Love séduction
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Description

Pour Jordanna son quotidien se cantonne à ceux qu’elle aime : ses meilleures amies, Laura et Manuela, son boulot, ses plans culs et surtout, à gérer sa vie comme elle l'entend avec son lot de complications.


Mais ça c'était avant son arrivé à lui. C’était avant qu'il ne lui fasse découvrir la vie et l'amour sous de nouvelle facette, c'était avant qu'il ne se faufile dans son cœur.



Lui, c'est Damien et sans qu’elle ne s’en rende compte, et d’un simple échange de clé, il a changé sa vie...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9791034815395
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ronde et Sexy
1 – Love Séduction

 
 
 
 
 
 
Jenna Ric’s
 
 
Ronde et Sexy
1 – Love Séduction
 
 
Couverture : Chloé S.
 
 
Publié dans la Collection Enaé
 
 

 
 
© Evidence Editions 2020

 
Mot de l’éditeur
 
Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, braille et audio.
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Il y aura toujours quelqu’un de plus beau, de plus intelligent, de plus jeune, mais ce ne sera jamais toi.
Ne change pas pour être aimé. Sois toi-même et les personnes justes t’aimeront pour ce que tu es…
R.L Montalcini.
 
 
 
 
L’amour n’est ni raisonnable ni raisonné ? C’est une évidence, une intuition.
Anne Bernard.
 
 
 
 
À mon évidence.
 
 
 
 
Chapitre 1

Jordanna
 
 
 
