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Niki et ses hommes Volume 2

De
362 pages

Niki est une jeune fille rêveuse. À peine sortie de l’enfance, elle croit trouver le grand amour dans les bras de Pascal. Leur idylle va durer le temps d’un week-end. Elle se retrouve seule, enceinte, en pleine année du bac. Elle refuse de se faire avorter. Elle accepte un travail qui l’éloigne de sa famille, prête à tout pour protéger son enfant. Elle va devoir s’imposer dans ce monde professionnel, misogyne et cruel. L’amour sortira vainqueur de cette longue épreuve : elle trouvera une épaule solide sur laquelle elle pourra enfin se reposer. Avec Martial, elle va connaître le vrai bonheur, un mariage, l’annonce d’une nouvelle naissance. Mais une nouvelle tragédie viendra mettre un terme à cette félicité.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-80378-8

 

© Edilivre, 2017

Dédicace

 

 

Je dédie ce roman à mon père Lucien, à ma sœur Josiane et
à mon frère Patrick.

A ma mère, la seule à pouvoir le découvrir.

A toi Yves, qui a fait de moi, ce que je suis.

Premier chapitre
Les vacances en Espagne

« Rien ne développe l’intelligence, comme les voyages »

(Emile ZOLA)

Les beaux-jours étaient là. Le soir, ils dînaient souvent à l’extérieur, mais jours longs voulaient dire, plus de travail à la ferme, souvent Martial rentrait tard et crevé. Dans le courant du mois de juin, elle alla voir à l’école, pour faire inscrire Pierre. Ils prenaient les enfants, dès 2 ans, à condition qu’ils soient propres. Pour Pierre, ce n’était plus le problème, depuis longtemps. Pierre était avec elle, quand elle retira le dossier d’inscription, la directrice montra les lieux, la cantine, le dortoir, Pierre n’en perdait pas une miette.

Dès que Martial arriva le soir, il lui annonça fièrement.

– « Tu le mets à l’école publique, ou à l’école privée ?

– Pour moi, la question ne se pose pas, il n’y a qu’une seule école, le public.

– Nous aurions pu peut-être en discuter avant ?

– Excuse-moi, je ne voulais pas t’offenser, mais je suis adhérente à la FOL.

– C’est quoi la FOL ?

– C’est la Fédération des Œuvres Laïques, je partage complètement cet idéal, elle reprit le slogan : « Il n’y a qu’une école libre, c’est l’école publique ».

– Mais je ne savais pas, jamais, nous avons abordé ce problème ?

– C’est vrai, nous en avons jamais eu l’occasion, mais il est hors de question que mes, que nos gosses aillent à l’école privée, je défends et je défendrai toujours cet idéal laïque.

– Mais tu es, une vraie militante, je ne te connaissais pas sous cet angle.

– Je ne suis pas militante, mais certains sujets me tiennent à cœur.

– Je suppose qu’au niveau politique, nous ne partageons pas les mêmes idées, je suis de droite ?

– Peu importe, je suis de gauche, l’essentiel est que nous ayons nos arguments pour défendre nos idées. C’est un respect mutuel, le plus important est notre amour.

– Mais si moi, je veux mettre mes enfants dans le privé ?

– Tu auras forcément un refus de ma part. Je ne suis pas contre l’école privée, mais qu’elle ne réclame pas les subventions au gouvernement, à la région, à la commune, qu’elle s’assume totalement. C’est comme la santé, jamais je ne mettrai les pieds dans une clinique privée, pour moi le versement de dividendes aux toubibs possesseurs des actions, va à l’encontre du serment d’Hippocrate, qu’ils ont signé, encore une fois, ce sont mes idées, mes opinions, mes convictions, je ne les impose pas, je respecte celles des autres, je ne détiens peut-être pas la vérité, mais dans ces conditions, personne, ne la détient.

– Mais tu es vraiment révolutionnaire ?

– Non, seulement réaliste.

– Chez nous la tradition, veut que nous soyons baptisés, que nous fassions notre communion.

– Tu sembles oublier, que je suis protestante, que le principe est le même chez nous. Je trouve ridicule d’imposer une religion à un enfant, tu vas le faire catholique, mais il peut très bien vouloir opter pour le Bouddhisme ou pour une autre religion, en fonction du parcours qu’il fera. D’abord, qui fait le catéchisme dans le village ?

