Ne t'arrête pas de vivre

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222 pages
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Description


Alain est marié à Florence qu’il aime par-dessus tout. Ensemble ils mènent une belle vie de famille avec leurs deux enfants. Mais alors qu’ils ont tout pour être heureux, le destin en a décidé autrement...




Anne est en couple depuis onze ans avec Sylvain. Ensemble ils ont un jeune garçon Théo. Tout pourrait être parfait si Sylvain n’avait pas ce côté sombre...




Le destin est fait de tout petits riens. Parfois les routes se croisent, s’emmêlent et finissent par ne faire qu’une.




Laissez-vous entraîner par ces deux couples que tout oppose...

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EAN13 9791096785445
Langue Français

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Ne t’arrête pas de vivre [Lilie Desseaux]
© 2017, Lilie Desseaux. © 2017, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © 123rf.com Illustration : © Lucile Kos ISBN papier : 979-10-96785-44-5 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite. Àmon grand-père, à ma fille ma première étoile, je vous la donne. Àcelles et ceux qui gardent l’espoir, Àcelles et ceux qui le perdent, Je prie pour qu’il vous revienne. « Tachez de garder toujours un morceau de ciel au-dessus de votre vie » Marcel Proust.
Chapitre 1 : Alain Bécoté par une bouche joueuse, je me réveillai en d ouceur. — Allez debout ! Tu vas être en retard, me chuchota Florence. — Quelle heure est-il ? Je rêvais et c'était bien, t'aurais pu attendre cinq minutes, râlai-je pour la forme. — Lève-toi, ton café est coulé et je t'ai même fait du pain perdu. — T'es matinale aujourd'hui ! Je me redressai sur les coudes et observai mon épou se se diriger vers la penderie. Je la regardai s'habiller et contemplais inlassable ment ce spectacle chaque matin. — Oui et toi tu as du retard sur ton chantier donc, s'il te plaît, ne traîne pas, sinon le big boss va encore brailler dans les bureaux. Florence et moi travaillions pour la même entrepris e. Elle s'occupait de la comptabilité et de la gestion des clients tandis qu e j’étais staffeur sur les chantiers. Nous nous sommes rencontrés après son embauche. Ell e était belle, jeune et sortait tout juste de l'école. Je suis tombé sous le charme de ses grands yeux verts au premier regard. Une semaine plus tard, je l'invitais à dîne r puis je l'emmenais au bal des pompiers. Dans la soirée, je tombais amoureux d'ell e et de son rire. Oui, je pense l'avoir conquis avec mon humour plutôt qu'avec ma belle gue ule. Je me suis toujours trouvé banal tandis qu'elle a toujours admiré mon physique . Elle me faisait tellement rire quand elle me disait que j’étais comme le bon vin e t qu'avec le temps je me bonifiai. — Allez Don Juan, debout maintenant, ou je te sors de là moi-même. — J'aime quand tu es autoritaire ! Je ris, me levai, enlaçai ma femme et lui embrassai le cou. — Je suis sérieuse, Alain, tu rentres tard en ce mo ment et j'aimerais vraiment que ce soir tu finisses de bonne heure. Maintenant qu'A drien et Faustine sont en ménage, je m'ennuie vite, seule dans cette maison. Les enfa nts me manquent, mes deux bébés ont quitté le nid et moi je ne sers plus à grand-ch ose, bouda-t-elle. — D'accord ! J'essaierai de ne pas accumuler de ret ard et arrête, je suis comme ton grand bébé moi ! J'ai toujours besoin de toi et les enfants viennent souvent nous voir. Ils n'ont pas rompu les liens, ils ont juste pris l eur envol. Je la tournai vers moi et lui donnai un baiser. Je la pressai un peu plus contre moi et elle rit à gorge déployée. — N'y compte même pas ! dit-elle en me repoussant g entiment. — Quoi ?! Tu devrais être contente de me faire enco re cet effet après vingt ans de mariage ! Elle riait encore quand elle arriva dans la cuisine . Je n’étais vêtu que d'un simple boxer et je la suivis pour prendre enfin mon petit-déjeuner avant de prendre une douche rapide. Nous nous quittions pour nos journées respectives. Florence se rendait au bureau et je m'empressai d'arriver chez ce nouveau client pou r « habiller son intérieur » avec des
