Listen to your Mind

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241 pages
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Description

À la mort de son père, Tatiana devient l'unique héritière de l'Empire Kasparov, seulement elle est très loin d'imaginer tout ce que cache ce titre honorifique.


Des vérités vont éclater, révélant des secrets aussi sombres que les ténèbres...


Dans un monde d'hommes, elle devra trouver sa place et prouver qu'elle la mérite. Pourtant, pour protéger ses amis et sa famille, elle va faire un choix...


Et sa loyauté ne va pas aller vers les liens du sang, comme elle était prédestinée à le faire...


Entre secrets, meurtres, manipulations et trahison, elle risque bien de tout perdre... Même sa propre vie.


Au milieu de tout ce chaos, une rencontre inattendue risque bien de tout bouleverser, alors quand l'amour s'en mêle, que doit-elle écouter ? Son cœur ou bien son esprit ?

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EAN13 9782378161132
Langue Français

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Listen to your Mind [Léticia Joguin-Rouxelle]
© 2018, Léticia Joguin-Rouxelle. © 2018, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock.com Illustration : © Caly Design ISBN papier : 978-2-37816-112-5 ISBN numérique : 978-2-37816-113-2 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
« Personne ne t'offrira sa place en ce monde, parce que tu dois la trouver tout seul. Tu dois te sortir du carcan de cette société obtuse, cruelle et consommatrice. Chaque enfant qui naît aujourd'hui devrait signer u n contrat, un pacte moral avec lui-même, celui de se voir pour ce qu'il est réellement. Loin des critères stupides et artificiels de beauté de cette population de masse qui nous oppresse. Encore plus loin de ce sarcophage pesant qui nous tue et nous étouffe dès notre plus tendre enfance, sous des couches entières d'égoïsme puant. L'individualisme sociétal nous emprisonne, nous obl igeant à être quelqu'un d'autre que ce que nous étions censé devenir. Nous enferme dans des cases sans nous connaître, no us expérimentant comme des animaux de foire. Personne ne devrait nous dire ce que nous devons faire de notre existence, ne nous appartient-elle donc pas ? Nous nous faisons chaque fois juges ou bourreaux, tout en oubliant l'essentiel de cette racine dont nous faisons semblant, souvent d'appartenir : l'humanité. Si nous étions plus à élever la voix, chantant, scandant comme une chorale bénéfique les notions de respect et de partage, peut-être cesserions nous finalement d'être petits pour devenir grands ensemble. Demain appartient à celui qui se révèle tôt, en étant lui, tout simplement. En ne laissant personne nous effacer notre sourire, et nos yeux grands ouverts sur les merveilles et richesses de nos différences. Celles qui nous rendent uniques et formidablement imparfaits. La vie est un voyage merveilleux et libre dont nous avons oublié le sens : vivre. » Leticia Joguin Rouxelle
Prologue Après presque dix-sept ans, je me pose un milliard de questions. Je me demande où j'en suis. Où j'en suis dans ce que je suis moi, dans ce que je veux réellement de ma vie et si tout ce combat valait le coup. Alors oui, pour nos filles, il méritait que l'on se batte contre les préjugés pour qu’elles soient acceptées. Mais je ne suis plus sûre aujourd'hui d'aimer Hamza... Enfin, si je l'aime. Il est devenu mon ami, mon frère, mon confident. On s'est toujours promis de ne pas se cacher quoi que ce soit... Mais là, le voir dans ce bar m'a brisé le cœur. Il aurait dû me dire, m'expliquer les choses, me dire que tout simplement que nous deux, ce n'était plus comme avant... Je l'aurais compris, pour la simple et bonne raison que j'en suis arrivée au même stade. Mais là, le fait qu'il le fasse par derrière, en ca chette, j'ai le sentiment d'être