Nos âmes réunies

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180 pages
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Description

Évangéline est une jeune fille au tempérament plutôt discret qui partage une vie calme et bien rangée avec son fiancé Adrien, mais cette monotonie finit par peser sur ses épaules.


C'est le moment que choisit le destin pour faire entrer dans sa vie Josh, un homme au charisme sensationnel et au passé compliqué. Quand leurs regards se croisent, c’est littéralement le choc, un mélange de sentiments puissants et de flashs énigmatiques. Évangéline va devoir faire des choix. Écoutera-t-elle sa raison ou son cœur ?

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Nombre de lectures 26
EAN13 9782374473178
Langue Français

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NOS ÂMES RÉUNIES TOME1 - SERENCONTRER Romance
Morgane AYALA
NOS ÂMES RÉUNIES TOME1 - SERENCONTRER Romance
ISBN format papier 978-2-37447-316-1
ISBN numérique : 978-2-37447-317-8
Mars 2018 - Imprimé en France
© Erato–Editions - Tous droits réservés
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Prologue
Parfois on croit que notre vie est acquise, que rie n ne changera, qu’on contrôle tout. C’est ce que je croyais avant de le rencontrer. Et puis, parfois, le destin, quelque chose de plus grand que nous, fait basculer cette vie bien rangée pour nous faire vivre notre réelle destinée. Je ne croyais pas au destin, jusqu’au jour où il es t venu frapper à ma porte. Si je vous raconte, me comprendrez-vous ? Que se se rait-il passé si des tout petits détails de ma vie n’avaient pas eu lieu, si j’avais fait des choix différents ? Ressentirais-je cette douleur ? Tout ce que je peux faire, c’est vous raconter exac tement ce qu’il s’est passé.
1. Première fois
18 h 45, j’étais en retard. Adrien devait déjà m’at tendre, j’accélérai alors le pas. Aujourd’hui, malgré un automne presque terminé, le soleil faisait encore sentir sa chaleur. J’avançais rapidement tout en pensant à l’ hiver qui approchait. Je détestais l’hiver ; il fait froid, sombre et les gens des gra ndes villes sont toujours plus endormis que d’habitude. Le seul moyen d’y remédier était de partir en vacances, mais mon fiancé était toujours débordé par son travail, ce q ui me forçait à m’adapter à la neige. Mes pensées arborescentes me forçaient quand même à y penser : la chaleur, le sable chaud et, bien que je déteste être en maillot de ba in, rien qu’en pensant à l’hiver rigoureux qui sévirait en France dans les semaines à venir, je m’en serais bien accommodée. Rêvassant à cette liberté idyllique, j’arrivai à l’ angle d’une petite rue que je connaissais bien. C’était d’ailleurs la seule de mo n quartier que je connaissais alors que cela faisait plusieurs années que je vivais dan s cette grande ville. Eh oui, je suis ce genre de fille qui aime ses habitudes et qui y est très attachée. Je ne prends jamais d’autre chemin, car je n’en vois pas l’utilité ; j’ aime cette rue et, étrangement, j’ai l’impression qu’elle a su m’apprécier au fil du tem ps elle aussi. Aucune voiture ne passait jamais par là et je savai s que je pouvais traverser librement. Un camion de travaux, cependant, coupait la rue et je me penchai alors rapidement en arrière afin d’être sûre qu’il n’y av ait rien de l’autre côté. Rien à signaler. Je dépassai alors le camion, quand, tout d’un coup, je sursautai et m’arrêtai net sur la route. Un vélo me fonçait dessus. Enfin, foncer, il roulait normalement, mais lui non plus ne m’avait pas vue apparemment. Fichu camion. L’hom me sur le vélo parut très étonné et s’arrêta difficilement en faisant trembler son v élo sur le bitume, son guidon à quelques centimètres de moi. Il me semblait l’avoir vu sourire avec un regard aussi surpris et perturbé que le mien. Pour le peu que j’ ai vu de lui, il paraissait jeune, avait les cheveux châtain clair, ou blond, mais, pris au dépourvu, je ne fis pas attention à lui plus que ça. Sur le coup, je ne pus retenir un gloussement et en levai un écouteur pour lui dire : — Pardon. Mais