Love Connection

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58 pages
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Description

Veuve depuis quelques années et plutôt solitaire, Jacqueline reçoit de la visite pour les vacances d'été.


Obnubilé par les réseaux sociaux, son petit-fils lui offre ainsi l'occasion de découvrir les joies d'Internet et de ses moyens de communication.


À la fois intriguée par le concept et audacieuse, elle utilise un subterfuge qui l'amène à discuter avec un jeune et séduisant photographe.


De ces échanges vont naître une belle histoire mais surtout d’inattendus rebondissements...

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EAN13 9782378161033
Langue Français

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Love Connection [Sophia DiLorenzo]
© 2018, Sophia DiLorenzo. © 2018, Something Else Éd itions pour la présente édition. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © Adobestock Illustration : © Lucile Kos ISBN papier : 978-2-37816- 102-6 ISBN numérique : 978-2-37816-103-3 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite.
CHAPITRE 1 Dans son petit logement parisien de la rue Mouffeta rd décoré de photos souvenirs de l’époque où son bien-aimé était à ses côtés, et d’é tagères débordant d’ouvrages de toutes sortes, Jacqueline s’empresse de tout mettre en ordre en vue d’un évènement très important : ce soir, son petit-fils Julien arr ive d’Angoulême. Une vraie bouffée d’oxygène pour elle, avec l’impression de vivre une seconde jeunesse à travers lui. Depuis la disparition voilà bientôt sept ans de Christian, l’amour de sa vie, elle vit par procuration, partageant à présent entre son studio et le jardin des plantes, à cent mètres de chez elle. Julien lui rappelle la jeune f ille de 19 ans qu’elle était jadis et surtout, elle est comblée de pouvoir partager avec lui sa passion de la littérature. Elle termine la préparation de son plat préféré : u n bon poulet rôti au romarin et thym dont rien que l’odeur embaumant l’appartement annon ce la douceur des moments à partager. La sonnerie signalant l’arrivée d’un SMS retentit dans la cuisine : « Mamie, Voyage OK. Attends le taxi… A + Bizz » Tout en le lisant, un sourire attendri illumine son visage. Ah, la génération SMS et autres réseaux sociaux ! Elle a l’impression de ven ir d’une autre planète. Julien essaie de lui expliquer les codes de ce langage avec sa pa tience coutumière, l’initiant à l’informatique et notamment internet qui, il faut l e reconnaître, est bien utile. Il sera là d’ici environ 45 minutes. Elle a donc le temps de se préparer pour être la plus jolie possible. L’image que lui renvoie le mir oir pourrait être pire, un léger voile de tristesse est présent dans ses yeux bleus autrefois pétillants. Ses cheveux qu’elle porte courts, complètement gris, pourraient bénéfic ier d’une couleur, elle se rend compte d’une certaine négligence. Mais, après tout, pour plaire à qui ? Celui pour qui elle se faisait belle et désirable n’est plus, la s eule présence masculine qu’elle a et qui lui suffit c’est son petit-fils chéri. Un nuage de « L’air du temps » son parfum fétiche e t la voilà prête. Elle se sent parfois coupable de sa relation privilégiée avec so n petit fils et peut être injuste pour sa petite fille Justine. Elle a beaucoup d’affection a ussi pour elle naturellement, mais elle ne sent pas ce lien avec elle comme celui si fort e t puissant qui la relie à Julien. Alors qu’elle finit de préparer la table, la sonner ie de son portable sort Jacqueline de sa rêverie : — Oui, tu es arrivé, mon chéri ? — Bonjour maman, désolée ce n’est que moi… Comme toujours, Sabine, sa fille, ne peut s’empêche r de lui reprocher cette « préférence ». — Comment vas-tu ? Jacqueline essaie de prendre un ton détaché. — Juste pour te dire que Julien devra écourter son séjour, car je suis arrivée à lui dégoter un job d’été. — Ah oui ? Et il commence quand ? Une légère déception l’envahit. — Le 20 juillet alors tu seras priée de le libérer… Le ton est assez cassant. Jacqueline n’aime pas les conflits et garde pour elle la réponse qu’elle souhaiterait formuler. — Très bien, pas de soucis. — OK, et dis-lui qu’il pense à me donner quelques n ouvelles. Il est arrivé ? — Non pas encore, mais ne t’inquiète pas.
