//img.uscri.be/pth/09325b5ea8b6d2c06d5ec8ed1101904990a32d3a
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF - MOBI - EPUB

sans DRM

Niki et ses hommes Volume 3

De
298 pages

Niki est une jeune fille rêveuse. À peine sortie de l’enfance, elle croit trouver le grand amour dans les bras de Pascal. Leur idylle va durer le temps d’un week-end. Elle se retrouve seule, enceinte, en pleine année du bac. Elle refuse de se faire avorter. Elle accepte un travail qui l’éloigne de sa famille, prête à tout pour mieux protéger son enfant. Elle va devoir s’imposer dans ce monde professionnel, misogyne et cruel. Sur le plan sentimental, deux mariages, deux tragédies ; elle se retrouve à nouveau seule avec en charge cinq enfants. Elle les élève d’une poigne de fer, comme elle dirige les salariés sous ses ordres. Le malheur s’acharne, mais elle se relève à chaque fois, un peu plus meurtrie. La vie est parfois curieuse et surprenante : au moment où elle n’espérait plus rien, en pleine force de l’âge, resurgit son premier amour.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-80381-8

 

© Edilivre, 2017

Dédicace

 

 

Je dédie ce roman à mon père Lucien,
à ma sœur Josiane et à mon frère Patrick.

A ma mère, la seule à pouvoir le découvrir.

A toi Yves, qui a fait de moi, ce que je suis.

Premier chapitre
Seule avec deux enfants

« Le chagrin se supporte seul, mais la joie
doit être partagée »

(ELBERT HUBLARD)

Puis la vie reprit son cours. Elle retrouva son poste de travail, ses emmerdes habituelles, ses petites habitudes et surtout la solitude pesante des nuits. Le bienfait des vacances s’estompa très vite, elle tomba dans une espèce de léthargie, se repliant sur elle-même.

Dès son retour elle écrivit à Jésus et Diégo, pour leur demander si elle pouvait relouer le même logement aux vacances de Pâques et pour leur faire part de son souhait de s’acheter un appartement, vers Calafell, si possible, dernier étage, grande terrasse, deux ou trois chambres, vue sur mer…, bref s’ils pouvaient se renseigner à droite et à gauche, avec leur cercle d’amis.

La succession suivait son cours, sa banque avait remboursé tous ses crédits, elle pouvait désormais vendre sa voiture. La banque de Martial avait également remboursé le crédit de sa voiture. Sa boite lui avait versé l’assurance vie. Le crédit mutuel, grâce certainement à l’intervention de son père, avait également remboursé le capital de l’assurance vie. Il restait désormais le capital de l’assurance vie, souscrit auprès de la banque de Martial.

Elle décida de mettre en vente sa Cox, çà lui faisait mal au cœur, mais avec deux enfants, elle était trop petite, autant qu’elle garde la voiture de Martial. Elle mit une affiche à son agence, colla également une affiche sur le véhicule. Deux jours, après, elle reçut un appel, provenant d’une jeune fille, qui travaillait dans son entreprise. Niki lui proposa de venir voir le véhicule ce week-end, elle demanda à Niki, si ce n’était pas possible le soir. Niki accepta, elle alla l’essayer avec Niki et Pierre à l’arrière, elle essaya de discuter le prix, mais Niki, lui dit, qu’elle avait d’autres personnes intéressées, elle lui laissait la priorité jusqu’au lendemain. La jeune fille qui était avec son père, préféra la réserver de suite, elle la voulait pour le week-end. Elles firent les papiers, Niki lui demanda un chèque de banque, elle voulait la prendre le samedi matin. La voiture partit très vite, elle n’avait pas perdu dessus, il faut dire, qu’elle n’avait pas beaucoup de kilomètres. Niki la nettoya le vendredi, intérieurement et extérieurement, elle eut beaucoup de peine, à s’en séparer, surtout penser qu’elle la verrait sur le parking de l’agence.

