My mysterious protector
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Description


Le monde de Sarah s’est écroulé depuis qu’on a retrouvé le cadavre de son frère, Ethan, dans le lac derrière chez elle.


Les enquêteurs en ont déduit que c’était un bête accident. Alors qu’elle sombre dans la dépression, un mystérieux inconnu débarque et lui annonce qu’Ethan était un agent secret et que sa dernière mission a mal tourné.
La mafia russe aurait envoyé un tueur à gages pour lui régler son compte, et elle est devenue la cible numéro un des ennemis de son frère.


Obligée de fuir, elle n’a d’autre choix que de faire confiance à ce mystérieux protecteur.



Entre attirance, amitié, vengeance et trahison, le danger rôde à chaque instant...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9791034815357
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

My mysterious protector
 

 
Nadège Fillion
 
 
My mysterious protector
 
 
Couverture : Chloé S.
 
 
Publié dans la Collection Enaé
 
 

 
 
© Evidence Editions  2020

 
Mot de l’éditeur
 
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Prologue

 
 
 
Si on m’avait dit qu’un jour la mafia voulait ma peau, j’aurais cru à un gros canular et j’aurais éclaté de rire. Comment aurais-je pu me douter que mon existence deviendrait un véritable capharnaüm ? Que je me lierais d’amitié avec des gens qui me sont diamétralement opposés ? Que je fonderais pour un homme froid comme l’Antarctique ?
Je menais une vie tout à fait normale. J’avais un tas d’amis, je faisais du théâtre, j’avais un petit copain, une famille, bref, tout ce qu’une fille comme moi pouvait espérer. Ma vie a basculé lorsque le cadavre de mon frère a été retrouvé dans le lac derrière notre maison. C’est mon père qui a fait la sinistre découverte. Les enquêteurs et le coroner ont souligné qu’ils n’avaient retrouvé aucune trace de drogue ou d’alcool dans son corps. Que c’était tout simplement un malheureux accident. Or, mon frère savait nager. Il était même très doué puisqu’il faisait régulièrement des compétitions de natation. Même s’il avait perdu pied, il aurait pu se sortir d’affaire. Depuis un an jour pour jour, la même question tourne inlassablement dans ma tête : a-t-il été assassiné ou s’est-il suicidé ?
Le 3 mai 2019, ma famille s’est déchirée. La tragédie de la mort d’Ethan nous a transformés en inconnus. Ma mère s’est trouvé un travail dans une ville à trois heures d’ici, ce qui fait qu’elle n’est pas là la semaine. Elle passe quelques heures durant le week-end afin de nous saluer, puis repart rapidement. Ma sœur n’habite plus ici. Nous n’avons jamais été proches, elle et moi. Je crois qu’elle vit avec son petit ami au centre-ville, mais elle ne passe que très rarement à la maison et, la plupart du temps, lorsque je ne m’y trouve pas. Je vis donc seule avec mon père, qui n’est pas souvent là lui non plus. Il noie son chagrin dans le travail, mais, après tout, je le comprends. Depuis un an, je ne suis plus la même. J’étais toujours heureuse et enjouée, mais, maintenant, c’est à peine si je me reconnais.
En cette triste journée, je me tiens au milieu du salon, une bouteille de vodka à la main. Non, je ne suis pas alcoolique. Je déteste l’alcool. Les seuls verres que je me permets sont les cocktails de sangria de temps en temps. C’est la seule chose que je sois capable d’ingérer sans être malade. Pourtant, en ce moment, j’ai besoin d’oublier la douleur, le vide qui persiste, alors j’ai pigé 1 dans le petit bar de mon père dans le salon. Après un instant d’hésitation, je me mets à boire à même la bouteille. Le goût répugnant me prend à la gorge et j’ai presque envie de recracher ma gorgée, mais je m’efforce de l’avaler en grimaçant. Par la suite, une douce chaleur envahit mon corps, mes membres glacés s’engourdissent, provoquant un effet de légèreté que je n’avais pas ressenti depuis des lustres, depuis ce jour où la perte d’un être cher a changé ma vie.
J’ai le regard perdu dans le vide depuis je ne sais combien de temps lorsque la colère et le désespoir s’emparent de moi. Je lance la bouteille de vodka et elle s’écrase contre le mur en face de moi. De toute façon, personne n’est là, c’est comme si je vivais seule dans cette immense maison. Regrettant immédiatement mon geste, je m’avance pour considérer les dégâts. Il y a des morceaux de verre partout et le liquide a taché la moquette. Mon père va être furieux, mais je m’en fiche. Je me penche pour ramasser les débris et me saisis d’un morceau pointu et très coupant que je fixe comme une disjonctée. Puis, je tourne ma main vers le ciel. Avec le morceau de verre, je longe mon poignet. Un mince filet de sang commence à s’échapper de ma peau beaucoup trop pâle. Je ne ressens même pas de douleur, ce qui prouve que je suis vraiment dans un état second. Au même moment, la sonnette d’entrée retentit, me faisant sursauter et, par le fait, sortir de ma transe.
La personne qui a frappé à ma porte vient littéralement de me sauver la vie.
 