– Ce sont des mères de famille.

– Ont-elles lu la bible seulement ?

– Non, mais elles sont préparées et briffées par le curé.

– Tu trouves çà normal, je pense que ce genre d’éducation, revient au curé et non pas à ses ouailles.

– Mais je ne savais pas, que j’avais épousé une vraie instigatrice de la révolte.

– Je ne suis pas instigatrice, mais je ne suis pas d’accord avec l’avis du Vatican, leur intolérance me déplaît énormément. Ils sont contre la contraception, contre l’avortement, contre le mariage des prêtres, contre le mariage gay, ils devraient se remettre un peu au goût du jour. Leur devise, « Faîtes ce que l’on dit, surtout pas ce que nous faisons », trop de scandales émanant des coulisses de la communauté catholique, me confortent dans ma position.

– Et, moi dans tout ça, je suis quoi, je fais quoi ?

– Tu es mon mari, je t’aime, je ne te demande pas de renier ta religion, tes convictions, tes idées, je les respecte, mais il faut que tu respectes les miennes.

– Je découvre en toi, une femme, que je ne connaissais pas, mais j’ai bien compris, je respecterai tes idées, moi aussi je t’aime.

– Tu viendras me chercher à l’école, papa ?

– Quand je pourrais, mais mes horaires ne correspondent pas aux tiens. Le mercredi, ce sera notre journée, tu viendras avec moi à la ferme.

– Ils voudront bien papi et mamie ?

– Tu penses, ils seront heureux. »

Ils n’abordèrent plus le sujet, Niki avait l’impression d’avoir déçu son mari. Mais il était hors de question, qu’elle renonce à ses idées, sous prétexte qu’elle était mariée. Elle continuerait son combat seule, mais elle ne baisserait en aucun cas les bras. Elle passa ses longues soirées d’été à attendre son homme. Ils dînaient ensemble, la plupart de temps, elle faisait manger Pierre, si bien qu’il dormait quand son père arrivait. En attendant Martial, elle se mettait sur la table extérieure, faisait ses albums photos, du mariage et des vacances en Espagne. Au niveau administratif, ils étaient désormais une famille à part entière, mariés avec un enfant, ils portaient tous les trois, le même nom. Ils avaient souscrit, sous l’insistance de son père des assurances vie, au niveau de leur banque respective et au sein de sa Société. Martial lui faisait entièrement confiance, il signait ce qu’elle lui demandait. Il était pris avec la mutuelle de Niki, son assurance voiture, était également pris en charge par Niki. Financièrement, il n’avait plus ces frais d’assurances à payer, tout en étant mieux couvert. Pour Niki, c’étaient des avantages de son boulot, qui passaient en avantage en nature. Tous les contrats d’assurance, furent revus et modifiés. Côté administratif et gestion des comptes bancaires, Martial se reposait totalement sur elle.

Niki avait trouvé à ses beaux-parents une location, pour la première quinzaine d’août, dans les Pyrénées. Maryvonne était toute énervée, à l’idée de partir en vacances, après toutes ces années, où ils avaient bossé comme des dingues avec Simon. Les deux femmes avaient préparé l’itinéraire, les excursions qu’ils voulaient faire, elle voulait absolument ailler à Lourdes. Maryvonne forma Niki aux travaux de la ferme, soigner les cochons, les lapins, les poules, ramasser les œufs. Maryvonne avait une liste de clients, qui venaient chercher des œufs et du lait, elle lui donna la liste et elle prévint les clients de ne venir que le soir, après le travail de Niki. Elle alla jusqu’à lui montrer pour la traite des vaches, comment désinfecter le pis des vaches, nettoyer le matériel. Normalement Martial devait s’en occuper, mais elle pourrait éventuellement l’aider.