Les salariés étant prioritaires, pour le rachat de l’immobilier, elle voulait deux logements, mais sous les conseils de Philippe, elle opta carrément pour un bâtiment, avec les garages. Elle prit, le mieux exposé et le plus éloigné de la route. Celui-ci lui dit, que par rapport au prix du marché, elle bénéficiait d’un tarif, super préférentiel. Bâtiment de trois étages, sans ascenseur, ce qui réduisait l’entretien. Elle fit refaire le ravalement extérieur, peinture des balcons et des huisseries extérieurs, ainsi que les peintures des escaliers. L’immeuble retrouva son éclat d’avant, Stéphane, lui dit que les huisseries étaient bonnes, qu’ensuite elle pourrait voir, pour les mettre en PVC, ainsi que les portes des garages. Avec cet investissement, elle avait entamé, qu’une faible partie de son capital, de plus elle aurait des rentrées, tous les mois, bien que cette année, avec les frais de remise en état, resterait plutôt déficitaire, au niveau de ses revenus fonciers.

Entre temps, elle avait reçu un courrier de Jésus et de Diégo, qui lui disaient avoir trouvé l’appartement de ses rêves, par le biais d’un copain. L’appartement était situé à Calafell, répondait à ses critères, un couple qui divorçait, qui voulait s’en défaire au plus vite. Pour la location, elle pouvait avoir la même que l’été dernier. Elle envoya un chèque pour la réservation, ses parents avaient posé des congés. Ils descendirent tous les quatre, elle préféra prendre sa voiture, elle conduisit, Annie, considérait que c’était plus prudent de conduire dans son état, que de se faire conduire. Ils allèrent dîner le soir même, chez Jésus et Diégo. Pierre leur sauta au cou. Ses parents, qui ne connaissaient pas l’Espagne, apprécièrent l’accueil et la location. Elle avait un rendez-vous, dès le lendemain matin, pour la visite de l’appartement. Il lui donna l’adresse, elle devait se présenter à 10 heures à l’agence, il se rendait disponible, même un dimanche.

A 10 heures, toute la petite famille était devant la porte de l’agence. Le gérant qui les reçut, était visiblement de l’âge de Jésus et faisait certainement partie de la grande famille. Il se montra très courtois. Niki lui proposa de monter à l’avant, ses parents montèrent à l’arrière avec Pierre et Julia. Il avait fait un tri, en respectant ses critères, tous les appartements donnaient sur la mer.

Ils commencèrent par le premier. Il y avait trois chambres, une grande salle à manger, salon, cuisine et surtout une grande terrasse, qui donnait sur la mer. Il était situé au dernier étage, la terrasse, faisait tout le tour de l’appartement. Ils en visitèrent quatre autres, mais rien de transcendant par rapport au premier. Après avoir visité les cinq appartements, elle demanda à retourner au premier.

– « Jésus avait raison, il était sûr, que celui-ci vous plairait. »

Au sous-sol elle avait, un garage fermé, plus à côté une place de parking. Extérieurement, il était relativement récent avec un petit côté Espagnol, qui lui plaisait bien. Les trois chambres étaient spacieuses, chacune avait un grand placard. Il y avait également dans l’entrée un très grand placard. La cuisine était aménagée, plutôt moderne, dans un ton jaune pastel, agréable à l’œil, mais pour un appartement de vacances ce n’était pas gênant. La salle à manger, toute blanche, était meublée d’un grand living avec des étagères apparentes, mais beaucoup de rangement, qui garnissait tout le fond, une grande table ovale, blanche avec 8 chaises blanches, le coté salon, avait également le même living, un peu moins large, le salon se composait de deux grands canapés, c’était un cuir blanc sympa. La télé et la chaîne se trouvait dans le coin, près de la terrasse, meuble hifi blanc assorti aux autres meubles. Sur la terrasse, il y avait un coin repas avec une table et 8 fauteuils, de l’autre côté un coin salon avec 4 fauteuils extérieurs.

L’appartement était vendu en l’état, la mise à prix était correcte, mais nous étions en Espagne. L’ensemble des meubles était compris dans le prix. Niki demanda à voir le cahier de charges, il avait préparé tous les documents, qu’il lui remit. Les vendeurs, étaient des jeunes qui se séparaient, qui étaient pressés de vendre, il lui laissa un double des clefs, si elle voulait venir revoir l’appartement. Niki lui proposa de faire une proposition écrite, le vendeur accepta. Elle fit sa proposition, la jugeant correcte, se laissant éventuellement une marge, pour pouvoir monter un peu. Quand il vit la proposition de Niki, il fit la grimace, mais lui promit de les avertir dans le courant de l’après-midi. Il lui signala, qu’il avait un autre garage à vendre juste à côté du sien, mais ils voulaient le vendre séparément. Elle fit donc une proposition pour le deuxième garage. Elle lui fit remarquer, qu’ils étaient ici pour 2 semaines, qu’elle n’avait pas recours à un emprunt, que tout pouvait aller très vite, qu’ils pouvaient éventuellement signer une promesse de vente. Ils raccompagnèrent le vendeur, à son agence, elle lui dit qu’ils dîneraient ce soir, chez Jésus et Diégo, qu’il pouvait éventuellement laisser un message, chez eux.

