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N° 7

De
80 pages

Ce récit, réécrit en février 2015, est l’histoire vraie, vécue par l’auteur et sa compagne, Hilde, tous deux en couverture à l’époque de leur rencontre. ELLE venant de la riviera italienne, LUI arrivant de Paris, pour le mariage de Daniel, au centre Cuisine et Santé, dans les Pyrénées. Du perron de la salle des mariages, LUI remarqua tout de suite, de dos, assise en avant, une femme à la chevelure blonde, et devina sans le voir un visage aux lignes parfaites. C’était ELLE sans qu’il le sache encore. La vie agréablement animée du Centre les rapprocha au gré de coïncidences heureuses, et une idylle naissante se transforma vite en amour profond d’une pureté comparable aux vertus du N° 7, la principale composante de l’alimentation reconstituante enseignée au centre, d’où le choix du titre.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-15118-4

 

© Edilivre, 2017

N° 7

 

Au volant de sa voiture, Jean roulait sur l’autoroute depuis environ deux heures en direction de Toulouse. Il avait quitté son domicile parisien vers quatre heures trente du matin ce samedi 2 juin 1990, et espérait arriver à destination en tout début d’après-midi où il devait assister à un mariage à Saint-Gaudens, près des Pyrénées.

Dans le calme du petit matin il se laissait aller à ses pensées, et se remémorait que juste un an auparavant il avait perdu son épouse après trente-trois années de vie commune, mère de leur fille Sylvie, suite à un cancer des os qui s’était généralisé. En fait Simone était malade depuis plusieurs années et le médecin de famille lui avait confié qu’elle ne survivrait pas à l’hiver 1987.

Cette révélation fut accueillie avec stupeur, mais aussi avec une envie irrésistible de lutter en recherchant une solution alternative. Jean se souvint alors qu’un jour en salle d’attente de dentiste il avait lu un article dans une revue qui traitait de la « macrobiotique », démarche basée sur deux forces opposées et complémentaires appelées « yin et yang » appliquées au quotidien dans l’alimentation. Ce principe datant de quatre mille ans de l’histoire de la Chine a été réactualisé et exporté en occident par le professeur japonais Georges Ohsawa.

Après avoir un peu plus approfondi la question Jean chercha sur plusieurs pistes et enfin trouva à Paris un médecin qui soignait ses patients à travers ce principe Convaincus par les explications de ce praticien Simone et Jean firent plusieurs séjours au centre « Cuisine et Santé » de Saint-Gaudens fondé et dirigé par René Lévy, ancien assistant de Georges Ohsawa pendant dix années.

Malheureusement, lors du dernier séjour en Février 1989, au cours d’une banale promenade, Simone fit une chute grave, se fracturant deux vertèbres. Tout dégénéra ensuite rapidement malgré les soins attentionnés de toute l’équipe. A son retour à Paris elle manifesta l’intention d’être hospitalisée et après maintes péripéties décéda au soir du 31 Mai.

Episode extrêmement difficile à vivre aussi pour leur fille Sylvie, maman de Julien et Nicolas, les petits enfants.

Dernièrement Jean avait reçu une invitation pour le mariage de Daniel, l’adjoint de René Lévy. A sa réception il voulut la décliner mais se souvenant avec quel dévouement Daniel avait soigné sa femme Simone, il pensa qu’il était plus juste de le remercier par sa présence à cette cérémonie.

C’était donc le but de ce déplacement matinal direction plein sud.

Le moteur ronronnait de manière régulière et les kilomètres défilaient dans la fuite des heures.

Enfin vers treize heures la porte du centre fut franchie et la BX finit sa trajectoire sur le parking occupé comme jamais.

– Hello Jean, comment vas-tu ? As-tu fait bon voyage ? salua Maurice, un permanent du centre chargé entre autre de l’animation.

– Ça va ! le voyage un peu long mais tout s’est bien passé. Je vais récupérer la clef de la chambre qui m’est réservée et on se rejoint après.

– OK répondit Maurice.

Jean se rendit à la cuisine, le « poumon du centre » occupée en permanence par les stagiaires, car l’activité principale se passait dans ce lieu. En effet le programme d’une journée se déroulait ainsi : le matin petit déjeuner, à 9 h 30 conférence de René Lévy, à 11 h tout le monde aux fourneaux, préparation du repas de midi. Ensuite pause jusqu’à 17 h puis préparation du repas du soir et enfin, de 21 h environ jusqu’à 23 h, autre conférence ayant toujours comme sujet la théorie et les explications sur la macrobiotique. Ce calendrier était immuable, sauf pour les conférences qui n’avaient pas lieu la journée du dimanche.

Lorsqu’il pénétra il fut surpris par l’effervescence et par le nombre des personnes affairées autour des tables à préparer une profusion de plats et de desserts pour la fête du repas de noces du soir.

Briac, lui aussi membre permanent, lui remit la clef de la chambre située dans le bâtiment principal en disant.

– Si tu as besoin d’aide pour décharger n’hésite pas !

– Merci, ça va aller.

