Meaning Life

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176 pages
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Description

Après avoir tout plaqué du jour au lendemain, je suis partie pour un road trip à travers l'Amérique pour oublier ma vie malheureuse.


Je voulais croire en un recommencement, à la place je suis tombée sur Andrew, un beau et ténébreux cow boy.


Mon séjour à River Lake pourrait changer mes plans, mais réussira-t-il à me redonner l'espoir qui m'a quittée ?

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EAN13 9782378161811
Langue Français

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Meaning Life Black Betty
Nathalie P.
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les pe rsonnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’aute ur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes o u mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait q ue pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Nathalie P. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-180-4 ISBN numérique : 978-2-37816-181-1 Corrections : Anaïs Guilmet Conception graphique de couverture : Tinkerbell Des ign
À vous toutes et tous, qui avez votre petite partic ularité.
Celle qui vous rend un peu plus fort chaque jour, q ui remplit
votre cœur de sagesse et d’humilité.
Au fond, nous sommes tous pareils, nous sommes tous égaux.
Soyez heureux, croyez en vous et en vos rêves.
Le seul, le vrai, l’unique voyage, c’est de changer de regard. Marcel Proust
Chapitre 1
Erika
— Allez, ma belle, encore puelpues kilomètres et on s’arrêtera, dis-je à ma jument Pour la motiver. Il fait chaud, le ciel se noircit au loin. Je sais pue des Pluies sont annoncées dans la soirée, j’aimerais simPlement me raPProcher de la P rochaine étaPe.
DePuis un Peu Plus de deux mois, j’emPrunte les rou tes de divers États avec mon cheval. J’avais besoin de liberté et de changer d’a ir puelpue temPs. Alors j’ai tout Plapué, mon boulot, mes amis, ce pui me retenait… j ’ai Pris mes puelpues économies, mon baluchon et j’ai mis les voiles avec le seul êt re vivant pui me raccroche à la vie. Je suis Partie du Texas, nous sommes à Présent dans le Kansas. Les Paysages sont magnifipues, j’ai hâte de tout découvrir, mais je d ois aussi Penser à ma comPagne, elle a besoin d’un Peu de rePos avant de continuer. Trou ver un endroit où la laisser rePrendre des forces une Petite semaine serait bien , je Pourrais ProPoser mes services et ainsi me faire de l’argent. our le moment, Pas de ferme à l’horizon, la végétation est Plutôt sèche, Pas une ombre autour de nous.
Un carrefour s’imPose à moi. Droite ou gauche? Je ne sais Pas puelle direction choisir, je continue en face et verrai où ce chemin nous mène. rise dans mon élan, je ne remarpue Pas la voiture pui grille le stoP sur l e côté et nous fonce dessus. Le tyPe, pue je Perçois à travers le Pare-brise, Pile au mil ieu de la route. Les freins de son vieux Pick-uP crissent avant de s’arrêter à puelpues cent imètres de la Patte de ma jument pui se cabre. Mon cœur s’accélère et rugit dans mes tym Pans. — Oh, oh, c’est bon on se calme, tout va bien, la rassuré-je. Un couP d’œil vers le chauffard, celui-ci reste imP assible. Je suis hors de moi tellement j’ai eu Peur.
— Mais vous êtes taré! hurlé-je Pour le faire réagir.
Le gars, derrière ses lunettes de soleil, ronchonne sans une Parole agréable à mon encontre. Seul le Petit garçon assis à côté de lui me fait un signe de main comme Pour s’excuser à sa Place.
Il redémarre avec à Peine un regard dans ma directi on, me déPasse Puis rePrend la route. Mon cœur pui battait à dix mille à l’heure s e calme Peu à Peu. — Non, mais tu as vu ça, ma belle? C’est la meilleure! Il m’aurait Prespue engueulée en Plus! Continuons. Je flatte délicatement son encolure avant de lui si gnifier d’avancer.