ma timidité reprit le dessus et je me remis en marche d’un pas frénétique pour vite oublier cet incident. Un grand frisson me parc ourut l’échine, mais je n’osai pas me retourner. En y repensant, il me semblait avoir trè s bien vu son visage et, en même temps, pas du tout. Comme s’il avait été un souveni r lointain imaginé plutôt que la réalité. En continuant d’avancer, un sentiment bizarre m’env ahit, comme si, en une fraction de seconde, j’avais reçu une information capitale s ans pouvoir mettre la main dessus... comme une évidence sans mots. Une pensée me travers a l’esprit : C’est trop bizarre... J’ai l’impression de le conna ître. Je décidai alors de me retourner discrètement pour le voir lui aussi reprendre sa route. Pendant tout le reste du chemin, je ne pus m’empêch er de penser à ce qui venait de se passer. D’habitude, je ne suis pas du genre à me prendre la tête pour si peu, car dans nos vies, nous faisons tous des rencontres – s i je peux appeler ça une rencontre – un peu incongrues. Mais là, quelque chose de spécial s’était passé, j’ avais cette conviction de le connaître. Tout me passa par la tête : est-ce que j e l’avais déjà vu dans le quartier ? Je
passai régulièrement ici à la même heure et je ne l ’avais pourtant jamais aperçu. Il ne devait pas être du quartier. Était-ce un nouveau vo isin ? Ou un commerçant du coin ? J’en étais au point de me demander si je ne l’avais pas rencontré dans une autre vie ? Je balayai rapidement cette idée de ma tête. Une autre vie ? Et puis quoi encore, ma pauvre Évan géline, tu vas chercher bien loin ! pensai-je en souriant. J’avais ce sentiment étonnant de croire que lui aus si se posait ces questions. Au bout de la rue, mon téléphone sonna. C’était Adrien : — Éva ? — Coucou, chéri ! Je perçus un degré d’impatience dans sa voix. — Tu es bientôt là ? Je t’attends devant le café, c omme d’habitude. — Oui, je suis juste derrière toi. Il se retourna avec un sourire charmant et raccroch a. Dès que je fus près de lui, il me prit dans ses bras et me dit : — Tu m’as manqué aujourd’hui. J’enfouis ma main dans ses cheveux ébène ébouriffés . — Toi aussi, avouais-je. Je repensai à l’homme au vélo, hésitai à lui en par ler, mais finalement non. Ce n’était pas si intéressant que cela. Il me prit la main et nous marchâmes quelques minutes en silence. Adrien et moi nous étions connus en dernière année de lycée à nos dix-huit ans et ne nous étions plus quittés depuis. Et tout se passait bien. Oh bien sûr, nous avions quelques disputes par moment, mais rien de bien gra ve. Nous étions très complices, jamais l’un sans l’autre. Adrien était un garçon fabuleux, romantique, attent ionné, gentil, beau. Même ses petits défauts d’homme quelque peu jaloux et parfoi s colérique le rendaient quand même mignon. Je savais que n’importe quelle fille aurait de la c hance d’être à ma place et on me le faisait souvent remarquer avec cette phrase : « Tu as trouvé le bon ». Le bon ? Qu’est-ce que ça voulait dire, au juste ? En effet, j’avai s de la veine d’être avec un homme presque « parfait » aux yeux des autres. Pourtant, depuis le jour de notre rencontre, trois ans auparavant, j’ai toujours su que quelque chose manquait entre nous. Ou en moi. Je n’ai jamais su l’expliquer. Pourtant, nous vivions une belle histoire, mais parfois quelque chose m’oppressait. Était-ce cette routine communément appelée « la vie » ? Je ne l’ai jamais su. Et puis, il y a trois mois, i l m’a demandée en fiançailles et, bien évidemment, j’ai dit oui. Quelle fille refuserait à ma place ? On prit un café comme à notre habitude le vendredi soir, dans un petit bar qui de l’extérieur ne payait pas de mine, voire clairement miteux avec sa devanture jaune pétant. Mais nous nous y étions attachés et il fais ait pratiquement partie de notre vie. Malheureusement, ce soir-là, je n’étais pas d’humeu r très causante. Et Adrien le remarqua tout de suite, lui qui me connaissait si b ien. — Qu’y a-t-il ? demanda-t-il. — Oh, rien, je suis un peu fatiguée. — Tu as passé une bonne journée ? — Mmm, oui, mais rien d’extraordinaire, dis-je en a pprochant mes lèvres de ma tasse. — Et toi ? — Bah, mon boulot... Je n’écoutais pas vraiment ce qu’il disait. En fait , depuis quelque temps, j’étais