Ils allèrent déjeuner de tapas dans un petit restaurant, puis ils revinrent à l’appartement. Il y avait l’ascenseur, jusqu’au sixième étage, son appartement était au septième, un escalier privé fermé à clef permettait d’y accéder. Il débouchait sur l’extérieur de l’appartement. Tout était propre, la cuisine, avait un petit côté provençal, les placards allaient jusqu’au plafond. Elle était fermée, une porte, donnait sur la salle à manger, une autre sur la terrasse extérieure. Niki se dit que même avec Martial, ils n’avaient jamais envisagé un appartement aussi grand. Tout autour de l’appartement il y avait une terrasse. Les menuiseries étaient en bois, mais récentes, les volets également. La salle de bain était bien conçue, il y avait la baignoire, mais également une cabine de douche, le lave-linge, était également dans la salle de bain. La chambre que Niki se réservait, était immense, avec un grand placard et une grande baie vitrée, la seule chambre avec baie. Le lit était grand, il y avait un petit coin salon avec un canapé 2 places et 2 fauteuils. Elle s’y voyait déjà.

Ils retournèrent à la location, puis ils passèrent voir Jésus et Diégo.

– « Nous étions sûrs qu’il te plairait, il correspond vraiment à ce que tu recherches. Nous sommes heureux pour toi, un peu de bonheur, dans cette année ayant si mal commencé. » Ils lui touchèrent le ventre, tu verras le petit va aimer. Ils durent prendre un verre de sangria, ils devaient aller dîner chez Manuel et Julio.

Quand ils arrivèrent chez eux, ils furent accueillis comme des rois. Pierre passa de bras en bras. Niki leur dit qu’elle avait trouvé un appartement à Calafell, elle attendait désormais l’accord des propriétaires. Ils furent ravis, au moins, ils savaient qu’elle ne les quitterait pas. Cette semaine, il n’y avait pas foule, ce n’était pas comme le week-end. Ils purent rester avec eux. Pierre et Julia, les suivaient, dès qu’ils s’asseyaient, il passait des genoux de l’un aux genoux de l’autre. Ils ne voulaient pas que Niki, paya, mais elle insista, ils promirent de venir dans la semaine.

Il n’était pas tard, ils décidèrent de visiter Sitges, la nuit. Les commerces étaient ouverts, ils firent quelques courses pour le repas du lendemain et prirent du Martini blanc et du Martini rouge.

Le lendemain matin, ils prenaient le petit déjeuner sur la terrasse, quand l’agent immobilier sonna. Niki l’invita à sa joindre à eux. Les vendeurs acceptaient l’offre de Niki, par contre ils voulaient signer la promesse de vente sans attendre. Ils lui proposaient le mercredi, il venait de prendre rendez-vous avec le notaire. L’agent le connaissait bien, puisqu’il travaillait régulièrement avec lui. Les papiers seraient faits en Espagnol et en Français un exemplaire serait transmis à son notaire. Le paiement se ferait par virement de banque à banque. Concernant l’autre garage, il aurait la confirmation dans la journée. Ils prirent un café. Le divorce se passant très mal, les gens étaient pressés de vendre, Niki profitait d’une bonne opportunité. Ils le vendaient le prix qu’ils l’avaient acheté, sans être meublé.

Niki était heureuse, elle pensait à Martial, elle était sûre que l’appartement lui aurait plu. Ils allèrent faire les magasins, sa mère avait repéré un maillot de bain. Ils revinrent déjeuner à l’appartement, puis décidèrent d’aller à la plage, la mer n’était pas chaude, mais il faisait un beau soleil. Nouveau serrement au cœur, en retrouvant la plage, où elle avait photographié Martial, avec son maillot de bain blanc. Ils essayèrent de se tremper, mais l’eau était vraiment trop froide. Etienne et Pierre s’endormirent sur leur serviette.