Pour les 2 ans de Pierre, Annie fit un bilan de santé complet. Elle avait également un dossier à remplir, pour l’école. Elle lui avait prescrit une prise de sang, les résultats étaient excellents. Niki se demandait si parfois la nature ne retrouvait pas ses droits, Pierre et Annie étaient très proches, il était évident qu’elle se comportait plus en grand-mère, qu’en toubib. Ils échangeaient beaucoup, Niki se demandait si Pierre ressemblait beaucoup à Pascal, au même âge, mais n’osait pas demander des photos. Elle remplit le dossier médical pour l’école, lui dit qu’il faisait désormais partie des grands. Elle lui offrit un cadeau de la part de Philippe et d’elle-même. Ce n’était pas un gros paquet, Niki protesta, lui dit que ça la gênait énormément, mais Annie semblait si heureuse. Avant même d’ouvrir son paquet, il la remercia, en l’embrassant, puis il déchira le papier, devant le regard silencieux des deux femmes. A l’intérieur, il trouvait une belle chaîne en or, avec une plaque, sur le devant, son prénom et au dos, deux dates, celle de sa naissance et celle du mariage de ses parents.

– « Elle est belle, dit Pierre en embrassant Annie, tu diras merci à Philippe.

– C’est une plaque, comme celles que portent les soldats américains.

– Alors, je suis un soldat ?

– Non pas tout à fait, tu veux la mettre, je vais t’aider ?

– Elle était un peu grande, mais très belle.

– C’est beaucoup trop, dit Niki, vous le gâtez trop.

– Tu sais, ça nous fait plaisir avec mon mari, il est tellement attachant ce gamin.

– Je voulais vous remercier, également pour votre cadeau de mariage, je le trouve superbe, je vois que vous connaissez bien mes goûts. Nous voudrions, avec Martial, que vous veniez dîner, avec Chantal et Régis, mais je préfère attendre le mois de septembre.

– Tu sais, dit Pierre, pendant les vacances de papi et mamie nous allons coucher à la ferme. »

Niki lui expliqua, que la première quinzaine, ils étaient à la ferme et qu’ensuite, ils pensaient partir un peu.

– « Tu es content d’aller à la ferme ?

– Oh oui, je suis avec Lolo, quand je serais grand, je travaillerai avec papa, sur le tracteur.

– Il sera content papa. »

Le soir, comme il était couché, Niki raconta à Martial, le cadeau offert par Annie.

– « Elle se comporte avec lui, comme une vraie grand-mère.

– Que veux-tu, je n’y peux rien, je me suis permis de les inviter à dîner en septembre, avec Chantal et Régis, ça t’ennuie ?

– Non, je les aime bien, de toute manière, ils ne sont pas responsables, je pense que je peux leur faire confiance, vis-à-vis de Pierre, ils ne sont pas capables de trahison.

– J’avoue que je les aime bien mais le destin est tellement curieux. »

Ils déménagèrent à la ferme, la veille du départ de Simon et Maryvonne. Elle était heureuse comme une gamine, Nadine et Martial se moquèrent d’elle.

– « Moquez-vous, pendant quinze jours, nous ne serons que tous les deux, nous ne penserons qu’à nous.

– N’allez pas nous faire une petite sœur.

– Que tu es bête. »

Ils partirent le samedi matin, dès quatre heures. Martial et Niki avaient mis le réveil, ils voulaient prendre le petit déjeuner avec eux. Ils étaient comme des ados, ils promirent de téléphoner en arrivant. Comme il était tôt, Niki et Martial se recouchèrent, non pas pour dormir, mais pour attendre le chant du coq en s’aimant.