décorations faites de plâtre.
***
Comme convenu ce matin, je n'arrivai pas trop tard. Il était déjà dix-neuf heures quand je franchis la porte d'entrée. J'enlevai mes grosses pompes de sécurité pour éviter de salir l'entrée et je me dirigeai vers la cuisine en suivant l'odeur d'un bon plat mijoté par Florence. — Bonsoir mon amour, lui dis-je en plongeant la têt e dans son cou et les mains sur ses hanches. — Bonsoir, me répondit-elle simplement sans se tourner. Je respirai de nouveau l'odeur de son cou. Cette od eur m'apaisait le soir après mes longues et dures journées de travail. Son parfum va nillé mélangé à son odeur corporelle était pour moi une fragrance déstressant e, et j'aimais y plonger le nez comme un drogué en manque de came. — Ça va ? la questionnai-je. Elle se tourna enfin vers moi et je remarquai qu'el le avait pleuré. — Que t'arrive-t-il ? Je lui effleurai alors les joues de mes mains rêche s portant encore quelques traces de plâtre. — Ce n'est sans doute rien, ne t'inquiète pas. File prendre une douche, nous en discuterons en mangeant. — Si tu pleures, ce n'est pas rien. Tu ne pleures j amais sans raison. C'est l'un des enfants ? m'inquiétai-je aussitôt pour l'un d'eux. — Non ne t'en fais pas. Douche-toi et on voit ça ap rès. Je vis sur son visage qu'elle essayait d'être rassu rante. Aussi, je m'activai, montai à l'étage où se trouvait notre chambre et notre salle de bain, fis couler l'eau et y entrai sans attendre, à peine déshabillé. Je redescendis après avoir enfilé un jean et un tee -shirt propres. — Tiens ! me dit-elle en me servant un whisky sec c omme je l'aimais. — C'est sérieux pour que tu me donnes un verre en p leine semaine… relevai-je. J'attrapai mon verre d'une main et sentis ma tensio n monter en flèche. Je l'observai sans rien dire tandis qu'elle se servait également un verre auquel elle ajouta un glaçon. — Oui, enfin je ne veux pas t'affoler mais je tenais tout de même à t'en parler. Elle était alors on ne peut plus sérieuse et je com mençai à angoisser. — Vas-y, je t'écoute, Flo, lui dis-je. Je tirai la chaise devant moi et décidai de m'y ass eoir. Elle fit de même sur la plus proche et attrapa ma main. — Ce n’est probablement rien de grave mais ça fait déjà plusieurs semaines que je sens une boule au sein gauche et avant de t'en parl er, je suis allée voir notre médecin en fin de journée. Après palpation, il a lui aussi senti cette grosseur et je dois faire plus d'examens. J'ai rendez-vous pour une mammographie e t échographie la semaine
prochaine. Je me sentis blêmir et je vidai mon verre cul sec. La brûlure de l'alcool descendit jusqu'à mon estomac pendant que j'assimilai ce que venait de me dire Florence. — Ne t'inquiète pas, Alain, je suis sûre que c'est bénin. J'ai pleuré parce que j'ai paniqué mais attendons les résultats avant d'en tirer des conclusions. — T'as raison, attendons la semaine prochaine. Débr ouille-toi comme tu veux avec les clients mais tu me fais place nette dans mon em ploi du temps, je t'accompagne ! Elle acquiesça et je la pris dans mes bras. Je sava is très bien que nous avions toutes les raisons de nous inquiéter, sa propre mèr e avait eu un cancer du sein et n'y avait pas survécu. Quand on sait que l'hérédité est prise en compte, il y a de quoi avoir peur. — Je t'ai fait des lasagnes, je sais que tu en raffoles ! — Tu me connais mieux que moi-même.
Elle s'apaisa et moi aussi. Nous mangions en silenc e et ce soir-là, dans notre lit conjugal, je fis l'amour à la femme de ma vie, la m ère de mes enfants, celle qui partageait ma vie depuis vingt-cinq ans et sans qui je ne me voyais pas vivre.
Chapitre2 : Anne — Bonjour chérie, allez réveille-toi ! J'entendais cette voix qui m'appelait au loin. Chérie ? J'ouvris les yeux, j'avais vraiment mal partout. Quelle heure est-il ? Et pourquoi j'ai dormi dans l a salle à manger ? Ah oui ça me revient ! Je me redressai douloureusement et m'assis dos au c anapé. Je n'avais qu'une vague idée de cette fin de soirée mais les souvenir s me revenaient par bribes. Je n'avais tout simplement pas atteint mon lit cette n uit car j'avais dû sombrer avant. Je portai une main à ma tête. Cette douleur ! J'avais l'impression d'avoir eu le crâne