— OK, à plus tard. Sans même laisser à sa mère le temps de lui dire au revoir, Sabine raccroche. Après chaque appel de sa fille, Jacqueline demeure un mom ent comme prostrée. Pourquoi tant d’hostilité ? Cet amour démesuré pour Julien a urait-il dévasté à ce point les autres ? Ça y est, l'interphone retentit. Et comme chaque fo is, le jeune homme veut que sa grand-mère descende le chercher.Il a toujours cette allure dégingandée, mais qui fa it son charme,pense-t-elle en s’approchant. — Mamie, tu as rajeuni ! Trop cool d’être avec toi, dit-il en la serrant dans ses bras. À peine arrivé au studio, il hume l’odeur qu’il ado re et qui l’attend comme signe de bienvenue. Tout en dégustant le bon dîner, Julien c ommence à s’épancher sur ses soucis relationnels avec sa mère : — Elle est vraiment trop soûlante tu sais, toujours derrière moi. Heureusement que Jacqueline a appris à décoder le l angage des jeunes et avec un sourire indulgent : — Elle se fait du souci pour toi tu sais, comme tou tes les mamans. — Toi aussi tu t’inquiètes, mais tu ne te comportes pas comme elle. Mais le pire, c’est qu’elle ne comprend pas que je n’aime pas le boulot qu’elle m’oblige à faire ! Depuis toujours, Sabine souhaite que son fils suive la même voie qu’elle dans la comptabilité alors qu’il déteste cela et ne vit que par les livres et l’écriture. Jacqueline ne veut pas s’immiscer dans leur vie, la situation est déjà assez compliquée comme cela, mais elle comprend l’exaspération de son peti t-fils. Elle a dû elle-même affronter sa propre mère pour imposer ses choix dans une époq ue où les femmes n’avaient pratiquement aucun droit. Le jeune homme bien repu par ces mets copieux se se nt somnolent. Sa grand-mère connaissant par cœur ses habitudes a déjà tout prév u : — Va donc te coucher, mon grand, ta chambre est prê te. — Oui, mais avant il faut que je dise à tous mes am is sur Facebook que je suis enfin chez ma mamie préférée. — Toi et ton Facebook ! J’espère au moins que tu as encore quelques amis réels ? — Oui, bien sûr, mais on ne partage pas les mêmes c hoses avec eux… — Tu m’en diras tant, soupire Jacqueline qui éprouv ait parfois de la nostalgie sur les bals de sa jeunesse. — Allez, va donc rejoindre tes « potes », ne les fa is pas attendre Elle aime le taquiner. Pendant que son petit-fils s ’enthousiasme à retrouver ses amis déjà au rendez-vous virtuel. En l’observant, elle n e peut s’empêcher de se demander ce qu’ils peuvent bien partager. Le mot partage rep résente tout autre chose pour les personnes de sa génération. Pour elle, rien ne remp lace le contact humain, la discussion autour d’un livreAu bout de deux heures d’échanges, Julien, fatigué pour de bon, se décide à aller se coucher, laissant sa grand-mère devant l’un de ses programmes favoris : un documentaire animalier. — Mamie chérie, bonne nuit et ne t’inquiète pas pou r l’ordinateur, il va se mettre en veille au bout d’un moment. Alors qu’il s’éloigne vers sa chambre en lui envoya nt des baisers du bout des doigts, Jacqueline se sent comme attirée par cet écran lumi neux et qui émet un drôle de bip à l’arrivée de nouvelles notifications. Allons bon, se réprimande-t-elle, tu ne vas pas toi aussi te laisser avoir par ces maudites technologies ! Une femme de ton âge ! Mais une autre voix lui susurre le contraire.
CHAPITRE2 À peine levé, après un gros câlin à sa mamie et un copieux petit déjeuner, Julien s’empresse de se connecter pour voir les derniers p artages de son comité d’amis de Facebook. Comme d’habitude, ce sont les plus fidèle s qui sont déjà présents et parmi eux, le plus récent et aussi le plus intéressant à connaître : Christophe DUVERNET. Le photographe a publié de superbes photos et depuis J ulien est fan. D’ailleurs, il a ouvert ce compte-là exprès pour des contacts plus « éloign és » et divers. « Hello, comment ça va, mon pote ? » « Salut, trop fatigué ! Je me suis couché à quatre heures du mat’ », répond Christophe. « Eh frérot, il faut arrêter de faire ton beau goss e ! MDR. » Il est vrai que le photographe est très séduisant e t les quelques photos qu’il a postées de lui ont dû en faire craquer plus d’une. Sur son statut, il a indiqué être célibataire. Julien n’ose pas vraiment questionner son nouvel ami sur ses conquêtes, mais cela