 
 
 
Chapitre 1

 
 
 
Pendant un instant, un mince espoir s’empare de moi. Ludovic a peut-être changé d’idée et il est venu me dire qu’il m’aime encore ! Sinon, je ne vois pas qui cela pourrait être. Il est trop tôt pour que mon père soit revenu du travail et, de toute façon, il a la clé. Ma sœur ne passe jamais pendant la semaine, ma mère non plus et c’est écrit : « Interdit aux colporteurs » sur la porte d’entrée. Je regarde la blessure que je me suis faite. Elle saigne un peu. Ce n’est rien de bien grave. Je n’aurai qu’à la désinfecter, appliquer une compresse et le tour sera joué. Lorsqu’une seconde sonnerie retentit, je décide d’aller ouvrir. Après tout, c’est peut-être important.
Au moment où la porte s’entrouvre, mes yeux s’arrondissent de surprise. Un homme dans la mi-vingtaine en apparence, que je n’ai jamais vu de ma vie, se trouve devant moi. La première chose que je remarque, ce sont ses yeux d’un bleu intense qui me fixent d’un air impassible. Il n’y a aucune émotion qui traverse son regard déstabilisant. C’est comme s’il était détaché de la réalité et qu’il n’avait qu’un objectif en tête. Je me rends compte que l’alcool doit affecter mes pensées, car je secoue la tête pour me concentrer à nouveau sur ce visiteur inopportun. La seconde chose que je remarque, c’est son blouson en cuir marron dont la capuche est rabaissée sur sa tête. Je ne vois pas ses cheveux ni son front. Ses mains sont cachées dans les poches de sa veste.
— Excusez-moi. Je suis tombé en panne juste devant votre maison et mon téléphone est mort, me dit-il d’une voix grave.
Il sort de sa poche son iPhone dernier cri et me montre l’écran qui demeure noir.
— Pensez-vous que je puisse me servir du vôtre ?
Je le fixe, méfiante. Mes parents m’ont toujours prévenue de ne pas ouvrir la porte aux inconnus, qu’ils pourraient avoir de mauvaises intentions. Je viens de faire le contraire de tout ce que j’avais appris. Bah, après tout, j’étais sur le point de commettre un acte beaucoup plus grave, alors je m’en fiche pas mal. Il peut bien me tirer une balle entre les deux yeux, au moins, je ne souffrirai plus.
Il se racle la gorge, comme s’il était impatient d’obtenir une réponse, me faisant revenir immédiatement au moment présent.
— Bien sûr. Je reviens dans un instant.
Je tourne les talons et me dirige vers la cuisine, où mon téléphone portable repose sur le comptoir. Je l’utilise rarement, de toute façon, plus personne ne m’appelle. Seul mon père m’envoie des messages pour m’informer qu’il rentrera tard ou pas du tout.
Je me retourne et sursaute en voyant que l’individu m’a suivie.
— Euh… voilà, lui dis-je en lui tendant l’objet en question.
Au lieu de le prendre, il fait un geste qui me surprend. Il saisit mon bras dégoulinant de sang.
— Que s’est-il passé ? Vous êtes blessée ? me demande-t-il.
— Oh ! Ce n’est rien. Je… je me suis coupée avec une bouteille cassée.
Ce qui est la vérité. Plus ou moins.
Son regard se promène de la cuisine au salon, et s’arrête sur la bouteille d’alcool qui gît par terre. Il n’est sans doute pas stupide. Qui pourrait se couper au poignet en ramassant des débris ? Pourtant, il ne fait aucun commentaire.
— Il faut vous soigner, dit-il en plantant son regard pénétrant dans le mien. Avez-vous une trousse de premiers secours ?
— Ce n’est pas nécessaire. C’est une petite coupure de rien du tout.
— J’insiste.
Il ne pourrait pas prendre le téléphone, appeler la dépanneuse et me laisser avec mes idées noires ? Ai-je l’intention de poursuivre ma tentative de… de me libérer de cette farce qu’est ma vie ? Je l’ignore, mais je veux avoir la paix pour réfléchir à tout ça.
Il me fixe toujours et, avec un long soupir, je me dirige vers la salle de bains. J’ouvre le tiroir du meuble-lavabo et en retire la trousse. Il me la prend aussitôt des mains.