Comme Pierre dormait, elle alla aider Martial pour la traite des vaches. Les bêtes ne la connaissaient pas, ils l’observaient autant qu’elle. Martial lui dit de faire spécialement attention à deux. Elle nettoyait le pis des vaches et mettait les trayeuses, elle se débrouillait plutôt bien, l’avantage est qu’elle n’avait pas peur. Ils emmenèrent les vaches aux prés. Ils revinrent main dans la main, comme deux amoureux. Quand ils arrivèrent à la ferme, Pierre et Lolo les attendaient sur la marche de la porte d’entrée. Sa mère lui donna son chocolat et ses tartines, lolo eut droit lui aussi à une tartine, elle lui donna le bol de Pierre à terminer. Elle l’habilla, puis ils allèrent soigner les poules, elle ouvrit la porte du poulailler, elles partirent picorer dans les champs. Elle ramassa les œufs, Certaines pondaient au même endroit, mais d’autres les cachaient. Elle repassa, pour être sûre de ne pas en oublier. Ensuite, elle donna à boire et à manger aux lapins. Il y avait un nid, avec des bébés, dans un autre clapier, il y avait une petite famille de petits lapins, tout blancs, elle en mit un dans les mains de Pierre. Ensuite elle passa aux cochons, c’est ce qu’elle aimait le moins. Il y avait aussi des petits, mais pas des naissants. Une fois la corvée terminée, elle alla au jardin chercher des tomates, de la ciboulette, persil, elle avait également des haricots verts à cueillir. Pierre voulut l’aider, mais il se lassa vite, il alla jouer avec son chien. Le matin, elle eut quelques clients, qui vinrent chercher des œufs et du lait. Elle prépara le repas, elle alla cueillir des fleurs dans le jardin, il y avait des beaux glaïeuls, elle fit un bouquet de roses, un bouquet d’œillets. Nadine et Tony, arrivèrent pour le déjeuner. Pendant la sieste de Pierre, elle demanda à Martial de lui apprendre à se servir du tracteur, simple curiosité. Ensuite elle équeuta les haricots, aidée par Nadine, elle en prépara une cuisine, puis elle fit des conserves avec le reste. Tony revint avec des fraises, elle fit deux tartes avec en fond de la crème pâtissière et prépara des fraises à la crème pour le soir. Puis elle voulut profiter un peu de son fils. Quand il se réveilla, il n’avait qu’une idée aller dehors.

Avec ses deux ans, il parlait beaucoup. Il était d’un naturel curieux et posait beaucoup de questions. Pourquoi ci, pourquoi ça…, Niki et Martial essayaient de toujours répondre à ses questions. C’était un petit garçon, sans problèmes, calme, facile, très attachant. Il ne faisait jamais de caprices ou de colères. Si son père et sa mère lui disaient non, il n’insistait pas. Il savait qu’il devait être poli, il disait spontanément, bonjour, merci, au revoir, il était rare que ses parents le reprennent à ce sujet. Il adorait ses grands-parents paternels et maternels, mais se sentait plus attiré par Maryvonne et Simon, d’une part, il y avait la ferme, d’autre part, il les voyait plus souvent. Il était très attaché à son oncle et sa tante, ils étaient toujours disponibles pour lui.

Martial avait dû ramener, son petit tracteur et sa remorque de Niort. Lolo montait dans la remorque, ils faisaient des tours et des tours dans la cour, il imitait son père dans son travail, si bien qu’il avait adopté certaines attitudes de Martial, involontairement. Il s’intéressait à la ferme, aux animaux, Niki sentait naître en lui une vocation, Martial en était plutôt fier.

Un soir, alors qu’ils se tenaient assis sur le seuil de la porte, à regarder Pierre et lolo, évoluer sur le tracteur, Martial dit à Niki

– « Tu crois vraiment qu’il pourrait travailler avec moi ?

– Pourquoi pas, nous le laisserons choisir librement son métier, mais si c’est son truc, pourquoi s’y opposer. »

Niki, faisait la route tous les jours, cette nouvelle vie ne lui déplaisait pas. Mis à part les cochons, qui l’énervaient. Il y avait également le contact, avec les quelques clients de Maryvonne. Ils ne savaient toujours pas, où ils partiraient en vacances, peut-être iraient-ils au hasard des routes ?

Un soir, alors qu’elle venait de donner à manger aux bêtes, elle entendit une voiture se garer dans la cour. Elle revint vers la ferme, elle ne connaissait pas cette voiture, décapotée, elle avait le soleil face à elle. C’est au dernier moment, qu’elle reconnut Olivier et Guy. Ce dernier, venait de s’offrir, un cabriolet 204, ils venaient leurs montrer la voiture. Niki la trouva, très belle, elle était beige, avec la capote noire. Pierre demanda à monter à l’arrière, rejoint bientôt par Olivier, Niki se mit côté passager, ils allèrent faire un tour. Pierre était content, il avait les cheveux au vent.

Quand ils revinrent à la ferme, Niki en attendant le retour de Martial, leur montra l’album photo du mariage et des vacances. Quand ils virent Martial en maillot de bain blanc, tout bronzé, ils sifflèrent d’admiration.

– « Tu ne dois pas montrer ce genre de photos à des mecs gays, il est trop sexy, j’en ferai bien mon 4 heures.