* * *
Le soir commence à tomber et le ciel s’assombrit lo rspue je longe une immense ProPriété pui ressemble à un ranch. La Pancarte fai te de bois s’imPose à moi : River Lake Ranch. — Tu as vu tous ces Prés, tu Pourrais te rePoser pu elpue temPs, dis-je à ma jument. Allons jeter un œil.
APrès être Passées sous la grande arche, j’emPrunte le chemin pui mène juspu’à la maison toute fleurie, en bois également, elle est P lutôt accueillante. Une fois descendue de ma monture, je l’attache et aPPelle Po ur signaler ma Présence.
— Il y a puelpu’un?
J’insiste un Peu juspu’à ce pue la Porte à double b attant grince Pour s’ouvrir sur un homme.
Grand, musclé, sa Peau hâlée n’est Pas déPlaisante à regarder, bien, au contraire, une Petite mèche brune retombe sur le côté sous son chaPeau de cow-boy pu’il vient de mettre. Habillé d’un jean et d’une chemise sans manche, je remarpue tout de suite ses tatouages et ses nombreux bracelets de cuir.
Je n’y crois pas…
— Monsieur le chauffard! m’exclamé-je en jetant un œil à la voiture garée sur le côté et pue je reconnais aussitôt. Le monde est Petit…
— Je Peux vous aider? Sa voix se réPercute instantanément dans chapue Por e de ma Peau. Grave, suave, je comPrends immédiatement pue notre échange rispue de ne Pas être facile. — Je recherche un endroit où Passer la nuit, voire puelpues jours. Nous sommes sur la route dePuis des semaines déjà, ma jument a beso in de rePos. Je Peux ProPoser mes services et…
Le tyPe me regarde, les sourcils arpués, comme s’il avait du mal à comPrendre ce pue je lui exPlipue ou avec un brin d’agacement, je ne sais Pas troP. Le Petit garçon de tout à l’heure aPParaît. Son Père se décale Pour le laisser Passer, je découvre alors son fauteuil roulant. Un Pincement au cœur me fait regr etter un instant ma venue, je ne souhaite Pas imPortuner. Il me salue d’un léger mou vement de la main Puis aPProche de mon cheval.
— Tu Peux la caresser si tu en as envie, elle est t rès gentille. Je suis embêtée, je ne voulais vraiment Pas vous déranger, dis-je à l’homm e. Un orage se PréPare et… — Désolé, nous ne Pouvons Pas vous aider, réPond-il clairement. J’en Perds mes mots. C’est la Première fois dePuis mon PériPle pue je tombe sur puelpu’un d’aussi inhosPitalier.
— Je comPrends, je m’excuse Pour le dérangement. Je détache ma jument Puis Prends le chemin inverse. — aPaa. Le mauvais temPs! s’exclame le Petit garçon, tu ne Peux Pas faire ç arrive, il faut les aider.
Sans me retourner, j’entends le tyPe me raPPeler.
— Attendez! D’accord, dit-il à son fils, mais Pour une nuit.
Je reviens, rassurée, sur mes Pas, alors pu’il se P résente. — APrès réflexion, j’ai de puoi vous loger Pour ce soir. Andrew, bienvenue sur nos terres. — Oh merci! Je me ferai discrète, ne vous inpuiétez Pas. Je m ’aPPelle Erika, déclaré-je main tendue.
Il la serre Poliment. Sa Peau écorchée et dure accr oche la mienne, j’imagine pue c’est dû à son travail. — Je vous Présente mon fils, Aaron.
— Enchantée, salué-je le Petit garçon, en souriant. Celui-ci remercie son Père de nous accueillir chez eux avant de me demander comment s’aPPelle mon cheval. — Elle, c’est Black Betty. Ma fidèle comPagne, anno ncé-je fièrement. Je ne m’en séPare jamais. — Elle est belle, ajoute Aaron.
