Listen to your Soul

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109 pages
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Description

Suite à son retour auprès des siens, Grace a enfin pu réaliser son rêve : devenir chanteuse.


Sa rencontre avec Lilian a bouleversé sa vie, mais comme toute histoire, elle a son lot de failles.


Est-elle enfin heureuse comme elle l'a tant espéré ?


Retrouvez notre héroïne sur le devant de la scène, sous les flashs des photographes.


Dans les coulisses, la mélodie de l'amour se jouera-t-elle en fa mineur ou bien le requiem touche-t-il à sa fin ?


Parfois, c'est dans les profondeurs de notre âme que s'élèvent les plus belles notes...

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EAN13 9782378161460
Langue Français

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[Léticia Joguin-Rouxelle]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Léticia Joguin-Rouxelle. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-145-3 ISBN numérique : 978-2-37816-146-0 Conception graphique de couverture : Caly Design
« À l'encre de nous » « À l'encre de nous, j'ai vidé les tiroirs de mon âme, parfois versé des larmes. J'ai ri comme jamais, comme si tout pouvait s'arrêter demain, s'évanouir d'un seul coup. On m'a dit "vis sans regrets", je nous ai vécu, nous, comme un fou rire après l'amour, comme un voyage sans retour. À l'encre de nous, j'ai hurlé ton nom dans le noir, sacrifié mon cœur et mon temps, sentie seule si souvent, pendant que tu t'éloignais de nous. Ton so uffle était chaud un instant, puis froid, les secondes d'après... Tout était un immense paradoxe entre tes mots et ce que tu faisais. Comment savoir ce que tu voulais de nous ? À l'encre de nous, je me suis parfois endormie, parfois sentie revivre. Et à d'autres moments : inexistante, transparente presque fantomatique, mais dans cette encre invisible, je me sentais moi, sans barrières, sans masque même sans tes "toujours". À l'encre de nous, j'ai voulu voir des signes, qui peut-être n'existaient pas, j'ai cherché dans tes peurs et dans tes peut-être, des demi-victoires, ar rachées parfois, avouées souvent. Mais jamais d'actes, d'effleurement ou de serments. À l'encre de nous, je ne voulais que toi et simplem ent nous. Sans les diktats imposés de notre société, sans les cases dans lesquelles, on se meurt. Juste nous, notre bulle, nos bras et le reste... On s'en fout. À l'encre de nous, j'ai laissé quelques ecchymoses, des cicatrices, des blessures qui suintent encore, invisibles pour l’œil, mais pas pour nous. À l'encre de nous, j'ai compris, la mort dans l'âme que parfois, il fallait arrêter de se mettre à genoux. Que parfois, il fallait déposer les armes, parce que le pire ennemi que l'on puisse combattre, ce n'est pas l'autre, mais nous. Je ne peux pas t'obliger à t'aimer, je ne peux pas t'obliger à vivre, mais je ne peux pas me perdre, plus que je ne me suis déjà perdue, pour nous. À l'encre de toi, j'ai baissé les bras et fermé ma porte. Personne ne peut voir à ta place, cette lumière que notre nous, nous apporte. À l'encre de toi, j'ai perdu un bout de mon âme en te laissant partir, mais je n'avais pas le choix... Tu ne m'en a pas laissé le choix. Je ne sais pas où tu es, où tu t'es perdu, mais si je te sauve, qui me sauveras, moi ? À l'encre de nous, j'ai sauté dans le vide et je me suis crashée... Sans toi... Pour mieux me remettre debout. Peut-être qu'à l'encre de moi, tu devras toi aussi, en passer par là et te sauver tout seul... Sans moi... » Léticia Joguin-Rouxelle
Prologue
Elle m’a vidée de tous mes mots, mais mes maux, eux, sont encore là. À fleur de peau, je lutte contre eux et quand je crois que c’est gagné, ils me rattrapent, encore et toujours, inlassablement. Hier encore, elle était là, libre et princière, libérée et sincère, nichée au creux de mes bras. Je revois encore ses yeux verts, pleins d’étoiles et d’espoir, tandis qu’elle ne cessait de croire en moi, en nous. Elle y croyait pour deux. Hier encore, elle était là, ma bouche savourait la sienne, son corps frémissait sous mes doigts. J’aimais ça entendre ses soupirs, délivrés au creux de mon oreille, sentir son parfum dès le réveil, sa bouche me couvrant de baisers pour me sortir de mes rêves. Hier encore, j’étais son roi et elle mon éternelle, elle aurait tout fait pour moi. Elle était cette lumière qui me sauvait de moi, ma veilleuse dans les ténèbres de mon âme, celle qui m’enterre tout bas. Hier, n’est plus, il n’existe plus. Je l’ai cassée… Je l’ai brisée, repoussée, abimée détruite, comme un enfant gâté. Mais je me sens vide, un bout me manque, quelque chose de plus s’est brisé. Je n’ai pas saisi à