blessée, trahie, trompée. Mais ce qui me gêne le plus ... Au-delà de ce qu'il a fait lui, c'est cette attirance émergente que je croyais avoir enfouie en moi depuis longtemps. Oui, au-delà tout ça, ce qui me bouleverse, c'est qu'ellem'a troublée. Pourtant, je m’étais persuadée que c’était une connerie la dernière fois. Un truc de passage. Comme à l’adolescence. Est-ce que j'ai un souci ? Est-ce que je suis malade ? Est-ce que c'est soignable ? Comment pourrais-je être crédible dans le milieu dans lequel je vis, au sein de la communauté dans laquelle j'ai grandi au bras d'une autre femme ? Déjà qu'accepter ma relation avec un musulman a été quelque chose d'impensable pour ma famille ashkénaze, alors comment mon père pourrait accepté que je puisse aimer le sexe saphique ? Moi-même, je n'aurais jamais cru que ça allait me retomber dessus... J'ai toujours fait ce qu'il fallait pour éviter tou t ça, parce que la société dans laquelle on vit, fait que l'homosexualité est quelque chose d'anormal. Alors on fait comment pour vivre tout en se réfrénant ? On fait comment pour n'être qu'à demi-soi ? Eh bien, on fait comme tous, on se ment... Je crois que c'est ça le pire en fait, c'est d'avoir été capable de me mentir pendant tout ce temps. Sauf qu'aujourd'hui, je le sais, ça fait plusieurs jours que je pense à elle. Que je tourne en rond comme une dingue, comme une lionne en cage, parce que je crève d'envie de la revoir... Parce que ses yeux bleu océan m'ont empoisonné l'esprit, parce que sa bouche était une invitation aux baisers.
Comment je vais avouer ça Hamza ? Il ne comprendra jamais que toutes les fois où on a pu faire l'amour, c'était juste mon corps qui avait terriblement envie et pas ma tête ... Il va se sentir mal, c'est sûr et certain. Lui aussi risque de se sentir trahi quelque part, mais il faut l'admettre, nous sommes de toute façon sur la pente descendante. Je ne sais pas s'il a franchi le cap, mais moi non, pas réellement... J'ai respecté la promesse de notre mariage, quitte à me perdre moi-même. Quitte à scinder cette partie de moi, et l'enfouir loin, très loin au fin fond de mon inconscient, dans un coffre fermé, scellé à je ne sais combien de tours, encerclé de milliers de chaînes. Mais est-ce que lui, il l'a déjà fait ? Est-ce qu'il a déjà ressenti suffisamment d'attirance pour mettre en péril tout ce qu'on avait construit ? Pourtant, on n'est pas heureux. Il va falloir qu'on l'admette... Le problème c'est que j'ai peur. J'ai peur d'être ce que je suis, j'ai le sentiment d'être un monstre... Chapitre 1 Marine Six mois se sont écoulés depuis l'anniversaire de Grace. Avec elle, comme avec Lilian, je suis passée par to us les états d'esprit possible. Si au début, cette jeune femme m'avait touchée, par la suite j'avoue que je l'ai très mal jugée. Je m'en veux énormément, même si elle n'arrête pas de me dire qu'elle comprend tout à fait les raisons pour lesquelles, j’ai raconté ce qu’on m’a rapporté à Lilian. Elle sait que je voulais protéger mon frère, mais il y a rien à faire, je me déteste terriblement d'avoir cru un connard. Le pire, c'est que j'aurais dû me douter que François était capable de genre de choses, parce qu'il y avait déjà eu des signes avant-coureurs. J'ai cru naïvement, que le fait que je le connaisse depuis plus longtemps qu'elle, m'octroyais la permission de le croire plus, lui, et surtout de la juger, elle. J'aurais dû me rendre compte, que les monstres sont souvent bien déguisés. Ils arrivent avec leur gueule d'ange, leurs yeux malicieux mais la perversion qui les habite fait d'eux, des démons emplis de cruauté. Heureusement, que mon frère a su voir clair dans son jeu. Mais c'est vrai qu'il s'en est fallu de peu, tout aurait pu irrémédiablement se casser la gueule et atteindre le point de non-retour. Je n'ai pas vu à quel point il allait mal, je n'ai pas compris combien elle lui manquait. J'ai le sentiment d'être une sœur horrible parfois et de ne pas jouer mon rôle à la perfection. Je veux le mieux pour lui et j'espère réellement que c'est Grace... Pour le moment, il semble heureux, le sourire qui s 'est incrusté sur son visage à l’air ne pas s'évanouir pour une fois. J'aimerais vraiment que son passé soit derrière lui, que les ténèbres qui l'entourent inconsciemment vont peu à peu s’en aller pour laisser entrer la lumière de cette jeune femme.
