Mais enfin mon petit cœur... Tu peux tout me dire...
— Je sais, mais là je suis fatiguée...
Mon iPhone bipe de nouveau.
— Je crois que la personne qui cherche à te joindre, s'énerve...
Il se rembrunit, soupire et sort finalement de la chambre. 
Je sors mon téléphone de sous mon oreiller, c'est Hamza.
[Si tu ne veux plus me voir, je comprendrai...]
Je clique sur le deuxième message, toujours lui.
[Mais je crois effectivement qu'on a des choses à se dire...]
Une pointe se loge dans mon cœur. 
Oui, effectivement, on a des choses à se dire, des choses à comprendre, des instants à saisir...
Je déglutis.
Je sais très bien que ce que je fais n'est pas bien.
Ni pour la femme d'Hamza, ni d'ailleurs pour Mathéo.
Mais qu'est-ce que je peux y faire ? 
Je pose mon téléphone sur la table de chevet, et c'est là que ce dernier rentre pour m'apporter à un médicament.
— Tiens... Je dois filer au travail. À ce soir.
Il m'embrasse sur le front, tandis que je baisse la tête.
Oui, je suis coupable.
Je le sais bien, mais je ne dis rien et le laisse s'en aller en silence.
C'est justement ça, le problème.
Je crains bien qu'il n'y ait plus rien à dire.
Je m'enroule dans ma couette, je pourrais rester là... Oublier le reste du monde. 
Oublier qui je suis. 
Oublier ce que je suis en train de faire.
Ce serait tellement facile, simple mais aussi très lâche.
Je récupère mon téléphone et tape un stupide :
[Oui, tu as raison.]
[Tu n'as pas répondu pour jeudi. 15h ça te va ?] 
[C'est parfait. Je prendrai mon après-midi, redis-moi l'endroit.] 
[Sur les Champs-Élysées, devant la boutique du PSG. Tu penses reconnaître l'abruti que tu as vu à l'anniversaire de Grace ?]
[Ça va je crois que je m'en souviens lol] 
[ À jeudi alors...] 
[Oui... Bonne journée...]
[À toi aussi.]
Des petits coups frappent dans la porte.
— C'est moi, je peux rentrer ?
— Si tu veux...
Dans l'encadrement apparaît mon frère, il a son visage des mauvais jours : fatigué, sombre et torturé.
— Mauvaise nuit ? 
— Un peu. Je me suis engueulé avec Grace. 
— Rien de grave ? 
— Non, mais avec le tournage de l'émission, il y a trop de mecs qui lui tournent autour et ça me gonfle.
— Range ta jalousie. Si tu voulais l'avoir...

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