ce moment-là que plus jamais, je ne serais moi, si elle n’est pas auprès de moi. Elle est partie, je l’ai fait partir, elle a abandonné la partie, je l’ai faite fuir. Je voulais la garder, la serrer plus fort contre moi, mais je n’ai pas réussi. Et la noirceur me l’a prise, arrachée, volée… Ses larmes coulaient toujours à cause de moi, parce que ce besoin d’être seul, d’être libre, prenait le pas sur ce « nous », que je niais tant. Oui, j’ai avoué mes sentiments, oui, je l’aime, mais je ne suis pas fait pour ça. La vie à deux, la guimauve, ce sentiment d’être prisonnier, m’asphyxiait, m’enserrait la gorge et finissait par me donner la gerbe. Je l’ai perdue. Je me suis perdu. J’ai tout foutu en l’air, parce que je ne suis doué que pour ça : détruire. Et je l’ai entrainée dans ma chute. Je ne sais pas si elle se relèvera de moi, je sais juste que c’était plus facile de m’enterrer encore une fois, à coups de nanas, de secrets, de mensonges et de vodka…
Chapitre 1 Grace — Moteur ! Action ! Ça fait dix fois qu'on répète cette même scène, liée à l'enregistrement de l'émission. Je voudrais souffler un peu, même si je sais que c'est le prix à payer pour vivre enfin mon rêve, jamais je n'aurais imaginé que ce serait aussi dur. Ce n'est pas que je m'en plains, j'adore toutes les parties où je répète avec mon coach, les instants où une fois par mois, je suis sur scène face à tous les autres candidats. Ce que je déplore, c'est toute cette agitation autour de ma vie privée, alors que je ne me sens passi spécialeque cela. — Mademoiselle Nouvelle, aviez-vous toujours rêvé de tout cela ? Le journaliste en face de moi est fébrile, presque intimidé, il tremble sur son bloc note. Ses joues prennent une teinte carmin, tellement il semble à côté de ses pompes. Je crains bien de l'impressionner plus qu'il ne le faudrait. — Mademoiselle Nouvelle ? Des larmes de sueur perlent sur son front, il implore presque ma réponse et il vaudrait mieux que je m'y mette, si je ne veux pas passer pour une diva de plus. Ce n'est pas grave. Ce moment de flottement sera coupé au montage. Pendant que j’arbore mon plus beau sourire, celui à l'épreuve des balles, je sens la tension dans son regard. Pincez-moi, je rêve ! Est-ce que je lui plais ? — Oui, j'ai toujours souhaité tout cela, même si je n'avais pas imaginé tout à fait les choses ainsi. — C'est à dire ? Pouvez-vous être plus explicite ? — Hé bien... Comment dire... On ne se réveille pas un matin en se disant :« Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? »celle-ci s'amuse à nous faire passer par des chemins détournés. On Parfois, n'obtient pas toujours les choses dans l'instant I, mais plutôt au moment M, dans le sens où... C'est quand on se demande ce que l'on veut vraiment, que les choses se mettent en place. Avec surtout beaucoup de travail. — Donc l'émissionLa nouvelle voixest pour vous une chance ? — Bien sûr. Une chance de réaliser ce pour quoi je suis faite. — Donc, vous êtes talentueuse selon vous ? — Ce n'est pas ce que j'ai dit. Mais je crois bien, que je ne sais pas faire autre chose, au fond. Et si mon public aime ce que je fais, alors je continue. Le jour où l'on aimera plus ce que je véhicule, je raccrocherai alors... Johann m'envoie un clin d'œil, comme pour me signifier« bien joué », sauf que je ne joue pas. Je ne m’amuse pas. Ces mots sortent du plus profond de mon âme. C'est exactement ce que je ressens. C’est toujours ce que j’ai ressenti. Quand on ne veut plus de moi, je m'en vais, c'est aussi simple que cela. Sans bruits, sans claquer la porte, sans larmes publiques ou drames. Je ne me mettrai plus en scène comme à mon anniversaire où j'ai littéralement pété un câble. Parce que ça, ce n'est pas moi... Si Lilian m'a appris que je suis plus tenace que j'en ai l'air, je sais aussi qu'il ne fait pas toujou rs ressortir le meilleur en moi. J'ai ce truc à l'intérieur, cette espèce de chose sombre qui fait que je peux, à tout instant sublimer les choses mais aussi les casser, les froisser et les déchirer. Parce que pour défendre les personnes que j'aime, je peux sortir les griffes même s'il s'avère que ces mêmes gens, se révèlent malsaines, toxiques et néfastes pour moi. Parce que je suis si entière, que j'ai ce moment de cécité où je ne vois pas les êtres pour ce qu'ils