Le séjour se passa bien vite, Niki signa la promesse de vente pour l’appartement et pour le garage, au prix voulu. Normalement l’appartement lui appartiendrait dans le courant du mois de Juin. Ils allèrent passer une journée à Barcelone, allèrent faire un petit coucou à Esperanza, puis ils rentrèrent. Elle était désormais propriétaire d’un bel appartement avec deux garages, plus un parking, sur la Costa Dorada. Le notaire fit la liste de tout le mobilier qui devait rester, de façon à ce qu’il n’y ait pas de problèmes par la suite.

Le 12 et le 13 mai, ils eurent la visite de Robert et d’Alice. Ils arrivèrent le vendredi en fin d’après-midi. Niki avait eu le temps de récupérer Pierre. Ce dernier était très impatient de les revoir. Quand il vit la voiture s’arrêter, il alla à leur rencontre. Julia en voyant le chien, fit sa timide, mais comme Bamby, était très joueur, ils ne tardèrent pas à jouer ensemble.

Niki leur fit visiter la maison, ils devaient dormir dans le lit de Pierre, qui exceptionnellement dormirait avec sa mère. Ils trouvèrent que la décoration, correspondait tout à fait à Niki. Ils la félicitèrent, sa maison était un vrai magasin d’antiquités. Ils apprécièrent tous les petits plats, qu’elle avait préparés. Beaucoup de spécialités vendéennes, des cuisses de grenouilles, des anguilles, du préfou, du jambon mogette, Ils apprécièrent sa cuisine. Décidément elle excellait en tout. Ils trouvèrent qu’elle avait pris des rondeurs, depuis le voyage. Ils partirent le lundi matin, ils descendaient sur Collioure. Ils avaient passé un très bon week-end.

Ils préparèrent ensuite les fiançailles de Nadine et de Tony, La salle fut réservée et toute la famille fut invitée, y compris Stéphane, Cathy et sa belle-mère, Patrice et Guy. Martial était encore bien présent dans la tête de tout le monde, mais la vie continuait pour les autres. Maryvonne, Nadine et Niki avaient toutes sur elle le médaillon, avec la photo de Martial. C’était leur manière à elles de le faire participer à cette fête. Niki éprouva le besoin, d’aller se recueillir, seule sur sa tombe. Ce fut une fête, calme et simple, officiellement Nadine et Tony, étaient fiancés. Ils avaient le droit au bonheur également.

Le Week-end suivant, Niki posa son vendredi et avec Pierre, ils firent l’aller, retour à Calafell, elle n’en parla à personne, elle fit manquer l’école à Pierre. Ils partirent à 4 heures du matin, pour arriver vers 15 heures, ils signèrent chez le notaire à 17 heures précises, pour l’appartement, ensuite pour le garage, à 18 h 30, elle avait les clefs des deux. Le type de l’agence, qui l’avait accompagné chez le notaire, vint jusque chez elle. Niki monta sa valise, elle avait prévu une bouteille de champagne et une paire de draps. Grâce à son intervention, il s’était occupé de l’électricité et de l’eau, elle pouvait donc rester coucher chez elle. Les meubles étaient vides, mais tout y était, les vitres, le ménage avait été fait entièrement. Il lui dit, que c’était un prestataire de service qui était venu. Elle lui proposa de prendre un verre, il refusa, elle l’invita à venir dîner chez Jésus et Diégo, il refusa. Elle le remercia pour tout ce qu’il avait fait pour elle, il lui souhaita un bon aménagement, qu’il restait à son entière disposition, pour un futur achat. Elle avait emmené des draps et des couvertures, un traversin et deux oreillers. Elle fit le lit de sa chambre, Pierre dormirait avec elle ce soir. Puis ils allèrent dîner chez Jésus et Diégo. Ils furent surpris de les voir, elle avait emmené, sa bouteille de champagne, pour fêter l’évènement. Ils étaient contents, qu’elle ait concrétisé le rêve, qu’ils avaient en commun avec Martial. Au retour, elle s’arrêta prendre un minimum de courses pour le petit déjeuner du lendemain, elle réalisa, qu’elle n’avait pas de cafetière, ni tasse, ni rien.