– Essaie un peu d’y toucher, je t’arrache les couilles. »

Ils éclatèrent tous de rire, elle avoua qu’elle le trouvait très sexy, qu’elle lui avait offert ce maillot de bain, uniquement pour le plaisir des, de ses yeux.

– « Si je comprends bien, nous t’avons présenté une affaire.

– C’est plus qu’une affaire, c’est une perle rare, malheur à qui y touche. »

Elle expliqua, qu’ils devaient partir en vacances au retour de Maryvonne et de Simon, mais ils ne savaient toujours pas la destination.

– « Nous sommes en vacances en même temps que vous, nous partons à SITGES en Espagne, vous pourriez venir avec nous ?

– Je suis assez partante, mais je ne sais pas si ça plaira à Martial ?

– Il faut que vous sachiez, que c’est une station très libérée, on y retrouve un grand nombre d’homos.

– Vous voulez tant que ça, que l’on me pique mon mec ?

– Il tient trop à sa petite femme.

– Vous restez dîner avec nous, vous lui proposerez, nous verrons bien ce qu’il en pense. »

Pierre rentra dans la maison, Niki lui demanda d’aller immédiatement se laver les mains. Il alla dans la salle de bain, où le bidet était à sa hauteur. Quand il revint, il dit :

– « Sens mes mains, Olivier, elles sentent bons ? »

Olivier le prit sur ses genoux,

– « Ça te plairait de venir en vacances avec nous ? lui demanda Olivier.

– Oui, avec papa et maman.

– Oui tous ensemble.

– C’est génial. C’était le mot du moment, qu’il plaçait un peu partout. »

Mais il entendit le tracteur, il sortit dehors, suivi de son chien, au-devant de son père.

– « Papa, papa, tonton Olivier et tonton Guy, sont ici. Regardes tonton Guy, il a une belle voiture. Nous sommes montés dedans avec maman. »

Il entra dans la pièce, embrassa les gars.

– « Donnez-moi dix minutes, je pue, je vais prendre une douche. »

Les gars aidèrent Niki à préparer le repas et à mettre la table.

Quand Martial, rentra dans la cuisine, ils le regardèrent avec des yeux étranges.

– « Pourquoi vous me regardez comme ça ?

– Nous sommes vachement déçus.

– Pourquoi,

– Nous pensions, que tu aurais mis ton maillot de bain blanc, pour nous.

– Vous êtes cons, ce sont les fantasmes de ma petite femme.

– Je te signale, que tu as embrassé tes cousins, Pierre, mais moi tu m’as oublié.

– Excuse-moi mon amour, il mit les bouchées doubles. Je dois mettre mon maillot de bain, pour essayer ta voiture ?

– Tu auras du mal, dit Niki, il est à Niort. »

Ils partirent tous les quatre, Guy laissa le volant à Martial. Pendant ce temps, Niki décongela du pain.

Quand ils revinrent, ils prirent l’apéro et passèrent à table. Olivier et Guy, proposa à Martial, de venir en vacances en Espagne.

– « Nous connaissons du monde, nous pouvons vous trouver une location pas trop chère.

– N’oublie pas de lui préciser, qu’il s’agit d’un lieu de rencontres gays.

– Ça ne me gêne pas dit Martial, il n’y a pas que des homos et que des lesbiennes.

– Non, il y a aussi, la mer, le soleil, la fête tous les soirs, Barcelone qui n’est pas trop loin.

– Vous garderiez votre indépendance, nous la nôtre, nous sortons beaucoup la nuit, nous n’aurons pas, le même rythme.

– Nous pourrions passer une journée tous ensemble à Barcelone, le soir, nous vous ferons connaître quelques petits restos sympas, dit Guy. Si tu veux Martial, tu peux sortir en boite avec nous ?

– Tu veux que je t’arrache les yeux ?

– Qu’en penses-tu Niki ?

– Moi je suis assez partante, je pourrai entretenir mon Espagnol, même si c’est le Catalan. Nous pourrions visiter, passer une ou deux journées à Barcelone. Ce n’est pas gênant pour vous, de vous trimballer avec une famille d’hétéros ?