souvent dans mes pensées, faisant abstraction de la réalité. Heureusement, je devais bien jouer la comédie, car Adrien ne le remarqua pa s. Je ne dis pas que faire ça est bien, mais j’avais du mal à rester concentrée sur d es banalités et je sentais que quelque chose dans notre couple s’éteignait douceme nt. Ou plutôt, que moi-même je m’éteignais, comme si une partie profonde de moi ét ait frustrée de ne pas pouvoir s’exprimer. Je ne savais pas si c’était le train-train quotidien qui me faisait penser ça ou juste une sorte d’ennui. En même temps, ce n’était pas de la faute de mon fiancé si je restais tout le temps cloîtrée chez moi. D’accord, mon travail de traductrice m’évitait de me déplacer, mais je pouvais tout de même décider d e faire autre chose, ne serait-ce que m’amuser un peu. Par moment, j’enviais mon ento urage qui sortait tout le temps, qui rencontrait d’autres personnes, prenait du bon temps, découvrait la vie et testait leurs limites. Moi, j’avais choisi la quiétude, la sûreté et ce qui va souvent avec : l’ennui. En général, j’évitais d’y penser, car ça c réait toujours un malaise intérieur. J’essayai donc avec peine de me concentrer sur ce q u’Adrien était en train de me dire. Après avoir « écouté » son discours sur son travail qui le fatiguait de plus en plus, je me rappelai soudainement que je devais me dépêcher. En effet, sans savoir vraiment ce que je cherchais au juste, j’avais décidé de m’i nscrire à des conférences de « développement personnel » proposées dans mon entr eprise de développement durable. J’avais hésité au début, trouvant que c’ét ait quelque chose de banal et juste à la mode – et si j’avais su ce qui allait en découle r, peut-être aurait-il mieux valu que je n’y mette jamais les pieds –, mais Adrien m’avait c onvaincue d’y aller quand même. Une collègue du département des archives, avec qui j’avais bien sympathisé, avait décidé de s’inscrire aussi. De plus, je ne m’étais pas fait beaucoup d’amis ici, c’était une bonne occasion de me rapprocher d’elle. Mon fiancé me coupa dans mes pensées : — C’est ce soir ton premier cours ? — Ce n’est pas vraiment des cours, je crois, mais o ui, c’est ce soir. — Ne fait pas cette moue-là, dit-il avec un sourire moqueur, tu verras je suis sûr que se sera très instructif. — Mmm, tu dis ça surtout, car ça te fait une soirée tranquille pour voir tes amis, lui dis- je en lui faisant un clin d’œil qu’il me rendi t aussitôt. — Bah... On en profite tous les deux, non ? dit-il. En rentrant chez nous, une question cruciale m’habi tait : comment devais-je m’habiller ? Je n’étais pas habituée aux événements sociaux que j’évitais soigneusement en général. De plus, c’était toujours un casse-tête pour savoir ce qui se portait ou non dans ces moments-là. Je n’y allais p as pour travailler, mais cela restait un événement d’entreprise. J’optai pour un tailleur presque neuf que je ne mettais jamais. Je fis une moue désapprobatrice en me regar dant dans le miroir. Mes longs cheveux bruns partaient dans tous les sens. On me l es enviait souvent, car ils ondulaient en finissant sur de belles Anglaises, ma is, franchement, c’était pratiquement impossible d’arriver à quelque chose de joli et cla sse avec cette tignasse. Et ce soir, avec l’humidité ambiante, j’avais beau essayer d’en faire quelque chose, je ne parvins à rien ; je les laissais finalement retomber sur me s épaules. Je soupirai en essayant de maquiller au mieux mes yeux bleus, mais décidément, rien n’y faisait. Je n’aimais vraiment pas ma tête aujourd’hui. Emily était venue me chercher à l’heure convenue po ur aller à cette première conférence. Nous avions déjà un peu parlé toutes le s deux à d’autres rassemblements professionnels. C’était une fille gentille, timide comme moi, mais qui avait l’air sincère et honnête. Arrivées dans l’entreprise, nous nous dirigeâmes da ns la grande salle de réception où une trentaine de personnes étaient déjà présentes. Tout le monde était sur son trente-