compressé dans un étau. Les souvenirs étaient nets maintenant. Mon conjoint Sylvain avait encore trop bu, et à chaque fois, je dérouill ais sévère ! La veille il s'était emporté car j’étais rentrée du travail plus tard que prévu. — Allez, debout ma puce ! Théo va bientôt se lever et tu ne veux pas qu'il te voit comme ça hein ?! — Donne-moi un antidouleur et arrête de m'appeler c omme ça ! — Oui je te donne ça, et excuse-moi pour hier. En c e moment je croule sous le travail et ça m'a exaspéré que tu ne sois pas prése nte à mon retour. Je préférais ne pas lui répondre. Comme à chaque fo is, il tournait la situation à son avantage et tentait de me culpabiliser. J'arrivais à croire que je méritais ses coups et sombrais encore plus dans une dépression. Comme à chaque fois, il me dit que c'était la derni ère fois, et au moindre faux pas, il me retombait dessus. — Excuse-moi ! Anne, mon cœur, je suis désolé ! — Arrête de t'excuser, Sylvain ! Et arrête aussi av ec tes « mon cœur », hier soir encore je n'étais qu'une pute ! Je lui crachai un peu de venin au visage. — Je sais que j'ai merdé mais promis, je ne le fera i plus. J’en aurais ri si cela n’était pas aussi grave. — Je vais à la douche, fais le petit dej' de Théo s 'il te plaît. Je fonçai en direction de notre salle de bain. Je n e voulais pas croiser notre fils de neuf ans auquel j'essayais de cacher cette triste v érité. La douche tiède me fit un bien fou et détendit mes muscles endoloris. Je sortis de la cabine et m'essuyai doucement. Je me regardai dans le grand miroir face à moi et c ette vision était effrayante. Malheureusement j’étais habituée à me voir dans cet état, Sylvain me frappait régulièrement et pour n'importe quelle raison. Dans sa fureur, il s'arrangeait toujours à frapper là où on ne le soupçonnerait pas. La derniè re fois c'était parce qu'un homme avait eu le malheur de me demander du feu pour allu mer sa cigarette dans la rue. Ce soir-là, j'avais couché Théo de bonne heure car à s on regard j'avais vite compris que
j'allais prendre. Résultat : deux côtes cassées et des hématomes un p eu partout, sauf au visage. Sylvain s'arrangeait toujours pour ne pas y toucher , pour ne pas laisser de traces trop visibles. Pourquoi tu ne pars pas ?me chuchotai-je face au miroir. Je restais tout simplement parce que j'aimais encor e Sylvain, et que malgré sa violence envers moi, j'espérais sincèrement qu'il c hangerait. Je restais également pour notre fils Théo, je ne vo ulais pas qu'il souffre de tout ça.  Je m'habillai rapidement et optai pour un haut à m anches longues pour cacher le haut de mon bras.
— Bonjour champion ! lançai-je à mon fils en lui em brassant le front. — Maman pourquoi t'as dormi là ? questionna-t-il en montrant le canapé du doigt. Je me redressai et lançai un regard à Sylvain. Il l it mon angoisse et répondit à ma place : — Maman était fatiguée et je n'ai pas voulu la réve iller donc elle y a passé la nuit. Mais dis-moi comment tu sais ça ? — Je me suis réveillé pour aller aux toilettes et j 'ai vu maman. Tu étais très fatiguée, tu ne m'as même pas entendu. Il se pressa contre moi pour me voler un câlin et m e regarda droit dans les yeux. J'avais mal aux côtes mais je refusais de le repous ser. Je ne l'avais pas entendu tout simplement parce que mon dernier souvenir était Syl vain me poussant en arrière et moi tombant à la renverse. Je m’étais certainement cogn é la tête sur la table basse du salon. Ce n'était pas la première fois que je me réveillai s dans une autre pièce avec une perte de mémoire et un horrible mal de tête. — Oui, mon cœur, j'étais très fatiguée. Finis ton d éjeuner, je t'emmène à l'école. J'essayais d'être une femme forte mais au fond de m oi j’étais brisée. Avant tout ça j'étais forte, avant tout ça j'étais belle et surtout avant tout ça j'aimais la vie ! Je pris un rapide café et enfilai ma veste pour all er au travail. — Bonne journée Sylvain. Je m'approchai de lui et l'embrassai. — Bonne journée et rentre à l'heure aujourd'hui. J’acquiesçai et pendant que notre garçon filait se brosser les dents, il ajouta : — Et pardonne-moi… — Tu sais très bien que d'ici ce soir tu seras pard onné ! À ces mots, il me pressa dans ses bras et m'embrass a tendrement. Je grimaçai de douleur et il relâcha son étreinte. — Je m'arrêterai sur le retour pour te ramener un p etit plat du traiteur. Tu n'auras pas à cuisiner ce soir. C'était toujours comme ça le lendemain : il s'excus ait, restait doux et prévenant et je n'arrivais plus à lui en vouloir. Au contraire même , je culpabilisais et cherchais où