sont, mais pour ce qu'ils m'apportent, me font ressentir... Lilian a été cet électrochoc dont j'avais besoin, le défibrillateur de ma vie, celui qui m'a fait saisir que mon corps n'était pas encore mort, et mon cœur, probablement pas non plus. On s'est retrouvés, oui. Est-ce que je suis heureuse ? Je ne sais pas. Je sens qu'il fait des efforts et qu'il lutte contr e ses démons, mais je n'ai toujours pas gagné la partie. Mais justement, c'est le grand drame de ma vie, je ne fais que répéter sans cesse les mêmes erreurs, comme si l'amour était mon enfer à moi. J'ai tellement peur de faire du mal aux gens, que je pense à eux avant de penser à moi. Pourtant, je sais que ça ne doit pas marcher ainsi. Les rouages de la fonctionsentimentsont pris un coup dans les palles et rajouter de l'huile pour les dégripper ne suffira plus à un moment. Pourquoi je m'accroche alors ? La réponse est claire, évidente et empoisonnée à la fois. Je l'aime. Et tant que mon cœur battra pour Lilian, je tenterais tout pour nous sauver. Ce week-end, j'ai prévu d'aller à Center Parcs avec lui et Lina. J'ai besoin de quelque chose de normal. Les paillettes m'étouffent, m’irritent et me grattent les trois quarts du temps la gorge. Je sais, je me plains alors que j'aime ça, j’adore ce que je fais... Mais j'ai tellement aussi cette envie de simplicité, de normalité sans flash de paparazzi, sans directeur de production à impressionner. J'ai besoin de déposer le masque. Ma casquette de maman me manque. Ma vie d'adolescente me manque. Vous savez pourquoi ? Parce que tout était simple à ce moment-là, je regr ette ce temps où j'étais certes capricieuse parfois, mais aussi insouciante. Je regrette aussi mon premier amour, même si ça m'écorche au fond de moi, me scalpe le crâne et me dépèce sournoisement. Hamza est marié avec Tatiana. Elle a gagné. J'ai perdu. Ça aurait dû être la fin de la partie. Je pensais avoir oublié, mais le revoir régulièrement me trouble. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai la sensation qu'il n'est pas si heureux qu'il veut bien me le faire croire. Et surtout, j'ai encore en moi ce besoin de le protéger. Il fait partie de ma famille, il en fera toujours partie, c'est comme ça. Et on ne fait pas du mal aux miens. Alors que nous faisons une pause-café, mon téléphone vibre, je le sors et le déverrouille. [C'est toujours d'accord pour le dîner de ce soir ?] Comme d'habitude, pas de « bonjour, ça va... », du grand Lilian quoi. [Oui.] [Tu parles pas beaucoup. Je te fais chier ?] [Non, pas du tout, mais on m'attend pour une séance photo.] [Toujours ton travail avant le reste. Avant moi.] [Arrête, j'ai aucune envie de m'engueuler avec toi. On se rejoint vers 15-16h, je te dirais où, je veux passer du temps avec Lina avant de la redéposer chez mes parents.] [OK. T'as tes règles ou quoi, toi aussi ?]
[Je ne vois pas ce que ça vient faire dans la conversation... À tout à l'heure, je t'aime.] [À taleur, Belle.] Il est encore dans une mauvaise phase et je ne comprends pas pourquoi, je fais le maximum pour me mettre en quatre, mais de tous, c'est celui qui se montre le plus exigeant. J'espère sincèrement que la soirée va bien se passer, parce que je ne sais pas si je supporterais une énième dispute. On a besoin de se retrouver. Besoin de s’aimer encore. L'émission me prend beaucoup de temps et le dispatcher entre tous s'avère plus que difficile. Un vrai Tetris. Et celui de ma vie est bien plus périlleux qu'une saleté de jeu de Game Boy. Sauf que je déçois beaucoup trop de gens, je crois. Surtout moi-même. C’est peut-être ça le pire, en fait. Je n'ai même pas eu le temps d'aller voir Cyrille encore et je m'en veux, même si je sais qu'il sort bientôt. Des petites affaires sont ressorties et sa libération n'a eu de cesse d'être repoussée à chaque fois de quelques semaines, j'admire Sadia pour son courage et sa détermination. En même temps, lorsque cela fait dix-sept ans que l'on s'attend, on est plus à quelques jours près. Ils sont véritablement l'incarnation du mot patience tous les deux. J'espère qu'ils réussiront enfin à se retrouver, ils le méritent tellement. Le bonheur ne peut se conjuguer sans eux, sinon, il n'est plus dans les cordes de sa définition même. Je pense que pour nous trois, la vie a suffisamment mis d'épreuves sur notre route, les sentiers bordés d'épines, ça va aller, il est grand temps d'élaguer et de faire pousser des fleurs à la place des ronces. Temps de déblayer les cailloux et de faire place nette, sans bosses ou dos d'âne, sans creux ou précipices qui nous ramèneraient sans cesse au poin t de départ sans jamais planter le drapeau d'arrivée... J'ai besoin de lisser les choses car à trente-cinq ans, je rêve de normalité. Pourquoi est-ce que tout s'avère toujours si compliqué dans mon existence ? Parfois, je me demande et sûrement trop souvent ce que Dieu a prévu comme plan pour moi. Est-ce que je suis heureuse ? Je crois que je m'en persuade... Une sorte de méthode Coué, le tout c’est de savoir combien de temps cela va me prendre, pour que je parvienne à y croire.