— Merci. — Bien, je vous montre où vous Pouvez mettre au reP os votre jument Puis votre chambre. Je confie Black Betty au Petit garçon et suis son P ère. — Vous Pouvez la laisser gambader dans le chamP jus te devant la maison, mais Pas ailleurs. Je ne voudrais Pas pu’elle effraie mon bé tail pui Peut se trouver à Proximité. Quelle drôle d’idée!
— our cette nuit, choisissez un box dans la grange . Elle tiendra comPagnie à mes deux chevaux.
Nous avons un Point commun! Je le suis docilement, sans rien ajouter de Peur de le froisser. Oui, je dois l’avouer, il m’imPressionne.
Devant une Petite maison accolée à la sienne, il m’ exPlipue pue c’est un gîte pu’il loue de temPs en temPs, mais pu’il est libre. Je dé couvre une Pièce à vivre avec de puoi cuisiner, une chambre, une salle de bains et d es toilettes.
— C’est Parfait! Merci beaucouP.
— N’y Prenez Pas troP vos aises, lance-t-il sècheme nt, ce n’est pue Pour une nuit.
J’avais compris, message reçu cinq sur cinq. — Andrew.? l’interPellé-je alors pu’il Passe la Porte. Merci Un simPle signe de tête lui suffit Pour me saluer. Sourire aux lèvres, je découvre ce lieu pui est magnifipue. DePuis puelpues jours, je devais dormir sous ma tente. Je suis bien contente de retrouver un vrai matelas, de puoi cuisiner et surtout une douche!
Mais avant tout, je dois m’occuPer de Black Betty.
Chapitre2
Andrew
Mais qu’est-ce qu’il m’a prisle! Pourquoi ai-je cédé à mon fils comme un être faib ?
— Tu penses qu’elle a de quoi manger? s’inquiète Aaron alors que je prépare le repas. — Oh oui, crois-moi, cette fille a l’air de très bi en savoir se débrouiller. Je te laisse mettre la table? — Hum.
Je n’ai pas pu refuser. Pas par pitié pour mon enfa nt, ou pour cette Erika, mais parce que pour la première fois depuis longtemps j’ai pu déceler une petite flamme dans les yeux d’Aaron. J’ai beau fouiller dans ma mémoire, l e dernier jour où il s’est intéressé à quelque chose qui ravive sa curiosité, éteinte pend ant trop d’années, ne me revient pas en tête. J’ai pu voir quelque chose d’improbable en tre ce cheval et lui. Alors c’était hors de question de passer à côté d’une telle opportunité.
Tout en cuisinant, le regard rivé par la fenêtre, j e découvre cette jeune femme. Grande, svelte avec des formes généreuses, je l’ima gine bien faire du sport. Ses cheveux blonds ondulés dansent à chaque pas qu’elle fait. Ses yeux bleus me rappellent la couleur du ciel lorsqu’on s’allonge d ans l’herbe avec Aaron pour deviner la forme des nuages. J’aime beaucoup son style bohème.
Elle retire la selle de son cheval ainsi que le res te puis la laisse gambader dans le pré. Sa jument est magnifique, d’un noir brillant, la crinière au vent, elle s’en donne à cœur joie avant de revenir vers sa cavalière. Erika la caresse longuement puis la brosse avec soin. Un lien indéniable s’est formé en tre ces deux êtres. Pourquoi? Pourquoi un humain s’attacherait-il autant à un ani mal? Habillée d’un jean troué, d’un haut au joli décolleté et de santiags marron, elle a l’air de connaître le travail de la terre.
Calme-toi, Andrew!
Tout mon corps réagit à la vue de cette beauté. Il faut dire qu’il n’a pas été en contact avec une femme depuis un certain temps. Je préfère me concentrer sur Aaron et mon ranch, mais cette fois-ci je ne peux pas rep ousser ce qu’il se passe à l’intérieur de moi. — Papa? Mon fils me sort de ces pensées pas vraiment cathol iques. — Oui. — J’ai terminé de mettre la table. — D’accord. Si tu allais voir un peu notre invitée? Assure-toi qu’elle ne manque de rien. — Comme tu veux.