Salut, moi, c’est Jordanna Carpentier. Mais tout le monde m’appelle Jordan ou Jo. Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de moi. Alors, qui suis-je ? Une femme ronde de trente-quatre ans. Eh oui, il en faut ! Je l’avoue, je ne suis pas dans les normes standard, moi, je suis tout en volupté et en formes. Célibataire et fière de l’être. Je mesure un mètre soixante-dix pour quatre-vingt-quinze kilos. Oui, j’annonce mon poids, comme ça, il n’y a pas de surprise. J’ai les cheveux longs, couleur châtain clair, qui m’arrivent aux omoplates, du moins au naturel, car je change régulièrement de couleur. En ce moment, je suis framboise à mèches noires. J’ai des yeux noisette qui deviennent verts au soleil. Ah ! Petit plus que j’adore, je suis percée à la langue et j’ai des tatouages.
Fille unique, j’ai vécu avec mes grands-parents, car ma mère s’est barrée quelques années après ma naissance. M’ayant eu à dix-sept ans, elle se trouvait trop jeune pour être maman. À vingt-trois ans, après m’avoir fait vivre l’enfer et voir bien des choses qu’une enfant de six ans ne devrait jamais voir, elle a fait ses bagages en disant qu’elle me laissait sous la garde légale de ses parents et qu’elle ne reviendrait jamais. Depuis ce jour-là, ils m’ont élevée comme leur propre fille. Je ne me plains pas, j’ai été et suis toujours entourée d’amour par Jeanine et Claude qui m’ont inculqué de bonnes valeurs.
Mon grand-père a soixante-quinze ans maintenant, c’est un homme d’affaires avisé. Il possède plusieurs restaurants avec son associé et ami Yves Montfort. Ils sont cuisiniers de métier tous les deux et se connaissent depuis l’adolescence, il était donc naturel d’ouvrir leur premier restaurant ensemble, et ils ont eu raison. Leur savoir-faire et leur imagination font que leurs plats sont toujours excellents. La cuisine est faite maison, avec chaque jour des produits frais. Ma grand-mère, qui a soixante et onze ans, est couturière de métier. Dès qu’Isabelle, ma mère, est entrée à l’école, elle a décidé de créer une ligne de vêtements et a ouvert sa première boutique à Paris, « Carpentier and Co ». Grâce à cela, ils ont investi dans l’immobilier, ce qui me permet de vivre entre Paris et Biarritz, où j’ai grandi.
À Paris, j’ai mon propre appartement ou, du moins, un loft de deux cents mètres carrés dans un vieux hangar divisé en deux parties. Ils me l’ont offert pour mes vingt et un ans, après avoir commencé mes études de stylisme. L’autre partie du hangar appartient à M. Montfort qui l’a offert à son fils Damien. Je ne l’ai encore jamais vu depuis que j’habite ici, mais il va bientôt emménager, car ces dernières semaines, il y a eu beaucoup d’allées et venues pour refaire l’intérieur et déposer des meubles. M. Montfort est passé me voir il y a trois jours pour me confier la clé afin que je la donne à son fils au cas où il ne serait pas là.
Mon loft est situé dans le XIX e  arrondissement. Mes parents de substitution ont acheté leur maison ici, c’est l’endroit le plus boisé de Paris avec le parc des Buttes-Chaumont et celui de la butte du Chapeau rouge. En été, on peut se promener le long du canal de l’Ourcq et y faire du bateau, c’est vraiment très agréable. Il était logique pour eux de me trouver un logement dans ce quartier pour la qualité de vie, mais aussi pour ne pas être trop loin d’eux quand ils sont à Paris. Maintenant, presque à la retraite, ils voyagent beaucoup pour en profiter et je leur donne entièrement raison.
À Biarritz, il y a la maison de vacances familiale, en bord de mer. J’y séjourne régulièrement, même si ce n’est que pour un week-end, l’air marin me convient parfaitement et m’inspire. C’est d’ailleurs dans cet endroit que je me sens le mieux pour décompresser, mais pour le travail, la capitale reste l’idéal. Une chose est sûre, je finirai ma vie au bord de l’eau. Il y a tellement d’endroits que j’aimerais voir, Londres, New York, l’Italie… Je suis déjà partie en Crète, un paradis sur terre, mais si l’on veut se faire plaisir, il faut de l’argent, c’est comme tout. Donc, en attendant de devenir riche, sait-on jamais, j’économise pour un jour, découvrir le monde.