Ils dormirent pour la première fois dans l’appartement. Elle était fatiguée, elle dormit jusqu’à 8 heures. Le soleil donnait sur la terrasse, elle avait acheté des beignets et du jus d’orange. Vraiment l’appartement était agréable, il donnait sur la mer, ils mangèrent en terrasse, quoi de mieux. Elle fit une liste de tout ce qui lui manquait, elle alla dans une grande surface, acheter des draps, des serviettes, du savon, du dentifrice, des produits d’entretien, un aspirateur, une cafetière, un service a vaisselle complet, des couverts, une batterie de cuisine, une cocotte-minute, un balai, la voiture était pleine. Elle monta le tout à l’appartement, lança une lessive de vaisselle, brancha la cafetière, se fit un café. Elle retourna au magasin, acheter, deux traversins, quatre oreillers pour les deux chambres Elle prit des jolis dessus de lit pour les trois chambres. Elle acheta des lampes de chevet pour sa chambre et celle de Pierre, elle verrait ensuite pour le reste. Elle prit un peu d’épicerie. Elle alla se commander une télé, une chaîne stéréo, à la condition qu’ils viennent lui installer en début d’après-midi, elle se commanda également un sèche-linge. Elle avait lavé les draps, qui avaient séché sur la terrasse, elle put faire les lits des deux chambres. Le soir ils allèrent dîner chez Manuel et Julio. Ils rentrèrent de bonne heure, elle voulait partir tôt le dimanche matin. Elle laissa un jeu de ses clefs, chez Jésus et Diégo, un autre chez Manuel et Julio.

Le lendemain, ils partirent dès 5 heures du matin, Pierre et Julia à l’arrière, ne tardèrent pas à s’endormir. Elle avait ses cassettes, restait vigilante au volant, elle fit plusieurs pauses café, elle avait son thermo, quand Pierre dormait, elle évitait de le réveiller. La route lui paraissait moins longue. A midi elle fit une pause d’une heure pour le repas, Pierre avait faim, il mangea un steak haché, frites, elle prit un steak frites également. Elle ne voulait pas trop se surcharger, elle devait reprendre la route après le repas. Ils arrivèrent en fin de journée, elle vida la voiture, lança une tournée de lessive, ils dînèrent et allèrent se coucher. Niki était tellement épuisée, qu’elle s’endormit immédiatement. La nuit fut récupératrice, au réveil, elle avait retrouvé sa forme. Il lui restait quinze jours à travailler, mais elle commençait à peiner sérieusement, surtout qu’il faisait beau et chaud. Pour le jardin, elle ne sentait pas capable de tout assumer, son frère, son père, son beau-père s’étaient proposés, mais elle n’avait pas envie d’ennuyer les gens. Elle avait donc trouvé une association, des personnes avec un handicap, plutôt mental, qui proposait ses services. Ils venaient lui tondre son terrain, lui nettoyer, repartaient avec tous les déchets. Le jardin était propre, elle verrait plus tard, si elle pouvait l’entretenir, mais dans son état, ce n’était pas possible. Ce dernier mois, elle avait l’impression d’avoir pris énormément de poids. Elle ne se souvenait pas, d’avoir été aussi fatiguée, durant la grossesse de Pierre.

Annie, lui avait demandé de préparer ses affaires pour la maternité, pour elle, elle n’irait pas jusqu’à son terme. Aussi tout attendait dans la chambre du bébé, la valise pour elle et le bébé, le landau était redescendu du grenier, nettoyé et prêt, Il était dans la chambre, Pierre avait du mal à réaliser, qu’il était allé dedans. Elle avait redescendu la baignoire, le berceau était prêt également.

Quand elle partit en congé maternité, elle avait l’impression, de ne plus être en état de faire une semaine supplémentaire. La première semaine, Pierre avait de l’école, elle allait le conduire le matin, mais se levait plus tard, l’après-midi, elle se remettait dans les conditions de la nuit, fermait ses volets, s’allongeait sur son lit, elle faisait des siestes de 2 heures, elle était vraiment épuisée. Il était prévu que Pierre irait chez Maryvonne et Simon, pendant qu’elle serait à la maternité. Pierre commença ses vacances les 28 juin la veille de sa fête. Dès le lundi matin, il commença l’entraînement à la piscine, Niki allait le conduire le matin, le récupérait à midi.