– Absolument pas, ce sont nos vacances, nous sortons beaucoup et profitons aussi du soleil et de la plage. Nous n’y allons pas pour draguer, mais c’est un lieu, où deux mecs ou deux nanas qui s’aiment, peuvent se comporter comme un couple hétéro, c'est-à-dire se donner la main, s’embrasser en public. C’est un endroit où l’amour, n’est pas tabou. Nous sortons la nuit dans les boites gays, nous serons forcément en décalage avec vous, mais vous aurez votre liberté de mouvement.

– Si tu es d’accord Niki, je suis partant.

– Tu crois qu’il n’est pas trop tard, pour le logement ? Si nous pouvions avoir un balcon qui donne sur la mer, ce serait le pied, répondit Niki.

– Je m’en occupe dès demain, je téléphone du boulot, je te rappelle, tu envoies un chèque de caution, mais je ne pense pas que ça va poser de problèmes.

– Je peux émettre des conditions, demanda Guy ? Ils tendirent tous l’oreille. Je veux que nous passions un après-midi à la plage et que Martial mette son maillot de bain blanc. »

Il reçut un morceau de pain, en pleine figure, l’expéditeur n’était autre que Niki. Ils finirent la soirée à faire des projets, sur leur destination commune de vacances.

Niki et Martial en parlèrent le soir, Niki sentit que cette perspective plaisait à Martial.

Olivier, téléphona dans la matinée, au bureau, il avait trouvé un T1, avec un petit balcon, qui donnait sur la mer. L’appartement était situé dans le même immeuble que le leur. Ils passeraient ce soir pour lui donner tous les renseignements. Ils restèrent dîner, ils firent donc le plan des vacances. Ils partiraient à deux voitures, à quatre heures du matin et se suivraient. Niki convint, qu’il était préférable de partir avec la Cox, elle était en meilleure état que la voiture de Martial. Niki, envoya un chèque d’acompte dès le lendemain, les propriétaires étaient des amis d’Olivier et Guy, ils tenaient un resto.

Les deux premières semaines d’août passèrent très vite, Maryvonne et Simon, revinrent de leurs vacances, heureux, reposés et amoureux. Ils avaient vu la montagne l’été, ils s’étaient promis d’y retourner l’hiver. Elle remercia chaleureusement Niki, pour le remplacement. Elle avait fait des conserves d’haricots, de sauce tomates, congelé des tomates farcies, c’est d’ailleurs deux grands plats qu’elle avait préparés pour leur retour. Nadine et Tony, partis camper à l’ile d’Oléron, rentrèrent pour le repas. Ils étaient heureux, ils étaient admis tous les deux à Poitiers, Nadine, pour l’école d’infirmière et Tony pour une prépa aux grands écoles. Ils devaient aller avec les parents et les beaux-parents à Poitiers, pour trouver un logement. Ils se réjouissaient à l’idée de pouvoir vivre ensemble, mais promettaient de réussir leurs études.

Quand Niki dit à ses beaux-parents, qu’ils partaient en Espagne, avec Olivier et Guy, ils furent enchantés. Elle aimait bien son neveu, il s’était toujours bien entendu aves Martial, elle avait toujours accepté et défendu son homosexualité, parce qu’elle l’aimait trop.

– « Je vois, dit Maryvonne à Pierre, que Lolo a pris beaucoup de hardiesse, pendant mon absence.

– Oui, mais vous étiez en vacances, lolo était triste de ne plus vous voir.

– Oui, tu es un petit malin.

– Dis, papa, pourquoi Lolo, ne vient pas coucher à Niort ?

– Tout simplement, parce que c’est le chien de papi et mamie et que sa maison est ici.

– Pourquoi, on n’a pas de chien ?

– Parce que nous avons un petit coquin, qui pose plein de questions.

– Tu aimerais avoir un chien, demanda Simon ?

– Oui, j’aimerais bien avoir Lolo.

– Mais si tu prends Lolo, je vais être triste, lui dit Simon.

– Mais non, c’est pour rire papi, je ne vais pas te prendre Lolo. »

Sur ce, il alla expliquer à Lolo, qu’il devait rester à la ferme, sinon papi Simon serait triste. Il était assis à côté du chien, son bras autour du cou, le chien l’écoutait, lui fit des « léchouilles » sur le visage, qui le fit rire. Ces deux-là, étaient inséparables, il n’aurait pas fallu toucher à Pierre, lolo aurait pris sa défense.