Ah, Paris ! Capitale de la mode… enfin de la mode moche et pour femmes qui ne mangent pas. C’est le problème de cette société où l’on doit tous être conformes. Le souci, qui n’en est pas vraiment un, est que nous sommes tous différents. Et justement quand on est différente, ronde pour ma part, rien n’est adapté. Nous sommes jugées pour un oui ou un non. Tout le monde croit que l’on passe notre temps à se goinfrer et que nous ne faisons rien de nos journées alors que ce n’est pas toujours le cas. Nous devons passer inaperçues, porter des habits informes et vraiment horribles. Je ne comprends pas comment certaines personnes osent faire des vêtements si laids, avec des couleurs et des coupes de merde. Je ne suis peut-être pas comme tout le monde, c’est clair, mais s’habiller est surtout chiant quand tu n’aimes aucun vêtement des collections actuelles. Et honnêtement, dès que tu dépasses la taille quarante-deux, quarante-quatre, trouver de quoi s’apprêter correctement relève du miracle. Ou alors, il faut dépenser une fortune pour s’acheter quelque chose de correct et ne pas ressembler à un sac à patates.
À mon adolescence et avec l’aide de ma grand-mère qui a conçu la plupart de mes vêtements, j’ai commencé à créer mes propres tenues. J’ai ouvert un blog pour partager avec d’autres filles mon quotidien dans le monde de la création, mais aussi pour prouver que l’on peut s’habiller correctement, et même être sexy avec des formes. Au début, mon blog ne décollait pas vraiment, mais, quand je suis rentrée à l’école de stylisme, tout a changé.
J’avais plus d’assurance dans mes créations, ce qui m’a permis d’être davantage suivie et d’avoir des demandes pour acheter certaines de mes créations. Vous vous rendez compte, c’était le début de la gloire. Oui, le début, car je viens d’apprendre que, dans quelques jours, je vais pouvoir présenter ma collection complète à une soirée où seront conviées des personnes huppées, et donc potentiellement de futurs investisseurs. Le rêve absolu. Le but que je m’étais fixé à mes débuts. Me faire connaître d’une part pour mes capacités, mais aussi de faire défiler de magnifiques jeunes femmes qui assument leurs rondeurs. Et ça, mes amies, c’est très rare.
À ce jour, j’arrive à vivre confortablement de ma passion. J’adore ce que je fais et je ne changerais ma vie pour rien au monde. Enfin, si… l’intérieur de mon corps. Depuis que je suis jeune, j’ai la santé fragile, et plus les années passent, plus elle se détériore. Je souffre de plusieurs pathologies et cela m’a amenée à être dépressive. Et oui, tout n’est pas rose, je m’efforce de profiter de la vie malgré tout. Y a des jours avec et des jours, voire des semaines, sans. Pour soulager tous ces maux, j’ai toujours un sac rempli de cachets plus ou moins forts pour m’aider à supporter ce bordel. Malgré cela, je profite pleinement de ma vie, tout en m’accordant une journée de repos total chaque week-end, afin de me détendre et reposer mon corps. Ordre de mon médecin, de ma psy et de ma kiné, que je vois deux à trois fois par semaine, et qui m’aident à mieux supporter les jours pénibles. Mais je ne m’arrête pas de vivre pour autant, j’adore sortir, danser et faire l’amour ou baiser brutalement, tout dépend de l’envie.
D’après ma gynécologue, j’ai ce qu’on appelle une hypersexualité ou sexualité compulsive. Quand elle m’a annoncé ça un peu avant mes dix-huit ans, et devant ma grand-mère, je ne savais plus où me mettre. Mais au moins, nous avons compris d’où venait mon excitation quotidienne bien que je sois jeune. Pour elle, c’est un comportement sexuel humain qui se traduit par une recherche continue et persistante du plaisir sexuel. C’est rare chez les femmes, et il fallait que ça tombe sur moi. Si je pouvais, je baiserais à longueur de journée et je suis capable de me donner plusieurs orgasmes par jour quand je suis en période d’excitation forte et que je n’ai personne sous la main. Le plus dur à supporter est lorsque je n’ai aucune relation sexuelle avec un homme. Trois semaines, c’est ma limite… sinon, je deviens agressive et râle tout le temps, annonçant une petite dépression. Pour ça, on me donne des décontractants et somnifères pour me détendre et m’endormir. Sans cela, en période d’excitation non assouvie et de stress, je ne dors plus et mange très peu. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à me maintenir. C’est chiant, mais j’adore le sexe et, depuis que je suis célibataire, je trouve toujours un homme qui veut bien baiser sans engagement malgré mes rondeurs. Je suis peut-être une salope ou simplement une nymphomane, cependant, ça ne me gâche en rien la vie que je mène et j’assume parfaitement.