Le mardi 3 juillet, elle se leva toute barbouillée, ce n’était pas la grande forme. Après avoir laissé Pierre, à la piscine, elle s’arrêta voir Annie. Elle l’ausculta, lui dit qu’à son avis, elle ne devrait pas tarder à accoucher, qu’elle se tienne prête. Elle devait éviter les efforts et se reposer le plus possible.

Vers minuit, elle commença à avoir des contractions, sur le coup, elle se dit qu’elles allaient se calmer, mais elles devinrent plus rapprochées, elle téléphona à Olivier et Guy.

– « Nous arrivons lui dit Olivier, elle avait par chance préparé les affaires pour Pierre, pour aller à l’école.

– Elle téléphona ensuite à Annie, qui lui posa des questions sur l’espacement des contractions.

– Je vais directement à la maternité, si Olivier te prend, l’on se retrouve là-bas. »

Quand Olivier et Guy arrivèrent, elle avait mis sa valise, sur la table de la cuisine. Guy resta, il pouvait dormir dans son lit, Olivier l’emmena à l’Hôpital.

Les contractions avaient commencé, Annie l’ausculta elle préférait qu’ils l’emmènent en salle d’accouchement. Niki demanda à Olivier de venir avec elle. Annie ne dit rien, tout le monde pensa, qu’il s’agissait du papa. Les contractions s’accélérèrent et cette fois elle n’eut pas besoin de césarienne, à 6 heures du matin, le bébé fit son apparition, elle l’entendit pleurer. Elle se mit à pleurer, quand elle sut que c’était un petit garçon. Le petit de Martial, il avait un mois d’avance, mais faisait trois kilos deux cents. Olivier était pâle et ému, les infirmiers et le personnel soignants, le félicitèrent en lui disant que c’était un beau bébé. Ils mirent Niki dans une chambre seule, comme elle avait demandé, Annie, lui dit qu’elle passerait dans la journée, Olivier la quitta, il passerait aussi dans la journée, ils prévenaient tout le monde, surtout Pierre. Elle se retrouva seule et ne put retenir ses sanglots, leur bébé était né, son fils, ils ne se connaîtraient jamais. Le personnel hospitalier mit son état sur le coup de l’émotion, du stress de la fatigue. Ils lui emmenèrent le bébé, quand il fut propre et habillé, il avait un petit bonnet. Il semblait bien minuscule, bien évidemment elle trouva qu’il ressemblait à Martial. Dans la matinée, Olivier et Guy, vinrent les voir, ils trouvèrent le bébé, petit mais bien beau.

– « Comment a réagi Pierre, quand tu lui as appris ?

– Il était déçu, que nous ne l’ayons pas réveillé, il m’a demandé pourquoi, tu n’étais pas revenue, je pense qu’il n’a pas réagi, il comprendra mieux quand il vous verra, toi et le bébé.

– Tu n’as pas l’air d’aller bien ? lui dit Olivier.

– Non, je ne suis pas dans mon assiette, » elle se remit à pleurer.

Guy, se mit à côté d’elle, puis il lui tâta le front, elle semblait avoir de la fièvre. Olivier alla voir l’infirmière, il lui manifesta son inquiétude et lui expliqua la situation.

– « Nous pensions, que vous étiez le papa ? » dit l’infirmière.

Elle appela le médecin, il alla consulter Niki, lui prescrit du repos et du sommeil, elle était vraiment très fatiguée, pour ne pas dire épuisée. Elle donna les prénoms du bébé : LOUIS – SIMON – ETIENNE. Elle s’endormit, Olivier et Guy, la laissèrent.

Les parents de Niki, prévenus par Olivier, prirent Simon et Etienne, pour venir voir le bébé. Niki ne s’en rendit même pas compte. Ils prirent le bébé, Simon et Maryvonne, trouvèrent qu’ils ressemblaient à Martial, Maryvonne se mit à pleurer. Le médecin, qui faisait ses visites, leur demanda de sortir. Il ausculta Niki, mais elle ne s’en rendit pas compte. En sortant, Jocelyne, demanda des nouvelles.