Arriva enfin, le grand jour des vacances. Martial se leva à trois heures du matin, suivi de près par Pierre. Ils avaient chargé la voiture la veille. Niki mit dans la glacière, les boissons fraîches. Dans son panier elle avait préparé un thermo de café, des verres en plastique. Les gars arrivèrent à trois heures trente, Niki servit le café pour tout le monde. Il était à peine quatre heures, lorsqu’ils quittèrent Niort. Il avait mis pas mal de valises entre les sièges, si bien que Pierre, s’étendit sur la banquette arrière, prit son lapin et ne tarda pas à s’endormir. Martial avait pris le volant, qu’il garda pendant deux heures, puis il le laissa à Niki, il avait un coup de barre. Comme Pierre, il s’endormit, Niki mit la radio en sourdine, elle suivait Olivier et Guy, elle aimait bien conduire, ça ne la dérangeait pas. Elle aimait surtout sa voiture. Ils s’arrêtèrent vers huit heures du matin, ils firent une pause pipi, Niki servit du café pour tout le monde aves des petits gâteaux, Pierre, prit du chocolat. Martial et Olivier, le firent courir, puis ils reprirent la route, Niki garda le volant, elle dut faire un plein d’essence, elle avait moins d’autonomie que la voiture des gars. Ils passèrent la frontière, puis ils s’arrêtèrent dans une petite auberge, halte habituelle d’Olivier et Guy. Ils déjeunèrent en terrasse, Niki retrouva spontanément son espagnol, elle échangea avec la patronne qui avait une petite fille du même âge que Pierre. Ils déjeunèrent fort bien, avec uniquement de la sangria en boisson, pour un prix plus que raisonnable.

Ils reprirent la route, cette fois, direction finale Sitges. Ils arrivaient vers 18 heures. Les amis d’Olivier les attendaient. Ils déchargèrent les voitures, qu’ils garèrent dans la cour des propriétaires. Ils pourraient les récupérer à tout moment, de jour, comme de nuit. Ils montèrent ensuite les bagages dans l’appartement, Olivier et Guy suivirent. C’était un grand T1, la chambre était constituée d’un grand lit, d’une grande armoire, ils avaient rajouté un petit lit pour Pierre. En face se trouvait la salle de bain et les WC, puis ils entrèrent dans une grande pièce, où se trouvaient d’un côté, une petite cuisine aménagée, une table et quatre chaises et de l’autre un salon avec un canapé certainement convertible, deux fauteuils, avec un balcon tout petit, où ils ne pouvaient même pas mettre de chaise, mais il donnait sur le port. La route passait au pied de l’immeuble, le tout était clair et propre, très correct pour le prix demandé. Niki pensa que le prix résultait de l’amitié des propriétaires pour Olivier et Guy. Ceux-ci se trouvaient dans le studio d’à côté, ils pouvaient se faire coucou du balcon.

Ils se donnèrent rendez-vous pour 19 heures, Olivier et Guy passeraient les prendre, lis leurs feraient visiter le gros du bourg, ensuite ils iraient dîner chez des amis, qui tiennent un resto gay.

Niki et Martial, défirent les valises, qu’ils glissèrent sous le lit. L’appartement était propre, elle mit le frigidaire en route, mit les bacs à glaçons, vida sa glacière dans le frigidaire, il faudrait qu’elle fasse le plein. Elle fit l’inventaire de la vaisselle, tout correspondait à la liste. Demain matin, ils pourraient déjeuner, elle avait prévu le café, le lait, le chocolat, la brioche, ils aviseraient ensuite. Par contre, il n’y avait pas de machine à laver, il faudrait qu’elle trouve une laverie. Il y avait néanmoins un tancarville, pour faire sécher le linge.

Ils découvrirent le soir même Sitges, les rues étroites grouillaient de magasins de tout genre et beaucoup de monde. Beaucoup de couples homos se tenaient par la main, ou la taille, mais rien de provoquant, rien de choquant. Pierre était sur les épaules de son père, qui tenait la main de Niki, Olivier et Guy faisaient de même. C’était la première fois que Niki les voyait se donner la main dans la rue. Elle réalisait, que ce n’était vraiment pas juste, il y avait encore fort à faire en France, elle considérait qu’ils avaient beaucoup de chance de pouvoir afficher leur amour, par rapport à ses cousins, qui devaient en permanence se cacher. Pourtant leur amour était aussi fort, aussi vrai que le leur, il n’y avait aucune différence pour l’intensité et la véracité des sentiments.