Je suis joyeuse, joueuse, honnête, persévérante, loyale, accro au sexe, vous l’avez bien compris, mais aussi têtue qu’une bourrique. Une vraie grande gueule qui préfère la vérité au mensonge, que ça plaise ou non, et qui n’hésite pas à se battre si cela devient nécessaire. Je suis tout simplement moi. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai encore trouvé personne qui me convienne. Je profite pleinement de ce que le futur pourra m’offrir. Car le proverbe « les hommes préfèrent les rondes » est vrai, le seul problème est que beaucoup d’entre eux n’assument pas leurs choix. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée.
J’ai eu deux vraies relations dans ma vie, mon premier amour, Sébastien, j’avais seize ans et lui vingt-quatre, ça n’a duré que quelques mois, mais j’étais raide de lui. C’est lui qui a pris ma virginité, c’est à lui que j’ai confié mon corps et je n’ai pas été déçue. Quand nous nous sommes séparés, car son ex est réapparue avec un ventre énorme de femme enceinte, j’ai cru que mon monde allait s’effondrer. La première année de notre rupture, je ne sortais quasiment plus, alors qu’avant je passais tous mes week-ends en boîte. Oui, j’ai toujours fait plus vieille que mon âge.
À moitié remise de mon premier chagrin d’amour, car on s’en remet rarement complètement, j’ai rencontré quelques années plus tard Steven, mon plan cul qui l’est encore aujourd’hui. Après autant d’années et malgré quelques brouilles, il est encore à mes côtés. Dès que je suis en manque de sexe, il est toujours présent et se donne un réel plaisir de me satisfaire quand je l’appelle. Il est célibataire et compte bien le rester malgré ses trente-huit ans.
Le troisième garçon que j’ai aimé, Vincent, m’a brisé le cœur alors que je pensais qu’il était le bon. Il avait tout, beau, gentil, honnête, et il était aux anges que j’aie une sexualité aussi intense, surtout quand je le réveillais en pleine nuit ou le matin par une gâterie. Si je suis trop excitée, ça me réveille la nuit et, avec lui, je pouvais faire l’amour plusieurs fois par jour sans soucis. Mais après cinq ans de vie commune, mes ennuis de santé se sont aggravés. La douleur, jusqu’alors supportable, est devenue de plus en plus présente. Il a commencé à se faire distant quand mes envies disparaissaient avec les mauvaises nouvelles, et surtout les douleurs. Alors, oui, au début, on ne faisait plus aussi souvent l’amour, cette souffrance était insupportable et, avant de trouver un médicament assez efficace, il a fallu que je m’adapte. Il n’a pas attendu que je reprenne des forces, après six mois, il a trouvé une nana sur le net et lorsque je l’ai découvert, je l’ai dégagé de chez moi.
Après une dépression de plusieurs mois, suivie d’une bonne thérapie, je me suis juré de ne plus tomber amoureuse et de ne plus embrasser aucun homme avec la langue. Je trouve cela plus personnel que le sexe. C’est con, je le sais, mais, pour moi, on fait passer beaucoup plus de sentiments par un baiser. Depuis, aucun homme n’a vu ma langue, sauf Steven, que je continue à embrasser quand je fais l’amour avec lui. Je l’aime, mais comme un bon pote avec qui je me fais plaisir et ça fonctionne parfaitement comme ça. Je sais que je ne tomberai pas amoureuse de lui. Et, franchement, avec mes soucis de santé, je préfère rester seule et éviter de revivre le désastre « Vincent ».
En général, je préviens mes partenaires de garder leurs langues pour eux. Ça les surprend, mais ils acceptent, puis je les embrasse, mais sans la langue. Je trouverai la perle rare un jour, qui sait. Mais il faudra qu’il assure, je ne connais aucun homme prêt à finir sa vie avec une femme qui aura des douleurs chroniques toute sa vie.
En attendant, je m’éclate dans ma vie professionnelle et personnelle en faisant ce que j’aime, c’est tout ce qui compte.
 