– « La maman est très fatiguée, elle doit se reposer, je pense que la naissance du bébé, a ravivé de douloureux souvenirs, qu’elle aurait tendance à faire une déprime. Il allait les garder, la maman et le bébé, un minimum de trois jours, il verrait ensuite en fonction de son état. »

Niki sortit le samedi, elle alla à la ferme à contre cœur, elle voulait rentrer chez elle. Tony et Nadine, vinrent la chercher, ils avaient emmené le landau et un maximum de choses à la ferme, elle voulut néanmoins passer chez elle. Elle laissa le bébé dans les bras de sa tante, rassembla des affaires dans une valise, sans oublier son journal intime, son livre de compte et l’ensemble du courrier qu’elle mit dans un pochon.

Arrivée à la ferme, Pierre l’attendait avec impatience, elle le prit dans ses bras, l’embrassa et lui présenta son petit frère. Puis d’un seul coup, elle revit dans cette pièce, la présence de Martial, elle alla se réfugier dans la chambre en pleurant. Maryvonne préféra appeler Madame MARIN, qui lui dit qu’elle passerait après ses visites. Niki s’était endormie sur le lit, ils la laissèrent se reposer. Quand elle passa le soir, Annie lui dit qu’elle devait réagir, elle ne l’avait pas habituée à tant de léthargie. Elle avait Pierre et Louis désormais, elle devait assumer non seulement son rôle de mère, mais remplacer aussi Martial. Elle avait de beaux enfants, le premier ressemblait à son père, le second ressemblait également à son père, elle pouvait être fière. Sur ce, elle éclata en sanglots, Annie la prit dans ses bras et la consola. Elle ausculta également le bébé, qui était en pleine forme. Elle laissa Louis dans les bras de sa mère, lui dit au revoir et sortit.

Quand elle sortit de la chambre, Pierre alla la voir.

– « Annie, elle est beaucoup malade maman ?

– Elle n’est pas malade, elle est fatiguée, il faut que tu sois gentil avec elle.

– Et mon petit frère, il va bien ?

– Oui il est en pleine forme. »

Elle alla prendre un café avec Maryvonne, dans la cuisine.

– « Vous savez, je suis un peu inquiète, elle n’a plus du tout de répondant. Jusqu’à maintenant, elle s’était faite à l’idée du départ de Martial, depuis la naissance de Louis, elle semble complètement meurtrie, brisée. Cet enfant lui rappelle trop son père, elle est heureuse mais elle se rend compte maintenant combien il lui manque, elle ne peut pas partager ce bonheur avec lui, c’est pratiquement un sentiment de honte. Si elle persévérait dans le même état, que Maryvonne la rappelle demain au cabinet, je vais essayer de passer dans 2 jours. Je viens un peu de la « secouer », peut-être va-t-elle réagir ?

Niki sortit de sa chambre vers 17 heures, pour le biberon du bébé, elle s’en occupa, lui fit faire son rot, le changea, le garda un peu dans ses bras. Maryvonne, alla s’occuper de ses animaux, Pierre était avec elle. Quand ils revinrent, Niki n’était plus dans la cuisine, elle alla voir dans la chambre, il n’y avait personne. Le landau était dans le chambre, les voitures étaient dans la grange, elle demanda à Tony d’aller chercher Simon. Il arriva immédiatement, Maryvonne, confia la garde de Pierre à Nadine et Tony, puis elle demanda à Simon de l’emmener au cimetière. Maryvonne avait vu juste, Niki était assise sur la tombe, le bébé dans les bras, elle pleurait comme une Madeleine.

Simon prit le bébé dans ses bras, Maryvonne, s’assit à côté de Niki. Maryvonne l’attira vers elle, pendant qu’elle pleurait. Ils restèrent un moment puis, ils rentrèrent tous à la ferme. Niki reprit Louis dans ses bras, puis Maryvonne lui fit prendre un cachet laissé par Annie, elle alla se coucher, Maryvonne mit le landau dans la salle à manger.

Le lendemain, elle se réveilla, un peu vaseuse, mais décidée à réagir, elle prit une douche, chaude et froide, histoire de se remettre les idées en place, elle se coiffa, décida de laisser ses cheveux sécher librement, puis elle enfila une petite robe d’été. Mis à part un peu de ventre, elle avait retrouvé son aspect initial. Pierre et Louis dormaient, elle alla rejoindre Maryvonne dans la cuisine, elle avait faim.