et-un et je me félicitai d’avoir mis mon tailleur e t mes talons, malgré ma démarche maladroite avec. Au début de la présentation, je regrettai de n’être pas restée chez moi, car je piquais du nez. Je me sentais fatiguée et je n’arrivais pas à m’intéresser au présentateur. La salle continuait de se remplir et je me sentais un peu étouffée. À la pause, je parlai un peu avec mon amie Emily qui me racontait rapidement ses déboires avec les autres collègues de l’entreprise que je ne connaissais pas . Je pensai un moment à Adrien qui devait être tranquillement dans le canapé et je com mençai à l’envier. La conférence allait reprendre et je décidai alors de quitter les lieux plus tôt, quitte à attendre Emily dehors. Je commençai à ramasser mes affaires et me préparai à partir quand quelqu’un prit le micro pour nous convier à n ous asseoir et à reprendre la suite. Je me dirigeai discrètement vers la sortie en faisa nt signe à mon amie lorsque l’homme au micro demanda à un autre intervenant – dont je n ’avais pas entendu le nom – de le rejoindre. Je tournai ma tête légèrement sans vraiment voir la scène, les yeux dans le vague. Lorsque l’autre homme parla au micro, un bourdonnem ent sourd arriva dans mes oreilles au moment même où il articula un « Bonjour à tous » avec une grande force. C’est alors que de longs frissons me parcoururent. Je tournai la tête en direction de l’estrade et je vis ce charmant jeune homme sur scè ne. Il était grand, en costard cravate crème, et même de loin, je ressentis tout s on charisme se déployer dans la salle. Sans m’en rendre compte, je me redirigeai à ma place. Mais entretemps, tout le monde s’était assis, ne laissant aucun siège vide p our les retardataires et moi y compris. Je me plaçai alors légèrement devant sur l e côté, l’admirant comme un prophète tant sa voix dégageait de l’émotion. Je me surpris à penser : Ça, c’est un leader. Il était plus âgé que moi, se tenait droit et avait fière allure. Ses cheveux étaient coiffés à la perfection sur le côté, châtain clair presque blond où la lumière des projecteurs venait relever des reflets dorés. Il av ait des yeux bleus à en faire tomber plus d’une et un teint parfait. En fait, tout parai ssait parfait chez lui, son charisme, son leadership, sa beauté et même sa barbe de trois jou rs parfaitement taillée. Il nous raconta son parcours et son désir de liberté. Il av ait de grosses responsabilités au sein de l’entreprise et avait l’habitude des challenges, avec toujours cette énergie d’avancer quoi qu’il arrive. C’était typiquement le genre d’h omme qui obtenait ce qu’il voulait quand il le désirait, quel que fût l’obstacle devan t lui. Quand il eut fini, je n’étais pas la seule à l’avoir admiré, car toute la salle se leva pour l’applaudir, me laissant là, debout, un peu perplexe de les voir tous l’idolâtrer. Il souriait à tout le monde et même ne sentais pas son regard sur moi, je n’attendais qu’une seule chose : qu’il me voie. Mais je ne me s erais jamais attendue à ce qui allait se passer. Quand enfin il posa son regard sur le mi en, je sentis une grande vague de chaleur m’envahir et un choc me frappa en plein cœu r. Curieusement, il arrêta de sourire et resta bloqué quelques secondes, comme si le temps s’était arrêté pour lui aussi. Je fus tout à coup apeurée en voyant apparaître que lque chose autour de lui, comme une vapeur rose qui grandissait. Je regardai autour de moi, mais personne ne semblait remarquer ça. J’étais même horrifiée que tous ceux qui m’entouraient semblaient agir au ralenti. Je regardai de nouveau cette buée rose translucide découler de tout son corps qui vint vers moi jusqu’à me toucher. Je n’ar rivais pas à reculer, au contraire, je me sentais aimantée par cette chose fantomatique. E t quand, enfin, elle me toucha, je reçus un électrochoc. Pendant l’espace d’une seconde, il me semblait qu’i l était là, près de moi. Je ressentais tout, comme si j’étais à sa place et lui a la mienne. Je le voyais toujours en