— La coupure n’est pas profonde, mais elle saigne abondamment. Ne bougez pas le temps que je vous soigne.
Avec des gestes assurés et plutôt connaisseurs, il applique le désinfectant, ce qui me fait grimacer, mais il ne s’en préoccupe pas et poursuit ses gestes. Il appose ensuite une grande compresse sur ma blessure et la colle à l’aide d’un adhésif qu’il roule autour de mon bras.
— Veillez à ce que la plaie ne s’infecte pas, me dit-il.
Je hoche la tête, puis dis avec ironie :
— Merci, docteur.
Il me jette un regard noir, première émotion qu’il laisse transparaître et range le matériel. En silence, nous retournons dans la cuisine, puis il se dirige vers le salon comme s’il se trouvait chez lui. Son regard balaie les lieux, puis il s’assoit dans le grand fauteuil en cuir que mon père affectionne. Il compose aussitôt un numéro avec le cellulaire que je lui ai prêté.
— C’est moi, dit-il. Tout est sous contrôle. … Non, pas besoin, je gère.
Il raccroche, me laissant pantoise. Il n’avait pas du tout l’air d’avoir besoin qu’on vienne s’occuper de sa voiture.
— Ce n’est pas bien de boire seule, me dit-il en me fixant d’un air étrange.
— Je… je ne buvais pas, bafouillé-je.
Il ricane.
— Mais votre haleine ne ment pas, à moins que l’alcool n’ait atterri dans votre bouche par magie.
— Qui êtes-vous, au juste ? m’emporté-je. Sortez de chez moi, maintenant !
Je commence à avoir peur. Il n’a pas l’air d’en avoir fini avec moi et mes membres commencent à trembler d’effroi.
— Je suis Darel, me répond-il.
— Est-ce que votre voiture est réellement en panne ? demandé-je.
— Non.
Je prends une grande inspiration afin d’essayer de rester calme et de ne pas paniquer. Je jette un coup d’œil par la fenêtre. Personne ne pourrait me venir en aide si cet homme était un psychopathe. Premièrement, je vis à la campagne au milieu des champs et nos seuls voisins habitent à un kilomètre d’ici. Deuxièmement, c’est lui qui détient mon téléphone. C’était tout de même une astuce géniale pour me rendre inoffensive. Je ne pourrais même pas composer le 911 qu’il m’aurait déjà tuée.
Un fou rire me prend alors. Me tuer ? N’est-ce pas ce que je comptais faire un quart d’heure plus tôt ?
— Pourquoi riez-vous ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.
— Rien, répliqué-je en reprenant mon sérieux.
Ce n’est pas la mort que je redoute. Je l’aurais accueillie à bras ouverts. C’est plutôt la souffrance, la torture. Je suis habituée à la douleur mentale, mais je ne suis pas naïve au point de croire qu’un assaillant ne s’amuserait pas avec moi avant de me tuer.
Mon ex-petit copain m’a toujours dit que j’étais la plus belle fille qu’il avait croisée. Il exagérait sans doute, mais j’aimais bien l’entendre me le dire. Je n’ai pourtant rien de particulier. Châtaine aux yeux verts, je suis ce qu’il y a de plus banal. Je suis plutôt mince, je m’habille normalement, souvent en jeans et en débardeur, alors je ne vois pas pourquoi les regards convergent vers moi. En fait, si, je le sais. Depuis que mon frère est mort, tout le monde me regarde bizarrement. Ils chuchotent en pensant que je ne les entends pas. J’ai même frappé une fille qui avait murmuré à une autre que mon frère avait fait une overdose.
— Je vous proposerais bien un verre, dis-je d’un ton sarcastique. Mais comme vous pouvez le voir, je suis à court de vodka.
Je ricane, satisfaite de ma petite blague, mais il ne bronche pas et je déglutis. Je ne suis pas parvenue à le dérider, ce qui veut dire qu’il n’est pas ici pour rigoler.
— Vous devriez peut-être vous asseoir, me dit-il en remarquant mon teint blafard. Vous avez perdu du sang, vous ne devriez pas rester debout.
— C’est mon salon, à ce que je sache ! l’apostrophé-je.
En réalité, tant que je ne connais pas ses intentions, je veux être prête à décamper s’il démontre qu’il me veut du mal. Peut-être que si je parvenais jusqu’à ma chambre, je pourrais m’y enfermer et sortir par la fenêtre. Elle est au deuxième étage, mais je suis prête à me casser une jambe si je peux échapper à ce malfaiteur.