Elle mangea du pain et de la brioche avec du beurre et de la confiture, puis Louis se réveilla, il avait faim. Elle alla le chercher, elle lui parla, il semblait écouter sa mère, elle lui prépara son biberon et lui donna. Elle s’amusa un peu avec lui avant de le recoucher, ensuite elle s’occupa de Pierre qui venait de se réveiller. Il était content de voir sa mère, comme avant. Elle aida Maryvonne à faire la cuisine.

Quand Simon rentra, il fut tout surpris de la voir à nouveau active. Il alla voir Louis et dit :

– « Il ressemble à Martial quand il est né. »

L’après-midi, elle mit le bébé dans le landau, elle partit avec Pierre et Maryvonne, faire un tour, elle désira passer par le cimetière, puis le bébé commença à réclamer, ils rentrèrent à la ferme, elle s’occupa de lui, elle retrouva les gestes d’une maman. Elle profita du passage de Philippe, pour remonter à Niort, chercher sa voiture. Elle réalisa qu’il était temps, qu’elle réagisse, sa place était à Niort, pas à la ferme. Au repas du soir, elle en fit part à Simon et Maryvonne, demain elle rentrerait chez elle, il fallait qu’elle reprenne ses repères avec ses deux gosses, puis elle privait Pierre de piscine. Comme Simon et Maryvonne, ne voulaient pas partir cette année, elle décida qu’elle profiterait de son congé maternité, pour descendre plus longtemps en Espagne. Si tout allait bien, elle pourrait partir, du 14 juillet, jusqu’à la rentrée des classes. Il fallait qu’elle se retrouve avec ses deux enfants, qu’elle s’organise, pour cette nouvelle vie à trois, sans Martial.

Ses parents descendirent deux jours, puis le samedi 14 juillet, elle prit la route de l’Espagne avec ses deux gosses, la chienne et les deux tortues. Le landau à l’arrière, il y avait encore assez de place pour Pierre et la Chienne, elle mit des affaires entre les deux sièges, de façon à faire un lit à Pierre, s’il voulait dormir. Le coffre était plein. Elle préférait rouler de nuit, pour ne pas perturber les enfants. Elle partit après le biberon de 17 heures. Elle fit plusieurs haltes, pause-café et pause-cigarette. Elle donna un biberon à Louis vers 22 heures et l’autre vers 5 heures du matin. Il était un peu tiède, mais il le but sans problème. A 7 heures du matin, elle avait traversé Barcelone, elle arriva chez elle à 8 heures. Elle commença à s’occuper de Pierre, elle prit le petit déjeuner avec lui, sur la terrasse, il faisait très beau. Ensuite elle s’occupa de Louis, il commençait à moins dormir. Elle le prépara, elle le mit dans sa chambre, sur le lit, entouré de traversin, puis elle déchargea la voiture. Les tortues pouvaient rester en liberté sur la terrasse, puisqu’un muret faisait tout le tour de la maison, elle verrait après pour leur aménager un enclos de façon à ce qu’elles ne salissent pas tout. Elle laissa le landau monté dans le garage, puis elle monta les valises, Pierre avait également la sienne. Elle les défit, rangea le linge dans les armoires respectives, les vêtements de bébé, elle les mit dans l’autre chambre, vida enfin la sienne dans son armoire. Elle mit les valises comme les poupées Russes et les descendit à la cave avec le landau elle avait emmené des bâches pour protéger tout ce qui resterait dans la cave. Elle remonta ensuite les provisions de bouffes et d’épicerie, qu’elle rangea soit dans les placards, soit dans le frigidaire. Elle demanda à Pierre de bien vouloir s’occuper de ses tortues, elle sortit deux assiettes en plastique sur la table de la cuisine et redescendit chercher le reste. Elle fut obligée de faire deux tours. Pendant que Pierre s’occupait de ses tortues, que le bébé dormait sur son lit, elle rangea le tout, puis ils allèrent faire des courses, elle commença par Louis, elle acheta un lit parapluie, avec deux matelas, une petite baignoire, puis ils allèrent faire le plein de provision, lait, yaourts, viande, sodas, apéritifs, un maximum d’épicerie, elle chargea le tout dans la voiture. Elle avait pris un grand parasol également.