j'avais commis l'erreur. — À ce soir alors. Je t'aime ! lui dis-je. Je le quittai et entamai ma journée. Sur le trajet de l'école, je n'en menais pas large. Je savais très bien que certains voisins entendaient nos éclats de voix, mais tous f aisaient la sourde oreille. C'était hallucinant de voir dans certains regards qu'ils sa vaient ce qu'il se passait derrière notre porte, mais jamais aucun n'avait osé s'interp oser pour calmer les esprits. — Maman, pourquoi t'as pleuré hier ? Théo me sortit de mes pensées et je me dis qu'il co mmençait à être en âge de comprendre et qu'il fallait vraiment que Sylvain arrête. — Pour rien, mon cœur, j'étais fatiguée et parfois avec la fatigue, on pleure, c'est tout. — J'ai entendu papa crier après toi et j'aime pas q uand il crie ! — On se disputait un peu mais ne t'inquiète pas, pa pa et maman s'aiment. Ça va
s'arranger ! Ce soir je discuterais avec Sylvain. Nous devions v raiment trouver une solution pour arrêter tout ça. Théo commençait à comprendre certa ines choses et je ne le souhaitais pas. Surtout, je souhaitais le protéger, je ne voul ais pas qu’il se retrouve mêlé à tout ça pour me défendre ou pire, qu'il tombe aussi sous le s coups de son père.
Chapitre3 : Alain Je rentrais tôt du travail depuis une semaine. J'av ais promis à Florence d'être là pour ses examens et je tenais toujours mes promesse s. La semaine dernière, nous étions allés faire sa mammographie qui avait bien r évélé une tumeur. Nous attendions depuis maintenant huit jours les résultats de la bi opsie mammaire pour savoir si c'était bénin ou pas. — Pourquoi est-ce si long ? J'ai l'impression que l es jours et les heures s'allongent, dis-je en embrassant ma femme. Je regardai ses yeux et je n'y lisais que peur et a ngoisse pour la suite. — Je ne sais pas, à toi ça te semble long, mais moi j'ai l'impression que tout défile à vitesse grand V ! — Il faudra ensuite en parler aux enfants… Je la serrai dans mes bras et respirai son odeur. S es cheveux sentaient le shampoing et son cou son parfum habituel. Depuis de s années, elle ne porte que Tocadede Rochas et c'était un parfum que j'avais assimilé à elle. — Oui mais pas avant d'en savoir davantage. Je ne v eux pas les inquiéter si ce n'est rien. Je savais que nous nous mentions tous les deux, au fond nous savions que ce fichu
cancer était bien là mais tant que rien n'était con firmé, c'était comme si nous étions encore à l'abri de tout ça. À ce moment-là le téléphone sonna, nous nous regard ions, hagards, et reconnaissions aussitôt le numéro. J'eus subitement envie de lui dire : « Ne décroche pas ! » mais elle y répondit trop vite. — Allô ?! Sa voix tremblait tellement son anxiété augmentait. Je l'observai s'asseoir sur le bord de notre canapé et la rejoignis en passant ma main sur son épaule en signe de soutien. — Bien, j’arrive avec mon mari, répondit-elle dans un souffle. Elle raccrocha sans même réussir à dire « au revoir » et fondit en larmes. Mon cœur se serra de douleur de la voir ainsi mais je devais savoir. — Que t'ont-ils dit ? — Que je dois passer rapidement, qu'ils vont m'expl iquer mais que je ne dois pas y aller seule. Oh mon Dieu, Alain, pourquoi moi ?! Je la laissai pleurer dans mes bras et resserrai mo n étreinte autour d'elle. — Chut, calme-toi, ça va aller, tu verras ! J'essayais d'être rassurant même si j'avais envie d e crier toute cette rage contenue en moi. — Je prends une douche rapide et on y va. Je lui embrassai alors le sommet du crâne et me dép êchai. Plus vite nous saurions, plus vite ils lui donneraient un traitement, et plu s vite elle serait sortie d'affaire.