Je me rends compte que c’est inutile. Jamais je ne parviendrai chez le voisin dans cet état. Il aurait le temps de me rattraper avant que je ne fasse dix mètres. Me retrouveront-ils dans le lac derrière la maison tout comme mon frère ? Manquerai-je à quelqu’un ? Mes parents m’aiment, mais pas assez pour se faire du souci pour moi. La preuve : je passe mes semaines seule dans cette immense maison.
— Nous devons avoir une petite conversation, tous les deux, me dit l’individu en me fixant.
— J’écoute, lui lancé-je en croisant mes bras sur ma poitrine. Dites-moi donc pourquoi vous êtes venu ici. Pour me tuer ?
Il éclate de rire.
— Si j’avais l’intention de vous tuer, je ne vous aurais pas aidée à soigner votre blessure.
Il marque un point. Toutefois, il peut toujours me battre ou abuser de moi.
Mon visage doit exprimer mes craintes, car il ajoute :
— Je ne vous veux aucun mal.
— Vous n’auriez pas pu le dire avant ? l’invectivé-je.
Et moi qui m’imaginais plein de scénarios macabres !
Son visage reste imperturbable, mais sa lèvre se retrousse légèrement, démontrant son amusement.
— Peut-être, mais votre visage est un livre ouvert, alors c’est quelque peu comique de suivre vos pensées.
Un livre ouvert ? Il ne manque pas de culot !
— Que faites-vous ici ? l’interrogé-je.
— On m’a envoyé vous retrouver.
Hein ?
— Pardon ? Je ne me suis pas perdue.
— Vous en êtes sûre ?
Je reste bouche bée. Alors, il a deviné. Il est malin, ce mec !
Il me désigne le canapé et, puisque mes forces commencent à me manquer, je m’exécute, mais m’assois à l’opposé de lui.
— Qui vous a envoyé chez moi ? lui demandé-je.
— Votre frère.
J’éclate de rire. C’est qui, ce clown ? Et comment ose-t-il plaisanter à propos de ce sujet !
— Vous vous êtes trompé de personne, lui dis-je en croisant mes bras.
Il se lève et me fixe d’une façon qui me fait frissonner. Son regard est tellement… intimidant.
— Je ne crois pas, non, me répond-il. Vous êtes bien Sarah Angers, dix-neuf ans, étudiante en finance. Votre père est Charles Angers, votre mère, Joëlle Stuart, votre sœur s’appelle Alys et votre frère, Ethan. Est-ce que je continue ou ça vous va ?
Comment sait-il tout cela ? J’ignore qui il est, à l’exception de son prénom. Est-il un détective ?
— Mon frère est décédé, lui annoncé-je.
— Depuis un an, je sais. Il y a eu une grande enquête policière.
— Ils parlent d’un accident.
— Et vous croyez à cette théorie ?
Honnêtement, je n’en sais rien. Ethan travaillait souvent à l’étranger pour son travail, alors nous nous étions un peu éloignés, lui et moi. La dernière fois que je lui ai parlé, il m’a dit aimer son job.
— Je ne sais pas, dis-je, incertaine.
— Dans ce cas, vous ne connaissiez pas bien votre frère.
— Pourquoi ?
— Je travaillais avec lui, me dit-il. Et je le connaissais apparemment mieux que vous.
Sa réponse me crée un choc. Ils travaillaient ensemble ?
— Vous êtes agent de voyage, vous aussi ? questionné-je.
Parce qu’il n’a pas vraiment l’allure d’un détaillant de voyage. J’ai de la difficulté à l’imaginer en bermuda sur le bord d’une plage. Ethan voyageait régulièrement dans plusieurs pays du monde afin de repérer les meilleurs endroits où séjourner. Il me rapportait souvent des souvenirs et me montrait des photos de plages ou d’autres endroits touristiques, tout cela dépendait où il se rendait. Il revenait de temps à autre et créchait chez les parents en attendant de repartir. C’est pendant qu’il était chez eux qu’il s’est noyé dans le lac. Je n’y suis pas retournée depuis ce jour, car plus jamais je ne veux m’approcher de cet endroit meurtrier. Je reste dans la cour près de la maison ou tout simplement à l’intérieur en compagnie de mes idées noires.
Darel éclate de rire, me sortant de mes pensées.