 
 
 
Chapitre 2

Jordanna
 
 
 
— Les filles, on se bouge !
Ce soir, comme presque tous les vendredis, nous sortons à « L’ange bleu » qui organise une soirée karaoké sur le thème des années 70 jusqu’à aujourd’hui. Ce qui tombe bien, vu que nous adorons chanter, même si souvent ce n’est pas très juste. Rien de grave, le principal étant de s’amuser, rigoler et passer une agréable soirée ensemble. Et comment dire, ces moments passés en compagnie de Laura et Manuela valent tout l’or du monde.
Notre amitié est très importante. Mes sœurs de cœur, mes meilleures amies, mes biches, je les aime et ferais n’importe quoi pour elles.
J’ai rencontré Laura, il y a environ dix ans, c’était l’élève de ma kiné. Elle a passé ses diplômes et est devenue la mienne. Depuis notre rencontre, nous ne nous quittons plus. C’est mon âme sœur. Je ne pourrais pas vivre sans elle à mes côtés. Nous avons traversé tellement de choses ensemble, ma rupture avec Vincent, mes aventures foireuses, les siennes aussi, chaque fois que j’apprenais une mauvaise nouvelle, elle ne m’a jamais lâché.
Elle me connaît mieux que moi-même et sait anticiper mes folies sexuelles quand elles se présentent. Quand elle a compris que le sexe tenait une place importante dans ma vie, elle s’est vite adaptée et est devenue dingue de sexe aussi. Ses parents croient que j’ai dépravé leur fille. Elle a juste à regarder mes yeux pour savoir mon humeur du moment. C’est la seule personne que j’écoute réellement et qui sait me raisonner dans n’importe quelle situation. C’est ma best ! Je ferais n’importe quoi pour elle. J’ai même deux fois ses initiales tatouées sur le corps, dont un que nous avons en commun. Un vrai coup de foudre amical. Je ne suis pas lesbienne, mais c’est ma femme et celui qui lui fera du mal n’est pas encore né.
Elle est toute petite, un mètre soixante, cheveux noirs avec des mèches blondes, coiffée d’un carré plongeant et des yeux noirs. Ma tortureuse de corps préférée, comme je l’appelle. Elle est belle, mais doute beaucoup d’elle, surtout quand il est question d’hommes. Malgré sa timidité maladive avec ces derniers, elle arrive à avoir quelques aventures. Néanmoins, ces derniers temps, c’est le désert, elle se concentre exclusivement sur son boulot. C’est une pointure dans son domaine et son carnet de rendez-vous ne désemplit pas, même des sportifs célèbres font partie de sa patientèle. Elle est très demandée et ça lui arrive de partir en mission quelques semaines pour des soins particuliers. Dans ces cas-là, je suis suivie par un de ses confrères, ne pouvant rester plus de quinze jours sans faire une séance de kiné. Son travail, c’est toute sa vie. Sa timidité et sa fragilité font qu’elle se renferme sur elle-même, une vraie carapace. Même si elle assume ses rondeurs, car elle porte des tenues hyper sexy quand on sort, elle préfère passer inaperçue le reste du temps, surtout auprès des hommes alors qu’elle adore le sexe. Elle a très envie de se taper un mec, mais tous les gars qu’elle rencontre sont de gros connards ou ne savent pas s’y prendre pour la mettre à l’aise. Faites la boire et, attention, elle se transforme en une vraie chaudasse, même si, avec les années, ça devient dur de la faire se lâcher complètement.
Quant à Manuela, c’est une très belle blonde aux yeux bleus, légèrement plus petite que moi. J’ai fait sa connaissance il y a cinq ans au moment où j’ai quitté Vincent, grâce à mon site internet Ronde et Sexy. Manu travaille comme assistante personnelle de Nicolas Lecomte, riche homme d’affaires qui a fait fortune dans divers domaines. Le QG de l’entreprise est basé à Paris, dans le X e   arrondissement, où elle vit également. Son travail, elle l’adore, remarque, rien que pour voir son patron, je me lève sans hésiter. Il est vraiment canon et très gentil avec elle, en tant que boss, mais aussi généreux dans le salaire et les avantages qu’elle a. Il n’a rien à dire, elle est parfaite et super organisée, du moins au travail… car en dehors de ses tailleurs – pantalon ou jupe – journaliers, c’est une folasse dans l’âme qui n’a pas sa langue dans sa poche. Il n’y a qu’avec elle qu’il accepte presque tout, car, avec les autres femmes, c’est un vrai goujat. Parfois, je me demande si son patron n’en pince pas pour elle. Elle me dit que non, mais je l’ai déjà vu la regarder et, pour moi, il veut la mettre dans son lit.
Elle qui vivait dans les Vosges à la pampa, ça la change. Avant qu’elle ne porte des talons, elle portait des bottes en plastique et vêtements amples pour s’occuper de la ferme. Maintenant, c’est une femme qui s’assume et qui aime se mettre en valeur, surtout son cul. Putain, elle a le cul le plus large et bombé de nous trois ! Tous les mecs veulent le toucher et plus encore. Avant qu’elle n’emménage près de chez moi, nous nous sommes rencontrées plusieurs fois en organisant des week-ends entre filles. Ayant le même caractère, les mêmes valeurs, le courant est très vite passé. Depuis, nous ne nous quittons plus, mon grand-père dit que c’est ma jumelle cachée. Le trio infernal, comme disent mes grands-parents.
Étant rondes toutes les trois et voyant beaucoup de femmes de notre corpulence se cacher derrière des vêtements informes ou trop larges pour elles, car elles ne sont pas dans les normes de notre pays, nous avons décidé de nous assumer. Qu’importe la couleur de notre peau ou la taille que nous faisons, finalement, nous sommes toutes égales. Et pour être tout à fait honnête, nous préférons être rondes et mettre du quarante-huit que de ressembler aux mangeuses de pommes. Vous savez, ces filles qui font du trente-quatre et qui se trouvent grosses, car elles ont grossi des oreilles. Ces nanas-là, je ne les supporte pas et je ne pourrais pas être amie avec des personnes aussi superficielles.
— Nous sommes prêtes, alors arrête de rêvasser, me sortent-elles en chœur.
— Bouge ton cul, ce soir, ça promet d’être énorme. Cocktail, chant et encore cocktail pour fêter ta presque renommée mondiale, annonce Manu.
— Oh, du calme, les filles ! Pour la renommée mondiale, nous verrons. Pour l’instant, si j’arrive à me faire un nom en France, je serai contente. Mais allons fêter ça !
Nous mettons nos vestes avant de partir nous éclater comme des folles.
En arrivant au bar, nous sommes accueillies comme des reines. Les patrons, Marc et Alan, nous adorent et c’est réciproque. À chaque fois que nous venons, nous dépensons pas mal d’argent en cocktails et mettons l’ambiance en chantant comme des folles. Nous avons toutes les trois un grain de folie, mais, lors de ces soirées-là, nous nous lâchons. Après avoir embrassé les garçons et déposé nos affaires derrière le comptoir (eh oui, nous sommes des privilégiées), nous passons commande. Laura prend une tequila Sunrise, Manuela un Sex on the Beach, et moi un mojito. Le mojito, c’est la vie !
Installées à notre table fétiche, nous trinquons à mon futur défilé présentant pour la première fois ma collection de vêtements à des personnes importantes, puis nous attrapons le carnet des chansons de la soirée. Ce soir, les années 2010. Nous parcourons la playlist quand Manu trouve la première chanson de ce soir Carpe Diem de Keen’v. Elle est parfaite pour l’occasion. Une fois prévenues de son choix, nous attendons notre tour tout en discutant. Les filles n’arrêtent pas de me demander comment je me sens d’avoir réussi à atteindre enfin mon but et surtout ce que j’allais présenter. Je suis tellement excitée par cette annonce que je les calme en leur disant que je n’ai pas encore réfléchi à tout, l’ayant appris seulement ce matin. La seule chose que je sais pour le moment est que je vais passer mon week-end enfermée chez moi pour méditer à tout ça.
À la fin de notre premier verre, c’est notre tour. Nous sautons de nos chaises pour nous rendre sur scène. Micro en main, la musique démarre et nous commençons à chanter en chœur, cette chanson qui est tellement vraie.
 