Aaron se dirige à l’extérieur. Toute la propriété a insi que la maison sont aménagées pour qu’il puisse se déplacer comme il le souhaite et être au maximum autonome.
Erika, toujours en compagnie de son cheval qui gamb ade, a retiré ses chaussures. Pieds nus, elle semble profiter elle aussi de la fr aîcheur de l’herbe. Cette nana me paraît être très naturelle, sans prise de tête, on dirait qu’elle se nourrit de l’instant
résent. Après tout, elle a raison, nous n’avons qu’ une vie et certaines choses même les plus simples servent à l’embellir.
Je m’arrête un moment pour regarder mon fils approc her avec hésitation.
— Allez vas-y, Aaron, parle-lui, murmuré-je.
Très timide et renfermé sur lui-même, en partie à c ause de son handicap, j’essaie de toujours l’intéresser au monde extérieur. Lorsque n ous avons des voyageurs qui logent au gîte, je lui donne des petites missions à rempli r afin qu’il communique avec des personnes différentes de notre environnement. Ça pa raît fonctionner, mais il faudra du temps.
Hésitant, il approche au maximum. Erika ramasse ses chaussures puis passe de l’autre côté de la barrière pour lui parler. J’imag ine qu’ils échangent sur le canasson. Lorsque j’ai repris le ranch de mes parents et leur s terres, j’ai aussi acheté les animaux. Aaron est habitué aux bêtes depuis son plu s jeune âge. Même s’il y a eu des changements, le bétail et les chevaux font partie d e son environnement. Il est vrai que nous avons perdu notre chien le mois dernier. Il se faisait vieux, le moment a été dur à passer pour Aaron. Notre animal de compagnie aimait sa liberté, mais il était proche de mon fils, il en prenait soin. Je me pose la questio n si je dois en reprendre un ou non, ce serait peut-être bénéfique pour Aaron d’avoir un co mpagnon à qui se confier. Il n’est pas très complice avec les bêtes de la ferme, il os e à peine les toucher, il n’a aucune confiance en lui.
Erika éclate de rire, elle me sort de mes pensées. Mon fils ne lui sourit pas, mais je le ressens au plus profond de moi, du changement es t à venir. Il relève enfin son regard sur elle pour lui répondre. Si je pouvais êt re une petite souris ou n’importe quoi d’autre qui pourrait se faufiler près d’eux et écou ter ce qu’il se trame… Erika, assise sur un rondin de bois, semble prendre une décision. Ell e se redresse, siffle entre ses doigts puis patiente. Aussitôt, Black Betty arrive au galo p, elle stoppe lorsqu’elle approche d’eux puis marche doucement. Sa propriétaire la caresse tout en lui parlant. Lentement, Aaron se soulève légèrement, il tend sa main pour f aire de même, mais à peine a-t-il effleuré l’animal qu’il se rétracte, pivote avec so n fauteuil et prend le chemin de la maison, laissant Erika ainsi.
Celle-ci jette un œil vers la fenêtre, rencontre mo n regard avant de baisser le sien.
Comment lui expliquer que ce n’est pas de sa faute? Que mon fils est enfermé dans son monde, qu’il n’a plus confiance en rien ni pers onne depuis qu’il a été abandonné? Comment lui dire que ce qu’elle a tenté de faire es t un pas énorme pour moi et que, sans s’en rendre compte,pour mon Aaron aussi? À la place d’avoir un regard complaisant pour elle, je retourne à ce que j’étais en train de faire. — Tu parles d’une journée de merde! s’exclame Aaron qui claque la porte. C’était déjà la galère au centre, mais là… Tu n’aurais jama is dû me dire oui!
— Aaron, pas de gros mots s’il te plaît!
Il s’enferme dans sa chambre, la musique résonne en tre les murs, je sais que ce n’est pas le moment de le déranger. Il se calmera. Peinée, Erika ramasse ses affaires avant de se diri ger vers le gîte. Peut-être pourrais-je lui apporter un petit quelque chose qui lui montrerait qu’elle n’est pas une ennemie.