— Qu’y a-t-il de si drôle ? lui demandé-je, vexée.
— J’essaie seulement d’imaginer Ethan allongé sur une plage avec un mojito, dit-il. J’en suis incapable.
Je fronce les sourcils.
— Il était agent, c’est vrai, me dit-il alors très sérieusement. Mais pas de voyage. C’était un agent secret.
— Pardon ?
— Il ne pouvait mettre sa famille au courant de ses activités pour des raisons de sécurité, mais, étant donné les derniers événements, ce n’est plus d’actualité.
Il veut sûrement dire : « Étant donné que mon frère est mort. »
— Que faisait-il ? demandé-je.
— En tant qu’agent de terrain, il travaillait dans des pays étrangers sous une fausse identité. Souvent, c’était pour infiltrer des gangs criminels ou la mafia.
Je porte ma main à ma bouche, horrifiée.
— Parfois, il prenait part à des opérations de cyberrenseignement et luttait contre les cyberattaques.
— C’est complètement fou. Ethan n’aurait jamais fait ça !
— Pourtant, il était très doué. Malheureusement, sa dernière mission a mal tourné. Il devait infiltrer la mafia russe et trouver des preuves pour faire arrêter leur chef. Il s’était rapproché de lui et était près du but. Hélas, l’un d’eux a découvert le subterfuge et Ethan a dû s’enfuir en vitesse avant de se faire descendre.
— Oh, mon Dieu !
— Puisqu’il n’avait pas la même identité, ça a été facile de le protéger. La mafia ignorait sur quel continent il s’était enfui. Le gouvernement fédéral a tout fait pour le protéger et il a été en arrêt de travail pendant six mois, jusqu’à ce que…
— Jusqu’à ce qu’il meure, complété-je. Pensez-vous que la mafia russe l’ait tué ?
— Je crois qu’ils ont plutôt engagé un tueur à gages pour le retrouver et le faire taire.
Tout à coup, j’ai envie de vomir. Comment Ethan a-t-il pu se faire entraîner là-dedans ? Il a toujours été un gentil garçon, ne s’est jamais bagarré à l’école et rapportait toujours de bonnes notes. Pourquoi a-t-il choisi une profession où le danger le menaçait sans arrêt ?
— Pourquoi dites-vous que c’est lui qui vous a envoyé ici ? demandé-je à l’homme devant moi.
Il sort un bout de papier de la poche de son pantalon.
— Ethan était comme un frère pour moi. Nous avons fait nos études ensemble et nous étions souvent envoyés dans les mêmes missions. Je savais qu’il avait une famille, même si nous en discutions rarement. En tant qu’agent, nous devions rester discrets si nous ne voulions pas que nos ennemis s’en prennent à nos proches. Moins nous en parlions, mieux c’était. Il se trouve que votre frère craignait pour votre sécurité après le fiasco de sa dernière mission. Il est retourné près de vous afin de garder un œil sur vous. Cependant, avant de partir, il m’a écrit ce message. Il l’avait caché quelque part où il était certain que personne ne mettrait la main dessus. Même moi, j’ai failli ne pas le voir.
— Et qu’est-ce qu’il avait écrit ?
— Que si jamais tout ça tournait mal, il fallait à tout prix éloigner sa famille d’ici.
— Mais il est mort depuis un an ! C’est un peu tard, non ?
— Pas vraiment puisque la vérité vient d’être dévoilée.
Je ne comprends plus rien.
— Vous ne lisez jamais les journaux, vous, les jeunes d’aujourd’hui ? me demande-t-il d’un air découragé.
Les jeunes d’aujourd’hui ? Il doit avoir à peine cinq ans de plus que moi !
— Je suis au courant des actualités, précisé-je.
— Alors, vous avez probablement entendu parler de l’arrestation du chef de la mafia russe. Il a été arrêté hier et est accusé de nombreux méfaits.
— Quel est le rapport avec mon frère ?
— C’est grâce à lui. Avec tous les renseignements qu’il a récupérés, nous avons eu assez de preuves. Le problème, c’est que les proches d’Andrei Goussev ainsi que les membres de son gang n’ont pas aimé. Ils ont décidé d’attaquer tous ceux qui sont reliés de près ou de loin à son arrestation.
— Nous n’avons rien à voir avec lui.