On dit souvent qu’il faut profiter de l’instant présent
Profiter non à 100, mais plutôt 110 %
Laisser le passé derrière soi et y aller de l’avant
Profiter de chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque moment
Quand on veut quelque chose, faut jamais laisser tomber
S’accrocher à nos rêves comme si nos vies en dépendaient
Surtout ne jamais baisser les bras, non ça jamais
Tout en vivant sa vie comme on le voudrait
Carpe diem, vis ta vie et sois le seul décidant de ton présent
Et ton futur sera sans incident, carpe diem
Suis tes envies, ne sois pas hésitant, car à présent
Tu sais que rien n’arrive par accident
Carpe diem.
 
Dès que la dernière note de musique résonne, le public applaudit et siffle. En général, ce sont des habitués comme nous, mais d’être acclamé fait toujours du bien. Nous saluons en envoyant des baisers avec les mains avant de rejoindre notre table et de prendre une autre tournée de cocktails et poursuivre la soirée.
Trois heures, quatre cocktails et quatre chansons plus tard, Manu a chanté Andalouse de Kendji et m’a fait monter sur scène pour danser, car, ayant des origines andalouses, cette chanson me correspond. À chaque fois qu’elle la chante au bar, elle veut que je sois à ses côtés pour faire le spectacle. Putain, je l’adore. Ce n’est pas le même lien qu’avec Laura, mais je ferais tout pour elle aussi. Ensuite, j’ai chanté Cosmo de Soprano et nous avons fini toutes les trois avec This love de Maroon 5 et A Sky Full Of Stars de Coldplay . À la fin de notre soirée, nous rentrons en taxi chez moi, éreintées après une journée chargée et une soirée bien arrosée.
 
 
 
 
Chapitre 3

Jordanna
 
 
 