Vers quinze heures, Maurice proposa de partir pour la cérémonie en prenant place avec lui dans la voiture d’un invité.

Du perron de l’entrée, une salle énorme s’offrait à la vue qui était pleine de monde. De dos, complètement à l’avant, Daniel et sa future se tenaient debout devant la table de l’officiant.

D’un coup d’œil circulaire, Jean avait tout de suite remarqué, également assise, de dos en avant, une femme à la chevelure blonde platinée et devina sans le voir un visage aux lignes parfaites.

Dès lors son regard se fixa définitivement sur elle et la cérémonie se déroula sans qu’il y prêtât la moindre attention.

Plus tard dans l’après-midi, de retour au centre Jean prit le temps de décharger son véhicule et de mettre en place ses bagages.

L’image de cette femme lui revenait sans cesse à l’esprit alors qu’il n’avait vu d’elle qu’une silhouette.

Daniel arriva à son tour et présenta sa toute nouvelle épouse qui, elle, était aussi une permanente du centre. Jean leur remis la belle parure matrimoniale qu’il avait achetée à leur intention.

– Merci Jean dit Daniel, c’est trop sympa, il ne fallait pas !

– Ecoute c’est vraiment avec grand plaisir. Je me souviens de ta gentillesse pour Simone, et c’est le minimum que je puisse faire.

La soirée était magnifique, et les tables pour le repas d’au moins une centaine de convives avaient été dressées à l’extérieur de la salle de restaurant comme habituellement par beau temps. C’était impressionnant à voir, de belles nappes blanches, des fleurs superbes et une multitude de plats préparés avec amour par toute l’équipe, dont le « poulet végétalisé » cuit pendant quatorze heures avec toute une variété de légumes. Les bonnes bouteilles de vin et de bière étaient légion ce qui était rare et exceptionnel.

– Installe-toi à cette place Jean, invita.

Briac en lui désignant l’endroit.

Quelle ne fut sa surprise, il se trouva assis juste en face d’une personne inconnue qu’il devina de suite être la jeune femme blonde aperçue dans la salle des mariages. Quel Hasard !!!

Jean salua d’un signe de tête en s’asseyant et scruta du regard toute l’assemblée à la recherche de gens déjà connus et vit René Lévy qu’il n’avait pas encore rencontré depuis son arrivée. Chacun salua de la main en attendant de se parler plus tard.

Déjà les victuailles passaient de plats en plats dans un brouhaha indéfinissable et tout le monde se mit à les déguster avec ardeur. Ce soir-là c’était la fête et chacun se laissait aller à ses envies, oubliant pour une fois, le principe de frugalité des repas enseigné au centre.

Un peu nerveux, Jean, qui était stricte dans son alimentation, avec seulement quelques cuillers de riz complet dans son assiette regardait ses voisins manger beaucoup trop à son gré et leur adressait des œillades de réprobation y compris à la belle dame blonde assise en face de lui. Celle-ci était de nature joyeuse, très souriante, et mangeait d’un appétit qu’elle tentait de réfréner ayant compris l’agacement de son vis-à-vis de voisin.

Les heures passèrent et les danseurs se rejoignirent sur la piste pour terminer dans l’ambiance cette soirée. Catherine, une stagiaire avait beaucoup insisté pour que Jean la fasse danser. Mais il n’en n’était pas question, pour lui son cœur était encore en deuil. La jeune femme blonde dansa avec plusieurs partenaires ce qui le mit en rage !

La fatigue du voyage se faisant sentir de plus en plus, il se retira pour regagner sa chambre où il s’endormit comme un plomb sans plus se soucier du tout des convives, de la belle dame blonde et de tout le reste.

 

 

Ah ! la crème de riz du petit déjeuner, une merveille ! Celle-ci était préparée avec attention par le petit Michel, un permanent de longue date. Chaque soir il faisait dorer le riz complet dans une poêle, le versait ensuite dans une grande marmite avec huit à dix volumes d’eau, salait, puis portait le tout à ébullition. Après quoi la cuisson se poursuivait à feu doux toute la nuit sous son contrôle, n’hésitant pas par ailleurs à se sortir de son lit. Vers cinq heures, cinq heures trente du matin il écrasait l’ensemble avec un pilon de bois à travers un « chinois », sorte de passoire conique, pour en faire une crème onctueuse et délicieuse qui restait au chaud sur le gaz jusqu’à l’arrivée des lève-tard.

La nuit avait été courte pour tout le monde après ce repas de noces, néanmoins Jean s’était levé à son heure habituelle vers six heures, ce dimanche matin où le temps était beau et agréable. Il s’était assis à l’extérieur de la cuisine et dégustait son grand bol de crème de riz et cherchait à mastiquer le plus longtemps possible pour garder en bouche cette saveur subtile.

De l’emplacement où il se trouvait il avait une vue d’ensemble sur le centre. Dans son dos le bâtiment principal, cuisines, salle de restaurant avec une dizaine de chambres à l’étage supérieur était long d’une cinquantaine...