l’intrigue beaucoup. De plus, il sait que l’univers de la mode que côtoie le séduisant trentenaire est propice aux rencontres au trement sulfureuses… « Alors, quoi de neuf aujourd’hui ? » « Je vais être plus au labo pour mes derniers clich és et toi ? » « Bah, je vais profiter de ma mamie chérie et me ba lader un peu. » Sur ces paroles, il fait un clin d’œil à Jacqueline qui vaque à ses occupations. « Tu as bien de la chance de pouvoir te faire dorlo ter ! LOL. » Après encore plusieurs échanges entre taquineries e t autres dernières infos, les deux amis prennent congé. Julien se décide enfin à aller se doucher et laisse donc sa page ouverte. Jacqueline, tout comme la veille au soir, se sent c omme aimantée vers cette page qui lui ouvre un univers si inconnu. Mais elle doit reconnaître qu’en même temps l’inconnu l’excite… alors pourquoi pas juste une fo is? Installée devant l’écran, elle voit que plusieurs d iscussions sur Messenger sont encore actives et notamment celle avec le photograp he. Et là, elle reste bouche bée par le regard bleu azur du jeune homme qui illustre le profil. Ce dernier pense que son jeune ami est revenu en ligne : « Ben alors, pas envie de te bouger ? Lol. » « … » Jacqueline n’ose répondre. « Ben quoi, tu causes plus ? » « Euh... j‘ai oublié de prendre mon chargeur, parvi ent-elle à répondre, s’étant rappelée que souvent son petit-fils devait écourter des conversations à cause de ça. » « LOL, oui moi aussi, ça m’est arrivé, plutôt embêtant. » Jacqueline commence à se sentir comme prise dans un piège : doit-elle continuer cet échange improbable ou redevenir raisonnable et partir ? Elle a l’impression que ses doigts ne lui appartien nent plus et écrivent seuls sur le clavier : « Mamie m’attend pour les courses, tu seras connect é vers quelle heure ? » Seule réponse à venir dans son esprit confus. « En début d’après-midi je pense, et comme ça je po urrai te montrer les dernières photos… » Et il ajoute alors le smiley clin d’œil. « Parfait alors, à bientôt ! » répond-elle après av oir failli répondre de façon plus « typique » d’une femme de sa génération. À tout !
Ces brefs échanges ont mis Jacqueline dans un état étrange. À la fois presque honteux et en même temps euphorisant. C’est donc da ns ces dispositions que Julien tout frais et dispo retrouve sa grand-mère. Celle-c i s’est dépêchée de reprendre son ménage pour ne rien laisser paraître. Cependant, le jeune homme remarque une certaine rougeur inhabituelle sur les joues de Jacq ueline et décide de mettre cela sur le compte de la chaleur. Alors que plus tard dans la matinée, ils font leur marché, Jacqueline ne peut s’empêcher de repenser au jeune photographe et a dé jà hâte de le retrouver. Elle pourra en profiter quand Julien ira rejoindre ses c opains. — Waouh trop beau ! Je vais poster ça sur mon mur ! s’exclame Julien en brandissant son iPhone pour photographier l’étal au x couleurs chatoyantes d’une marchande de fruits exotiques, sous le sourire amus é de la commerçante. — Toi et ton Facebook ! le taquine-t-elle tout en p ensant en elle-même quelle réaction il aurait s’il savait. Il a beau connaître ces lieux depuis toujours, le j eune homme ne peut s’empêcher de s’émerveiller chaque été à la vue de toutes ces bel les choses si diverses exposées. Il est vrai que les marchés parisiens sont si grands e t animés. Pendant ce temps, Christophe, lui, est en plein dév eloppement de ses derniers clichés dans le labo qu’il a aménagé dans son appar tement. Il aime bien ces moments d’échanges assez rafraîchissants avec ses amis surt out ce Julien, vraiment sympa et cool. En plus, pour ne rien gâcher, il est vraiment mignon avec ses airs de grand enfant. Il a même pensé lui proposer de poser pour lui, il doit être photogénique. Depuis que son compte a été piraté voilà quelques m ois, il reste toujours assez méfiant sur les réseaux sociaux. Mais les bons côté s, ce sont les contacts professionnels qu’il a pu avoir, notamment ce galer iste d’un certain âge si distingué et qui n’est pas insensible à son charme… C’est ainsi que la matinée s’écoule et que voici dé jà l’heure de se reconnecter. Malgré lui, Christophe bien qu’ayant trente ans bie n sonnés est devenu aussi accro à Facebook que tous ces jeunes ! Il sourit en voyant la photo...