À mon réveil, j’ai mal partout, mais je suis prête à conquérir le monde. Du moins avant de conquérir quoi que ce soit, je vais aller dans la cuisine prendre un cachet, car, quand j’abuse trop, mon corps me rappelle à l’ordre. En sortant de ma chambre, je retrouve Laura qui dort sur le canapé alors qu’elle a une chambre à elle dans mon loft. La connaissant, elle a dû s’endormir en lisant et Manuela se trouve à la cuisine qui s’affaire à préparer le petit-déj.
— Salut, ma biche, bien dormi, demandé-je la voix un peu rauque.
— Nuit courte, mais bonne, répond-elle en souriant. Ne t’inquiète pas, ce sera prêt dans deux minutes. Assieds-toi et prends tes comprimés, tu traînes la patte ce matin.
J’attrape les deux médicaments que Manu m’a préparés, me verse du jus d’orange et les avale d’un coup. Puis, j’allume une cigarette avant de poser mes fesses sur un tabouret au comptoir de la cuisine.
—  Ne t’inquiète pas. De toute façon, pas le temps de m’apitoyer, il ne me reste plus que quinze jours pour m’organiser avant la soirée.
— Ne t’en fais pas, tu seras prête. Dès que Laura aura bougé son cul, on s’y met, crie-t-elle pour la réveiller.
— On ne peut pas dormir en paix dans cette baraque, ronchonne-t-elle en sortant de sous la couette.
Nous éclatons de rire, car si Laura ne râle pas, c’est qu’elle ne va pas bien. Elle nous fait une bise à chacune avant de s’asseoir et de boire son café. Elle a un rituel bien précis le matin. Les trois C, café, clope, chiotte. Et si on essaie de lui parler avant, sauve qui peut. De mon côté, j’ai juste besoin d’une cigarette ou d’au moins une taffe avant de pouvoir commencer ma journée à l’inverse de Manu, qui est un moulin à paroles dès le réveil.
Oui, je sais, ce n’est pas bien de fumer, mais, pour notre défense, nous avons commencé le processus pour arrêter et investi dans des cigarettes électroniques pour réduire notre consommation. Ce n’est pas facile tous les jours. Les filles ont réussi à réduire à deux cigarettes dans la journée. Quant à moi, j’en fume encore six sans compter mes deux joints, sur prescription de mon rhumatologue. Même si c’est illégal, il dit que c’est le mieux pour atténuer les douleurs et, effectivement, il a raison. En tisane, à fumer ou à manger, j’ai tout essayé et je préfère le fumer. Tous les matins, avant de me mettre au travail, je m’en prépare un tout petit pour éviter de prendre de trop grosses doses de médicaments. Le soir, une fois posée devant la télé, j’en fume un plus grand pour soulager les douleurs, me détendre et faciliter mon endormissement.
Après nous être rempli l’estomac, nous allons chacune à notre tour prendre une douche et nous préparer avant de nous mettre à travailler. Laura part pour son cabinet, ayant des rendez-vous certains samedis matin. Manu travaille de chez moi, l’avantage d’être l’assistante personnelle de M. Lecomte, elle peut travailler n’importe où, même si elle a un magnifique bureau dans les beaux quartiers de Paris. Mais, aujourd’hui, j’ai besoin d’elle pour finaliser une tenue pour une morphologie en X, mais aussi pour m’aider à organiser le déroulement du défilé et l’ordre de passage des vêtements. Elle est spécialiste dans ce domaine, organisant régulièrement des soirées pour son patron.
Après avoir reçu beaucoup de demandes sur mon blog à ce sujet, j’ai décidé de faire un article. J’ai expliqué les différentes morphologies, comment connaître la sienne et comment s’habiller pour se mettre en valeur en fonction de notre silhouette.
Je vous explique :
Pour identifier votre morphologie, il faut se mettre devant une glace en sous-vêtements pour que vous puissiez voir votre silhouette. Je sais que cela semble évident, mais certaines se posent la question.
Regardez la taille de vos vêtements : est-ce que la taille de vos hauts est la même que celle de vos jupes et pantalons ?
Pas de panique si vous avez gagné ou perdu des kilos. Ce n’est pas ça qui vous fera changer de catégorie.
La femme « 8 »
Elle a des épaules qui s’alignent avec les hanches. Son corps est harmonieux et voluptueux avec une taille bien marquée.
La femme « X »
Elle est moins voluptueuse que la « 8 ». Elle est mince, taille très marquée. Elle a une petite poitrine, une taille fine et ses épaules sont dans l’alignement des hanches.
La femme « A »
La femme ayant cette morphologie, dite aussi en « pyramide », à une carrure plus étroite que les hanches et la taille de ses pantalons est en général supérieure à celle de ses vestes. C’est une morphologie très féminine, car symbole de la fertilité !
La femme « V »
La femme en « V » est tout en muscles ! Sa carrure est plus large que ses hanches. À l’inverse de la femme « A », la taille de ses vestes est supérieure à celle des pantalons. C’est la silhouette de la sportive.
La femme « H »
La femme « H » a des épaules et des hanches dans le même alignement et une taille très peu marquée. C’est un profil très répandu en France.
La femme « O »