— Le problème, c’est que, pour la mafia, vous êtes condamnés aussitôt que vous avez un lien de parenté avec un traître. Ils détruisent tout, que vous soyez coupable ou non, que vous portiez ou non le même nom de famille.
J’écarquille les yeux de stupeur.
— Alors, ma famille…, commencé-je.
— … est en sécurité, complète Darel. L’associé de votre père est agent secret, votre mère a un garde du corps pour elle et le petit ami de votre sœur…
— Ne me dites pas que c’est un agent, lui aussi !
— Bref, vous voyez qu’ils sont bien entourés. Il ne reste plus que vous. Malheureusement, vous ne pouvez pas rester ici. Ce serait trop facile pour eux de vous éliminer. Vous risquez de finir comme votre frère.
Pas une émotion ne traverse son visage en disant ces mots. C’est comme s’il était un robot programmé pour cette mission qui me concerne désormais.
— Il est hors de question que je parte d’ici, lui lancé-je. Je vais à l’école et…
— Pourtant, vous aviez l’air de vous en ficher tout à l’heure si je me fie à ce que vous vous apprêtiez à faire.
Je me mets à rougir comme une tomate.
— Ce n’est pas de vos oignons ! m’écrié-je. Je fais ce que je veux de ma vie.
— Écoutez-moi bien, me dit-il en s’approchant rapidement de l’endroit où je me trouve. Je me fiche pas mal de ce que vous pensez ou pas. Je n’ai jamais échoué dans une mission jusqu’ici et ce n’est pas avec vous que cela arrivera. J’avais un grand respect pour votre frère, c’est pour cette raison que je suis venu ici.
Et moi qui croyais qu’il se faisait du souci pour ma vie ! J’aurais dû me douter qu’un étranger ne s’intéressait pas à ma misérable existence. Une tristesse sans nom m’envahit, mais je la cache en prenant une expression que je veux menaçante.
— Dans ce cas, merci d’être passé, mais vous pouvez repartir, m’écrié-je. Je reste ici, point barre. Ils n’auront qu’à me trouver, ces meurtriers ! Je m’en fiche pas mal !
— Je ne pense pas que vous ayez conscience de la situation, me dit-il en se penchant vers moi. S’ils vous trouvent, ils ne vous tueront pas tout de suite. Ils vous tortureront, vous couperont les doigts et vous laisseront mourir de faim et de soif. Ensuite, ils vous violeront jusqu’à la mort. C’est cela que vous voulez ?
Je blanchis tout d’un coup.
— Désolé d’être aussi brusque, me dit-il. Mais c’est primordial que vous me suiviez.
— Où ça ? demandé-je.
— Je travaille pour une société secrète qui livre les informations au gouvernement. Je vais vous emmener là-bas et ils seront en mesure de prendre les décisions vous concernant. Mon but est de vous ramener vivante. Par la suite, ce n’est plus de mon ressort.
Donc, il va me larguer dans un endroit qui m’est inconnu comme une vieille chaussette sale !
Je fixe cet homme avec un œil nouveau. Qu’est-ce qui me dit que ce n’est pas un subterfuge pour me faire sortir de la maison et m’enlever ? Mon frère avait beau le connaître, moi pas. C’est décidé : je reste ici jusqu’au retour de mon père. En lui expliquant les circonstances, peut-être décidera-t-il de m’envoyer chez ma tante en Australie. Je pourrais commencer une nouvelle vie, me faire de nouveaux amis et je serais en sécurité, loin de toutes ces menaces.
— Je ne bouge pas d’ici, lui annoncé-je.
Il lève les yeux au ciel.
— J’aurais préféré ne pas employer la manière forte, soupire-t-il.
Avant que je ne puisse réagir, il me balance sur son épaule et se dirige vers la porte.
— Lâchez-moi ! hurlé-je en le frappant avec mes poings. Vous n’avez pas le droit de m’emmener.
— Si vous continuez de vous débattre, je n’aurai pas d’autre choix que de vous assommer, me dit-il comme s’il me parlait de la météo.
— À l’aide, hurlé-je alors qu’il descend les marches du perron.
Hélas, je n’ai pas de voisin !
Au même moment, un coup de feu retentit et me fait tressaillir. L’homme qui me tient me fait alors basculer dans la plate-bande juste à côté. L’obscurité m’accueille alors à bras ouverts.
 