Mais je sais que quelque part, je redoute la chute... Mon frère fait partie de ces gens à part, qui ne sont jamais pleinement heureux. Ne me demandez pas pourquoi, il a toujours été comme ça. Souvent même, je me suis demandé s'il ne détruisait pas exprès ce qui lui arrivait de bien. J'ai eu très, très peur pour lui, mal aussi, parce que ce côté dépressif de lui le submerge, le ronge, le gangrène tant, que plusieurs fois, il a essayé de mettre fin à ses jours. J'ai toujours pu le rattraper, mais je me dis souvent que les choses ne doivent pas toujours être faciles pour Grace. Ils ne vivent pas encore ensemble, cette dernière veut prendre son temps et je la comprends. Elle a une petite fille, adorable en passant, mais qui de toute évidence a hérité de la franchise de sa mère. Mathéo est venu s'installer ici, mais je ne sais pa s, je me sens bien avec lui et pourtant, c'est comme si quelque chose me manquait... Comme s'il n'était finalement pas la copie conforme de ce que j'attendais... Normalement, on sent ses choses, c'est fluide et on ne se pose pas le genre de question que je me pose. Je me déteste lorsque je suis comme ça, ça ne vient pas de lui... Il est adorable, attentionné et gentil, il fait tout ce qu'il faut pour que je me sente bien. Il est parfait. Mais justement, c'est peut-être ça qui ne va pas... Il est trop... Lisse. Peut-être qu'au fond j'ai besoin d'autre chose, et ces derniers temps je me remet à penser Hamza. Quelque chose m'avait percuté chez-lui lors de l'an niversaire de Grace, je m'étais retrouvée enfermée dans une bulle où plus rien n'existait autour de nous, à part nous. Il m'attirait, c'était indéniable. C'est d'ailleurs depuis ce moment, que mon crâne es t en proie à des doutes et des remises en question. Qu'est-ce que je veux de ma vie ? Avec qui je souhaite la partager ? Est-ce que j'ai vraiment envie d'une existence aussi classique, encroûtée, routinière et sans magie ? Est-ce que j'ai vraiment envie faire des plans jusqu'à dix ans en avance ? On en est tout de même rendus avoir un planning pou r les tâches ménagères, mais aussi un menu pour les repas sur tout un mois. Où est l'inattendu dans tout ça ? Je souffle et m'étale sur mon lit, je n'ai même pas envie d'aller travailler aujourd'hui. Même mon boulot qui est ma passion première, m'étouffe... J'ai besoin de rêve, de poésie, d'avoir mon palpitant qui s'excite dans ma poitrine. Même nos relations sexuelles s'essoufflent... Tout est cadré, chronométré, calculé en fonction de mon cycle mais surtout pas en fonction de mes envies. Il n'y a plus cette passion, cette sensualité, ces frissons. Je me recroqueville sous ma couette, la seule chose que je trouve à faire à cet instant, c'est pleurer.
Pleurer sur mon triste sort. Ce n'est pas que je suis réellement malheureuse, mais c'est triste justement parce que je suis je ne suis pas heureuse. J'ai besoin de plus. J'ai besoin de mieux. Et je suis bien obligée de me rendre à l'évidence, ce n'est pas lui qui me l'apporte... J'attrape mon téléphone, fébrile, je vais dans le menu déroulant, je clique sur les contacts. Il est là depuis six mois, ce numéro qui me tente et que je n'ose pas appeler. Le prénom Hamza s'étale en toutes lettres... Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je veux faire ? Muée par je ne sais quelle frénésie, mon doigt s'active sur la touche message. [Coucou... Je sais que j'ai mis du temps et j'en su is désolée. Je ne sais pas ce que tu penses du fait qu'on pourrait peut-être se rejoindre pour boire un café ? Ah et tu as sûrement oublié... C'est Marine, la sœur de Lilian.] Mon IPhone m'indique que le message a été lu, pas juste reçu... Mais que ce texto a bien été délivré et mon destinataire l'a ouvert. J'enfouis mon visage dans mon oreiller, mais qu'est-ce qui m'a pris bon sang... Je suis complètement à la masse. Il est marié, je fais n'importe quoi. La réponse tarde à venir et je me dis que j’ai sans doute commis une énorme erreur. Je n'ai pas le droit de m'immiscer dans son existence, tout ça parce que je viens de me rendre compte que la mienne n’est pas celle que je recherchais. Alors que j'allais lui renvoyer un message, pour lu i dire d'oublier finalement mon numéro, un bip strident résonne dans ma chambre. [Non, je n'ai pas oublié qui tu es... Pour tout t'a vouer, avec cette histoire entre Grace et Lilian, je me suis dit qu'il valait mieux que je fasse prof il bas et que tu n'avais certainement pas envie d'avoir de mes nouvelles... Le gros problème en soi, c'est que ça fait six mois que je me demande ce qu'il s'est passé ce soir-là...] Mon pouls s'accélère, il frappe, tape et presque s'insurge contre la paroi fine de mes veines. J'ai la sensation bizarre que ce message va changer toute ma vie... J'aimerais me fracasser la tête contre les murs, parce qu’irrémédiablement, je vais lui répondre et je me hais d'être si égoïste. [C'est vrai que ces moments-là étaient compliqués, mais aujourd'hui tout le monde va bien et tout le monde est heureux... M ême si les questions, moi aussi me remplissent... Peut-être qu'aujourd'hui, il est finalement temps de trouver des réponses.] Cette fois, je n'ai pas à attendre d'aussi longues minutes, la sonnerie m'indiquant un message, arrive presque instantanément. [J'ai beaucoup de boulot avec mon entreprise, mais je serai sur Paris pour un déjeuner d'affaire jeudi. Ensuite, j'ai quelques heures de d isponibles car je dois trouver un cadeau d'anniversaire à mes jumelles. Si ça te dit on peut se rejoindre à ce moment-là ? Enfin, si tu peux te libérer par rapport à ton cabinet...] Jeudi.
C'est si long et si court à la fois. Long, parce que je sais que l'ange et le démon qui cohabitent dans ma tête, vont passer leur temps à se battre verbalement. Chacune des deux parties, s'escrimant à me donner s a vision des choses, à utiliser tous les arguments possibles et imaginables pour me faire plier dans l'une ou l'autre des directions. Que vais-je choisir au fond ? La facilité et l'ennui d'un chemin tout tracé avec quelqu'un que je ne suis même pas sûre d'aimer ... Ou bien cet inattendu, cet interdit, cette certainement impossible histoire, mais qui va me faire vibrer comme jamais ? Ce secret qui va tout bouleverser... Oui, parce que forcément ça en sera un, il n'y a pas d'autre solution. Je ne peux pas me confier à mon frère sur ce genre de choses, pour la simple et bonne raison, qu'il me cataloguera très vite comme cette salope de Rosanna. Peut-être qu'au fond, il aurait raison, parce que ce n'est pas très moral ce que je suis en train de faire. Je m'en rends compte, je ne suis pas idiote mais ça fait des mois et des mois que je repousse cette envie. Et ce que je comprends simplement, c'est quelque chose ne tourne pas rond dans ma vie. J'en suis tout de même propriétaire, il me semble, du moins jusqu'à preuve du contraire... Inutile de vous dire que la perspective d'un sentier tout tracé, écrit à l'avance, me fait bien plus flipper que quelque chose que je ne peux pas appréhender. Voudriez-vous d'une vie où votre mec vous balance en plein acte : « Bon alors pour la fellation, pas plus de dix minu tes, parce que si je jouis dans ta bouche c'est comme si je suicidais mes spermatozoïdes... » Sincèrement, ça vous donne envie vous ?