Beaucoup de boutiques de fringues branchées, de bijoux, par contre Niki fut interpellée par les tenues. Certaines se voulaient à ses yeux très excentriques, mais c’était certainement le moyen de prouver qu’ils existaient au même titre que les hétéros. Il y avait du cuir, des paillettes… Olivier et Guy rencontrèrent beaucoup d’amis communs, ils se donnèrent rendez-vous pour les futures fêtes nocturnes. A compter de ce soir, ils devenaient noctambules.

Après un premier tour dans la cité, après avoir récupéré à l’office de tourisme, le plan et quelques prospectus, ils se retrouvèrent dans un petit restaurant, tout en longueur, dans une ruelle en pente qui descendait au port. Deux garçons qui étaient les propriétaires vinrent embrasser Olivier et Guy, qui présentèrent Martial, Niki et Pierre. L’un des garçons, ignorant que Niki comprenait l’espagnol, dit à Olivier, qu’il ferait bien son quatre heures, de Martial.

– « C’est chasse gardée, malheur à celui qui y touche, je le brise en mille morceaux, dit Niki en espagnol.

– Je suis désolé, mais je le pensais vraiment, tu as un très beau mari et très bel enfant, mais rassure toi, nous respectons les amis des amis, tu vas t’en rendre compte. »

Martial écoutait, mais ne comprenait pas ce qu’ils disaient. Ils se présentèrent, celui qui avait gaffé s’appelait Manuel et son ami était Julio.

Pour se faire pardonner, Manuel choisit une bonne table, à proximité des cuisines. Comme il était encore tôt, il ramena un énorme pichet de sangria, et s’assit entre Niki et Martial. Il avait apprécié la répartie de Niki, il lui demanda son âge et fut surpris d’apprendre qu’elle n’avait que 20 ans. Julio se joignit à eux, ils trinquèrent au premier jour des vacances. Manuel avait apprécié l’humour et la spontanéité de Niki, il lui donna plein de documents sur les sites à visiter, dans les environs, lui indiqua une petite plage sympa, il fallait marcher, mais ils seraient tranquilles.

Quand il partit chercher les plats, Olivier lui dit :

– « Tu nous avais caché, que tu parlais aussi bien l’espagnol.

– Je voulais faire fac d’espagnol, mais j’ai dû renoncer, tu sais pourquoi ?

– Je peux te dire que Manuel est tombé sous ton charme, tu peux lui demander ce que tu veux.

– Je croyais qu’il en avait après Martial.

– Je te rassure immédiatement, Manuel est une grande gueule, mais il a Julio dans la peau, il l’aime trop, il ne prendra aucun risque, il ne veut surtout pas le perdre. Ils doivent être ensemble depuis une vingtaine d’années et ils s’aiment comme au premier jour.

– Tu me rassures, je vais être moins sur la défensive.

– C’est dommage, il me plait bien Manuel, dit Martial en riant. Mais devant le regard mauvais de sa femme, il se déplaça, l’embrassa tendrement. Tu sais bien qu’il n’y a que toi qui compte. »

Après le resto, Olivier et Guy, partirent se préparer, ils se donnèrent rendez-vous à l’apéritif le lendemain soir à 19 heures. Niki avait repéré à l’aller une épicerie, ils s’y arrêtèrent, elle prit du lait, du beurre, de la confiture, des biscuits, des gâteaux apéritifs, des yaourts, des fruits, Martial trouva une grand bouteille de pastis, une grande bouteille de martini blanc, une grande bouteille de martini rouge. Comme ils n’avaient pas de sac, la vendeuse leurs donna un grand sac publicitaire, très costaud, représentant d’un côté un vieux voilier et de l’autre SITGES. Ils rentrèrent à l’appartement, ils couchèrent Pierre, Martial prit sa douche, pendant que Niki rangeait les victuailles. Elle prit à son tour sa douche et alla rejoindre Martial. Pierre dormait profondément. Ils se rendirent vite compte que le logement était loin d’être étanche aux bruits extérieurs. Ils décidèrent d’en faire abstraction et de s’aimer, tout simplement.