 
 
 
Chapitre 2

 
 
 
Je me redresse en toussotant pour recracher la terre que je viens de me prendre en pleine gueule. J’essaie de me dépêtrer de l’arbuste qui me retient prisonnière. J’ai eu de la chance que ce crétin ne me balance pas dans le rosier de l’autre côté.
Une main m’aide à me relever et je m’époussette comme je peux.
— Désolé, s’excuse-t-il. J’avais oublié que c’était la saison de la chasse.
Je lève les yeux au ciel.
— Je suis toujours sur mes gardes, ajoute-t-il.
— J’ai vu ça, rétorqué-je en me plaçant devant lui, les bras croisés. Et maintenant ? Vous allez me kidnapper ?
— Oui, si vous vous obstinez à vouloir rester ici.
— Je ne peux pas vous accompagner. C’est une idée absurde. Comme si j’allais tout laisser tomber parce que vous pensez que je suis en danger !
— Je vois, répondit Darel.
Enfin, il a compris !
— Bon, puisque c’est comme ça…
L’homme sort une petite seringue de sa poche.
— Qu’est-ce que vous faites ? questionné-je en reculant.
— Je vous aide.
— Mais…
— Écoutez, Sarah. Je ne partirai pas d’ici sans vous. J’ai participé à plusieurs missions et jamais personne ne m’a filé entre les mains et ce n’est pas demain la veille que ça va...

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