La femme ronde se plaint souvent de ses rondeurs. Pourtant, il suffit de peu pour rendre ses formes appétissantes ! Et il faut garder à l’esprit qu’il y a ronde et ronde ! Il y a aussi de très belles rondes avec la morphologie « 8 », « A », « H »… Voilà pour un petit tour d’horizon.
Dès que Manu est en sous-vêtements, elle enfile la robe que j’ai confectionnée en crêpe de Chine. Vous vous demandez sûrement ce que c’est que ce truc. C’est un tissu à l’origine en soie, il existe aussi en synthétique. Le tissage avec un fil serré lui donne son aspect crêpé. Cette étoffe existe en couleurs unies ou en splendides imprimés. Il est utilisé en général pour la confection de chemisiers, robes et lingerie.
Cette pièce, je vais l’utiliser pour le défilé, mais je l’ai créée spécialement pour Manuela. Elle a une grosse soirée en perspective et elle veut en mettre plein la vue, car c’est elle qui reçoit les invités, son patron n’étant pas présent ce jour-là. Vu la tenue, ce n’est pas plus mal qu’il ne soit pas là, sinon je ne suis pas certaine qu’elle aurait osé la porter. Elle est bleu égyptien, une couleur qui lui va à merveille, près du corps, un décolleté cache-cœur qui met en valeur sa poitrine, un bonnet C, comme moi, et un large bandeau sous les seins avec un ornement fantaisie. Une vraie merveille, je suis très satisfaite du rendu, encore quelques retouches et elle sera finie.
Les dernières épingles mises sur la robe, je poursuis avec un pantalon et deux hauts avant de nous installer sur le canapé, un calepin à la main. Nous devons tout lister pour le bon déroulement de la soirée, mais, avant, je relis les différents points importants. Je n’en reviens toujours pas d’avoir ma chance. Il y a quelques semaines, j’ai eu un entretien avec les responsables d’une société qui étaient intéressés par mes créations. C’était lors d’une soirée découverte de nouveaux stylistes. Ces derniers avaient remarqué mon blog et cherchaient de nouveaux créateurs à présenter à de grandes maisons de couture ou à de futurs investisseurs. C’est une occasion en or d’avoir été sélectionnée. Cette soirée se déroulera au Studio de l’Ermitage dans le XX e  arrondissement.
J’ai quinze jours pour finaliser mes dernières créations, mais surtout, il faut que je confectionne la robe de mariée. Je n’y avais pas pensé, mais c’est noté dans le courrier que j’ai reçu avec toutes les instructions du déroulement. Tous les créateurs doivent avoir une robe de mariée. Donc, premier point : confectionner une robe de mariée. Ensuite, il annonce la couleur directe : « Notez qu’en général, un défilé commence en retard, en revanche, quand le feu vert est donné, c’est un véritable spectacle qui démarre avec musique et lumière qui sont très travaillées. »
Un DVD du spectacle sera offert.
Important !
Ne pas oublier d’envoyer la musique quarante-huit heures maximum avant le jour J. Tout aussi important, je dois présenter douze tenues pour la journée, dont une robe de soirée et la fameuse robe de mariée.
« Les mannequins enchaînent les passages sur le podium et présentent les modèles jusqu’au final. Ensuite, elles reviennent toutes une dernière fois, suivies du couturier qui salue la salle et dit quelques mots. Cinq minutes au maximum. » Je ne m’inquiète pas, bien que je ne sois pas timide en général, là, c’est différent !
À la fin, discussions avec peut-être mon bonheur à la clé. Bar et buffet à volonté. Un poids en moins sur les épaules, tout est fourni sur place. Habilleuse, maquilleuse, coiffeuse, le must. Quelques mannequins grande taille seront aussi présents et je peux faire amener des filles pour le défilé si j’en ai déjà. Ça tombe bien, Manuela va défiler dans sa robe, personne d’autre ne la portera. J’ai juste besoin de choisir les mannequins parmi un catalogue proposé pour qu’elles s’adaptent au mieux à mes vêtements.
Manu reçoit un texto de son patron qui veut faire un appel vidéo. En attendant, je m’installe à ma table de dessin dans la partie de mon loft qui me sert d’atelier et de dépotoir. Dans cet espace qui fait presque cinquante mètres carrés, il y a mon bureau, la table où je fais mes croquis, huit mannequins de couture que j’ai ajustés en fonction des morphologies et des centaines de tissus différents. C’est la caverne d’Ali Baba, comme tout le monde dit. Je prends mon dossier robes de mariée et le choix devrait être rapide, je n’en ai dessiné qu’une : la mienne. Même si je ne souhaite pas me marier, je n’ai jamais ressenti ce besoin de passer par la case mairie, la dessiner était obligé.
Cette robe a une coupe évasée, on parle d’un entonnoir à l’envers, à savoir un haut ajusté et une jupe s’élargissant de plus en plus jusqu’aux pieds. Elle est cependant moins volumineuse qu’une robe princesse. Simple et fluide avec un buste en forme de cœur brodé de fine dentelle ainsi qu’une traîne brosse. C’est le nom que l’on donne aux traînes courtes d’environ un mètre à un mètre cinquante. Elle serait parfaite pour se marier sur la plage, mon rêve, enfin, vous imaginez…
Je ne...

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